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Full text of "Chronique de Michel le Syrien, t. 1 (translation)"

CHRONIQUE

de

MICHEL LE SYRIEN

PARIS. — IMPRIMERIE CAMIS ET C", 172, QUAI DE JEMMAPES,.
section orientale a. BURD1N, a angers
Imprimeurs du Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts.

CHRONIQUE

de

MICHEL LE SYRIEN

PATRIARCHE JACOBITE D'AINTIOCHE

(1166-1199)

Éditée pour la première fois et traduite eu français

PAR

J.-B. CHABOT

Ouvrage publié avec Vencouragement et sous le patronage de -------

l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

TOME PREMIER

PARIS

ERNEST LEROUX, ÉDITEUR

28, RUE BONAPARTE, 28

1899

• LJBRARY?

AVANT-PROPOS

Le premier volume de la Chronique de Michel le Syrien aurait dû
paraître depuis plusieurs mois. Une série de difficultés matérielles
tout à fait inattendues en a retardé l'apparition jusqu'à ce jour. —
Les dispositions nécessaires ont été prises pour que ces difficultés
ne se renouvellent pas, et nous avons confiance de pouvoir donner
dans quelques mois le second fascicule déjà en majeure partie im-
primé.

Notre dessein était de mettre en tête de ce premier volume une
Introduction développée; mais les nombreux renvois que cette
introduction comporte aux différentes parties de l'ouvrage ne nous
permettent pas de l'achever utilement avant la publication intégrale
de la Chronique. Elle paraîtra donc avec le dernier fascicule et les
Tables. On y trouvera les explications voules sur la méthode que nous
avons suivie pour l'édition de Michel. Nous nous bornerons ici à
quelques observations préliminaires.

Nous citons toujours le Chronicon d'EusÈBE d'après l'édition de
Schœne, Berlin, 4866-1875. Quand nous renvoyons aux dates des
Canons chronologiques, H désigne la version latine de S. Jérôme;
Arm., la version arménienne; lorsque les deux versions sont d'ac-
cord pour la date nous mettons simplement E.

La Chronique syriaque de Bar-Hébreus (BH. Chr. syr.) est citée
d'après l'édition de Bedjan, Paris, 1890; et sa Chronique ecclésias-
tique (BH. Chr. eccl.) d'après l'unique édition d'Abbeloos et Lamy,
Louvain, 1872.

La version arabe (carsouni) de la Chronique de Michel, renfermée
h'

Il

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

dans le ms. Orient. 4402, du British Muséum, est désignée par
l'abréviation : Arab. ou Ar. ; la version arabe de la Bibliothèque
Vaticane, qui commence seulement vers la fin du Livre V, sera citée
sous cette rubrique : Ar. Vat.

Les chiffres en caractères gras insérés dans la traduction répon-
dent aux pages du texte syriaque.

Nous avons conservé autant que faire se pouvait, dans les cinq
premiers Livres, la distribution du texte marginal, par rapport au
texte principal ; mais il était impossible de toujours reproduire
exactement la disposition du manuscrit, sans laisser inutilement de
grandes lacunes.

Comme les Canons chronologiques ne sont pas disposés réguliè-
rement au milieu du texte qui devait primitivement les encadrer,
comme chez Eusèbe, il a paru préférable de faire simultanément la
transcription de tous les tableaux. Cette transcription, qui est plutôt
une restitution, eu égard au grand nombre de fautes de copiste qui
se sont glissées dans les chiffres, sera imprimée à la fin du VI0 Li-
vre, à l'endroit où s'arrêtent les canons d'Eusèbe, continués ensuite
par ceux de Jacques d'Edesse.

Au lieu de multiplier, dans les notes, les restitutions des noms
propres tirés d'Eusèbe, qui ont été estropiés maladroitement par
les copistes syriaques, dans cette première partie de la Chronique, il
nous a semblé qu'il valait mieux donner simplement la forme grecque
originale. La restitution du syriaque sera facile pour les Orienta-
listes d'après la comparaison avec le grec ; elle aurait été sans inté-
rêt pour ceux qui ne consulteront l'ouvrage qu'au point de vue his-
torique. — Pour le même motif nous nous sommes abstenu de donner
des notes purement philologiques.

Les noms de lieu qui demandent à être identifiés se présentant
fréquemment dans la suite de la Chronique, j'ai pris le parti, pour
éviter les renvois et les répétitions, de réserver ces identifications,
et en général toutes les notes géographiques, pour l'Index topogra-
phique.

Nous n'avons pas toujours signalé les erreurs légères de copiste
qui ne portent que sur la confusion habituelle de quelques lettres

AVANT-PROPOS

ni

en syriaque, et que les lecteurs les moins familiarisés avec cette
langue redressent sans difficulté ; par exemple : o pour ? au commen-
cement des mots; > pour >, ^ pour\ > pour j, et réciproquement.

A partir de l'endroit où la Chronique cesse d'être une simple tra-
duction pour devenir un document vraiment syrien, soit par son
originalité, soit par ses sources, c'est-à-dire à partir du VIe Livre,
nous employons une tout autre méthode tant dans la disposition
des textes que dans le système d'annotations ; nous comparons
soigneusement le texte de Michel avec ses sources et avec les autres
historiens syriens ou étrangers. Mais ce travail de critique nous a
paru superflu pour la partie qui répond à la Chronique d'Eusèbe.

Toutes les questions, d'ailleurs assez compliquées, relatives à la
chronologie, seront traitées simultanément dans un chapitre spé-
cial de l'Introduction. — Un autre sera consacré à l'étude des sources
de Michel et renfermera de brèves notices sur tous les auteurs qu'il
cite.

Nous ne pouvons livrer ce premier fascicule à la publicité sans
exprimer ici nos remercîments les plus sincères à l'Académie des
Inscriptions et Belles-Lettres pour son g'énéreux et bienveillant
encouragement, et particulièrement aux Membres de la Commis-
sion des Travaux littéraires qui ont bien voulu proposer à l'Acadé-
mie de prendre cette publication sous son patronage.

Que toutes les personnes qui nous ont aidé et encourage à divers
titres, spécialement M. Barbier de Meynard et M. le Mis de Vogué,
reçoivent aussi l'expression de notre gratitude.

Paris, le 15 décembre 1899.

J.-B. CHABOT.

CHRONIQUE

DE

MICHEL LE SYRIEN

PRÉFACE DE L'AUTEUR1

Frères dévots et studieux, comme je considérais dans le grand nombre des
Chroniques les faits qu'il en importait de connaître, je me suis abstenu d'entrer
dans le détail de ceux qui peuvent être connus grâce au grand nombre des
récits [existants], et j'ai compilé, en recueillant, des écrivains ecclésiastiques
et profanes, ce qui était utile et convenable ; afin de réveiller par là la paresse
mortelle de beaucoup, et d'éclaircir les ténèbres de l'ignorance, élevant le
regard vers la récompense de ma peine. Je laisserai ce trésor à l'Eglise et aux
Docteurs des enfants de la nouvelle Sion, afin de survivre à mon temps.

En premier lieu, il nous faut placer le principe du genre humain, Adam,
afin de commencer l'édifice par sa base. C'est l'utilité de ceux qui parlent et
de ceux qui écoutent. — Mais il est nécessaire de donner tout d'abord les
noms des historiens dont nous nous proposons de tirer les matériaux de notre
édifice 2.

1. Comme nous l'avons exposé dans l'Introduction, nous suppléons le début de lu Chronique par
la traduction de l'abrégé arménien. Le passage a été traduit pour nous par D. Parisot sur le texte
imprimé de l'édition de Jérusalem de 1871. Les titres (Préface, Livre Ier) sont ajoutés par nous. —
2. Sur chacun des auteurs énumérés ici ou cités ultérieurement dans le cours de la Chronique, voir
le chapitre de l'Introduction consacré aux Sources de Michel.
. '   I. 1

2

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

[Jules] l'Africain, Jésu, Hégésippe, juifs, écrivirent jusqu'à la venue du Christ.
Annianus, moine d'Alexandrie, écrivit d'Adam jusqu'à l'empereur Constantin.

Eusèbe Pamphile composa son livre à l'aide de leurs écrits, et l'appela [His-
toire] Ecclésiastique.

Zosime, Socrate et Théodoret, l'hérétique, commencent leurs écrits à Con-
stantin et [descendent] jusqu'à Théodose le Jeune.

Jean d'Antioche et de Djebel, Théodore le Lecteur, de Constantinople, et
Zacharie, évêque de Mélitène, écrivirent à partir de Théodose jusqu'à Justi-
nien l'Ancien. '

Jean d'Asie écrivit d'Anastase à Maurice.

Gouriaa écrit depuis Justinien jusqu'à Héraclius, et sur l'entrée des Arabes 1
dans le pays des Syriens, qui eut lieu au temps d'Héraclius.
Saint Jacques d'Edesse fit d'eux tous un abrégé.

Denys le patriarche écrivit depuis Maurice jusqu'à Théophile, l'empereur des
Grecs, et Haroun, l'émir des Arabes.

Ignace, évoque de Mélitène, Çaliba l'Ancien, de Mélitène, Jean de Kaisoum
et Denys (d'Alexandrie), Bar-Çalibi, firent plusieurs chroniques d'Adam jus-
qu'à leurs temps.

Après avoir énuméré les chroniqueurs qui, en considération des disposi-
tions studieuses des auditeurs de ce temps-là, ont écrit avec de riches couleurs,
nous [qui vivons] au déclin des temps, voyant notre indolence [nous écrirons]
en abrégé en passant rapidement sur chacun [de ces récits].

Mais il ne faut pas que les hommes studieux consument leurs forces à consi-
dérer le plus ou le moins dans la supputation des temps, à cause de la vérité de
cette parole du Seigneur2 : <- Le Père a placé en sa puissance la connaissance
des moments et des temps. » Il paraît en effet beaucoup de divergence entre la
version des Septante et celle que possèdent les Syriens, celle que le roi Abgar
fit traduire, et que Jacques d'Edesse révisa en employant l'artifice d'une con-
version simulée au judaïsme, afin que les Juifs ne lui cachassent pas la vérité.

1. Littéralement : des Turcs. — 2. Cf. Act. Ap., i, 7. Réminiscence de la Prélace de la Chro-
nique d'Eusèbe (édit. Schœne, 1,2-3).

LIVRE PREMIER

DEPUIS ADAM JUSQU'AU DELUGE.

CHAPITRE I. — Or, d'après les Septante, Adam, ayant atteint 230 ans, en-
gendra Seth, et vécut encore 460 ans ; et sa vie entière fut de 930 ans, jusqu'à
la 137° année de Malalael. Il mourut la 60e année d'Enoch'. Cette supputation
est une faute dont les LXX ne se sont pas aperçus. Selon les Syriens, Adam
ayant atteint 130 ans, engendra Seth et vécut encore 800 ans, ce qui fait en vé-
rité 930 [1] ans2, jusqu'à la IXe génération. — Annianus le moine apporte le
témoignage du Livre d'Enoch et dit3 : « Adam, après sa sortie du Paradis, étant
âgé de 70 ans, connut Eve, et elle enfanta Caïn ; et après 7 ans elle enfanta Abel ;
et après 53 ans Caïn tua Abel. Adam et Eve le pleurèrent pendant 100 ans, et
ensuite ils engendrèrent Seth à sa ressemblance et à son image. » — Méthodius
de Patara dit' : « Trente ans après être sortis du Paradis ils engendrèrent Caïn
et Climia, sa sœur, et après 30 autres années, ils engendrèrent Abel et Labyda,
sa sœur, avec lui; en l'an 130 de la vie d'Adam, Caïn tua Abel, et en l'année 230
d'Adam" Seth fut engendré. » — Ceci suffit pour montrer, quoique brièvement,
l'accord du comput des chroniqueurs \

CHAPITRE IL — Le Livre sacerdotal de la prophétie donné par Moïse,
l'homme de Dieu, enseigne que Dieu fit le ciel et la terre ; la terre, après avoir
été créée par sa sagesse souveraine, était invisible et instable ; le souffle de
Dieu reposait à la surface des eaux. Et Dieu dit : « Que la lumière soit » ; et
Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière des ténèbres ; et
Dieu appela la lumière : jour, et il appela les ténèbres : nuit; et il y eut un soir,
et il y eut un matin : un jour7. » L'esprit prophétique parle ainsi successivement
de chacun des jours. Et, arrivant dans sa narration au sixième jour dans lequel
Dieu créa Adam, après toutes les créatures, il dit8 : « Et Dieu dit : Faisons

1. Ces chiffres ne concordent ni entre eux, ni avec les chiffres de nos éditions des LXX. Voir le
chapitre de l'Introduction consacré à la Chronologie de Michel le Syrien. — 2. Ici commence le
texte syriaque de notre manuscrit. Les chiffres en caractères gras répondent aux pages du texte.
— 3, L'ouvrage d'Annianus est perdu. — 4. Passage cité dans Bar-Hébréus, Chronicon syriacum
(éd. Bed.iais', p. 3). — 5. Lire au lieu de ^ v — 6. Nous transcrivons textuellement les chiffres
et les dates donnés par notre ms , à moins qu'il ne s'agisse d'une erreur évidente de copiste-, et,
dans ce cas, la correction est toujours signalée en note. Toutes les questions relatives aux dates,
et les modifications à y apporter, sont examinées simultanément dans le chapitre de l'Introduction
consacré à la Chronologie de Michel. — 7. Géra., i, 3-5. — 8. Ihid., 26-27.

4

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

l'homme à notre image et à notre ressemblance : et qu'il domine sur les pois-
sons de la mer, et sur les oiseaux du ciel, et sur les bêtes de toute la terre, et
sur tous les reptiles qui rampent sur la terre ; et Dieu fît l'homme ; et il le fit à
l'image de Dieu. » Ensuite, il continue et complète ce qui manque, en parlant
de la formation d'Eve d'une côte et de tout ce qui se passa jusqu'à la chute et
à l'expulsion du Paradis.

Ces choses se trouvent [non] seulement dans le Livre sacerdotal, mais aussi
dans toutes les Chroniques qui parlent sur ce sujet; nous en citons une plus
bas, pour témoignage. Que celui qui lit comprenne; car si ces choses ne
sont pas enseignées avec soin et comprises selon l'esprit des saints, les choses
qui se passèrent ensuite demeurent inintelligibles J.

CHAPITRE III. — Depuis le jour où fut créé Adam, jusqu'à Iared qui naquit
à la VI0 génération, dans laquelle Adam mourut, il y eut en tout 930 ans. Or
pendant ce temps il n'y eut point de roi et on n'entendit point parler de royauté;
car Adam, le premier homme et le père du genre humain, créé à l'image de Dieu,
gouvernait tous ceux qui étaient nés de lui et de ses enfants, en ces généra-
tions, pendant tout le temps de sa vie.

[2] Après la mort d'Adam, son fils Seth gouverna tous ceux de son peuple
pendant 128 ans2. Seth vécut 205 ans selon la tradition des LXX, et il engendra
ensuite des enfants ; (selon la Pesitta 105 ans3). Toutes les années de la vie de
Seth furent, selon la tradition des Grecs, des Hébreux et des Syriens, de 970 ans.
Il mourut à la VIIe génération ou, d'après le syriaque, à la IXe génération.

Du temps de Seth, ses enfants se souvinrent de la vie bienheureuse du Paradis
et ils songèrent à plaire à Dieu par la pureté ; ils montèrent sur le mont Hermôn,
et ils y vécurent dans les oeuvres saintes, éloignés du mariage. C'est pourquoi
ils étaient appelés Benê Elôhim et « anges »\

Énos engendra, à l'âge de 190 ans, d'après les chroniqueurs Annianus et Afri-
canus, et de 90 ans, d'après le syriaque. Il songea à invoquer le nom du Sei-
gneur, et s'appliqua aux œuvres saintes. D'après le grec et le syriaque, les
années de la vie dÉnos furent de 905 ans ; et il mourut à la VIII0 génération,
le syriaque dit à la Xe génération.

Caïnan, d'après le grec, engendra à l'âge de 170 ans5, et d'après le syriaque à
l'âge de 70 ans. La vie de Caïnan fut de 800 ans, et il mourut à la IXe généra-
tion.

Après lui vint Mahlalaël, qui engendra à l'âge de 165 ans, ou, d'après le

1. Littéralement : « sont fermées » ^pism». — 2. Ms. 138 : Le chiffre 128 est demandé par le cal-
cul indiqué à la fin du chap. rv; cf. p. 8, n. 3. — 3. Ms. 150. — 4. Le passage est cité par Bar-
Hébréus, Chron. syr., p. 4. — 5. Ms. :       (130) pour (170).

LIVRE 1. CHAP. IV

5

syriaque, à Page de 65 ans. Sa vie fut de 895 ans, et il mourut à la Xe géné-
ration.

Iared, d'après le grec et le syriaque, engendra à l'âge de 162 ans; d'après le
ms. des Samaritains, il engendra à 62 ans. Sa vie fut de 962 ans, jusqu'à l'an
366 de Noé1.

En l'an 40 de Iared finit le premier millénaire.

En cette année-là, les Benê Elôhim, 'qui étaient au nombre de deux cents, des-
cendirent du mont Hermôn. Voyant qu'ils ne retournaient pas au Paradis, ils
furent pris de découragement et abandonnèrent la vie angélique. Ils s'aban-
donnèrent aux voluptés charnelles8. Ils se constituèrent un roi nommé Sémiazôs3.
Annianus raconte d'eux qu'ils descendirent du mont Hermôn vers leurs frères,
les enfants de Seth et d'Enos, qui ne voulurent point leur donner de femmes,
parce qu'ils manquaient à leur promesse. Ils allèrent alors trouver les enfants
de Gain, prirent des femmes et engendrèrent des géants puissants qui furent
des pillards, des assassins et des héros fameux, c'est-à-dire des coureurs auda-
cieux.

CHAPITRE IV. — Le premier roi fut Adam; Seth lui succéda. De leur temps
laconcorde et la paix régnaient parmi les hommes [appliqués] aux bonnes œuvres
dans la crainte et l'amour de Dieu. Ceux qui étaient appelés « anges » et « en-
fants de Dieu » étant déchus, ils multiplièrent les troubles, les combats et les
meurtres; ils se choisirent Sémiazôs pour roi. Les enfants de Seth qui habitaient
au nord, dans le troisième climat, qu'on appelle la région inférieure, devinrent
leurs émules et les imitèrent. Ils apprirent la malice des enfants de Caïn et la
suivirent. Ils se constituèrent eux aussi un premier roi, Alôros, à l'imitation de
Sémiazôs ; il régna dix sares. Il y eut [3] dès lors deux royaumes.

[Extrait du livre de Josèphe*]. — (Les
enfants de Seth menèrent une vie tran-
quille) [3] « et à cause de leurs belles
qualités, ils découvrirent l'astronomie".
Pour que leurs découvertes ne périssent

. . [3] le temps du monde, mais il a
lait défautp. Celui-ci est aussi mentionné
comme le premier [prêtre] par S. Mar
Jacques \ 11 y a de nombreux témoigna-

1. Ms. : « de Iared ». — 2. La lacune doit être ainsi complétée d'après l'arabe ; L|oo>*a laajjo
ow|»ûa^. — 3. SetuaÇà;.

4. Ant. Jud., I, ir. — 5. Litt. : « la science céleste ».

6. Le texte marginal débute par cette phrase mutilée que je ne saurais restituer. Ces passages
sont d'ailleurs sans intérêt pour l'histoire. — 7. Jacques d'Edesse.

6

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Après Alôros le Chaldéen, neuf autres régnèrent successivement jusqu'au
Déluge : tous Chaldéens, dont le nombre d'années se trouve dans le comput des
Chaldéens, [exprimé] selon les noms de l'époque en sares, en nères et en sosses'.
— Le premier fut Alôros2, Chaldéen de Babylone, qui régna 10 sares, c'est-à-
dire 98 ans et 230 jours. Le second, Alapâros \ son fils, régna 3 sares, c'est-à-
dire 29 ans et 215 jours. Le troisième fut Almêlôn % Chaldéen, de la ville de
Pautibiblon5; il régna 13 sares, c'est-à-dire 128 ans et 80 jours. Le quatrième,

pas avant de parvenir a la connaissance
des hommes, Adam ayant prédit qu'une
[double] destruction totale surviendrait :
l'une par le feu, l'autre par le Déluge'',
ils firent deux stèles : une de briques et
l'autre de pierre ; et ils écrivirent sur
chacune d'elles ce qu'ils avaient décou-
vert; de sorte que si celle de briques
était détruite par la pluie, celle de pierre
demeurant permît aux hommes d'appren-
dre ce qui y était écrit. Or la stèle de
pierre existe jusqu'à présent. »

De Josèphe 1 : « Pendant sept généra-
tions ces [enfants de Seth] continuèrent
à considérer Dieu comme le Seigneur

ges que les vertus spirituelles et saintes
ont été consacrées et qu'elles ont un sa-
cerdoce; nous en citerons quelques-uns
dans ce livre pour montrer la descen-
dance angélique du souverain sacerdoce.

Extrait" du livre de Denys ï Arèop agite
sur la Hiérarchie céleste, chap. x. —
Nous avons donc conclu que cette hié-
rarchie angélique et première des es-
prits à l'égard de Dieu découle de la
splendeur originelle et mystérieuse, car,
sans intermédiaire 9, [elle s'élève jusqu'à
lui, purifiée, illuminée et perfectionnée
par le don mystérieux et brillant de la
principauté divine : (mystérieux, en tant

1. Le fragment provient de Bérose. Voir le passage dans Schœne, Euseb. Chron., I, col. 10. —
Cf. Bar-Hébréus, Chr. syr., p. 4-5, pour les variantes orthographiques des noms en syriaque; et,
ci-dessous, le tableau du chap. vin. —- 2. "AXwpo;. — 3. 'AXârcapo;. — 4. 'Ajj^Xwv. — 5. n<xuT!-
ëtêXov. Le ms. a ici, par erreur : Trautibiblon ; le nom est écrit correctement plus bas.

6. Le texte semble devoir être corrigé ainsi: |L^aaoo I^ûs \ti-\       ow : l?a>» ov^**= ,*> o«

— 7. Antiq. Jud., I, m, 1.

8. Nous restituons ce titre à cause de l'espace vide du ms. La citation du livre du Pseudo-Aréo-
pagite est empruntée à la traduction de Sergius de Rés'aïn. J'ai collationné le passage et les sui-
vants avec cette traduction renfermée dans le ms. syr. du British Muséum, add. 12151. — 9. Ce
qui suit, jusqu'aux mots : « notre souverain sacerdoce », était renfermé dans la lacune qui doit être
complétée ainsi (add. ms. 12151, fol. 30) : !cw»^o ILm^lJoiaj La=oov*      «Loi. PSi.^ |Lû.\j*> H^» ^ov=

l?oi ^» .1,*.|kao ILmov^^ y«| lî^Cs» o2^io . |t;.sa^ U&*o ûs«!so^i L^ovi-oo i\*l*5»o £oov»kto y>| . |&>**Aii

LIVRE I. CHAP. IV

7

Amménon ', Chaldéen, aussi de Pautibiblon, régna 12 sares, c'est-à-dire
118 ans et 130 jours; le cinquième, Amégâlaros 2, également de Pautibiblon,
régna 18 sares, c'est-à-dire 177 ans et 195 jours; le sixième, Daônos3, pasteur,
aussi de Pautibiblon, régna 10 sares, c'est-à-dire 98 ans et 230 jours ; le septième,
Eudorancos1, aussi de Pautibiblon, régna 18 sares, c'est-à-dire 177 ans et
195 jours; le huitième, Amempsinos de Laranchon", régna 10 sares, c'est-à-
dire 98 ans et 230 jours 7 ; le neuvième, Otiartès 8, aussi delà ville de Laran-

tout-puissant, et à s'appliquer en toute
chose à la vertu. »

Protus, le Romain B, dit à propos de
Seth que ce fut lui qui apprit à écrire, en
langue hébraïque.

Du livre dHènocW0. « Il arriva que les
hommes s'étant multipliés sur la terre
en ces jours-là, il leur naquit des fdles
très belles, que les anges eux-mêmes
convoitèrent. Ils errèrent et se dirent
les uns aux autres : « Choisissons-nous
des femmes parmi les filles des hommes
de la terre et engendrons-nous des en-
fants. » Sémiazôs leur prince dit : « Je
redoute que vous fassiez cette action ",
etque je sois seul responsable de ce grand
péché. » Ils lui répondirent : « Jurons
tous et faisons sermen t que nous ne chan-
gerons pas de volonté », et alors ils ju-
rèrent et firent serment '". — Ceux qui
descendirent sur la montagne du temps
de Iared étaient au nombre de deux cents.

qu'intellectuel, plus simple et plus uni-
tif; brillant, parce qu'il est le premier
donné, la première lumière et la plus
parfaite), et elle est rattachée à lui prin-
cipalement comme à son illuminateur.
A celle-ci est rattachée la secondehiérar-
chie, selon son rang; à la seconde la
troisième, et à cette troisième] notre
souverain sacerdoce, selon la loi régu-
lière du suprême pontificat et par une
divine harmonie d'après laquelle il se pro-
page avec une parfaite régularité, dans
sa mesure, dans son origine et dans sa
fin. Les anges, en effet, sont les inter-
prètes et les messagers de ceux qui sont
avant eux, et les premiers le sont de
Dieu qui les meut immédiatement, tan-
dis que les autres sont mus par Dieu se-
lon leur hiérarchie, car tout cela convient
à cette harmonie surnaturelle et à cette
sainte distribution [de tous les êtres
raisonnables].

1. A[i.jj(iv£>v. — 2. MeyâXapo;; Hier. : Amegalarus ; BH. : ^»o>U^l-* ; il faut vraisemblablement
restituer dans notre ms. : ««oiU^W. — 3. Aâwvo?. BH. : iooojoI»; corriger ainsi notre ms. —
4. Etkôwpaxo;; Edoranclius. — 5. 'Ajxsfjujnvôç; corr. : taoaimflaol*»!.— 6. Aapây-zov. — 7. Ms. : 197 ans
et 130 jours; Arm. : 197 ans et 230 jours. — H y a une erreur de chiffre. Le total des années des
neuf autres rois donne 1084 ans et 340 jours. La somme totale indiquée étant 1183 ans et 205 j. ;
il est manifeste qu'on doit restituer ici 98 ans et 230 j., ce qui concorde avec le nombre de 10 sares
et avec le chiffre du tableau (chap. vin). — 8. 'Qtkxptyjç.

9. Les Syriens appellent « romains » les auteurs grecs. — 10. Ch. vi. Voir le texte grec cite dans
Charles, Le Livre d'IJénoch, p. 62. — 11, jjpkOfio-, gr. : Ttpâyjjia. — 12. Litt. : « s'anathémalisèrcnt ».

8

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

chon, régna 8 sares l, c'est-à-dire 78 ans et 330 jours ; le dixième, Xisoutros
son fils, régna 18 sares, c'est-à-dire 177 ans et 195 jours. Toutes les années
réunies forment 1183 ans et 205 jours. Du temps de ce dernier eut lieu le Dé-
luge, comme on l'expose dans le Livre des Chaldéens. Ces 1183 ans et
205 jours ajoutés aux 10583 années pendant lesquelles il n'y eut pas de roi, et
pendant lesquelles Adam et Seth gouvernèrent, remplissent l'espace de temps
qui va d'Adam jusqu'au Déluge qui eut lieu du temps de Noé, et forment un
total de 2242 ans, d'après le Livre sacerdotal.

CHAPITRE V. — Maintenant que nous avons exposé aussi soigneusement que
possible le nombre des rois qui existèrent avant le Déluge, [4] leurs noms et
le nombre de leurs années, revenons au récit de la généalogie de ceux dont
parle le Livre prophétique.

Ils eurent vingt4 princes; [4] Kokabel5,
le IVe de ceux-ci, enseigna aux hommes
l'astronomie, c'est-à-dire les révolu-
tions du soleil, et les 360 signes zodia-
caux c.

Du livre de Josèphe1 : ((Après qu'Abel
eut été tué et que Caïn eut pris la fuite,
Adam s'appliquait à engendrer des en-
fants et était pris d'un vif désir de pos-
térité. Il eut donc beaucoup d'autres
enfants, et en particulier Seth, alors
qu'il accomplissait ses deux cent trente
ans 8; il en vécut encore sept cents au-
tres. Après lui, ces sept générations qui
avaient loué et craint Dieu, se détournè-
rent, par la suite des temps, des usages

[4] Du même livre0, chap. xiv : Que
signifie le nombre des anges? — Il est
conforme, je crois, au sens et à la tradi-
tion des Ecritures de dire que les anges
sont des milliers de milliers et des my-
riades de myriades10.

[Extrait du même écrivain sur la Hié-
rarchie ecclésiastique, chap. icr]. —No-
tre hiérarchie11 est donc fixée dans la
science divine, et consiste dans l'accom-
plissement d'une divine fonction, ainsi
qu'il nous faut le démontrer, par les
Livres saints et supérieurs au monde '3, à
ceux qui accomplissent les fonctions des
saints mystères par l'initiation au su-
prême sacerdoce. Ne profane point le

1. Ms. : 10 sares (- pour «-). — 2. EcWj6po;. — 3. Ms. 1052. Cette restitution 1058 (2242-1184)
s'impose. Dès lors, Adam ayant vécu 930 ans, le premier roi, Alôros, aurait été établi en l'an
(1058-930) 128 de Sera. Cf. p. 4, n. 2.

4. D'après le grec lire : — 5. Xor/jxëir{k (éd, : Xwgaêt^).). — 6. Lire : ^ool ; arab. : uit*U ulx\

\^i=> '^û* icaào*&. — 7. Ant. Jud., II, m, 4. — 8. Lire : ^j, au lieu de ^i.

9. Hierarch. cœlest., ch. xiv ; Migne, Pair, gr., t. III, col. 271. — 10. Il n'est pas certain que la
citation se prolongeât au delà de ces mots. Elle pourrait être complétée à l'aide du ms. add.
12151, fol. 33.— 11. Ce passage a été collationné avec le ms. add. 12151 (fol. 38 r<>). — 12. Lire :

LIVRE I. CHAP. V

9

Hénoch engendra à l'âge de 165 ans, selon les trois livres ; d'après le
syriaque et aussi d'après l'hébreu, à l'âge de 65 ans. — On dit qu'Hénoch, avant
tout autre montra l'art d'écrire et les lettres, et qu'il fut agréable à Dieu, pen-
dant 300 ans. C'est pourquoi Dieu le fit passer où il lui plut, dans un lieu que
Dieu seul connaît. On dit qu'il est à croire qu'il s'en alla au Paradis, et que Dieu
le conduisit là où était Adam avant sa transgression.

Mathusala engendra à l'âge de 187 ans, selon l'opinion des LXX, des Syriens
et des Hébreux; de même selon Andronicus; Eusèbe et Annianus disent: [à
l'âge de] 167 ans ; le samaritain : de 62 ans. Il vécut en tout 969 ans jusqu'à l'an
98 de Sem\ [2 ans] avant le Déluge. Le syriaque est ici d'accord avec le grec,
c'est-à-dire la Pesitta avec les LXX, pour le temps de la vie de Mathusala.

Lamech engendra à l'âge de 188 ans d'après les LXX, et à l'âge de 182 ans
d'après la Pesitta; d'après le samaritain, à l'âge de 53 ans. Ses années furent de
753 ans3 d'après le grec, jusqu'à l'an 69 de Sem, fils de Noé; il mourut 29 ans

paternels vers ce qui est mal: ils ne ren-
daient point à Dieu les honneurs con-
venables et ne pratiquaient point la jus-
tice à l'égard des hommes; et à cause de
cela ils attirèrent sur eux l'inimitié de
Dieu. Beaucoup d'anges s'étant unis aux
femmes engendrèrent des hommes in-
solents et contempteurs de tout bien,
à cause de leur confiance en eux-mê-
mes. On dit qu'ils firent des choses
semblables à celles que l'on rapporte
des géants. — Tandis que Caïn habitait
dans le lieu appelé Noud l, il eut des en-
fants. Il était un professeur d'iniquité
pour tous ceux qui le rencontraient. Le
premier, il imagina de partager la terre
et inventa les mesures et les poids ; il

Saint des saints; mais révère-le5; honore
les mystères de Dieu, par les notions
intellectuelles et invisibles, en les lais-
sant inaccessibles et inabordables pour
ceux qui ne sont pas initiés, et ne faisant
participer que les saints aux choses sain-
tes, avec une sainte clarté, comme il
convient; car, comme la théologie nous
l'enseigne, à nous ses familiers fl : Jésus
lui-même,intelligence divine et superes-
sentielle, est le principe, l'essence et la
vertu, la source divine de tout sacerdoce
saint7..,... [0] et nous tendons aussi
vers elle. Par une vie divine et uni-
forme, par une certaine opération effec-
tive, il nous donne la vertu qui convient
aux saints et qui nous conduit à l'exer-

1. Ms. : 962. Le chiffre 969 des éditions est exigé ici par la concordance des années de Lamech.
— 2. Ms. : de Seth. — 3. Ms. : 773 pour s^.).

4. Noviô.

5. Add. 12151 : .... ^» . -à»ûû «a0»û ^-»om U> w~ U|. — 6. Le passage se lit ainsi {add. 12151,
fol. 38) : .;. hî»>o . t^olo ow Uoûs*!      tàwso |£oo£x        \-iow n3.ca» ooi       — 7. Il y a ici une

lacune. Il est difficile d'en préciser la longueur. Toutefois dans ce qui suit l'auteur paraît résumer
les paroles du même chapitre i. La chose a d'ailleurs assez peu d'importance.

10 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

avant son père; d'après le syriaque, il vécut 777 ans, et mourut [5] ans avant son
père.

En Tan 1666'naquit le juste Noé, qui garda sa virginité pendant 500 ans,
comme il est écrit. D'après le syriaque, il engendra à l'âge de 502 ans. En l'an
358 de sa vie finit le second millénaire; selon [l'hébreu2], en l'an 344'.

CHAPITRE VI1. — Comme il fut agréable à Dieu par la pratique des œuvres
vertueuses, il trouva grâce devant le Seigneur, ainsi que l'atteste le Livre pro-
phétique. Voyant l'idolâtrie et l'impiété qui s'étaient multipliées parmi les
hommes, il s'éloigna d'eux. Dieu l'avertit mystérieusement ; et il garda et accom-
plit les choses qui lui furent dites; ainsi qu'il est écrit5 : « Dieu dit à Noé : Voici
que je vais détruire la terre. » Il fit ce qui lui avait été prescrit, acheva l'arche,
y fit entrer de chaque espèce terrestre : des bêtes, des animaux, etc. Lui-même,
[S] sa femme, ses fils et les femmes de ses fils y entrèrent. — Les eaux et le
Déluge survinrent en l'an 600 de Noé, qui est l'an 100 [de Sem].

Les hommes se multiplièrent sur la terre, et toute chair avait corrompu sa
voie devant le Seigneur. Dieu permit qu'ils tombassent dans des combats cruels ;
ils se tuèrent par milliers et par myriades, au point que la terre où ils livrèrent
leurs combatsétaitputréfiée parleur sang. Leursossements formèrent de grandes
collines, par leur multitude. — Après cela et à cause de cela, le Déluge survint
dans le second mois, le vingt-septième jour de ce mois. Les sources du grand
abîme furent ouvertes, les cataractes des cieux furent ouvertes, et il plut sur
toute la terre pendant quarante jours et quarante nuits; les eaux s'accrurent;
elles soulevèrent l'arche, elles couvrirent les plus hautes montagnes qui sont
sous les cieux et les dépassèrent de quinze coudées ; toute chair qui rampait sur

remplit sa maison de rapine ; il bâtit une
ville qu'il appela Hénoch du nom de son
fils aîné. — Lamech, le sixième descen-
dant de Caïn, prit deux femmes et il eut
soixante-dix-sept enfants. Parmiceux-ci,
Jobcl construisit des tentes et aima la
vie pastorale ; Jubal s'adonna à la musique
et inventa le kinnor et la cithare. Tho-
bel, né d'une autre femme, surpassait
tout le monde par sa force, et était vive-

cice des saintes fonctions du sacerdoce.

C'est ainsi que les Livres saints nous
ont exposé très soigneusement que le
saint sacerdoce est un don venu d'auprès
de Dieu, Seigneur de l'univers, qui est
descendu et s'est propagé [d'abord] chez
les secondes intelligences, c'est-à-dire
dans la première création, constituée
par les ordres sublimes des vertus angé-
liques, et qui s'est ensuite étendu jusqu'à

1. Il faut lire 1642, d'après les LXX et d'après la date du second millénaire (358). — 2. Ar. :
<*j|£^M>. — 3. Ceci doit s'entendre de l'an 344 après le Déluge, selon l'hébreu. — 4. Ms, : ch. v.
— 5. Gen., vi, 7 et suiv.

LIVRE I. CHAP. VII

11

la terre mourut. Ensuite, le Seigneur se souvint de Noé et de ceux qui étaient
avec lui. Dieu amena le vent et fit disparaître les eaux. Noé sortit avec tous ceux
qui étaient avec lui. Il bâtit un autel à Dieu, et offrit un sacrifice des animaux
purs; et il fit respirer à Dieu un parfum agréable.

CHAPITRE VIL — Depuis le commencement de la vie d'Adam, jusqu'au Dé-
luge qui survint au temps de Noé, la somme des années est de 22421, pendant les-
quelles ily eut dix patriarches, dont les noms sont écrits. Nous trouvons aussi les
noms de dix rois qui ont régné l'un après l'autre. Nous trouvons également men-
tion de trois villes. Ceux qui inventèrent les arts, l'astrologie, la fabrication des
armes et des instruments de combat, la cithare et les instruments de musique,
sont aussi mentionnés brièvement d'un mot. Il est facile, pour les sages, de com-
prendre que des événements considérables et très importants, fréquents et nom-
breux, ont dû se passer dans ce long espace de temps. Ils ne sont point mention-
nés dans les Ecritures, sans doute parce que cela n'était pas utile pour les
auditeurs. Pour cela, l'Esprit-Saint n'a pas voulu qu'ils fussent conservés. Il

ment porté aux exercices de la guerre;
le premier il inventa l'art de forger. »

Nous n'avons rien trouvé dans le Li-
vre 8 au sujet de Sémiazôs qui régna sur
ceux qui descendirent sur la montagne
et s'unirent aux filles de Caïn, ni au su-
jet de la succession et de la durée des
rois de ceux-ci; mais seulement qu'ils
descendirent, et que, les premiers, ils
constituèrent un royaume qui dura jus-
qu'au Déluge \

notre race humaine par leur intermé-
diaire.

Voyons donc quels sont ceux qui ont
été jugés dignes de la grâce d'exercer
le sacerdoce dans le temps antérieur au
Déluge.

Adam lui-même fut honoré de l'or-
dination, en même temps que de la
royauté et du don de prophétie; et,
aussi bien sous le premier rapport que
sous le second, il est appelé « père » à
juste titre; bien qu'il n'ait pas conservé
son honneur, ainsi qu'il est rapporté à
son sujet, pour n'avoir pas gardé la pa-
role de la divine et sublime opération que
le Verbe de Dieu lui-même a accomplie à
la fin des temps.

1. Ms. : 2245; cf. chap. iv,i. ult.

2. La Bible; ou le Livre d'Hénoch d'après les citations d'Annianus ; car le texte du Livre d'Hé-
noch donne le nom des vingt rois (éd. Charles, p. 63). — 3. L'auteur cite, confusément, les deux
légendes : d'après l'une, les Benê Elohim étaient des descendants de Seth ; d'après l'autre, des anges.
Cf. ch. m, rv et vnr.

12

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

suffit, comme témoignage de ces choses, de ce qui est dit par l'Esprit prophéti-
que 1 : « Dieu se repentit d'avoir créé Iiiomme. » C'est pourquoi, marchant sur les
traces de ceux qui ont écrit prophétiquement, nous nous en tiendrons à ce
qu'ils ont écrit sous l'inspiration de l'Esprit-Saint. Nous en déduirons soigneu-
sement la série des générations, l'une après l'autre ; et comme c'est là ce qu'on
doit attendre de nous, nous omettrons les autres recherches.

CHAPITRE VIII. — Qui montre dans un tableau les noms et les années

ADAM (930 ans 2) engendra :

Caïr

Hénoch.
I

Irad.
I .

Maviaël.
I

Mathusala.

!

Lamech.

Seth (912 ans).

et encore d'autres
enfants

et d'autres
enfants

qui s'unirent.

D'eux naquirent ceux qui furent
les émules des [enfants] de Caïn, et
qui constituèrent le premier empire :

Aloros, 98 ans '.

Alaparos, 29 ans.

Almelôn, 128 ans8.

Amménon, 118 ans.

Megalarios, 177 ans.
Ici finit le premier millénaire'3.

Daonos, 98 ans.
Eudoranchos, 177 ans.
Amempsinos, 98 ans.
Otiartes10, 78 ans.
Xisothros, 177 ans.

Enos (905 ans)
I

Caïnan (800 ans3).
I

Mahlalaël (895 ans).

i

Iared (962 ans).
I

Hénoch (365 ans4, et il fut
| transporté).

Mathusala (969 ans »).
I

Lamech (753 ans fl).
Noé (950 ans).

1. Gen., vr, 6. — 2. Ces chiffres indiquent la durée de la vie, d'après les LXX. — 3. Les éditions
des LXX donnent 910. — 4. Ms. 360; mais ci-dessus, ch. v : 365. — 5. Ms. : 962. — 6. Ms. : 723;
ci-dessus : 773. — 7. Durée des règnes, en chiffres ronds. — 8. Ms. : 118. — 9. Cette mention est en
contradiction avec les chiffres et avec le chap. iv. Elle était probablement en face du nom de Iared,
et aura été transportée ici par un copiste maladroit. — 10. Ms. : Otiantios. Comparez, dans le
texte, les variantes orthographiques de cette liste avec celle du chap. iv.

LIVRE I. CHAP VIII

13

Delà race de Seth étaient ceux qui montèrent sur la montagne et furent ap-
pelés Benê Elohim. Ayant rompu leur promesse, ils descendirent et se mêlè-
rent aux filles de Caïn; ils commirent l'impiété. Ils se constituèrent un empire
dont le premier roi fut Sémiazôs ; cet empire dura jusqu'au Déluge, dans lequel
ils périrent tous.

Fin du premier Livre qui comprend 2256 ans1, depuis Adam jusqu'au Déluge
qui eut lieu du temps du juste Noé. — Que celui qui le lit prie pour le pécheur
qui la écrit.

1. L'addition donne 2242, comme il est dit au chap. iv. L'auteur semble avoir puisé à diverses chro-
nologies qvi'il n'a pas su concilier. Y. l'Introduction.

LIVRE II

En invoquant le Seigneur Tout Puissant, régulateur des temps, nous com-
mençons le Livre II qui va du temps qui suivit le Déluge, aux jours de Noé,
jusqu'à l'époque d'Abraham : [l'espace de] 1081 ans.

CHAPITRE I. — Après que la colère de Dieu fut apaisée, il se souvint de Noé
qui sortit de l'arche, et ceux qui y étaient avec lui, le 17 du mois de yar, qui est
le second mois. Ils abandonnèrent l'arche, comme dit Josèphe dans la ville
d'Apamée qui est la métropole de la Pisidie : là sont ses planches. D'autres
parlent de cela autrement. Il y a aussi de nombreuses divergences sur leur
entrée dans l'arche, sur leur sortie, et sur le nombre des jours, des mois et

[7] (Extrait des) doctrines chaldêennes"-:
Abydenus et Alexandre s, philosophes
profanes, disent à propos de Noé et de
l'arche : Chronos ayant révélé à Xisos-
tros que le 15 du mois de haziran (juin)
surviendrait l'abondance des pluies et le
débordement des eaux, celui-ci, en en-
tendant cela, s'en alla, en naviguant vers
l'Arménie sur une barque fabriquée avec
des planches. Cette barque se trouve en-
core là et procure des remèdes aux habi-
tants du pays. Telle est l'opinion de ces
gens.

Le livre du Chaldéen Polyhistor4 ex-

[7] Extrait du livre de Jean de Dara
sur le sacerdoce 5. — La nature humaine
ne peut imiter Dieu ni s'unira lui6, si ce
n'est par les dons divins qu'elle reçoit
de lui. De tous ces dons, le plus excel-
lent est celui du sacerdoce, par lequel
nous participons à la nature divine, qui
vient et descend de Dieu, qui se propage
chez nous à l'instar de la hiérarchie an-
gélique, et en vertu duquel sont établis
dans l'Eglise les princes des prêtres, les
prêtres1 et les autres ordres sacrés. Nous
allons maintentant parler de ce don et
faire connaître tout d'abord ce que c'est

1. On ne trouve rien de semblable dans Josèphe. BH. Chron. syr., p. 7, donne la même leçon
que notre ms.

2. Littéralement : « du chaldaïsme ». — 3. Alexandre Polyhistor. — Comp. les textes cités par
Eusèbe : pour Abydenus (éd. Schœne), col. 31 et pour Alexandre, col. 19.— 4. Le nom de Polyhis-
tor est généralement transcrit, mais ici est traduit : « multae historiae ».

5. L'ouvrage de Jean de Dara se trouve dans le ms. C de la Bibliothèque Vaticane. M. Guidi a
eu l'obligeance de collationner les passages cités ici avec le texte de ce ms. (fol. 117 et suiv.). —
La rédaction est un peu différente; nous donnons seulement les variantes nécessaires à l'intelli-
gence de notre auteur. — 6. Cod. Vat. C. : ov^ — 7. Ms. C ajoute « les diacres ».

LIVRE II. CHAP. I

15

des années. On affirme qu'ils entrèrent le 17 de yar, et qu'ils sortirent le 27 du
même mois l'année suivante. Les fils de Noé qui sortirent avec lui de l'arche
étaient trois : Sem, Cham et Japhet. Or, Sem était âgé de 98 ans quand eut lieu
le Déluge, et quand ils sortirent de l'arche, il avait 100 ans. Ensuite, il en-
gendra. Alors, Noé partagea la terre à ses enfants, et porta des malédictions
contre celui qui transgresserait les limites de son frère. Le partage fut ainsi
fait. Sem eut pour sa part la Perse, la Bactriane, jusqu'à l'Inde et jusqu'à Rino-
coroura; Cham eut pour sa part depuis Rinocoroura jusqu'à Gadiron ; Japhet eut
la région septentrionale, depuis la Médie jusqu'à Gadiron.

Les tribus [descendant] de Japhet furent au nombre de quinze ; elles ont en
partage le fleuve du Tigre qui sépare la Médie de la Perse. Les tribus de Sem
furent au nombre de vingt-cinq ; elles habitent l'orient, et ont en partage le
fleuve de l'Euphrate qui divise leur contrée. Les tribus des enfants de Cham
sont au nombre de trente-deux ; ils ont en partage le Gihon, qui est le fleuve du
Nil, qui arrose leur pays.

Descendants de Japhet: Macédoniens, Arméniens, Mèdes, Grecs, Latins, Ro-
mains, Ibériens.

pose aussi qu'en sortant de l'arche, ils
vinrent à pied à Babel et y bâtirent une
ville1. — Je pense que l'accord de ces
histoires du Déluge avec celle des Grecs
est manifeste pour tout le monde. Si à la
vérité les chroniqueurs chaldéens appel-
lent Noé d'un autre nom que les Grecs,
car ils le nomment Xisostros au lieu de
Noachus, il ne faut pas s'en étonner. Ils
ont aussi mis d'autres dieux à la place
de Dieu, et un [autre] oiseau à la place de
la colombe. Abydenus a écrit tout cela
au sujet de l'histoire chaldéenne du dé-
luge2.

Il faut comprendre clairement que le
péché s'était multiplié et que les hommes
pratiquaient l'impiété de beaucoup de

que le sacerdoce, puis, successivement,
les choses qui se rattachent à cet ordre 3.
Lesacerdoce estdonc une fonction sainte,
qui, par sa science parfaite et par l'ac-
complisse ment des choses qui sont en
son pouvoir, imprègne4 ceux qui ont été
dignes de l'exercer saintement, et les
forme à sa ressemblance par son union
avec eux et par la perfection de leur cohé-
sion 5, comme le fer [esttransformé] dans
le feu. Le Théologien, dans son Discours
apolègètique*, définit le sacerdoce : « la
sainte administration des âmes », et
« l'intermédiaire de Dieu et des hom-
mes », et le prêtre : « le procurateur des
âmes et le médiateur de Dieu et des
hommes ». A l'ordre sacerdotal convient

1. Cf. loc. cit., col. 23. - 2. Ibid., col. 33.

3. Ici commence le chap. i de l'ouvrage de Jean de Dara. — 4. Ms. C ; ôyo sçov^ k»!»3»....
— 5. Ms. C, correctement ; ©k» (et non oi^>). — 6. S. Grégoire de Naziance, Orat. II, Apolog.
Migne, Pair, gr., t. XXXV, col. 493.

16

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Descendants de Cham : Éthiopiens1, Meçroyê [ou] Égyptiens, Hétéens, Jébu-
séens, Hévéens, Amorrhéens, Gergéséens, Aradiens.

Descendants de Sem : Assyriens, Chaldéens, Lydiens, Araméens, c'est-à-dire
Syriens, Hébreux, Persans2.

Les enfants de Sem à l'orient; les enfants de Japhet, au nord; les enfants
de Cham, au sud.

Noé avait vu que ceux qui vivaient avant le Déluge, à propos des lieux d'ha-
bitation [8] et des meilleurs endroits, s'étaient souillés de sang et avaient irrité
Dieu, au point qu'il les fit tous périr et disparaître de la face de la terre; c'est
pourquoi il divisa la terre, et statua, sous peine de malédiction, qu'ils ne se la
disputeraient plus, pour irriter le Seigneur.

CHAPITRE IL — Sem, âgé de 130 ans, engendra Arphaxad ; selon l'hébreu, à
l'âge de 102 ans. — Arphaxad, à l'âge de 135 ans, engendra Caïnan. Eusèbe ne
compte point ce Caïnan ni le nombre de ses années, dans la série des années;
le texte hébreu et le nôtre, non plus. Ce Caïnan inventa la magie, les incan-
tations, la divination par les étoiles; ses enfants l'adorèrent comme un dieu

manières, et se tuaient les uns les autres
dans des combats cruels, car cette ini-
quité est l'œuvre des démons et le fruit
de leur semence. Comme la terre était
un cloaque3 de sang humain, elle devint
improductive ; les ossements y étaient
accumulés en monceaux hauts comme
des montagnes considérables, à la joie
des démons. C'est pourquoi sur l'ordre
de Dieu survint le fameux Déluge. Comme
le juste Noé connaissait très bien la cause
de la destruction des hommes et d'où
elle provenait, il écarta la raison d'être
des combats en partageant la terre, et

un ministère humble et non une domi-
nation arrogante4.

D'où est tiré son nom? Nous disons
que « sacerdoce » vient de « prospérité >>
et « abondance 5 » ; car le sacerdoce pos-
sède l'abondance de tous les biens, il
enrichit et comble de biens quiconque
le reçoit ; nous appelons, en effet, « pros-
père » celui qui jouit abondamment de
tous les biens du monde. Ce nom est un
nom d'action et non de nature6. Il dé-
note l'autorité et l'abondance de tous
les biens.

Ce nom7 de sacerdoce signifie le mi-

1. Litt. : Indiens; mais c'est le terme propre pour désigner les Éthiopiens. — 2. Le même tableau
est dans BH. Chron. syr., p. 7.

3. Litt. : « une infection ».

4. D'après les deux textes la phrase parait devoir se restituer ainsi : |Cm*i».L ILûjoO* ç*ûaû.g^
.|£s*u«.3.Cs>o U |Lau»j Uo v".,* |t^v»,v5. — 5. Etymologie basée sur les divers sens de la racine ara-
méenne — 6. Sens : il désigne une qualité acquise et non connaturelle. — 7. Ici commence
le chap. il de l'ouvrage de Jean de Dara.

t

LIVRE II. CHAP. II

17

et lui érigèrent une statue : de là commença l'adoration des idoles. Il bâtit
une ville et l'appela Hara1 du nom de son fils Harôn. L'évangéliste Luc men-
tionne le nom de Caïnan2. Arphaxad vécut, selon le grec, 465 ans, et, selon le
syriaque, 438 ans. —Caïnan engendra [Salé], à l'âge de 139 ans, et selon le samari-
tain, à l'âge de 39 ans. — Salé engendra Héber à l'âge de 130 ans d'après les trois
livres, et vécut 460 ans ; d'après le syriaque, il engendra à 30 ans et mourut
à 433 ans. — Héber engendra à l'âge de 134 ans. Annianus dit qu'il engendra
Phaleg à l'âge de 133 ans, et ensuite Jectan; mais, d'après le syriaque, ce fut à
l'âge de 34 ans. 11 vécut 343 ans. Dans le syriaque il est écrit qu'il vécut 464 ans;
et il y en a qui disent que les Hébreux tirent de lui leur nom.

En l'an 120 de Phaleg, la terre fut partagée pour la seconde fois par les enfants
de Sem et les autres fils de Noé. —Aux enfants de Sem échut en partage toute la
région qui forme le milieu de la terre habitable, depuis la frontière de l'Egypte,

prononça une malédiction pour empêcher
chacun de changer ses limites. Tel fut
le motif du premier partage. — Ensuite,
les hommes se multiplièrent et oubliè-
rent les préceptes; ils franchirent les
premières limites, par des combats, et
ils firent un second partage du temps de
Phaleg. [8] Mais, de même qu'ils n'a-
vaient point respecté le premier partage
en trois parties, ni la malédiction du juste
Noé, ils n'observèrent pas non plus les
limites fixées pour la seconde fois.

[Extrait] du Ier Livre des Antiquités3 :
Un homme orgueilleux, Naborod*, pe-
tit-fils de Cham, fils de Noé, persuadait
aux hommes de ne pas attribuer à Dieu
la cause de leur félicité et de leur pros-
périté. Une  grande partie  du peuple

nistère entre les créatures et le Créa-
teur, exercé par des créatures. L'homme
ne se le donne point à lui-même ; mais
celui-là seul le possède qui estappelé par
Dieu, à la manière d'Aaron \

Si, en effet, [8]6 le panetier d'un roi
terrestre ne peut de lui-même et sans la
permission du roi entreprendre de ser-
vir à sa table, à combien plus forte rai-
son ne peut-on servir à la table de vie
sans la vocation divine.

Où commence et d'où vient le sacer-
doce? De l'origine de la création; car
en même temps que les puissances cé-
lestes furent créées, elles furent inves-
ties du sacerdoce. Chez nous autres hom-
mes, il a eu son commencement avec le
premier Adam; celui-ci, en effet, ayant

1. !;*», autre orthographe de sj*», Harran. — 2. Luc, tir, 36.
3. Ant. Jud., I, iv. — 4. NaëpwS^;.

5. Cf. Hebr., v, 4. — 6. Le texte continue ainsi dans le ms. du Vatican : |.i^^o» Ixjoïs»*' ^^j]
<*> - £v_^a__./.|   ta*]  ^co ILa'oO  Cs>;».   |.a»| ^vo, |a^x>> • ^» isu .;. |k*©iV |k»;o ,£o   o;û^m  1^ LU-»

18

CHRONIQUE^DE MICHEL LE SYRIEN

Rinocoroura et la mer Rouge, et depuis la mer de Phénicie et la Syrie, jusqu'à
l'extrémité orientale de la terre habitable. Entre autres lieux connus ils obtin-
rent : la Palestine, l'Arabie, la Phénicie, la Syrie, toute la Mésopotamie et l'Hyr-
canie, l'Assyrie, les contrées de Sennaar, de Babel et des Kurdes, toute la Perse
et les pays qui l'entourent, ayec l'Inde septentrionale, la Bactriane et les autres
régions orientales.

Aux enfants de Cham [9], second fils de Noé, échut en partage toute la région
méridionale qui peut être habitée, depuis l'orient jusqu'à l'occident : c'est-à-
dire l'Inde centrale1 et méridionale, les pays de Kous, de Saba, d'Egypte, de Li-
bye, de Thébaïde et d'Afrique, et tous les pays occidentaux et méridionaux
jusqu'aux confins de la terre habitable et à la mer de l'Océan. Du côté du nord,
ils ont la Cilicie, la Pamphylie, la Pisidie, la Mœsie,la Phrygie, la Lycie, la Ly-
die, et, parmi les îles de la mer : Cypre, Chio, la Sicile et environ vingt autres.

Aux enfants de Japhet, troisième fils de Noé, échut en héritage toute la contrée
septentrionale, depuis l'extrémité orientale de la terre habitable jusqu'à l'extré-
mité occidentale. Ils eurent les pays suivants : la contrée des Alains et des Turcs,
et, à l'orient : la Médie, l'Arménie, la Cappadoce, la Galatie, l'Asie, la Mœsie, la

adhéra facilement aux théories de Na-
borod. Ils regardaient comme honteux

o

d'être soumis à Dieu ; et ils bâtissaient
la Tour. Dieu les voyant dans une telle
aberration ne jugea pas à propos de les
détruire totalement; car ils n'étaient pas
devenus meilleurs par l'exemple des an-
ciens qui avaient péri. Il les jeta donc
dans la perturbation, en leur donnant
des langages différant par le grand
nombre de paroles qu'ils ne comprenaient
point. Le lieu dans lequel ils avaient bâti
la Tour est maintenant appelé Babel, à
cause de la confusion de l'intelligence
claire qui résultait du langage primitif.

[9] La SibylJIe s rapporte ce fait; elle
dit : Tandis que tous les hommes avaient

été façonné et constitué, reçut l'ordina-
tion sacerdotale [9] en même temps que
la royauté et la prophétie3, ainsi que
David le chantait en disant : « Tu m'as
formé et tu as posé ta main sur moi*. »
Par cette expression : « Tu m'as formé »,
il veut dire : « tu m'as créé », et celle-
ci : a tu as posé ta main sur moi » signi-
fie « l'ordination du sacerdoce dont tu
as enrichi le erenre humain5. » La main

o

du Père est son Fils, par lequel Adam a
été consacré lorsqu'il fut créé, au com-
mencement, et renouvelé après sa trans-
gression ; et le don du suprême sacer-
doce a été constitué en Dieu le Verbe
qui s'est incarné et s'est fait homme.
Adam, dès le commencement, a reçu

1. Litt. : « l'Inde intérieure ».

2. Restituer : Uaa^co. — Le passage cité par Josèphe est emprunté à Polyhistor (Eus., I, col. 23).

3. Ici finit la lacune, — 4. Ps. cxxxvni, 5. — 5. Ici finit la citation textuelle de Jean de Dara.

LIVRE IL CHAP. III

19

Thrace, l'Hellade et les pays qui sont au nord et à l'ouest de ceux-ci : la contrée
des Grecs, des Romains, des Sarmates, des Slaves, des Kourgahe; à l'occident :
le pays des Gaulois, l'Espagne et tous les autres qui se trouvent sur les confins
de l'occident jusqu'à Gadira.

CHAPITRE III. — Au début de la vie de Ragau les hommes commencèrent à
bâtir Babel et la Tour, dans la contrée de Sennaar'.« Bâtissons-nous une forteresse
et une tour, dirent-ils, et faisons-nous un nom, avant de nous disperser et de
nous en aller chacun dans son héritage2. » Le géant Nimrod, fils de Kous, nour-
rissait de sa chasse les constructeurs. Le temps de la construction se prolongea
quarante ans. Ils foulèrent aux pieds la loi, méprisèrent le commandement et
n'observèrent pas le partage du juste Noé ; ils divisèrent la terre, et ils s'enten-
dirent pour chercher le moyen d'échapper à la colère de Dieu après avoir trans-
gressé ses préceptes. « C'est pourquoi, dit l'Ecriture3, Dieu descendit et divisa
leur langage. » La langue unique fut partagée en soixante-douze langues, et la
terre de Sennaarfut appelée Babel, parce que là fut la confusion. Héber, ce grand

une même langue, ils se mirent à bâtir
une tour très haute, de manière à pouvoir
s'élever par elle jusqu'au ciel . Mais
Dieu envoya un vent violent qui renversa
la tour; et il donna à chacun une langue
particulière : c'est pourquoi il advint que
cette ville fut appelée Babel.

Polyhistor écrit qu'après le Déluge
Evékoios4 régna sur les Chaldéens pen-
dant 40 nères, et eut pour successeur
son fils, Komasbélos 5 pendant 4 nères.
— Depuis le Déluge jusqu'à l'époque où
les Mèdes s'emparèrent de Babylone,
Polyhistor compte 86 rois, dont il in-
dique les noms6.

Nemrod ceignit la couronne royale,
dix ans après le second partage. Il fut
le premier roi après le Déluge.

de la main même de Dieu l'ordination du
sacerdoce saint. De lui, il s'est propagé
dans toutes les générations, chez tout
descendant de sa race qui adhérait par la
foi à ce mystère ; c'est ainsi que l'hostie
du sacrifice d'Abel fut acceptée, dans sa
droiture, et fut agréable au Seigneur,
comme il est écrit7. Quand le maudit
Caïn eut commis un meurtre par jalousie
alors même8 la miséricorde infinie de
Dieu n'enleva pas ce don, parce que
tous ses bienfaits sont entièrement irré-
vocables. C'estpourquoi, dans toutes les
générations et de tout temps, quiconque
posséda la foi, ne fut pas privé de ce don.
Le livre sacerdotal atteste cela quand il
représente Enos et Hénoch [10] comme
ayant été agréables à Dieu, et le juste

1. Ms. : pour ;-vu». — 2. Cf. Gen., xi, 4. — 3. Ibid., 7.

4. Eùifaoco; (Sync, 147, 17). — 5. Xofxa<7êr().oç. — 6. Eus., I, col. 25.

7. Gen., îv, 5. — 8. Lire : US! (?).

20

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

vieillard, n'était point d'accord avec eux pour le partage ; mais il leur disait d'ob-
server le précepte de Noé [10] et de ne pas encourir la malédiction; il ne con-
sentit pas non plus à bâtir la Tour avec eux. A cause de cela, la langue primitive
et paternelle lui fut conservée. Il appela cette terre Babel. Dans notre langue
araméenne le nom de Babel s'explique convenablement comme désignant la
confusion. Saint Mar Ephrem, le grand Basile, et d'autres anciens docteurs don-
nent ce sens. Jacques appelé d'Edesse et Jean de Litarba, qui citent d'anciens
chroniqueurs, disent : « La langue hébraïque est la langue primitive, qui fut con-
servée à Héber5 et c'est de là que les Hébreux tirent leur nom » ; mais d'autres
disent : « Comme Abraham passa le fleuve de l'Euphrate pour entrer dans la terre
de promission, qu'il passa en combattant parmi les armées, qu'il passa des usages
païens de ses pères à la foi en Dieu, créateur de l'Univers : à cause de tout cela,
disent-ils, il fut appelé 'ebraya (passager). «Pour nous, nous disons que toutes
ces choses sont vraies : la langue primitive est la langue araméenne de laquelle
provient 'ebraya\

En l'an 101 de Ragau, le premier roi
des Egyptiens,Panouphis (?), commença
à régner, pendant 68 ans. Ce fut la pre-
mière dvnastie de Miçrin*, qui est ainsi
appeléedu nom deMeçraim, leurancêtre.

Nemrod bâtit trois villes : Arak, Or et
Kala, c'est-à-dire ; Edesse,Nisibe et Sé-
leucie 3.

Quand les peuples s'éloignèrent de
Babel, les Chananéens se donnèrent un
chef qu'ils appelèrent Canaan, du nom
de leur ancêtre Canaan. Les enfants de
Canaan ayant vu que la contrée de la
Palestine et du Liban était très bonne,
s'y fixèrent et ne voulurent point s'en
aller dans leur héritage, à l'occident de
la mer d'Egypte. Ils encoururent la malé-
diction de nouveau. En cet endroit s'ac-

Noé comme honorant1 Dieu, lui qui, à
cause de sa foi en Dieu, ne s'associa et
n'adhéra point à l'iniquité des impies :
c'est pourquoi, il fut choisi comme l'ins-
trument du grand mystère de la rénova-
tion ; en lui furent conservés le rejeton
de la race humaine et les épaves delà des-
truction par le Déluge. Après avoir ainsi
échappé miraculeusement par la vertu
divine, il fut digne de devenir prêtre.
En effet, aussitôt après être sorti rde
l'arche], il bâtit un autel au Seigneur
et offrit un sacrifice des animaux purs,
de sorte que le sacrement du sacerdoce
saintlui fut donné, comme au juste Abel ;
mais ce qu'écrit [de lui] l'esprit prophé-
tique est encore plus surprenant, [à sa-
voir : que] « le Seigneur respira comme

1. Voir le passage parallèle dans BH., Chron. syr., p. 9. — La Chronique de Bar-Hébréus étant
extraite pour ainsi dire textuellement de Michel dans cette première partie, nous n'y renverrons
que pour les passages qui offrent des variantes importantes.

2. Nom syriaque de l'Egypte. — 3. Cf. ci-dessous, p. 26, n. 1 (Ephremt Comin. in Gen. x, 10).
4. lov^l»

LIVRE IL CHAP. III

21

Phaleg', à l'âge de 130 ans, engendra Ragau (d'après le syriaque, à l'âge de
30 ans) et vécut 343 ans (d'après le syriaque 239 ans).

Depuis le Déluge jusqu'à la Division des langues, il y a en tout 660 anss;
depuis Adamjusqu'à la Division :!, d'après les Septante, 2906 ans; d'après la Pe-
sitta 2757 ans4.

Ragau engendra Saroug à l'âge de 132 ans, d'après le syriaque à l'âge de
52 ans; il vécut 339 ans, et d'après le syriaque 239.

En l'année 74 de Ragau finit le troisième millénaire, d'après les Septante.

La Tour fut bâtie en Pan 70 de Ragau; elle fut achevée quarante ans après ; et
les hommes furent dispersés sur la surface de la terre. Ils multiplièrent les
combats et les luttes : ceux qui étaient vainqueurs élevaient des signes de
victoire, et ensuite ils adoraient ces statues : ainsi se multiplia l'adoration des
idoles. La Tour tomba en l'an 110 de Ragau.

Nemrod, le premier qui régna à Babylone, fut créé prince en l'an 40 de Ragau.
Quand Dieu envoya le vent qui renversa et fit tomber la Tour, Nemrod mourut
dans la Tour. Le total des années du règne de Nemrod est de 69 ans d'après la

conrplit sur eux la malédiction du juste
Noé.

Du temps de Saroug, les hommes fa-
briquèrent des images qu'ils adorèrent,
excités par les esprits mauvais et les
démons impurs.

A cette époque régnait en Egypte [10]
le 2° roi, Eupipaphios; celui-ci le pre-
mier construisit et lança un navire sur
la mer. 11 régna 46 ans et mourut.

A la même époque, un Egyptien nom-
mé Sànôs, combattit avec les Kousites;
il fut surnommé Ethiopos, c'est-à-dire
Kousite ; il fut le 3° prince et régna
60 ans. Cet Ethiopos ou Kousite et les
Libyens engagèrent la guerre avec Saba
et le tuèrent; sa fille lui succéda ; elle
est aussi appelée Saba du nom de son

un parfum agréable, le parfum de lof-
frande de Noé 5. » N'est-il pas facile, pour
quiconque a la foi, de comprendre que
le Seigneur ne se complaisait pas seule-
ment dans ces sacrifices parce qu'ils figu-
raient alors d'une manière obscure et
voilée les sacrifices symboliques de la loi
ancienne, mais aussi parce qu'ils étaient
la figure6 des sacrifices nouveaux et ma-
nifestes.

Ainsi donc, de même que Noé avait été
jugé digne d'être le rénovateur du monde,
parce'qu'il avait plu à Dieu, il fut aussi
orné du don du sacerdoce, et par là, il
fut l'image figurative des divins mystères,
de la future grande victime propitiatoire
de l'Univers.

[11] // convient de faire savoir pour-

1. Ms. : Héber. — 2. Ms. : 600. (o» pour — 3. Ms. : jusqu'au Déluge. — r\. Lire : 2916

et 1716. Comp. le ch. vu et voir les restitutions dans l'Introduction.
5. Gen , vin, 21. — 6. Lire : t^a^ao.

22

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

[11] chronique de Ménandros le mage. On dit la môme chose dans le second livre
d'Asaph, et aussi que la couronne royale était tissée.

Après la mort de Phaleg, les enfants de Jectan, frère de Phaleg, voyant qu'on
ne leur avait pas donné d'héritage, prirent le parti de se constituer trois princes1 :
Saba, Ophir et Havîla. Ceux-ci commencèrent à fabriquer des armes, et firent
connaître aux hommes les instruments de combat; ils se mirent à manger le sang}
et devinrent puissants parce qu'ils se servaient des armes de guerre ; comme les
hommes n'avaient pas encore l'expérience des armes, ils s'enfuyaient devant
eux. Ils bâtissaient des citadelles pour se protéger; le peuple ayant été vaincu
dans le combat par les enfants d'Ophîr, on leur permit d'occuper et de prendre
comme possession tout endroit qui leur plairait, pourvu toutefois qu'ils s'abs-
tinssent de faire la guerre. C'est pourquoi toute la contrée des parfums devint
l'héritage de Saba, Ophir hérita du pays de l'or, et Havila de la région du fleuve
du Danube 3 où sont les pierres précieuses.

père. Elle régna 40 ans. Aristocholos
écrit de celle-ci qu'elle fit de nombreuses
guerres et s'illustra beaucoup : à cause
de cela les femmes régnent en ce lieu, et
elles marchent entête au combat.

Quant aux Amazones, nous trouvons
qu'elles étaient filles d'Askénez et de
Thocforma. A l'origine, Samirôs, roi de
Babylone, fît la guerre avec elles et tua
tous leurs [enfants] mâles. Dès lors, elles
prirent comme règle de ne plus élever 3
d'enfants mâles, mais seulement des
filles. Une fois par an, elles sortent de
chezelles pour s'unirauxhommes etelles
reviennent enceintes; elles tuent les en-
fants mâles qui leur naissent et élèvent

quoi le sacerdoce a été institué*: Premiè-
rement : pour le salut des homm es;
deuxièmement : pour la rémission des
péchés; troisièmement : pour notre
union5 avec Dieu; et quatrièmement:
pour la participation de la nature divine.

D'abord pour le salut ; car les hommes
avaient mérité de mourir à cause de la
transgression d'Adam; mais Dieu voulut
les vivifier et les sauver par un don ve-
nant de lui et il établit parmi eux le don
du sacerdoce ; premièrement, sous la Loi
antique, qui rachetait en quelque façon
de la mort par les sacrifices d'animaux
muets. Mais les prêtres de la Loi [pé-
cheurs eux-mêmes], ne pouvaient mou-

1. Il faut lire ^ au lieu de Jv, d'après le contexte et la version arabe. — 2. Ms. : Anabados. S'il
n'y a pas de lacune, je proposerais de corriger 'm^a.»)*», d'après le Lexique de Bar-Bahloul, éd.
Du val, col. 1559-1560, où le Phison (fleuve de Havila, Gen., n, 11-12) est identifié avec le Danube.
L'arabe a mal compris et traduit par : contrées de l'argent (wjS^), de l'or (o«^), et de l'airain

3, — 4. Chap, v de Jean de Dara. L'auteur résume un peu ce chapitre. — 5. ^La»»*.,

LIVRE IL CHAP. IV

23

CHAPITRE IV. — Saroug, à l'âge de 130 ans, engendra Nachor, d'après les
trois chroniqueurs. — Le texte hébreu, d'où provient notre Pesitta, diminue
100 ans à chacun [des patriarches] à partir du Déluge. — Saroug vécut 330 ans.
De son temps l'art de fabriquer les monnaies et de travailler l'or fut inventé
par Ophir.

Quarante-trois ans après qu'eut cessé l'empire de Nemrod, un roi appelé
Qambîros régna à Babylone, du temps de Saroug; il bâtit la grande ville de Suse.
Ensuite, en l'an 56 de Saroug, tous les peuples commencèrent à se fabriquer des
instruments de combat, à faire des captifs, à vendre des esclaves et des servantes.

A cette époqueQambiros et les Chaldéens firent la guerre aux Qalatou comme
Pécrit Damaris. Zamardos dit : « En l'an 70 de Saroug le Chaldéen, il y eut une
guerre [12] entre Qalatou et les Chaldéens, pour la possession de la terre, tandis
([lie régnait Qambîros. Les Chaldéens furent vainqueurs; ils firent partir les
Qalatou d'auprès d'eux et les confinèrent dans les montagnes qui sont au mi-
lieu de leur territoire. — Saroug enseigna à Nachor la religion chaldéenne, la
magie, et l'astrologie, comme le rappelle Asaph, dans son livre, lorsqu'il expose
les généalogies. — Après Qambîros, qui régna 85 ans, le troisième roi de Baby-
lone fut Samîros, pendant 72 ans; il commença à régner en l'an 106 de Saroug.

les filles, d'après l'histoire véridique qui
leur est consacrée dans les livres anciens,
et de nombreux témoignages. Dans les
guerres contre la grande ville d'Ilion,
qui fut détruite, on parle aussi longue-
ment de ces femmes Amazones, qui habi-
taient dans la région septentrionale.
Mais, comme aujourd'hui on n'entend
plus parler d'elles parmi les hommes, et
que personne ne les a vues ou n'a entendu
parler d'elles, ni dans la région septen-
trionale, ni en d'autres lieux, il me sem-
ble, à moi misérable, que toutes ces
femmes ont dû périr dans la guerre
contre la grande ville d'Ilion. On doit
penser cela pour deux motifs : d'abord,
parce que depuis ce moment on n'a plus

rir pour les pécheurs, chaque pécheur
devait mourir et porter le poids de sa
propre faute. Et [12] de plus, les sacri-
fices d'animaux, sous la Loi, n'étaient
pas offerts pour les péchés mortels, de
manière à délivrer de la mort ceux qui
les faisaient, mais bien pour toute sorte
de défauts [naturels ou volontaires2]. Ils
ne purent jamais rendre parfaite la con-
science de leurs auteurs ; s'ils avaient été
parfaits, peut-être auraient-ils fait cesser
leurs oblations, leur conscience ne les
troublant plus par le remords des fautes,
une fois effacées 3. Les hommes devant
mourir, et les prêtres de la Loi ne pou-
vant les racheter, ni les sacrifices d'ani-
maux les délivrer, il était nécessaire que

1. Ms. o^ûo pour ; ar. : û£ao ; BH. donne la bonne leçon.

2. Ms. C : ^ol ol ^=>l M» <^©i. — 3. Cf. Rom., x, 1.

24

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

11 fit la guerre aux enfants de Yavan et aux Chananéens, et il s'empara de leur
terre. Il bâtit des villes1 aux Parthes et aux Chaldéens. Le premier, il se mit à
faire des mesures et des poids ; de son temps on commença à faire des étoffes
pour le vêtement des idoles dans les parties honteuses (?)2 d'après ce qu'écrit
le mage Zamardos. La soie fut aussi découverte de son temps et des teintures
de tout genre. On raconte à son sujet beaucoup d'histoires fabuleuses ; par
exemple : qu'il avait trois yeux et des cornes, et qu'il était plus fort que toute la
tribu de Nemrod.

CHAPITRE V. — Nachor engendra Tharé à l'âge de 79 ans, d'après les LXX;
mais, d'après le syriaque, à 29 ans3. Il vécut 207 ans, d'après les LXX; et 148ans,
d'après le syriaque.

En ce temps-là, Kisârônos4 le Parthe engagea un combat avec Samîros, le
tua et régna à sa place. 11 lui enleva ses cornes et les plaça sur la couronne de
sa tête.

D'après la chronique d'Aroud le Chananéen, la lutte de Job, le juste, eut lieu
en l'an 25 de Nachor. Les paroles d'Aroud sont celles-ci : « Il y avait un homme
riche de la tribu de Jectan qui s'appelait Job. Sept fois il combattit seul contre
Satan et le vainquit. » Asaph dit que ce combat eut lieu six cents ans plus tard.
Pour moi, je pense qu'Aroud le Chananéen a dit vrai. Job précéda Moyse de
cinq cents ans. 11 y en a qui disent qu'il était de la race d'Ésaii, et qu'il est le même
que Jôbab, fils de Zarah5.

aucune mention d'elles; ensuite parce
qu'il est écrit que pendant la guerre
contre cette ville d'Ilion, onze [11] rois
étaient réunis contre elle pour l'assiéger,
et la guerre durait depuis onze ans quand
la reine des Amazones vint pour secou-
rir le roi d'Ilion. Or, comme ces onze
rois détruisirent Ilion, tuèrent son roi et
tous ceux qui étaient dans la ville, sans
doute ces femmes furent aussi tuées en
ce lieu.

le Seigneur, personnellement, vînt se
faire oblation pour tous, rendre parfaits
ceux qui vont à son Père par son inter-
médiaire6, mettre fin à la mortalité7 qui
est la racine du péché, et procurer à tous
le salut. « La loi de vie, en Notre-Sei-
Cfneur Jésus Christ, m'a délivré de la
loi du péché et de la mort8. » Autrefois
le grand-prêtre offrait pour les péchés
du peuple un sacrifice par lequel il était
censé immoler et anéantir9, tous lespé-

I. Lirejki*,» (plur.) d'après BH. —2. La phrase est omise par BH. qui cite le passage; l'arabe
dit : ©v^t,*>o >aoi:s^\ wi'ol. Je lis : 1       (et non : I,-.»). — 3. Ms. : 79; lire : £o. — 4. Plus

bas (chap. vu) : ima.hmS; BH., p. 9, donne : ^aicnU*" et isoaio'û^. — 5. Cf. Gen., xxxvi, 33.

6. Cf. Ilebr., vu, 25. — 7. |/.0ta.«^. — 8. Rom., via, 2. — 9. Ms. C : ^**>.

LIVRE IL CHAP. VI

25

[13] En l'an 5 de Tharé, régna à Babylone le cinquième roi, Arphazad', pen-
dant 18 ans. Et ici cessa la principauté des rois de Babylone, pendant 7 ans, jus-
qu'à Bélos, premier roi des Assyriens; comme plusieurs des Chaldéens, des
Mèdes, des Assyriens luttaient pour la royauté et se tuaient mutuellement dans
les combats, un temps de sept années s'écoula sans principauté.

Bélos l'Assyrien, s'étant délivré de la servitude des Chaldéens, lutta contre eux
et contre les Mèdes; il les vainquit et régna sur les Assyriens, pendant
62 ans; il domina sur toute l'Asie, excepté l'Inde.

Çaharon, frère de Tharé, tua un jour par ruse Kisârônos, roi de Babylone, qui
était parthe, et voulut chasser les Parthes de leur propre pays. Dans une autre
histoire, nous trouvons qu'il le tua à cause d'une statue d'or qu'il avait enlevée
de la maison de Nachor, car Nachor était prêtre de l'idole Caïnan.

Alors fut bâtie Damas, par Myropos l'Hétéen, vingt ans avant la naissance
d'Abraham. Josèphe dit qu'elle fut bâtie par Ouç2, fils d'Aram.

CHAPITRE VI. — Tharé, à Page de 70 ans, engendra Abraham; il vécut
275 ans, ou, selon le syriaque, 205 ans.

Andronicus dit que, du Déluge à Abraham, il s'écoula 1081 ans, et d'Adam
jusqu'à Abraham 3337 ans.

A partir d'ici le Pentateuque des Grecs et celui des Syriens sont d'accord sur
le nombre des années.

Depuis le temps du partage de la terre jusqu'à Abraham il y eut 421 ans.

Alors mourut Nachor, et Abraham naquit deMalkatoum. Vingt-deux ans plus
tard, Sara, fille de Tharé, naquit de Zamrôt.

Le 4e roi des Égyptiens fut Pharaon,
fils de Sânôs, qui régna 35 ans. Du nom
de ce premier Pharaon, pendant de longs
siècles, les rois d'Egypte furent appelés
Pharaons. Il appartient à la Ve dynastie.

En l'an 48 de Nachor. le 5e roi d'E-
gypte, Pharaon Kârîmôn, commença à
régner, dans la VIe dynastie, pendant
4 ans.

A cette époque le Chananéen Armô-
nios eut deux fils : il appela l'un Sodome
et l'autre Gomorrhe ; il bâtit deux villes

chés, ainsi qu'il est dit3 : « Offrez des sacri-
fices expiatoires », et« comment aurais-je
pu manger la victime expiatoire aujour-
d'hui? » et quand il entrait dans le sanc-
tuaire il apportait le pardon au peuple ;
de même aussi Jésus s'offrit lui-même
pour le peuple et immola en sa personne
[13] les péchés de beaucoup4. [Il y a eu
de nombreux prêtres] parce qu'étant
mortels ils ne pouvaient durer3; mais lui
vit à jamais, offrant des prières pour
eux. — Comme il devait retourner au

1. Plus bas (ch. vu) : Arphakid. BH. a la même leçon qu'ici. — 2. Ant. Jud., I, vi, 4.

3. Cf. Les'., x, 19. Ms. C :   o^o . loi^ CSos, y,!. _ 4. Ilebr., ix, 28. — 5. Hebr., vit, 23.

26

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Dans le comput des années le texte de la Pesitta a 1384 ans de moins que les
Septante.

Abraham, étant âgé de 15 ans, commença de lui-môme à prier et adorer Dieu.
Il chassait les corbeaux qui avaient été envoyés par Dieu sur la terre des Chal-
déens, pour détruire et dévorer leurs semences.

[14] A cette époque mourut Bélos, le premier roi des Assyriens. Son fils Ninus
régna 52 ans.

Ce Ninus, second roi des Assyriens, bâtit dans la contrée une ville qu'il
appela Ninus, et que les Hébreux appellent Ninive. Il fit à son père, Bélos, une
statue en or fondu et il écrivit dessus : « grano dieu » ; il le fit proclamer dans
toute l'Assyrie, et beaucoup l'adorèrent. Après la construction de Ninive furent
bâties Rahabôt, Râsân et Kâlnê1.

Alors fut bâtie Jérusalem, par Melkizédek le Chananéen, qui l'appela Oreb.

Abraham mit le feu au temple des idoles qui était à Our des Chaldéens. Son

auxquelles il donna leurs noms; il bâtit
aussi Çe'ir, qu'il appela du nom de Çeir,
leur mère.

[12] En l'an 52 8 de Nachor, le 6° roi
d'Egypte, Pharaon Aphintos, commença
à régner, à la VIP dynastie, pendant
32 ans.

Il envoya [des messagers] vers Kisâ-
rônos, roi des Chaldéens, et apprit leur
doctrine ainsi que le nom de Caïnan,
dieu de Babel, dont l'image fut adorée
en Egypte, jusqu'à Sérapis, fils deNiobé.
Il bâtit la ville d'Apântos sur le fleuve
du Nil, et il l'appela Babylone, c'est-à-
dire Babel.

Asaph est d'accord sur ces choses,
car il dit : « Du temps de [13] Tharé, les
Égyptiens apprirent les doctrines chal-
déennes et firent fondre une statue d'or
à l'idole Ninos. »

ciel, il laissa le sacerdoce à l'Église pour
le remplacer, vis à-vis de ses enfants,dans
le pardon des péchés et le souvenir de
son incarnation productrice de la vie :
« Vous ferez ceci en mémoire de moi3. »

[Secondement] le sacerdoce a été ins-
titué à cause des péchés. En effet, s'il
n'y avait point eu de péché, nous n'au-
rions pas eu besoin d'expiateur. « Ceux
qui 6ont sains n'ont pas besoin du méde-
cin. Jene suis pasvenu appeler les justes,
mais bien inviter les pécheurs à la péni-
tence '. » Donc le sacerdoce a été donné
aux hommes pour le.pardon des péchés.

Et ces témoignages des saints relatifs
au sacerdoce suffisent amplement.

1. BH., Chr. syr., p. 11, ajoute : « c'est-à-dire : Arbèle, Res'aina et Séleucie», interprétation basée
sur des assonances. Cf. ci-dessus p. 20, 1. 22. Voir aussi Assémaist, liibl. or., 1, 2G, n. 4.

2. Ms.»12 (oT pour ^j).

3. Luc, xxn, 19. — 4. Matth., ix, 12; Marc, ir, 17; Luc, v, 31-32.

LIVRE II. CHAP. VI

27

frère Harôn entra pour l'éteindre et sauver les idoles, afin qu'elles ne brûlassent
pas, et il y fut consumé.

Abraham, âgé de 60 ans, emmena Tharé, son père, Nachor, son frère, et Lot,
fils de Harôn, et ils vinrent habiter à Harran, pendant 14 ans ; puis il quitta son
père à Ilarran, et vint dans la terre de Chanaan.

En l'an 5 de Tharé, commença à régner
en Egypte le 7° roi, Arsakos1, pendant
33 ans. Il bâtit une ville de son nom.

Il eut pour successeur Pharaon Sâmô-
nos, pendant 20 ans.

En l'an 28 de Tharé, le 9° roi, Pharaon
Armios2, commença à régner,en Egypte,
à la X° dynastie, pendant 27 ans.

En l'an 14 de cet Hermios, l'an 36 de
l'Assyrien Bélos, naquit Abraham d'a-
près la chronologie d'Andronicus.

En l'an 15 d'Abraham Armios l'Egyp-
tien, en vint aux mains avec Bélos l'As-
syrien : Armios fut vaincu et fut mis à
mort.

Il eut pour successeur, h la XIe dynas-
tie, le 10° roi : Pharaon Phàrnados (?),
Thébain, pendant 43 ans.

Vient ensuite le 11° roi, h la XIIe dy-
nastie, Pharaon Phânôs ; c'est celui qui
ravit à Abraham sa femme Sara, et qui
lui rendit ensuite, avec sa femme, de
l'or, de l'argent, des troupeaux, et le
renvoya d'Egypte.

En l'an 98 d'Abraham, le 12e roi,
Pharaon Iïysqos3 commença h régner
en Egypte, à la XIIIe dynastie, pendant
21 ans.

1. BH., p. 10 : io»aa»o4ol. Comp. les variantes orthographiques du lableau synoptique (p. 14 du
texte). — 2. BH. ne donne le nom qu'une fois, et écrit — 3  gjj  . noacam.^

28

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

CHAPITRE VIL — Où l'on montre, comme dans un tableau, l'accord elle dé-
saccord des Chroniques, quant au nombre des années, jusqu'à Abraham.

Eusèbe a commencé à Abraham à établir les canons chronologiques. C'est
pourquoi nous devons placer ici ceux qui vont d'Adam à Abraham.

Depuis Adam jusqu'au Déluge : 2256 ans.

Du Déluge à la Division : 660 ans (ms. : 600) : 2916.

Phaleg engendra Ragau, 10 ans après la Division : 2926.

Ragau engendra Saroug à l'âge de 132 ans : 3058 (ms. : 3018).

Saroug [engendra] Nachor à l'âge de 130 ans : 3188 (ms. : 3102).

Nachor engendra Tharé à l'âge de 79 ans : 3267.

Tharé engendra Abraham à Page de 70 ans : 3337 (ms. : 3357).

Rois de Babylone :

En Pan 40 (ms. : 10) de Ragau Nem-
rod commença à régner : 69 ans.

Ensuite il n'y eut pas de roi pendant
43 ans (112).

Qombaros : 85 ans (197).

Samîros : 72 ans (269;.

Kisrânos : 43 ans (312).

Arpâkîd : 18 ans (330) (ms. : 340).

Interrègne de 7 ans (337) (ms. : 347).

Ensuite vint Bélos, chef de la royauté
des Assyriens.

245)

En l'an 36de celui-ci naquit Abraham.

[Extrait] du Ie" livre d'Asaph.

L'an 135 de Malalaël mourut Adam.

L'an 20 de Hénoch mourut Seth.

L'an 13 de Mathusala mourut Enos.

L'an 61 de Lamech mourut Caïnan.

L'an 33 de Lamech Hénoch fut enlevé.

L'an 34 de Noé mourut Mahlalaël.

L'an 166 de Noé mourut Iared.

L'an 600 [de Noé] mourut Mathusala.

Asaph enseigne que Mathusala périt
dans les eaux du Déluge avec les enfants
de Caïnan.

L'an 74 de Salah mourut Noé.

L'an 156 de Salah mourut Sem.

L'an 34 de Héber mourut Arphaxad.

Rois d'Egypte:

En l'an 100 de Ragau, Pânouphis
68 ans.

Eupropis : 46 ans (114).
Sânos : 60 ans (174).
Pharaon fils de Sânos : 35 ans (209).
Pharaon Kârîmon : 4 ans (213).
Phararaon Aphantos : 32 ans
(ms. : 246).

Pharaon Orkos : 33 ans (278).
Pharaon Samos : 20 ans (298).
Pharaon Hirkos : 25 ans (323) (ms.
325).

En l'an 17 de celui-ci naquit Abraham.

[1*>] [Extrait] de la Chronique d'Ezra,
selon le comput des Hébreux et des Sy-
riens. (A partir d'Abraham, la Pesitta est
d'accord avec les Septante.)

L'an 56 de Lamech mourut Adam.

L'an 168 de Lamech mourut Seth.

L'an 84 de Noé mourut Enos.

L'an 179 de Noé mourut Caïnan.

L'an 234 de Noé mourut Mahlalaël.

L'an 266 de Noé mourut Iared.

L'an 178 de Noé {sic) Hénoch fut en-
levé.

L'an 595 de Noé mourut Lamech.
L'an 600 de Noé mourut Mathusala.
Fin.

LIVRE IL CHAP. VII

29

Chronologie des Septante et d'Asaph :

Adam engendra Seth h l'âge de 230ans.
Seth engendra Enos à Page de205ans.

Enos eng. Caïnan à l'âge de 190 ans.

Caïnan engendra Mahlalaël à l'âge de
170 ans (ms. : 130).

Mahlalaël eng. Iared a l'âge de 165ans.

En l'an 40 de Iared finit le premier
millénaire.

Iared eng. Hénoch «à l'âge de 162 ans.

Hénoch engendra Mathusala à l'âge de
160 ans (lire : 165?).

Fin.

[16] En l'an 100 de Sem eut lieu le Dé-
luge.

D'Adam au Déluge il y eut 2256 ans.

Sem eng. Arphaxad h l'âge de 102 ans.

Arphaxad engendra Caïnan à 135 ans.

Caïnan engendra Salah à l'âge de
139 ans (ms. : 130).

Salah engendra Héber à Page de 130 an s.

Héber engendra Phaleg à l'âge de
134 ans.

Phaleg eng. Ragau à l'âge de 130 ans.

En l'an 74 de Ragau finit le troisième
millénaire.

Ragau eng. Saroug à Page de 132 ans.

Saroug eng. Nachor à l'âge de 130ans.

Nachor engendra Tharé à l'âge de
79 ans.

Tharé eng. Abraham à l'âge de 70 ans.
DuDélugeà Abraham ily eut 1081 ans.

D'après l Hébreu et la Pesitta des Syriens :

Adam engendra Seth à l'âge de 130 ans.

Seth engendra Enos h l'âge de 105 ans
(ms. : P35).

Enos engendraCaïnanàl'âge de90ans.

Caïnan engendra Mahlalaël h l'âge de
70 ans.

Mahlalaël eng. Iared à l'âge de 65 ans.

Iared eng. Hénoch à l'âge de 162 ans.
Hénoch engendra Mathusala à l'âge de
65 ans.

Mathusala eng. Lamech à 187 ans.

En Van 126 de Lamech finit le pre-
mier millénaire. — Fin.

En l'an 100 (ms. : 50) de Sem eut lieu
le Déluge.

D'Adam au Déluge il y eut 1656 ans.

Sem eng. Arphaxad à l'âge de 102 ans.

Arphaxad engendra Caïnan à 35 ans.

Caïnan engendra Salah à l'âge de 39 ans
(ms. : 29).

Salah engendra Héber à l'âge de30ans.

Héber engendra Phaleg à l'âge de
34 ans (ms. : 56).

En l'an 20 de Phaleg la terre fut par-
tagée. — Du Déluge jusqu'au partage de
la terre il y eut 160 ans.

Phaleg eng. Ragau à l'âge de 30 ans.

Ragau eng. Saroug à l'âge de 32 ans.

Saroug eng. Nachor àl'âge de [30] ans.

Nachor engendra Tharé à l'âge de
29 ans (ms. : 79).

Tharé eng. Abraham h l'âge de 70 ans.

En Van 13 d'Abraham finit le second
millénaire.

Du Déluge à Abraham il y eut 331 ans.

30

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

[Selon les LXX; suite].
Abraham engendra Isaac à l'âge de
100 ans.

Isaac engendra Jacob à 1 âge de 60 ans.

Jacob engendra Lévi à l'âge de 89 ans.

Lévi engendra Caath à l'âge de 46 ans.

Caath engendra Amram à l'âge de
60 ans (ms. : 70).

Amram engendra Moïse à l'âge de
70 ans.

D'Adam jusqu'à PExode, il y eut
3842 ans.

[Selon L'hébreu; suite).
Abraham engendra Isaac à l'âge de
100 ans.

Isaac engendra Jacob à l'âge de 60 ans.
Jacob engendra Lévi à l'âge de 89 ans.
Lévi engendra Caath à l'âge de 46 ans.

o o

Caath engendra Amram à l'âge de
60 ans,

Amram engendra Moïse à l'âge de
70 ans.

D'Abraham jusqu'à l'an 80 de Moïse,
il y eut 505 ans.

Du Déluge jusqu'à l'Exode, il y eut
836 ans.

Et d'Adam jusqu'à l'Exode, il y eut
2492 ans.

Il est écrit1 de Caïnan que, le premier, il inventa la magie, les augures et les
sortilèges; et qu'il fut adoré comme Dieu. Caïnan mourut pendant qu'on bâ-
tissait la Tour, au bout de cent quarante ans. Comment peut-il être vrai que la
vie de Caïnan se prolongea jusqu'à l'an 36 d'Isaac?

En l'an 45 de Jacob mourut Salah.
En l'an 45 de Jacob mourut Héber.
En l'an 59 d'Abraham mourut Phaleg.

Comment peut-on admettre que la vie de Phaleg se prolongea jusqu'à l'an 48 d'A-
braham*, puisqu'Abraham naquit 302 ans 3 après le renversement de la Tour? Ce
nombre d'années est inepte.

Compte des années 4.
En l'an 66 de Ragau mourut Salah.

o

En Pan 68 de Saroug mourut Héber.

o

En l'an 69 de Ragau mourut Phaleg, à Babel % avec Nemrod, d'après ce que rap-
portent le mage Zamar[d]os et l'Assyrien Qômâbaros.
En l'an 100 de Saroug mourut Ragau.
En l'an 21 de Tharé mourut Saroug.

1. Ce texte paraît être la continuation de la chronologie d'Asaph (ci-dessus, p. 28). — 2. Chiffre
donné par l'hébreu. — 3. D'après les LXX. —¦ \. 11 est établi d'après la chronologie des Septante.
— 5. Lire : Vos,

LIVRE IL CF1AP. VIII

31

[17] CHAPITRE VIII. — Qui montre la descendance des peuples, comme dans
un tableau \

Arphaxad engendra : Caïnan.

Salé   / Haron — Loth le Moabite.

\ ( Isaac ; leur descendance est expli-

\ Abraham }     quée dans les Livres saints.
( ( Ismaël: delui 12 tribus puissantes.

Loud : de lui Laronios ; de lui — Aram — Amraphal — Taré' aël.
Iectan [engendra] les Indiens,
(de lui : Aram ; de lui Hamôr. — Arouk.
( Géther : de lui ïata, de lui Ouç; (Lâzonasê1).
[Étant] ; de lui : les Elamites ; les Mœséniens, les Catanéens, les Gasàsou, les
Garouméens, les Caspiens3.

de lui : les Chaldéens ; parmi eux Nabuchodonosor, son fils Mar-
douk, et ceux qui sont écrits.
1  les Kousites a
Saba j
Hévila *
Saba ta 5
Regma
Sabatacha6

Chanaan : les Hétéens, les Jébuséens, les  Sidoniens, les Amorrhéens et les
Gergéséens 7 ;

Lyda8; Laadim; de lui :.....9.

Nephtouïm; Pelrousim ; Chaslouim.
Phouth ; de lui : les Troglodites.

( Askenez; de lui : les Sarmates.
Riphath;de lui : les Cappadociens.
Thogorma ; de lui : les Arméniens,
les Celtes, les Gaulois, les Turcs et les Alains.

Darius qui jeta le prophète Daniel dans
la fosse; Darius Astyages; Darius,
les Hellènes et les Ioniens.
Thobal; de lui : les Thessaliens lJ.
Thiras1*; de lui : les Thraces et les Lydiens.

[Assour_

Chus ; de lui

De ceux-ci : Tharahq, la reine de Saba, et
celle de Candace.

Mesraïm

Gomer ; de lui

De ceux-ci : les rois
dont les noms sont
dans ce livre 10.

Magog
Madaï

de lui
de lui

les Mèdes. Les rois

Javan; de lui

1. Ce tableau est incomplet et confus. Il est à comparer avec le chap. x de la Genèse. Le rap-
procher aussi du tableau donné dans VExordium d'Eusèbe (éd. Sghœne, t. I, App., p. 47) et des
Excerpta Barbari, fol. 4-10 (ibid., p. 180-187) — 2. Sans doute les : Alazonii du Barbarus (f. 9 a)
qui les donne parmi les descendants de Loud. — 3. Ces noms sont distribués de telle sorte qu'il
est difficile d'assigner leur place exacte. — 4. Je crois trouver ce nom sous l'orthographe fau-
tive Ha*j (pour Wa*») à la ligne supérieure. — 5. Ms. : Saphta. — 6. Ms. : Saphtacha. — 7. Le
nom est à la ligne inférieure. — 8. Ms. : Lyra.  — 9. Le ms. donne Mamré; ce qui semble

une faute; je ne vois pas comment restituer le nom, qui est probablement déplacé. — 10. Le mot
« de l'arbre » (que l'arabe a lu ainsi), me parait se rapporter à l'autre ligne et devoir être
corrigé eu M^o « les Alains ».  -— 11. Ms. : ThessalonicieDS. — 12. Lire : »ao^i.

32

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Méthodius dit1, à propos de*Iônîtan% qu'il fut engendré par Noé après le Déluge,
que son père lui fit un présent et l'envoya en Orient; et qu'il alla habiter là où le
soleil se lève; il trouva le nombre des étoiles. — Fin.

Noms des peuples qui ont Vécriture parmi les descendants de Sem : Chaldéens,
Assyriens, c'est à-dire Syriens; Hébreux, Perses, Mèdes, Arabes. — Nontpas
l'écriture3 : Ladonisoyê4, Aétoyês, Lydiens6, Gasphinoyô7, Mâsinoyê8, Éthio-
piens9, Qoutanoyê10, Gamîloyê u, Arînoyê'*, Bârrousoyê13, Scythes14, Hyriqoyè15,
Armouyê16, Garoumoyê17, Parthes18, Qaksaphoyê19, Melâgdaroyêî0.

Noms des descendants de Cham qui connaissent l'écriture : Egyptiens, Pam-
phyliens, Phrygiens81. — Ne connaissent pas l'écriture: Kousites", Troglo-
dites'% Aegynoye*1, Esbâinou", Youlinoyê86, Libyens87, Mâriotê88, Phyltoyê29,
Mâsou30,Mouqatinou31, Mâqenous38, Bithyniens33, Nômâdê34, Mânoyou35, Pôpha-
loyô36. Masîdînou37, Pisidiens38, Otâloyou39, Sârtoyê40, Magratoyê41, Numides42.

Noms des peuples descendant de Japhet qui connaissent l'écriture : Mèdes,
Grecs, Romains, Arméniens. — Ne connaissent pas l'écriture : Cappadociens43,
Celtes44, Gaulois'5, Hélinisoyê, Tâsôliqoyê, Illyriens16, Thraces47, Sarmates4s
et d'autres inconnus. — Fin de ce [chapitre].

Fin du second Livre qui commence au Déluge et va jusqu'au temps d'Abraham.
Il comprend 1081 ans, et se compose de huit chapitres.

1. Cette observation se rapporte au tableau précédent dans lequel le nom de Iônîtan est rattaché
à celui de Noé. —2. 'Iwvîto? ; cf. Fabrigius, Codex pseudo-epigr. V. T., p. 27C.

3. La discussion des noms contenus dans ce tableau nous entraînerait hors des limites qui nous
sont imposées dans les notes de ce travail. Nous nous bornerons à donner les noms correspondants
des Excerpta Barbari, qui contiennent les listes se rapprochant le plus des nôtres. Une étude plus
détaillée sera donnée dans un commentaire spécial sur divers passages de Michel qui présentent
un intérêt particulier ou nouveau. — 4. Alazonii (Uoiof^l 1). — 5. Yantii. — 6. Lydii. — 7. Gas-
fini. — 8. Mossini. — 9. Indii. — 10. Bactriani (Li.T&aa). — H« Milii. — 12. Arriani. — 13. Ce-
drysii (Uoo©»»l.a). — 14. Scythii. — 15. Yrcanii (Uiû^ow). — 16. Adamosynii*! — 17. Armeni (9 b,
1. 5), Germani (1. 16)? — 18.  Parthi. — 19. Nudi sapientes (?). — 20. Magardi.

21. Les listes analogues ajoutent les Phéniciens. — 22. Ethiopi. — 23. Troglodyti. — 24. Aggei.

— 25. Isabini. — 26. Ellanii. — 27. Libyi. — 28. Marmaridiil — 29. Psylliti (L^a*a9?). _ 30.
Myssi. — 31. Mososini (1. 9)? — 32. Maconii. — 33. Bithynii. — 34. Nomadii. — 35. MariandiniÇ!).

— 36. Pamphyli. — 37. Mososini (1. 11). — 38. Pissidii. — 39. Autalei. — 40. Criti[1) — 41. Ma-
gartei. — 42. Numidii.

43. Cappadocii. — 44. Lire : k^M» ? — 45. Galli. — 46. Illyrici (?). — 47. Thraci. — 48. Sar-
mati.

I

LIVRE III

[18] avec l'aide de l'Unique connu en trois personnes saintes, nous commen-
çons le troisième Livre. Dans ce livre commence le canon du comput des
royaumes et des rois, disposé par Eusèbe, qui montre très clairement quand
commença chacun des empires, quand il a pris fin, combien il a eu de rois, et
combien d'années chacun d'eux a régné.

CHAPITRE I. — Qui commence au temps d'Abraham, c est-à-dire à l'an 3336
depuis le premier homme1.

Abraham alla en Egypte à l'âge de 81 ans. Il engendra lsmaël de Hagar. Ismaël
vécut 130 ans, jusqu'à Pan 62 de Jacob. — A cette époque* Samîram3 commença
à régner sur les Assyriens, pendant 46 ans; et elle bâtit des tells contre le
Déluge. Dans un autre endroit*, nous avons trouvé, à propos de ces tells,
qu'après le Déluge, les hommes s'étant multipliés sur la terre, se laissèrent
aller à adorer les démons qui rendaient des oracles dans les idoles, les astres du
firmament, les oiseaux, les animaux et même les fontaines. Ils faisaient des statues
aux morts, les plaçaient sur leurs tombeaux et les adoraient. Envoyant une telle

[18] En l'an 45 d'Abraham 5 se ter-
mine le 40e Jubilé, d'après les Hébreux.
— C'était l'an 3290.

En ce temps 6 commença à régner le
premier [roi des Sicyôniens] qui fut Ae-
gialeus 7, pendant 13 ans8. Le second qui
régna sur les Sicyôniens fut Europos9,
pendant 45 ans.

En Egypte commença à régner le 13e
roi, dans la XIVe dynastie, Sysynos,
pendant 44 ans. — Après lui régnait en

[18] Il est temps maintenant de voir
comment,ainsique l'atteste le Livre saint,
Dieu était honoré par le mystère du sa-
cerdoce légal, et comment celui-ci se
perpétuait, en offrant des oblations et
des sacrifices qui étaient acceptés en
odeur de suavité par le Seigneur.

Ce symbole du sacrifice cessa dans la
génération suivante, parce que l'erreur se
multiplia de nouveau parmi les hommes :
ils n'adoraient plus le Seigneur, mais les

1. Pour les raisons exposées dans l'Introduction, les tableaux chronologiques, placés au bas des
pages du texte, seront transcrits et réunis ensemble à la fin du Livre VI. — 2. Les mots |Lûj©*3» L=i»
qui suivent formaient la fin du titre de la colonne de droite, sans doute intitulée : Chronique sa-
cerdotale. — 3. E. a. 11. — 3. SeuipatAtç. — 4. Litt. : « dans un autre temps ».

5. Cf. H. a. 50. — 6. H. a. 1. — 7. AîytaXeiiç. — 8. E : 52 ans. — 9. Eù'po^/ç.

i. 5

34

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

impiété, Dieu commanda une grande tempête qui réunit toutes les images des
cultes démoniaques et pervers, et les ensevelit sous la poussière. Il y avait de
nombreux tells, et beaucoup de villages ainsi que leurs habitants furent ense-
velis sous ces tells avec les démons qu'ils adoraient; ils y sont maintenant en-
fermés, et parfois ils apparaissent sur ces tells, à ceux qui, dans leur aberration,
ont recours à eux.

Cependant, Samîram devint la femme de Ninus, roi des Assyriens ; elle érigea
des tells, de manière à fournir aux hommes des refuges contre les eaux du Dé-
luge.

Abraham, âgé de 99 ans, circoncit la chair de son prépuce ; et en l'an 100
d'Abraham [19] naquit Isaac, selon la promesse qui lui en avait été faite par
Dieu. — Les 430 années de la Servitude en Egypte, ainsi que l'écrit Paul1, se
comptent à partir de l'an 75 d'Abraham, année en laquelle il quitta la maison de
son père, comme il en avait reçu Pordre de Dieu.

En l'an 115 d'Abraham, il fit monter Isaac, son fils, sur l'autel ; les uns disent
qu'Isaac avait 17 ans, d'autres qu'il en avait 30; la plupart des chroniqueurs

Egypte le 14e roi, dans la XVe dynastie:
Taracos, pendant 44 ans.

En l'an 71 d'Abraham eutlieula guerre
du roi Kodorlaghomor avec les rois du
pays de Sodome, qu'il asservit pendant
14 ans8, jusqu'à ce qu'Abraham se fixât
dans le pays de Chanaan, la 10° année
[de la Promesse]. — A cette époque, Hé-
bron fut fondée3 par les Chananéens.

Parmi les enfants de Nachor, frère
d'Abraham, naquit Aram, aussi appelé
KamouëP, duquel descendent les Ara-
méens de Mésopotamie, d'après ce que
dit Jacques [19] d'Edesse. Il dit du pre-
mier Aram, qui était un des fils de Sem :
« Il habita en Orient et de lui descendent
les Elamites et les Assyriens. » Par là il
veut démontrer   que  la   langue [ara-

démons impurs. — Il semble que la suc-
cession sainte du sacerdoce, donné par
Dieu, fut cependant conservée dans le
juste Job, qui brillait parmi les descen-
dants de Jectan. [L'Ecriture] atteste
qu'il n'y avait personne de juste comme
lui dans sa génération5. En butte à l'en-
vie, il fut éprouvé et remporta la victoire.
Il fut digne d'offrir des sacrifices à Dieu;
il offrit, en effet, des oblations avant son
combat et après son triomphe.

Le Livre saint parle de Melchisédek.
Quand Abraham revint de combattre les
rois, ramenant avec lui ses serviteurs et
le juste Loth, « il sortit à sa rencontre et
le bénit », dit l'Écriture6; [19] car ce roi
de Salem était prêtre du Dieu très-haut,
et il le bénit en disant : « Béni soit Abra-

¦1. Gai., m, 17.

2. Gen., xrv : 12 ans. —3. Lire ; Û^L|. — 4. Restituer : ^.*|a»a3 oj»; Gen., xxn, 21.
5. Job, i, 8. — 6. Gen., xrv, 18 et suiv.

LIVRE III. CHAP. II

35

s'accordent sur le nombre de 15 ; et cela est exact. — Abraham vécut 175 ans,
jusqu'à Tan 15 de Jacob.

CHAPITRE IL — En l'an 19dTsaac, Abraham eut une vision ; et des enfants
naquirent à son frère Nachor.

En Pan 134 d'Abraham, 34 dTsaac, mourut Sara, à l'âge de 127 ans. Abraham
prit [pour femme] Céthura, étant âgé de 142 ans.

Isaac, à l'âge de 38 ans, pritRebecca. En l'an 60 dTsaac, Rebecca alla trouver
Meîchisédec pour interroger le Seigneur sur son sein. Il lui dit : « Il y a deux
peuples dans tes entrailles ; un peuple sera plus grand que l'autre peuple. »

Annianus dit quTsaac, à l'âge de 60 ans (d'autres disent 100 ans), engendra
Esaù, qui est Edom, de qui descendent les Edomites, et Jacob, de qui viennent
les Israélites.

Abraham mourut en l'an 76 d'Isaac, 15 de Jacob. — Isaac vécut 180 ans,
jusqu'à l'an 31 de Lévi.

Abimélec fut l'ami de la famille dTsaac. C'est le même qui, en l'an 100
d'Abraham, s'était rencontré avec lui. L'Ecriture l'appelle roi de Gadar1, du

méenne] est antérieure à celle des Hé-
breux. Or.....[lacune].....

Zameios2 régnait sur les Assyriens
du temps d'Abraham3.

Le premier roi commença à régner
sur les Cretois : Crès4, indigène, qui est
Crétos5fiIs d'Aphra, duquel la Crète
tire son nom. Il était un des Curetés6
qui, d'après ce qu'ils disent, avaient
caché et nourri [Zeus] qui était sur le
point d'être tué par son père Chronos 7.

En la première année de la Promesse
eut lieu la grande famine. Abraham des-
cendit en Egypte8; et Ismaël naquit de
Hagar0. —Isaac, Tentant delaPromesse,
naquit lorsque Abraham était âgé de
100 ans, en l'an 25 de la Promesse10.

Auparavant Dieu le Verbe était ap-

ham par le Dieu qui possède le ciel et la
terre. » Et comme le Livre saint dit seu-
lement ces paroles à propos de lui, sans
faire connaître ses pères, ni de quelle
race il était, on comprend qu'il n'était
pas de la famille d'Abraham, dont l'Écri-
ture prend soin de faire connaître la
généalogie. C'est pourquoi on n'indique
ni sa naissance, ni la fin de sa vie. On
sait seulement qu'il habitait le pays de
Sichem, où étaient les Amorrhéens, fils
de Chanaan; et de là, on pense qu'il
était un d'entre eux, car il était roi de sa
ville. A cause de sa justice et parce qu'il
était rempli de crainte de Dieu et de foi,
il avait été fait prêtre par le Dieu très-
haut; il servait le Seigneur et le pro-
clamait créateur et maître du ciel et de

1. Vulg. Gerara; Gen., xx.

2. ZâjjLtç. — 3. H. a. 53. — 4. Kpyj;. — 5. KpY)t6ç; lire : «a>a£;o. — 6. de, twv Koupïjxwv. — 7. H. a.
58; cf. a. 130. Lire : ;*oûjo,*o. — 8. E. a. 75. — 9. E. a. 88. — 10. Ms. : l'an 35.

36

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

nom de sa ville, et ici roi des Palestiniens1, à cause du peuple nombreux sur
lequel il régnait.

Lorsque Jacob était [20] * [âgé de 82 ans, il engendra Lévi. Il vécut en tout
147 ans. Il était âgé de 77 ans quand Isaac le bénit et l'envoya à Harran. Il re-
vint vers son père Isaac, en l'an 10 de Lévi. En l'an 3 de Lévi naquit Joseph.
En l'an 20 de Lévi, Joseph, âgé de 17 ans, fut vendu; il fut esclave pendant
dix ans et prisonnier pendant trois ans, il devint ministre de Pharaon [à l'âge
de3] trente ans; il gouverna l'Egypte pendant 80 ans et mourut à l'âge de 110 ans.

Après la mort dTsaac les enfants d'Esaiï prirent à leur solde Moab, Ammon
et Aram et ils vinrent attaquer Jacob et ses enfants à Hébron. Jacob prévalut.
Il frappa Esaû d'un trait et le tua. Les enfants d'Esaù succombèrent en pré-
sence des enfants de Jacob, et leurs auxiliaires s'enfuirent. — Jacob descendit
en Egypte à l'âge de 130 ans, la seconde année de la famine.

paru à Abraham. Il lui était apparu sous
une forme humaine comme il devait se
montrer plus tard aux hommes par l'In-
carnation. Abraham, par sa prophétie,
manifestait d'avance la vocation des Gen-
tils. Cela avait lieu en l'an 30 de la Pro-
messe*.

L'an 40 de la Promesse était l'année
3300 depuis Adam s.
[20] [lacune]6.....

[21] En effet7, la fille d'Inachus qui, le
premier, régna sur les Thébains et les
Argiens, était Io, dont les Egyptiens
changèrent le nom, et qu'ils appelèrent
Isis. Le Bosphore tire son nom de Io.

De son temps8, Apis, que quelques-uns
appellent Sérapis, fut le premier invo-
qué comme dieu en Egypte.

la terre. C'est pourquoi, bien que ceux
de sa tribu,au milieu desquels il habitait,
fussent, comme tous les autres peuples,
dans l'erreur de l'idolâtrie, Melchisédek
cependant [servait le vrai Dieu] .

[20].    .    . [lacune].....

[21] Après Jacob, surnommé Israël,
qui fut ainsi appelé dans sa consécration
même, nous trouvons que toutes les géné-
rations des enfants d'Israël qui étaient
en Egypte dans la servitude, furent pri-
vées de sacrifices et d'oblations; car il
n'est pas écrit9 que l'un d'eux offrit un
sacrifice h Dieu. Il me semble qu'ils
furent privés de la figure des saints
mystères parce qu'ils étaient établis en
Egypte, ce qui signifie « péché », qu'ils
étaient  éloignés de la terre promise

1. Gen., xxvi. — 2. La lacune de la page 20 peut être en partie suppléée par le texte de Bar-
Hébréus que nous traduisons ici. Elle existe également dans la version arabe. — 3. Le texte édité
par Bedjan doit être corrigé ainsi d'après le contexte.

4. Cf. H. a. 101. Le chiffre 30 est inadmissible. — 5. Chiffre erroné. — 6. La lacune, qui s'étend
sur toute la page 20, devait comprendre quelques notices, parmi lesquelles figuraient sans doute
celles que Bar-Hébréus a conservées (v. p. 37, 1. 3-6), et aussi les canons chronologiques des années
115-238. — 7. H. a. 161. — 8. H. a. 180.

9. Corriger ; U. •

LIVRE III. CHAP. II

37

Lévi, âgé de 47 ans, engendra Caath. Il vécut en tout 137 ans. — De son temps
survint le déluge qui eut lieu aux jours d'Ogygès *. — Tandis que Balaios 2 ré-
gnait sur l'Assyrie, la ville de Memphis fut bâtie en Egypte3.......... Le 4e roi

pasteur, Apophos, commença à régner en Egypte pendant 14 ans. C'est lui qui
eut des songes, et conféra l'autorité à Joseph.

Caath, âgé de 60 ans, engendra Amram. Il vécut en tout 133 ans.

Amram engendra4 Moïse à l'âge de 77 ans, en Pan 350 de la Promesse]5.

[22] Amram mourut en Pan 676 de Moïse, 13 ans avant la sortie d'Egypte.

A cette époque 7 régnait la XVIIe dy-
nastie 8, dans laquelle régnèrent les rois
appelés Pasteurs, pendant 103 ans. On
pense qu'ils furent appelés rois Pasteurs
à cause de Joseph et de ses frères, parce
que les premiers sont placés à l'époque
où les frères de Joseph descendirent en
Egypte; dans d'autres manuscrits nous
avons trouvé que les Pasteurs qui ré_
gnaient étaient des Phéniciens. Josèphe
en parle ainsi9 d'après les histoires de
Zamaris et de Manéthon.

Io, fdle d'Inachus,, étant venue à
Pharos, île da^e¥^^à-'Alexa«dfréj, fut
appelée Isis Pharia.

En ce temps-là furent fondées les
grandes villes d'Argos et deSicyôn10,
dans le Péloponèse.

Année 174 de la Promesse11. — La
vierge Athéna était célèbre, près du lac
Triton ; les Grecs l'appellent Minerve

Année 180 de la Promesse 13. — Le roi
Ragâgos 14 florissait dans l'Attique.

Année 190 de la Promesse 18. — Jo-
seph fut vendu par ses frères 16. Joseph

qui figure le Paradis, et qu'ils étaient
soumis à la servitude qui était l'image
de la servitude volontaire des enfants de
Dieu à l'égard des démons. C'est à bon
droit que cette figure cessa chez eux
pendant tout le temps où ils travaillaient
la boue et les briques. Et par là on voit
que les enfants de la Promesse eux-mêmes
ne pouvaient point toucher les saints
mystères tant qu'ils servaient Pharaon,
image du diable, et qu'ils étaient privés
par lui et par ses soldats, symboles des
démons, des mystères du sacerdoce
qui symbolise la vie éternelle, nou-
velle, immuable, divine, pleine de la
sainte béatitude. Ainsi toute la nature
humaine avait reçu du créateur de
l'univers la promesse d'une vie" bien-
heureuse; l'homme déchut volontaire-
ment de cette promesse pleine de vie,
et, dès lors, il ne posséda plus la liberté
d'offrir [22] des sacrifices ni de manier
la béatitude du sacerdoce. Si quelqu'un
réfléchit, il comprendra, en examinant
consciencieusement, que  puisque l'A-

1. Cf. H. ad a. 260. — 2. BaXaiô;, H. a. 264. — 3. H. a. 285. — 4. E. a. 425. — 5. Ici finit la
citation empruntée à Bar-Hébréus, Chr on. syr., p. 12-13. — 6. Ms. : 60.

7. H. a. 191. — 8. Ms.: xive (H pour u). — 9. Cf. Contra Ap., I, v. — 10. Lire : .latw». — 11. E.
a. 249. — 12. H. a. 236. — 13. E. a. 255. — 14. "Ûyuyoç; H. a. 236. — 15. E. a. 265. — 16. H. a. 268.

17. Lire :

38

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Amram vécut 137 ans. — Joseph vécut 110 ans. En l'an 6 cTAmram, 286 de
la Promesse 4, mourut Joseph. Après sa mort les Hébreux furent asservis de la
manière extrême qui est écrite*. — En Pan 57 d'Amram, il engendra Mariam;
en l'an 68, il engendra Aaron. A cette époque commença à régner Aménophtès3,
pendant 43 ans. Celui-ci commença à faire noyer les enfants des Hébreux dans
le Nil.

Moïse naquit en l'an 70 d'Amram, 350 de la Promesse. Moïse vécut 120 ans.

reçut l'autorité en la première année de
la famine.

Jacob mourut en l'an 232 de la Pro-
messe4.

Année 110 de Joseph en laquelle il
mourut5.

Année 290 de la Promesse6.

Du temps [d'Aménophis] vivait le sage
Prométhée qui faisait passer les hommes
de la stupidité à la science. On disait
qu'il les formait7.

En l'an 12 d'Amram, Maphros 8 com-
mença à régner en Egypte pendant
12 ans; et après lui Mipharmunis 9 pen-
dant 24 ans.

[22] En Pan 50 d'Amram commença
à régner en Egypte Tyniochamou10 pen-
dant 18 ans.

En l'an 4 de la Servitude, commença
à régner en Egypte Mispharmuthosis,
pendant 23 ans 11. — En l'an 17 18 com-
mença à régner [sur les Assyriens] Man-
chaleus, pendant 30 ans.

A cette époque13 florissait dansl'astro-
logie 14 Atlas,frère de Prométhée ; à cause
de sa connaissance des astres on disait
qu'il portait le ciel.

gneau devait être figuré par les agneaux
et puisque le temps de l'image était ar-
rivé, il était convenable que l'Egypte
fournît la première figure ; car le Christ,
le véritable Agneau, descendit figurati-
vement en Egypte, c'est-à-dire dans le
séôl, où régnait, comme on le sait, toute
la puissance de Pharaon, son ennemi. Il
convenait donc que chez les enfants de
l'ancien Israël établis en Egypte les sa-
crifices cessassent jusqu'au moment de
leur sortie. C'est pourquoi, pendant tout
le temps qu'ils habitèrent l'Egypte, pla-
cés sous la tyrannie de Pharaon, dans
une servitude cruelle, il ne fut permis à
aucun d'entre eux d'offrir des sacrifices
à Dieu.

A cette époque, le dérèglement et
l'impiété se multiplièrent parmi les
hommes, parce qu'ils étaient privés du
sacerdoce par lequel se fait [23] la com-
munication sainte de Dieu avec les
hommes. Comme les autres nations, les
Hébreux eux-mêmes, qui avaient été ap-
pelés un peuple saint dans la promesse de
Dieu à Abraham, furent privés du minis-
tère sacerdotal. Les nations sacrifiaient

1. Ms. : 86. — 2. Lire : ....o^^a, L^.| pp. — 3. Ms. : Aménophnâtis,

4. Ms. : 120. — 5. E. a. 361. — 6. E. a. 365. — 7. H. a. 332. — 8. Mccpprj;. — 9. MttjcppayiAoïJÔwffi;.
10. Corruption de Tov8u.o><xiç(?). — 11. Répétition, à ce qu'il semble. — 12. E. a. 379. — 13. H. a. 381 ;
Arm. a. 378. — 14. Littéralement : « dans le chaldaïsme. »

LIVRE III. CHAP. II

39

Moïse ayant été jeté dans le fleuve, la fille du roi Aménophtès, qui s'appelait
Thermothisa, c'est-à-dire Ragusa, et que les Hébreux appellent Maria (celle que
Kanphara, roi de Memphis, prit parmi ses femmes) le trouva, le tira des
eaux, et le fit élever comme son fils. Cette Mârî mourut et fut ensevelie en
Egypte. La ville de Myra, qu'on appelle Mârû, fut appelée de son nom. — Quand
Moïse eut atteint l'âge de dix ans, Jannès et Jambrès lui enseignèrent les
sciences, comme le montre Artémônios1.

Depuis l'entrée en Egypte jusqu'à l'Exode il y a 215 ans.

En l'an 22 de Moïse, le roi Aménophtès commença à opprimer les Hébreux
en leur faisant fabriquer des briques et bâtir des villes.

En l'an 28 de Moïse, il bâtit Hermopolis, et fit la guerre avec les Kousites; il
s'empara de Ragusa, fille du" roi Zôros, et la prit parmi ses femmes 2.

A cette époque 3 vivait Syros4, natif
du pays qui fut appelé de son nom Sy-
rie, ainsi que son frère Cilicos, de qui
la Cilicie tire son nom.

Le peuple éthiopien abandonna le
fleuve Indus pour venir habiter près de
l'Egypte 5.

Mamitos6, 15e roi des Assyriens, com-
mença à régner en la lre année de la

o

naissance de Moïse, pendant 30 ans ;
d'après Andronicus, ce futen la73e année
de Moïse.

En l'an 4 7 de Moïse, Oros 8, le 24e roi,
commença à régner en Egypte, pendant
38 ans. Andronicus dit qu'avant lui, un
certain Phosinos régna en Egypte 9.
Si cela est vrai, c'est lui qui opprima les
Hébreux dans le travail de la boue et des

aux démons rebelles,comme ilest écrit10 :
« En ce temps-là, Cécropos surnommé
Diophyes sacrifia le premier un bœuf. »
Par une telle aberration, tout le genre
humain était entraîné en bas et en était
arrivé à peu près à la perversité d'avant
le Déluge. Dieu permit tout cela pour
montrer la puissance de la liberté rendue
aux hommes et de quelle ignoble aber-
ration ils furent délivrés pour être con-
duits à la lumière de la science divine,
grâce à la révélation du sacrifice saint
de l'Agneau rédempteur, par la bonté
du Seigneur, qui en tout temps et à tous
moments a voulu la vie, le salut de tous.
Il a voulu renouveler ses dons divins à
l'égard de la nature humaine pervertie
de beaucoup de manières. Il se proposa

1. BH. p. 13, ajoute : « dans sa lettre ». Cet auteur est appelé 'ApTaêavoç dans le Chron. pasc. (I,
117). — 2. Le texte est obscur. D'après le contexte de notre auteur, c'est Moïse qui bâtit Hermo-
polis ; d'après BH., c'est le roi Aménophis. — Lire <£0090| i.j=> d'après BH. Comp. aussi la version
arménienne, ici amplifiée (Langlois, p. 44).

3. E. a. 400. — 4. 23po;. — 5. H. a. 404 ; Arm. a. 405. — 6. MdtjuAoc; E. a. 429. — 7. H. a. 431 ;
Arm. 432. — 8. "ûpo;. — 9. L'arabe ajoute : « pendant 40 ans ».

10. Cf. Eus. ad ann. 460.

40

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

CHAPITRE V DU LIVRE III. — En Pan 37 de Moïse, naquit Josué, fils de
Noun. Moïse devint fort et bâtit Hermopolis. Il engagea la guerre avec les Ethio-
piens et les vainquit pendant dix ans. Kanphara, le mari de cette Mârîs qui Pavait
élevé, commença à lui tendre des embûches. [23] Il voulait1 tuer Moïse, parce
qu'il était jaloux de sa victoire. Mais il craignait sa femme, Mârîs, et tant
qu'elle vécut, il n'exécuta pas son dessein ; mais quand elle fut morte, il chercha
à le tuer. Moïse, s'en étant aperçu, tua Kânoutis qui avait été envoyé par Kan-
phara pour le mettre à mort. C'est pourquoi Moïse s'enfuit de l'Egypte et s'en
alla en Arabie, vers Raguël le Madianite.

D'Abraham et de Céthura naquit Jecsan, de Jecsan naquit Dadan, de Dadan
naquit Raguël, de Raguël naquirent Jétrôn et Jôbab, de Jétrôn naquit Çéphora,
que Moïse prit pour femme, étant âgé de 40 ans.

En ce temps-là2 eut lieu le troisième déluge, du temps de Deucalion, en Thessa-
lie3 ; il y eut aussi un incendie, du temps de Phaéton4, dans le pays de Kous.

briques, qui résista à Moïse et à Aaron,
et qui fut suffoqué [23] dans la mer. Il
est en effet écrit '° : « En l'an 41 deMoïse
commença à régner Phosinos6. »

Quelques-uns disent que du temps de
l'éducation de Moïse, vivait ce Promé-
thée7, qui, riche en sagesse, instruisait
les hommes et les faisait passer de la
stupidité à la sagesse. On disait même
de lui, par manière de plaisanterie, qu'il
formait des hommes.

A cette époque, Isidorus peignit des
lettres pour servir à la science ; Euno-
mios inventa les signes 8 ; Ménandre in-
venta aussi la comédie ; Chiron et Escu-
lape, la médecine. — Quelques-uns disent
que ce Cécropus qui régna le premier
dans l'Attique vivait du temps de ceux-
ci; d'autres qu'il est plus ancien de GO
ans.

de former de nouveau une créature nou-
velle, beaucoup plus élevée et plus ad-
mirable que la première, et il en déter-
mina soigneusement d'avance une ligure9
parfaite et admirable.

Quand le temps fut venu de dévoiler la
figure de la promesse véridique et divine
donnée auparavant aux hommes par l'in-
termédiaire du père fameux, Abraham,
Moïse naquit et grandit dans l'Egypte [24]
qui est surnommée « péché ». La grâce
fut avec lui depuis le moment de sa nais-
sance, et, comme il est dit, d'une ma-
nière insondable, qui le préparait par
l'opération divine supérieure à toute
chose, au mystère symbolique.

C'est pourquoi, après les justes qui,
jusqu'au temps d'Abraham, avaient été
dignes de participer aux mystères des
oblations et des sacrifices, Moïse reçut

1. Lire : (au lieu de U=). — 2. H. a. 495; Arm. 477. — 3. Lire : P*»|ûo. — 4. Ms. : Pha-
raton.

5. Chez Andronicus. — 6. Corrigez : moaiaoûS. — 7. Répétition; cf. H. a. 332 et 431. — 8. Sic : U-»\a>
— ar)[Xïîa ; peut-être faut-il corriger Lixjj^o, les couleurs, pigmenta?
9. Lire : W^^i.

LIVRE III. CHAP. VI

41

Moïse était âgé de 45 ans quand lui naquirent deux fils : Gerson et Eliézer.
— A cette époque naquit Kaleb, fils de Jephoné.

Quatre ans après la fuite de Moïse de l'Egypte, Chenchérès i commença à
régner sur l'Egypte pendant 12 ans.

A cette époque eut lieu le grand et fameux combat des Chaldéens avec les
Phéniciens ».

CHAPITRE VI. — Moïse était parvenu à Page de 78 ans quand Dieu lui parla
dans le mont Sinaï3.

A cette époque Phosinos ' régnait sur l'Egypte. Il lui naquit un fils qu'il ap-
pela Ramsès. C'est de lui que tire son nom la ville de Ramsès qui fut bâtie

A cette époque5, Xanthis bâtit Triope
de Lesbos6, et Trochilos 7 attela le pre-
mier char.

Quand Cécropus commença à régner
dans l'Attique, Moïse était âgé de 35 anss.
— Du temps de ce Cécropus auraient eu
lieu les choses prodigieuses que ra-
content les Grecs. Eusèbe dit cela9. Mais
Andronicus dit que Cécropus commença
h régner la lrc année d'Othoniel, Zeus
fut proclamé [dieu] par Cécropus, et le
pays fut appelé de son nom Cécropia 10.
De son temps apparut l'olivier dans la
Cécropia. Il bâtit Athènes qu'il appela,
du nom de sa femme, Athéna. Il fut sur-
nommé dypluies u, c'est-à-dire double
germe, à cause de sa grande force et
parce qu'il savait deux langues, celle
des Egyptiens et celle des Grecs.

de Dieu [l'honneur] d'être le ministre du
commencement du mystère et du sym-
bole divin. — En l'an 3841, il offrit un
sacrifice symbolique au milieu même de
l'Egypte, dont le nom signifie péché et
qui est la figure du sèôl vorace. Par là,
il montra à ceux qui pouvaient com-
prendre, que l'Agneau véritable et divin
devait être immolé au milieu des pé-
cheurs, sous l'oppression du péché, des-
cendre au sèôl vorace et, par sa mort,
procurer le salut à tous ceux qui croient.

De même que le commencement du
sacrifice de PAgheau symbolique qui eut
lieu au milieu de l'Egypte, continua chez
eux, dans le [2o] désert et qu'ils en jouis-
saient dans la terre promise ; de même
aussi, tous les peuples rachetés par le
sang de l'Agneau vivant, le ChristDieu,

1. 'A-/£v-/£p<77]<; (a. 469) ou Xe^/épr); (a- 490)? Les noms propres et l'ordre de succession des
rois égyptiens sont tellement confus dans ce Livre III qu'il semble téméraire de chercher à les
restituer. Ils sont en désaccord avec les canons chronologiques, qui suivent Eusèbe. Nous nous
bornons à transcrire aussi littéralement que possible. — Ici notre ms. donne la lecture Kanbaris,
pour Kenkres. — 2. H. a. 478; Arm. a. 481. — 3. Ex. : nr; E. a 505. — 4. Ms. : psnvs, et plus
bas, p. 42, 1. 2 : apsnvs; 1. 9 : pvsinvs ; BH., iooûjû.cû9, V7o<j<jsvvy)ç (Eus., I, 146).

5. H. a. 451. — 6. .ûaûa^ (?). — 7. H. a. 449; rest. : 8. H. a. 460. — 9.Arm. a. 461.

10. H. a. 468; Arm. a. 461. — 11. ô 8içwjç.

1. 6

42

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

[alors], et pour la construction de laquelle il opprima beaucoup les Hébreux.
Ce Phosinos était surnommé Aegyptus et, de son nom, on appela Egypte tout
le pays qui se nommait [24] auparavant Aeria1.

En l'an 430 de la Promesse, qui fut Pan 80 de Moïse, celui-ci reçut de Dieu,
avec qui il avait été digne de converser, l'ordre de faire sortir le peuple hébreu
de l'Egypte. — Les Hébreux passèrent au milieu de la mer, et Phosinos, roi
d'Egypte, fut submergé avec toute son armée dans la mer Rouge. — Eusèbe
écrit que le Pharaon qui fut submergé s'appelait Chenchrès, et que ce ne fut
pas Phosinos surnommé Aegyptus; mais tous les chroniqueurs disent que ce
Phosinos, surnommé Aegyptus, fut submergé. Après qu'il eut été noyé avec toute
son armée, les Égyptiens qui ne les avait point accompagnés à la poursuite des
Hébreux, en voyant ce qui était arrivé, firent une idole de chaque objet qu'ils

Aménophtès* érigea Memnon, la pierre
qui parle, [24] que Cambise, roi des
Perses, mit en pièces, parce qu'il pensait
qu'il y avait en elle quelque artifice ma-
gique.

Libon, le premier, régna sur les Thes-
saliens 3 ; dans des manuscrits il est sur-
nommé Ammon4.

A cette époque fut bâti le temple
d'Apollon6, et institué le tribunal appelé
Aréopage 6.

La ville de Corinthe fut bâtie 7 ; elle
s'appelait auparavant Ephyra 8.

Hercule surnommé Disandas 9 floris-
sait en Phénicie ; et jusqu'à présent il est
ainsi appelé par les Cappadociens et les
Éliens10.

La vigne fut découverte par Diony-
siosu, mais non pas celui qui était fds de
Sémélai18.

se réjouissent de ce premier sacrifice,
non pas dans la crainte, comme au mo-
ment de la crucifixion, mais en liberté,
comme dans le désert; et ensuite, ils
s'en réjouiront insatiablement dans la
terre promise de la béatitude céleste.

En Pan 81 de Moïse, Aaron fut établi
comme premier prêtre du peuple d'Is-
raël.

D'Adam jusqu'à Aaron, le premier
prêtre du peuple, il y a 3[843] ans.

Moïse conduisait le peuple ; il fut
digne de converser avec Dieu; il reçut
les tables de pierre écrites par le doigt
de Dieu; il apprit et enseigna aussi les
lois, les préceptes et les jugements di-
vins; il fit connaître le rite des sacrifices
et les règles des oblations symboliques et
figuratives. Il enseigna aussi les lettres
et l'écriture au peuple, de qui les Phé-

1. H. a. 537; Arm. 534.

2. Cf. H. a. 400 ; Arm. a. 401. — 3. Lire : P>-~|t. — 4. Cf. H. a. 439 , Arm. a. 436. — 5. A Délos;
H. a. 509; Arm. 500. — 6. H. a. 509; Arm. 506. — 7. H. a. 503; Arm. a. 495. — 8. 'Eçypa. —
9. Atcavôàç. — 10. H. a. 509. — 11. Rest. -.eoa^oaixo. — 12. H. a. 510 ; Arm. 508.

LIVRE III. CHAP. VI

43

avaient entre les mains au moment de la catastrophe, et l'adorèrent comme si
c'était elle qui les avait empêchés de périr avec Pharaon,

Les années delà Servitude se comptent depuis le temps où Dieu dit à Abraham1 :
« Sache bien que tes descendants habiteront et demeureront dans une terre qui
nest pas la leur » ; car c'est lui et sa race qui furent transportés. Paul atteste
cela en disant2 : « Le Testament a été antérieurement confirmé dans le Christ;
et la Loi qui fut donnée après quatre cent trente ans, n'a pas annulé la Pro-
messe. » Cette promesse fut faite à Abraham lorsqu'il quitta Harran et que le Sei-
gneur lui dit3 : « Les nations seront bénies en ta race ». — D'autres disent que
les quatre cent trente ans commencent au moment où Abraham offrit un taureau,
une chèvre, un bélier et une tourterelle4 [2o], c'est-à-dire en l'an 85 d'Abraham ;
après quoi naquit Ismaël. Ceux qui disent cela ne comptent point les années
de Lévi, ni de ses enfants, parce qu'elles ne sont pas mentionnées dans l'Ecriture.

A cette époque, des plaies fondaient
sur les Egyptiens J.
Au bout de sept mois le tabernacle fut
fabriqué dans le désert6.

En Egypte, après celui qui fut noyé,
régna Acherres7.

o

En la 6e année après l'Exode, Cranaus8
commença à régner sur les Athéniens,
pendant 9 ans. Du nom de sa fille Atthis9
le pays fut appelé Attique. — En ce
temps-là 10, Aptéras 11 commença à régner
sur la Crète, et bâtit une ville.

En l'an 15 de l'Exode12, Amphictyon,
fils de Deucalion13, commença à régner
sur les Athéniens. A cette époque 14, Dio-
nysios, fils de Deucalion, vint en Attique,
fut l'hôte de Sémachus 1 ° et fit cadeau à sa
fille d'une peau de biche. Ceci d'après
Eusèbe. Andronicus place ces choses du
temps de Ahod.

niciens les ont empruntées; de chez les
Phéniciens, Cadmus apporta ces lettres
aux Grecs, c'est-à-dire à la ville de Yavan.

Aaron fut donc établi dans les fonc-
tions de grand-prêtre du peuple, et il
offrit des sacrifices et des oblations pen-
dant 38 ans sous la préfecture [26],
c'est-à-dire sous la direction de Moïse,
qui se compte à partir de la sortie du
peuple de l'Egypte.

Jusqu'ici le Pentateuque de Moïse ra-
conte les événements qui se sont passés
pendant l'espace de 3000 ans, selon les
Septante.

Ici finit la Chronique de Moïse, le pro-
phète élu.

Or,EIéazar, [troisième] fils du grand-
prêtre Aaron, reçut le souverain pontifi-
cat du peuple par un décret d'en-haut et
par les jugements secrets et inaccessi-

1. Gen., xv, 13. — 2. GaL, ïrr, 17. — 3. Gen,, xn, 3. — 4. Gen., xv, 9.

5. Cf. H. ad a. 498. — 6. Arm. a. 506. — 7. 'AXspprlÇ; E. a. 506. — 8. Kpavaôç; E. a. 511. —
9. 'At9c;. — 10. H. a. 518; Arm. 513. — 11. 'ArcTÉpaç. — 12. E.a. 520. — 13. 'Au.<pixx-jwv ulô;
Lire : ^a^Soi ; de même ligne suiv. — 14. E. a. 520. — 15. 2r,[i.or/oç.

44

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

CHAPITRE VII DU LIVRE III. — D'Adam jusqu'à l'année 80 de Moïse, en la-
quelle le peuple sortit d'Egypte, le total est de 3842 ans; et depuis l'Exode
jusqu'à la construction du Temple bâti par Salomon, de 610 ans.

En l'an 80 de Moïse, il combattit les Amalécites, et la même année, au troi-
sième mois, il monta sur la montagne et reçut les lois et les préceptes pour
Israël.

Le Juif Apollonios1 écrit que Moïse apprit aux Juifs à écrire; d'après cela,
on pense que leur écriture et leur langue sont moins vieilles que Paraméen.

En la 82e année de sa vie, Moïse érigea le Tabernacle provisoire. La même
année, ils apportèrent la grappe sur une civière3. Josué, fils de Noun, était alors
âgé de 45 ans, et Kaleb, fds de Jephoné, de 40 ans.

En l'an 25 de l'Exode, Armaios qui est
Danaûs3 commença à régner en Egypte.
Il fut chassé par les Egyptiens et régna
sur les Argyens pendant 10 ans*.

En ce temps-là 5 EpaphusB, fils de
[25] Io et de Zeus, régna sur l'Egypte
deuxième; il bâtit Memphis. — Le 4e roi
[des Athéniens], Erichthonius 7, [com-
mença à régner. — Lacédémon] bâtit
Lacédémone".

En l'an 30 de l'Exode, Amyntios com-
mença à régner sur les Assyriens0.

Castor parle en ces termes de la dy-
nastie des Argyens10 : « Quand Danaùs
expulsa Sthénélos 11, il occupa Argos, et
ses descendants après lui. jusqu'à Eu-
rystheus12,fils de Sthénélos et petit-fils de
Persée ; après lui les Pélopides13 lui suc-
cédèrent dans l'empire ; le premier fut
Atreus u.

bles du Seigneur, car les autres fils
d'Aaron, Nadab, et Abiu furent rejetés
pour avoir offert l'encens avec un feu
profane15. — Eléazar prit pour femme
la fille d'Aminadab duquel descend le
Christ16, et il engendra d'elle Phinéès.
Par là on voit qu'il,y avait une parenté
entre ces deux familles, et qu'il y avait
une parenté entre la descendance des
prêtres, c'est-à-dire entre la tribu des
Lévites, et la descendance de laquelle
sortit le Christ. — Eléazar exerça les
fonctions de grand-prêtre environ
40 ans, ou selon d'autres 36 ans1', jus-
qu'à l'an 7 d'Othoniel.

Le souverain pontificat fut exercé par
son fds Phinéès, qui fut enflammé d'un
zèle louable, tua Zamri le fornicateur et
Cosbi la séductrice, et apaisa la colère
de justice18. Ayant reçu par l'ordre d'en-

1. Ms. : APVLVMVS. — 2. Num., xnr, 24.

3. 'Aptxaîo; à xaî Aavaoç ; E. a. 529, Lire : i»ob». — 4. H. a. 543. Eusèbe dit 50 ans. — 5. E. a.
529. — 6. "Euaço;. — 7. 'EpcxOôvco;; E. a. 530. — 8. H. a. 530. — 9. E. a. 538 'AjiOvtïjç. — 10. H. a.
530; Arm. 532. — 11. Rest. : uaà^UU*^. — 12. Eùpsaôéa xbv SôevIXou'toO IL-paéw;. — 13. IlsXomôai.
— 14. 'Arpey;.

15. Cf. Lév., x; Num., m. — 16. Matt., t, 4 ; Luc, m, 33. Cf. Ex., vr, 23, 25. Il y a ici une fla-
grante contradiction avec le texte biblique. — 17. Ci-dessous : 56 ans.— 18. Cf. Num., xxv.

LIVRE III. CHAP VIII

45

L'année suivante Ralac envoya chercher Balaam le sorcier, pour maudire Israël '.

Moïse termina sa vie à l'âge de 120 ans. — D'Adam jusqu'ici le total est de
3882 ans, d'après les Septante; et, d'après le syriaque, de 2420 ans2. — Moïse
passa quarante ans en Egypte, quarante dans le pays de Madian, et quarante
dans le désert. Il écrivit en cinq livres les événements qui se passèrent dans le
monde depuis Adam jusqu'à cette époque.

CHAPITRE VIII. — Après la mort de Moïse, Josué fils deNoun, qui avait été
le disciple de Moïse, devint le chef du peuple hébreu. Il prit l'autorité et le bâton
du commandement à [26] l'âge de 83 ans. C'est lui qui introduisit le peuple dTs-

Érichthonius le premier attela le qua- haut le souverain pontificat, il offrit des
drige chez les Grecs3; il était en usage victimes [27] symboliques pour le peuple
chez les Barbares. choisi parmi les peuples, dans lequel se

Gélimor 4 régna sur les Argiens qui propageait le sacerdoce, afin qu'il s'é-
le déposèrent et établirent Danaûs. — tendît à toutes les nations par la grande
Danaûs fit mettre à mort, par ses cin- et véritable victime. — C'est pourquoi,

quante filles, les cinquante fils de son quand Eléazar eut laissé son office, par

frère Egyptus, à l'exception de Lynx        sa mort, Phinéès lui succéda. Il est le
qui régna après lui. La multitude des        3° de la série. On compte qu'il exerça le
enfants chez les Barbares vient du grand        souverain pontificat pendant 80 ans.
nombre de femmes0.

Bousiris6 régna sur les pays voisins
du Nil ; il immolait les étrangers; il était fils7 de Poséidon et de Libye, fille d'Epaphus.

A cette époque8, furent bâties les villes de Mélos, Paphos, Thasos et Kalistés.

L'enlèvement d'Europe eut lieu [alors]5. — Bithynia fut bâtie par Phénix10.

Agosa, fille de Bélos u, surnommée Sémiram, régna, avec son père, pendant 7 ans.

Linus de Thèbes, Zéthus et Amphion étaient célèbres comme musiciens19.

[26] Les Dactyles, du mont Idas 13, qui découvrirent le fer, florissaient alors.

Harmonia fut ravie par Cadmus li. — Ephyra, qui est Corinthe, fut alors habitée l3.

A cette époque 16 se rapportent les choses qu'on raconte de Démétra, qui est Isis,
et de Danaé de laquelle naquit Persée".

1. Num., xxn. — 2. L'arabe (fol. 15 r) porte distinctement : jLo ^S^>, comme BH. (p. 14).

3. H. a. 546. — 4. H. a. 541. — 5. H. a. 550; Arm. 551. — 6. Boûcnpt; HocteiSwvoç xoù Atê'jrjc tyjç 'Eiraçou
•naï;. H. a. 558; Arm. 561. — 7. Lire : » |ow ('^. — 8. H. a. 529; MÇp.oç, Q&aoz, nàcpoç, 'A)>xta6ï] (Hier.
Callista). — 9. H. a. 586. — 10. H. a. 593. — 11. H. a. 583 : Attosa (Arm. Batossà) Belochi filia.
— 12. H. a. 593. A:vo; xai 'Ajicpîwv xai Zffio;, — 13. H. a. 599. 'ISaïoi AobcnAot. — 14. H. a. 611. —
15. H. a. 608. — 16. H. a. 605. — 17.xaxà A^[ji.y]Tpav.... itep\ Aavâvjv... ônepcrsuç. Lire :

46

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

raël dans la Terre promise, et détruisit les sept peuples chananéens ; il divisa
et partagea1 leur pays. Il conduisit le peuple pendant 27 ans, d'après Andro-
nicus et Eusèbe; Annianus dit : 25 ans. Il mourut âgé de 110 ans*.

D'après le grec, il y eut jusqu'à Josué, fils de Noun, vingt-sept générations ;
et vingt-six générations d'après le syriaque. A partir d'ici, on ne compte plus
les années d'après les générations, mais d'après les Juges, dont Josué fut le pre-
mier. — En sa lre année, année en laquelle mourut Moïse, se termine le
Le Jubilé. — En sa 10e année, il partagea l'héritage au peuple. — L'Ecriture ne
fait pas connaître le nombre des années des Anciens qui dirigèrent le peuple
après la mort de Josué; Africanus seul dit qu'ils gouvernèrent pendant 30 ans.

CHAPITRE IX. — Othoniel jugea le peuple 40 ans. — Aussitôt après la mort
de Josué le peuple fut soumis à l'impie Kousan, pendant 8 années, qui sont incluses
dans celles d'Othoniel, selon la tradition des Juifs. Selon les LXX, Otho-
niel, après avoir tué Pimpie Kousan, gouverna 50 ans; 40 selon le syriaque.
Toutes les années d'Othoniel, avec celles de la servitude, sont donc [de 48 ans].

Du temps d'Othoniel, on bâtit plusieurs villes en Bithynie : Mélos, Paphos,
Thasos, Callista et Maryanda5.

Eusèbe ne suppute point les années de la Servitude des enfants d'Israël, si ce n'est
avec celles des Juges; mais Andronicus et Annianus les comptent spécialement.

Les villes d'Adamia4 et de Sidé furent bâties en ce temps-làen Cilicie.

Après Othoniel, les Philistins asservirent les Hébreux pendant 18 ans; ces années
sont comptées avec celles de [Ahod]6.

A cette époque, Céleus7 régna à Eleusine,tandis que vivait Triptolémus. Philochorus
dit que celui-ci s'approchait des villes sur un long navire et distribuait du froment;
et qu'on croyait que son navire était un serpent ailé, parce qu'il en avait la forme.

Philochorus raconte ceci du rapt de Proserpine par Aidoneus 8, roi des Molossiens :
Celui-ci avait un chien vigoureux, Cerbère, qui dévora Péridos9 venant avec Thésée,
pour enlever sa femme. Lorsque Thésée était sur le point de périr, Hercule le délivra;
c'est pourquoi on pense qu'il était remonté des Enfers.

Pandion mourut et les mvstères commencèrent10.

1. Litt. : « donna en héritage ». — 2. Ms. : 107. (M3 pour uc). — 3. Mr^oç, ©aao;, Ilâço;, 'AX>u<i0y],
MapiavS-jv-o. H. a. 590; cf. 593.

4. KaSp^'oc xa\ SîSr). — 5. H. a. 613. — 6. H. a. 613. — 7. KeXeô? ; rest. : >~ol^.U>; H. a. 615. — 8. H.
a. 623. Le syr. s'explique par le grec : Kopyj; àoitayTi IlspaEcpwvYn; btih AiSwvlw;.... — 9. Tov IlspïOouv. —
10. Cf. H. a, 620.

LIVRE III. CHAP. IX

47

Ahôd l, de la tribu d'Ephraïm, jugea les Hébreux 80 ans. — Après la mort
d'Othoniel, le peuple fut soumis à Églon, le Moabite, pendant 18 années qui
sont comptées avec celles d'Ahôd qui, après [27] avoir tué Eglon, gouverna le
peuple avec autorité.

Du temps d'Ahôd fut institué le tribunal de l'Aréopage, à Athènes8. — Lacé-
démone fut bâtie par Lacédémos3.

En l'an 8 d'Ahôd, commença à régner sur les Athéniens le 6e prince : Eri-
cteus, pendant 50 ans4.

En l'an 26 d'Ahôd, commença à régner le 21e roi des Assyriens, Lampridos,
pendant 32 ans5; Alep fut bâtie par Bélokos, roi d'Assyrie 8.

Le quatrième millénaire finit du temps d'Ahôd

On croyait qu'alors Phrixus volait par les airs, à cheval sur un bélier dont la
toison était d'or, fuyant, avec sa sœur Hellé, la femme de son père, qui lui tendait
des embûches 8 ; [27] il trouva un navire qui avait un bélier pour insigne. Paléphatus
dit que le précepteur9 qui le sauva s'appelait Krios, c'est-à-dire Bélier.

Il y eut des guerres du temps d'Eumolpos, de qui viennent les Eumolpides qui
habitèrent Athènes l0.

Alors arrivèrent les choses concernant Procné et Philomèle11.

Mélampos le magicien florissait alors12.

Pélops13 régna chez les Argyens pendant 19ans 14. Le Péloponèse tire de lui son nom.
— [Tros] régna sur la Dardanie'15; [les Troiens tirent de lui leur nom].
...[lacune]... les dieux des païens avant Cécropos.

Le Déluge qui eut lieu en Thessalie16 dutempsde Deucalion se place à cette époque l7.
Les Grecs racontent que tout se passa pour Deucalion, avant le déluge, comme pour
Noé.

L'incendie qui eut lieu en Ethiopie sous Phaéton se place ici, comme le raconte
Platon18.

1. Nous conservons les noms usuels des Juges : Ahôd, Jephté, etc., que notre ms. donne selon
la leçon de la Bible syriaque : Ahor, Naphtah, etc. — 2. H. a. 509; Arm. 506. — 3. H. a. 530. —
4. 'EpE-/8eu;. H. a. 620. Notre copie est ici très fautive, elle porte : le 5e prince, Arâbitos, 10 ans!
— 5. AajATipcSïi;. E. a. 638. — 6. B^Xo^oç. E. a. 583. — 7. En l'an 26 d'Ahôd, selon la Caverne des
Trésors (éd. Bezold, p. 174).

8. H. a. 634; *pc?o;... au.oc "EXXyj... — 9. nutritor. — 10. H. a. 647; Arm. 642. Les mots syriaques
maltraités dans la reproduction se lisent distinctement : 1o©i; et : lA^-^ool.—11.H. a. 645.
Tà Ttoaà IIpôxvY)v <ï>\ax -.Xo[Ar,Xav. — 12. H. a. 650. MeX(X(jluouç. — 13. H. a. 619. — 14. Eus. : 53 ans;
var. : 61. — 15. H. a. 651 ; Tp&ç. — 16. Lire : \±*>\L. — 17. Cf. ci-dessus, p. 40, J. 13. — 18. H. a.
495. Les noms propres sont à restituer d'après le grec; cf. ci-dessus, p. 40, 1. 14.

48

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

CHAPITRE X\ — Ce IIIe Livre commence à la première année d'Abraham,
qui est l'an 3340 d'Adam, selon les Septante. Il renferme le souvenir des prin-
cipaux événements survenus pendant 680 ans, jusqu'à la fin du quatrième
millénaire 2.

Fin du Livre III, en dix chapitres.

1. Les titres des chapitres ont été déplacés dans le Livre III, depuis le ch. 111 qui se trouvait
dans la lacune ; les chap. v-ix, devaient être numérotés vi-x ; et ce que notre ms. donne comme
formant le chap. x, était la clausule finale du Livre. — 2. Les chiffres donnés ici sont en désac-
cord avec le titre de ce Livre.

LIVRE IV

Avec l'aide de Dieu nous nous mettons a écrire le quatrième Livre qui com-
mence a la première année du cinquième millenaire, qui est l'an 680 depuis

Abraham, et qui comprend 835 ans.

CHAPITRE L — Depuis Adam jusqu'à Moïse, on compte vingt-sept généra-
tions. Après Moïse on ne compte plus les années par générations, mais bien
d'après le nom des Juges. Le premier des Juges fut Josué, fils de Noun, pendant
27 ans. — Kousan, le roi impie des Gentils, domina sur le peuple pendant
8 ans. — Othoniel régna 32 ans après avoir tué Kousan, et on lui en compte 40.

Après la mort d'Othoniel, Eglon le Moabite domina [28] pendant 18 ans1.

Ahôd, ayant tué Eglon le Moabite, jugea le peuple 62 années auxquelles on
ajoute celles d'Eglon, selon la tradition du texte hébreu, ce qui fait 80 ans.

A cette époque, Io descendit en
Egypte*. Corînthe fut bâtie3. —Hercule
et Dionysius florissaient alors.

On raconte dans les histoires que Phé-
monœ', la première, rendant des oracles
à Pythium, prédisait l'avenir en vers
hexamètres

Tantalus régna sur les Phrygiens6.

Bithynia fut bâtie par Phénix7.

Pégase, le cheval rapide, était la pos-
session d'une femme -, d'après Palépha-
tus, Pégase était le navire de Belléro-
phon 8.

Didymos parle dans Y Histoire étran-
gère, et cite iwi chroniqueur, au'sujet de
Persée9 qui entra chez les Perses et alla

Tout d'abord le souverain sacerdoce
du peuple de Dieu fut exercé par Moïse
et Aaron, prêtres temporaires 10.

Aaron reçut d'en-haut un nom hono-
rable; il brilla par l'ornement de la sain-
teté et fut appelé prêtre de Dieu. Il tint
le bâton pastoral pendant 38 ans.

Son fds Eléazar lui succéda dans sa
charge pastorale, pendant 56 ans.

Ensuite le fds d'Eléazar, Phinéès,
exerça le suprême sacerdoce pendant
80 ans. Lorsqu'il eut servi pendant tout
cet espace de 80 ans, il mourut.

Il eut pour successeur comme chef
[28] des prêtres et des lévites, Abisou' de
la tribu de Lévi, de la famille d'Aaron.

1. Ms. : 8 ans.

2. H. a. 505; Arm. 498. — 3. H. a. 503; Arm. 495. — 4. «Ê/^ovor). — 5. H. a. 654. — 6. E. a.
657. — 7. H. a. 593. — 8. H. a. 682 ; Arm. 669. — 9. E. a. 670; lire : .-aaop.

10. Litt. : « annuels ».

i. 1

50

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

CHAPITRE IL — Après Ahôd, le peuple hébreu fut soumis à Jabin, roi de Ha-
çôr, pendant 20 ans. Avant que Jabin ne dominât, Samgar s'illustra : il tua six
cents Philistins avec une houlette1. — Le général de Jabin était Sisara qui avait
neuf cents chars de fer. Débora et Barac combattirent contre Sisara qui fut
vaincu. Débora* ayant enfoncé un clou dans la tête de Sisara, il périt, et elle ré-
gna 20 ans*. On compte 40 ans pour Débora et Barac, parce qu'on y comprend les
années de Sisara, d'après l'hébreu.

En Pan 5 de Débora, Rampsès4 commença à régner en Egypte, pendant
60 ans. — A cette époque5 Midas régnait sur les Phrygiens. — Perséetua invo-
lontairement Acrisios0, roi d'Argos; c'est pourquoi, il s'en alla d'Argos régner
sur Mycènes7. — En l'an 28 de Débora, Panyas 8 commença à régner sur les
Assyriens, pendant 45 ans.

Débora et Barac chantèrent un cantique de délivrance9.

couper la tête de la courtisane Gorgone
qui, par sa beauté, frappait de stupeur
ceux qui la voyaient, au  point [qu'ils
semblaient changés en pierres].
...[lacune]...

[30]............qui était très rusée 10.

La guerre des Centaures eut lieu à
cette époque11. Les Centaures étaient
des cavaliers de la Thessalie. Palé-
phatus en parle dans son premier livre 12.

A cette époque florissait la sorcière
Médée13 ; elle quitta Egée du temps
de Mithra, roi des Assyriens, comme dit
Képhalion. — Androgée fut tué par ruse
à Athènes14.

Thésée enleva Hélène15 ; mais les
frères de celle-ci la délivrèrent et firent

— D'après ce que dit Jacques d'Edesse,
il exerça le souverain pontificat pendant
55 ans. Il fut le 4e dans la série des prê-
tres du peuple. Il fut honoré par Dieu
mystérieusement.

Il faut savoir que Abbas Mar Jac-
ques, le célèbre Edessénien, attribue
38 ans [de charge] à Aaron1"; 56 à Eléa-
zar, 80 à Phinéès, et 55 à Abisou\ —
Andronicus établit ces années autre-
ment; il dit : « Aaron vécut dans le
souverain pontificat 32 ans; Eléazar
30 ans, Phinéès 60 ans ; Abisou', qui fut
le 4e, 52 ans. — Nous avons trouvé
parmi les chroniqueurs, ces deux auteurs
qui énumèrent les grands-prêtres des
Hébreux. Ils s'accordent de temps en
temps pour la série des personnages qui

1. Cf. Jud., m, 31. — 2. Sic ms. ; Sisara fut tué par Jahel (Jud., iv, 21). — 3. Ms. : 24 ans. —
4. cPa|i<Hs. — 5. H. a. 708; Arm. 707. — 6. 'Axpcatoç. — 7. H. a. 710. — 8. Ilavuâ;; E. a. 720.
— 9. Jud., v.

10. Cette phrase mutilée se rapporte évidemment à l'hydre : « Hydram autem callidissîmam fuisse
sophistriam asserit Plato. » H. a. 773. — 11. H. a. 776; Arm. 779. — 12. h 7tpwTY) 'AutaTwv. —
13. Mviôsta; H. a. 782; Arm. 784. — 14. H. a. 785; Arm. 786. — 15. E. a. A. 795; lire: u-i^N ; 'E^v*]-

16. Le nom d'Éléazar est répété par erreur.

LIVRE IV. CHAP. III

51

CHAPITRE III. — Après Débora et Barac, les Madianites dominèrent sur les
Hébreux pendant 7 ans. — Alors surgit Gédéon qui détruisit les Madianites et
gouverna le peuple pendant 33 ans ; en y ajoutant les sept ans des Madianites
on attribue 40 ans à Gédéon.

En Pan 3 de Gédéon, iEgée, fils de Pandion1, commença à régner sur les Athé-
niens [29] pendant 48 ans. — En Pan 33 de Gédéon, régna sur les Assyriens
Sosarmos, pendant 19 ans2. — En ce temps-là régnait à Thèbes Amphion3, dont
on dit qu'il émouvait les pierres par l'harmonie de sa cithare. — Dans d'autres
manuscrits, il est écrit que Cécrops II commença alors à régner sur les Athé-
niens, pendant 40 ans *.

Gédéon eut soixante-dix fils.

captive la mère de Thésée, tandis que
celui-ci [31] était éloigné.

A cette époque, sept généraux 3 al-
lèrent combattre contre Thèbes.

[Alors] arrivèrent les choses que
Philochorus raconte de Minotaure 6
dans le second [livre] d'Atthidis. Il y
avait un général de Minos nommé Tau-
rus, général dur et inhumain de sa na-
ture. Minos avait établi un combat en
l'honneur d'Androgée que les Athéniens
avaient tué, et donnait en prix de jeu-
nes Attiques. Comme Taurus était très
fort, il vainquait tout le monde. Thésée
ayant vaincu Taurus dans la lutte, il ar-
riva que les enfants furent délivrés du
tribut que Minos leur avait imposé.
Les Cnossiens eux-mêmes attestent ces
choses 7.

A cette époque 8, Thésée réunit dans
une ville les Athéniens qui auparavant
habitaient [dispersés] dans la contrée.

se succèdent; mais dans le nombre des
années on trouve une différence en plus
ou en moins dans les chroniques. Il est
nécessaire que nous placions leur com-
put sans addition ni diminution dans ce
livre afin qu'il soit complet de toute façon.

Or, d'après la tradition de ces deux au-
teurs, le 5e grand-prêtre fut Abiu ; mais
Jacques lui attribue 60ans, tandisqu'An-
dronicus lui en donne 46. Tous les deux
écrivent qu'il vécut du temps de Débora
et de Barac, et qu'il eut pour successeur
le 6e grand-prêtre cOzri, [29] que Jac-
ques appelle Gazi. Jacques lui donne
42 ans; Andronicus, 48 ans.

A celui-ci succéda comme grand-prê-
tre, du temps du juge Tholac, Zariha,
pendant 52 ans d'après Jacques, pendant
34 ans d'après Andronicus. — Ce Zariha
était donc souverain prêtre du peuple
du temps de Thola, de Jaïr, de Jephté le
Galaadite.de Hesbon et de Basan,carsa

1. Alysù; IlavStovo; ; E. a. 735. — 2. Stiaappio;, E. a. 765. — 3. 'Ajjtyîwv ; H. a. 691 (ms. : Apollon).
— 4. E. a. 670.

5. H. a. 783; Arm. 784; oï 'Etc-tcx. — 6.. H. a. 787 ; Arm. 791. — 7. Cf. la version lat. avec le
Iragm. gr. du Syncelle, loc. cit. — 8. H. a 798; Arm, 800.

52

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

CHAPITRE IV. —Après Gédéon vint son fils Abimélec, né d'une concubine.
Il tua ses soixante-dix frères et jugea le peuple 3 ans. — Après lui, le juge 1 fut
Thola fils de Phoua. Celui-ci est le sixième dans la série des Juges ; car les étran-
gers qui dominèrent de temps en temps ne sont point comptés dans leur nombre.
Il jugea le peuple pendant 22 ans; d'après des manuscrits, pendant 23 ans.

En Pan 8 de Tholac, Thésée régna sur les Athéniens, pendant 27 ans*.

En l'an 10 de Thola\ eut lieu le rapt de Proserpine, fille de Zeus3.

En Pan 21 de Thola', la ville de Tarse fut bâtie, en Cilicie, par Persée, fils de
Danaë4. — A cette époque Carthage fut bâtie, et Ilion détruite.

Il fut frappé de l'exil dont il avait lui-
même porté la loi.

A cette époque 3, d'après Philistus,
la ville de Carthage fut fondée ; elle fut
bâtie par le Tyrien Zoros 6.

A cette époque naquit Dionysios, et
Pélops, qui régna sur le Péloponèse, fit
connaître l'Olympe (?) 7. — Zeus en-
gendra des enfants : Castor, Pollux et
Hélène8 : ce furent les Dioscures, géants
fameux.

A cette époque Thésée s'enfuit d'A-
thènes9 contre laquelle les Amazones
firent la guerre10. — A cette époque eut
lieu la grande lutte d'Hercule avec
Zeus, son père. Après de nombreux
adultères, Hercule, qui est appelé dieu
par les païens, s'unit à Tethonis qui
habitait sur le lac Triton. Il lui appa-
rut sous les traits du berger Philis
avec lequel elle avait eu de fréquents
rapports ; il engendra d'elle Achille
surnommé Philidos (î)11. Ensuite, Her-

vie se prolongea, d'après le témoignage
de ces chroniqueurs. Ce Zariha fut. le
7e dans la série depuis Aaron. Par la suc-
cession sacerdotale, comme dans un type
légal, aux yeux du peuple, était figuré
l'avènement de Celui qui était désigné
dans les figures. Or, ainsi que je viens
de l'exposer, le grand-prêtre Zariha flo-
rissait du temps de ces Juges.

Après lui vint, le 8e, Mâru, qu'on ap-
pelle aussi Marôs. D'après ce que dit
Jacques d'Edesse, il exerça aussi le sou-
verain sacerdoce pour le peuple pendant
50 ans; d'après Andronicus, il servit
pour le peuple pendant 40 ans, dans ce
ministère, figuratif principalement de
celui du Seigneur qui daignait accepter
symboliquement les sacrifices de chè-
vres, de moutons, de taureaux et de gé-
nisses, et les autres [sacrifices] sembla-
bles de la loi ancienne. Ces figures et ces
ombres, plus obscures qu'une image
vis-à-vis d'un corps ou que l'ombre vis-

1. Lire : M. — 2. ®nas<k; H. a. 783. — 3. Cf. H. a. 623. — 4. Cf. H. a. 605.

5. H. a. 803. — 6. vub ' AÇwpoy xat Kap/Yjôovoç twv Tupîtov. — 7. Restitution douteuse. Cf. H. a. 696 ;
Arm. 701 (comp. 618. 624). — 8. Lire M^Wo *»aocka^. _ 9- H a 810; Arm. 803. — 10. H. a.
811; Arm . 807. — 11. Péléen. Allusion à la légende de Thétis et Pelée; le texte paraît altéré.

LIVRE IV. CHAP. V

53

CHAPITRE V. — Après Thôla' vint Jaïr, de Galaad, qui jugea le peuple pen-
dant 23 ans.

En Pan 6 de Jaïr, Amménémês1 commença à régner en Egypte, pendant 26 ans.

De son temps Hercule établit les jeux olympiques. Depuis là jusqu'à la Ire olym-
piade il y a 430 ans2.

En Pan 93 de Jaïr, finit le quatrième millénaire, selon Eusèbe.

[30] En Pan 144 de Jaïr, Tautamos commença à régner sur les Assyriens, pen-
dant 31 ans. Les Grecs le nomment Tautanès5. — Il y en a qui disent que la
ville d'Ilion fut détruite de son temps.

cule tomba dans une pénible maladie6;
il se précipita lui-même dans le feu et
mourut. Il vécut 52 ans7. Certains di-
sent qu'il mourut dix ans avant; d'au-
tres disent, avec Andronicus, que sa
mort survint du temps de Samson.

A cette époque florissait Chiron, va-
leureux dans le combat.

Mopsus régnait sur la Cilicie8, etLati-
nus sur les Latins, peuple qui prit de
lui son nom ; on les appelait aupa-
ravant Aborigènes; celui-ci fut l'héri-
tier et le restaurateur delà principauté.
Enée prit sa fdle Lavinie.

Thuoris 9, roi d'Egypte, est appelé
chez Homère : Polybos et mari d'Alkan-
dra, ce qui signifie « quia beaucoup de
bœufs » et « qui secourt les hommes ».
II est mentionné dans le livre de YO-
dijssée, où il est dit que Ménélas des-
cendit près de lui avec Hélène après la
destruction de Troie.

Alexandre ravit Hélène à cette épo-
que 10.

Le grand combat contre Troie dura

à-vis d'une personne, s'accomplissaient
alors chez les Lévites par la succession
légale, et, pendant le nombre d'années
indiqué, parle [30] grand-prêtre Marôs.

II eut pour successeur dans cette ad-
mirable série des prêtres, Amarias, grand-
prêtre, pour le peuple hébreu, qui était
de la tribu de Lévi. Abbas Mar Jacques
attribue à celui-ci 32 ans, et Andronicus
44 ans; mais tous deux sont d'accord
pour assurer que cet Amarias fut le
9e grand-prêtre. C'est pourquoi nous in-
diquons la différence dans le nombre des
années, comme ils l'ont écrit tous les
deux. Par la force même de ce discours
qui expose la succession sacerdotale,
nous devons prendre soin de le rédiger
avec toute la sollicitude possible en cette
matière, à la nature mortelle, eu égard
à la succession temporelle, c'est-à-dire
à l'ordre. C'est pourquoi, ainsi que nous
l'avons exposé auparavant, il est néces-
saire que nous disions ce qui concerne
la succession sacerdotale, selon la dé-
monstration de ces écrivains.

1. 'A|4|i£vl|M);; H. a. 803. —2. H. a. 806. — 3. Ms. : 19. — 4. Ms. : 17; H. a. 811. — 5. TedTocjioç à
xat TauxtxvYi;.

6. Lire : poiiaia. _ 7. H. a.826; Arm. 826. — 8. H. a. 833; Arm. 831. — 9. H. a. 835; Arm.
833. ©oûwpiç nôXu6o? 'A)ocâv8paç àvîjp. — 10. H. a. 826; Arm. 827.

54

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

En l'an 16 de Jaïr, Ménestheus. fils de Pétéos1, commença à régner sur les
Athéniens, pendant 23 ans.

Après Jaïr, les Hébreux furent soumis aux Ammonites pendant 18 ans que l'on
ajoute aux années de Jephté qui jugea le peuple 6 ans, et à qui Pon en compte
24, selon la tradition des Juifs.

De Moïse jusqu'à Jephté on compte 300 ans, selon le livre des Juifs.

Comme les Ammonites [opprimaient le peuple,] les habitants de Galaad allè-
rent trouver Jephté, qu'ils avaient chassé de chez eux, et l'amenèrent pour être
leur chef. Ayant combattu et vaincu les Ammonites, il offrit sa fille en sacrifice2.

CHAPITRE VI. — Après Jephté, les noms des Juges sont placés confusément
à travers le livre de la Chronique3.

[33] Quelques-uns ne font aucune mention du nom de Hesbon. Nous avons
dit ci-dessus4 qu'il gouverna le peuple 7 ans. Jean de Litarba dit : « Nous

dix ans; la cause en fut un fruit attribué
à la plus belle [32] de trois femmes,
dont l'une, appelée Hélène, était aimée
d'avance par le juge Paris, qui était
pasteur et la prit pour femme. Homère
en parle souvent. D'après ce que nous
avons trouvé dans d'autres manuscrits,
à cette époque, Memnon et les Ama-
zones aidèrent Priame à la guerre 5.

A cette époque6, Ménestheus mou-
rut dans l'île de Mélos 7 en revenant de
la guerre de Troie; Démophon 8 lui suc-
céda.

En ce temps-là la sorcière Médée fit
brûler par ses sortilèges Caron9 et, dans
sa colère, fit périr ses deux fils. Elle fit
échapper Jason nu de sa couche.

Le 10e grand-prêtre du peuple fut
Ahitob, dont Jacques affirme qu'il servit
20 ans. Andronicus parle autrement de
Ahitob; il dit qu'après celui-ci vint un
certain Phinéès, et après celui-ci Ama-
rias pendant 40 ans, ensuite Héli et ses
fils pendant 40 ans. Puis après ceux-ci
Ahitob, et après celui-ci Abiatar. —
Jean dit qu'à Phinéès succéda Abisou',
puis Basai, puis Ouziel, puis Zariha
puis Amriël, puis Isaïe, et ensuite Héli
[33] et ses enfants, et après ceux-ci Sa-
muel.

Pour nous, nous avons recueilli leurs
[noms] comme nous avons pu, depuis
Adam jusqu'à Moïse et depuis Moïsejus-
qu'au temps des rois d'Israël 10o

1. MevstTÔsyç IIcTcw. — 2. Lire : (et non «rô^3). — 3. Il y a ici une lacune peu considérable.

La confusion vient de ce que notre auteur considère comme deux personnages différents Hesbon
et Abiçan qui ne désignent qu'un même individu : v]*3' ow' s^*- (Denys de Tellm., éd. Tulberg,
p. 33). — 4. Dans la lacune.

5. H. a. 827; Arm. 826. — 6. E. a. 835; MeysaOeuç. — 7. Lire : «eoftMÎ^vo (?); gr. : sv MyJ>.» tîj
vrjfTw. — 8. AyjfAoçtov. — 9. Sic ms. ; évidemment à restituer Creuse, ou peut-être Créon.

10. Les différentes séries des grands-prêtres mentionnés ici sont basées sur la généalogie de la
famille de Lévi : I Chr., vr.

LIVRE IV. CHAP. VI

55

trouvons qu'après Hesbon vint Élon qui jugea le peuple 7 ans. » Celui-ci ne se
trouve point dans la version des LXX1.

En l'an 4 de Hesbon, Thuoris commença à régner sur l'Egypte pendant 7 ans3.

En l'an 4 de Labdon, Démophon, fils de Thésée 3, commença à régner sur
les Athéniens, pendant 33 ans. — En Egypte régnèrent, dans la XXe dynastie1,
les rois appelés diospolytes, pendant 178 ans. Leurs noms ne sont point inscrits
dans la série des rois.

En Pan 7 de Labdon, commencèrent à régner les rois des Latins qui furent

Remarque chronologique"0. — On
compte, selon les Assyriens, depuis l'an
43 du règne de Ninus jusqu'à l'an 25
de Tautanès : 835 ans;

Selon les Hébreux, depuis la naissance
d'Abraham jusqu'à l'an 3 de Labdon6:
835 ans;

Selon les Sicvoniens, depuis l'an 22
d'Europos jusqu'à l'an 29 de Polyphi-
lès : également 835 ans;

Selon les Egyptiens, depuis l'an 1 de
la XVIe dynastie (dans laquelle les Thé-
bains régnèrent sur l'Egypte, pendant
190 ans) jusqu'à l'an 7 de Thuoris, 5e roi
de la XIXe dynastie, qui fut la dernière
année de cette dynastie : 835 ans;

Selon les Athéniens, depuis la pre-
mière année attique jusqu'à la destruc-
tion d'Ilion, c'est-à-dire de Troie, en la
23e année de Ménestheus, dont parle
Homère : 375 ans; et de même, depuis
l'an 36 de Moïse jusqu'à l'année pré-
sente : aussi 375 ans.

Depuis la destruction d'Ilion jusqu'à
la lre olympiade, il y eut 405 ans \

Nous réunissons ici les noms des Juges
à la suite Vun de Vautre, [indiquant] le
temps de chacun* et de quelle tribu il
était.

Moïse, de la tribu de Lévi;
Josué, fils de Noun, de la tribu de Juda ;
Othoniel, de la tribu de Juda;
Débora et Barac, de la tribu deNeph-
tali;

Ahôd, de la tribu de Benjamin;

Gédéon, de la tribu de Manassé ;

Thola', de la tribu d'Issachar;

Abimélek, de la tribu de Manassé;

Jaïr, de la tribu de Manassé;

Jephté, de la tribu de Manassé;

Hesbon, de la tribu de Ruben;

Abiçan, de la tribu de Juda;

Elon, dè la tribu de Zabulon;

Samson, de la tribu de Dan;

Samgar, de la tribu de Juda;

Héli, de la tribu de Lévi.

La somme des années des Juges, de
puis le prophète Moïse jusqu'au pro-
phète Samuel, est de 450 ans.

1. H. a. 833. — 2. ©ouwpîç; E. a. 829. — 3. Aï](xocpwv Orjtxlwç, E. a. 836. — 4. Lire : y3 (et non o).
5. E. a. 835. — 6. Ms. : Abiçan. — 7. Ms. 450 ans; mais Hier. : 406 ans; Arm. 405; ce qui est
la bonne leçon (835-1240).

8. Cette mention a été omise.

56

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

appelés ensuite Romains; le premier roi fut Énée, pendant 3 ans, et d'après
d'autres, pendant8 ans1.

Après Labdon, les Philistins asservirent les Hébreux pendant 40 années,
qu'Eusèbe ne compte point dans sa Chronologie8. Annianus3 les y place, et aussi
Andronicus, qui n'en compte pourtant que 28. Ils en attribuent 10 à Élon.

CHAPITRE VIL — Or, Samson, le naziréen, de la tribu de Dan,jugea le peuple
20 ans. — En sa 3 année, il commença à combattre les Philistins. — En sa
5° année, se passa l'histoire de Ruth la Moabite.

Les rois de Sicyône cessèrent après avoir duré V espace de 961 ans*. Après eux, il n'y
eut plus de rois, mais des prêtres. Castoïi, le chr onographe, parle ainsi des Sicyôniens :
« Nous avons ainsi successivement ènumêrè ceux qui régnèrent sur Sicyône, depuis
JEgialeus qui régna le premier, jusqu'à Zeuxippus*. Les rois durèrent 961 ans. Ensuite
six prêtres de Carnios* exercèrent le sacerdoce pendant 33 ans; vint ensuite le prêtre
Charidemus 7 qui, ne pouvant supporter la dépense, prit la fuite8.

« La domination des Erechtides prit fin et la principauté des rois attiques passa à
une autre famille. Xantus, le Béotien, ayant provoqué au combat Thymutès9, celui-ci ne
répondit pas; mais Mélanthus10, le Pylien, fils d'Andropompus, engagea un combat sin-
gulier avec lui, et ayant vaincu, il régna. Depuis lors, la fêle des apatouriôn11, c'est-à-
dire de la fraude, fut célébrée à Athènes, parce qu'il y avait eu fraude13. »

Castor parle ainsi des Athéniens : « Nous placerons aussi successivement les rois des
Athéniens en commençant avec Cécropos, surnommé diphyes, c est-à-dire de double
race, et en finissant avec Thymutès. Tout le temps de ceux-ci, qui sont appelés Erech-
tides, est de 430 ans. Après eux Mèlantus, le Pylien, fils d'Andropompus, reçut la
royauté, et après lui son fils, Codrus, pendant 58 ansii.

[33] A cette époque commença le royaume des Latins, qui furent ensuite appelés
Romains, et qui sont le peuple Franc l\

A cette époque, sept généraux firent la guerre des Centaures. Les uns disent
qu'elle précéda la destruction d'Ilion. — D'autres disent que du temps où régnait
Priame, [fils de] Laomédon, ses fils : Polyxène, Alexandre, qui est ce Paris, qui ravit
Hélène, et leurs seize frères firent la guerre. Androgée fut tué, et Ilion détruite15.

1. E. a. 839. — 2. Cf. H. a. 836. — 3. Ms. : Annialos.

4. Ms. : 261, plus bas : 962 ans. — 5. ZsuÇutttoç. — 6. îepsïs toO Kapvîou 1%. Le syriaque a omis un

o; lire : ûjoPo o "*w|;o>. — 7. Xapc8rçu.oç. — 8. H. a. 889; Arm. 888. Comp. Eus., I, coll. 174-178.
— 9. ®u(j.o(ty];. — 10. MÉXavOo; AvSp07tôu.7rou IIvXio;. — 11. r\ twv 'AttxrovpJwv bp-cif). — 12. Cf. H. a.
889; Eus., I, coll. 183-186. — 13. Ibidem; cf. I, coll. 185-186. — 14. Cette mention dépend sans
doute, comme les précédentes, des tableaux chronologiques ; cf. H. a. 838. — 15. Le texte de
ce passage paraît altéré.

LIVRE IV. CHAP. VII

57

En la 2« année de Samson, [34] commença à régner sur les Assyriens le
28° roi, Teutœus1, pendant 40 ans. — En Pan 19 de Samson, mourut Zôs 2 qui fut
enseveli en Crète. Il vécut 780 ans. A cause de sa longévité on le surnomma
Zôs; il s'appelait Dios.

Après Samson, les enfants d'Israël furent sans juge pendant 12 ans. Jean
dit que Samgar succéda à Samson, pendant 40 ans, comme il est aussi écrit dans
l'hébreu ; les LXX disent 20 ans, et Andronicus 10 ans seulement. Africanus
dit que les Anciens gouvernèrent pendant 40 ans, parce qu'on était en temps de
paix et de tranquillité; et ils restèrent sans prince pendant 30 ans.

[A cette époque] le temple d'Artémisia fut bâti, et Samson s'illustra au point
qu'on compara même ses actions h celles d'Hercule3. — Ascanius, [fds d'Enée,
fonda la ville d'Albe4].

Histoire de la destruction de la grande ville d'Ilion. — En Fan 8 de Samson5,
Alexandre Paris, roi d'Ilion, alla présenter des offrandes à Apollon, dieu des païens,
dans la contrée de l'iïellade, alors qu'il était âgé de 33 ans, sur le conseil de son père
dans le but d'obtenir un fds. S'étant rendu chez Ménélas, roi de Sparte, il vit sa
femme Hélène qui était belle: il l'enleva et revint à Troie, dans le pays de Phrygie,
près de son père, sans avoir présenté des offrandes. Ménélas, en voyant ce qui
était arrivé, appela à son secours vingt rois, avec leurs navires, au nombre de
douze cent cinquante, et commença la guerre qui dura dix ans, jusqu'à l'an 18 de
Samson6. Ensuite Ulvsse tua Alexandre et prit Hélène qui avait déjà eu trois enfants.

Ces choses ont été écrites par le sage Damastès7 qui assista à cette guerre. Ilion fut
détruite.

A cette époque arrivèrent les choses concernant Ulysse qui échappa à Scylla, qui
était un navire [des Tvrrhéniens] ayant coutume de dépouiller les navigateurs8. Palé-
phatus raconte, [34] dans son premier livre des Incroyables, que les Syrènes étaient
d'autres barques9 qui tendaient des pièges à ceux qui naviguaient.

Ici se place la prise de Ilaziri, fils de Calydonius, par Méléagre10.

Ici Ulysse échappa au navire des Tvrrhéniens11; et Pyrrhus fut tué par Oreste à
Delphes13, dans le temple d'Apollon, avant été trahi par le prêtre Machareus13. Quel-
ques-uns disent que de son temps vivait Homère14.

1. T£'jtc<Ïo;; H. a. 843. — 2. Zeus. J'ai conservé la forme pour montrer le jeu de mots.
3. E. a. 841. —4. H. a. 845; Arm. 84 i; suppl. d'après le grec. — 5. E. a. 848. — 6. Ms. : 8
pour —- 7. Lire usu^m*}^ Aajj.a<tt^ç ; Eus. Chr., I, col. 278. — 8. Tel paraît être le sens de la
traduction; cf. E. a. 847. — 9. Hier, dit « meretrices », au lieu de « barques »  — 10. Sic ms. ; le
traducteur a fait un nom propre de \i*y^ « sanglier ». — 11. Cf. E. a. 847.  — 12. Lire : a^\,= . —
13. Mcr/atpîvi; ; H. a. 853; Arm. 857. — li. Lire : .-oûo;^, et : ori-s p (au lieu de:wiCo) ; cf. II. a. 853.
I. S

58

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Le prêtre Héli jugea le peuple pendant 20 ans, selon les LXX; pendant 40 ans,
selon l'hébreu. Héli vécut 78 ans ; il était devenu chef à l'âge de 38 ans.

En l'an 18 de son gouvernement, ou 19 selon d'autres, naquit Samuel. — En
l'an 20 d'Héli, Samuel lui fut présenté comme voué [au Seigneur].

CHAPITRE VIII. — Après la mort d'Héli, l'Arche du Seigneur demeura chez
Aminadab pendant 20 ans'. — En Pan 42 de la vie de Samuel, Pan 20 de son
gouvernement, les enfants d'Israël demandèrent un roi.

Ici finit le temps des Juges et commença le royaume des Israélites, quand
Saiil, leur premier roi, commença à régner, pendant 40 ans.

On compte, depuis Adam jusqu'à Saiil : 4221 ans; — depuis le Déluge jusqu'à
Saiil : 2135 ans; — [35] depuis la mort de Moïse et l'avènement de Josué :
410 ans. — Selon le comput des Syriens : 3008 ans.

En l'an 3 de Saiil, il vainquit les Amalécites. — En l'an 10 [de Sauf], naquit

Tisamenus, fils d'Oreste, régna sur les Mycéniens -, et après lui Penthis et Comè-
tes; on compte pour eux, ensemble, 5G ans, jusqu'à la descente des Héraclides, d'a-
près certains auteurs.

Ici se place l'incendie du temple d'Ephèse par les Amazones :i; et le premier jeu 4
des Lyciens fut institué.

D'autres disent que la ruine de Troie survint du temps de Iléli, et qu Enée, le
premier roi des Latins, y régnait; qu'à cette époque aussi Hercule périt dans le feu.

A cette époque 3 florissait le poète Homère. Il y a beaucoup d'incertitude à son
sujet chez les chroniqueurs. Les partisans de Cratès le placent avant la descente des
Héraclides; ceux d'Erasthothénès, cent ans après la destruction de Troie; ceux
d'Aristarchus 6 du temps de la migration ionienne qui eut lieu 140 ans après; ceux
de Philochorus le placent du temps du magistrat Archippus dont il parle parmi les
événements postérieurs de 180 ans à la ruine de Troie; ceux d'ApolIodore l'Athé-
nien le mettent 240 ans après l'affaire de Troie; d'autres le placent un peu avant les
olympiades [35], c'est-à-dire 400 ans après la destruction de Troie, d'autres enfin,
d'après Archilochus, à la XXIIIe olympiade 1, 500 ans après la ruine de Troie.

A cette époque9, eut lieu la descente des Héraclides dans le Péloponèse. —- A cette
époque le royaume des Mycéniens prit fin après avoir duré 207 ans, et avoir eu 7 rois.
— A cette époque commença le royaume des Lacédèmoniens et celui des Corinthiens*.

1. Cf. H. a. 901.

2. 'Opéat'o; Tiffa(isv6; xat IlévÔiXo? xcù Ko^r/rr,; (Eus., Chr., I, col. 180). Cf. H. a. 860. — 3. H.
a. 871. — 4. "O tôv Auxswv àywv upwxo; ; H. a. 875. —' 5. E. a. 815. — 6. Ms. : Aristote; lire :
»x>oa3}|.£>Aio|F 'Apî(7ïap/o;. — 7. Lire : — 8. II. a. 916. — 9. Ces mentions se rapportent pro-
bablement aux tableaux chronologiques.

LIVRE IV. CHAP. IX

59

David. — En Pan 23 de Saiil, David fut oint par Samuel, âgé de G8 ans; David
avait 12 ans, ou 13 selon d'autres. — En l'an 28 (ou selon d'autres, en Pan 30) de
Saiil, David tua Goliath. — En l'an 31 eut lieu la fête de Naioth1 de Ramata; et
Saiil prophétisa avec les prophètes. —En l'an 35 de Saiil, mourut Samuel. — En
Pan 30 de la naissance de David, 17 ans après son onction, et 5 ans après la mort
de Samuel, Saiil et ses fils furent tués à la guerre.

CHAPITRE IX. —Après que les Hébreux eurent eu des Juges, depuis Moïse
jusqu'au prophète Samuel, surgit Saiïl qui fut proclamé roi; après avoir régné
40 ans, il fut tué.

Alors, les enfants de Juda firent régner David qui avait reçu Ponction. Il
régna à Hébron pendant 7 ans. Il fut ensuite oint de nouveau. C'est lui qui
bâtit Sion, et il régna dans Jérusalem pendant 33 ans.

En l'an 10 de son règne, David fit monter l'Arche du Seigneur, devant laquelle
il chanta.

Nathan, le prophète de David, de Gabaon8, lui enseignait la Loi du Seigneur.
Quand il vit que David était enflammé [d'amour] pour Bethsabée, il s'efforça de

En l'an 2 d'Eurystheus 3, premier roi
des Lacédémoniens, Alétès4 fut institué
comme premier roi des Corinthiens, et
ses enfants [lui succédèrent] jusqu'à la
révolte de Kypsélos5.

A Lacédémone, il y avait deux royau-
tés simultanément, [divisées] entre deux
familles descendant l'une et l'autre
d'Hercule 6.

En l'an 9 de Samuel7, le 4e roi des
Latins, ./Eneas [Sylvius^, commença à
régner pendant 31 ans. — En l'an 12 du
même, Dercylus8 commença à régner
sur les Assyriens, pendant 40 ans. —
En l'an 27 de Samuel9 commença à ré-
gner sur les Athéniens leur 17e prince
Codrus10i pendant 50 ans.

Lorsque Ahimélek et ses huit fils eu-
rent été tués par Saiil à cause de David,
le grand-prêtre Abiatar celui, dont le
saint [3o] livredel'Evangile fait mention,
exerça ses fonctions. Il fut le 15e dans
la série. Jacques d'Edesse ne le compte
pas parmi les grands-prêtres, mais après
Ahitob, il mentionne Sadoc, et après
Sadoc, le 12°, Ahimélek, [ensuite] Aza-
rias [le 13ft] pendant 22 ans, et après lui,
le 14e, Amarias, pendant 60 ans, puis
Ahimélek, le 15e, qui exerça 29 ans, jus-
qu'à ce qu'il fût tué par Saul. Après
lui, il ne mentionne pas Abiatar, mais
Joïada.

Nous arrivons [ainsi] jusqu'à David,
qui fut prophète et roi, et qui est aussi

1. Ms. : Yonat, comme la Pesitta. Cf. I Sam., xix, 18 sq. — 2. Ms. : Geda'on. — Ce passage est
tire de la Vie des Prophètes du pseudo-Epiphane, cf. Migne, Patr. gr.t t. XLIII, col. 318-428.

3. Eùpuo-Qîûç ; E. a. 916. — 4. 'A).r,Tr];. — 5. y-typi ttjç Ku^éXXou xuppaviooç. Eus., Chr., I, col. 220.
— 6 Cf. Chr., I, col. 222-225. — 7. E. a. 909. — 8. AêpxyXoç. — 9. E. a. 927. — 10. KôSpoç.

60

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

venir l'en détourner; mais Satan l'arrêta en route. Il trouva un mort assassiné,
dépouillé et abandonné; il s'attarda1 [36] pour l'ensevelir; cette nuit même, il
connut que le péché avait été consommé, et s'en retourna en pleurant. Après
que David eut fait tuer Urie, Dieu envoya Nathan pour réprimander David. Da-
vid craignit le Seigneur; il fut réprimandé par Nathan pour son dérèglement;
il ajouta foi à tout ce que lui dit le prophète au sujet delà mort de l'enfant.

En l'an 39 de David, il répartit les familles des Lévites ; il en établit 288
comme chantres, qu'il divisa en vingt-quatre classes, qui devaient chanter douze
par douze.

David combattit contre les nations environnantes et les vainquit toutes. — Il
vécut 70 ans et en régna 40.

CHAPITRE X. — Salomon commença à régner à l'âge de 12 ans et régna
40 ans. Il chassa le prêtre Abiatar, et tua Adonias et Joab. — La 4e année de

A cette époque le Péloponèse fit la
guerre h Athènes2 ; [à cette époquej eut
lieu la descente des Amazones et des
Cimmériens en Asie 3.

A cette époque 4, prophétisaient Gad,
Natan et Asaph.

Natan dit 3 : « Pourquoi n'as-tu pas
fait savoir h ton serviteur qui siégerait
sur le trône de mon seigneur?»—Gad
dit '' : « Laisse-moi et je verrai ce que
je répondrai à celui qui m'a envoyé;
caria paroledu Seigneur est sur Israël. »
— Gad le prophète dit à David7 : « Bâtis
un autel au Seigneur dans l'aire d'Or-
nan le Jébuséen » ; et Nathan lui dit8 :
« Tu ne bâtiras point la maison du Sei-
gneur )>, et il le réprimanda à cause de
la femme d'Urie. — Asaph était un des
chantres devant l'arche.

compté parmi les prêtres. Il mangea le
pain des prêtres, il revêtit l'éphod,
il établit Asaph et lui confia [le soin
de diriger] les chantres9 . C'est à cette
époque que commença la coutume de
chanter l'office à la troisième, à la sixième
et à la neuvième heure. [36] Il classa
aussi les familles sacerdotales, et les
rangea l'une après l'autre; elles furent
au nombre de 2410.

Après que Salomon eut chassé Abia-
tar du souverain pontificat, vint Sadoc,
comme grand-prêtre pour lepeuple, pen-
dant 19 ans. Ceci d'après Andronicus et
un autre11. — Jacques d'Edesse dit qu'à
Joiada succéda le 17e grand-prêtre, Aza-
rias, qui exerça pendant un temps indé-
terminé, car il ne l'indique point, non
plus que les années de Joiada. C'est

1. Lire :

2. H. a. 931 et 947; Arm. 936. — 3. H. a. 940; Arm. 939. — 4. H. a. 948. — 5. II Sam., r, 27.
— 6. II Sam., xxiv, 13. — 7. I Chr., xxi, 18. — 8. II Sam., vu, 2; I Chr., xvn.

9. Cf. I Chr., xvr, 17. — 10. I Chr., xxiv. — 11. Sans doute Jean, plus haut mentionné.

LIVRE IV. CHAP. X

61

son règne, il commença la construction du Temple et l'acheva en sept ans, sur
le mont Moriah1, qui est Jérusalem.

On compte depuis la sortie d'Egypte jusqu'à la construction du Temple
637 ans (dans certains manuscrits 610). Dans le livre des Rois il est écrit que le
Temple fut bâti 480 ans après la sortie du peuple, parce qu'on omet de compter
les années pendant lesquelles les ennemis dominèrent sur Israël. Paul compte
de môme; expliquant le livre de Jérémie2, il dit3 : « Pendant 450 ans il leur
donna des Juges [37] jusqu'à Samuel. »—Depuis Abraham jusqu'ici [on compte]
985 ans, et, selon Andronicus : 1115 ans; selon Annianus : 1092 ans; et depuis
ici jusqu'à la captivité de Babylone et à la destruction du Temple, d'après les trois
[autorités] : 441 ans, sans compter les 10 ans qu'Annianus diminue à Amon.
— D'Adam à la construction du Temple [il y a] 4168 ans.

En Pan 11 [de son règne, Salomon fit la dédicace du Temple bâti] sur l'aire
d'Oman le Jébuséen. [Il avait] 60 coudées de longueur, 20 de largeur et 30 de
hauteur4.

En l'an 28 de David 5 furent bâties
Ephèse et Samos0. La ville de Gumes
fut bâtie en Italie 1. — Carthage fut
bâtie par le Tyrien Carehédon 8. D'au-
tres disent que la nommée Didon la
bâtit ; qu'elle fut bâtie 143 ans après la
ruine de Troie; et qu'elle s'appelait au-
paravant Origo9.

En l'an 16 de David mourut Nahas,
roi d'Ammon 10.

En l'an 18 de David, Ilannon prit à sa
solde les rois d'Aram et de Harran :
Joab et Abisaï s'avancèrent contre eux,
les défirent, et assiégèrent [36] la ville

de Rabbath; c'est à cette époque que David fit tuer Une11. — En l'an 30 de David, il
tua les quatre géants de Geth12; jusqu'à la fin de son règne, il y eut des géants
fameux parmi les nations ; il anéantit la race des géants.

pourquoi nous avons noté ce qu'ils di-
sent tous les deux, dans ce mémorial qui
fait connaître la succession sacerdotale;
et voilà pourquoi notre discours s'est
ainsi prolongé. —Après Azarias, il en
place six l'un après l'autre; il n'indique
pas le nombre d'années de chacun d'eux,
mais seulement leurs noms ; il dit ceci :
« Après Azarias, le 18" grand-prêtre fut
Selloum, le 19° Amazias, le 20e Ilelcias,
le 21e Saraias; le 22° Azarias, et le 23°
Sadoc. »

1. Ms. : « sur le mont des Amorrhéens », conformément à la vers, syr., II Chr,, m, 1. — 2. Ou :
« après la lecture du livre de Jérémie »? — 3. Act. Apost., xrn, 20. — 4. Cf. II Chr., m, 1-3.

5. H. a. 908. — 6. H. a. 972. — 7. Arm. a. 981. — 8. H. a. 968. — 9. II. a. 974; Arm, 978; cf.
a  1003. — 10. Il Sam., x, 1; I Chr., xix, 1. — 11.  II Sam., x, xr. — 12. II Sam., xxi, 22.

62

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

En Fan 34 de Salomon, il abandonna le Dieu d'Israël, et il bâtit un autel sur
la montagne qui est en face de Jérusalem àKamos, [dieu] de Moab et à Malkôm,
[dieu] des Ammonites, dans le lieu où avait été édifié l'autel d'Aphrodite, déesse
des Grecs1. Le Temple avait été bâti en sept ans [et le palais royal fut bâti] en
treize ans8. Sa longueur était de 100 coudées, sa largeur de 50, et sa hauteur
de 30. Il fit pour le Temple des boucliers d'or, une mer d'airain et des bœufs.

Il détruisit Antioche ; il bâtit Palmyre, qui est Tadmor, et Mello, et Ilazôr et
Mageddo, et Gézer, et Beth-Horon inférieure, et Balaath : [en tout] sept villes 3.

L'année d'avant l'avènement de Salomon 4 naquit son filsRoboam, de Na'ama,
l'Ammonite.

A Damas régnait Hadad, qui fut l'ennemi d'Israël pendant toute la vie de Sa-
lomon. — Salomon mourut à l'âge de 52 ans.

En l'an 32 de David, Eupalès' commença à régner sur les Assyriens, pendant
38 ans6.

Faisons savoir comment le royaume des Athéniens prit fin. Jean dit que
quand les Péloponésiens attaquèrent les Athéniens, Codrus, roi des Athéniens, s'étant
livré lui-même, selon une prédiction qui lui avait été faite, et étant mort, aucun roi ne
s'éleva plus parmi les Athéniens ; mais ils établirent des juges qu'ils appelaient « juges
à perpétuité », c'est-à-dire pour tout le temps de la vie de chacun d'eux. Le premier
de ces juges fut Médon7 pendant 20 ans8, et le second Acastus9, qui commença à
régner en Fan 28 de David, pendant 36 ans.

Au début du règne de Salomon, commença à régner sur les Tyriens Iroumos, [c'est-
à-dire] Hiram, qui envoya à Salomon, pour l'aider à construire le Temple, 80.000 ou-
vriers 10.

A cette époque, Vaphrès commença à régner sur l'Egypte et l'Ethiopie (P)11.
Lui aussi, envova à Salomon 80.000 hommes de secours pour la construction [du
Temple], ainsi que le raconte Eupolémos.

En l'an 10 de Salomon12, Laosthénès13 commença à régner sur les Assyriens pen-
dant 15 ans, et Alba sur les Latins pendant 39 ans.

Quelques-uns disent qu'Homère et Hésiode vécurent à cette époque,14 et que Car-
thage fut fondée par Didon13.

1. Cf. I Reg., xi, 7. — 2. Cf. ibid., vu, 1, 2. — 3. Cf. I Reg., îx, 15 sqq. — 4. D'après 1 Reg.,
xiv, 21, où il y a une erreur évidente.

5. EÙTrâxfMK. —6. E. a. 952 = 12 de David. — 7. Méôo>v ; H. a. 947; Arm. 948. — 8. Ms. 24 ans.
— 9. "Ay.a<Txoç. — 10. I Reg , v. — 11. Le texte est altéré; peut-être à lire : o,)«o — l'Ethiopie

ou l'Arabie heureuse (?). - 12. E. a. 990. — 13. Aaoafévï;;. — 14. H. a. 998; Arm. 1001. — 15. II.
a. 1003; Arm. 1005.

LIVRE IV. CHAP. XI

63

Après la mort de Salomon le peuple fut troublé et le royaume divisé. —Jé-
roboam, fils de Nabat, régna à Thersa sur dix tribus, [33] pendant 22 ans; il
ne resta autour de Roboam, fils de Salomon, que deux tribus seulement, qui
furent appelées Juda; et, de là, tout le peuple fut surnommé « juif ».

CHAPITRE XL — Roboam régna à Jérusalem pendant 18 ans; il vécut
58 ans.

Dès le début de son règne, Jéroboam régna, à Thersa, sur Israël, pendant
22 ans. Jéroboam fit deux veaux d'or : un à Dan et l'autre à Béthel1. Le prophète
Seméïa étant venu de Judée le blâmer de son péché, Jéroboam porta la main
sur le prophète et elle se dessécha2. Il bâtit Sichem, dans la montagne d'Ephraïm,
et y habita; ensuite, il bâtit Phanuel et y habita3; enfin il fortifia la ville de Thersa
et y demeura tout le reste de sa vie.

En l'an 24 de Salomon, fut établi le 3e juge des Athéniens, Archippus 4, pendant
19 ans.

En l'an 34 de Salomon finissent les 178 années de la [XXe] dynastie des Egyptiens,
et la XXIe dynastie commença, en Egypte, avec Smendis J. —Jéroboam s'enfuit près
de celui-ci, pour échapper au massacre, et resta là [37] tout le temps de la vie de
Salomon 6.

En l'an 32 de Salomon, prophétisa Achias de Silo7. A propos de celui-ci [l'Ecri-
ture rapporte qu'il annonça à Jéroboam qu'il deviendrait roi] et lui dit : « Certes, tu
régneras8. » — Epiphdné dit9 : « Achias prophétisa de Salomon qu'il irriterait le Sei-
gneur. Il reprit Jéroboam qui agissait insidieusement avec le Seigneur. Il vit dans
une vision 10 un couple de boeufs qui piétinaient le peuple et se précipitaient sur les
prêtres. Il prédit à Salomon que les femmes l'éloigneraient du Seigneur. Il dit aussi
à Jéroboam : Par tes deux veaux d'or, tu seras un scandale pour tout Israël11. Il
mourut et fut enseveli devant le chêne de Silo. »

Hiramus, dont Salomon épousa la fille, commença à régner sur les Tyriens ;
comme raconte Tatianus : « Salomon abandonna Dieu et servit la milice des faux
dieux des peuples païens. »

1. I Reg., xir, 29. — 2. lbid., xnr, 1 sq. — 3. I Reg., xii, 25.

4. "Ap^iiiTtoî. — 5. SjiévSt;. — 6. I Reg., xn, 2. — 7. H. a. 1001; Arm. 996. — 8, Cf. I Reg.,
xi, 37. — 9. Michel a inséré dans sa Chronique les Vies des Prophètes du pseudo-Épiphane. Il existe
plusieurs recensions du texte grec ; c'est généralement avec la plus courte que s'accorde la traduc-
tion syriaque employée par Michel. Le texte syriaque a été édité par Nestlé, Syrisch Grammatik,
Berlin, 2e éd., p. 102 sqq. — Les textes grecs sont reproduits dans Migne, Patr. gr., t. XLIII,
coll. 393-428. Pour Achias, cf. col. 425. — 10. Lire : l>-o (Add. ms. 17193, fol, 31). — 11. Cette
phrase n'est pas dans le grec, ni dans le ms; add. 17193.

64

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Le prophète Séméia est celui qui disait à ceux de Juda, quand ils voulaient
monter combattre contre Israël pour restituer le royaume à Roboam1 : « Ne montez
point combattre contre vos frères : car cette sentence a été portée par le Seigneur
contre la maison de David. C'est lui qui a pris le vêtement, qui l'a déchiré en
douze parts et a donné ces dix à Jéroboam. »

En l'an 3 de Roboam, le 4e juge des Athéniens, Tersippus 8, gouverna pen-
dant 44 ans. — En l'an 15 de Roboam, Pertiadès3 commença à régner sur les
Assyriens, pendant 30 ans.

En l'an 5 de Roboam, le roi d'E-
gypte4, Sésac, monta contre Jérusalem
excité par Jéroboam ; il prit les boucliers
d'or qu'avait faits Salomon; Roboam les
remplaça par d'autres de bronze5.

A cette époque Smyrne fut bâtie 6.
' En l'an 6 de Roboam7, fut institué le
4° juge des  Athéniens,  Thersippus,
pendant 41 ans.

En l'an 9 de Roboam, le 7e roi des
Latins, Epentuss, commença à régner
pendant 26 ans.

Tandis que Jéroboam régnait en Sa-
marie, il se dit en lui-même : « Si le
peuple monte, selon la coutume, prier à
Jérusalem, leur cœur se tournera vers
Roboam, leur maître. » C'est pourquoi il
fit des veaux d'or, [et il leur dit] : « Ces-
sez d'aller [38] à Jérusalem. Voici tes
dieux, ô Israël, qui t'ont fait sortir d'E-
gypte. » Ce fut un péché pour tout le
jieuple !'.

Tandis que Jéroboam sacrifiait, Sé-
méia, Joiada et un vieillard 10 qui de-
meurait  à   Bethel prophétisaient. —

[37] Ici nous indiquons combien de mots
il y a dans chacun des Livres de l'An-
cien Testament jusqu'à Salomon.

Dans le livre de Moïse : 14100 mots;

Dans celui de Josué fils de Noun : 1953 ;

Dans celui de Ruth : 246;

Dans celui des Jup-es : 2084;

Dans ceux de Samuel : 3431 ;

Dans celui de David : 4830;

Dans les Proverbes de Salomon : 1762 ;

Dans celui de la Grande Sagesse : 551 ;

Dans celui de l'Ecclésiaste : 427;

Dans le Cantique des cantiques : 496.

Eusèbe dit que du temps de Jéroboam
fils de Nabat, florissait le grand-prêtre
Abimélek. Jean dit qu'après Sadoc vint
Ahimélek. Jacques d'Edesse dit : « Après
Sadoc vint Josédek, pendant 20 ans. Il
est célèbre parmi les grands-prêtres. »
Mais Andronicus place Sadoc le 16e et
dit qu'il exerça le souverain pontificat
8 ans; il eut pour successeur, dit-il,
le grand-prêtre Azarias, pendant 33 ans.

1. I Reg., xrr, 24; cf. xi, ,'50. — 2. SipaiTzno;. — 3. Tlzpxiâoqi.

4. Susachim, Soysa/lfi ; cf. Arm. a. 1025 (= 5 de Roboam); H. a. 1030. — 5. I Reg., xiv, 26;
II Chr., xir. — 6. II. a. 1031. - 7. H. a. 1023 (= an 3). — 8. H. : Aegyptus; Arm. : Epistus;
Sync. : 'Aiyvimo;. — 'J. I Reg., xir, 27-30. — 10. Lire : ia-œo nx,*o. ('.').

LIVRE IV. CHAP. XII

65

CHAPITRE XII. — [39] Après Roboam, son fils Abia régna sur Juda, pendant
3 ans. — Jéroboam rassembla contre lui huit cent mille hommes. Les habitants
de Juda s'assemblèrent au nombre de quatre cent mille, et Jéroboam fut vaincu ;
ceux d'Israël furent dispersés et il en périt cinq cent mille Abia prit quatorze
femmes; il eut vingt-quatre fils et seize filles 2.

Quand Abia mourut, son fils, Asa, régna comme roi de Juda, pendant 41 ans ; il
vécut 60 ans. Asa creusa une grande fosse à Mispha, en face du roi d'Israël.

Joiada blâma Jéroboam et dit3 : « Autel !
autel ! écoute la sentence du Seigneur :
Voici qu'un fils est né à la famille de
David ; Josias est son nom ; il sacrifiera
sur toi les prêtres et fera brûler sur toi
les ossements des hommes. Et voici le
signe que le Seigneur m'a envoyé :
L'autel va se briser, et la cendre qui est
dessusse répandre. » — Et il en fut ainsi4.
Pour cela, Jéroboam étendit la main
pour le tuer ; mais sa main se dessécha.
Ayant ensuite supplié le prophète, ce-
lui-ci pria pour lui et sa main guérit.
Mais [le prophète] ayant mangé le pain
et enfreint le commandement du [Sei-
gneur], fut mis en pièces par un lion.

Epiphane 5 dit ceci à propos du pro-
phète qui blâma Jéroboam ; « Joiada 6 le
prophète était du pays de Samarie :
c'est celui qui fut tué par un lion après
avoir réprimandé Jéroboam à cause des
veaux à l'aide desquels il fit errer tout
le peuple d'Israël. II fut enseveli h Reth-
el, à côté d'Abiatan7, le vieux prophète,
qui l'avait trompé. »

Ces grands prêtres dont le nom et le
nombre des années sont indiqués dans
ces chroniques, furent des hommes
célèbres. Mais nous les avons tous pla-
cés dans cette série, parce que cela est
nécessaire pour les sages qui veulent
[38] connaître la succession du sacer-
doce. On trouve une grande sollicitude
[à exposer] la succession de la série de
ces grands-prêtres dont les noms sont
écrits différemment. Mais les chroni-
queurs ne pouvaient affirmer le nombre
exact des années de chacun d'eux; non
plus que le nombre des années de tous
les rois; chacun d'eux les a disposées
et arrangées comme il a pu et comme il
lui a paru convenable.

C'est pourquoi Andronicus après avoir
placé [Azarias] comme le 17e grand-
prêtre, auquel il attribue 33 ans, dit :
<( Après lui vint Ahima'aç8, qui fut le
18e et qui exerça pendant 12 ans. » A
celui-ci succéda, dit-il, Ahimélek, le
19e, à qui il attribue 32 ans, selon l'ordre
de succession qu'il propose dans son

1. Cf. II Chr., xtrr. — 2. Cf. Jhid., 21.

3. I Reg., xm, 2. — 4. II Reg., xxm, 16. — 5. Cf. Patr. gr., XLIII, 425. — 6. Gr. : 'IcodtS [var. :
'Iwâp.J. — 7. Le nom du faux prophète n'est pas dans le grec.
8. Lire : j»cuJ, d'après la table. Cf. BH., Chr. eccl., I, 11.

66

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

En l'an 15 d'Asa, il fit brûler les idoles et chassa les efféminés de la région1.
Il 'éloigna même du royaume sa mère qui célébrait des fêtes en l'honneur d'As-
tarté, et il brûla son idole.

En l'an 29 d'Asa, Ela commença à régner sur Israël, pendant 2 ans. En-
suite Zamri, ayant tué Ela, fils de Baasa, son maître, régna sept jours. Puis
le peuple d'Israël se divisa : une partie suivit Tebni, une autre Amri; le parti

En l'an 2 d'Abia, les guerriers de
Juda se réunirent au nombre de quatre2
cent mille, et ceux d'Israël au nombre
de huit cent mille ; ceux de Juda tuèrent
cinq cent mille d'entre ceux d'Israël.

A cette époque prophétisaient : celui
qui était près de l'autel de Samarie, Jéhu,
Joël, Azarias, Ananias, Jopas, qui est
rAddo 3.

A cette époque, le roi Kousite Zârah,
ayant pris avec lui les Libyens4, vint
faire la guerre [39] contre Juda 5. Asa
s'avança, fut vainqueur et le battit à Gé-
rar6. Ce fut en l'an 10 d'Asa. Les
Ethiopiens et les Libyens étaient onze
cent mille. — Le prophète Azarias en-
couragea le roi Asa7.

[A cette époque] les Thraees traver-
sèrent le Strymon et occupèrent la Bé-
brycie qui est appelée Bithynie 8.

Baasa, roi d'Israël, bâtissait la ville de
Ramatha9 lorsqu'il engagea la lutte avec
le roi Asa.

A cette époque prophétisait le pro-
phète Joël, qui est le même qu'Azarias,
fils de cAddo10.

livre sur les grands-prêtres du peuple
d'Israël, qui exerçaient le ministère
symbolique qui tire son origine de Moïse
et d'Aaron le premier prêtre.

Jean dit que du temps où se trouvaient
en Juda : Josaphat, Joram et ceux qui
gouvernèrent après eux, et du temps des
rois d'Israël : Joram, Ochozias, Athalie,
Joas et de ceux qui vinrent après, flo-
rissait, comme grand-prêtre du peuple,
pendant 23 ans H, Joiada, qui seul, après
Moïse, vécut plus que lui ; Eusèbe atteste
aussi cela en faisant connaître le temps
de la vie [39] de ce Joiada12. — Jacques
d'Edesse place plus tard cet illustre vieil-
lard et dit qu'il fut le 28e. De même, le
chroniqueur Andronicus place ce Joiada
le 22d dans la série et dit qu'il fut grand»
prêtre 42 ans. Quant aux« deux » qu'il
ajoute h ceux dont il a parlé, il y a une
variante dans la chronique. C'est pour-
quoi, quelques-uns ont pensé qu'il s'a-
gissait peut-être d'un autre Joiada. Mais
Jacques d'Edesse dit que le 24e fut Jo-
sédek, pendant 34 ans; que le 25e fut
Jésus; qu'à celui-ci succéda un autreJo-

1. Lire : Ml       Cf. I Reg., xv, 12, 13.

2. Lire : } (et non ') ; cf. II Chr., xm, 3. — 3. H. a. 1044; lire : ^> o», Cf. le texte grec qui
diffère sensiblement. — 4. *ao|ai$^ : le traducteur a conservé l'accusatif : AtSJo;. -— 5. II Chr,, xiv.

— 6. Septante : TISwp. — 7. Lacune dans le ms.: sens traduit d'après II Chr., xv. — 8. H. a. 1045.

— 9. II Chr., xvi. — 10. Cf. ci-dessus, 1. 14, et H. a. 1044.

11. 23 ou 53; le chiffre est incertain. — 12. H. a. 1223; Arm. a. 1225. Cf. II. Chr., xxiv, 15.

LIVRE IV. CHAP. XII

67

cl'Amri prévalut; Tebni mourut, et Amri régna 6 ans. Zamri, en voyant que le
peuple acceptait Amri, incendia le palais royal et s'y brûla. Amri, après avoir
régné à Thersa pendant 6 ans, acheta la montagne de Samarie de Samèr, son
propriétaire, et il y bâtit une ville qu'il appela Samarie. Samarie est la même qui
fut ensuite appelée Sebastia, qui est Naplouse. — Amri régna 12 ans. Le royaume
[40] d'Israël avait eu son siège à Thersa pendant 56 ans \

Le roi Asa, ayant été attaqué par
Baasa, prit à sa solde Bar-Hadad, roi
de Syrie, et lui envoya de l'argent et
de l'or, tirés de son trésor et du tré-
sor du Seigneur 2.

En l'an 15 d'Asa, Câmpysos3, le 8e roi
des Latins, commença h régner pendant
28 ans.

En l'an 24 d'Asa, fut institué le 5e
juge des Athéniens, Phorbas4, pendant
31 ans.

En l'an 25 d'Asa, Ophrata?us5 com-
mença h régner sur les Assyriens, pen-
dant 20 ans c.

En l'an 29 d'Asa, Éla, fds de Baasa,
4e roi d'Israël, commença à régner pen-
dant 2 ans.

En l'an 30 d'Asa fut bâtie Ephèse.

A cette époque prophétisait Jéhu 7.

Epiphane 8 [dit] : « Celui-ci dit à
Baasa, roi d'Israël : Ainsi a dit le Sei-
gneur : Je t'ai élevé de la terre, et tu as
marché dans la voie de Jéroboam, fils
de Nabat; c'est pourquoi j'accumulerai
les maux sur Baasa et sur sa maison.
Celui qui mourra de faim dans sa maison
sera dévoré par les chiens, et celui qui

sédek, pendant 20 ans ; puis Elisée pen-
dant 50 ans, et il place ensuite ce Joiada
auquel il attribue seulement 40 ans.

Andronicus, après Ahimélek, qui fut
le 19e, place Sadoc, le 20e, pendant 20
ans, et après lui, Selloum qui est le 21e de
la série et qui vécut 90 ans. Il dit qu'après
ce Selloum vint Joiada auquel il attribue
42 ans, comme nous l'avons exposé plus
haut, en parlant de l'époque des rois
sous lesquels, d'après quelques-uns, vi-
vait ce Joiada.

Après Joiada, Andronicus place Za-
charias pendant 8 ans. On applique à
ce Zacharias ce qui est écrit plus haut,
« qu'il était fils [de Barachias »], c'est
pourquoi Epiphane dit [40] qu'il fut tué
par le roi de Juda. — Jacques d'Edesse
dit qu'après Joiada vint le 29° [Manias 9]
auquel il attribue [31] ans. Il10 dit que
Zacharias fut le 23e. — Andronicus
place après Zacharias, Ourias pendant
6 ans, et après lui Amasias pendant 21
ans; Ourias est le 24° et Amasias le 25e.
Après celui-ci, il place Azarias, le 26e,
pendant 40 ans, et après lui Hananias
pendant 13 ans ; il est le 27e de la série.

1. Cf. I Reg., xvr.

2. II Chr., xvi. — 3. Kâmto? SiXo-jVoç. - 4. <ï>6pgaç. — 5. 'Oçpatato;. - 6. Ms. : 27 ans. — 7. Cf.
H. a. 1086. — 8. Ce passage n'est pas dans le pseudo-Epiphane ; cf. I Reg., xvi, 2.

9. D'après la table. — 10. La ponctuation du ms. semble faire de Jacques d'Edesse le sujet de
la phrase; mais le contexte montre qu'il s'agit d'Andronicus. Cf. ci-dessous (p. 43 et 44).

68

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

En Fan 41 d'Asa, commença à régner en Egypte Népherchérès, pendant 4 ans 1 ;
après lui vint Aménophantès, pendant 9 ans*.

CHAPITRE XIII. — Après Asa, Josaphat régna sur Juda, pendant 25 ans.

En Pan 2 de son règne, Achab, fils d'Amri, commença à régner sur Israël, pen-
dant 23 ans. Il prit pour femme Jézabel, fille de Ethbaal, roi de Tyr et de Sidon.
[En ce temps-là Hiël] bâtit Jéricho, l'objet de la malédiction de Josué, fils de
Noun ; il la termina sur Abiram son fils [aîné] et il en posa les portes sur
Sakoub, son plus jeune fils, comme avait dit le Seigneur par la bouche de Josué s.

En l'an 2 de Josaphat, Carpentus commença à régner sur les Latins, pendant

mourra dans les champs sera mangé par
les oiseaux. — Et cela se réalisa. »

Epiphane dit du prophète Elie4 : « Il
était de Thesbé 5, dans le pays des Ara-
bes, de la famille d'Aaron, et il habitait
dans le pays de Galaad ; car Thesbé
était la résidence 6 des prêtres. Au mo-
ment de sa naissance, son père Sôbak7
vit des hommes vêtus de blanc [40] qui
le saluaient, l'entouraient de langes de
feuetluidonnaientà manger une flamme.
Ayant fait connaître cela à Jérusa-
lem, il lui fut dit dans une révélation :
« Ne crains point ; il sera une demeure
de lumière et sa parole une incision 8 ;
il jugera Israël avec le glaive et le
feu. »

A cette époque commencèrent à pro-
phétiser : Elias, Abdias, Abiu, 'Ouziel,

Après celui-ci vient Siméon, pendant
23 ans, qui est le 28°. Ensuite Mardai11
le 29° [pendant 39] ans. — Jean le Chro-
niqueur se basant sur le premier livre
d'Eusèbe dit ceci : « Du temps d'Ozias,
roi de Juda, florissait cet Azarias. » Il dit
que cet Azarias fut le 26e dans la série
des grands-prêtres et qu'il exerça 40ans.
— Jacques d'Edesse l'appelle Josédek
et lui attribue 34 ans. On sait [41] qu'il
existait en ce tempsdà, par le nombre
des années des rois; en les comparant
avec celles des prêtres on trouve une
date approchant d'Osias, roi de Juda. —
C'est pourquoi, bien qu'il ait déjà été
fait mention de cet Azarias dans la suite
de ce discours, il a paru nécessaire de le
placer de nouveau dans ce catalogue
qui] expose la succession des prêtres.

et Michée, fds de Yamsai. — De faux

prophètes s'élevèrent aussi en Israël : Sédécias, Eliézer et d'autres9.

Il y en a encore qui disent qu'Homère florissait à cette époque.

Sédécias, le faux prophète, fit des cornes de fer qu'il plaça sur sa tête. Il disait à
Achab : « Avec celles-ci tu frapperas les Araméens et tu les achèveras 10. »

I. Necpep/s^ç. — 2. 'A[xîvw?0i;. — 3. Cf. I Reg., xvi, 34; Jos., vi, 2(5.

4. Patr. gr., XLIII, 426. — 5. ©Éo-St;.— 6. od>y.a.— 7. 2o6a/. — 8. àmjçaai;. — 9. Cf. H. a. 1086.
— 10. II Chron.y xviir, 10.

II. D'après la table ; et aussi plus bas (p. 42 du texte).

LIVRE IV. CHAP. XIII

69

13 ans. — En l'an 4 de Josaphat, Ophratinès commença à régner sur les Assy-
riens, pendant 50 ans. — En l'an 13 de Josaphat, Isochoris1 commença à régner
en Egypte, pendant 6 ans. — En Pan 142 de Josaphat, Amégaclos3 fut établi juge
sur les Athéniens, pendant 30 ans. — En l'an 194 de ce roi, Psinachès5 com-
mença à régner en Egypte, pendant 9 ans. — En l'an 23 de Josaphat, Agrippa
commença à régner sur les Latins, pendant 41 ans. — En Pan 29 de Josaphat,
Ochozias6 commença à régner sur Israël, pendant un an; et après lui, son frère
Joram, pendant 12 ans L

Epiphane dit à propos d'Abdias8 : « Il était de Sichem, du territoire de Beit-Aca-
rim9; il fut le disciple d'Elie. Après avoir beaucoup souffert de la part d'Achab, il
fut sauvé à cause d'Elie. Il était ce troisième capitaine de cinquante hommes 10 dont
Elie eut pitié. A la suite de cela, il abandonna sa charge, devint prophète et prophé-
tisa. Il [mourut] et fut enseveli en paix avec ses pères. La femme d'Abdias 11 est celle
qui alla trouver le prophète Elisée, lequel libéra ses enfants de leur dette, grâce à l'eau
qu'il changea en huile. Il soignait et nourrissait cinquante prophètes dans chacune
des deux grottes12. »

Les Rhodiens occupèrent la mer, en quatrième lieu13.

En l'an 15 de Josaphat, Tibérius 14 commença à régner sur les Latins pendant 8 ans :
c'est de lui que le fleuve du Tibre prit son nom; il s'appelait auparavant Albus15.

Epiphane16 dit à propos deMichée, fds de Yamsai : « Il était de la tribu d'Ephraïm.
Il reprit Achab et Joram, son fils, à cause de leur impiété. Et pour cela, Joram le fit
tuer en le faisant précipiter du [haut d'un rocher]. Il fut enseveli a 'Achini17. »

Joram tomba dans une horrible maladie, au point que ses entrailles et ses intes-
tins sortirent. Il envoya quelques hommes consulter Baalzéboub pour savoir s'il gué-
rirait de son mal.

Elie fut enlevé en l'an 4 de Joram18. — A cette époque prophétisaient Elisée et
Amos.

Epiphane [41] dit au sujet d'Elisée19 : « Il était de Beit-Mahoula20, dans la tribu de
Ruben. A cause de lui survint un prodige : Le veau d'or mugit tellement fort qu'on
l'entendit à Jérusalem21 ; c'était le signe qu'il devait renverser les faux dieux. Il mou-
rut et fut enseveli à Samarie. Quand le veau mugit, le grand-prêtre annonça qu'un
prophète était né en Israël, qui devait renverser les idoles. »

1. 'CW/wp. — 2. Ms. : l'an 4. — 3. MeYaxXrj;. Rest. : ^oà^ok^l ; aj. : le 6e juge (ms. I = 7"). —
4. Ms. : 9.'— 5. Wtyâxna. — 6. Lire : M. — 7. Cf. II Reg., t.

8. Patr. gr., t. XLIII, col. 416. — 9. Br]0apyocà[JL ; var. : Bï)6axa!J.ap. — 10. uEVTrixovTap/oç; cf. II Reg,,
i, 13. — 11. Cette phrase n'est pas dans le grec. — 12. I Reg., xvnr, 4. — 13. H. a. 1101. —
14. TiêÉpto;. — 15. H. a. 1094; Alhula. - 16. Patr. gr. , XLIII, 415. — 17. 'Ev^sr/et'n ; var. :
'Eviia-/-^. — 18. E. a. 1113. — 19. Patr. gr., XLIII, 426. — 20. 'Ag^aouV, var. : 'Au^ou^. —
21. Ms. : « en Israël». Le contexte demande cette correction conforme au grec.

70

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Un autre Joram régna sur Juda, après Josaphat, pendant 8 ans ; et après lui,
Ochozias pendant 2 ans \ — [41] Joram, roi de Juda, fils de Josaphat, prit pour
femme Athalie, sœur d'Achab2. Il tua tous ses frères, les enfants de Josaphat; c'est
pourquoi il fut frappé du glaive de la justice et tomba dans une cruelle maladie :
ses intestins descendirent, et il mourut3.

CHAPITRE XIV. —Après la mort de Joram, Ochozias régna un an. — En cette
année, le prophète Elisée envoya oindre Jéhu, fils de Namsi, qui tua Joram, fils
d'Achab, ainsi qu'Ochozias, roi de Juda, et Jézabel*.

A la mort d'Ochozias, Athalie, sa mère, fit périr toute la descendance royale.

Bar-Hadad, roi de Damas, monta contre Samarie, avec une armée nombreuse, et
l'assiégea5. Achab le combattit avec des troupes moins nombreuses ; Bar-Hadad fut
vaincu et prit la fuite. L'année suivante, il réunit son armée et monta de nouveau en
disant : « Le dieu d'Israël est seulement le dieu des montagnes. » A cause de cette
parole, Dieu le livra [aux mains] des enfants d'Israël. Achab lui tua cent vingt mille
hommes; il s'empara [du roi], et le renvoya après avoir fait un traité d'alliance.
Dieu s'irrita contre Achab. [Celui-ci s'avança] contre les Iduméens, à Ramoth-
Galaad. Il y fut frappé d'un trait et mourut, selon la parole du prophète Michée6.

Jézabel, la Sidonienne, régna sur Israël pendant 35 ans; elle vécut encore 15 ans
après son mari.

Le grand-prêtre Joiada rassembla le peuple de Juda, fit mettre à mort Athalie,
et fit régner Joas, âgé de 7 ans, qui gouverna 40 ans. Joiada envoya les Juifs au temple
de Ba'al, et il fit brûler le prêtre Mathan7.

A cette époque florissait le philosophe Lycurgue, le législateur des Lacédémoniens8.

A cette époque vivait le prophète Zacharie.

Epipliane dit9 : « Zacharie était de Jérusalem, fils de Joiada le prêtre. Joas, roi de
Juda, le fit tuer, et son sang fut répandu dans le sanctuaire10, entre la balustrade et
l'autel. Les prêtres l'enlevèrent et l'ensevelirent avec ses pères. Depuis cette époque,
il y eut des signes et des apparitions dans le temple; les prêtres ne pouvaient plus
voir les anges de Dieu, ni donner de réponse, ni interroger à l'aide de l'éphod, ni
séduire le peuple par des signes, comme auparavant. »

1. I Reg., xxtr, 51; II Reg., vnr, 24. — 2. Lire : fille d'Achab. — 3. Cf. II Chr., xxr. — 4. II
Reg., ix-x.

5. I Reg., xx. — 6. I Reg., xxn. — 7. II Reg., xvin; lire : (et non de lUo); peut-être faut-

il corriger ^ol en pol? — 8. H. a. 1134; cf. ad a. 1198. — 9. Patr. gr., XLIII, 426. — 10. Je
pense qu'il faut lire : '^=>y       (et non »»o» ûua», qui est cependant la leçon de tous les mss.).

LIVRE IV. CHAP. XIV

71

Seul Joas, fils d'Ochozias, échappa, ayant été caché par Josabeth, sœur d'O-
chozias. — Athalie régna 7 ans \

Jéhu régna sur Israël pendant 28 ans. Il tua les soixante-dix fils d'Achab;
il détruisit les prêtres et le temple de Ba'al.

Joiada le grand-prêtre fit régner Joas, fils d'Ochozias, sur Juda, après Athalie ;
il était âgé de sept ans, et il régna 40 ans.

En Pan 3 de Joas, Diogénèss, le 7e juge des Athéniens, commença à gouverner,
pendant 28 ans. — En l'an 13 de Joas, Acrazapinès3 commença à régner sur les
Assyriens, pendant 42 ans. — En l'an 22 de Joas, commença à régner sur les
Egyptiens [le premier roi] de la XXIIe dynastie, Ischanosos, pendant 21 ans4. —
En l'an 23 de Joas, commença à régner sur les Latins Arémulus, pendant 19 ans.
— En Pan 25 de Joas, commença à régner sur Israël Joachaz, fils de Jéhu,
pendant 17 ans. — En l'an 31 de Joas, Phéréclès c, 8e juge des Athéniens, com-
mença à gouverner, pendant 19 ans. — Le prophète Elisée mourut en Pan 36 de
Joas, Pan 11 de Joachaz. [42] Ensuite Joas fut tué par ses serviteurs; son fils
Amasias régna alors [43] pendant 29 ans. Pendant son règne, il réunit une
armée contre Edom et Sé'ir et les vainquit [44]. Il amena leurs dieux à Jérusa-
lem et les adora. Il vécut 54 ans 6.

[42] Note de Jacques d'Edesse au sujet de l'erreur qui se trouve dans le nombre
d'années qu'Eusèbe dispose pour le temps de ces rois de Juda et d'Israël. •— Il
faut savoir qu'Eusèbe, en ce qui concerne les rois de Juda et d'Israël, s'écarte
de l'exactitude. En effet, l'Ecriture établit que Jéhu tua en même temps, dans [la
ville de] Jezraël, les deux rois : Joram, fils d'Achab, roi d'Israël, et Ochozias,
fils de Joram, roi de Juda, qui était descendu visiter Joram pendant sa maladie7 ;
or, Eusèbe place la mort de Joram, roi d'Israël, 3 ans après la mort d'Ochozias,
roi de Juda, ainsi qu'il est écrit dans ses canons chronologiques.

Et la cause8 de Perreur est manifeste. Les années attribuées dans l'Ecriture
aux rois d'Israël n'étaient point complètes, car on comptait la même à deux rois :
à celui qui était mort et à son successeur, parce que chacun d'eux avait régné
un certain temps en cette année, cinq ou six mois peut-être; mais lui les compte
comme complètes, sans distinction. Que ces années n'étaient point complètes, tu
peux l'apprendre des indications consignées dans l'Ecriture, sur le commence-
ment du règne de chacun des rois de Juda et des rois d'Israël. On indique le dé-
but du règne de chacun des rois de Juda, en notant en quelle année d'un roi
d'Israël [il a commencé] ; et de même, on indique en quelle année d'un roi de
Juda a commencé à régner chaque roi d'Israël ; de sorte que par là tu peux re-
connaître facilement que le total du temps de règne attribué à chacun par l'Ecri-
ture n'est pas formé d'années complètes. Eusèbe a donc fait cela sans attention.
Les années sont indiquées ainsi :

1. II Reg., xr.— 2. Aiôyvrrroç. — 3. ou Acrâpinès; gr. : 'Ay.payavrç;.
— G. II Reg., xti; xiv.

7. II Reg., ix. — 8. Lire : l^o.

5» 4>epsxXî)î»

72

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Quand le royaume fut partagé après la mort de Salomon, Roboam régna sur
Juda 17 ans; et Jéroboam sur Israël 22 ans1. En Fan 18 de Jéroboam, Abia com-
mença à régner pendant 3 ans 2. En l'an 20 de Jéroboam, Asa commença à régner
pendant 41 ans3. — En Fan 2 d'Asa, Nadab commença à régner sur Israël pendant
2 ans ; en l'an 3 d'Asa, Baasa pendant 10 ans* ; en l'an 26 d'Asa, Ela, fils de Baasa,
pendant 2 ans3; en l'an 27 d'Asa, Zamri, pendant 7 jours6; en Fan 27 d'Asa,
[Amri pendant [12] ans 1 ; en l'an 38 d'Asa, Achab, pendant 22 ans8. — En Fan

4 d'Achab, Josaphat commença à régner sur Juda, pendant 25 ans3. En l'an 17
de Josaphat [43], Ochozias, fils d'Achab, commença à régner sur Israël, pendant
2 ans10 ; en Fan 18 de Josaphat, Joram, fils d'Achab, pendant 12 ans H. — En l'an

5 de Joram, fils d'Achab, Joram, fils de Josaphat, pendant 8 ans12; en Fan 11 de
Joram, fils d'Achab, Ochozias, fils de Joram et d'Athalie, commença à régner sur
Juda, pendant 1 an13 ; et les deux rois furent tués en môme temps par Jéhu.

Le Livre saint enseigne cela, et aussi que les deux rois qui leur succédèrent
commencèrent àrégner en même temps : Jéhu, qui avait tué les rois, commença
à régner sur Israël, et Athalie régna sur Juda après celui qui avait été tué. Cela
est manifeste par le fait que l'Ecriture n'indique point le commencement du
règne de l'un d'eux par les années de l'autre, comme elle l'a fait pour les rois
précédents. De plus, en ce qui concerne les années attribuées à Joas, qui régna
après Athalie, on note ceci : En Fan 7 de Jéhu, roi d'Israël, Joas commença à
régner sur Juda pendant 40 ans u. On sait qu'on attribue 7 ans à Athalie i5. Si donc
Athalie a régné 7 ans et si Joas a commencé à régner après elle, en l'an 7 de Jéhu,
il est manifeste que les deux règnes d'Athalie et de Jéhu ont commencé en
même temps, et, par suite, que leurs prédécesseurs ont fini aussi en même
temps : c'est-à-dire Joram, fils d'Achab, roi d'Israël, et Ochozias, fils d'Atha-
lie et de Joram, fils de Josaphat, roi de Juda, que Jéhu tua tous les deux à Jez-
raël. — Le temps de leur règne est ainsi noté dans l'Ecriture, en même temps
que le commencement de chacun.

Athalie régna sur Juda pendant 7 ans, Jéhu régna sur Israël pendant 28 ans.
En l'an 7 de Jéhu, Joas commença à régner sur Juda pendant 40 ans. En l'an 23
de Joas, Joachaz commença à régner sur Israël pendant 17 ans16; en l'an 38 de
Joas, Joas commença à régner sur Israël pendant 16 ans17. [44] En l'an 2 de Joas,
Amasias commença à régner sur Juda pendant 29 ans18. — On note en outre ceci :

Amasias vécut encore 15 ans après la mort de Joas19. — En l'an 15 d'Amasias
Jéroboam commença à régner sur Israël pendant 41 ans20; en Fan 27 de Jéro-
boam, Azarias, sur Juda, pendant 52 ans21. —En l'an 38 d'Azarias, Zacharias, fils
de Jéroboam, [commença à régner] sur Israël, pendant 6 mois22; en l'an 39 d'A-
zarias, Ôelloum, fils de Jabès,pendant un mois23; en l'an 39 d'Azarias, Manahem,
sur Israël, pendant 10 ans24; en l'an 50 d'Azarias, Phacéas, fils de Manahem,

1. I Reg., xiv, 20, 21. — 2. Ibid., xv, 1. — 3. Ibid., 9-10. — 4. Ibid., 25, 28. — 5. Ibid , xvi, 8.
— 6. Ibid., 10, 15. — 1 .Ibid., 23. — 8. Ibid., 29;ms. : 12 ans. — 9. I Reg., xxu, 41. — 10. Ibid.,
52. — 11. II Reg., in, 1 ; ms. : 2 ans. — 12. Ibid., vm, 16. — 13. Ibid., vin, 25, 26; édit. : l'an 12.
14. II Reg., xn, 1. — 15. II Reg., xi, 4. —16. II Reg., xin, 1. — 17. Ibid., 10. — 18. Ibid., xiv, 1. —
19. Ibid., 17. — 20. Ibid., 23. — 21. II Reg., xv, 1. — 22. Ibid., 8. — 23. Ibid., 13. — 24.
Ibid., 17.

LIVRE IV. CHAP. XIV

73

pendant 2 ans'; en Pan 52 d'Azarias, Phacée, fils de Roumélia, sur Israël, pen-
dant, pendant 20 ans2. — En l'an 2 de Phacée, Joatham commença à régner sur
Juda, pendant 16 ans3; en l'an 17 de Phacée, Achaz, sur Juda, pendant 16 ans4.
— En Pan 12 d'Achaz. Osée commença à régner sur Israël, pendant 9 ans 5; et
en l'an 3 d'Osée, Ezéchias sur Juda, pendant 29 ans6. — On note, dans le livre
des Royautés, ceci :

« En l'an 4 d'Ezéchias qui est l'an 7 d'Osée », et : « En l'an 6 d'Ezéchias, Salmana-
sar monta et s'empara de Samarie et de tous ses environs7. » Il faut donc recon-
naître qu'il y a une faute dans le nombre des années attribués dans le Livre saint
à Phacée, fils de Roumélia, et à Joatham de Juda. Ou celles de Phacée, roi d'Is-
raël, sont 30 au lieu de 20, ou celles de Joatham sont [6] au lieu de 16. — L'Ecri-
ture note ceci : « En Pan 20 de Joatham, Osée se révolta contre Phacée 8. » Or il
est manifeste que c'est une erreur d'après ce qui a été établi précédemment a
propos d'Ezéchias, d'Osée et de la Captivité. — Dans quelques exemplaires grecs,
on n'attribue pas seulement8 ans de règne à Joram, fils de Josaphat, mais 10 ans.
Il est, en effet, noté ainsi : « Joram, fils de Josaphat, roi de Juda, commença à
régner à Page de 32 ans. et il régna 10 ans à Jérusalem9. » — Fin.

[45] En l'an 2 d'Amasias10, Joas commença à régner sur Israël pendant 16 ans.

Arémulus fut brûlé, et Aventinus régna sur les Latins pendant 37 ans11. — En
l'an 3d'Amasias, Osorthon12 régna sur les Egyptiens pendant 15 ans. —En Pan 10
d'Amasias, le 9e juge des Athéniens, Ariphon 13, commença à exercer pendant
20 ans. — En l'an 15 d'Amasias, régna sur les Assyriens Thonus Concolérus14,

A cette époque, Hazaël, roi de Syrie,
dévasta le royaume d'Israël; il voulut
ensuite monter contre Jérusalem. Joas
ayant eu connaissance de cela, enleva
tous les vases d'or de la maison du Sei-
gneur et les envoya à Hazaël qui les prit
et s'éloigna13.

En sixième lieu, les Cypriotes occu-
pèrent la mer pendant [42] 24 ans lô.

Arémulus, qui était très impie dans
ses actions, fut frappé de la foudre et
mourut17; sa maison fut renversée par
une inondation.

Continuons maintenant à examiner
ceux qui sont placés l'un après l'autre
dans les chroniques de ces anciens au-
teurs. — Le 29egrand-prêtre, selon An-
dronicus, fut donc Mardai [42] qui exer-
ça pendant 39 ans, comme l'expose le
chroniqueur. Il dit qu'après celui-ci vint
le prêtre Ourias. qui fut le 30° dans la
série. Il lui attribue 16 ans de ministère
dans l'office du sacerdoce légal institué
par Dieu parmi le peuple.

Par ailleurs [il est écrit que du temps
d']Ozias, roi de Juda, qui fut atteint de

1. II Reg., xv,23. — 2. Ibid., 27. — 3. Ibid., 32. — 4. II Reg., xvi, 1. — 5. II Reg., xvrr, 1. —6. II
Reg., xvin, 1. — 7. II Reg., xvm, 9, 10. - 8. II Reg., xv, 30. — 9. Cf. II Reg., vnr, 16-17. —
10. Ms. : l'an 10. Erreur; cf. II Reg., xiv, 1. — 11. H. a. 1142. — 12. 'OawpÔciv; H. a. 1164. —
13.  'Apiçpwv. — 14. ©wvo; Kovxo^epoç.

15. II Reg., xir, 18. — 16. H. a. 1152. — 17. H. a. 1142.

1. 10

74

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

qui est appelé par les Grecs Sardanapale, pendant 20 ans. — En l'an 18 d'Ama-
sias, Jéroboam [II] commença à régner sur Israël, pendant 40 ans1. — A cette
époque régna, en Egypte, Tacélothis*, pendant 13 ans.

Amasias, roi de Juda, fit la guerre contre Joas, roi d'Israël3. Les enfants
d'Israël montèrent en Judée, et ils firent périr* trois cents hommes ; Ama-
sias fut percé d'une lance et mourut. Ils vinrent à Jérusalem, percèrent quatre
cents coudées du mur, prirent tout ce qu'ils trouvèrent d'or, d'argent, de vases
dans le temple du Seigneur et dans le palais royal, et s'en retournèrent à Samarie.

Hazaël, roi de Syrie, rassembla de
nouveau une armée et marcha contre
Israël; il pilla ce royaume, et fit tuer les
notables des Juifs 5.

Le prophète Elisée mourut en l'an 37
de Joas'; il vécut 50 ans après Elie, et
67 ans depuis qu'il avait été oint.

Les serviteurs de Joas le mirent à
moit7.

Quelques-uns disent que la ville de
Carthage fut fondée à cette époque8;
d'autres disent qu'elle le fut auparavant.

A cette époque mourut Hazaël, roi de
Syrie, etBar-Hadad commença à régner9.

Il faut savoir que dans le comput des
années fait par Eusèbe, il y a aussi une
erreur au sujet de Joas, roi d'Israël; car
l'Ecrilure10 raconte la mort d'Elisée en
l'an 37 du roi [43] de Juda ; et dit qu'en
cette année, Joas, fds de Joachaz, com-
mença à régner sur Israël ; il alla trouver
le prophète Elisée, qui était mortelle-
ment malade ; il pleura en sa présence
et lui dit : « O mon père ! mon père ! le

la lèpre, florissait le grand-prêtre Za-
charias, fils de Barachias, dont il est
parlé en ces termes11 : « En ce temps
[43] les Juifs [lapidèrent] le prêtre Za-
charias et il mourut. » — Andronicus
place le 23e ce Zacharias, qui aurait exercé
pendant 10 ans12, après Joiada; et après
lui, Ourias, comme nous l'avons exposé
plus haut.

Après Zacharias et Ourias qui exer-
çaient du temps des rois de Juda Ozias
et Joatham [44], nous avons recueilli [les
noms des] autres de plusieurs livres 13 et
nous les disposons ainsi :

Après Ourias, selon Andronicus, le
31u fut Hananias, pendant 45 ans. —¦
Jacques place Jean le 30e; après lui An-
dromachus'Me 31e [4o], pendant 24ans,
et ensuite, le 32°, le célèbre Onias, fils
Joiada, pendant 11 ans. — Andronicus
dit que le 32e, après Hananias, fut Hel-
cias, pendant 30 ans; après Helcias,
Pashour fut grand-prêtre pendant 4 ans.
— Jacques_, au lieu de ce Pashour, dit

I. Cf. II Reg., xiv, 23. — 2. TaxéXwÔcç. — 3. Cf. II Reg., xrv; II Chr., xxv. — 4. Lire :

5. II Reg., xiii. —6. II Reg., xm, 10, 14; H. a. 1155. — 7. H Reg., xn, 20. — 8. H. a. 1164. —
9. II Reg., xm. 24. — 10. II Reg., xm, 10, 14.

II. Notre texte est altéré dans ce passage. Cf. II Chr., xxvr, 5; comp. xxiv, 20, 21. — 12. Ci-
dessus (p. 39 du texte) : 8 ans. — 13. On peut aussi traduire : « Nous avons recueilli des Livres
Tsaints les noms de] plusieurs que nous disposons ainsi ». — 14. Ms. : le 408, par erreur évidente.

LIVRE IV. CHAP. XIV

75

Quelques-uns disent qu'Amasias ne fut pas tué dans le combat, mais qu'il s'en-
fuit à Lachis, et que ses serviteurs le transpercèrent, le tuèrent et amenèrent
son cadavre à Jérusalem ; il fut enseveli avec ses pères, et son fils commença à
régner.

char d'Israël et son cocher! » Le pro-
phète lui dit : « Prends un arc et une
flèche et frappe la terre. Ainsi tu vain-
cras la Syrie 1 ».

[Eusèbe] dispose les rois de Juda et
d'Israël confusément; il place [le com-
mencement] du règne de Joas, roi d'Is-
raël, en l'an 2 d'Amasias, [roi de Juda],
Quatre8 ans après la mort d'Elisée,
Joas, roi d'Israël, sortit combattre Bar-
Hadad. roi de Syrie et lui reprit les villes
dont il s'était emparé. (Je pense quil
s'agit de la Judée)3.

Epiphanek : « Amos était de Thécua ;
il reprenait sans cesse Amasias; enfin,
le fils de ce dernier le tua en le frappant
h la tempe d'un coup de bâton. Amos
respirait encore, et fut transporté dans
son pays; il y mourut et y fut enseveli. »

« [Nahoum] 3 était de Elqai6, au delà
de Beit Havarim 7, [44] de la tribu de
Siméon. Après Jonas, il donna comme
signe aux Ninivites, que la ville de Ni-
nive périrait par l'eau douce 8 et par le
feu de sous terre : ce qui arriva; car,
dans un tremblement de terre, elle fut

[46] que le 33e fut Siméon, fils d'Onias,
qui exerça 32 ans. Tous ont écrit sur ce
Siméon : c'était un homme juste, sage,
qui est fort célèbre chez les Hébreux.
Bien que quelques chroniqueurs disent
que ce Siméon vécut plus tard, tous ce-
pendant sont'[d'accord pour dire.....[la-
cune]9.....        non pas avec tout le soin

désirable, sur l'époque de ces anciens
prêtres [ministres du sacerdoce que la
miséricorde] 10 [48] infinie du Dieu tout-
puissant pour l'humanité, a donné h la
racedes [hommes] terrestres11. Il s'étend
et se propage en tous lieux et toujours :
et c'est à la vérité un grand bienfait.

Il y eut à cette époque un prêtre nommé
Azarias12 [dont l'institution 13] eut lieu
ainsi : quand l'Assyrien Salmanasar com-
mença à régner [49] sur la Samarie et
emmena les dix tribus en captivité en
Assyrie, il envoya d'Assyrie des gardiens
en Samarie; Dieu suscita contre eux des
lions et d'autres bêtes féroces. Pour
ce motif, le roi d'A ssyrie envoya le prêtre
Azarias leur enseigner la loi de. Moïse".
[50] Ce prêtre fit écrire le livre de la

1. II Reg., xm, 14 sqq. — 2. Ms. : 40 ans. — 3. Cette note marginale, qui se trouve à la page 42 du
texte, a sa place marquée ici par un signe de renvoi. — 4. Patr. gr., t. XLIII, col. 415. — 5. Ibid.,
col. 417 ; restituer le nom *>a«> dans le texte. — 6. ànzh 'E),xe<t![j. [var. vlo; 'EXxlua-.ou]. — 7.
BïjTocêapYju.. — 8. Gr. : ûSoctwv yXyxéwv; lire : 1---(et non p^*).

9. Lacune de quelques mots seulement. — 10. Je relie ainsi par conjecture les deux membres
de phrase. Cependant il est possible qu'il y ait une lacune d'une dizaine de lignes. — 11. Litt. :
« des poussiéreux ». — 12. Ci-dessus : Esdras. — 13. Lacune de trois ou quatre mots.

76

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

CHAPITRE XV. —Azarias, fils d'Amasias, régna 52 ans; il vécut 68 ans *.

En la lreannée d'Ozias *, fut établi le 10e juge des Athéniens, Thespieus % pendant
27 ans. — En l'an 2 d'Ozias, Procas k commença à régner sur les Latins, pen-
dant 23 ans.— En Pan 27 d'Ozias, commença à régner en Egypte Osorthon, pen-
dant 9 ans. Les Egyptiens l'appellent Hercule5. — En l'an 28 d'Ozias, Aga-
mestor6 fut établi juge des Athéniens, pendant 20 ans. — En Pan 29 d'Ozias,

inondée par le lac qui l'entourait; et un
feu venu du désert brûla la région dans
laquelle elle se trouvait. — Il mourut en
paix et fut enseveli dans son pays. »

« Jonas7 était de la région de Kariath-
iarim8, à côté d'Azot, ville des païens,
sur le littoral de la mer. Quand Dieu
lui parla, il prit la fuite. Il fut englouti
par un poisson, il pria, fut vomi de la
bouche du poisson et alla à Ninive. Il en
revint, et ne se fixa point dans son pays ;
mais il emmena sa mère et alla habiter
dans la région de Tyr9. Il disait: « Je ferai
ainsi disparaître mon ignominie, pour
avoir prêché10 le mensonge contre la
grande ville de Ninive ». 11 y était lors-
que Elie blâma Achab, et appela la fa-
mine sur la contrée ; ne pouvant demeu-
rer avec les incirconcis, [Elie] alla trou-
ver cette veuve avec son fils, il la bénit et
bénit son fils Jonas, et celui-ci étant
mort, Dieu le ressuscita par le prophète
Elie, pour lui faire voir qu'il ne pouvait
fuir la présence de Dieu11. Il voulut en-

Loi dans l'écriture araméenne qui est
la nôtre, et de lui vient la version qui
est en usage chez nous. — Cet Azarias
fut établi grand-prêtre pour tout ce qui
restait d'Israël.

Jean dit qu'à cette époque le grand-
prêtre [SI], dans la voie du Seigneur,
était Ahitob 12, auquel succéda Sadoc ;
après Sadoc [vint] Helcias, et après Hel-
cias, un autre Azarias. Ces prêtres sont
mentionnés successivement dans la chro-
nique de Jean. Nous avons déjà une
fois mentionné plus haut [52] les noms
de tous ces grands-prêtres ; mais il nous
a paru bon de consigner aussi l'ordre de
cette chronique qui prétend que ces
grands-prêtres, dont nous avons placé
ici les noms, comme ils sont écrits dans
le livre dont nous parlons, vivaient du
temps de la Captivité et de la servitude
des rois d'Israël. De même, il y est écrit
que le prophète Sophonie prophétisait du
temps d'Amon et de Josias, rois de Juda.
On y dit aussi [53] que du temps de ces

1. II Reg., xv, 1,2. — 2. Ozias ou Azarias : il est désigné indistinctement sous ces deux noms. —
3. ©effmeuç. — 4. Ilépxa;; H. a. 1198. — 5. H. a. 1217. — 6. 'Aya^ffrap.

7. Patr, gr., t. XLIII, col. 417 [cf. 416]. — 8. KaptaôtapJu. 7iXy;<jlov 'AÇwtou tioXéw; 'EXXyjvwv xaxà
6âXa<7<rav. — 9. Soûp [var. 'If^p]. — 10. Lire : û>-3j/.|. — 11.  Le texte syriaque doit se lire ainsi :

• |ov^ »jJD ,*> >ûo;m» **ûAbo (add. ms. 14536, fol. 30).

12. Je pense qu'il y a une interversion, et je lis : *o» * ©ijfco lowi oag*~|.

LIVRE IV. CHAP. XV

77

Zacharias régna sur Israël, pendant 6 mois1. —Ici finit la quatrième génération
de Jéhu. Après Zacharias, Selloum régna un mois, et après lui Manahem pen-
dant 10 ans

[46] En l'an 24 de son règne, Ozias eut l'audace d'entrer dans le temple de Dieu
et d'offrir de l'encens. Azarias3 le prêtre le lui défendit, mais il ne voulut point

suite retourner dans son pays [45]; sa
mère mourut en route et il l'ensevelit à
côté du chêne de Débora. Il habita dans
la région de Sarar4. Il mourut et fut
enseveli dans Phypogée de Kénézaou 5,
un juge qui avait gouverné sa tribu du
temps de l'anarchie. — Il avait donné
un signe au sujet de Jérusalem et de
tout le pays : « Quand on verra la pierre
qui poussera des mugissements', la fin
approchera: quand tous les peuples se-
ront réunis à Jérusalem, la ville sera
détruite jusqu'au niveau du sol. »

Tandis que Thespieus7, fils d'Ari-
phron, régnait sur les Athéniens, l'em-
pire des Assyriens prit fin. Sardanapale,
ayant engagé le combat, fut vaincu8.

Le total des années de la dynastie des
Assyriens, depuis la première année de
Bélos, père de Ninus, est de 1300 ans9.

Quand Arbacès le Mède mit fin à
l'empire des Assyriens, il fit passer le
pouvoir aux mains des Mèdes, et cette
dynastie dura jusqu'à Déjocès, roi des
Mèdes. Dans l'intervalle, les Chaldéens10
une série de rois chez eux. Les autres

rois florissait Kâlqai, qui est, certes,
Helcias le grand-prêtre,père du prophète
Jérémie, celui quitrouva le livre de la Loi,
[après quoi] le roi Josias accomplit tout
ce qui avait été prophétisé par le pro-
phète venu de Judée 114 ans aupara-
vant 13. De son temps, en l'an 18 de
Josias, alors que celui-ci célébra la Pâ-
que, finit le 70° Jubilé, selon les Hébreux.
Cet Helcias, qui fut selon quelques-uns
le père du prophète Jérémie, vécut du
temps d'Amon, de Josias et de Joachim,
rois de Juda, comme nous l'avons dit
plus haut; il exerça pendant 30 ans.
Nous avons à son sujet de nombreux té-
moiffnasfes dans les Livres saints, ainsi
que [o4] nous le montrent les chroni-
queurs quinous enseignent l'histoire des
temps, car ils parlent longuement de ce
grand-prêtre Helcias, juste et célèbre.
Ceci d'après les paroles d'Andronicus,
d'Africanus et de Jean, qui [suit] Eusèbe.

urent un gouvernement particulier11 : on cite
euples avaient aussi des rois particuliers18.

1. Cf. II Reg., xv, 8. — 2. Ibid., 12, 13, 17. — 3. Ms. : Ozias; cf. II Chr., xxvr.
4. Gr. : Saâp ; mss.  syr. : ï^eo. — 5. Gr. : KouvsÇtoû [var. col. 409 : KsveÇéou]; lire oowiû (?).
— 6. Lire : Lx^. — 7. ©scnnedî. — 8. Cf. H. a. 1192;  1172 et 1189. — 9. H. a. 1197. —

10. Lire :        (et non L^). — 11. Lire : M^». — 12. H. a. 1198.

13. II Reg., xxm, 5; comp. I Reg., xrrr, 1 sq. Le ms. porte 374, chiffre évidemment inexact.

78

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

retourner : il devint subitement tout couvert de lèpre. Dès lors, Joatham1, son
fils, gouverna le peuple de Juda. — Le prophète Isaïe prophétisa jusqu'ici,
pendant vingt-quatre ans. Mais, ayant vu le roi agir avec audace, et ne l'ayant
point repris, le don de prophétie lui fut enlevé pendant vingt-huit ans, jusqu'à la
mort d'Ozias ; alors il recommença à prophétiser pendant 61 ans. — Les paroles
de son livre sont au nombre de 3196.

Après la mort de Sardanapale et la destruction de l'empire des Assyriens de
Ninive, un second empire s'éleva à Ninive : celui de la race des Chaldéens, auquel
appartiennent Phoul, Tiglatphalaser, Salmanasar, Sennachérib et ceux de ses suc-
cesseurs dont les divines Ecritures font mention ; et un autre gouverna les Assvriens
de Babylonie; il était aussi d'origine chaldéenne; il commença avec Nabounasar et se
continua jusqu'à Naboupalasar et Nabouchodonosor.

On compte depuis Nabounasar jusqu'à la mort d'Alexandre le Macédonien 424 ans.

De ces gens, étaient les ambassadeurs qui vinrent trouver Ézéchias, roi de Juda,
et auxquels celui-ci montra tous les trésors de son palais 2.

[40] Sardanapale peupla Tarse 3.

Alors prophétisaient Osée, Amos et Isaïe4.

Epiphane5 : « Osée était de Balemôth6 de la tribu d'Issachar. Il fut enseveli en paix
dans son pays. Il donna comme signe que le Seigneur viendrait sur la terre, que le
térébinthe7 de Silo se diviserait de lui-même en douze et formerait douze téré-
binthes : ce qui arriva. »

A cette époque, Azarias, roi de Juda, bâtit la ville d'Elat et restaura le mur de Jéru-
salem que Josias, roi d'Israël, avait percé8.

Manahem, roi d'Israël, maltraita les habitants de Thapsa0 parce qu'ils ne lui
avaient pas ouvert les portes : il dévasta la ville, et éventra les femmes enceintes.

En huitième lieu, les Egyptiens occupèrent la mer pendant 50 ans 10.

Phoul, roi des Assyriens et des Chaldéens, monta contre Samarie sous le règne
de Manahem, roi d'Israël, et reçut de celui-ci 1000 [talents] d'argent11.

Les rois des Assyriens commencèrent à emmener les Israélites de leur pays, en
captivité, dans l'Assyrie et les autres contrées.

L'empire des Lydiens commença alors en l'an 8 de Ccenusia, 2e roi des Macédoniens.
Le premier qui régna sur les Lydiens fut Ardysus, fds d'Alyattès1', pendant 36 ans.

1. Cf. II Reg., xv, 5.

2. II Reg., xx, 12 sqq. — 3. Tapaov Zv/.^t ; lire : ; cf. H. a. 1198.— 4. H. a. 1212. — 5. Patr.
gr., t. XLIII, col. 415. — 6. BaXe^O [var. BeXs|xw9J. _ 7. 1^6°. — 8. II Chr., xxvr, 2, 9. — 9. II
Reg., xv, 16 sqq. — 10. Cf. H. a. 1233. — 11. Arm. a. 1232. — 12. Ko-vo;. — 13. "ApS-jaoç 'AX-jocttou ;
H. a. 1239 ; Arm. 1238.

LIVRE IV. CHAP. XV

79

En Pan 33 d'Ozias, Amulius régna sur les Latins, pendant 43 ans. — En Pan 34
d'Ozias, commença à régner sur les Mèdes leur 2e roi, Sosarmos, pendant 30ans.
— A cette époque, Phoul1, roi de Babylone, envahit la Samarie; il reçut de
Manahem, roi d'Israël, mille talents d'argent, et s'en retourna. — En l'an 36
d'Ozias, Psammus 8 commença à régner sur les Egyptiens, pendant 10 ans. —
En l'an 41 d'Ozias, le 2e roi, Qônôs3, commença à régner sur les Macédoniens,
pendant 12 ans, et Téglatphalasar commença à régner sur les Assyriens, pendant

Les rois des Lacédémoniens durèrent jusqu'ici4; ils régnèrent 325 ans; et ces-
sèrent alors.

Ici, de même, cessèrent les rois des Corinthiens, après avoir duré 373 ans 5.

[47] On compte en tout jusquà la première olympiade : depuis Adam 4752 ans;
depuis le Déluge 2756 ans ; depuis Saiil, premier roi [des Hébreux], 3W ans.

A cette époque6 commence la première olympiade, du temps d'Eschyle, prince
des Athéniens; en la 2° année de son gouvernement fut organisée la première olym-
piade dans laquelle l'Elien Corœbus remporta la victoire dans le stade. Les Eliens
organisent cette lutte chaque cinquième année, e'est-à dire qu'il s'écoule, entre
chaque jeu, quatre années, pendant lesquelles des princes nommés pour un an gou-
vernent. La première olympiade fut organisée par Iphitus, [fds de Praxonide] 7.

Africanus place la première olympiade du temps de Joatham, roi de Juda. La
présente supputation concorde avec cette même époque. Africanus écrit ceci: « Es-
chyle, fils d'Agamestor, fut prince des Athéniens jusqu'à la fin de sa vie, pendant
23 ans 8, du temps où Joatham, roi de Juda régnait à Jérusalem3. »

De la destruction de Troie, jusqu'à cette première olympiade, il y a 405 ans. —
Ceci d'après Eusèbe10.

Andronicus dit que depuis le commencement du règne de Cécrops, premier roi
des Athéniens, jusqu'à la première olympiade, il y a 802 ans; depuis Moïse et l'Exode :
863 ans.

A cette époque11, Arctinus de Milet florissait comme versificateur18, c'est-à-dire
faiseur de vers.

Les villes de Pandosia et de Métapontus furent bâties en Italie I3.
A cette époque 14 Remus et Romulus naquirent de Mars et dTlia.

1. Lire : ^a9. Arm. a. 1232. — 2. ^a^oùç. — 3. Kotvoç.

4. Cf. H. a. 1240. — 5. Cf. Arm. a. 1240. — 6. H. a. 1241. — 7. Cf. E. a. 1240. L'espace blanc
de quelques lignes contenait sans doute la traduction de cette phrase du Chronicon: xk tï|ç 'EXXyJvwv
-/povoypxçc'aç àxptêùO; àvaypai% TSTôuxevou Scoxsï • ta upô ocijtwv, wç ÈxaaTw cpi'Xov r,v àTrîç^CTavxo (Eus., I,
192). — 8. xy'; ms. : 13 ans. — 9. E. a. 1240. — 10. Ibid. — 11. E. a. 1241. — 12. 'ApxTÏvo; MiXr.aio;
Ètïotcoiô;. — 13. riavSocrîa xoù Metaitôvxiov; Arm. a. 1243. — 14. H. a. 1244; Arm. 1248i

80

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

35 ans. — En Fan 46 d'Ozias, Bocchorosi, 1er roi de la XXIVe dynastie, commença
à régner sur l'Egypte, pendant 44 ans. — En l'an 48 d'Ozias, commença à
régner [Ardysus], le 1er roi des Lydiens 2.

Téglatphalasar, roi des Assyriens, monta et s'empara de Juda et d'Israël; il
emmena une grande partie du peuple; ce fut le commencement des captivités,
alors que furent emmenées Aion, Abel, Beth-Malka, Yanoch, Qana, Haçor,
Galaad, Gad, toute la Galilée et la région de Nephtali3. — Ozias mourut. La
gloire de Dieu fut révélée à Isaïe et le don de prophétie lui fut rendu.

[48] Cymon dit, dans leur histoire1', qu'Ilia6 était fille de Némétor, frère d'Amulus.
Amulus. ayant tué Némétor, régna à sa place; il s'empara par la violence d'ilia et des
deux fils jumeaux qu'elle avait eus de Mars; il les donna à un de ses pasteurs pour les
faire périr; mais celui-ci eut pitié d'eux; il les plaça dans une barque qu'il abandonna
sur le fleuve du Tibre. La barque abandonnée à elle-même revint sur la rive du fleuve,
et déposa les enfants sur le limon.

Un bouvier nommé Faustulus les trouva et les éleva. Ayant causé avec le berger qui
les avait abandonnés sur le fleuve, il apprit de lui de qui ils étaient fils. Il les élevait
avec le lait d'une louve. Quand ils eurent grandi, Faustulus leur fit connaître de
qui ils étaient fds, et ce qui leur était arrivé. Ils devinrent forts, et allèrent tuer Amu-
lus; ils s'emparèrent du royaume et firent sortir Ilia de prison. Ils bâtirent Rome
dans le champ de Faustulus, où ils avaient été élevés, près du fleuve du Tibre. C'est
d'eux que tout le peuple des Latins prit le nom de Romains.

D'autres parlent d'eux en d'autres termes : Arémulus était leur grand-père. Pensant
qu'ils étaient nés d'un adultère, il ordonna de les jeter dans le fleuve. Leur mère iElia
était prêtresse de Mars; elle avait commis l'adultère et prétendait avoir conçu de
Mars. Ils furent jetés dans le fleuve 6...

Ayant commencé à régner, ils en vinrent aux mains, Romus [fut tué] par son
frère, et Romulus régna [seul] sur eux. Depuis lors la ville ne cessa7 d'être agitée
par des tremblements de terre, jusqu'à ce qu'il apprît par une vision que : tant que
son frère, qui avait fondé la ville avec lui, ne siégerait pas avec lui sur le trône,

1. B6-/xwP'Ç. — 2. Cf. p. 78, n. 13. — 3. Cf. II Reg., xv, 29. Les noms propres sont assez mal-
traités. Voici le verset de la Pesitta : • • <»»»' No • û^o ^v*> No fla»«ao ^oUo —î—a»o
• iotU vaj|  >^v^o • u_^.k_^ ;j J.v»| ôv^>o • H^^o • ,^-X^o • joj^o

4. Lire : soov^»; Ar. : >0©i&,»|o «»3 ^asoaû "^.ûû*. — 5. Ms. : Iliôn. — 6. Le passage suivant est
mutilé ; l'arabe en omet la traduction. Des quelques mots qui restent on peut conjecturer qu'il
traduisait cette phrase : Verum parvulos prope ripam Tiberis expositos Faustulus regii pastor
armenti ad Accam Larentiam uxorem suam detulit, quae propter pulchritudinem et rapacitatem
corporis quaestuosi, lupa a viciais appellabatur. Inde ad nostram usque memoriam meretricum
cellulae lupanaria dicuntur. H. a. 1221. — 7. Lire : ûwi*..

LIVRE IV. CHAP. XVI

81

CHAPITRE XVI. — Après Ozias, son fils Joatham régna pendant 16 ans : il
gouvernait déjà le royaume depuis que son père était atteint de la lèpre. Il fit
beaucoup d'ouvrages dans le mur de Jérusalem. Il combattit avec les Ammo-
nites, les vainquit et les soumit à un tribut1. .

En l'an 3 de Joatham, le 3e roi, Tyrimmas2, commença à régner sur les Macé-
doniens, pendant 38 ans. — En l'an 12 de Joatham, Mamycos3 commença à ré-
gner sur les Mèdes, pendant 40 ans.

les tremblements de terre ne cesseraient point. Alors Romulus fit faire une statue
d'or à l'image de son frère et la plaça à côté de lui sur le trône, et quand il parlait,
il le faisait au nom d'eux deux; il disait : « Nous commandons, nous faisons, nous vou-
lons », et ainsi de suite. Cette coutume a persévéré chez les rois des Romains jusqu'au-
jourd'hui.

Le Lacédémonien Cinethon qui composa la Tèlègonie florissait à cette époque. Le
poète Eumelus qui écrivit Bugonia et Europia était alors célèbre

A cette époque prophétisaient Joël, Jonas, Michée, Isaïe et Osée 5.

A cette époque fut fondée l'île cFAradus6 qui est Rouad ; elle subsista pendant
1460 ans, jusqu'à ce qu'elle fut détruite par les Arabes.

A cette époque fut fondée, en Sicile, la ville de Salinus et Scalê (?); dans le Pont :
Trapezus1; en Bythinie : Cyzicus8; en Italie : Callicum et Lyconia9.

A Lacédémone fut établi le premier éphore 1#.

[49] Jusqu'ici avaient régné, l'espace de 360 ans, les rois appelés « Latins » qui
furent au nombre de quinze. — En l'an 7 d'Achaz, roi des Juifs, Romulus commença
à régner et bâtit la grande et fameuse Rome, et tous ses successeurs y habitèrent. Jus-
qu'aujourd'hui, les Francs sont appelés Romains, du nom de ce roi et du nom qu'il avait
donné à la ville. — Les rois avaient commencé à exister en Italie en la 3e année après la
ruine de Troie, qui fut détruite du temps de Labdon, juge d'Israël. Le premier fut
Enée, qui vint de Troie, lorsque les Achéens armés 11 contre elle la dévastèrent, avec
ceux de la maison d'Agamemnon et de Ménélas. Ces rois d'Italie furent alors appelés
latins, jusqu'à Romulus qui bâtit Rome, et y fit de grandes constructions, du temps d'A-
chaz, roi de Juda; tout lepeuple fut alors appelé romain. Cette ville italiote s'étendit
et se développa du temps de Romulus et des rois ses successeurs.

Il y a dedans 24 grandes églises catholiques; 2 grandes basiliques où se tient l'em-

1. Cf. II Chr., xxvir. — 2. Tupu.a?. — 3. H. : Medidus. Sans doute le Mandaueas de Ctésias.

4. H. a. 1254. — 5. Cf. H. a. 1249. — 6. H. a. 1259 ; Arm. 1255. — 7. TpcrnsÇoO;; Arm. a. 1260.
— 8. Kû^xo;; H. a. 1261. — 9. Arm. a. 1260. — 10. Lacune dans le ms. ; restitution d'après H.
a. 1260; Arm. 1259. — 11. Lire : oa.,iK

82

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Après Joatham, son fils Achaz régna pendant 16 ans. Il servit les dieux des
Gentils, et lit ce qui était mal. — Phacée, roi d'Israël, fît venir Razin, roi de Syrie ;
il monta contre Juda et détruisit cent vingt mille hommes. — Achaz appela Té-
glatphalasar, roi d'Assyrie, qui vint, tua Razin, roi de Syrie, et attaqua Damas;
il emmena captifs les Iduméens, prit d'Achaz beaucoup d'argent et retourna
dans son pays '.

pereur, et où tout le peuple s'assemble autour de lui; 324 grandes rues spacieuses;
2 grands capitules; 80 statues d'or; 64 statues d'ivoire; 46.603 grandes maisons;
797 maisons princières; 1.352 canaux qui procurent les eaux; 274 boulangers qui
travaillent à donner la nourriture aux habitants de la ville, sans compter ceux qui
travaillent pour vendre8. [Il y a] 31 palais impériaux; 5.000 sépulcres; 31 bases de
marbre; 3.800 statues d'hommes en bronze; 270 statues des rois en bronze; 29 statues
de la famille d'Abraham, dTsaac, de Jacob, de Sara, d'Agar, et des autres rois hé-
breux, que Yespasien amena de Jérusalem, avec les portes de Jérusalem et beau-
coup d'autres choses; 2 colonnes en spirale; 14 stades des Romains; 3 théâtres;
2 ludi\ 11 nymphéa; 22 chevaux de bronze; 12 bains publics et 2 autres ; 14 [v.oop)o'.y.:-
Xwv wvt'.vojv £-/.zouë'.Tépia; 2 castra equitum singulariorum; 45 mastrulia ; 2.300 dépôts
publics d'huile ; 254 latrines publiques3 ; les éparques qui gardent la ville [sont au
nombre de] 673, et ceux qui ont l'autorité générale [au nombre de] 7'\ — Le
pourtour de la ville en dehors du mur est de 40 milles, et à l'intérieur, depuis le
levant jusqu'au couchant, [elle mesure] 12 milles, et du nord au midi, aussi 12 milles.

Quand on fit la recension du peuple de Rome, à la LXe olympiade on trouva
120.000 citoyens ; à la CXC : 165.0005 ; à la CXXP : 270.000; à la CLXXIIP : 460.000 ; à
la CLXXXVIIP, 4.165.000; [50] en la CCVP olympiade, sous le règne de Claudius
et d'Agrippa, 6.944.000. — Sous les règnes d'Auguste etd'Archélaiis, fils d'IIérode, il
y eut une grande famine, au point qu'on achetait un modius de froment pour 27 dinars
et demi. — Sous le règne de Titus, il y eut une grande peste, au point qu'il mourait
chaque jour des myriades d'hommes.

[Romulus], après avoir bâti le mur de Rome, fit une grande fête, et il appela Mars,

1. Cf. II Reg., xvi ; II Chr., xxviti.

2. Une description de Rome presque identique à celle-ci se trouve insérée de nouveau dans la
Chronique, dans le récit du règne de Justinien (p. 309 du texte). La comparaison des deux recensions
devant en faciliter l'intelligence, nous réservons les notes et les rectifications du texte pour ce
second passage, et nous nous bornons, ici, à traduire littéralement. Voir Ign. Guidi, // testo
siriaco délia Descrizione di Roma (Bullettino délia Comm. arch. di Roma, 1885, p. 218 sqq. • et
1891, 61 sqq.). — 3. Lire : — i. Ms. : 707. — 5. Lire : ^ ; cf. Arm. a. 1676.

LIVRE IV, CHAP. XVI

83

En Pan 2 d'Achaz, Osée se révolta [47] contre Phacée, le tua, et régna sur Is-
raël pendant 9 ans1. — En Pan 8 d'Achaz, Salmanasar commença à régner sur
les Assyriens, pendant 14 ans; il monta contre Israël et soumit Osée, qui
lui donna un tribut ; mais ensuite Osée se révolta contre Salmanasar et fit appeler
à son secours Adramélek, le Kousite, qui habitait en Egypte. — En Pan 7 d'Osée/
roi d'Israël, Pan 8 d'Achaz, la première année de Salmanasar, celui-ci monta de
nouveau contre Samarie et l'assiégea trois ans. — En l'an 9 d'Osée, 11 d'Achaz, 3 de

ce qui signifie Ares*, le mois3 qui s'appelait auparavant Primus*. Chaque année, les
Romains célèbrent cette fête. Il fit aussi un grand pallium*; i! célébra les noces (?)6,
distribua des largesses [au peuple] et donna un grand festin aux notables. Dès lors
l'usage s'est introduit chez le peuple romain de faire des pallium (?). — Dès qu'ils
voulaient le tuer, il leur donnait des fêtes et des festins, et les détournait7.

Il bâtit aussi un cirque. Romulus voulant jeter la division parmi le peuple qui cher-
chait à le tuer parce qu'il avait fait périr son frère, institua à Rome, en l'honneur du
Soleil et des quatre éléments, des jeux [consistant] dans une course de quadriges. Ce
furent les premiers jeux. Il attribua des noms aux quatre éléments. Il appela la terre
Prasinus, parce qu'elle ressemble à l'herbe; la mer, Venetus, parce qu'elle ressemble
aux eaux bleues ; le feu, Rufus, parce qu'il brille, et l'air, Alla, parce qu'il est blanc.
Et dès lors il y eut des factions à Rome 8. — Il donna le nom de Prasinus, qui signifie
en grec « permanent » (prœsentiam veut dire «permanence ») parce qu'en tout temps
la terre subsiste et fait germer l'herbe; et celui de Venetus, parce qu'il y a une pro-
vince dans l'empire romain qui s'appelle Venetia, dont la métropole est Aquileïa ; et
de là provient la teinture bleue 9. Il les accoupla ainsi : avec prasinus, alba, qui est
l'air; et avec venetus, ru/us, qui est le feu, parce que le feu répond à l'eau. Les habi.

1. Comp. II Reg., xv, 30 et xvir, 1.

2. "Ap?)î. — 3. Lire : L*;. (et non U;~). — 4. Cf. Macrob. , Saturn., II, 12. — 5. [xavôû?.; paraît bien
être le mot que l'auteur a en vue. — 6. Littéralement : erexit thalamum. — 7. Litt. : « il les ajour-
nait. ». — 8. Lire : I»)*» oocn = uip/]. — 9. Nos restitutions sont appuyées sur ce passage du
Chronicon paschale (Mtgne, Patr. gr., t. XCII, col. 296) : KaxeïOsv Èn£vor,8r) xéaaapa uipv) Iv 'Piiu-Yj.
'ExâXeds ôè xb Ilpâfftvov uipoç ITp at'aevxov, S êaxiv cPwu,aïx7J XÉ|:ç, vyri; spu.£Véu£xat, 'Eu.7tapau.ovov
Trpa'.a-£vx£'j£'.v yàp Xlysxat xb irapauivE'.v, Sioxt r\ ^XotuSs; yrj Sià 7tavxq; t'uxaxat <rûv xoîç akctai. Tb 8k Bfvsxov
£xâXs<7£v ex xoO £tvai ûitb xrjv 'Pco^v èïrxpy''av -/wpav X£yo[x£vr)v BsvExÇcav vjuxtvoç [AY]xpÔ7roX\ç Èaxiv 'AxuXv)ia •
xax£ï8£v èSip-/ovrai xà xuavà ¦ xouxiuxtv xà fkvÉxÇca pà[xu.axa xwv l[xax!wv, xat upo<7£x6XXY]<t£v xa> Ilpacn'vw
(X£p£i, b Èffxiv xïj yrn xb Xe-jxbv, cprjat xbv àlpa, xaôoxc PpÉxst *a\ ûitoupyEÏ xai apu.6xx£i xîj yr,. TwBevÉto uipEt,
o sem xoï; ySao-i, TipoaîxôXXrjaî (j'jjxtxi^a; xb 'Po-j<raîov uipoç, 3 ècjxiv xb mip, xaôoxi <7êlvvu<xt xb TtOp toç
Û7ioT£xayjJ.£vcv aùxâ>. Kai XotTtbv oc xyjv 'Pwjiyiv oîxoOvxe; ôt£(X£p;<70-/i<7av xà pi.épY], xa\ oùxlxt wij.ovoY]<Tav itpb;
aXX^Xou; Stà xb èpàv k'xaaxov xîj; l8:a; v;'xy); xai àvxnroi£ta-8ai xoO tSio-j uipooç, wcra£p 8pY]<7xe(a<; xtvoç- xa\
yityjp^e |xéya Gyia\j.cc ev xrj 'Pwuy), xai u.£yâX/jv ey^pav eI/ov 7tpbç àXX/jXou; xà f/ipr;, aTrôxe £7t£vôy](7£V aùxotî xyjv
xoù 'iTtTtixo-j 8sav ô fPô>fAo;.

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Salmanasar, il s'empara de Samarie et emmena en captivité les habitants des dix
tribus d'Israël, à Babylone ; ce fut la première captivité. — [48] Ce royaume avait
eu pour capitale Thersa pendant 56 ans, et Samarie pendant 194 ans ; [49] depuis
le schisme, les rois d'Israël durèrent en tout 250 ans.

Depuis Adam [80] jusqu'à l'an 11 d'Achaz, il y a 4730 ans.

Achaz fit descendre la mer d'airain de sur les bœufs d'airain que [81] Salomon
avait fait faire1. — D'autres disent que Salmanasar monta [53] et emmena Israël
en captivité en l'an 4 d'Ezéchias. — Ici finit ce royaume d'Israël.

tants de Rome se divisèrent, embrassant chacun le parti qui lui plaisait, et dès lors
il n'y eut plus de concorde entre eux.

Œnomaûs, roi de Pise % faisait de ces jeux hippiques une fête en l'honneur du
Soleil. On jetait les sorts, et quand CEnomaus3 et ceux qui venaient pour lutter avec
lui engageaient la lutte, celui qui tenait le rôle de Prasinus se revêtait d'un vêtement
couleur d'herbe. Celui qui était vainqueur tuait le vaincu. Parmi la foule des
assistants, ceux qui habitaient le rivage de la mer faisaient des vœux pour que celui
qui était habillé de bleu remportât la victoire, car ils pensaient que s'il était vaincu
leurs ressources diminueraient; les citadins et les villageois qui habitaient à l'inté-
rieur des terres faisaient des vœux pour la victoire de celui qui était habillé couleur
d'herbe, car ils pensaient que s'il était vaincu, leurs ressources diminueraient.

Au moment de l'hiver, les Romains s'insurgèrent de nouveau contre Romulus et
cherchèrent à le tuer, et on dit qu'il institua [alors les fêtes] appelées brumalia. Il sta-
tua que chaque roi devrait chaque année, au moment de l'hiver, convoquer ses sé-
nateurs et leur donner un festin, à l'époque où cessent les combats1. Ils y allaient
chacun à son tour, selon la lettre [51] par laquelle commençait son nom, depuis A jus-
qu'à T:i. Il prescrivit au sénat d'imiter son exemple. Les sénateurs devaient s'inviter les
uns les autres, avec les nobles 6 qu'ils voulaient. Des musiciens chargés d'inviter
chacun, allaient le soir devant la maison de ceux qui étaient invités au festin, et
jouaient pour avertir ceux qui étaient invités le lendemain au festin. Dès lors et
jusqu'à ce jour, l'usage des brumalia s'est établi chez les Romains 8. Romulus garda

1. II Reg., xvr, 17.

2. Ms. : « roi des Perses » ; lire J-l-an»S (Pise, en Elide) — 3. Lire ihooI-sojow, d'après le grec :

'O Se xri; iLa-aitov '/a>PaÇ PaaiXeu; Olvôu-aoç.....      xat z&àXkzto x>vipo<; u.Exà xoO aùxo-j Olvou-âou (BafftXlwç -xa\

xoO èp-/ouivou.... (Chron. pasch., Patr. gr., t. XCII, col. 292). — 4. D'après les textes grecs il faut

lire : combats (et non k>P, fulgura). Voyez p. 85, n. 3. — 5. Première et dernière lettres

de l'alphabet syriaque. — 6. ûo^lv^mil = à?to)[j.aTtxo!. — 7. Lire : lî-soi. — 8. Comp. ce passage
avec les textes grecs du Chron. pasch. (loc. cit., col. 299) et de Geoeg. Hamart. (Patr. gr., t. CX,
col. 66).

LIVRE IV. CHAP. XVII

85

CHAPITRE XVII. — Quand Salmanasar eut envahi et emmené en captivité
le royaume d'Israël, et quand ce royaume eut pris fin, il n'y eut plus qu'un seul
roi pour les Hébreux : Ezéchias, qui régnait sur Juda. Il régna à Jérusalem,
après Achaz, pendant 29 ans; il vécut 54 ans. — Le pays de Samarie et toute la
contrée qui était habitée par Israël était aux mains des Assyriens.

En Pan 8 d'Ezéchias, l'Assyrien Salmanasar1 envoya garder la terre de Judée :
ceux qu'il envoya furent appelés Samaritains, c'est-à-dire gardiens2. Or, comme

le pouvoir. Comme ses ennemis parlaient mal de lui et disaient qu'il n'était pas digne
du royaume parce qu'il avait été élevé par des étrangers, pour ces motifs, Romulus
appela ces fêtes brumalia, ce qui se traduit par « qui mange de ce qui est aux autres »;
brumilos en effet, signifie, en grec, « manger de ce qui est aux autres » s.

Du prophèteMichée. —On pense que leMichée quiprophétisait à cette époque n'était
pas le même que celui du temps d'Achab. En effet, Joatham, fils d'Achab, fit préci-
piter celui-ci du haut d'un rocher et le fit périr4. Celui-là est celui dont il est écrit3 :
« La parole du Seigneur fut sur Michée de Morasthi du temps de Joatham, d'Achaz
et d'Ezéchias, rois de Juda. »

Ezéchias rebâtit le mur de Jérusalem qui avait des brèches; il détourna la source
de Siloé à l'intérieur du mur0. ,

A cette époque la Sibylle d'Erythrée était célèbre7. Les Milésiens occupèrent la mer,
en neuvième lieu, pendant 18 ans; iLs fondèrent une ville en Egypte : Naucratès 8.

Midas commença à régner sur les Phrygiens9 ; ce n'est pas celui de Troie.

La ville de Naxos fut fondée en Sicile10.

L'Ethiopien Sabacon 11 emmena en captivité Bocchâris 12 et le fit brûler vivant.
Romulus, le premier, choisit des soldats parmi le peuple et cent vieillards de noble
origine dont il fit son sénat, et il fit les six plus honorables d'entre eux patrices 13.

1. Cf. II Reg., xvtr, 25 sqq.; E. a. 1270 ; H. dit : Sennachérib, ce qui concorde avec la date de
l'an 8; l'Arabe et l'Arm. portent comme le Syr. Salmanasar. — 2. Etymologie basée sur l'hébreu.

3. Notre auteur paraît bien avoir en vue les mots gpwu.a et aÀ).o. Il faut entendre la chose autre-
ment : « Fuerunt autem Brumalia Dionysii seu Bacchi qui etiam Bromus seu Brumus diclus est...
Veteres romanos probosum censuisse alienis vesci cibis; quare attulisse singulos quod essent aut
biberint quo dicerentur aÀXoTptoçayot. Hinc tollendae ignominiae causa Romulum, quod cum fratre
ab Laurentia educatum fuerat, Brumalia instituisse, quibus convivio excipere solitus sit Senatum,
cum necessarium diceret a Rege suo ali Senatum hieme « nullis obstrepentibus bellis ». Rosini.
Antiq. Rom., p. 293. — 4. Cf. p. 69, 1. 20. — 5. Mich., I, 1. — 6. II Chr., xxxrr, 5, 30. — 7. H.
a. 1274; Arm. 1275. Lire : Ua=^>; StêuMcc -r\ 'EpuOpaîa. — 8. H. a. 1268. — 9. Mioaç; H. a. 1275. —
10. Nâ^oç ; H. a. 1276. Lire : »*>ûm3|j. — 11. H. a. 1292. Saêâxwv. — 12. Bôxywptç. Lire : >i»o*Mtf>*s(?).
— 13. H. a. 1289.

86

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

le Seigneur suscita des lions qui les dévoraient, le roi leur envoya un des prêtres
emmenés en captivité, nommé Esdras, qui leur enseigna la loi de Moïse, parce
que Salmanasar leur avait prescrit de garder le culte du dieu du pays. Ce prêtre
écrivit la Loi1 d'après les Syriens; c'est pourquoi les Samaritains reçoivent seu-
lement la Loi. — En l'an 6 d'Ezéchias, Sennachérib commença à régner sur les
Assyriens; [o3] il monta contre Jérusalem, et fut vaincu par les prières d'Ezé-
chias*. Quinze années de vie furent ajoutées à Ezéchias 3. — Sennachérib, après
avoir régné 9 ans, fut tué par ses enfants. — Asarhaddon, son fils, commença à
régner en l'an 15 d'Ezéchias; il régna 3 ans. — En Egypte, régna l'Éthiopien

Syracuse fut bâtie en Sicile*.—Les Lncédémoniens [firent la guerre aux Messéniens5.]
Méffara et Marathonia furent bâties aussi en Sicile 6.

o

Sennachérib bâtit Tarse en Cilicie. Chersonésos fut aussi bâtie en Sicile 7.

Du temps d'Ezéchias, le juste Tobie, un des captifs israélites, habitait Ninive. Il
fut visité par l'ange Raphaël, et l'aveuglement de ses yeux fut guéri par le fiel du
poisson que l'ange lui donna.

Ezéchias montra aux envoyés du roi de Babylone tout ce qu'il avait. Le Seigneur en
fut irrité, et il lui dit8, a Tout ce qu'ils ont vu dans ta maison [sera pillé], et tes en-
fants deviendront les eunuques de la maison du roi de Babylone. » Et Ezéchias répon-
dit : « Bonne est la parole du Seigneur ! Puisse la paix régner de mon temps! »

Ezéchias fit une piscine, et il fit aussi un aqueduc pour la ville de Jérusalem et y fit
entrer l'eau par des canaux9.

En dixième lieu, les Cariens, obtinrent [l'empire de la mer] pendant 69 ans 10. A
cette époque eut lieu la bataille 11 de Thyrée entre les Lacédémonietis et les Argiens18.

Midas, roi des Phrygiens, fils de Lydios, fit connaître les dinars d'or.

Chez les Romains, le roi Numa ajouta deux mois h l'année : Janvier et [52] Février,
c'est-à-dire Kanoun II et Sebat; auparavant on ne connaissait que dix mois chez les
Romains 13.

Le roi Manassé s abandonna Dieu, pour servir les idoles. Il irrita le Seigneur plus
que tous les autres rois d'Israël et de Juda. Il fit une idole à quatre faces qu'il plaça
dans le temple du Seigneur ; il entraîna tout Juda dans le péché '*.

Les villes de Croton, de [Parion et de Syb]aris furent alors bâties15.

Numa Pompilius bâtit le Capitole 16.

La ville de Nicomédie, qui s'appelait auparavant Astacus, fut alors bâtie 17.

1. Le Pentateuque. — 2. Cf. II Reg., xvm-xix ; Arm. a. 1289. — 3. II Reg., xx.

4. H. a. 1278. — 5. H. a. 1273. — (5. Sic ms. — 7. H. a. 1300. Lire : ^sL\ (et non à*a3L|). —
8. II Reg., xx, 13-19. — 9. Ibid., 20. — 10. H. a. 1296. — 11. Lire : — 12. IL a. 1298. ^-

13. H. a. 1303. — 14. Cf. II Reg., xxr; II Chr., xxxrrr. — 15. E. a. 1308. Arm. : Pathron; Ar. :
>*a«;^o sûioîo. _ 16. H. a. 1303. — 17. II. a. 1306.

LIVRE IV. CHAP. XVIII

87

Sabakon », pendant 12 ans, et sur les Macédoniens, Perdiccas8, pendant 11 ans.

En Pan 18 d'Ezéchias, Baladan 3 commença à régner sur les Assyriens; il
envoya des offrandes à Jérusalem après avoir entendu dire et constaté que le
soleil était retourné en arrière. Notre-Seigneur fut proclamé Dieu à Babylone,
et on lui fit une statue dans laquelle il faisait retourner le soleil. — En l'an 20
d'Ezéchias, Qorqos4 commença à régner sur les Mèdes, pendant 13 ans. — En
Pan 29 d'Ezéchias, Taracus5 l'Ethiopien commença à régner en Egypte, pendant
20 ans.

CHAPITRE XVIII. — Manassé régna 55 ans et vécut 67 ans0. — En la
13e année de son règne, il tua le prophète Isaïe; il répandit beaucoup de sang
innocent, fut abandonné par le Seigneur et tomba au pouvoir des armées
assyriennes qui l'emmenèrent en captivité où il fit pénitence dans sa prison, et
composa [54] une célèbre prière7; il fut agréable à Dieu; il fut délivré, et revint
en son pays en Pan 37 de son règne.

Déjocès, le Mêde, bâtit Ecbatane 8.

Les Parthéniens [fondèrent Tarente, et les Corinthiens : Corcyre]9.

Midas, roi des Phrygiens, après avoir bu [le sang d'un taureau, mourut10.

Du prophète Isaïe11. —« Isaïe était de Jérusalem. Il fut mis à mort par Manassès, qui
le fit scier en deux avec une scie de bois, et fut enseveli sous le térébinthe de Rogel qui
est à côté de l'aqueduc que détruisit Ezéchiel lorsqu'il enfouit les eaux. Dieu fit le mi-
racle de Siloah en faveur du prophète. Avant de mourir, son âme défaillit, et il de-
manda de l'eau à boire. Aussitôt il lui en fut envoyé de cette source]12, et pour cela elle
fut appelée Siloé, ce qui signifie « envoyé ». — Du temps d'Ezéchias, tandis que le
peuple était tenu enfermé par les Philistins 13, avant que ce roi n'eût fait creuser les
puits elles citernes, par la prière d'Isaïe, il sortit un peu d'eau de cette source. Les
ennemis se demandèrent : « D'où boivent-ils l'eau? » Quand ils surent que c'était de
Siloé, ils vinrent se placer autour. Là eut lieu un prodige. Quand les Juifs venaient,
la fontaine de Siloé coulait pour eux ; quand les Philistins venaient, la source
cessait [53] de couler. Et jusqu'à ce jour, ses eaux sortent [subitement]14. Comme cela

1. Sa6àxwv. — 2. IlâpSîx/.aç. — 3. II Reg., xx, 12. — 4. H. : Cardyceas ; ('Aprjxa;; Eus. Chr., I,
App., col. 89). — 5. Tapaxôç- — 6. II Reg., xxi; II Chr., xxxtir. — 7. Oratio Manassé, parmi les
apocryphes de l'Ane. Test.

8. H. a. 1309. — 9. H. a. 1312. — 10. H. a. 1321. —11. Cf. Patr. gr., t. XLIII, col. 420. — 12. Le
début se trouve dans la lacune que nous suppléons d'après le ms. add, 12178, dont voici le texte :

b*a*L   >Q.uiûL\o • ^.';}ca:L]   ,3 ; L*-l_*3  i»t'_.| * -XS^aJoI   ^x> looi  Cst\ LiJ.|

L.a\ ^» |L| • ^ojI ,n Lxn~ pol* : |.1-*vj* |j—û_â_>3 ai^^\ ©wk»1» (sic) "^pv l^^o

• oiw oî^ I »»*^o • l-llxs u\jo • ov*âj L;_v| La-vu y >o^a ^oi ^g.*} • |ov^ L^ w&k£*>

.\ \5i±o • *tûLl Uw ^>.£Sxsa. — 13. Gr. : àXXosuXwv. — 14. Ajouter : P^a (mss.).

88

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

En l'an 4 de Manassé, Déjocès1 commença à régner sur les Mèdes, pendant
54 ans. — En l'an 21 de Manassé, Merrès* commença à régner en Egypte
pendant 12 ans, à la XXVI0 dynastie. — En l'an 29 de Manassé, Argaeus 3 com-
mença à régner sur les Macédoniens, pendant [38] ans. — En l'an 33 de Manassé,
Stéphinatès4 commença à régner en Egypte, pendant 14 ans. — En l'an 36 de
Manassé, Sennachérib le jeune commença à régner sur les Assyriens, pendant
31 ans. — En l'an 40 de Manassé, Tullus commença à régner sur les Romains
pendant 33 ans. C'est celui-ci, surnommé Hostilius, qui le premier usa de
vêtements de pourpre et d'un sceptre royal0. — En l'an 46 de Manassé, Nékao6
commença à régner en Egypte pendant 8 ans. — En l'an 54 de Manassé, com-
mença à régner sur l'Egypte Psamméticus7, pendant 44 ans.

A celte époque Byzance fut premièrement fondée par Byzos8. Après 970 ans,
elle fut restaurée et agrandie [6o] par Constantin qui la nomma Constantinople.

eut lieu par l'intermédiaire du prophète Isaïe, on l'ensevelit avec honneur à côté
de la fontaine ; car il avait été l'objet d'une révélation divine. Le tombeau du prophète
était à côté des tombeaux des rois, derrière les tombeaux des prêtres [au midi 9] ; ils
avaient été dessinés par David, et Salomon les fit faire dans la partie orientale, avec
l'entrée à Gabaon, dans un endroit10 très difficile, pour qu'elle ne soit pas connue ; et
elle est cachée pour tout le peuple. Les rois avaient là 11 de l'or, venu de Saba, et des
aromates. Ezéchias 12 révéla au peuple le mystère de David et de Salomon et profana
les ossements de ses pères; c'est pourquoi, il fut décrété contre lui que sa descen-
dance serait dans la servitude. »

Tandis que Manassé était en captivité à Ninive, il était enchaîné avec une forte
chaîne de fer et retenu par des entraves (?)13 d'airain. Les calamités se multiplièrent
sur lui; il se tourna vers le Dieu de ses pères et pleura amèrement les maux qu'il avait
faits. Il invoqua le Seigneur de tout son cœur ; et là, Dieu l'exauça. Il fut délivré, sortit
de prison, et revint à Jérusalem, où il fut rétabli dans son royaume. Depuis lors, [il
servit] 14 fidèlement Dieu jusqu'à sa mort. 11 fit tirer du temple et broyer la statue à
quatre faces qu'il avait faite. 11 renversa les idoles, bâtit le mur du sud de Jérusalem,
et fortifia Juda 13.

A cette époque, à Lacédéaione, eut lieu pour la première fois la gymnopédie ,5.

1. Ayiiôxyi;; ms. : Dioclémas. — 2. 'Au.uip:ç; H. Merres. — 3. 'Apyaîoç. — 4. SxeçivâOiç. — 5. H.
a. 1339. — 6. Nexaco. — 7. Fau^uxoç. — 8. H. a. 1359.

9. Ajouter : Lx-*ut (mss.). — 10. Lire : l^op — H. Ajouter : <*>t (mss.). — 12. Lire :

Lo*~. — 13. Le mot syriaque signifie : tours; l'arabe traduit littéralement : u>e\*+i \<^î=> "S. La
phrase me paraît répondre au sens de la Vulgate (II Chr., xxxirr, 11): « catenis atque compedibus ».
— 14. Ajouter : '^.9. — 15. Cf. II Chr., xxxnr, 14. — 16. ry[xvy| nxiddix. H. a. 1348.

LIVRE IV. CHAP. XIX

89

CHAPITRE XIX. — Amon régna sur Juda pendant 12 ans, selon les Septante ;
selon l'hébreu, pendant 2 ans; et Annianus est d'accord avec l'hébreu'.

En l'an 3 d'Amon, commença à régner sur les Mèdes Aphraotinos*, pendant
24 ans. — En Pan 2 d'Amon, commença à régner sur les Assyriens Naboupalous-
sour, le mage, pendant 33 ans; et sur les Macédoniens, Philippe pendant
38 ans. —En l'an 3 d'Amon, naquit Josias. — Amon servit les faux dieux des
nations et sacrifia aux idoles. Il fut frappé par ses serviteurs et périt par l'épée.
Il vécut 24 ans.

A cette époque3 florissaient les musiciens 4 Archilochus 3, Simonidès et Aris-
toxenus; le législateur Zaleucus 7 ; et Leschès de Lesbos 8, qui fit une composition sur
Troie, [54] qu'on appelle la Petite Iliade 9.

Epiphane10 : « Sophonie était de la tribu de Siméon, du village de Baratha 11. Il pro-
phétisa sur la ville, sur la fin du monde, et sur la confusion 12 des impies et sur le ju-
gement dernier. Quand il mourut, il fut enseveli dans son village avec ses pères. »

Les Scythes prirent la Palestine 13. A cette époque florissait le musicien Terpander u,
et aussi Thaïes de Milet, fds d'Examius le premier physicien ou naturaliste; sa vie
se prolongea jusqu'à la LVIe olympiade ,6.

A cette époque florissait Dracon 17.

Epiphane™ : « Jérémie était d'Anatoth. Il fut lapidé à Taphnis en Egypte,par le
peuple. Il mourut et fut enseveli dans le tombeau20 de Pharaon, parce que les Egyp-
tiens l'honoraient, car il leur était venu en aide : il avait prié et ils avaient été déli-
vrés des vipères, et les eaux21 des animaux que les Egyptiens appellent naphôt, les
Grecs : crocodiles, et les Syriens : hordanê. Et jusqu'à ce jour, ils ont confiance qu'en
priant en ce lieu et en prenant la poussière, ils obtiennent la guérison des blessures
des vipères, et chassent de l'eau la multitude des crocodiles.

« Nous avons appris des enfants d'Alexandre et de Ptolémée22 que quand Alexandre
le Macédonien [55] vint à l'endroit où reposait le prophète, et apprit ces merveilles, il
fit transporter ses os à Alexandrie, et la race des vipères fut chassée de la contrée
dans laquelle il fut déposé, ainsi que les crocodiles. Il envoya de même les bêtes ap-

1. II Chr., xxxtrt, 21 sqq. Cf. H. a. 1360. — 2. 'Açpaâp-rrjÇ.

3. H. a. 1352. — 4. Lire : Uû^ûoûxj (et non |;cuooaso).— 5. 'Ap^tAtr/oç.— 6. Stp.wviSïK. — 7. ZocXeuxo;.
Lire : a»aaà\|. — 8. Alfr/rj; Aéaêioç. H. a. 1360. — 9. -r\ (iixpà 'IXtâ;. — 10. Patr. gr., t. XLIII, col.

418. _      11. SxêapOa [var. : BaaaOâ]. — 12. Lire : — alff^vï];. — 13. SxuQai ; H. a. 1382. —

14. TepTtavSpoç. H. a. 1376. — 15. H. a. 1376. 0aXvK 'E|au.ûou Mi)rç<noç. — 16. E. : LVIIP. — 17. H.,
a. 1395. — 18. Patr. gr., t. XLIII, col. 421. — 19. Taçvoct;. — 20. Litt. : « dans le lieu » ; gr. :
ev xôtzm tïj; oîx^asw; «Êapaw. — 21. Ms. : « la mer » ; gr. : twv ûSaxcov ; lire : — 22. Gr. : « et d'An-

Mgone ».

I. 12

90

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Quand Amon eut été tué, son fds Josias lui succéda, pendant 31 ans; il vé-
cut 39 ans et eut quatre fils : Johanan, Joachim, Joachaz et Sédécias1.

A cette époque prophétisait Sophonias, fils deKousai, de la tribu de Siméon.

En l'an 10 de Josias, Marcus Ancus régna sur les Romains, pendant 24 ans.
— En l'an 13 de Josias, Jérémie commença à prophétiser. — En l'an 14
de Josias, Cyaxare* commença à régner sur les Mèdes, pendant 32 ans. [06]
Ce Cyaxare marcha contre les Assyriens et s'empara de Ninive3. — En l'an 31
de Josias, Néchao, qui est Néchepsus4, commença à régner sur les Egyptiens,
pendant 6 ans.

pelées argoulou, qui combattent contre5 les serpents, et qu'il fit venir d'Argos, dans le
Péloponèse. Les Égyptiens les appellent argoulou, c'est-à-dire : « argiens gauches 6 ».

« Jérémie donna un signe aux prêtres égyptiens, à savoir : que leurs idoles seraient
ébranlées et renversées par le fils de la Vierge. C'est pourquoi, jusqu'à ce jour, ils
honorent la Vierge mère, et ils placent un enfant dans une crèche pour l'adorer. Le
roi Ptolémée les interrogea à ce sujet, et ils lui répondirent : « C'est une tradition
« que nous avons reçue du prophète Jérémie, qui Pa apprise à nos pères; et nous
« attendons l'accomplissement de ce mystère. »

« Avant la destruction du temple, le prophète Jérémie s'empara de l'arche mysté-
rieuse et de tout ce qu'elle contenait et fit en sorte que toutes ces choses fussent en-
glouties par un rocher. Il dit aux assistants : « Le Seigneur est monté du Sinaï au
« ciel, et il en reviendra dans sa puissance. Vous en aurez ce signe : que toutes les na-
« tions adoreront le bois. » Il ajouta ; « Personne ne fera sortir cette arche, sinon Moïse ;
« aucun prêtre ou prophète n'ouvrira les tables qu'elle renferme. A la résurrection,
<i elle sortira la première et sera placée sur le mont Sinaï, tous les peuples seront réunis
« autour d'elle. » Puis il scella avec son doigt la pierre du nom 7 de Dieu; et ce signe
fut comme une serrure de fer. Une nuée couvrit le rocher, et personne ne put en re-
connaître la place; il est dans le désert où reposent Moïse et Aaron [06]. Pendant la
nuit, il y a une nuée [lumineuse] ressemblant à l'ancienne ; car la gloire de Dieu ne
doit jamais être séparée de sa Loi. — Dieu fît à Jérémie la grâce de mettre le complé-
ment à ce mystère et d'être le coopérateur de Moïse. »

A cette époque florissait le grand poète athénien, Myrthée s.

1. Les différents noms donnés aux fils de Josias amènent souvent des confusions : a) Johanan
(I Chr., nr, 15) n'a pas régné; b) Sellum, aussi appelé Joachaz, succéda à son père ; c) Eliacim, aussi
appelé Joachim, succéda à son frère; il eut pour successeur son fils Joachin, aussi appelé Jécho-
nias; d) Sédécias, aussi appelé Mathanias, succéda à son neveu. — 2. KuaSapYjç; le nom est totale-
ment défiguré dans le syr. — 3. E. a. 1397. — 4. Nexaw xâ> xa\ INV/e^w.

5. Lire : *K (mss.). — 6. Ms. add. 12178 et add, 14536 : L*_Jl«so u«, Gr. : àpyoAaîoi xocaoûvtou
xo'j-éaxtv "Apyou; àpiuTepoï • Xaiàv yâp Xéyou<n rcâv £va>vuu.ov. — 7. Lire : |o*^> 1^»= ©v:oj3. Gr. : xù Sax-
t'jam auxov 10 ovou.a xoO ©soO. — 8. H. a. 1384. Mvpxato;.

LIVRE IV. CHAP. XIX

91

Josias servait le Seigneur de tout son cœur. — En Pan 18 de son règne, il
apporta tout son soin au temple de Dieu et ordonna à Helcias le grand-prêtre
de donner aux ouvriers de l'argent du trésor de la maison du Seigneur. En le
cherchant on trouva le livre de la Loi. Josias le lut et apprit ce que Dieu avait
ordonné, et aussi ce qu'avaient fait les rois de Juda et d'Israël; il fut rempli
de zèle, déchira ses vêtements et s'appliqua dès lors à observer toutes les
paroles écrites dans la Loi du Seigneur. Il fit mettre dehors les idoles d'Amon,
son père, purifia le temple et toute la Judée. Il brisa les statues, et arracha
les autels. Alors furent accomplies les paroles du prophète venu de Juda vers
Jéroboam1. Il renversa le sanctuaire des idoles qui sont dans le bois, et il fit
brûler dessus des ossements humains et il les profana. Il tua tous les prêtres
des idoles et fit brûler leurs ossements8.

En l'an 31 de Josias, Néchao commença à régner en Egypte ; celui-ci descendit
vers le fleuve de l'Euphrate, jusqu'à Maboug, pour combattre le roi des Assy-
riens. Josias marcha contre lui, Josias fut tué là par Xéchao, qui est le Pharaon
boiteux3. En revenant du combat avec les Assyriens4, les serviteurs de Josias
l'emportèrent et l'ensevelirent à Jérusalem. —On lui donna pour successeur
son fils Joachaz. Trois mois après, le Pharaon boiteux revint [o7] et emmena
Joachaz en captivité. Il établit à sa place Joachim, son frère, et lui imposa de
payer chaque année cent talents d'or. Celui-ci régna 12 ans5.

En l'an 18 de Josias, la prophétesse Iloulda prophétisait chez les Hébreux6.

Battus fonda la ville de Cyrène '. — A cette époque fut bâtie Sinope8; Lipara8 et
Prusias 10 furent bâties ; Epidamne fut bâtie, elle fut appelée Dyrrachium11.

A cette époque1* la parole de Dieu se fit entendre à Jérémie; il lui dit : « Que vois-
tu? Jérémie. Celui-ci répondit : « Je vois une verge menaçante ». Le Seigneur re-
prit : « Tu as bien vu, car je veillerai pour accomplir mes paroles. » — Il me dit en-
core : Que vois-tu? et je répondis : « Je vois une marmite enflammée, l'orifice tourné
du côté du nord. » Et il reprit : « Du nord viendront les maux sur tous les habitants
de la terre; car voici que je vais exciter tous les empires des rois du nord de la
terre, dit le Seigneur; et ils viendront, et chacun d'eux posera son trône devant la
porte de Jérusalem et sur tous les murs qui l'entourent, et dans toutes les villes de
Juda. Je leur parlerai par mon jugement, à cause de toute leur malice. »

1. Ci-dessus p. 65,1. 8 sqq. — 2. Cf. II Reg., xxir-xxin; II Chr., xxxiv-xxxv. — 3. Fausse interpré-
tation du nom de Néchao, confondu avec l'hébreu ,133- — 4. Telle est la ponctuation du ms. Cette
phrase se rapporte peut-être à Néchao. Cf. H. a. 1403; Arm. 1402. — 5. Cf. Arm. a. 1402.

6. H. a. 1387. — 7. H. a. 1386. Bârto;. — 8. H. a. 1387. Zivwro). — 9. H. a. 1388. Amapa. —
10. H. a. 1390. Ilpo'jcria. — 11. H. a. 1391. 'EirtôxiAvo; f, vûv Auppâ/tov ; ms. : Épidauros. — 12. H. a. 1383.
Jér.,I, 11-16.

92

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

CHAPITRE XX. — En Pan 3 de Joachim, surnommé Éliacim, Tarquinus
Superbus commença à régner sur les Romains pendant 38 ans. — En cette
année, commença à régner sur les Assyriens Nabouchodonosor, le Chaldéen,
fils de Naboupalasour, pendant 40 ans. Il monta contre Jérusalem, en emmena
des captifs et les vases du temple ; il imposa un tribut à Joachim et s'en

Periander, fds de Kypsélos, exerça la tyrannie à Corinthe 1.

Cyaxare [57] marcha avec une armée contre les Assyriens ; il assiégea Ninive et
l'enleva au roi des Chaldéens2.

On dit que Dracon établissait alors les lois 3.

Les fils de Jonadab 4 étaient alors célèbres chez les Hébreux, comme ascètes5 et
comme chefs. Leur père leur avait prescrit de ne pas boire de vin, de ne point habiter
dans des maisons; c'est pourquoi ils habitaient dans le désert sous des tentes B, et, ob-
servant le précepte de leur père, ils ne buvaient point de vin.

Alors prophétisaient Ourias, fils de Séméi1, Jérémie et Ezéchiel.

Josias engendra Joachaz, Joachim et Jechonias. Jechonias engendra Daniel le pro-
phète ; Joachim engendra Ananias, Azarias et Misaël.

Tarquinius, roi des Romains, établit le Capitole8.

A Sidon régnait Amilcothos; et sur les Tyriens : Balazoros9. Quand Néchao, le
pharaon boiteux, monta, il tua ceux-ci; et le pharaon fut tué lui-même par Nabou-
chodonosor, près de l'Euphrate.

Le poète Stesichorus florissait alors 10, et aussi Alcman 11, selon quelques-uns.

Pittacus de Mitylène12, un des sept sages, lutta seul avec Phrynon PAtl énien, qui
avait remporté la victoire olympique, et le tua.

Jérémie et Baruch prophétisaient en Judée 13__Daniel, Ananias, Azarias [et Misaëlu

étaient] à Babylone15.

Les villes de Camarina 16, Périnthe 17 et Ma[rseille]18 furent bâties.

A cette époque 19, Epiménides [58] détruisit Athènes.

Sapho et le poète Alcée florissaient alors so.

1. H. a. 1389; IlspîavSpo; â Ku^IXoy. — 2. E. a. 1397. — 3. H. a. 1395. - 4. Cf. Jék., xxxv ; la
légende des Réchabites attribuée à Jacques d'Edesse a été publiée avec une traduction française
par M. Nau, dans la Rev. sémitique, ann. 1898-1899. — 5. Lire : l^*p. — 6. Litt. : « des mai-
sons de poil ». — 7. Jér., xxvi, 20. — 8. H. a. 1399. — 9. Le premier nom est douteux; je lis
.ooo£i£i!..xa!, transcription, par l'intermédiaire du grec, du phénicien : n^Snn ; le second nom est certai-
nement ioooioim=, transcription de Tt5?Sî7:i, par l'intermédiaire du grec : BaAÉÇwpo; (Eus., I, 120) _

10. H. a. 1405. — 11. ÀXxjxâv; H. a. 1406; ms. : Laqumenon. — 12. E. a. 1410. Lire : «aoaSl^.?. _

13. H. a. 1416. — 14. H. et Arm. ajoutent ce nom. — 15. H. a. 1412; Arm. 1417. _16. Ka^apiva •

H. a. 1416. — 17. IlépivÔo;; H. a. 1415. — 18. H. a. 1420; Arm. 1423. — 19. E. a. 1423. — 2o!
H. a. 1418.

LIVRE IV. CHAP. XX

93

alla1. Daniel et ses compagnons descendirent à Babylone parmi ces captifs. Ce
fut la première captivité à Babylone. Le Pharaon boiteux, après avoir dévasté
Maboug (qui fut rebâtie et appelée Hiérapolis), revint une seconde fois et fut
tué par Nabouchodonosor près de PEuphrate, en Pan 5 de Joachim, et Psam-
muthès* commença à régner sur l'Egypte pendant 17 ans. — En l'an 8 de Joachim,

Du prophète Ezèchiel. — Ezéehie
commença h prophétiser en fan 4 de
Sédécias. La parole de Dieu se fit en-
tendre au prêtre Ezèchiel, fds de Bouzi,
dans le pays des Chaldéens, sur le fleuve
Chobar. Il dit3 : « Et là, la main du Sei-
gneur fut sur moi, et je vis : Et voici
qu'un vent violent venait du nord, avec
un grand nuage, une lueur autour de
lui, et un feu étincelant. Au centre il y
avait une image d'or au milieu du feu et
un rayon dans cette image; et au milieu
[était l'image de quatre animaux qui
avaient] l'aspect d'un homme, chacun
avec quatre figures et quatre ailes ; leurs
pieds étaient étendus ; leurs pieds étaient
ailés et leurs ailes étincelaient comme
l'airain en fusion, Une main d'homme
se trouvait sous chacune de leurs ailes
des quatre côtés ; leurs visages et leurs
ailes, de tous les quatre, [étaient] des
quatre côtés; [leurs ailes] se touchaient
mutuellement ; ils ne revenaient point
lorsqu'ils marchaient ; chacun d'eux
marchait devant lui. La ressemblance
de leur visage était un visage d'homme
et un visage de lion du côté droit de
chacun d'eux quatre, et un visage de

[Reprenons la suite de] 1 ce discours
sur les anciens princes des prêtres. —
11 est écrit5 que du temps du dit roi
Joachim, le grand-prêtre était Ourias,
qui fut mis à mort par Joachim lui-même.
Après lui, le grand-prêtre fut Saraia6,
[55] et après celui-ci, Josédek, celui-là
même qui fut emmené en captivité à Ba-
bylone. Ils sont ainsi mentionnés sans
indication du nombre de leurs années.
Les autres chroniqueurs placent ceux-ci
à une époque antérieure.

Ils disent qu'après Helcias vint Ourias,
comme dit aussi Andronicus, et ensuite
Saraia, puis Azarias, et après lui Sadoc à
qui il attribue 25 ans 7. Un examen attentif
montre que, du temps des rois Joachaz,
Joachim. Jechonias et Sédécias, floris-
saient les [56] grands-prêtres dont nous
avons parlé plus haut.

D'après les témoignages, Josédek fut
emmené en captivité, et cette captivité
eut lieu du temps de Sédécias, comme
cela est très manifeste [57] pour tous
ceux qui connaissent les Livres saints.
Il y a aussi une autre preuve qui montre
clairement ces choses. Tous les chroni-
queurs et les Livres [58] saints eux-

1. H. a. 1405; Arm. a.  1412; Il Chr., xxxvi, 6,7. — 2. Wâ^-M^.
3. Cf. Ezéch., r, 3 sqq.

». Lacune de trois ou quatre mots. — 5. JerÉm., xxvr, 20 sq. — 6. I Chr., vi, 14. — 7. Il y a
quelque confusion dans cet exposé.

94

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

et 5 de Nabouchodonosor, celui-ci monta de nouveau contre Jérusalem ; il imposa
un tribut à Joachim et s'en retourna'. — En l'an 8 de Nabouchodonosor, Joachim
mourut et Joachin son fils lui succéda. Ce Jechonias, surnommé Joachin,
régna trois mois. Il détourna son cœur du Seigneur, et Nabouchodonosor monta
contre lui ; il le fit captif, avec sa mère et les notables, et il les emmena à Baby-

bœuf et un visage d'aigle du côté gau-
che de chacun d'eux quatre. »

Epiphane 8 : « Ezèchiel était du pays
de Sarira3, de race sacerdotale ; il mou-
rut dans le pays des Chaldéens. Il fit de
nombreuses prédictions à ceux de la
Judée. Celui qui avait été établi chef du
peuple d'Israël en cet endroit le fit tuer,
parce qu'il le blâmait d'honorer les ido-
les. On l'ensevelit en ce lieu, dans le
champ de Mâour 4, dans le sépulcre de
Sem et d'Arphaxad, les ancêtres d'A-
braham. Ce sépulcre consistait en une
double caverne. C'est pourquoi, à Hé-
bron, Abraham avait fait le tombeau de
Sara de la même manière. On dit qu'il
était double parce qu'il  y  avait une
[grotte] inférieure cachée sous terre,
tandis que la chambre supérieure était
au niveau du sol, creusée dans le roc
surérninent.

« Ce prophète donna un signe au peu-
ple : Ils devaient observer le fleuve Cho-
bar5 ; quand il manquerait d'eau : la
faux approcherait des confins de la terre ;
quand viendrait l'inondation : le retour
à Jérusalem des enfants d'Israël arrive-
rait.

« Ce saint [prophète] demeurait là, et
beaucoup de gens s'y rendaient près de

mêmes attestent que le grand-prêtre Jo-
sédek fut emmené à Babylone dans une
captivité ; mais il n'est dit nulle part par
quelqu'un des chroniqueurs en quelle
captivité il fut emmené. C'est pourquoi
quiconque est soigneux doit manifeste-
ment [59] observer et considérer que
Nabouchodonosor monta quatre fois pour
emmener le peuple en captivité; la der-
nière fois, il incendia le temple et fit
crever les yeux de Sédécias : le royaume
de Juda prit [alors] fin à Jérusalem. Mais
le sacerdoce ne cessa point. [60] A Jéru-
salem même il resta des prêtres, et il s'en
trouva aussi en captivité, de même que
des prophètes.

En effet, Daniel était captif à Baby-
lone, et aussi Ezèchiel, et ceux de la
famille d'Ananias, [61] qui furent em-
menés en captivité en l'année où Je-
chonias fut pris; et là, l'esprit prophé-
tique était avec eux. En la 2e année de
Nabouchodonosor, Daniel eut un songe,
et le leur fit connaître. Ezèchiel, en la 5e
année [62] de la captivité de Joachim, eut
sa grande vision, sur le fleuve Kobar. —
Au moment de la captivité de Sédécias,
lors de l'incendie du temple, Nabouzar-
dan emmena Sédécias, le conduisit à
Riblat6 ; et, [63] en ce lieu, il fit tuer

1. II Reg., xxvi.

2. Patr. gr., t. XLIII, col. 423. — 3. Sapipâ. — 4. Maoup. —
6. Ms. : Diblat, selon l'usage de la Bible syriaque.

5. Xoêap.

LIVRE IV. CHAP. XX

95

lone. Il y fut enfermé pendant 37 ans1. — Il faut savoir que quand Naboucho-
donosor monta [58] en Pan 3 de Joachim, il avait été envoyé par son père,
Naboupalasour ; quand il revint, son père était mort et il lui succéda. Gela est
connu par le livre des Rois qui dit2 : « En l'an 8 de Nabouchodonosor, celui-ci

lui. Comme il y avait parfois des foules
nombreuses autour de lui, les Chaldéens
craignirent qu'ils ne se révoltassent. Ils
vinrent pour les tuer. Le saint fit en
sorte que les eaux du fleuve s'arrêtas-
sent, de manière que les Juifs purent
fuir par le gué et s'échapper. Tout le
peuple passa et fut sauvé ; mais ceux de
leurs ennemis qui osèrent les poursuivre
furent submergés. Par sa prière, ce
prophète leur procura une abondante
provision [de poissons]3 [59] et obtint
de Dieu que ceux qui tombaient en dé-
faillance revinssent à la vie. — Tandis
que le peuple était opprimé par ses en-
nemis, il alla trouver les chefs, [et les
ayant effrayés par ses prodiges, il les
obligea de cesser] *. Il disait au peu-
ple ° : « Notre espérance a péri, parce
que nous avons hésité», et par le pro-
dige des ossements morts, il leur per-
suada que l'espoir d'Israël viendrait.
Tout en étant en captivité, il leur fai-
sait connaître ce qui se passait à Jéru-
salem. Il fut transporté à Jérusalem
[pour confondre] les incrédules. Comme
Moïse, il vit la figure du Temple. Il con-
damna à Babylone les tribus de Dan et de Gad qui commettaient l'impiété ; il fit venir
des serpents qui dévoraient leurs enfants. Les notables de ces deux tribus lui étaient
opposés, et celui qui le tua eu faisait partie. »

les notables et massacrer le prêtre So-
phonias, Hozias le grand-prêtre, ainsi
que les enfants de Sédécias.

D'après cela, il est notoireque tous ces
prêtres et princes des prêtres étaient
alors en Judée et siégeaient à Jérusalem.
[64] Les chroniqueurs n'ont point omis
de mentionner ceux qui furent emmenés
en captivité ; comme on peut le voir par
le texte de l'Ecriture.

Il est écrit de Josédek qu il descendit
en captivité6. [6o] 11 fut emmené après
avoir exercé 20 ans; il fut là pendant
15 ans; le total des années de son pon-
tificat est donc de 35 ans.

Il eut pour successeur, en Judée, son
fils Josué; il était excellent et fut lui-
même [66] emmené plus tard. Il resta là
jusqu'au temps où régnait Cyrus, ou Ky-
ros, le Perse, qui permit au peuple de
remonter et de rebâtir le temple : Josué
remontalui-même avec les captifs1, et ils
commencèrent à rebâtir le temple en l'an
2 de Cyrus, roi de Perse. Ce Josué [67]
était encore grand-prêtre à cette époque.

1. II Reg., xxvr; II Chr., xxxvr. — 2. II Reg., xxiv, 8 sqq.

3. Lire : \>'<Ls (mss.). — 4. Compléter : aibûM ILoMj 1&~po {add. ms. 12178, f. 237). — 54
Ezéch., xxxvir, 11.

6. I Chr., vi, 15. — 7. Esdr., m, 8.

96

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

amenaprès de lui Joachin qui régna pendant trois mois, après les douze années
de son père, ainsique sa mère et ses serviteurs, qui furent emmenés en captivité
à Babylone. A la place de Joachin, il établit son oncle Sédécias, qui régna pen-
dant 11 ans. » — Il ajoute1 : « le 5e mois, le 9e jour de la 19e année du règne
de Nabouchodonor, Nabouzardan monta et incendia le temple et la ville, après
[59] avoir fait captif Sédécias ».

En l'an 4 de Sédécias, Astyagès3 commença à régner sur les Mèdes, pendant
38 ans. En l'an 11 de Sédécias, Vaphrès3 commença à régner sur les Egyptiens,
pendant 25 ans.

Epiphane : sur le prophète Daniel*. — « Celui-ci était de la tribu de Juda, d'une fa-
mille des grands du royaume ; il fut emmené jeune en captivité de la Judée dans le
pays des Chaldéens. Il se trouva dans l'Assyrie supérieure ; c'était un homme chaste et
on croit qu'il était eunuque. Il s'affligeait beaucoup à propos de la ville de Jérusalem;
il jeûnait et se privait des mets délectables; il était délicat de corps, mais resplen-
dissant par la grâce du Très-Haut. Il pria beaucoup pour Nabouchodonosor, à la
demande de Balthasar, son fils, afin qu'il ne pérît pas, quand il devint en forme de
bête : le devant de son corps et sa tète étaient ceux d'un taureau, le derrière et les
pieds, ceux d'un lion. Le saint connut par une révélation que Nabouchodonosor
était devenu un animal, à cause de l'endurcissement de sa tête et de son amour des
délices du corps; il fut comme un taureau sous le joug de Satan. Ces choses arrivent
aux puissants, à cause de leur insanité; ils deviennent à la fin comme des bêtes et ils
volent, ils pillent, ils blessent, ils tuent. Dieu révéla au saint qu'il mangerait de
l'herbe comme un bœuf et que ce serait pour lui comme la nourriture naturelle des
hommes. C'est pourquoi, Nabouchodonosor lui-même, quand il avait digéré cette
nourriture et retrouvé un cœur humain3, pleurait et invoquait le Seigneur. Nuit et
jour il priait quarante fois. Il devint comme Béhémoth et oublia qu'il était homme ;
la parole lui fut enlevée. Quand il comprenait [cela], il pleurait au point que ses yeux
devinrent comme de la chair à cause de l'abondance de ses larmes. Beaucoup de
gens sortaient delà ville pour le voir; Daniel ne voulait point le voir humilié, mais il
priait continuellement pour lui. II disait : « Il changera et redeviendra homme »;
mais on ne le croyait point.

« Or, Daniel changea ces 6 sept années, qu'il appelle sept temps, en sept mois; de
sorte que le mystère des sept temps fut changé en sa faveur [60], et que les sept
temps qu'il avait établis comme sept mois, s'accomplirent.

1. II Reg., xxv, 8 sqq. — 2. 'AuTuàyvii;. — 3. Oy'açpi;.

4, Patr. gr., t. XLIII, col. 424. — 5. Il faut probablement corriger : u« >3» îûo j^aaj
tiioo U;=u*o • le ms. add. 14178 (f. 237) porte : t^-a ? : oi^aa[so low ^9» <v\ — 6. Lire :
^.ov^ (mss.), et non : Ua*w^..

LIVRE IV. CHAP. XX

97

En cette année Sédécias fut emmené en captivité et le Temple fut détruit; tous
les Juifs furent faits captifs, à peu d'exception près; le royaume de Juda cessa
après avoir brillé durant 155 ans après la ruine du royaume d'Israël.

Jérémie, en apprenant l'incendie du Temple, cacha dans une grotte le taber-
nacle [60j de l'alliance1 et l'arche, en un lieu que personne ne connaît.

Le Temple, depuis que Salomon l'avait bâti jusqu'à ce qu'il fût brûlé, lors de
la quatrième invasion de Nabouchodonosor, avait duré 441 ans. C'est à partir
d'ici que commencent les soixante-dix années de captivité, jusqu'à l'an 2 de
Darius*, fils d'Hystaspe. En effet, les années des vingt-trois rois jusqu'à pré-
sent sont de 525 ans; et depuis Adam il y a 4746 ans 3.

« Quand Nabouchodonosor fut changé, il priaDieu, pour son impiété, pendant six ans
et cinq mois. Quand son iniquité lui eut été pardonnée, sa nourriture lui fut rendue;
mais il ne mangea point de pain ni de viande, et ne but point de vin pendant le temps
de sa pénitence ; car Daniel lui avait prescrit d'obtenir du Seigneur son pardon en n'u-
sant que de graines trempées, de légumes et d'eau.

« C'est pourquoi Balthasar appela Daniel pour le faire son héritier avec ses enfants.
Le vénérable Daniel lui dit : « A Dieu ne plaise que j'abandonne Phéritage de mes
« pères, pour partager Phéritage des incirconcis ! »

« Du temps des autres rois, Daniel fit encore devant eux des prodiges qui ne sont
point écrits. Il mourut là, et fut enseveli seul glorieusement dans le tombeau royal.

« 11 donna un signe à l'aide de la montagne qui est au-dessus de Babylone à savoir :
que, quand la partie septentrionale fumerait, la fin de Babylone arriverait, et quand
elle serait en feu, la fin du monde arriverait ; que si les eaux coulaient dans la partie mé-
ridionale, le peuple retournerait en son pays ; mais si le sang coulait, Satan cause-
rait un grand massacre par toute la terre. — Le vénérable Daniel dit ces choses et
mourut en paix. »

Epiphane : sur Habacuck'. — « Habacuc5 était de la tribu de Siméon, du village de
Beth Sochara 6. II vit d'avance la captivité et la destruction de Jérusalem, et pleura
beaucoup, Quand Nabouchodonosor vint à Jérusalem, il s'enfuit dans la maison
d'un potier 7. et demeura dans le pays d'Ismaël. Quand les Chaldéens furent repartis
et quand ceux qui n'avaient pas été faits captifs et avaient été laissés à Jérusalem
furent descendus 8 en Egypte, il demeura dans son pays et servait les moissonneurs
dans son champ. Ayant pris de la nourriture, il prophétisa aux gens de sa maison et

1. Litt. : u du témoignage ». — 2. Ms. : « de Joas »! — 3. Le chiffre n'est pas clairement indi-
qué dans le ms. Nous le déduisons de la date donnée pour l'avènement de Saùl : 4221 (p. 58, 1. 10).

4. Patr. gr., t. XLIII, col. 418. — 5. 'Ajiëor/oufA. — 6. Bïiôwa/âp [var. : BtSÇouyâp]. — 7. C'est la
traduction littérale ; gr. : et; ' OaTrpaxcvY]v. La forme primitive était probablement un nom propre de lieu.
— 8. Lire ; fcw ou o&>»»> (mss.).

I. 13

98

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

La guerre pendant laquelle Nabouchodonosor poursuivait Jérusalem dura
vingt ans : depuis la 4e année de Joachim, [61] qui était la lrc de Naboucho-
donosor, jusqu'à la IIe année de Sédécias, dans le 5e mois de laquelle Jéru-
salem fut détruite, le Temple incendié, et la royauté abolie. — Ils furent en cap-
tivité à Babylone pendant soixante-dix ans.

Depuis la destruction d'Ilion jusqu'à l'an 11 d'Achaz, qui correspond à la
Ire olympiade chez les Grecs, il y a un total de 438 ans, selon le comput des
Grecs ; et de l'an 11 d'Achaz jusqu'à l'année en laquelle fut détruite Jérusalem,
il y a 216 ans.

leur dit : « Je pars pour une contrée lointaine et je reviendrai promptement ; si je
tarde, portez à manger aux moissonneurs. » Il se trouva [transporté] à Babylone, donna
à dîner à Daniel, et revint auprès des moissonneurs tandis qu'ils mangeaient. Il ne
dit à personne ce qui s'était passé. Il comprit que le peuple reviendrait bientôt de
Babylone; il mourut deux ans avant le retour, et fut enseveli seul dans son champ. Il
avait donné un signe en Judée : Ils verraient1 la lumière dans le Temple, et ainsi, ils
verraient la gloire 2 du Temple. 11 fit connaître la ruine du temple et dit qu'elle serait
causée par un peuple occidental ; [61] qu'ensuite le voile du dabir3 se déchirerait peu
à peu, que les chapiteaux des deux colonnes seraient enlevés, et que personne ne
saurait ce qu'ils étaient devenus. — Ils furent emportés par les anges dans le désert,
à l'endroit où le tabernacle de l'alliance avait été primitivement fixé; à la fin, le Sei-
gneur sera connu, grâce à eux, car ils brilleront comme autrefois pour ceux que le
serpent poursuivra dans les ténèbres *. »

A cette époque le faux prophète Ananias séduisait le peuple de Judée [en assurant
que la ville ne serait pas livrée et qu'ils n'iraient point en captivité5.

A cette même époque6, Solon donnait des lois et abolissait celles de Dracon,
excepté celles sur le meurtre.

A cette époque 7, on donnait à ceux qui avaient remporté la victoire dans la lutte
un tragos, c'est-à-dire un bouc ; de là, ils furent appelés tragédiens.

Il y eut une éclipse 8 de soleil que le sage Thaïes de Milet avait prédite 9.

Quand le roi Sédécias eut été conduit en captivité à Babylone avec tout le peuple
de Juda, les Chaldéens établirent comme chef de ceux qui étaient restés en Judée
Godolia, fils de Ahicham; surgit ensuite Ismaël, fils de Natania, qui tua Godolia et
enleva tout le peuple qui était resté, depuis le plus grand jusqu'au plus petit, et il
s enfuit en Egypte10. Jérémie fut emmené en Egypte avec ceux-ci. Clément d'Alexan-
drie est d'accord sur ces choses, car il dit11 : « En la XLVIIe olympiade18 eut lieu la

1. Lire : (mss.). — 2. Lire : o»ûwaaj.L (mss.). — 3. a7t),wfjia toO Aaêrjp. — 4. Lire : U>û*~3.

— 5. Cf. Jérém., xxvin. — 6. H. a. 1425. — 7. H. a. 1426; Arm. 1428. — 8. Lire : *i^aài>1. —
9. H. a. 1432. — 10. Cf. Jérém., xl-xli. — 11. Strom., 1, 21. — 12. Lire : m*, d'après H. et Arm.

LIVRE IV. CHAP. XXI

99

CHAPITRE XXI. — Quand Jérusalem eut été dévastée, Nabouchodonosor
monta faire la guerre contre Tyr. Il ordonna à ses troupes de jeter des pierres
dans la mer et de faire un passage jusqu'à cette ville. En voyant cela, les habi-
tants de Tyr jetèrent [62] à la mer tout ce qu'ils avaient et s'enfuirent dans des
barques. Ils entourèrent le roi Hiram et le tuèrent; il avait vécu 50 ans, tou-
jours du temps des rois de Juda.

captivité du peuple juif à Babylone, alors que Vaphrès régnait sur les Egyptiens, et
que Philippe était prince des Athéniens. Ceux qui étaient restés en Judée eurent
recours au roi d'Egypte, Vaphrès1. »

A cette époque florissaient, parmi les Grecs, les sept Sages*. Voici leurs noms et
leurs maximes3 : Solon, Athénien : «rien de trop » ; Bias de Priène: « beaucoup de
maux »; [Thaïes; Chilon; Pittacus ; Périandre]4; Cléobule : «une mesure excellente. »

Nabouchodonosor bâtit Babylone et fit le jardin kremastos, c'est-à-dire suspendu;
et il le fit de telle sorte qu'il était une des sept merveilles [du monde].

En l'an 13 de la Captivité , qui était l'an 34 de Nabouchodonosor, il fit une statue
d'or, haute de 60 coudées, à l'occasion de laquelle ceux de la maison d'Ananias
s'illustrèrent".

Nabouchodonosor fut changé en bête, selon la prophétie de Daniel, et il paissait
l'herbe avec les bêtes dans les champs.

A cette époque, il y avait de faux prophètes à Babylone : Achab, Sédécias, Séméï6.

Il y a dans le livre de Jérémie 4252 mots; dans le livre des Rois : [60j437 ; dans
celui des Chroniques : 3053; dans celui d'Ezéchiel : 4376.

A cette époque 8 les jeux gymniques, c'est-à-dire des nus, furent organisés pour
la première fois par les Athéniens.

Pisistrate 9 qui exerçait la tyrannie sur les Athéniens [62] passa en Italie.

A la mort de Nabouchodonosor, son fils Evilmérodak prit l'empire des Chaldéens 10,
et après celui-ci, Balthasar, son frère, sous le règne duquel Daniel interpréta l'écri-
ture qui était apparue sur le mur et qui signifiait que l'empire des Chaldéens devait
passer aux Mèdes et aux Perses 11. Ce Balthasar, fils de Nabouchodonosor, fit, en la
2° année de son règne, un festin pour ses grands. Il buvait le vin en présence
d'un millier d'hommes; mais non pas comme eux12, car il but dans les vases sacrés,
et aussitôt une main sortit et écrivit sa condamnation. La nuit même Darius, mède
et persan, venait et le tuait13.

1. Cf. E. a. 1426. — 2. Cf. H. a. 1438; Arm. 1439. — 3. Cf. Septem sapientum dicta; Paris,
1553. — 4. Lacune de deux lignes; nous rétablissons les noms. — 5. Cf. Dan., irr. — 6. Cf. Jérém.,
xxix, 22-24. — 7. Ainsi a lu l'Arabe (f.  38 v) : ^Wl oik**».  La leçon du ms. devait être :

i^oo. — 8. H. a. 1451 : ô twv riava6ï]voc:o)v yv[mxb; àywv. — 9. IIstff;<TTpatoç ; H. a. 1456. — 10. Lire :
.— H. H. a. 1441. — 12. Leçon très douteuse, donnée aussi par BH. — 13. Cf. Dan., v.

100

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

L'Egypte fut livrée aux troupes de Nabouchodonosor, en échange de leur
labeur contre Tyr. — Nabouchodonosor vécut encore 24 ans, après avoir dé-
truit Jérusalem ; en l'an 22 de son règne commencent pleinement les années de
la Captivité.

Nabouchodonosor mourut en la 25e année de la Captivité générale. — Evilmé-
rodak lui succéda pendant 3 ans (selon d'autres pendant 1 an); après lui vint
Balthasar, pendant 2 ans (selon d'autres, pendant 5 ans)1.

En la lre année de Balthasar, Daniel eut la vision des quatre animaux qui
signifiaient les quatre empires2.

On dit qu'Evilmérodak régna 17 ans, qui doivent être comptés non depuis la mort
de son père, mais depuis que celui-ci fut changé [en bêtej et sortit dans le désert.
Dans la succession de l'empire des Chaldéens, on n'attribue que 3 ans à Evilmérodak
et 5 à son frère.

Tandis qu'Evilmérodak régnait il faisait sortir____3.

A cette époque florissait Ésope, le fabuliste*. A cette époque Abaris 5 vint de la Scy-
thie en Grèce. — Alors florissait aussi Eugamon le Cyrénéen5qui fit un livre appelé
Tèlègonia. — Esope le fabuliste fut tué à cette époque par les habitants de Delphes7.

Les Phocéens occupèrent la mer, en douzième lien, pendant 44 ans8.

Cyrus ou Kouros, le Persan, fit remonter le peuple des Juifs captifs; environ
50.000 hommes remontèrent, rétablirent le sanctuaire et relevèrent les fondements
du Temple. Alors les peuples voisins les empêchèrent et l'œuvre demeura inachevée
jusqu'au temps du roi Darius ; car l'autel seul était relevé9.

L'ensemble de tout le temps de la Captivité est de 70 années, qui doivent être comp-
tées, d'après les uns : de Pan 3 du règne d'Eliacim jusqu'à l'an 19 de Cyrus, roi des
Perses; et selon d'autres : du commencement de la prophétie de Jérémie, qui eut lieu
en l'an 13 de Josias, roi de Juda. De l'an 4 de Jérémie jusqu'à la lre année de Cyrus
[G3], il s'écoula 70 ans ; mais depuis la destruction du Temple, les 70 années finissent
en l'an 2 de Darius 10.

En ce temps-là mourut Stesicorus u, et florissait Simonidès12 ; Xénophanès floris-
sait à Colophon 13.

Chilon 14, un des Sages, fut prince à Lacédémone.

L'empire des Lydiens, qui avait duré 232 ans, cessa alors 15.

1. Cf. H. a. 1441 (an 15 de la Captivité); Arm. a. 1445 (an 20 de la Capt.). — 2. Dan., vir.

3. Lacune de deux lignes. — 4. Cf. H. a. 1454 (gr.). — 5. "Aêapiç; H. a. 1449. — 6. H. a. 1450.
EOyau-wv Kypïjvaîoç. — 7. Lire : L^â.^* ^o; ûnb AsXçwv. — 8. Arm. a. 1441; ms. : 34 ans. Lire : L-u.
(et non |H»a.). — 9. H. a. 1456. — 10. Cf. H. a. 1468; Arm. 1457. — 11. H. a. 1462; SxYidtxopo;.
— 12. H. a. 1463; 2iu.wvÎ8yk. — 13. H. a. 1465; Xevo?avY)ç Ko>o?wvoç. — 14. Xssawv; H. a. 1464.—
15. H. a. 1469 [230 ans]; Arm. 1470 [232 ans].

LIVRE IV. CHAP. XXI

101

[63] Aussitôt que Darius eut tué Balthasar, l'empire des Chaldéens prit fin.
Du temps de Darius le Mède, Daniel fut jeté dans la fosse aux lions pour la pre-
mière fois. Darius éleva Daniel au-dessus de tous ses grands : à cause de cela
il fut jalousé ; mais tandis qu'il fut délivré, les autres périrent par les lions1.

Quand Darius fut tué par Cyrus, les empires des Chaldéens, des Mèdes et des
Assyriensfurentdétruits, et Pempire desPerses subsista seuljusqu'à Alexandre.
Cyrus tua Darius et régna seul; ces empires furent anéantis par la mort de
Darius surnommé Nabounados8. — Cyrus ou Kouros fixa sa résidence à Baby-
lone. II établit, lui aussi, le fidèle Daniel sur les affaires de l'empire. Daniel fit pa-
raître son zèle et il brisa les idoles de Bel, dieu des Babyloniens, qui avait été
le premier roi des Assyriens, le père de Ninus qui bâtit Ninive3. Daniel tua
le Dragon. 11 fut détesté des Babyloniens; les princes le jalousèrent et il fut jeté
dans une fosse où se trouvaient sept lions : c'était la seconde fois. Alors, le pro-
phète Habacuc fut envoyé de Judée et lui apporta à manger. Daniel fut de nou-
veau délivré, et ses ennemis périrent par les lions1.

En cette année-là, le prophète Habacuc mourut.

Cyrus commença à régner seul et s'empara delà ville de Sardes K.

Epiphane6 : sur le prophète Agée. — « Agée revint de Babylone étant encore enfant.
Il prophétisa ouvertement le retour du peuple et vit en partie la reconstruction du
Temple. Quand il mourut, il fut enseveli honorablement à côté des prêtres. »

Sur Zacharie1. — « Celui-ci revint du pays des Chaldéens étant jeune homme. Il pro-
phétisa là beaucoup de choses. Il donna un signe et dit à Josédek qu'il engendrerait
un fils et qu'il exercerait le sacerdoce à Jérusalem; il bénit Salatiel dans son fils et
lui imposa le nom le Zorobabel; il donna un signe de la victoire de Cyrus ; il fit des pré-
dictions sur les cérémonies qu'il devait accomplir à Jérusalem; la majeure partie de
sa prophétie concerne la vocation des Gentils; il écrivit sur la fin [du monde], le
temple, la cessation des prophètes et le jugement8. Il mourut dans une vieillesse
avancée et fut enseveli à côté d'Agée. »

Epiphane 9 : sur Malachie. — « Celui-ci naquit après le retour, à Sopha10. Etant en-
core très jeune, [64] il avait une belle conduite, et, pour cela, était honoré de tout le
peuple, comme un homme vénérable et humble. Ils le surnommèrent Malachie, ce
qui signifie : « ange »J1; son visage était resplendissant. Toutes les fois qu'il faisait
une prophétie, un ange deDieu apparaissait le jour même"; ainsi qu'il arrivait autre-

1. Dan., vr. — 2. Sic!— 3. Cf. ci-dessus, p. 26, 1. 10. — 4. Dan., xtv.

5. H. a. 1471; Arm. 1467. — 6. Patr. gr., t. XLIII, col. 418. — 7. Ibid., col. 419. —8. Les mss.
de Londres présentent une construction différente. — 9. Patr. gr., t. XLIII, col. 419. — 10. Fwcpâ
[var. : Sw^dt], — 11. En réalité le nom de Malachia, d'origine hébraïque, signifie : Jahs'ê règne. —
12. Ms. add. 12178 :        ^o» \Lax>^ ois U*lX ^ok looi bto M» looi

102

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Daniel, voyant le changement de royauté et comptant les années [écoulées]
depuis que Joachim avait été emmené en captivité ainsi que lui-même et les
gens de la maison d'Ananias, crut que les soixante-dix années décernées au
nom de Dieu par Jérémie contre le peuple étaient accomplies, [64] et il se mit à
prier pour le retour du peuple juif dans son pays. — Le 24 du mois, il vit près
du Tigre une vision terrifiante : Un homme revêtu de lin lui dit : « Voici vingt
et un jours que je lutte contre le prince des Perses pour le renvoi du peuple1. »

Cyrus, en cette première année de son règne, renvoya le peuple.

Dans la série des rois chaldéens nous comptons la 32e année* comme étant la
première de Cyrus puisqu'en cette année il tua Nabounados, leur roi, et mit fin
aux empires des Chaldéens, des Assyriens, des Mèdes et des Lydiens, et que
l'empire des Perses occupa seul toute la contrée orientale, jusqu'à la des-
cente d'Alexandre le Macédonien.

En cette année cinquante mille captifs remontèrent et commencèrent à bâtir.
Ils ne remontèrent pas encore tous ; car la parole de Jérémie qui parlait de
soixante-dix ans n'était pas encore entièrement accomplie.

Cyrus était un métis, de deux races. Son père était perse et s'appelait Cam-
byse; sa mère était mède, fille du roi Astyagès.

En Pan 60 de la captivité, la reine des Massagètes tua Cyrus, roi des Perses.
Cambyse, fils de celui-ci, commença un règne de 8 ans. Les Hébreux disent

fois du temps où il n'y avait point de chef, comme il est écrit dans le livre des Juges'5
Il mourut encore jeune et fut enseveli dans son village près de ses pères. »

Après lui, il ne se leva plus aucun prophète chez les Hébreux .....

Cyrus régna 31 ans. — Au début de son règne, les Juifs captifs montèrent rebâtir [le
Temple], selon la prophétie d'Isaïe5. La reconstruction fut empêchée par les nations
environnantes, jusqu'à l'an 6 de Darius, fils d'Hystaspe, pendant l'espace de 46 ans,
comme il est écrit par Pévangéliste Jean 6. — Les captifs remontèrent sous la con-
duite de Zorobabel et de Jésus, fils de Josédek

En l'an 2 de Darius, Daniel fut jeté dans la fosse. En Pan 3 de Cyrus il jeûna vingt
et un jours8.— La même année, Daniel mourut et fut enseveli dans le village9 de Suse.
Il était de la tribu de Judas10 et fils d'Ananias, fils du roi Josias.

Après les 70 ans de la Captivité, Darius régna encore pendant 34 ans.

En l'an 10 de Darius, fut établi le premier consul u.

1. Dan., x; cf. cap. ix. — 2. Ms. : 52 ans. Mais il s'agit vraisemblablement de l'an 32 (di. au
lieu de aj) de la Captivité; cf. Arm. a. 1457.

3. Allusion à Jud., u, 1-5 ('?). — 4. Lacune de trois lignes. — 5. Cf. E. a. 1496. — 6. Jon., n, 20.
— 7. Cf. H. a. 1490. — 8. Dan., x. — 9. Lire : |û-;c. — 10. Cf. ci-dessus, p. 92, 1. 15-16. —
11. E. a. 1504.

LIVRE IV. CHAP. XXI

103

qu'il fut appelé Nabouchodonosor — De son temps naquit Judith qui tua Olo-
phernès qui était du peuple de Magog, c'est-à-dire des Turcs. — Le livre de
Judith comprend 1268 paroles.

En l'an 6 de Cambyse, [6o] en la LXIIP olympiade, il renversa totalement Tyr.

Après la mort de Cambyse régnèrent deux frères Mages, pendant sept mois;
et ensuite [Darius, fils d'Hystaspe], pendant 36 ans. En l'an 22 de celui-ci
furent accomplies les soixante-dix années, en comptant depuis l'incendie du
Temple. — Cela est attesté par Aggée et par Zacharie qui dit3 : « Seigneur,
jusqu'à quand n'auras-tu pas pitié de Jérusalem et des villes de Juda, contre
lesquelles tu as été irrité? voilà les soixante-dix ans! » — Quelques-uns disent que
les soixante-dix ans finissent au commencement du règne de Cyrus; ils les font
commencer à l'an 13 de Josias, quand Jérémie commença à prophétiser. D'autres

En Pan 17 de Darius, Alexandre commença à régner [65] sur les Macédoniens,
pendant 43 ans.4.

A cette époque florissaient : Polycarpe5, Solon6, Démocrite7, philosophes et
poètes; le chroniqueur Hellanicus 8, Heraclite Skoteinos9, le physicien10 Anaxagoras,
le [poète] tragique Eschyle11, ainsi que le poète Panyasis 12.

Harmodius et Aristogiton 13 tuèrent le tyran Hipparchus ; la prostituée Leama14,
pressée de livrer le nom des conjurés, se coupa la langue.

En quatorzième lieu, les Lacédémoniens occupèrent la mer pendant 2 ans ,5; en
quinzième lieu, les habitants de Naxos, pendant [10 ans]16 ; en seizième lieu, les Eré-
triens l7, pendant 17 ans 18„

Le total des années depuis l'incendie du Temple jusqu'à sa reconstruction est
70 ans, et depuis la première année de Cyrus, qui renvoya les captifs, de 44 ans.
— Si quelqu'un demande pourquoi les Hébreux disaient qu'il fut bâti en 46 ans 19,
cette différence de 2 ans vient de ce que les uns comptent depuis te commencement
de la prophétie de Jérémie, d'autres depuis la 3e année de Joachim, d'autres depuis
l'incendie du Temple. —Africanus compte depuis le commencement du règne de Sé-
décias; Daniel, depuis Jérémie; Clément, depuis le moment de l'incendie du Temple.

1. H. a. 1485, 1487; Arm. a. 1486. — 2. Ms. : 3. -3. Zach., r, 12 ; cf. H. a. 1496 [s]; Arm. 1497.

4. E. a. 1514 (= an 19). — 5. Le nom est distinctement écrit; mais il est probable qu'il tran-
scrit un autre nom; aucun Polycarpe n'étant mentionné dans les Carions d'Eusèbe, vers cette date.
— G. Cf. H. a. 1425. — 7. H. a. 1517; Arm. 1514. — 8. 'EUcôhxo?. H. a. 1517. — 9. 'Hpâxtenro; o
ffxoTEivoç; H. a. 1517. — 10. H. a. 1517. Ms. : « musicien ». — 11. H. a. 1523; 1540. — 12. H. a.
1528. IlavTjaatç. — 13. H. a. 1497. 'Apu-oS'-oç y.sù 'ApKTToyettwv. — 14. Aéouva. — 15. Arm. a. 1503; cf.
Eus., I, 225. — 16. Eus., I, 225. Mention omise dans les Canons par H. et Arm. — 17. 'EpsT-pcsT;
(Syno., 247 b). — 18. Eus., i, 225 et Arm. a. 1514 : 15 ans; Sync. : 7 ans. — 19, Joh., h, 20.

104

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

disent qu'elles finissent en l'an 19 de Cyrus, et ils les font commencer à l'an 3
de Joachim1. Eusèbe et Andronicus, comme nous l'avons dit ci-dessus, [les font
finir] en l'an 2 de Darius.

En l'an 6 de Darius, le Temple fut achevé % au mois de yar ; sa hauteur était de
60 coudées, sa largeur de 20.

La somme des années, depuis Salomon jusqu'à la 6e année de Darius en la-
quelle le Temple fut terminé au bout de quarante-six ans, est de 515 ans3.

En l'année 19 de Darius finit le cinquième millénaire, selon cette déduction,
en la LXIXe olympiade.

[Ici] finit avec Vaide du Seigneur ce quatrième Livre, qui comprend XXI cha-
pitres et 835 ans. jusqu'à la fin du cinquième millénaire1'. — Priez pour le pé-
cheur qui Va écrit et pour ses pères.

1. H. a. 1468; Arm. a. 1457. — 2. H. a. 1501. — 3. Le chiffre manque dans le ms. J*e le déduis
du calcul indiqué plus haut (p. 97. 1. 7). — 4. Il y a erreur et contradiction évidente entre les chif-
fres indiqués dans le titre et le colophon de ce Livre.

LIVRE Y

[06] En élevant mon esprit vers la force qui peut tout, qui sait tout, qui di-
rige tout, et en lui demandant de me diriger et de me fortifier par sa grace, je

commence le cinquième llvre qui dérute avec le commencement du sixième
millenaire, l'an 20 de darius le perse, la première annee d'alexandre le
Macédonien, au dérut des consuls des Romains, et au retour de la captivité
des Herreux.

CHAPITRE I. — En Pannée 16 de Darius commence le sixième millénaire
selon beaucoup de chroniques; d'autres disent que le cinquième millénaire
finit en Pan 3 de Xerxès '.

Xerxès, fils de Darius, c'est-à-dire Assuérus 2, régna 21 ans. — En la 2e année
de son règne, il s'empara de l'Egypte; en sa 11e année, il s'empara d'Athènes,
et la détruisit par le feu. Il s'empara aussi de nombreuses villes. De son temps
vivaient Esther et Mardochée. Quand Aman, qui était de la race d'Amalec, voulut
détruire la race de Juda qui était demeurée en captivité, Esther et Mardochée

[00] En ce temps* mourut Pythagoras
le philosophe, après avoir vécu 105 ans*.
Alors 5 florissaient Hellanicus le philo-
sophe ; Héraclitès ; Anaxagoras, stoïcien
et physicien6; Pindarus et Simonidès7,
poètes lyriques ; Diogène8 le philosophe.

Alors aussi était célèbre le peintre
Xeuxis".

A cette époque [florissaient] Apollo-
thémis (?), et Empédocle de Sicile.

Les philosophes pythagoriens floris-
saient alors 10.

Après Josué, fils de Josédek, qui avait
exercé pendant 20 ans, le souverain pon-
tificat des Juifs fut occupé par Joachim.
De son temps finit le 5e millénaire et
périrent [68] ceux qui empêchaient les
Hébreux [de rebâtir le temple] .

A Joachim, qui exerça le souverain
pontificat pendant 46 ans, succéda son
fils Elisée11,pendant 32 ans; (selon Jac-
ques et d'autres, pendant 40 ans). [69]
On dit que du temps de cet Elisée, flo-
rissait le scribe Esdras, docteur de la

I. Aksynorakios. — 2. AkSiros.

3. H. a. 1521; Arm. 1517. — 4. Lire : ovû. — 5. H. a. 1517; Arm. 1514; — 6. Ms. : et Stoicus et
Physicus (!). — 7. H. a. 1530; Arm. 1529; cf. a. 1544. — 8. H. a. 1621; Arm. 1623 (?). — 9. H. a.
1550; lire : .™.™*>oi. — 10. Arm. a. 1562.

II. Êliasib dans l'hébreu et la Vulgate; Néiiém., xrr, 10; xm, 28.

i. 14

106

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

se couvrirent de sacs, et le Seigneur fit retourner la malice d'Aman sur sa
propre tête. Jean écrit : « Quelques-uns disent qu'Esther ne vivait pas du temps
d'Assuérus, et ils allèguent comme preuve que si elle eût vécu de son temps,
ils n'auraient pas été passés sous silence par Esdras qui a écrit sur tous les
événements de cette époque, et même sur le retour [de la captivité]. Mais tous
les chroniqueurs disent qu'ils vivaient en ce temps-là1. »

Après celui-ci, régna Artabanos pendant sept mois. [67] On lui attribue une
année [de règne].

Empédocle se jeta dans le feus, en Si-
cile, et [ses chaussures] revinrentdehors ;
il fut démasqué [et on connut] qu'il
n'était pas dieu.

Theretetus3, qu'on lit chez les en-
fants (?) ; Démocrite et Hippocrate, mé-
decins, florissaient alors 4.

A cette époque3, les Romains envoyè-
rent à Athènes et en rapportèrent la loi
des XII Livres, d'autres disent des XII
Tables.

A cette époque6 florissaient Cratinus
et Plato, auteurs de comédies; ainsi que
Espymiusou selon d'autres Empédoclès1
et Héraclitès8, et Abaris (?), philosophes.

A cette époque prophétisait une femme
[nommée] Eu... — Mélissus, le natura-
liste, florissait alors9.

Hérodote était célèbre 10. [67] Protago-
ras11 et Isocrates12, les sophistes, desquels
la sophistique tire son origine ; et Phi-
dias13 par qui commença la sculpture;
Démocrite  Abdéritès,  Gorgias, Em-

Ioi chez les Hébreux et grammairien cé-
lèbre; il avait reçu d'en-haut le don
[de la science] n.

Après Elisée le souverain pontificat fut
occupé par son fils Joiada ; de son temps
fut achevée la construction du Temple.

A Joiada succéda Jean [70] son fils.

Après le retour du peuple et la recons-
truction de Jérusalem par les princes
des prêtres, on connaît mieux la succes-
sion des souverains pontifes, pendant
tout le temps des Macchabées.

Jean le grand-prêtre exerçait du temps
d'Artaxerxès, roi des Perses; comme
toute la Judée était alors placée sous la
main des rois de Perse, on doit compter
d'après les années de ces rois celles des
grands [71] prêtres qui furent en Judée
en ce temps-là. C'est pourquoi les chro-
niqueurs exposent [que] les jours du
souverain pontificat de Jean [se prolon-
gèrent]15 jusqu'au temps des rois qui
succédèrent au susdit Artaxerxès.

1. Cf. E. a. 1553.

2. Ces deux noms sont altérés ; mais le contexte qui fait allusion à la fable d'Empédocle se jetant
dans l'Etna montre que le second doit être restitué : moà^oo,3l ; cf. H. a. 1561. — 3. ThesetetUs
mathematicus, H. a. 1579; Arm. 1577. — 4 E. a. 1581. — 5. H. a. 1566. — 6. H. a. 1564. — 7. H. a.
1561. — 8. H. a. 1562. — 9. H. a. 1573. Ms. : Mélissus et Physicus étaient alors célèbres! — 10. H.
a. 1572. — 11. H. a. 1574. — 12. H. a. 1616, 1641. — 13. H. a. 1578. .

14. Compléter : |LoJ.a^x>> |ûoo,a*5. BH. Chr. eccl.-, I, 17. — 15. Lacune de deux mdts.

LIVRE V. CHAP. I

107

Ensuite régna Artaxerxès Longuemain, surnommé Arovik1, pendant
41 ans. — Dans la LXXIXe olympiade, et en la 7e année de son règne, Arta-
xerxès ordonna au scribe Esdras de remonter bâtir Jérusalem. Esdras eut une
vision divine; il écrivit les Prophètes de mémoire, car leurs écrits avaient été
brûlés et avaient péri pendant la Captivité. — En Pannée 20 d'Artaxerxès,
INéhémie, Péchanson du roi, fut de nouveau envoyé pour rebâtir Jérusalem, se-

pédocle, Zenon, Parménidès, étaient cé-
lèbres à cette époque s.

Thucydide parut alors3.

Périclès mourut '*.

Aristophanes et Eupolis, poètes co-
miques, florissaient6.

Eschyle, auteur de chants, florissait
alors6; tandis qu'il était assis, un aigle
le frappa violemment à la tête, et il
mourut.

A Rome, une vierge nommée Pompi-
lia, ayant été convaincue de fornication,
fut enterrée vivante7.

Les Eginètes occupèrent la mer, en
dix-septième lieu, pendant 10 ans, jus-
qu'au passage de Xerxès 8.

A cette époque, les Athéniens forti-
fièrent le Pirée9. — Xerxès vint en
Egypte ,0, et la dévasta ; il incendia
Athènes11.

A cette époque eut lieu la bataille des
Thermopyles et le combat naval de Sala-
mine18; ainsi que la bataille de Platea et
celle de Mycale13.

Hiéron exerça la tyrannie h Syracuse,
après Gélon14.

[72] Il eut pour successeur Joiada sur-
nommé Jaddus. Celui-ci dirigea le peu-
ple 40 ans. De son temps vivait un
homme nommé Andromachus15,qui était
prêtre et qui secourait les Hébreux de
toute façon.

[73] Ensuite vint le grand-prêtre Ma-
nassé; il était frère de Jaddus. Ce Ma-
nassé avait bâti un temple sur le mont
Garizimdu temps de son frère Jaddus16;
celui-ci après sa mort [74] eut pour suc-
cesseur ce Manassé qui avait bâti le
temple; ce dernier fut grand-prêtre
pendant 3 ans.

Après Manassé, Andromachus fut éta-
bli grand-prêtre17. Il exerçait du temps
d'Alexandre, roi de la terre, fils de [75]
Philippe le Macédonien : c'est lui qui
reçut le roi avec honneur. Cet Andro-
machus, le grand-prêtre, ayant été tué
par les Samaritains, Alexandre massacra
tout le peuple [76] de Samarie et y fit
habiter des Macédoniens 18.

Après Manassé, on connaît comme
prince des prêtres chez les [Hébreux]19
Onias, fils de Joiada, appelé Jaddus.

1. BH., p. 31 : yaol qui paraît préférable ; comp. 'Aptto^ (Dan., ir, 14) et Elpico-/ (Judith, i, 6).

2. H. a. 1581. — 3. H. a. 1588. — 4. H. a. 1588. — 5. H. a. 1589. — 6. H. a. 1523. — 7. H. a.
1531. — 8. H. a. 1508 (20 ans); Arm. 1531 (Egyptii). — 9. H. a. 1538. — 10. H. a. 1533. — 11. H.
a. 1536. — 12. H. a. 1537. — 13. H. a. 1541. — 14. H. a. 1542.

15. BH. : u»a3oboo^l, Chr. eccl., I, 17. — 16. H. a. 1681. — 17. Des Samaritains? — 18. Cf. H. a.
1685. — 19. Lacune d'un mot; cf. H. a. 1695.

108

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Ion la parole du prophète Daniel : « Sache que de l'issue de ce discours au

retour et à la reconstruction de Jérusalem avec ses murs et ses édifices'..... »

C'est de cette époque d'Artaxerxès qu'Af'ricanus commence à compter les se-
maines indiquées par Daniel.

Néhémie était l'eunuque du roi; il resta douze ans à Jérusalem, et en l'an 32
d'Artaxerxès, Jérusalem fut achevée, sous le souverain pontificat de Joiada,
fils d'Elisée, comme l'atteste Esdras 2.

Si quelqu'un veut compter les soixante-dix semaines de Daniel, qui font quatre
cent quatre-vingt-dix ans, il trouvera qu'elles finissent en l'an 366 des Grecs,
et en l'an 2" de Néron, sous lequel Jérusalem fut détruite.

Le total des années depuis 1 incendie et la destruction du Temple jusqu'ici
est de 131 ans, et depuis qu'il fut rebâti, en l'an 6 de Darius, nous trouvons
73 ans jusqu'ici, [68] d'après les Livres des Prophètes et d'Esdras.

A cette époque naquit Platon4. Le
sophiste Socrate florissait à Athènes;
comme il pervertissait les jeunes gens,
on lui fit boire de la ciguë et il mou-
rut5. — Platon suscita alors l'hérésie(?)6.

Platon etXénophon florissaient alors7.

.....sans principauté pendant 15 ans8.

A cette époque florissait le philosophe
Aristote 9. A cette même époque le feu
[68] se détacha du mont Etna, et beau-
coup de lieux furent incendiés.

Cadmus et Agénor vinrent de Sidon à
Athènes 10 et apportèrent ces seize let-
tres :

ABrAEIKAMNOTTPITY-

Palamède, [fds de] Nauplius d'Argos,
en inventa quatre autres, qui sont celles-
ci : Z0CJ5X.

Et enfin Simonidès trouva les quatre
dernières, savoir : IV H Cl.

Celui-ci exerça 32 ans d'après le livre
d'Andronicus ; [77] Jacques lui attribue
seulement 11 ans.

Après lui vint Siméon, son fils, sur-
nommé le Juste, qui fut grand-prêtre
pendant 32 • ns 11 ; Andronicus dit qu'il
exerça seulement 9 ans [78]. On voit par
là qu'ils ont exercé ensemble 41 ans. Ils
florissaient du temps des quatre rois
grecs qui ont succédé à Alexandre, c'est-
à-dire du temps de Ptolémée [79] et du
temps de Séleucus Nicanor.

A Siméon le Juste succéda le grand-
prêtre Eléazar, son frère. Siméon avait
un fils appelé Onias; mais il était encore
enfant, et pour cela Eléazar fut établi
pendant 10 ans 18.

I. Cf. Dan., ix, 25. — 2. Cf. Néhém., xnr, 28; H. a. 1569 ; Arm. 1572. — 3. Lire o (et non ;
H. a. 1584; Arm. 1586.

4. H. a. 1592. — 5. H. a. 1618; Arm. 1621. — 6. Cf. H. a. 1628; Arm. 1629.— 7. E. a. 1643. —
8. J'ignore à quoi se rapporte cette mention. — 9. H. Cf. a. 1651. — 10. E. a. 1617.

II. H. a. 1717. — 12. H. a. 1729.

LIVRE V. CHAP. II

109

CHAPITRE IL — Des choses qui arrivèrent du temps de Néhémie.

A partir d'ici, nous pouvons trouver la série des années et les événements
qui s'y passèrent dans les livres des Macchabées, clans ceux de Josèphe et du
chroniqueur Africanus

Nous parlerons donc de Néhémie. Il était l'eunuque et Péchanson du roi
Artaxerxès, et hébreu d'origine. Il obtint du roi la permission de remonter [à
Jérusalem]. Les Juifs de Jérusalem n'avaient point alors le feu sacré, car on
l'avait jeté dans un puits en partant pour la captivité. Néhémie ordonna d'ap-
porter de la boue de ce puits, qu'ils jetèrent sur les bois de l'holocauste, et le
feu brûla [de nouveau] après soixante-quatorze ans.

A cette époque, un autre Artaxerxès8 régna sur les Perses 2 mois, et après
lui Sogdianos, pendant 7 mois; après ceux-ci Darius Nothos, pendant 19 ans.

En la 15e année de celui-ci, l'Egypte se révolta contre les Perses; ils se cons-
tituèrent un roi après [en avoir été privés pendant] 124 ans. Dionysios3 excita la
révolte et commença à régner.

Après Alexandre, Perdiccas régna sur les Macédoniens pendant 28 ans.

L'an 19 de Darius, Orestès commença à régner sur les Macédoniens, pen-
dant 3 ans.

Commencement du LXXI0 Jubilé chez les Hébreux*.

En ce temps-là il y eut une éclipse dans les cieuxs, et il y eut un grand tremble-
ment de terre6.

Anaxagoras mourut'. La Sicile tomba sous la démocratie 8.
A cette époque florissaient les Pythagoriciens 9.
Le temple de Hiéra 10 à Argos fut brûlé.

Une femme, Evodia (?), prophétisait du temps de Néhémie11.
Thélésilla, Praxilla et Cléobulina étaient des femmes alors célèbres 12.
Aristarchus, le poète lyrique, florissait alors 13.

Le magicien Abaris Hyperboranus,c'est-à-dire « Superbe », était célèbre14.
Les Athéniens et les Lacédémoniens firent une alliance de 30 ans15.
A cette époque le physicien, c'est-à-dire naturaliste, Mélissus, était célèbre16.
Hérodote, ayant lu ses livres [d'histoire! à Athènes, fut traité avec honneur17.
Le mathématicien Theœtetus [69] florissait alors18.

On dit que les Egyptiens inventèrent les premiers l'alphabet et que les Phéniciens
ont appris d'eux à écrire.

1. H. a. 1571; Arm. 1572. — 2. E. a. 1593. — 3. Dans le grec : 'Au-up^o; Sscrrïjç. H. a. 1604.

4. H. a. 1548. — 5. H. a. 1556; Arm. 1554. — 6. Lire : —7. H. a. 1557. — 8.' H. a. 1555.

— 9. Arm. 1562. — 10. Junon; H. a. 1567. — 11. Cf. p. 106, 1. 25. — 12. H. a. 1566. — 13. IL
a. 1564. — 14. H. a. 1568. — 15. H. a. 1572. Lire : uo>L ou |ta-*u.*, cf. texte, p. 70, 1. 12. — 16.
H. a. 1573. — 17. H. a. 1572. — 18. H. a. 1579.

110

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

A Rome, les jeux séculaires furent célébrés pour la première fois1 [69].
Après ceux-ci, les Gaulois et les Celtes* attaquèrent Rome et s'en emparèrent,
à l'exception du Capitole seul3.

A cette époque, il y eut un très violent tremblement de terre ; des villes très
fortes furent renversées dans le Péloponèse : Elikê et Rourah *.

A cette époque5, les démarques furent choisis à Rome, avec des agoranomes,
c'est-à-dire des chefs du peuple et des proviseurs des marchés; et il n'y eut
plus de consuls.

Néhémie, l'eunuque et l'échanson du roi, après avoir achevé tout le mur
de Jérusalem, revint à Babylone en l'an 32 d'Artaxerxès. — C'est de là que com-
mencent les semaines de Daniel.

CHAPITRE III. — Commencement des quatre cent quatre-vingt-dix ans, de-
puis la restauration de Jérusalem jusqu'à sa destruction totale.

Après Darius, sous lequel l'Egypte s'était révoltée contre le joug des Perses,
Artaxerxès régna sur les Perses, comme gouverneur pendant 40 ans. Les
Hébreux l'appellent Assuérus ; c'est pourquoi Jean dit qu'il croit que l'histoire
d'Esther doit être placée du temps de celui-ci, puisque Assuérus est appelé
Artaxerxès dans la version des LXX.

A cette époque [vivait] le sage Protagoras. Les Athéniens décrétèrent de brûler
ses livres6.

Socrate était devenu célèbre 7. — Phidias fit une Minerve d'ivoire8.
En Italie le peuple des Campani fut alors constitué 9.

A cette époque florissait Sophocle 10, poète lyrique, et les philosophes Démocrite
Abdéritès, Empédocle, Hippias, Prodicus, Zenon et Parménidèsu.

Platon avança une hérésie du temps du onzième roi de Perse; c'est celle-ci : Il
dit que Dieu existait et avec lui la matière, les formes et le monde visible, créé
et périssable; Pâme n'a point été créée, elle est immortelle et ne périra jamais, car
elle est divine. Elle a trois facultés : la raison, c'est-à-dire la pensée, Pirascibilité et
la sensibilité. Les âmes changent de corps, [et vont] jusque dans les reptiles et les
insectes. — Il dit qu'il y a beaucoup de dieux qui proviennent d'un seul. Cet
immonde [philosophe] prescrivait que les femmes fussent à la communauté, et que
personne n'eût de compagne particulière. — Epicure et d'autres adhérèrent à sa
honteuse doctrine et furent appelés, à cause de cela, « platoniciens ».

1. H. a. 1564; Arm. 1565. — 2. Lire : — 3. E. a. 1626. — 4. E. a. 1637; 'EXixr) xal Boûpa.

— 5. 8ïî(xapxoi; H. a. 1568; Arm. 1564.

6. H. a. 1574. — 7. H. a. 1583. — 8. H. a. 1578. — 9. H. a. 1581. — 10. H. a. 1580. — 11. H. a.
1581.

LIVRE V. CHAP. III

111

En Pan 15 d'Artaxerxès, Africanus, dictateur des Romains, détruisit les Car^
thaginois, et il appela le pays de son nom : Afrique.

Néphéritès1 régna sur les Égyptiens 6 ans ; et sur [70] les Macédoniens : Ar-
chélaùs, 4 ans; Amyntas*, 1 an ; Pausanias, 1 an, et de nouveau Amyntas pen-
dant 6 ans.

En Pan 16 d'Artaxerxès, le gouverneur Argaeus3 commença à régner sur les
Macédoniens, pendant 8 ans.

En Pan 20 d'Artaxerxès commença à régner sur les Égyptiens : Psamouthis *
pendant 1 an ; après lui, Néphéritès pendant 1 an ; et après, Nectanébus 5 régna
pendant 18 ans.

En Pan 35 d'Artaxerxès régna sur les Macédoniens Alexandre pendant 1 an;
puis Ptolémée : 3 ans ; et après lui Perdiccas 6 ans.

En l'an 40 d'Artaxerxès Téôs6 commença à régner sur les Egyptiens pendant
2 ans, et après lui Nectanébos7 pendant 12 ans.

En ce temps-là commença la guerre du Péloponèse8 qui se prolongea, très vio-
lente, pendant l'espace [70] de 21 ans.

A cette époque florissait Bacchylidès, auteur de chants9.
La peste opprima et affligea fortement les Athéniens t0.
Périclès mwïrut11.

Les Lacédémoniens détruisent complètement Héraclée12.
Défaite des Athéniens en Sicile13.

A cette époque, il y eut un tremblement de terre ; le feu sortit de nouveau du mont
Etna u, et consuma de nombreux pays. La ville d'Atlante, près de Locres, devint
une île, à la suite d'un tremblement de terre15.

A cette époque, les Lacédémoniens et les Athéniens firent une alliance sincère, pour
un temps très long16.

A cette époque, Euripide termina sa vie près d'Archélaûs 17. Il se trouvait la nuit
dans un endroit désert et écrivait. Le roi Archélaùs étant sorti pour la chasse, ses
chiens tombèrent sur lui, le mirent en pièces, et il mourut. — De même, Posi-
dippe (?), allant la nuit trouver une femme, fut mis en pièces par les chiens et mourut.

A Athènes, Sophocle étant parvenu à l'âge de 90 ans, des granulations se formèrent
dans sa gorge, empêchèrent sa respiration, et il mourut18.

: 1. NsçepsTr,;. — 2. 'AjxyvTa;. — 3. 'Apyaîo;. — 4. Wâ\t.\iov^iz. — 5. Nexxavéë^ç (H. a. 1630). —
6. TsoSî. — 7. NexTavsêô; (H. a. 1650), lire : <*>&*i&*>,

8. H. a. 1585. — 9. H. a. 1586 ; cf. 1549. — 10. E. a. 1587. — 11. H. a. 1588. Lire : a»a^û*U9. —
12. E. a. 1595. — 13. H. a. 1597. — 14. H. a. 1591. — 15. H. a. 1592. — 16. H. a. 1593. — 17. H.
a. 1609. — 18. H. a. 1609.

112

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Ensuite régna sur les Perses Ochos, qui est Artaxerxès II, pendant 27 ans;
celui-ci fut puissant et régna sur les Égyptiens. — Ici cessèrent de nouveau les
rois des Égyptiens, qui furent encore soumis aux Perses.

Tandis que le roi d'Egypte, qui s'appelait [Nejctanébosou selon d'autres,
Nécotanèbonis, s'enfuyait en Ethiopie, un augure lui fit voir les armées nom-
breuses qui venaient sur lui. On dit qu'il était le père d'Alexandre2.

L'empire d'Egypte cessa pendant 42 ans, jusqu'à Domitius, qu'on appelle Pto-
lémée, et qui était un des serviteurs d'Alexandre.

[71] Le roi de Perse, Ochos, opprima les Juifs et les fit tributaires; il les fit
habiter à côté du lac Caspien, dans la ville d'Hyrcanie 3.

A cette époque commença à régner en Macédoine Philippe, père d'Alexandre,
pendant 27 ans; le nom de sa femme est Olympias.

En Pan 13 du persan Ochos, naquit Alexandre, la 8e année [du règne] de son
père, Philippe.

Après Ochos, Arsès4, le persan, fils d'Ochos, régna sur les Perses pendant
4 ans; ensuite Darius, fils d'Arsam5, surnommé Arsace, pendant 6 ans.

Démocritès, ayant été mordu par un serpent, mourut6. — Expédition de Cyrus,
racontée par Xénophon 7. — Les Athéniens commencèrent à se servir des vingt-quatre
lettres, tandis qu'ils n'en employaient autrefois que seize 8.

Le tyran Dionysios régnait à Syracuse 9. Démosthènes, le rhéteur, florissait alorst0,
ainsi que la poétesseHerinna u.

[71] Aristote, à l'âge de 17 ans, écoutait les enseignements de Platon M.

A cette époque 13 eut lieu la description, c'est-à-dire le recensement du peuple, à
Rome. On trouva 175.000 [citoyens].

A cette époque mourut Platon, à l'âge de 82 ans. Speusippus lui succéda u.

A cette époque, Manassé, frère de Jaddus, grand-prêtre des Juifs, bâtit un grand
temple, sur le mont Garizim, à l'imitation de celui de Jérusalem 15.

Dionysios, le tyran, tomba du pouvoir, en Sicile16, et Hipparinus, fils de Dionysios^
devint tyran de Syracuse 17.

A cette époque florissait le philosophe Aristote ; le roi Alexandre fut le disciple
d'Aristote.

Le philosophe Epicure et le peintre Apellès florissaient à cette époque.

1. Lire : u»aai£ûj; cf. H. a. 1666; Arm. 1668. — 2. Tradition orientale, consignée dans le Roman
d'Alexandre, et ailleurs. V. Langlois, Chron. de Michel le Grand, p. 76, n. 4. — 3. H. a. 1658;
Arm. 1657. — 4. 'Apcr^ç "O/ou. — 5. Aapsïoç 'Ap[xouaa[z.oy.

6. H. a. 1616; Arm. 1613. — 7. H. a. 1616. — 8. E. a. 1617; ms. : 19; cf. p. 108. — 9. H. a.
1623? 1649?— 10. H. a. 1657.— 11. H. a. 1665. —12.H. a. 1651. —13. H. a. 1677(160.000); Arm. a.
1676 (165.000). — 14. H. a. 1672. — 15. H. a. 1681. — 16. H. a. 1660. — 17. E. a. J664.

LIVRE V. CHAP. III

113

L'année où ce Darius commença a régner sur les Perses, Alexandre, fils de
Philippe, commença à régner sur les Macédoniens, à Page de vingt ans ; il régna
d'abord dans PHellade. Il était d'une grande stature et haut de trois aunes ; il
s'éleva fort au-dessus de tous les rois ses prédécesseurs ; il s'empara de beau-
coup de pays et fit périr trente-cinq rois ; son camp se composait de cent vingt
mille hommes.

En l'an 6 d'Alexandre, qui était aussi la 6e année de Darius, ils engagèrent
le combat à Issus, ville de Cilicie ; Alexandre vainquit et Darius fut tué ; avec
lui prit fin l'empire des Perses.

Alexandre, après avoir mis fin à l'empire des Babyloniens et des Perses, oc-
cupa Babylone; il soumit PEpirel'Hyrcanie, la Médie; il s'empara de toute
l'Asie supérieure, passa même le fleuve Indus et soumit l'Inde [72] et èaba. Il
prit pour femme Roxane, fille de Darius, et emmena la sœur de celle-ci en cap-
tivité avec elle. Il bâtit douze villes2 ; il fît la Porte de fer pour empêcher les
Huns de sortir : elle était haute de 12 aunes et large de 8. — Il soumit les
Juifs, qui le reçurent bien; il offrit un sacrifice à Dieu et honora le prêtre
Andromachus. Les Samaritains ayant tué ce prêtre, Alexandre revint d'Egypte,
détruisit les Samaritains, et fit habiter des Macédoniens en Samarie3. Il monta
au temple d'Ammon et bâtit Pœretonium \

Étant venu à Babylone, après avoir régné 12 ans et 7 mois, un de ses grands
lui fit boire du poison", et il mourut.

Speusippus mourut etXénocrates prit sa place 6.

Manlius, consul des Romains, fit tuer son fils pour avoir engagé le combat et rem-
porté la victoire sans sa permission7. — Les Romains vainquirent les Saunites; ils
envoyèrent des colonies. Les Saunites sont des Arabes de PArabie appelée Eudaîmôn,
c'est-à-dire florissante8.

Alexandrie la Grande fut bâtie en Egypte, en l'an 7 d'Alexandre, Celui-ci régna
12 ans et bâtit douze villes qui portent chacune le nom d'Alexandrie 9 [72]. Ces villes
furent tracées par d'illustres géomètres athéniens : Aristote, Timéonos (?) etPériclès.

On trouva à Antioche, au milieu du démosion, sur une colonne d'Apollon10, sur une
stèle d'airain, une inscription ainsi conçue : Bartella est plus grande qu'Ephèse de
3011 pieds ; Ephèse surpasse Nicomédie de 1700 pieds ; Nicomédie surpasse Antioche
de 1820 pieds ; et Alexandrie est plus grande que ces quatre villes; car elle mesure
14987 pieds.

1. Traduction probable; cf. p. 116, n. 4. BH. a la même orthographe que notre ms. pour ces trois
noms propres. — 2. V. les noms des douze Alexandrie, dans les Excerpta Barbari, f. 34 b (Eus.,
I, App., p. 210). — 3. H. a. 1865; Arm. 1680. — 4. H. a. 1688. — 5. Lire : L^oo avec BH.

6. H. a. 1680. — 7. H. a. 1684. — 8. H. a. 1692; Arm. 1687; cf. p. 115, n. 21. — 9. Cf. n. 2. —
10. Sic ms. Je croirais volontiers que apolos est un nom de matière défiguré, d'origine grecque.
I. 15

114

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Le livre des Macchabées fait commencer avec cet Alexandre l'empire des
Grecs et le comput des années1. En lui fut accomplie la prophétie de Daniel dans
laquelle le bouc vient tuer le bélier* au bout de deux mille trois cents jours3.

D'après Andronicus, on compte depuis Adam jusqu'au Déluge 2256 ans; du
Déluge à Abraham : 1081 ans; d'Abraham au commandement de Moïse et à
l'Exode : 505 ans; de l'Exode jusqu'à l'an 4 de Salomon, année dans laquelle
le Temple fut bâti : 610 ans: de la construction [du Temple] à la Captivité :
441 ans; la Captivité [dura 70 ans] jusqu'à l'an 2 de Darius; de l'an 2 de Darius
jusqu'à Alexandre : 217 ans ; et en tout depuis Adam jusqu'à Alexandre : 5180 ans.

A Alexandrie on trouve4, dans le quartier alpha : 308 temples5, 1655 cours, 5058
maisons ; 108 bains ; 237 tavernes 6 ; 112 portiques 7 ; — dans le quartier bêta : 110 tem-
ples, 1002 cours, 5990 maisons, 145 bains; 107 tavernes; —dans le quartier gamma :
855 temples, 955 cours, 2140 maisons, ...bains, 205 tavernes; 78 portiques; —
dans le quartier delta : 800 temples, 1120 cours, 5515 maisons; 118.bains; 178 ta-
vernes ; 98 [portiques] ; — dans le quartier hê : 405 temples, 1420 cours, 5593 mai-
sons, ... bains, 118 tavernes; 56 portiques.

Ainsi tous les temples ensemble 8 sont au nombre de 2393 ; les cours : 8102, les
maisons : 47790; les bains : 1561 ; les tavernes : 935, les portiques : 456.

Cela sans parler des quartiers d'Adrianos, qui est immense ; ni de Lochias 9, qui est

1. H. a. 1704; Arm. 1702. — 2. Cf. Dan., vnr. — 3. Ms. ; 240 ans.

4. Je n'ai pu retrouver la source grecque à laquelle l'auteur a puisé cette description. — 5. Ou :
« palais, édifices ». —6. Suptoata. —7. Je pense que liûest une corruption de **o|ûfr*o| = atôaç.
— 8. Il y a des erreurs de chiffres dans ce calcul; car l'addition n'est pas exacte. Voici le total
des chiffres, avec les variantes de la version arabe :


	temples
		cours
		maisons
		bains
		tavernes
		tombeaux
	
quartiers
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	

	Syr.
	Ar.
	Syr.
	Ar.
	Syr.
	Ar.
	Syr.
	Ar.
	Syr.
	Ar.
	Syr.
	Ar.


	308
	308
	1655
	1655
	5058
	5058
	108
	110
	237
	237
	112
	112

P.............
	HO
	108
	1002
	1002
	5090
	5990
	145
	145
	107
	»
	»
	»


	855
	845
	935
	1955
	2140
	2140
	»
	205
	205
	»
	78
	78


	800
	800
	1120
	1120
	5515
	5515
	118
	108
	178
	178
	98
	98


	405
	405
	1420
	1420
	5593
	5593
	»
	241
	118
	118
	56
	56

Total réel. ...
	2478
	2466
	6152
	7152
	24296
	24296
	
	809
	845
	„
	»
	))

Total indiqué.
	2393
	2393
	8102
	8152
	47790
	47789
	1561
	1561
	935
	935
 l
	456
	456

9. Ao/J.cui.

LIVRE V. CHAP. IV

115

CHAPITRE IV.— De V époque où l'empire fut partagé eu quatre et ensuite en
dix.

Ptolémée, un des officiers d'Alexandre qui régna après lui, Pamena à Alexan-
drie [73] et il y fut enseveli. La grande corne se divisa et quatre autres cornes
poussèrent d'au dessous d'elle : ce sont les officiers d'Alexandre qui régnèrent
après lui. Ensuite ils se divisèrent de nouveau, au point qu'il y eut dix rois en
différents pays1.

Ptolémée, fils de Lagos, c'est-à-dire fils du Lièvre, qui succéda à Alexandre à
Alexandrie, régna 40 ans. La première année de son règne il s'empara de Jéru-
salem par ruse et en emmena une troupe de captifs qu'il fit habiter en Egypte,
du temps de Jechonias le grand-prêtre*. De ce Ptolémée tirèrent ensuite leur
nom les rois Ptolémées.

Philippe Aridée régna sur la Macédoine, pendant 7 ans. — En Syrie, en Cili-
cie, en Asie, en Carie3, dans l'Hellespont, en Thrace, en Paphlagonie, en
Epire4, régnèrent huit autres rois, ce qui fait dix en tout. Et la prophétie de Da-
niel dans laquelle la bête avait dix cornes fut accomplie.

en dehors du Pharos, [ni d']Antir-[73]rhodos5, ni de Phospice (?)« du Sérapéon7, ni

de l'île de......s, ni de Zéphyrion9, ni de Canope10, ni du canal Nouveau, ni de Nico-

polis, ni d'Eleusis, ni du Camp de Manutius (?), ni du Bendideion

Alexandrie est plus grande que toutes les villes qui sont dans toute la terre habitée.

A cette époque, les chefs des Macédoniens excitèrent la guerre et la sédition12.

Théophraste le philosophe florissait alors 13. —Démétrius de Phalère était célèbre li.

Ménandre le premier composa un drame : La Colère, et remporta le prix15.

La guerre Lamiaque eut lieu alors16. — Perdiccas alla faire la guerre à l'Egypte17.

Agathoclès devint le tyran de Syracuse 18.

Les philosophes Ménédémus19 et Speusippus florissaient alors 20.

Les Romains soumirent alors complètement les Saunites,c'est-à-dire les Arabes*1.

Les Romains s'annexèrent les Marsiens, les Ombriens, et les Pélignens'*.

A cette époque, les Romains envoyèrent une colonie !3.

Théodore l'athée était alors célèbre24.

1. Dan., vhi. — 2. H. a.1695; Arm. 1693. — 3. BH : Uv&o — 4. BH : wa-iob U'*-\ U~f oî-Sob.

5. 'Avn'ppoôoç. —6. (?). — 7. Sapdmiov. — 8. Les deux noms propres me sont inconnus.

Ils se transcrivent, à la lettre : ANVTINVS " PANDVTVS ; le T répond à un 0 dans le premier, et à un
t dans le second. — 9. Zetpupiov. — 10. Kâvwêoç.—11. Temple de la déesse thrace Bendis. — 12. E.
a. 1693. — 13. H. a. 1696. — 14. H. a. 1697. — 15. H. a. 1696. — 16. H. a. 1694. — 17. E. a. 1694.
— 18. H. a. 1694. — 19. Ms. : Menandros; gr. : MevéSy)|io;. — 20. E. a. 1701. — 21. E. a. 1697;
Arm. 1698. Sauvtxwv 'Apâêwv lxpdaY]aav. — 22. H. a. 1705. Màpcjouç xoù "Iu.opo'j; xoù HaUivoùç
7iap£<TT7i<ravTO. — 23. H. a. 1709. — 2i. II. a. 1713.

116

CIIKONIOUE DE MICHEL LE SYRIEN

v

[74] En la 4e année de Ptolémée régna d'abord en Asie Antigone, pendant
18 ans. Il bâtit Antigonia sur le fleuve Oronte ; Séleucus l'acheva et l'appela
Antioche, [du nom] de son fils Antiochus

En Pan 8 de Ptolémée, Cassandre commença à régner sur [la Macédoine] pen-
dant 19 ans.

En Pan 13 de Ptolémée^ après les douze ans du règne d'Alexandre, Séleucus
commença à régner sur la Syrie et sur toute l'Asie supérieure, sur Babylone et
jusqu'à l'Inde, pendant 33 ans. Il bâtit Antioche, Séleucie, Laodicée, Apamée,
et aussi Béroë, Pella, Germanicia qui est Mar'as2.

C'est à partir de la première année de son règne, en laquelle il bâtit Antioche,
que commence le comput des années des Grecs dont nous nous servons aussi.

Eusèbe compte depuis Adam jusqu'à Séleucus : 4889 ans; Andronicus :
5072 ans ; Annianus : 5181 ans ; Africanus : 5083 ans; Georges : 5085 ans; quel-
ques-uns parmi [76] les Grecs : 5197 ans; Jacques d'Edesse : 5149 ans. — Les
Syriens ont coutume d'admettre 5180 ans.

Démétrius de Phalère vint trouver3 Ptolémée qui donna aux Athéniens la démo-
cratie, c'est-à-dire le règne du peuple +.

A cette époque florissait Claudius, qui est Ptolémée d'Alexandrie, l'astronome ;
il avait composé, sur la science de l'astronomie, un livre qu'il appela Megistos.

La ville de Lysimachia fut bâtie en Thrace 5.

Le comput des Grecs commence à Séleucus Nicator. Le livre des Macchabées
expose, à partir de celui-ci, l'empire des Grecs6. Les Edesséniens comptent aussi à
partir de cette époque7; c'est le comput que nous observons, qui est en usage dans nos
églises et nos livres et qui est appelé [ère] d'Alexandre. En effet, quand ce Séleucus
commença à régner sur la Syrie, la Babylonie et toute [74] la contrée d'Orient, il fit
brûler tous les livres des computs anciens, dans toutes les langues de ce pays, et il fit
une ère nouvelle à partir de la première année de son règne. De là vient8 le comput
des années en Syrie, et il s'est propagé jusqu'à présent.

Alexandre précéda ce Séleucus Nicator de 3 ans, d'après Josèphe et le livre des
Macchabées; d'autres disent de 30 ans, de manière que ce Séleucus aurait com-
mencé à régner en Pan 30 de Ptolémée, successeur d'Alexandre; d'autres complent
45 ans entre eux, d'autres 12 ans. — Nous suivons ceux-ci dans le tableau chronolo-
gique, et nous commençons avec le chiffre là la première année de Séleucus".

1. Arm. a. 1699; cf. H. 1715. — 2. E. a. 1715.

3. Lire Ul. _ H. a. 1714; Arm. 1710. — 5. H. a. 1711. Lire : >*o!U. Suit une lacune de
quelques mots. - 6. H. a. 1704 ; cf. p. 114, 1. 1. — 7. H. a. 1706. — 8. Lire : (et non o\). —
9. Cette mention se rapporte à la disposition des tableaux dans le texte syriaque.

LIVRE V. CHAP. IV

117

Séleucus attaqua Démétrius en Sicile, et s'empara sans crainte de la Syrie et
de l'Asie. Démétrius fut enfermé en Sicile1. — Après Démétrius régna Pyr-
rhus, pendant 7 mois; et après lui Lysimachus, pendant 5 ans.

Ptolémée Philadelphe commença à régner sur l'Egypte en l'an 29 des Grecs.
En la première année de celui-ci, Ptolémée Ceraunus commença à régner sur
la Macédoine pendant 1 an; après lui vint Méléagre pendant 2 mois, et ensuite
Antipater Sosthènes pendant 2 ans.

En l'an 6 de Ptolémée Philadelphe, Antiochus Soter commença à régner sur
la Syrie et l'Asie, après Séleucus, pendant 19 ans.

En Pan 7* de ce môme Philadelphe, Antigone commença à régner sur les Ma-
cédoniens, pendant 36 ans. Et, en cette même année, les Livres [saints] furent
traduits dans l'île de Cypre3.

En Pan 34 des Grecs, l'an 24 de Philadelphe, Antiochus, qui fut appelé dieu',
commença à régner sur la Syrie, pendant 15 ans. — Fin du chapitre quatrième.

Sache5 que depuis la Pc olympiade jusqu'à la lre année de ce Séleucus, il y a 469 ans,
soit en tout 117 olympiades et un an ; et depuis l'incendie du Temple bâti par Salo-
mon : 280 ans.

Si quelqu'un veut savoir à quelle année de l'indiction solaire répond exactement
cette première année de Séleucus à laquelle commence le comput actuel, ou à quelle
année de la lune, ou de la période de 19 ans, ou de la période de 4 ans, il doit retran-
cher du nombre des années depuis Adam les périodes de 28 ans qui sont au nombre
de 185, [et il reste 17 ans; qu'il retranche les périodes de 19 ans], qui sont au nombre
de 273, et il reste 10 ans ; qu'il retranche les périodes de 15 ans, qui forment 346 in-
dictions8, et il reste 7 ans ; qu'il retranche les périodes de 4 ans, qui forment 1299
olvmpiades depuis Adam, et il reste 1 an. Cette olympiade, formée de quatre années
successives, concorde toujours avec l'année bissextile, et il yen a qui l'appellent inter-
calaire. — On doit ajouter les années qui restent aux années d'Alexandre quand on
veut connaître le commencement de l'année, ou de la lune des Romains, ou l'indiction,
ou Tannée bissextile. Mais si l'on commence à Adam, il n'est besoin de rien ajouter,
ni retrancher. — Or, l'année à laquelle commence ce comput des Grecs est l'an 51987,
la 2e année de la CXVIP olympiade. Cette année commence un lundi. [75] Elle était
la seconde dans la période lunaire des Romains8, et la 8e de l'indiction.

A Rome eut lieu le recensement du peuple 9 ; on trouva 270.000 [citoyens].

Ménandre, auteur de comédies, mourut à cette époque10.

1. H. a. 1730. —¦ 2. Ms. : l'an 4. — 3. Restituer : Faros; cf. p. 123, 1. 24. — 4. Théos.

5. Lire : — 6. Ms. : 341. — 7. Lire : i-.oov — 8. Il semble qu'il y a ici une faute et une la-
cune. On s'attendrait à lire : « Elle était la 18e de la période de 28 ans, et la 11e de la période lunaire
de 19 ans. » — 9. E. a. 1723. — 10. H. a. 1725 ; MèvavSpoç.

118

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

CHAPITRE V. — [76] Discoars de Jacques d'Edesse qui montre comment, à
cette époque, les peuples qui étaient sous l'empire des Grecs se révoltèrent et se
constituèrent des rois particuliers, à chaque peuple le sien.

L'empire des Perses ayant pris fin alors que Darius, roi des Perses, régnait seul
sur tous les royaumes des peuples des pays de l'Asie, quand Darius fut tué par
Alexandre, toute cette contrée d'Orient passa sous l'empire des Grecs [tenu] par
les Macédoniens. — Ensuite, ces peuples, dont les royautés avaient cessé, son-
gèrent que l'empire des Perses, qui était proche d'eux par la race et par le pays,
et les avait assujettis pendant longtemps, avait pris fin et avait cessé, tandis que
celui des Grecs qui venait de s'implanter nouvellement était éloigné d'eux par la

Séleucus transporta des Juifs dans les villes qu'il avait bâties, et les fit jouir des
mêmes privilèges que les Grecs'.

Les Romains vainquirent les Celtes et les Tvrrhéniens ; et ils s'emparèrent du ter-
ritoire des Sabins*.

A cette époque Sérapis vint à Alexandrie 3.

Démétrius se livra lui-même à Séleucus, d'après ce que disent quelques auteurs4.
A cette époque une tour fut bâtie à Alexandrie, à Pharos, île de Protée5, par Sostratus
Cnidius, fils de Dexiphanès6.

Milo livra Tarente aux Romains7.

Les Romains soumirent la Calabre et Messine8.

Antigonus Gonatas occupait [Lacédémone]9.

Soixante-douze savants hébreux montèrent à Alexandrie et traduisirent les Livres
[saints]. Ptolémée, en voyant les livres apportés de Jérusalem, qui étaient écrits en
lettres d'or, fut saisi d'une grande admiration 10.

En Sicile beaucoup de villes se soumirent aux Romains ; les Romains fondèrent
des colonies u.

Le philosophe Polémon mourut à cette époque ; après lui florissaient Acrétas et
Acratès la.

A cette époque mourut [Zenon le] stoïcien ; après lui florissait Cléantès 13.

1. H. a. 1727. Lire : — 2. H. a. 1726. — 3. 'O Sipaïuç ?j é 26poncic    6 Sdpamc — 4. H.

a. 1731 ; arm. 1738. — 5. Une légende consignée dans le Pseudo-Callisthènes fait de l'île de Pharos
le séjour de Protée; de là elle est appelée Ttpwxsta. Corriger en ce sens notre traduction ci-dessus,
p. 37, 1. 22 (au lieu de : du port). — 6. H. a. 1733; Arm. 1734; SwcnrpTcxoç Aeltçâvto; Kvt'Stoç. —
7. H. a. 1742 ; Arm. 1737. — 8. H. a. 1744; Arm. 1749. — 9. H. a. 1735. — 10. E. a. 1736. —
11. H. a. 1752; Arm. 1746, 1750. — 12. La restitution des deux derniers noms'est à faire d'après
les versions. Sync. : lloXéu-wv... u.e6' ov 'AXxIxaç *a\ KpâxYj;; Hier., a. 1749 : Polemo... post quem
Archesilas et Crates; Arm., a. 1743 : ... Arcelaus qui et Caton. — 13. H. a. 1753. KXsavOYj;. Ms.
Cleansios. Lire : usa^A'û.

LIVRE V. CHAP. V

119

race et par le pays; ils virent aussi qu'il était partagé entre plusieurs et troublé
en lui-même faute de concorde. En effet, les uns régnaient en Macédoine, les
autres en Épire, ceux-ci en Thessalie, ceux-là en Thrace, d'autres en Asie,
d'autres en Egypte, d'autres en Syrie. Ceux qui étaient en Syrie et qui paraissaient
voisins étaient surtout occupés à la guerre contre les autres rois des Grecs.
Quand les peuples qui avaient été jadis soumis à l'empire des Perses comprirent
ces choses, la plupart s'éloignèrent des Grecs, se donnèrent la liberté, et chacun
d'eux se constitua une royauté indépendante.

D'abord, ceux qui étaient dans la région des Parthes, dont les Mèdes s'étaient
emparés, après avoir été soumis aux Grecs pendant 74 ans, se constituèrent
un roi nommé Arsace, en l'année 62 du comput des Grecs. Comme celui-ci
fortifia beaucoup leur empire, tous les rois ses successeurs sont surnommés
Arsacides ; de leur nombre fut Barzapharnès1 qui envahit la Syrie et la Pales-
tine du temps d'Auguste le Romain et d'Hyrcan le Juif.

Pareillement, le peuple des Hyrcaniens qui sont près des Parthes, plus au
nord, en voyant l'autonomie des Parthes, se constituèrent aussi en royaume
indépendant. Tantôt ils s'unissaient contre les Grecs avec les Parthes, et tantôt
ils s'élevaient contre ceux-ci.

Les Arméniens, stimulés par ceux-ci, se constituèrent aussi un empire dans
la Grande-Arménie, jusqu'à la mer [77] Caspienne, dans les montagnes appelées
Caucase et certaines parties de l'Ibérie, c'est-à-dire de la Géorgie2. Neuf rois
d'une même race régnèrent parmi eux : Khosrau, Tartad, Khosrau, Tîran,
Asaq, Pâph, Orostat, Asaq, Balânasaq. — Ensuite quand le second empire des
Perses eut de nouveau prévalu, de peur que les Arméniens ne se convertissent
et ne s'unissent à l'empire des Romains par le christianisme, ils les opprimèrent
par la guerre et les soumirent, au point d'anéantir complètement leur puissance.
Ils ne laissèrent pas même un seul des soldats qu'ils virent, mais ils les prirent
tous pour eux comme esclaves. C'est ainsi qu'en Arménie commença l'empire
des Arméniens, et ainsi qu'il finit.

Dans le pays de Mésopotamie, appelé Osrhoène, en l'an 180 selon le comput
des Grecs, avant que la royauté des Grecs de Syrie, qui dura 40 ans, ne fût dé-
truite, alors que régnait à Alexandrie Ptolémée Évergète, le VIIe des Lagides,
sur la Syrie : Antiochus Sidétès, et sur les Juifs : Simon, frère de Jonathas, dé-
faillit la race de ceux qui étaient à Édesse et qu'on appelait Syro-Macédoniens ; ils
étaient descendus d'Edesse de Macédoine avec Alexandre le Grand et avaient re-
bâti Orhoë, qu'ils nommèrent Édesse du nom de leur propre ville. Comme il ne se
trouvait là personne de race grecque pour soutenir et garder la dignité de Pem-

1. BapÇacfàpvr,:. Cf. Jos., Ant., XIV, xm ; Bell. Jud , I, xm. — 2. Ms   : Gourzân.

120

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

pire des Grecs de Syrie, le peuple qui s'y était implanté autrefois, et qui était
de racearaméenne, prévalut: s'étant aussi affranchis delà suzeraineté des Parthes,
ils établirent à Edesse pour roi un d'entre eux nommé Abgar. Il était courageux,
fort et expérimenté à la guerre. Lui, et ses enfants après lui, dominèrent jusqu'à
la frontière' de Babylone pendant 380 ans, depuis l'année 180 des Grecs jusqu'à
l'année 560 du même comput. Ces rois d'Edesse régnèrent aussi sur le pays des
Arméniens jusqu'à* ce que ceux-ci se fussent eux-mêmes constitué un roi. Plu-
sieurs s'appelèrent de ce nom d'Abgar, parce qu'ils étaient pris d'affection pour
ce grand Abgar Ier. Les Edesséniens et leurs rois tombèrent sous le joug des
Romains en l'an 477 du comput des Grecs, la 7e année de Lucius, empereur des
Romains, alors que ce Lucius fit la guerre avec les Parthes, les vainquit et les
soumit. Ils furent sans roi et leur royauté cessa totalement [78] en la 59 année
de Philippe, empereur des Romains, en l'année 560 du comput des Grecs. La
royauté leur fut enlevée du temps d'Abgar Soros ; en effet, les Romains chas-
sèrent celui-ci, parce qu'il avait voulu se révolter contre eux ; ils établirent
Aurelianus, fils de Habesai, comme gouverneur, au lieu de roi, et leur impo-
sèrent [un tribut] de servitude. — Ainsi finit la royauté des Edesséniens après
avoir subsisté, comme je l'ai dit, 380 ans, en Pannée 560 des Grecs, la 5e de Phi-
lippe, mille ans après la fondation de Rome.

Eusèbe ne fait point mention de ces choses, mais il dit en abrégé ceci : « A
Edesse régna Abgar, homme probe, comme dit Africanus3. » 22 ans avant que
le royaume d'Edesse ne prît fin, en Pannée 538 des Grecs, la première année
d'Alexandre, fils de Mamma, alors que d'autres empires commençaient à pa-
raître dans les pays d'Orient, le dernier empire des Perses s'éleva subitement,
se fortifia, domina jusqu'aux limites de Plnde, et mit fin à tous les royaumes de
ces contrées. Cet empire s'éleva donc en l'année 538 des Grecs, et soumit tous
les royaumes, je veux dire : les Parthes, les Hyrcaniens, les Caramaniens*, les
Mèdes, ceux qui sont dans la Margiane, ceux de Hérat, les Houzayê, les Chal-
déens, les Assyriens. Alors ces rois puissants commencèrent à envahir les con-
trées de la Syrie et de la Mésopotamie, qui étaient sous le joug des Romains,
pour les piller et les dévaster. Eusèbe fait aussi mention de cela en passant,
quand il écrit que le roi Sapor II envahit la Syrie, la Cilicie et la Cappadoce 6.

Tous ces empires s'étaient élevés en ces temps-là dans les contrées de la
Grande-Asie, sans parler de ceux des contrées de l'Inde, ni de ceux du nord,
dans les contrées de la Sérique qu'on appelle Turkestan6. — Fin de ce chapitre.

1. Lire : t*s<Ws.X — 2. Lire : Uo,>. — 3. H. a. 2234; Arm. 2235.— 4. Ms. : Qadmanoyê. —5. H.
a. 2275, — (]. Tssnstn, que je suppose une corruption pour Turkestan (ou Sinistan).

LIVRE V. CHAP. VI

121

CHAPITRE VI. — [79] En Pannée 34 de Ptolémée, les Parthes se révoltèrent
contre les Macédoniens et se constituèrent un roi nommé Arsace. De là ils sont
appelés Arsacides. Et dès cette époque les Perses se révoltèrent contre les Grecs.
Ces peuples, en effet, avaient été universellement soumis à l'empire des Grecs
depuis le temps d'Alexandre jusqu'à présent. Comme les Perses n'avaient pas
encore de royauté complète, mais seulement partielle, nous ne la faisons pas
entrer dans l'ordre chronologique. Ce royaume partiel des Perses, appelés
Arsacides, commença à la CXXX1IP olympiade ».

En Pannée 67 des Grecs [Ptolémée Evergète] régna en Egypte ; et, en cette
même année, Séleucus Callinicus, en Syrie.

En Pannée 702 des Grecs régna en Macédoine Démétrius Philippe. — A cette
époque Onias, fils de Siméon le Juste, était grand-prêtre des Hébreux. Cet
Onias ne voulut pas donner au roi d'Egypte le tribut habituel ; à cause de cela,
Ptolémée Evergète entra en colère ; et comme il s'apprêtait à détruire les Hébreux,
Joseph, homme sage et courageux d'entre les Juifs qui l'envoyèrent près de
lui, obtint son amitié et apaisa sa colère ; il obtint même de lui l'autorité et dès
lors il parut comme général en Judée sur toutes les villes 3.

En Pannée 87 des Grecs, régna en Syrie un autre Séleucus, surnommé Cérau-

[78] Antigonus rendit la liberté aux Athéniens 4 et les ... stratèges3...
A cette époque les Carthaginois enlevèrent aux Romains 90 navires en Sicile, et
obligèrent le consul Métellus à fuir 6.

A cette époque florissait le médecin Erasistratus, très honoré auprès des rois7.
A cette époque mourut Epicure.

A cette époque il y eut un recensement à Rome ; on trouva que le peuple com-
prenait 260.000 [citoyens] 8.

A cette époque, Séleucus, roi de Syrie, surnommé Callinicus, bâtit des villes sur
le fleuve de l'Euphrate; il appela l'une d'elles, de son nom, Callinice, et une autre
Carchis9.

A cette époque ,0, le grand temple dédié à la déesse Vesta, à Rome, brûla. Son
incendie fut prodigieux. Le feu y prit subitement [79] et on ne sut jamais qui l'y
avait mis. Il consuma les pierres et la poussière du sol, de sorte qu'il n'en resta
absolument rien. Beaucoup de gens, et pour ainsi dire toute la ville, y étaient assem-
blés; une petite partie même ne put échapper à la colère de justice.

1. H. a. 1769; Arm. 1766. — 2. Lire : ^ (et non ^J. — 3. H. a. 1771; Arm. 1770; cf. Jos., Ant.,
XII, iv.

4. E. a. 1761. — 5. Phrase mutilée ou mal copiée; Arabe : lo»<*i sUol^ hcn u3o . «-i* L U

.....^o^^a^o . «i^o <>ai^ . _ 6. H. a. 1765. — 7. H. a. 1760; Arm. 1758. — 8. H. a.

1773; Arm. 1774. — 9. BH. (p. 38) : va«^o^. — 10. H. a. 1775.

IL 16

122

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

nus. Celui-ci régna seulement 3 ans; après lui régna Antiochus le Grand, pen-
dant 36 ans. — Ici commencent les exploits des Macchabées.

Ptolémée Philopator1 commença à régner sur l'Egypte en Pan 93 des Grecs,
en l'indiction 10e; il opprimait les Juifs. La 17e année de son règne il fut vaincu
par Antiochus le Grand ; cet Antiochus, roi de Syrie et d'Asie, ayant défait le roi
d'Egypte, vint en Judée et la soumit8. Alors arrivèrent aux Juifs les choses qui
sont racontées dans la première histoire des Macchabées3.

En l'année 110 des Grecs commença à régner sur l'Egypte Ptolémée Epiphane,
[80] pendant 21 ans (d'après un ms. : 24 ans). Celui-ci envoya le général Scopa
qui s'empara des villes de la Judée et de la Syrie4. Antiochus le Grand s'avança
de nouveau contre lui, le vainquit et lui reprit toutes les villes Les Juifs se sou-
mirent volontiers à la domination d'Antiochus qui les honora de présents et les
félicita dans ses lettres6. Cet Antiochus s'empara des routes, construisit des che-
mins7, des ponts de pierre sur les fleuves et des gués pour le passage des troupes.
— En l'an 11 du règne de cet Antiochus le Grand, il engagea le combat avec les
Romains aux Thermopyles et fut vaincu; ils emmenèrent même, comme otage, à
Rome, son fils qui est Antiochus Epiphane, et il convint de donner chaque année
mille talents d'or8. Dès lors l'empire des Grecs fut placé sous la main des Romains.

En la 3e année de son règne, Philippe commença à régner sur les Macédo-
niens, pendant 42 ans9.

Antiochus engagea de nombreux combats avec Ptolémée d'Egypte. La pro-
phétie de Daniel10, qui montre la lutte des rois du Nord et du Midi, [fut accomplie]

A cette époque, une jeune vierge libre, ayant été outragée malgré elle par un
esclave de son père, se suicida11.

Pendant tout le règne de Séleucus Callinicus, les tremblements de terre ne
cessèrent point en Carie, et à Rhodes, au point que [le grand colosse] tomba;
ensuite18...

A cette époque, Antigone, roi des Macédoniens, rendit la liberté aux Athéniens13,
et les fit grandir parmi les peuples.

A cette époque les Romains tuèrent environ 40.000 Gaulois14.

La Carie10, Rhodes et tous les endroits environnants furent ébranlés, au point
même que le grand colosse tomba16.

I. Ms.: Philosophos.— 2. H. a. 1807; Arm. 1805. — 3. Arm. 1795; cf. H. 1797. — 4. H. a. 1814;
Arm. 1813. — 5. H. a. 1820; Arm. 1818. — 6. H. a. 1822; Arm. 1820. — 7. Strata (ar. : ;
cf. Thés, syriacus, col. 303. — 8. E. a. 1825. — 9. Ms. : 40 ans. — 10. Dan., xi.

II. H. a. 1781. — 12. H. a. 1793; Arm. 1792. La phrase est mutilée. — 13. Répétition; H, a.
1761. — 14. H. a. 1788; Arm. 1790. — 15. Lire : >*»<mojo Ui\*o. — 16. Répétition; H. a. 1793.

LIVRE V. CHAP. VI

123

en lui et dans les rois ses successeurs qui engagèrent de nombreux combats
avec les rois égyptiens. Il était descendu contre Élam, capitale des Perses, et
il mourut là, comme avait prédit Daniel : « En peu de temps, il sera brisé, mais
non pas dans le combat1. » — D'autres disent qu'en l'an 13 de Ptolémée, il fit la
paix avec Antiochus le Grand et lui donna sa fille Cléopâtre, avec la Syrie, la
Phénicie, la Samarie et la Judée pour dot*.

En l'an 17 de Ptolémée, Antiochus le Grand fut tué, chez les Perses, qui le la-
pidèrent dans le temple de la déesse Nanai.

Séleucus commença à régner sur la Syrie. — En l'an 10 de son règne, Hélio-
dore3, son intendant, fut frappé par le châtiment de Dieu parce qu'il opprimait
sans pitié les Juifs.

A cette époque, les Romains s'empa-
rèrent de Syracuse, sous le commande-
ment de Marcellus \

En ce [80] temps florissait Erato-
sthènes8.

A cette époque, à Rome, des vierges
convaincues de fornication furent en-
terrées vivantes R.

Les Romains soumirent Capoue 7.

A cette époque, Scipion soumit aux
Romains beaucoup de villes en Ibérie 8.

[Près de Téraj apparut une île qui fut
appelée Hiéra, c'est-à-dire : sacrée9.

Les Romains laissèrent les Grecs
libres, et soumirent toute l'Ibérie10.

Après la défaite d'Antiochus par les
Romains, il fut convenu entre eux qu'il
leur paierait chaque année un tribut de
1000 talents11.

A cette époque, les Romains envoyè-
rent différentes colonies 1S.

Antiochus, redevenu l'ami de Ptolé-

Ptolémée d'Alexandrie donna la liberté
aux Juifs captifs en Egypte, et envoya
des offrandes au grand-prêtre Eléazar 13.

En la 5e année [80] de son règne, qui
estla 33e de Séleucus, en la CXXVe olym-
piade14, la lrc année d'Antiochus Sôter,
en l'indiction 10e, le roi Ptolémée Phi-
ladelphe 15 envoya trouver le grand-prêtre
des Juifs, Eléazar, qui lui expédia tous
les livres des Hébreux et des hommes qui

connaissaient l'hébreu et le grec, au nom-
ci '

bre de soixante-douze16. Le roi les établit
dans l'île de Faros ; il leur fit bâtir trente-
six cellules : une pour deux, et les aver-
tit de ne rien changer. Ils traduisirent
les livres en soixante-douze jours. Cha-
que couple traduisit [81] tous les livres,
et il y eut trente-six copies; quand on
les collationna entre elles, elles étaient
comme si elles avaient été traduites par
un seul homme. Le roi plaça ces copies
dans la librairie, dans sa bibliothèque,

1. Dan., xi, 20. — 2. H. a. 1827 ; Arm. 1826. — 3. Ms. Diodore ; cf. H. a. 1833; Arm. 1830.

4. H. a. 1804 ; Arm. 1805. — 5. H. a. 1803 ; Arm. 1802. — 6. E. a. 1802. — 7. H. a. 1805 ; Arm.
1806. — 8. H. a. 1813. — 9. H. a. 1818 ; Arm. 1815. — 10. H. a. 1822. — 11. H. a. 1825. — 12. H.
a. 1826.

13. H. a. 1735. — 14. Ms. : CVe. — 15. Ms. : Pt. Philipos. — 16. Cf. E. a. 1736.

124

GHR0N1QUE.DE MICHEL LE SYRIEN

En l'an 137 des Grecs commença à régner Antiochus Epiphane, fils d'Antio-
chus le Grand, après avoir été otage, à Rome pendant 11 ans1. Aussitôt il s'avança
[81] contre Ptolémée en Egypte ; ayant été retenu par les Romains, il revint en
Judée et donna le souverain pontificat à Jésus, surnommé Jason, frère d'Onias.
Puis il le lui enleva et le donna à Onias, surnommé Ménélaùs; ceux-ci luttèrent
ensemble, et les difficultés se multiplièrent pour les Juifs2.

CHAPITRE VII3. — Commencement des Macchabées.

Mathathias, fils de Jean, fils de Siméon le prêtre, de la famille de Yonadab4, habi-
tait à Modiim. Il avait cinq fils: Jean, surnommé Gadai; Siméon Tarsai; Judas
Macchabée, Eléazar Haouran, et Jonathan Niphos. Ceux-ci s'affligeaient de la
transgression delà loi. Ayant vu un Juif qui sacrifiait [aux idoles], ils s'irritèrent
et le tuèrent ainsi que le chef qui les obligeait à sacrifier et ils détruisirent l'autel.
Mathathias s'enfuit dans la montagne avec ceux qui étaient zélés pour la loi, et
ils rétablirent la loi de leurs pères.

mée, fit avec lui un traité d'amitié, et lui
donna sa fille Cléopâtre en mariage,
avec la Syrie, la Phénicie, la Samarie
et la Judée comme dot3.

Le second livre des Macchabées com-
mence en cette année6.

De la destruction d'Ilion jusqu'ici il y
a 1000 ans7.

Siméon, préposé au temple de Jéru-
salem, [81] s'enfuit près d'Apollonius8,
stratège de la Phénicie, et lui promit de

à Alexandrie. De là provient cette ver-
sion qui est partout connue sous le nom
de Septante9.

Voici les noms des soixante-douze
hommes qui traduisirent les livres10 :

De la tribu de Ruben : Joseph, Ezè-
chiel1', Elisée,Zacharie, Jean, Ezèchiel;
— de la tribu de Siméon : Judas, Siméon,
Adai, Samuel, Matthias12, Salamias13; —
[82] de la tribu de Lévi : Néhémie, Jo-
seph, Théodose, Bousisu,Hourni18, Dou-

1. Cf. I Macch., i, 11. — 2. H. a. 1841 ; Arm. 1840. — 3. Ms. : ch. iv (» pour l). — 4. LXX :
'Iwapîë; I Macch., ir, 1. Comp. aussi les noms et surnoms grecs des fils de Mathathias [ibid., 2-5;
et Jos., Antiq., XII, viir).

5. H. a. 1827; Arm. 1826   —6. H. a. 1829; Arm. 1830. — 7. Arm. 1834. — 8. Ms. : Apollonicus.

9. Tous ces détails légendaires tirent leur origine de la lettre (apocryphe) d'Aristée. Cf. Jos.,
Ant., XII, n. Voir aussi ; Philon, Vita Mosis, II, 6; S. Just., Cohort. ad Gr., XIII ; Clem. Alex.,
Strom., I, 22 ; Talmud de Bab., Tr. Méghilla; Hieron., Adv. Ruf., P. L., XXIII, 449 ; Hody, De Bi-
blior. textibus origin., t. I; Langlois, Chr. de Michel, p. 79, n. 1. — 10. Ces noms, omis par Joseph,
sont conservés dans quelques-uns des ouvrages cités dans la note précédente. Ils existent en
syriaque dans le ms. add. 14601, fol. 162, et dans le chap. lu du Livre de l'Abeille de Salomon de
Bassora (éd. Budge. p. 136; trad , p. 120). M. Budge a donné les variantes. Nous complétons les
quelques noms omis d'après son édition, mais en suivant l'ordre de l'abrégé arménien (Langlois,
p. 78). — 11. Budge : Ezéchias. — 12. B. : Mathathias. — 13. B. : Salmai. — 14. B. : Basa. —
15. B. : Adonias.

LIVRE V. CHAP. VII

125

En Pannée 149, la 18e de Ptolémée, Antiochus Epiphane mourut dans le pays
des Perses, frappé par Dieu d'une cruelle maladie1, et Antiochus Eupator com-
mença à régner pendant 2 ans2. Celui-ci multiplia encore les maux des Juifs.
L'annéesuivante, Antiochus envoya Gorgias, avec une armée de 120.000 hommes,
à Jérusalem. Pendant le combat, Eléazar Haouran vit un grand éléphant et pensa
qu'il portait le roi. Il s'avança au-dessous de lui et lui perça le ventre avec le
glaive. L'éléphant s'affaissa et tomba sur lui, et il mourut3. Quand le combat eut
cessé, on rassembla les cadavres pour les ensevelir; en les recueillant ils trou-
vèrent sous les vêtements de chacun d'eux de l'or des idoles de Yamnia4.
Judas envoya trois mille [drachmes]5 d'argent aux prêtres de Jérusalem pour
qu'ils fissent des offrandes pour ceux qui étaient morts, et qu'ils intercédassent
pour eux, à cause de l'espérance de la résurrection.

A cette époque, un premier temple fut bâti au Seigneur parmi les Gentils,
Onias l'avait bâti à Héliopolis6, en Egypte, et il y accomplissait les fonctions
sacrées selon Pusage des Juifs. Ce temple fut détruit quand Jérusalem fut prise
par Vespasien et son fils Titus.

l'argent pour obtenir le souverain pon-
tificat7. Ces choses étant parvenues à la
connaissance de Séleucus, celui-ci en-
voya Héliodore, qui, étant venu, fit
beaucoup de mal ; c'est pourquoi il fut
châtié par les coups du Seigneur.

A cette époque Samouni et ses fils fu-
rent couronnés [du martyre] avec le prê-
tre Eléazar. — Antiochus vint à Jérusa-
lem, pilla le temple de Dieu et les cho-
ses sacrées qui s'y trouvaient. Il y érigea
une statue de Zeus Olympicus, c'est-à-
dire céleste; et il bâtit à Samarie, sur
le mont Garizim, un temple à Zeus Hos-
pitalis8. Les Samaritains permirent cela.

qios9; — de la tribu de Judas : Jonathan10,
Abdai11, Elisée, Hananias, Zacharie,
Helcias ; — de la tribu d'Issachar :
Isaac, Jacob, Jésus, Sambat, Siméon,
Lévi; — de la tribu de Zabulon : Judas,
Joseph, Jésus1*, Zacharie, [Siméon], Sa-
muel; — de la tribu de Gad : [Sambat,
Sédécias], Jacob,Isaac,Osias l3,Matthaiu;
— de la tribu d'Aser : Théodose, Jason,
Jésus, Théodote, Jean, Jonathan15 ; — de
la tribu de Dan : Théophile, Abraham,
Arsamoslf', Jason, Jérémie, Daniel ; — de
la tribu de Nephtali : Jérémie, Eliézer,
Zacharie, Benias, Elisée, Dothan17 ; — de
la tribu de Benjamin : Jean. Isilaùs18,

1. I Macch., vr. 16, 17; cf. II Macch., ix. — 2. Ms. : Epiphane Eupator. — 3. Cf. I Macch., vr
43 sqq.; cf. il Macch., x. — 4. (spcàu-axa xwv àrco 'laavsîaç s'tôwXwv ; II Macch., xir, 40. — 5. 12.000
(ibid..W). — 6. Ms. : Heliosphantos. Cf. Jos., Ant., XII, xv; XIII, vi.

7. H. a. 1833; Arm. 1830; cf. II Macch., m. — 8. H. a. 1848; Arm. 1850.

9. B. : Daqai. — 10. B. : Jothan. — 11. Ms. : Abrai. — 12. B. : Salmai. — 13. B. : Jessé. —14. B. :
Matthias. — 15. B. : Jothan. — 16. B. : Arsam. — 17. B. : Dothai. — 18. B. : Isalus.

126

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

A Judas [82] succéda comme grand-prêtre et général, Jonathan qui fut tué
avec Alexandre par Tryphon. Après lui vint Siméon1. Celui-ci envoya à Rome
un bouclier d'or, et ils lui constituèrent un traité d'amitié sur une table d'airain \
— Il envoya aussi contre Qendebès, général d'Antiochus â, Jean, son fils, qui le
vainquit et détruisit toute son armée. Dès lors les Juifs furent affranchis du
tribut. — En cette année finit la seconde histoire des Macchabées*.

En l'an 1775, Siméon fut tué par Ptolémée, fils de Habouba. — Son fils, Jean,
lui succéda6.

A cette époque, des gouverneurs commencèrent à exister à Edesse, jusqu'à
l'époque des autres rois de la famille d'Abgar.

A cette même époque commencèrent ces rois dont le souvenir est consigné
dans la note de Jacques d'Edesse transcrite ci-dessus.

Eléazar, ayant été pris pour sacrifier et
ne voulant point y consentir, mourut
pour la loi après divers supplices7. On
amena ensuite une femme, Samouni, et
ses sept fils en présence d'Antiochus8.
Au premier on arracha la langue et lex-
trémité de chacun de ses membres, et on
le jeta dans une chaudière9. Au second
on enleva la peau de la tête; au troi-
sième, ils coupèrent aussi la langue, et
ils affligèrent de tels supplices tous les
autres successivement, et leur mère en
dernier lieu. Ils furent ensevelis à An-
tioche. Mais le livre des Macchabées,
Josèphe10, le Théologien11, Jean le Sty-
lite, attestent tous qu'ils furent marty-
risés à Jérusalem et y furent ensevelis.
[82] Peut-être leurs ossements furent-
ils apportés plus tard à Antioche ?.
Mathathias, père des Macchabées, et

Abtai13. Théodose, Nersam13, Ezèchiel;
— de la tribu de [Joseph : Caleb, Sa-
muel], Joseph, Judas, Jonathan, Dosi-
thée. — En tout soixante-douze.

Quand le roi vit les livres [83] venus
de Jérusalem, écrits en lettres d'or, il
fut frappé d'admiration. Après avoir été
soigneusement transcrits de la langue
hébraïque en langue grecque, avoir été
collation nés diligemment et avoir été
trouvés corrects, ils furent conservés par
Paction du doigt de Dieu dans la biblio-
thèque d'Alexandrie, jusqu'au temps où
brilla l'économie divine14. C'estainsique,
par la providence du Seigneur, les livres
de l'Ancien Testament ont été conservés
et n'ont pas péri.

Après Eléazar, au temps duquel les
Livres saints furent traduits, le grand-
prêtre fut Manassé", oncle d'Eléazar,

1.1 Macch., ix, 31; xir; xirr. — 2. I Macch., xiv, 24-26. — 3. I Macch., xvi. —4. Cf. H. a. 1884;
Arm. 1885. — 5. Ms. : 47 ('-*s pour ^ms). — 6. I Macch., xti.

7. Cf. II Macch., vi, 18 sqq. — 8. II Macch., vu. — 9. t^yavov. — 10. De Macchabeis, cap. xiv.
— 11. Greg. Naz., Orat. XV. Patr. gr., t. XXXV, col. 911 sqq.

12. B. : Abias. — 13. B. : Arsam. — 14. C'est-à-dire jusqu'à l'incarnation du Christ. — 15. H.
a. 1763; Arm. 1760.

LIVRE V. CHAP. VII

127

A cette époque, un roi se mit à la tête des Hyrcaniens ; Jean, le grand-prêtre
des Juifs, s'avança pour combattre cet Hyrcanien, à Madaba *; c'est pourquoi il
fut surnommé Hyrcan*.

Il ouvrit le tombeau de David, qui était le plus riche de tous les rois, et il en
tira 3000 talents d'or ; il en donna 300 à Antiochus qui s'en alla3.

A cette époque Hyrcan dévasta la Samarie*.

En Pan 186, année en laquelle Antiochus vint mettre le siège devant Jérusa-
lem, commence le comput des Tyriens.

En l'an 196, Ptolémée Soter commença à régner, pendant 17 ans.

Hyrcan, [roi] des Juifs, marcha avec Antiochus et tua Indatès, [général du]
roi des Parthes5.

En l'année 198, la 4e de Ptolémée, commença à régner en Syrie Antiochus
Gyzicène, pendant 18 ans.

En l'année 205 des Grecs, la 11e de Ptolémée, mourut Jean Hyrcan, et Aristo-
bule, fils de Jonathan, régna un an. Il ceignit la couronne. Il avait deux frères :

Abdsalôm, père des enfants de Samouni,
étaient frères. Quand les  enfants de

'Abdsalôm eurent été nais à mort par
Antiochus, avec Eléazar leur maître,
Mathathias appela ses fils du nom de son
frère, selon la loi.

A cette époque florissait le Juif Aris-
tobule, philosophe péripatéticien ; il
écrivit en grec pour Ptolémée Philomé-
tor l'histoire des livres de Moïse et fit
une traduction de la Loi6.

Hyrcan, fils du général des Juifs, Jo-
seph, fut bien accueilli par Ptolémée ;
ses frères poussés par la jalousie excitè-
rent du trouble et furent cause d'une
grande perturbation parmi tout le peu-
ple juif7.

Onias, le grand-prêtre des Juifs, fut
tué, par Andronicus, à Daphné qui est
[à côté] d'Antioche8.

Eléazar exerça ses fonctions 32 ans9 et
Manassé 10 ans. Jacques d'Edesse leur
attribue le même temps que [84] le li-
vre d Andronicus.

Après Manassé, le grand-prêtre fut
Onias, fils deSiméon surnommé le Juste.
Andronicus attribue 4 années à celui-ci;
Jacques davantage; tous les deux expo-
sent que de son temps le roi d'Egypte
était porté à faire périr les Juifs ; par sa
sagesse, Joseph [l'apaisa]. C'est pour-
quoi, il fut institué gouverneur et géné-
ral sur toutes les villes des Hébreux10.
Onias et Joseph gouvernèrent pendant
36 ans. Vint ensuite Siméon, fils d'O-
nias, en l'an 15 de Ptolémée, en la
CXXXVIPolympiade, en [8o] l'indiction
13e, qui fut l'an 81 des Grecs11.

Ce Siméon fut le père de Jésus, sur-
nommé Bar-Asira> qui ht te livre de la

1. Lire : h»k*>; cf. Jos., Ant., XIII, xvn. — 2. E. a. 1893. — 3. Jos., Ant., XVII, xvr. — 4. Jos.,
Ant., XIII, xvui. H. a. 1898 ; Arm. 1896. — 5. D'après Jos., Ant., XIII, xvi. Lire : ^,^0^ (?).
6. E. a. 1841. — 7. E. a. 1836. — 8. II Macch., iv, 34. Cf. p. 128, 1. 22.

9. Ms. : 72 ans (a.* pour ^-v). — 10. H. a. 1771; Arm. 1770. — 11. H. a. 1785;_Arm. 1786.

128

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Alexandre [et] celui1 qu'il tua insidieusement par jalousie. Son propre sang
coula au lieu même où il avait répandu le sang de son frère. Leur père avait
prophétisé [83] qu'ils ne brilleraient pas beaucoup dans le gouvernement. Or
leur père parlait par l'inspiration de Dieu.

A Aristobule succéda son frère Jean4, surnommé Jané, en 1 an 207, pendant
27 ans. Il gouverna le peuple durement3.

A cette époque'' Ptolémée Soter fut chassé par sa mère Cléopâtre, et Ptolémée
Alexandre commença à régner, pendant 10 ans.

En la 6e année de ce Ptolémée, roi d'Egypte, finirent les rois grecs de Syrie
et d'Asie8 Ce pays fut conquis et soumis par les Romains.

En l'an 208 des Grecs [commence] le comput des Ascalonites.

A cette même époque, en la CLIIP
olympiade, Antiochus frappa l'Egypte ;
il monta contre Jérusalem, et y tua
80.000 hommes. Il contraignait le peuple
à apostasier, par de cruels supplices6.

A cette époque, un homme de race sa-
cerdotale, nommé Mathathias, fils d'As-
monéus, du village de Modiïm, s'éleva
contre les stratèges, et fut victorieux7.

Persée, roi des Macédoniens, fut tué,
et leur empire cessa alors8, après avoir
duré pendant 647 ans. Le second qui
avait commencé après Alexandre, avec
Philippe Aridée, frère d'Alexandre, avait
duré 158 ans, depuis la lre année de la
CXIV" olympiade jusqu'à la 2e année de
la CLIIP olympiade.

A cette époque commença la dernière
autonomie9 des Juifs, [83] grâce aux
Macchabées.

Sagesse, appelé livre de Bar-Asira10, dans
lequel il y a 2.050 mots.

Ce Siméon porta Notre-Seigneur lors-
qu'il entra au Temple, car il fut enchaîné
jusqu'à cette époque, c'est-à-dire pen-
dant 216 ans

Ce Siméon bâtit un temple en Egypte.
Après lui vint son fils Onias auquel Arius,
roi des Lacédémoniens, envoya des am-
bassadeurs12. Cet Onias fut tué, d'après
Andronicus, à Daphné, qui se trouve
à côté de la ville d'Antioche. Siméon
exerça 14 ans, d'après Andronicus, et
18 d'après Jacques; [86] et Onias,fds de
Siméon, 4 ans d'après Jacques, et 5
d'après Andronicus.

Après ceux-ci, les Juifs eurent encore
trois grands-prêtres jusqu'au temps de
Mathathias :

Ménélaus, pendant 2 ans; Jason, un

1. Antigone. Jos., Ant., XII, xix. — 2. Lire : Alexandre. — 3. Cf. E. a. 1913. - 4. H. a. 1919;
Arm. 1918. — 5. E. a. 1924.

6. H. a. 1848; Arm. 1850. — 7. Ibid. — 8. E. a. 1850. — 9. aùOevria.

10. ô to0 Sipâx* — 11. Le mot : asira signifie ligatus, en syriaque; de là l'origine de cette fable.
Voir, à ce sujet, Bar-Hébréus (Chr. eccl., I, 21), la version arménienne (Langlois, p. 89), et Georges
des Arabes (apud Lagarde, Anal, syr., p. 108-134); cf. aussi Acta Sanct., 8 oct. — 12. E. a. 1809.
Jos., Ant.. XII, v.

LIVRE V. CHAP. VIII

129

CHAPITRE VIII DU LIVRE V. — De Vépoque' de la fin des Macchabées.
La destruction du royaume des Grecs à Antioche et dans toute l'Asie arriva
ainsi :

Alexandre fit brûler vivant Cyzicène et régna après lui, pendant 1 an. — Phi-
lippe vint ensuite pendant 2 ans. Puis il fut ensuite lui-même chassé pour avoir
contribué à faire brûler Cyzicène8. C'est pourquoi le peuple tomba sous la domi-
nation des Romains3.

Le total des années des rois d'Asie fut de 216 ans, depuis Séleucus Nicator
jusqu'à ce qu'elle fût conquise par les Romains.

En Pan 222, commença à régner Ptolémée Dionysios, pendant 30 ans4. Il était
fils de Ptolémée Soter, frère deCléopâtre.

A cette époque florissait Aristarchus
le grammairiena.

A cette époque les Samaritains et les
Juifs se disputaient entre eux, près de
Ptolémée, à propos des honneurs à at-
tribuer aux prêtres de chacun des par-
tis : les Juifs triomphèrent et prévalu-
rent; et le souverain pontificat leur fut
attribué6. — Jonathan Macchabée pour-
suivit Bacchides, général de Démétrius,
et le vainquit7.

A cette époque, Démétrius Soter, fils
de Séleucus, vint de Rome en Syrie et
reprit l'empire de son père. L'armée tua
Antiochus et Lysias, son confident8.

Ensuite régna le fils d'Antiochus,
Alexandre, qui tua Démétrius, envahit
l'Egypte et s'en empara. — Alors le
roi9.....lui donna sa fille10. D'autres di-
sent qu'elle était fille de Ptolémée Ever-
gète; et Hippolyte dit qu'en elle fut ac-
compli ce qui avait été dit par Daniel11:

an, etÉléazarun an.Ceci d'après Jacques.
Andronicus attribue 9 ans à Jason. Ce
qui est exact, c'est qu'à cette époque le
suprême sacerdoce des Juifs fut souvent
transféré.

Mé[nél]aûs livra le peuple à Antio-
chus, et alors Alcimus12 qui n'était
pas de la famille [sacerdotale] reçut le
souverain pontificat par supercherie ;
c'est pourquoi Onias, fils d'Onias le
grand-prêtre, vint en Egypte, dans le
lieu [appelé] Héliopolis13 et y bâtit une
ville qui fut appelée [Ville] d'Onias, dans
laquelle il édifia un temple à l'imitation
de celui de Jérusalem14.

Le grand-prêtre Alcimus, ayant excité
du trouble contre Judas Macchabée, fut
frappé par le châtiment de Dieu, au bout
de peu de temps, et mourut.

Alors tout le peuple des Juifs conféra
le souverain pontificat à Judas Maccha-
bée.

1. Je lis : — 2. BH. Chr. syr., p. 43 : *i»ûo*|ao> wta-s looi |j»««o y ^as\. Cf. II. a. 1923 ; Arm.
1919. _ 3. E. a. 1924. — 4. E. a. 1937; ms. : 3 ans.

5. II. a. 1861; Arm. 1860. — 6. H. a. 1869; Arm. 1859. — 7. H. a. 1862; Arm. 1861. — 8. E. a.
1855 ; cf. I Macch., vu, 1-4. — 9. Le nom est en blanc dans le ms. — 10. E. a. 1874. — 11. Dan., xi, 6.

12. Ms. : Alkimenos. — 13. Ms. : Heliospolis. —14. e. a. 1857.

i. n

128

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Alexandre [et] celui1 qu'il tua insidieusement par jalousie. Son propre sang
coula au lieu même où il avait répandu le sang de son frère. Leur père avait
prophétisé [83] qu'ils ne brilleraient pas beaucoup dans le gouvernement. Or
leur père parlait par l'inspiration de Dieu.

A Aristobule succéda son frère Jean4, surnommé Jané, en Lan 207, pendant
27 ans. Il gouverna le peuple durement3.

A cette époque4 Ptolémée Soter fut chassé par sa mère Cléopâtre, et Ptolémée
Alexandre commença à régner, pendant 10 ans.

En la 6e année de ce Ptolémée, roi d'Egypte, finirent les rois grecs de Syrie
et d'Asie8 Ce pays fut conquis et soumis par les Romains.

En l'an 208 des Grecs [commence] le comput des Ascalonites.

A cette même époque, en la CLIIP
olympiade, Antiochus frappa l'Egypte ;
il monta contre Jérusalem, et y tua
80.000 hommes. Il contraignait le peuple
à apostasier, par de cruels supplices6.

A cette époque, un homme de race sa-
cerdotale, nommé Mathathias, fils d'As-
monéus, du village de Modiïm, s'éleva
contre les stratèges, et fut victorieux7.

Persée, roi des Macédoniens, fut tué,
et leur empire cessa alors8, après avoir
duré pendant 647 ans. Le second qui
avait commencé après Alexandre, avec
Philippe Aridée, frère d'Alexandre, avait
duré 158 ans, depuis la lre année de la
CXIVe olympiade jusqu'à la 2e année de
la CLIIP olympiade.

A cette époque commença la dernière
autonomie9 des Juifs, [83] grâce aux
Macchabées.

Sagesse, appelélivredeBar-Asira10, dans
lequel il y a 2.050 mots.

Ce Siméon porta Notre-Seigneur lors-
qu'il entra au Temple, car il fut enchaîné
jusqu'à cette époque, c'est-à-dire pen-
dant 216 ans 11.

Ce Siméon bâtit un temple en Egypte.
Après lui vint son fils Oniasauquel Arius,
roi des Lacédémoniens, envoya des am-
bassadeurs12. Cet Onias fut tué, d'après
Andronicus, à Daphné, qui se trouve
à côté de la ville d'Antioche. Siméon
exerça 14 ans, d'après Andronicus, et
18 d'après Jacques; [86] et Onias, fds de
Siméon, 4 ans d'après Jacques, et 5
d'après Andronicus.

Après ceux-ci, les Juifs eurent encore
trois grands-prêtres jusqu'au temps de
Mathathias :

Ménélaûs, pendant 2 ans; Jason, un

1. Antigone. Jos., Ant., XII, xix. — 2. Lire : Alexandre. — 3. Cf. E. a. 1913. — 4. H. a. 1919;
Arm. 1918. — 5. E. a. 1924.

6. H. a. 1848; Arm. 1850. — 7. Ibid. — 8. E. a. 1850. — 9. aùôevxca.

10. o to0 Stpa^. — 11. Le mot : asira signifie ligatus, en syriaque; de là l'origine de cette fable.
Voir, à ce sujet, Bar-Hébréus (Chr. eccl., I, 21), la version arménienne (Langlois, p. 89), et Georges
des Arabes (apud Lagarde, Anal, syr., p. 108-134); cf. aussi Acta Sanct., 8 oct. — 12. E. a. 1809.
Jos., Ant.. XII, v.

LIVRE V. CHAP. VIII

129

CHAPITRE VIII DU LIVRE V. — De l'époque1 de la fin des Macchabées.
La destruction du royaume des Grecs à Antioche et dans toute l'Asie arriva
ainsi :

Alexandre fit brûler vivant Cyzicène et régna après lui, pendant 1 an. — Phi-
lippe vint ensuite pendant 2 ans. Puis il fut ensuite lui-même chassé pour avoir
contribué à faire brûler Cyzicène*. C'est pourquoi le peuple tomba sous la domi-
nation des Romains3.

Le total des années des rois d'Asie fût de 216 ans, depuis Séleucus Nicator
jusqu'à ce qu'elle fût conquise par les Romains.

En Pan 222, commença à régner Ptolémée Dionysios, pendant 30 ans4. Il était
fils de Ptolémée Soter, frère deCléopâtre.

A cette époque florissait Aristarchus
le grammairien3.

A cette époque les Samaritains et les
Juifs se disputaient entre eux, près de
Ptolémée, à propos des honneurs à at-
tribuer aux prêtres de chacun des par-
tis : les Juifs triomphèrent et prévalu-
rent; et le souverain pontificat leur fut
attribué6. — Jonathan Macchabée pour-
suivit Bacchides, général de Démétrius,
et le vainquit7.

A cette époque, Démétrius Soter, fils
de Séleucus, vint de Rome en Syrie et
reprit l'empire de son père. L'armée tua
Antiochus et Lysias, son confident8.

Ensuite régna le fils d'Antiochus,
Alexandre, qui tua Démétrius, envahit
l'Egypte et s'en empara. — Alors le
roi9.....lui donna sa fille10. D'autres di-
sent qu'elle était fille de Ptolémée Ever-
gète; et Hippolyte dit qu'en elle fut ac-
compli ce qui avait été dit par Daniel11:

an,etÉléazarun an.Cecid'après Jacques.
Andronicus attribue 9 ans à Jason. Ce
qui est exact, c'est qu'à cette époque le
suprême sacerdoce des Juifs fut souvent
transféré.

Mé[nél]aus livra le peuple à Antio-
chus, et alors Alcimus12 qui n'était
pas de la famille [sacerdotale] reçut le
souverain pontificat par supercherie;
c'est pourquoi Onias, fils d'Onias le
grand-prêtre, vint en Egypte, dans le
lieu [appelé] Héliopolis13 et y bâtit une
ville qui fut appelée [Ville] d'Onias, dans
laquelle il édifia un temple à l'imitation
de celui de Jérusalem14.

Le grand-prêtre Alcimus, ayant excité
du trouble contre Judas Macchabée, fut
frappé par le châtiment de Dieu, au bout
de peu de temps, et mourut.

Alors tout le peuple des Juifs conféra
le souverain pontificat à Judas Maccha-
bée.

1. Je lis : \isim — 2. BH. Chr. syr., p. 43 : ^»aû*|ao? ou^a low hjjMo » ^aal. Cf. H. a. 1923; Arm.
1919. _ 3. E. a. 1924. — 4. E. a. 1937; ms. : 3 ans.

5. H. a. 1861; Arm. 1860. — 6. H. a. 1869; Arm. 1859. — 7. H. a. 1862; Arm. 1861. — 8. E. a.
1855; cf. I Macch., vu, 1-4. — 9. Le nom est en blanc dans le ms. — 10. E. a. 1874. — 11. Dan., xi, 6.

12. Ms. : Alkimenos. — 13. Ms. : Ileliospolis. —14. E. a. 1857.

j. n

130

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

En l'an 5 de Ptolémée Dionysios, mourut Jean 1 Alexandre ; et sa femme
Alexandra, surnommée Salina, gouverna pendant 9 ans. Elle observait soi-
gneusement les préceptes et punissait ceux qui les transgressaient. Mais les af-
faires des Juifs se troublèrent pour le motif que voici: Alexandra avait deux fils,
Hyrcan et Aristobule. Elle fit Hyrcan grand-prêtre2; ils se combattirent mutuel-
lement et leurs affaires se brouillèrent3. Après de nombreuses perturbations
Hyrcan fut confirmé grand-prêtre et Aristobule roi.

Alors vint Pompée, général des Romains, qui s'empara d'Aristobule et le fit
conduire enchaîné à Rome ; il confirma le grand-prêtre Hyrcan [84] en Pan 243 ;

« La fille du roi du sud sera donnée au
roi du nord. » Théodoret dit* que cette
parole prophétique fut accomplie quand
Ptolémée Epiphane donna [sa fille] à
Antiochus le Grand5.

Alexandre, fils d'Antiochus Epiphane,
honora Jonathan Macchabée par des cou-
ronnes et des présents nombreux6.

A cette époque Oppius7 soumit les
Celtes ; et Carthage fut détruite par Sci-
pion, 648 ans après sa fondation.

A cette époque on fit le recensement
du peuple, à Rome, et on trouva 322000
citoyens8.

Jonathan, grand-prêtre des Juifs, fit
de nouveau alliance avec les Romains et
les Spartiates9.

Ptolémée eut deux fils de Cléopâtre 10:
Ptolémée Soter et Alexandre.

A cette époque Pompée11 détruisit les
Numantins. — Triphon tua Antiochus,
fils d'Alexandre12 [84] et aussi Jonathan,

Après l'avoir reçu, il envoya des am-
bassadeurs aux Romains, et le sénat fit
un décret, c'est-à-dire une sentence gé-
nérale d'après laquelle les Juifs devaient
être considérés comme amis et auxiliaires
des Romains 13.

Les années du souverain pontificat des
Macchabées commencèrent de la sorte :

En la 1rc année d'Antiochus,Mathathias
fut établi gouverneur pendant 4 ans.
Lorsqu'il mourut, son fils Judas devint
gouverneur, et tout le peuple voulut
qu'il devînt leur grand-prêtre ; dès lors,
Judas Macchabée détint le pontificat
suprême en même temps que le géné-
ralat.

Il chassa le général d'Antiochus de
la Judée; il purifia le temple, renou-
vela la religion paternelle qui avait été
affaiblie pendant les trois années [précé-
dentes], en la CLVC olympiade14. Ayant
engagé le combat avec les généraux de

1. Lire : Jannxus. — 2. E. a. 1941. — 3. E. a. 150.

4. Corn, in Dan.; P. Gr., t. LXXXI, col. 1508. —5. Ci-dessus, p.124,1.16. —6.H. a. 1866; Arm. 1867.

— 7. "Omuoç;H. a. 1871; Arm. 1867. — 8. Lire: ^iL ; E. a. 1870. —9. H. a. 1873; Arm. 1871. —
10. Lire : I^oUû ^o. — 11. H. a. 1875; Arm. 1874. H dit : Scipio; l'Arm. a : Pompée; le texte
original portait peut-être Publ. Scipio ; ce qui expliquerait la leçon du nom propre dans notre copie.

— 12. H. a. 1877.

13. Lire : L»o»> (et non Cf. E. a. 1857. — 14. H, a. 1857; Arm. 1851.

LIVRE V. CHAP. VIII

131

celui-ci régna 34 ans, ou 33 (et d'après un ms. : 24). Il rebâtit les murs de Jéru-
salem qu'avait renversés Pompée. Dès lors, les Juifs devinrent tributaires des
Romains car Pompée, général des Romains, qui était devenu très puissant, les
subjugua. Il soumit aussi d'autres contrées : la Grande-Arménie, l'Ibérie2, l'Ara-
bie, PIsaurie. A cause de ces exploits il fut fort exalté et môme proclamé au-
tocrator.

En l'année 259 des Grecs, 34e de Ptolémée Dionysios', furent institués à Rome
les consuls nommés : Gaius Julius et Marcus Antoninus. — La même année
mourut Ptolémée, [roi] d'Egypte, et Gléopâtre régna pendant 22 ans *.

grand-prêtre des Juifs. Triphon fut en-
suite tué lui-même5.

A cette époque Brutus6 soumit aux
Romains les Ibères jusqu'à l'Océan.

Ptolémée donna sa fille à Démétrius,
et lui livra le royaume d'Alexandre 7.

Après Démétrius, son frère Antiochus,
surnommé Sidétès, régna sur la Syrie8.

Siméon le grand-prêtre libéra les
Juifs du tribut ; les Spartiates et les Ro-
mains9 lui envoyèrent une ambassade,
et ils firent des traités d'alliance.

A cette époque il y eut une révolte
d'esclaves10 en Sicile.

Antiochus Sidétès vint attaquer Jéru-
salem11.— Siméon, le grand-prêtre, fut
tué par le stratège Ptolémée, qui rési-
dait à Jéricho 12.

A cette époque13 les esclaves qui s'é-
taient révoltés en Sicile furent enfermés

Démétrius, il fut tué après avoir tenu le
souverain pontificat 3 ans14.

Quand Judas Macchabée eut été tué,
son frère Jonathan gouverna 19 ans ; il
était de même simultanément grand-
prêtre et général. Il s'illustra beaucoup à
la guerre jusqu'à ce que le roi Alexandre
eût été tué. Jonathan fut mis à mort par
Triphon15.

[87] H eut pour successeur Siméon,
son frère, pendant 8 ans. Et, comme la
conduite du sacerdoce suprême et celle
de l'armée étaient réunies depuis Judas
et Jonathan, Siméon fut aussi grand-
prêtre et général16. Il fut tué, lui aussi i?,
par Ptolémée.

Son fils Jean lui succéda, pendant 26
ans 18. C'était pour ainsi direune loi et un
usage consacré chez eux que le grand-
prêtre fut aussi général : dirigeant le

1. H. a. 1957. — 2. Le mot est répété dans le ms. Ar. : L^Uûo. — 3. L'auteur sans doute a voulu
écrire : i^., 37 (222-259). Pour les rectifications de toutes ces dates voir l'Introduction. L'auteur
omet de compter le second règne de Ptolémée Soter. — 4. E. a. 1967.

5. E. 1879. — 6. H. a. 1874; Arm. 1876, Bruttios, comme notre ms. — 7. E. a. 1877. — 8. E. a.
1880. — 9. E. a. 1881. Lire : U»ow*o U^Uio. _ io Compl. : I»-1"-»; E. a. 1882. — 11. H. a. 1885;
Arm. 1884. — 12. Cf. H. a. 1883; Arm. 1886. — 13. H. a. 1890.

14. H. a. 1860. — 15. H. a. 1876; Arm. 1878. — 16. E. a. 1881. — 17. H. a. 1883. Arm. 1886. —
18. E. a. 1887.

132

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

En la 2e année de cette reine, le général Pompée fut tué dans un combat avec
Gaius Julius1, qui, le premier, régna sur les Romains.

Les événements concernant les Macchabées se terminent ici totalement.

Le premier Livre des Macchabées comprend 2.366 mots, le second 5.000 s.

En Pan 5 de Cléopâtre, qui est Pan 264 des Grecs, en l'indiction lre, com-
mence le comput des Antiochéniens3. Cette année commença un lundi.

D'Adam jusqu'ici il y a 5461 ans.

dans la ville même où avait eu lieu la
rébellion; attaqués du dehors, ils furent
réduits à se manger les uns les autres.

A cette époque *, près des îles Eolien-
nes 5, au milieu d'une éruption de feu,
apparut l'île qui est maintenant appelée
liera0.

Arsace, le Parthe, tua Antiochus7.

Attalus, en mourant, laissa son
royaume aux Romains 8.

Arsace, roi des Mèdes et des Perses,
s'empara de Démétrius9.

Jean Hyrcan, grand-prêtre des Juifs,
étant venu à Samarie, s'en empara et la
rasa jusqu'au10 niveau du sol. Hérode la
releva plus tard, et l'appela Sébaste11.

A cette époque Rhodes fut agitée par
un tremblement de terre, et le Colosse
tomba 12.

Antiochus et Hyrcan, ayant vaincu
le général des Parthes, érigèrent une
stèle de victoire, près du fleuve Lycus 13.

Antiochus Cyzicèneuayant chassé Gry-
pus 15 de la Syrie s'en empara. Grypus
vainquit à son tour Antiochus ; ils ré-

peuple et la milice d'après les lois roya-
les.

Or, après Jean Hyrcan, Aristobule, fds
de Jonathan, gouverna pendant un an.
Non seulement il reçut le généralat, mais
il ceignit la couronne, 445 ans, ou, selon
d'autres, 488, ou même 484 ans après que
le Temple eût été incendié et la royauté
abolie16.

L'époque des Macchabées s'étend jus-
qu'ici, et ici finit l'Ancien Testament.

Jusqu'ici il y a 5.072 ans ; et depuis ici
jusqu'à l'époque de Notre-Seigneur, 120
ans.

Après qu'Aristobuleeutété tué, par les
mains de son frère Antigone, son autre
frère Jean, surnommé Alexandre, prit
sa place et gouverna les Juifs très du-
rement17. ¦—Après la mort de celui-ci,
Alexandra, sa femme, fut gouvernante et
les affaires du souverain pontificat fu-
rent fort troublées18.

Ensuite, elle établit son fils Hyrcan
comme grand-prèlre et fit roi le frère
de celui-ci, Aristobule, qui peu de temps

1. Cf. H. a. 1969. — 2. Lacune pour les centaines, les dizaines et les unités. — 3. H. a. 1969

— an 3 de Cléopâtre; comme BH.

4. H. a. 1892; Arm. 1890. —5. Lire :_u»;M»l (?). — 6. Lire : NLl;cf. ci-dessus, page 123, 1. 23. —
7. H. a. 1889; Arm. 1888. — 8. E. a. 1887. —9. Jos., Antiq., XIII, x; comp. xvr, xvn. — 10. Lire :
MU 1*0.. — 11. H. a. 1898; Arm. 1896. — 12. H. a. 1910, Arm. 1908. — 13. Jos., Ant., XIII, xvi.

— 14. Lire : lûoaa.iao, ici et plus bas. 6 KuÇîxioç. — 15. Vpvnôz.

16. E. a. 1913. — 17. E. a. 1913. — 18. E. a. 1941. Saliva f, xaî 'AXE^âvSpa.

LIVRE V. CHAP. VIII

133

En cette [même année les Romains1] firent l'un des consuls empereur. Gaius
commença donc à régner, pendant 4 ans. Il fut appelé César, dans la langue
des Romains, parce que sa mère étant morte, on l'ouvrit et on le tira de son
sein.—Gaius Julius descendit en Egypte. Il confirma la royauté à la reine 2
Cléopâtre.

Le 4° mois3 Qlôtilios ou selon d'autres, Qentilios\ qui est Qîniann, fut appelé
Julius.

p-nèrent ainsi tour h tour, et se livrèrent
de nombreux combats 6.

A cette époque Jugurtha fit la guerre
aux Romains '.

Gaius Marcus8, consul pour la cin-
quième fois, vainquit les Cimbres près
du Pô.

D'Adam jusqu'ici il y a 5100 ans.

Les Thraces furent soumis par les Ro-
mains0. — Ptolémée, chassé par sa mère
Cléopâtre, perdit le royaume et s'enfuit
à Cyprc 10.

A cette époque il y eut une nouvelle
révolte d'esclaves en Sicile. Aquilius
apaisa par sa sagesse cette violente ré-
bellion des esclaves fugitifs 11 qui avait
lieu en Sicile, et en remporta de grands
honneurs H.

A cette époque, Antiochus s'enfuit
chez les Parthes, et enfin, se livra lui-
môme à Pompée; son successeur, Phi-
lippe, [8h*] fut pris par Gabinius13.

après fut emmené prisonnier à Rome14.

Alexandre, son père, régna 27 ans 15;
sa mère Alexandra, 9 ans ; et Hyrcan
lui-même 34 ans.

Apartir de ce moment, selon l'ancienne
mode, le suprême sacerdoce fut exercé
seul sans la royauté, chez les Juifs, qui
d'ailleurs furent de nouveau tributaires
[des Romains].

Pendant les 34 ans du règne d'Hyr-
can, le suprême sacerdoce continuait,
chez eux, par le sacrement de Ponction.
Ici survint une cause destructive de
l'onction chez les Juifs : ce fut l'établis-
sement d'Hérode d'Ascalon, que les Ro-
mains instituèrent comme procurateur
des affaires de la Judée.

Antipater, père d'Hérode, qui était d'a-
bord auxiliaire et ami d'Hyrcan, fut placé
à la tête des Juifs par les Romains. Alors,
bien qu'ils eussent encore des grands-
prêtres, cependant ceux-ci n'étaient point

1. Lacune d'une ligne; sens d'après BH., Chr. syr.,p. 44.— 2. Au lieu de : \LCs)\ « mulier », il faut
peut-être restituer : « meretrix ». Cf. H. a. 1970 : « ob stupri gratiam ». — 3. Le ms. porte
bien : 4e, mais il y a sans doute ici la confusion si fréquente du * et du !. Sync. : tov S68o[xov Ttapà
'Ptou-aîoiç jjûjva KinmXXtov. Cf. H. a. 1973; Arm. 1969. — 4. Quintilis. — 5. Je lis : r^10, au lieu de :
(Qainan), d'après les inscriptions palmyréniennes où l'on rencontre le nom d'un mois écrit "pJp.
La mention incidente de Michel nous apprenant que ce mois était celui de « juillet » apporte la solu-
tion d'un grand problème chronologique. Cf. Cleumont-Ga.nnea.u, Recueil d'arch. orient., III, 202 sqq.

6. E. a. 1905. — 7. E. a. 1909. — 8. Sic ms; H-. a. 1916 et Arm. 1914, ont : C. Marias. — 9.
H. a. 1917; Arm. 1918. —10. E. a. 1919.— 11. 8paiicTix6ç  - 12. E. a. 1921.—13. H. 1924; Arm. 1922.

14. Cf. E. a. 1950. — 15. Ms. : 24 ans.

134

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

[&6] Andronicus dit que Gaius régna 5 ans. Ensuite il fut tué, et Auguste César
commença à régner pendant 56 ans et 6 mois.

En la 10eannée1 d'Auguste, Hérode commença à régner sur la Judée; il abolit
la royauté et le sacerdoce des Juifs, en la CLXXXVP olympiade. Il régna pen-
dant 37 ans après Mathathias et ses fils, les Macchabées.

CHAPITRE IX. — Sur le commencement du second empire des Romains, et
sur Hérode, [le premier] des Gentils qui régna sur les Juifs.

La royauté des Romains, qui sont les Erancs, cessa pendant 462 ans, depuis la
mort de Tarquinus Superbus jusqu'à ce Gaius Julius. Depuis la fondation de
Rome jusqu'à l'époque à laquelle commença la seconde royauté, il y eut 702 ans.

A cette époque, Séleucus fut brûlé *
vivant par Antiochus Cyzicène.

Après s'être propagée jusqu'à cette
époque3, la race des rois de Syrie cessa
et finit, après avoir duré en tout 216 ans4.

Les filles d'Alexandre Ptolémée
étaient] Cléopâtre, et Tryphène et Bé-
rénice2. — Alors, quand les rois d'Asie
qui résidaient à Antioche, eurent été ren-
versés, cette province passa sous la do-
mination des Romains 6.

Ptolémée Physkôn, qui avait été exilé
par sa mère, revint de Cypre, attaqua
et chassa du royaume son frère Alexan-
dre, et régna lui-même à Alexandrie et
sur toute l'Egypte 7,

A cette époque [Sylla] pilla Athènes8.

A cette époque, il y eut de nouveau
un recensement à Rome et on trouva
[463000 citoyens]9.

Le temple de Delphes fut brûlé pour

établis par le pouvoir domestique ; de
sorte que dans les choses racontées ci-
dessous, dans lesquelles est exposée la
continuation de la royauté, on fait men-
tion des choses qui arrivèrent aux Juifs
du temps d'Hyrcan.

Par la suite, Hyrcan fut emmené en
captivité10 chez les Parthes,et Hérode alla
à Rome; là, celui-ci obtint injustement
pour lui-même la royauté sur les Juifs.
Quand il revint, les Juifs ne l'acceptèrent
point. Il engagea la lutte, fut vainqueur,
détruisit les deux murs de Jérusalem et
fit périr beaucoup de monde". II s'em-
para des insignes12 du sacerdoce et les
garda sous sa main.

Il maintenait seulement une année ce-
lui qu'il avait institué grand-prêtre.

Quand Hyrcan s'échappa et revint de
captivité, Hérode le fit tuer; puis il fit
venir de Babylone un certain13 Hananiel

1. Ms. : 8e. Cf. E. a. 1984.

2. Ms. : fut pris. Corr. : ,û*t|. H. a. 1923; Arm. 1919. — 3. E. a. 1924. — 4. Cf. Eus., I, 264.
— 5. Eus., I, 168 : KXeoTtâxpav tyjv xai Tpuçaivav, xai BepevtxYjv. L'Arm. a traduit, d'après le syr. :
Cleopatrœ et Tryphœnœ. — 6. H. a. 1924. — 1. Lire : usoû^âa.,^ (BH. p. 43). E. a. 1929. — 8.
H. a. 1931. — 9. Compl. : v^L^o o*> «~sMo. H.  a. 1932.

10. Lire : — 11. Jos., Antiq., XIV, xxvr-xxvirr. — 12. <7tôX<x. — 13. Lire :

LIVRE V. CHAP. IX

135

En la 3e année d'Hérode. Samosate fut livrée aux Romains ; les Parthes des
bords de PEuphrate furent vaincus et soumis par les Romains.

A cette époque, Antoine, général d'Auguste, se révolta contre lui1 et devint
l'amant de Cléopâtre, reine d'Egypte. C'est pourquoi Auguste s'avança contre
lui; après avoir beaucoup lutté, Antoine fut enfin vaincu. Ensuite, sur les ins-
tances du Sénat, Auguste fit la paix avec Antoine2.

A cette époque les Romains fondèrent des colonies3. Auguste obtint le triom-
phe [pédestre] f.

[Cléopâtre usait5] de ruse pour obtenir la royauté des Juifs et des Arabes.

la troisième fois, par les Thraces ; ainsi
que le Capitole, h Rome6.

[Sylla] s'empara de Rome et mourut
au bout de deux ans7.

Histoire du commencement d'Hérode.
— A cette époque, il y avait un homme
des Gentils, appelé Antipater. Il était
fils d'un certain prêtre nommé Hérode 8.
Les Iduméens le firent captif dans le
temple d'Apollon qui était près du mur
d'Ascalon. Hérode, son père, n'avait
point d'or pour le racheter. Ayant grandi
[chez] les Iduméens, il prit pour femme
[la fille]9 d'Arétas, roi des Arabes, qui
s'appelait Cypris. Il devint l'ami du
grand-prêtre Hyrcan et l'aida beaucoup
dans sa lutte [contre Aristobule], son
frère. Il alla trouver, de la part d'Hyr-
can, Pompée, général des Romains10.
Pour ce motif, il devint aussi l'ami des
des Romains ; et quand l'occasion s'en
présenta, ils établirent Antipater procu-
rateur desaffaires juives. Il avait [quatre]

qui n'était point de race sacerdotale, et
il l'institua grand-prêtre. Au bout d'un
an, il le destitua et établit Aristobule,
filsd'Hyrcan,qui était frère de sa femme.
Peu de temps après Hérode fit tuer Aris-
tobule et rétablit Hananiel 11.

Ceux qui régnèrent après lui firent
de même. On trouve que Hananiel [exer-
ça] pendant 12 ans.

Après lui, il y en eut un autre nommé
Zacharie, pendant 22 ans, mais non pas
sans interruption; car, ainsi que nous
l'avons dit, on établissait et destituait les
grands-prêtres d'année en année.

Après Zacharie il y eut un autre Hana-
niel, aussi dans le même temps, et à qui
on assigne 20 ans, au milieu des an-
nées de Zacharie.

Après Zacharie etHananiel, on institua
le frère de Zacharie nommé Siméon.
Jacques lui attribue 8 ans; mais Andro-
nicus dit que ce Siméon exerça 24 ans.

L'époque de ces pontifes qui se rem-

1. H. a. 1974. — 2. H. a. 1976; cf. 1984. — 3. H. a. 1984; Arm. 1984. — 4. H. a. 1984; Arm,
1986. — 5. Lacune de deux lignes. Le sens est donné d'après BH., Chr. syr., p. 45, 1. 3.

6. Texte mutilé; rest. : ...^o f>oLL\ [aa^,=>? \l=»w]. H. a. 1933. — 7. H. a. 1937. Rest. : .[\l<**>0
.[(W) LM-ia. ^LjL jfcoo • u*>o;\ H _ 8. Cf. Eus. H. E., I, v, d' après Africanus ; et Jos., Ant., XIV,
rr et xii. — 9. Lire : 14>»'? wit;^, o«u} d'après l'abrégé arménien. — 10. Jos., Ant., XIV, v.

IL H. a. 1983; Arm. 1984.

136

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Elle demandait à Antoine de lui donner leur empire. Il lui livra l'Arabie'. Ce
fut la cause et le commencement de la troisième lutte entre Antoine et Auguste.

Auguste engagea de nouveau la guerre contre Antoine et le vainquit2. Alors
[86] Cléopâtre et Antoine se suicidèrent3. Auguste tua Sémsa etSahra4, enfants
de Cléopâtre.

Alors cessa l'empire des Ptolémées et finit la royauté des Grecs Lagides, qui
avaient régné sur Méçrin, c'est-à-dire l'Egypte, pendant296 ans5. Porphyrios dit
que l'empire des Grecs finit, que Cléopâtre fut tuée avec ses enfants, et que
l'Egypte tomba aux mains des Romains en la 2e année de la CLXXXVIP olym-
piade. Il compte aussi 22 ans pour le règne de Cléopâtre, et il place sa mort deux
ans avant la date fixée dans ce canon6. Les Alexandrins sont aussi d'accord

fils, de Cypris :   Joseph,   Naphroura,        plaçaient annuellement dans le souve-
Phasaël et Hérode, et une fille qui s'ap-        rain pontificat, se prolonge pendant le
pelait [Saloméj7. Or, Joseph et Phasaël        règne d'Hérode et de ses fds.
étaient les lieutenants de leur père. Ils
moururent avec lui parle poison que leur

donna un juif8. Hérode succéda à son père; il allait à Rome chaque fois que c'était
nécessaire, et il y était connu.

A cette époque, Hyrcan, grand-prêtre des Juifs, fut emmené en captivité [chez] les
Parthes par Pachor9, [fils du] roi; le frère d'Hérode, [Phasaël], fut pris [86] en même
temps. Hérode prit delà occasion de monter [à Rome] où il reçut la royauté des Juifs,
qui ne lui appartenait en aucune façon. [Quand] Hyrcan revint de captivité, [Hérode
le fit tuer avec] son fils Jonathan10.

Alors fut accomplie la prophétie11 : « Le sceptre ne sortira point de Juda jusqu à
ce vienne Celui à qui appartient la royauté » ; [car du temps] de cet Hérode eut lieu [la
naissance de Notre Sauveur1-; et furent accomplies les sept semaines et soixante-deux
semaines de Daniel13, qui forment 483 ans commençant à la 6° année de Darius fils
dTIystaspe] !*.

1. H. a. 1984; Arm. 1985. —2. Cf. H. a. 1985. —3. H.a. 1585; Arm. 1988. — 4. "HXioç xa\ Setojvï).
Les noms syriaques ont le même sens. H. a. 1988 ; Arm. 1990. — 5. H. et Arm. : 295 ans. — 6. Comp.
Eus., I, 159-172; où les chiffres paraissent aussi erronés. V. l'Introduction.

7. Jos., Ant., XIV, xii.— 8. Le texte est mutilé; je lis : ^pwaal [x^] u»aMm9o ûcoo. ,3o [.^oû\*]
\*y&* ^sisv^ isovo Lioco ,.a • ooîi. L'abrégé arménien dit :   «  Joseph et  Phasaël  se parta-

geaient avec leur père l'administration de la Judée. Un Hébreu tua par le poison Antipater et son
fils Joseph. Phasaël frappé à la tête par Antigone, avec une arme empoisonnée, mourut. » (Lan-
glois, p. 86). Cf. Jos., Ant., XIV, xxrx, xxv. — 9. Lire : = nâxopoç. Notre ms. porte :
« Poqar roi ». Josèphe appelle Pachor fils du roi des Parthes : nâ/.opo; 6 $xGiliu>ç Ttaîç [Ant., XIV,
xxin). — 10. Le texte mutilé peut se restituer ainsi : iaaoo;J [o^.gj3] ; L,aj. iooaioioi [l-i9 ,5o], —
11. Gen., xlIx, 10. — 12. Les dernières lignes sont à compléter ainsi : Iooi'ûhio^I (jçh? î^lxap
<oo;3» w>* (BIL, Chr. syr., 44). — 13. Dan., ix, 24-27.—14. Nous complétons ainsi la phrase d'a-
près BH. (/oc. cit.); l'abrégé arménien la donne également.

LIVRE V. CHAP. X

137

là-dessus; ils comptent à Auguste 43 ans de règne après la mort de Cléopâtre;
ils fixent aussi la durée de la domination des Ptolémées à 294 ans, qui com-
mencent au début du règne de Philippe Aridée, roi des Macédoniens, qui régna
après la mort d'Alexandre, le fondateur, en la lre année de la [CXIV°] olympiade.

[lacune]1

[CHAPITRE X2. — Quand le royaume des Ptolémées, c'est-à-dire des Grecs
d'Egypte, cessa, toute l'Egypte et toute la Syrie furent sous la domination des
Romains.

Quand Augustos régna sur l'Egypte, il fut surnommé Sébastos; le mois Sextilis
fut aussi appelé Augustus 3.

En Pan 18 d'Auguste, celui-ci envoya en Arménie le général Tibère qui la
soumit4.

Hérode rebâtit Samarie et l'appela Sébaste en l'honneur d'Auguste s. Il rebâ-
tit aussi la Tour de Straton, et l'appela Césarée6; il rebâtit également Gabala7
en Galilée8.]

[88]9 En l'an 43 d'Auguste, 33 d'Hérode, le légat10 Gyrinus fut envoyé par le
Sénat des Romains pour recenser tout le peuple des Juifs en vue de la capita-

[88] Josèphe l'historien montre,
comme dit Eusèbe11, qu'Hérode ayant
reçu des Romains la royauté des Juifs,
n'établissait plus les grands-prêtres par
ordre de succession, mais bien les pre-
miers venus. Quand la maladie s'empara
de lui, Dieu tira de lui la vengeance de son
iniquité. Le feu latent de la fièvre le con-

[88] A celte époque, tandis que le roi
Hérode instituait ainsi annuellement
les grands-prêtres des Juifs, les desti-
tuait et les changeait, de manière à
troubler leurs affaires et à abolir leurs
lois, apparut et naquit, à Bethléem, le
Christ Notre-Seigneur. en Pan 33 d'Hé-
rode12.

I. Bien que la seconde moitié de la page 86 et la page 87 du ms. soient en blanc, la lacune du
texte paraît peu considérable. — 2. Il est certain que le début du chapitre se trouvait dans la la-
cune. Nous en restituons les premières lignes d'après BH. [Chr, syr., p. 45). — 3. H. a. 1987;
Arm. 1989. - 4. H. a. 1996; cf. Arm. 1998. — 5. H. a. 2000; Arm. 1996. — 6. E. a. 2005. —
7. èv tïj TaXiXata TaSâ), (Sync. et Chr. pasc.). — 8. Le texte de BH. continue immédiatement parles
mots : «En l'an 43 d'Auguste, etc...» . — 9. Les trois lignes du haut de la page 88 se rapportent
à la disposition des Canons chronologiques dans le ms. Elles se traduisent ainsi : Jusquici le
nombre des années indiqué dans les Canons est écrit en lettres noires pour les années qui com-
mencent à Abraham, et en lettres rouges pour les années des Grecs. A partir d'ici et désormais
nous mettons des lettres noires pour les années des Grecs et des lettres rouges pour les années
qui marquent l'ère de la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ. — 10. /|y£[j(.c6v.

II. Hist. Eccles., lib. I, cap. vnr.
12. — E. a. 2015.

i. 18

138

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

tion. La cause de cette description fut que la Judée galiléenne s'était révoltée ;
et beaucoup disaient : « Nous ne devons pas payer la capitation, ni nous donner
des seigneurs mortels. » Quand on apprit cela à Rome, on envoya ce Cyrinus ;
il réduisit le peuple à une complète soumission et à une servitude qui n'avait
point eu sa pareille.

Or, en ce temps, apparut le Sauveur de l'Univers, qui naquit à Bethléem.

Le sage Longinus, de Rome, fait allusion1 à ce temps, dans son IIIe livre de la
guerre des Romains et de leurs alliés contre les Antiochéniens de Syrie, quand

sumait, sans laisser paraître à l'extérieur
une ardeur telle quelle le tourmentait
intérieurement2. Il ne désirait prendre
aucune nourriture, parce qu'elle ne pas-
sait pas. Ses intestins étaient affligés
d'ulcères et de coliques violentes, ses
pieds étaient gonflés d'humeur, ses par-
ties génitales pourries fourmillaient de
vers ; sa respiration courte l'oppressait
et le faisait souffrir par sa mauvaise
odeur3, sa fréquence4 et sa difficulté;
des convulsions le frappaient par tout le
corps. » —11 dit encore de lui5 : « Quand
la maladie s'empara de son corps, elle le
répartit entre différentes souffrances.
Il avait une fièvre ardente, une extrême
démangeaison dans tout le corps, des
coliques dans les entrailles, une enflure
aux pieds, comme un hydropique, une
putréfaction* des parties génitales qui
engendrait des vers, la difficulté de la
respiration, qu'on appelle en grec cp-
OÔTïvoca et âûo-Tïvccaet enfin une violente
contraction de tous les membres. » Cette

Les Mages vinrent en l'an 45 d'Au-
guste, alors qu'il était âgé de deux ans.

En effet, en l'an 314 des Grecs8 au
mois de'îloul9, le 24e jour de la lune, fut
conçu Jean, fds de Zacharie, et il naquit
le 24 de haziran en l'an 315. — Marie,
Mère de Dieu, reçut le message le 25 de
'adar11 de cette année, et Notre-Seigneur
naquit le 25 de12 kanoun 1er de l'an 316.

Au bout de huit jours, il fut circoncis13
h Bethléem, et après quarante jours, ils
le firent monter au Temple de Jérusa-
lem. Siméon le porta dans ses bras. De
là, ils allèrent à Nazareth14, et en l'année
318 des Grecs, qui est la deuxième an-
née de Notre-Seigneur, ils revinrent ii
Jérusalem et à Bethléem. Alors les
Mages vinrent l'y adorer 13. Dans la même
nuit ils partirent pour l'Egypte, où ils
restèrent deux ans16. Quand Hérode fut
mort, ils s'en revinrent17 à Nazareth. Le
Christ était alors âgé de 4 ans.

Là, il grandissait. Chaque année, ils
montaient au Temple de Jérusalem et à

1. Lire :

2. Suppléer : M""" [lew $ûv*k*s v*5? I» y*1 : tow]Ua-* H [Vers. syr. d'Eusèbe). —
3. L**?a. — 4.           lûûcoo. — 5. Ibid. — 6. Ucumvs. —  7. Ms. : ortopia et dispos.

8. L'auteur se sert ici d'une nouvelle chronologie. V. l'Introduction. — 9. Septembre. — 10. Juin.
— 11. Mars. — 12. Décembre. — 13. Luc, n, 21. — 14. Luc, n, 29-32. —15. Matth., ir, 1-12. —
16. Matth , n, 13-15. — 17. ^ot ,*> axJ* ; Matth., n, 22, 23,

LIVRE V. CHAP. X

139

il dit à César : « Les Perses sont venus de l'Orient et sont entrés dans le terri-
toire de ton empire; ils ont offert des présents à un enfant né en Judée; quel
est-il? de qui est-il fils? on ne l'a pas encore appris. » Et Auguste répondit :
« Hérode le satrape laissé là nous fera connaître qui il est. » Les Mages vinrent
en Pan 35 d'Hérode. Comme celui-ci fit massacrer les enfants de Bethléem et
de ses environs, le Seigneur le châtia et il fut dans les souffrances pendant
2 ans. Il mourut à l'âge de 70 ans, après en avoir régné 37 1.

Auguste institua son fils Archélaiis qui régna pendant 9 ans, et qui fut relé-
gué en exil à Vienne, ville de Gaule % à cause des folies qu'il commit; il eut
pour successeur Hérode [89] le tétrarque3.

La même année mourut Auguste ; et Tibère César lui succéda, pendant 23 ans.

cruelle affliction lui arriva parce qu'il
avait fait tuer sans pitié les enfants. Il
espérait vivre, et il alla aux bains chauds.
Les médecins ayant jugé à propos de
laver son corps dans l'huile, on le plon-
gea dans un tonneau plein d'huile; il
tomba en défaillance4 et ses yeux se re-
tournèrent. Il désespéra de vivre. Il fit
réunir les notables [des Juifs] de divers
lieux dans un endroit [89] appelé hip-
podrome ; et ilordonna delesyenfermer.
Il fit appeler sa sœur Salomé, avec
Alexas5, son mari, et leur dit : « Je sais
que les Juifs se réjouiront de ma mort.
Mais je puis faire en sorte d'obtenir des
autres6 un deuil magnifique, si vous vou-
lez exécuter mes ordres et faire mas-
sacrer les hommes qui sont enfermés,
aussitôt que je serai mort. » —Josèphea
écrit cela, d'après ce que dit Eusèbe.

Bethléem, à cause de sa naissance et
des miracles qui y avaient eu lieu. C'est
ainsi qu'en sa douzième année il con-
versa avec les prêtres7.

La Vierge Marie était âgée de 13 ans
quand elle enfanta le Sauveur .Elle vé-
cut encore cinq ans après l'Ascension,
et mourut à l'âge de 51 ans.

Notre-Seigneur naquit un mardi, le
25 de8 kauoun 1er. [89] Trente ans après,
le mercredi 6 de9 kanoun II, il fut bap-
tisé par Jean dans le Jourdain. Et le
vendredi10..........

[D'autres disent que] la naissance de
Notre-Seigneur eut lieu le 6 de ka-
noun II, et son baptême trente ans après,
le même jour. Ils donnent pour argu-
ment la cérémonie 11 qui se fait sur les
eaux. Ils disent aussi que c'est en ce

1. E. a. 2020. — 2. Lire ; U£\^*, TaXc^ia, ou li-Htf^» des Gaulois (?). — 3. E. a. 2029.

4. uiâoiI.|o — 5. [ra'Ov) — 'AXsES:, — 6. Litt. : « de me faire faire par les autres. »

7. Luc, il, 40 sqq. —¦ 8. Décembre. — 9. Janvier. — 10. Lacune de trois lignes, qui contenait
vraisemblablement la date de la Passion. — 11. Litt. : o l'exemple, la démonstration ». Dans la
liturgie orientale, il y a en effet un rite spécial pour la bénédiction de l'eau au jour de l'Epi-
phanie.

140

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Hérode Ier avaitpossédé neuffemmesetil eut huit fils1 : de Doris*, (/) Antipater3
qui fit périr ses deux frères4 et fut enfin misa mort par son père ; de Mariam, fille
d'Hyrcan le grand prêtre, (2) Aristobule et (3) Alexandre qu'Antipater fit mourir,
et (4) Hérode, appelé Antipas5, qui prit Hérodiade et fit tuer Jean; de Malcaté la
Samaritaine, (5) Archélaûs qui régna après lui; de Cléopâtre la Jérosolomitaine,
(6') un autre Hérode, le simple0, et (7) Philippe dont il prit la femme et qu'il
fit ensuite massacrer; de Pallas-1, (8) Phasaël. Ses petits-fils, [les fils] d'Aristo-
bule, frère d'Alexandre, sont : Hérode, qui fut roi de Chalcis, et Agrippa sur-
nommé Hérode. Celui-ci fit tuer Jacques, et fût rongé par les vers; il accusa son
oncle Hérode et lui enleva le royaume; il eut pour enfants : Agrippa qui lui suc-
céda, et deux filles : Bérénice et Drusilla qui épousa le gouverneur Félix8.

En l'an 14 de Tibère, qui est Pan 331 des Grecs9, le gouverneur9 Pilate fut
envoyé aux Juifs, par Tibère, et devint leur procurateur11.

L'annéesuivante12qui est Pan5535 depuis Adam, et l'an 341 des Grecs13, Notre
Seigneur fut baptisé par Jean, dans le Jourdain, le 6 de kanoun II14.

Quand Hérode mourut, Archélaiis lui
succéda. Auguste établit quatre chefs
tétrarques : Hérode, Antipater, Lysanias
et Philippe, frères d'Archélaùs l3.

A celte époque Tibère César fit passer
les Dalmates et les Sarmates sous l'au-
torité des Romains10.

Tibère devint seul empereur pendant
23 ans 17 ; il vécut 78 ans.

A cette époque18, il y eut un très vio-
lent tremblement de terre. Treize villes
furent renversées  : Sardis, Mostene,

même jour qu'il apparut dans la gloire
sur le mont Thabor; et que pour cela
ce jour est appelé par tout le monde,
selon la coutume, Epiphanie^; mais ce
qui est exact, c'est que la fête de la Na-
tivité doit se faire le 25 de kanoun 1er.

A pi'opos des Mages. — Eusèbe et Gré-
goire de Nysse disent qu'ils étaient des
descendants de Balaam. Jacques d'E-
desse dit qu'ils étaient de la race de
'Elam, fds de Sem. — D'autres [disent
qu'ils étaient] des descendants des rois

1. Il y a plusieurs confusions dans cet exposé, qui doit être rectifié d'après le tableau généalo-
gique de la famille d'Hérode que nous donnons parmi les notes complémentaires à la fin du volume.
On y trouvera la forme originale de tous ces noms. Cf. Jos., Ant., XVII, i ; Bell. Jud., I, xvrir. —
2. Ms. : Dusias.— 3. Ms. : Antipatros. — 4. Ms. : ses trois frères. —5. Ms. : Antipatos. — 6. Hé-
rode, fils de Cléopâtre, est Hérode (4) Antipas ; celui que l'auteur a ici en vue est probablement
Hérode Philippe, fils de Mariamne (II), fille de Simon, et l'épilhète, dont le sens n'est pas assez
précis, ferait allusion à sa privation totale d'héritage. Cf. Bell. Jud., I, xix. —7. Ms. : Balada. —
8. Ms. : Filipos. — 9. E a. 2242. H y a sans doute une faute de copiste pour 339. —10. rflz\i.iav. —
11. ETurponoç. — 12. H. a. 2044. — 13. Ms. : 347. — 14. Janvier.

15. H. a. 2021; Arm. 2020. — 16. H. a. 2025; Arm. 2022. — 17. E. a. 2030. Ms. : 3 ans. - 18.
H. a. 2034; Arm. 2033. — 19. « dcnlta » = ortus.

LIVRE V. CHAP. X

141

A cette [90] époque, Germanicus César triompha des Parthes'; et Tibère
associa Drusus8 à l'empire3. Ensuite César Drusus périt par le poison4.

Le théâtre de Pompée fut incendié5. Hérode bâtit Tibériade et Liviade6.

Pilate introduisit Pimage de César dans le Temple, et troubla les Juifs. Et
de plus, ayant employé totalement pour les aqueducs le trésor que les Juifs ap-
pellent sacerdotal7, ce fut pour eux la cause d'une seconde révolte 8.

JEgce, Hierocresaria, Philadelphia, Tmo-
lus, Temus, Cume, Myrina, Apollonias,
Hyrcania. Celles-ci tombèrent en Syrie ;
et en Asie : Ephèse et Magnesia.

A Rome il y eut une famine si grande
que le modius de froment se vendait
vingt-sept dinars9.

A cette époque10 florissait Athénodore
de Tarse, philosophe physicien, c'est-à-
dire naturaliste.

A cette époque11 il y eut à Rome un
dénombrement12, quand Auguste Ti-
bère fit le recensement du peuple. On
trouva 4.500.597 citoyens13.

A cette époque florissait le philosophe
alexandrin Sition14.

Nous faisons savoir pourquoi il man-
que deux jou7's [90] au mois de sebati5.
En ce temps-là, aux jours de Qâpîtôn16,
général des Romains, vint une troupe de

de Saba et Sâba, selon la prophétie de
David17, et qu'ils étaient trois rois; à
cause des trois sortes de présents qu'ils
offrirent. D'autres disent qu'ils étaient
huit, selon la prophétie de Michée qui
dit18 : « Je susciterai sur lui sept pasteurs
et huit princes. » — Mar Jacques dit
douze princes. Or, on trouve dans les
écrits des Perses une histoire à leur su-
jet disant qu'ils avaient avec eux 3000ca-
valiers et 5000 fantassins19. Étant par-
venus à Callinice, qui est Raqah , ils
apprirent qu'une grande famine régnait
en Judée. Ces princes laissèrent là la
plupart [de leurs gens] et vinrent eux-
mêmes à Bethléem avec un millier
d'hommes. Ils adorèrent, offrirent des
présents et s'en retournèrent.

Voici leurs noms20 :

Dahdnadour,filsd'Artâban ;Wastaph21,

1. E. a. 2033. — 2. Ms. : Dorotos; de même plus loin. — 3. E. a. 2038. — 4. E. a. 2039. — 5. E.
a. 2037. — 6. E. a. 2043. — 7. xopêwvàv. —8. E. a. 2049.

9. H. a. 2022; Arm. 2025. — 10. H. a. 2024; Arm. 2023. — 11. E. a. 2029. — 12. àptômaiiç. —
13. Les chiffres varient dans les divers auteurs. — 14. Si-riwv, H. a. 2029. — 15. Février. Comp. :
Cedrenus, Comp. hist., P. Gr., t. CXXI.col. 297; Geokg. Harxiart., ibid., t. CX, col. 65. — 16. Man-
lius Capitolinus, MâXioç ô xai KaTtfuwXîvo; (C).

17. Psalm., lxxi, 10. — 18. Mich., v, 5. — 19. Tabellarii. — 20. Les noms des Mages (selon la
tradition orientale) se trouvent reproduits dans plusieurs ouvrages syriaques, et notamment par
Salomon de Bassora (The Book ofthe Bee, éd. Budge, p. 93),Bar-Bahloul (Lexicon, éd. Duvai., col.
1003), Jacques d'Edesse (Epistola, apud Nestlé, Grammatica syr., lre éd., 1881, Chrestom., p. 83).
Comp. aussi : Die Schatzhôhle (éd. Bjïzoi.d, p. 236); The s. syr., col. 209; Justi, ZDMG., t. XLIX,
p. 688. Ces listes présentent de notables variantes.—21. Ms. : Waèqaph, sans doute par suite d'une
iaute de copiste.

142

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Il y a en tout depuis Adam jusqu'à Tannée en laquelle Notre Sauveur souffrit
la Passion 5539 ans. Cette année commençait un dimanche.

Pour le comput des années depuis Adam, il y a différents calculs, que nous
connaissons, et qui ne sont pas d'accord entre eux, niavec la série des années des
Prophètes et des Macchabées.

Quelques-uns fixent 5500 ans' depuis Adam jusqu'à la naissance de Notre-
Seigneur. Hippolyte, Jean* et Mar Jacques, adoptent cela. Et de fait nous trou-
vons qu'Eusèbe l'accepte. Dans un autre endroit il dit qu'il y a eu 5232 ans
depuis Adam jusqu'à la Passion de Notre-Seigneur.

D'autres disent : 5320; Africanus: 5532; les Hébreux : 4000; les Samaritains :
4365; les Syriens : 4156; et selon le calcul admis par plusieurs : 5519.

Andronicus dit que le Christ a souffert la Passion en Pan 342 des Grecs3;
d'autres en l'an 19 de Tibère, la lre année de la CCIIP olympiade.

Depuis le retour de Babylone jusqu'à l'an 342, il y a 602 ans selon le premier
calcul ; 5539 ans depuis Adam jusqu'à la Crucifixion ; 3284 ans depuis le Déluge ;
[1]838 ans depuis l'Exode; 1058 ans depuis la construction du Temple par Sa-
lomon; 624 ans depuis l'incendie du Temple et la captivité de Babylone5. —Fin.

brigands0. Il engagea le combat avec
eux et les vainquit. Frourios 6, un des
notables de Rome, et des gens méchants
s'opposèrent à Qâpîtôn, et le chassèrent
des armées des Romains. Les brigands,
ayant appris que Qâpîtôn avait été chassé,
revinrentaltaquer Rome pendant la nuit.
Tous les chefs s'enfuirent dans le Capi-
tule avec Frourios. Ils envoyèrent dire à
Qâpîtôn : « Nous avons péché contre
toi ; viens nous délivrer et nous te ferons
roi. » Il rassembla une armée de Romains,
et, pendant la nuit, attaqua Rome de trois

fils de Goudpir; Arsak, fds de Mah-
douq; Zerwand, fils de Waroudoud;
Ariwah, fils de Khosrau ; [90] Artahsist,
fils de Hôlît7; Estanbouzan, fils de Sis-
rawan ; Mahdouq, fils de Hawahm ; Ahsi-
rès, fils de Çahban ; Çardanah, fils de
Baladan ; Mardouk, fils de Bîl8.

Et le roi qui les avait envoyés [s'ap-
pelait] Pîr-Sabhour.

Hérode, qui fit massacrer les enfants,
fit aussi brûler les livres généalogiques
des Hébreux, afin que la succession des
grands-prêtres ne fût pas conservée, et

1. Lire : 5500 (et non 5550). Cf. ci-dessus, p. 140, 1. 14; et Sync, p. 592. — 2. lwannis. Peut-
être à corriger en : Annianus (?). — 3. Ms : 340. La leçon 342 est confirmée par BH. (Chr. syr.,
p. 48) et par l'alinéa suivant. — 4. Ces dates sont en désaccord entre elles et avec celles qui ont
été fournies plus haut. Pour leur conciliation, voir l'Introduction.

5. Lire : L»_£i\^ = o\ TôlIIoi, au lieu de    —^ (?) — 6. •Êeëpouâpio;.

7. Ms. : Hamît (>° pour^o). — 8. La liste comprend onze noms seulement; d'après celle de Bar-
Bahloul, il faudrait ajouter : î^ojwI ; d'après Salomon : <ûofèi.co ;a »i).^o»ooi « Hormizdad, fils de
Sanatrouq >\

LIVRE V. CHAP. X

143

côtés et enferma les Barbares au milieu ;
il les tua, ainsi que leur général. Qâpî-
tôn commença donc à régner sur les Ro-
mains. 11 fit jeter Frourios dans un filet1
et le fit monter sur un âne. On le frap-
pait de verges en disant : « Agbê, Frou-
riè »s, c'est-à-dire : « sors, Février 3. » —
On le jeta à la mer et on ordonna que ce
mois fût appelé du nom de Frourios, pour
que son mauvais souvenir fut un objet
de mépris dans tout l'empire. Ces deux
jours pendant lesquels ces brigands gau-
lois * avaient assiégé Rome furent at-
tribués à kanoun et à kanoun II ; et
pour cela, sebat a deux jours de moins ,*
il fut placé à la fin de l'année, de ma-
nière que 'adar5 fût le commencement de
l'aimée. [Un mois] fut appelé Julius 6, du
nom de César, et un autre : Augustus7.

Tertullianus8 écrit que Pilate informa
Tibère de la doctrine que Notre-Seigneur
Jésus enseignait; Tibère en informa tout
le sénat. Ils n'accueillirent point l'ac-
cusation ; et il s'efforça de faire périr ses
accusateurs.

Phlégon, philosophe profane, écrit
aussi9 : « Le soleil s'est obscurci et la
terre a tremblé; les morts sont ressus-
cites, sont entrés à Jérusalem et ont
maudit10 les Juifs. »

pour qu'on ne sût pas qu'il n'était point
de cette honorable race.

Il y eut trois grands-prêtres après
Hannan jusqu'à Gaïphe : Ismaël, Eléazar
et Siméon. Puis vint Josèphe qui est
Caïphe. Hérode, en effet, ne laissait
chacun d'eux en fonction que pendant
un an.

En l'an 15 de Tibère César, 5 d'Hé-
rode le tétrarque, la parole de Dieu fut
sur Jean-Baptiste, fils de Zacharie11. Il
vint baptiser dans le Jourdain et Notre-
Seigneur vint recevoir de lui le baptême
le 6 de kanoun II. Après son baptême,
il monta sur la montagne et jeûna qua-
rante jours; le démon s'approcha de lui
pour le tenter et fut vaincu12.

Ensuite, il se mit à enseigner et à faire
paraître des prodiges vraiment divins
pendant trois ans.

Andronicus dit que Notre-Seigneur
prêcha seulement pendant 3 ans.

Le premier miracle fut celui de l'eau
qu'il changea en vin à Cana13. Ensuite il
choisit les Douze14; il proclama les béati-
tudes 13 ; il enseigna la prière16 ; il purifia
le lépreux17; il guérit la belle-mère de
Simon18. Puis il monta à Jérusalem à la
fête de la Pâque, comme dit Jean dans
le canon xxvi19.

I. Cedii. : ^cà6w ôpoeva ueptëe6Xy][xévov xoù <j-/oivcm. — 2. Agbê est sans doute une transposition pour
oÎtcxys.. Cedr. : ï%ûûz <t>s.6pouapi£, — 3. Ms. : « sors, sebat!». —4. (.-^X^» = des Gaulois. — 5. Mars.

— 6. Cf. p. 133, 1. 7. — 7. Cf. p. 137, 1. 9. — 8. Corr. : »«>a.p^;I. L'auteur résume Eusèbe, H.
E., II, n. Cf. Chron. ad ann. 2051. — 9. Ces paroles sont tirées du Chron. ad ann. 2047, où elles
ne sont pas données comme étant de Phlégon, mais d'un auteur anonyme : èv aXXot; ;iàv cEXXy]vcx(hî.

— 10. Littéral. : « et dixerunt : Vae! Judseis ».

II. Luc, m, 1 sqq.— 12. Matth., iv, 1 sqq.; Marc, r, 12-13; Luc, iv, 1-13.—13. Johan ., n, 1-13.
—14.Marc, nr, 14; Luc, vr,13. — 15. Matth., v; Luc, vi.— 16. Matth., vr, 9-13. — 17. Matth., vtir,
2; Marc, r, 40; Luc, v, 12. Ms. : les lépreux. — 18. Matth., vrrr, 15; Marc, r, 29 ; Luc, iv, 38. —
19. Johan., ii, 13.L'expression « dans le canon xxvi » fait allusion aux canons de concordance d'Eu-

144

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Dans l'ouvrage [91] qu'il écrivit sur
les temps des olympiades, il dit, dans le
XIIIe livre1 : « La 4e année de la CCIIe
olympiade, il y eut une obscurité à la
sixième heure du jour, un vendredi, et
les étoiles apparurent. Nicée et la région
de Bithynie tout entière fut ébranlée,
et beaucoup d'autres endroits furent
renversés. »

Ursinus2 dit aussi ceci dans le livre V :
« Nous fûmes dans une grande angoisse,
quand le soleil s'obscurcit et la terre
trembla. On entendit des clameurs ter-
ribles dans les villes des Hébreux ; nous
l'apprenons maintenant et nous le voyons
par la lettre que Pilate envoya de Pales-
tine à l'empereur Tibère. Il dit : « A
« la mort d'un homme que les Juifs ont
« crucifié, il survint des choses terri-
« fiantes. » En apprenant cela, César des-
titua Pilate pour avoir fait la volonté des
Juifs, et il menaça ceux-ci. »

L'écrivain Josèphe dit aussi dans le
livre sur VHistoire des Juifs3 : « En
ces temps-là il y eut un homme sage
nommé Jésus, s'il convient toutefois de
l'appeler homme.   C'était en effet un

La seconde année, il passa en Galiléel,
instruisit la Samaritaine et toute la ville5
dans le mois de sebat. — Siméon Qou-
qoyo dit que ce fut un dimanche qu'il
s'assit sur l'orifice du puits et parla à la
Samaritaine. — La même année, il cfué-
rit le serviteur du centenier, à Caphar-
naum6, et il chassa « Légion », dans le
pays de Gadara7 ; [91] il guérit le paraly-
tique qu'on descendit par la terrasse8, à
Nazareth; il ressuscita la fille de Jaïr9; il
guérit l'hémorrhoïsse10, le muet et sourd
possédé du démon11, et celuidont la main
était desséchée12.

En cette deuxième année, Jean fut tué
dans la prison13. Cette même année [Jésus]
ressuscita le fils de la veuve u; il alla chez
Simon le Pharisien16; puis il monta à
Jérusalem pour la Pâque et guérit le
paralytique16.

La troisième année, il fit [le miracle
des] douze corbeilles de pain17, au mo-
ment du printemps; il multiplia de nou-
veau les cinq pains18; il ouvrit les yeux
de Timai19 et de l'aveugle de naissance20.

La quatrième année, il monta sur la
montagne et ses vêtements devinrent

sèbe, ou peut-être d'Ammonius, qui étaient souvent annotés en marge des mss. syriaques du Nouv.
Test. Voir les exemples cités par Wright, Catal. of syr, mss. in the British Muséum, p. 45-48,
50, 55, etc.

1. H. a. 2048. — 2. Je n'ai pu identifier ce personnage. — 3. Ant. Jud., XIII, m. Cf. Eus., H. E.,
1, xi ; Demonst. evang., III, v. Il n'est pas douteux que la mention primitive de Josèphe ait été inter-
polée par un chrétien. Cf. Th. Reinach, Josèphe sur Jésus (Bev.des Etudes juives, t. XXXV, 1897).

4. Johan., iv, 3, 43; Matth., iv, 12; Marc, i, 14; Luc, iv, 14. — 5. Johan., iv, 5-42. — 6. Matth,,
viii, 5; Luc, vu, 1. — 7. Matth., viii, 28; Marc, v, 1; Luc, vin, 26. — 8. Matth., ix, 1; Marc,
ii, 4; Luc, v, 19. — 9. Marc, v, 22; Luc, vin, 41. — 10. Matth., ix, 20; Luc, vni, 43. — 11.
Marc, ix, 24. — 12. Matth., xir, 9; Marc, ih, 1 ; Luc, vr, 6. — 13. Matth., xiv; Marc, vi; Luc, ix.
— 14. Lyc, vu, 11-18. — 15. Luc, vu, 36-50. — 16. Johan., v, 1 sqq. — 17. Matth., xiv, 14-24;
Marc, vi, 39-44 ; Luc, ix, 10-17; Joh., vi, 1-14. — 18. Matth., xv, 30-39; Marc, vm, 1-10. — 19. Marc,
x, 46; Mattii., xx, 28; Luc, xvin, 35. — 20. Johan., ix, 1 sqq.

LIVRE V. CHAP. X

145

faiseur de choses glorieuses et un doc-
teur de la vérité. Beaucoup parmi les
Juifs et les Gentils se firent ses disciples.
On pense que c'était le Messie ; mais
non d'après le témoignage des chefs du
peuple. C'est pourquoi Pilate le livra
au supplice de la croix, et il mourut.
Ceux qui l'aimaient ne cessèrent pas de
l'aimer : il leur apparut vivant au bout
de trois jours. Les prophètes de Dieu,
eneffet,avaientditdelui de tels prodiges.
Et le peuple chrétien, qui tire de lui son
nom, n'a pas cessé d'exister jusqu'au-
jourd'hui. »

Lettre que le roi d'Edesse envoya au
Christ en l'an 19 de Tibère1. — Celui qui
fut envoyé était peintre; il s'appelait
Hanania, le courrier2. Il s'acquitta bien
de sa mission et peignit le portrait de
Jésus Notre-Seigneur, qu'il rapporta à
Abgar.

La lettre qui fut envoyée par l'inter-
médiaire de Hanania le courrier [était
ainsi conçue :]

« Abgar Oukama, letoparque, à Jésus
le Sauveur, qui est apparu dans le pays
de Jérusalem : Salut. — J'ai entendu
parler des guérisons que tu opères sans

blancs3; il guérit le lunatique' et l'hy-
dropique5; il ressuscita Lazare6 et fit
dessécher le figuier au mois de 'adar7;
il prononça la parabole du riche et
de Lazare8, de la vigne et des ouvriers9,
de la tour'0, de l'homme qui fit un fes-
tin11, des cent brebis1*, des dix drach-
mes13, et plusieurs autres qui sont
écrites, et d'autres en plus grand nom-
bre qui ne sont pas écrites14.

Le temps de toute la prédication de
Notre-Seigneur se passa entre le souve-
rain pontificat de Hannan et celui de
Caïphe, depuis le début de Hannan jus-
qu'à Caïphe. Ce n'est pas le temps de
quatre années complètes, car Notre-Sei-
gneur fut crucifié en l'année où fut éta-
bli15 Joseph Caïphe, l'an 19 de Tibère
César, 22 d'Hérode le tétrarque, 6 de
Pilate, en l'indiction 4e, à la fin de la
4e année de la CCIP olympiade, 79e an-
néedes Antiochéniens, 158° desTyriens,
137e des Ascalonites1B. Cette année com-
mençait un dimanche. La Pâque eut lieu
le 24 de 'adar (mars), un samedi, et la
Résurrection le 25 du même mois de
'adar; l'Ascension le 3 de 'iyar (mai), et
la Pentecôte le 13 de iyar.

1. Pour tout ce qui concerne la Légende d'Abgar, et les lettres apocryphes, voir R. Duval, His-
toire d'Edesse, p. 81 et suiv., où l'on trouvera l'indication des sources et un bon résumé de la
question. — 2. I»^"^, tabellarius — Tax'Jôpojxoç (Eus.). D'autres documents portent : fi^aa^, —:
tabu larius.

Ii. Matth., xvii, 1-13; Marc, ix, 1-12; Luc, ix, 28-36.— ^t.lbid. Litt. '.le fils du toit, bav'egon'o \
la vers. syr. traduit azKrpmïfi.-z-u, par la périphrase : u 11 a bar-égoro. — 5. Luc, xiv, 1 sqq. — 6.
Johan., xi, 1 sqq. — 7. Mars; Matth., xxi, 17-19; Marc, xi, 11-14. — 8. Luc, xv, 20 sqq. — 9.
Matth., xx, 1 sqq. — 10. Luc, xiv, 28 sqq. — 11. Luc, xiv, 16 sqq. — 12. Luc, xv, 4 sqq. — 13.
Lu G, xv, 8 sqq. — 14. Cf. Johan,, xx, 30; xxi, 55. Il est inutile de faire observer que cette sorte de
concordance évangélique n'est pas de tous points exacte. — 15. Lire : **û? (et non >°f) ; iiù x-rçv toO
Kàti'âça xaTaffTaaiv (Eus., //. Et) 1, x). — 16. Pour la rectification de ces données contradictoires, voir
l'Introduction.

il 19

146

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

médicaments ni plantes '. Car d'après ce
que l'on dit tu lais voir les aveugles,
marcher les boiteux; tu purifies les lé-
preux ; tu chasses les esprits immondes
et les démons; tu guéris ceux qui souf-
frent de maladies invétérées; tu ressus-
cites les morts. Quand j'ai entendu dire
de toi toutes ces choses, je me suis mis
dans l'esprit que de deux choses l'une :
ou tu es Dieu descendu du ciel, ou tu es
le Fils de Dieu. C'est pourquoi je t'ai
écrit en te demandant de prendre la
peine de venir près de moi, afin de
guérir un mal qui est en moi. J'ai aussi
entendu dire que les Juifs te portent
envie, murmurent contre toi et veulent
[92 te faire du mal. J'ai une ville petite,
mais belle, qui suffit pour deux. »

Copie de la lettre que lui répondit
Notre-Seigneur : « Heureux celui qui a
cru en moi, sans m'avoir vu. 11 est écrit,
en effet, de moi : « Que ceux qui me ver-
« ront ne croiront pas tous en moi ; et que
«beaucoup de ceux qui ne m'auront pas
« vu, croiront et vivront. » Quant à ce que
tu m'as écrit, de venir près de toi, il
convient que j'achève ici ce pourquoi
j'ai été envoyé, et quand je l'aurai ac-
compli, je remonterai vers Celui qui
m'a envoyé. Quand je serai remonté, je
t'enverrai un de mes disciples qui gué-
rira ton infirmité, et te donnera la vie
ainsi qu'à ceux qui sont avec toi. »

Après l'Ascension, les Apôtres choi-
sirent Matthias à la place de Judas*. Dix
jours après, ils reçurent l'Esprit-Saint,
et ils ordonnèrent Jacques qui fut le
premier évêque de Jérusalem. Il gou-
verna pendant 30 ans. Ils établirent les
sept diacres3. L'un d'eux était Nicolas.
Comme on était jaloux de lui parce que
sa femme était belle, il la renvoya, et il '
vivait dans la chasteté; d'autres, voyant
[cela], mirent leurs femmes en commun
et furent appelés Nicolaïtes.

Des douze Apotkes5. — Simon, de la
tribu de Nephtali. Rétablit un sanctuaire
à Antioche en la lie année de Claude; et
il monta prêcher à Rome, où il fut évê-
que pendant 25 ans. En l'an 13 de Néron,
il fut couronné Tdu martyre;.

Paul, de la tribu de Benjamin. Il
prêcha pendant 27 ans, depuis l'an 6 de
Claude jusqu'à l'an 13 de Néron. Il fut
couronné avec Pierre.

André prêcha à Nicée, à Nicomédie,
en Scythieeten Achaïe; [92j le premier
il siégea à Constantinople et il y mourut.

Jacques, fils de Zébédée, de la tribu de
Zabulon, fut mis à mort à Jérusalem par
Hérode Agrippa; il fut déposé à Aqar de
Marmârîqa 6.

Jean, son frère, prêcha à Ephèse et
en Asie, jusqu'à l'an 7 de Trajaii ; il fut
enseveli à Ephèse.

Philippe de Beit-Çayda, de la tribu

1. Litt. : « racines ».

2. Act,, r, 21 sqq. — 3. Act,, vr, 1 sqq. — 4. Ms. : elle vivait. Cf. ci-dessous, p. 171. L'auteur
résume Eusèbe, H. E., III.xxix. — 5. Pour tout ce qui concerne les traditions relatives aux Apôtres
et au lieu de leur prédication et de leur martyre, voir R. A. Lipsius, Die Apokryphen Apostelge-
schichten und Apostellegenden (Braunschweig, 1883-1887). — 6. Ces mots traduisent un original
latin ; in avce Mannaricu, par l'intermédiaire du grec; cf. Lipsius, op. cit., II, u, p. 208, 214; I,
p. 211, Lire : [û»}-so;-xj*. Map^ocptxr; désigne la région occidentale du nord de l'Afrique;

LIVRE V. APPENDICE

147

cl'Aser, prêcha en Phrygie et fut ense-
veli en Pisidie.

Barfhélemi,de la tribu d'Issachar, de
'Endor, prêcha en Arménie et v fut cru-
cifié.

Thomas, de la tribu de Juda, prêcha
aux Parthes et aux Mèdes, et fut cou-
ronné [du martyre] à Calamina, ville de
l'Inde. Son corps fut rapporté à Édesse.

Matthieu, de la tribu d'Issachar, de
Nazareth, mourut à Gabala et fut ense-
veli à Antioche.

Siméon le Chananéen, de la tribu
d'Ephraïm, mourut à Hémath; d'après
un ms. : à Cyrrhus.

Jude, appelé Thaddée, qui est Labai,
de la tribu de Juda; il fut surnommé
Labai à cause de sa sagesse. Il fut enseveli à Beyrouth; d'après un ms. : à Aradus.
Jacques, fds d'Alphée, de la tribu de Manassé, mourut à Batnan de Saroug.
Judas, le traître, était de la tribu de Dan, delà ville de Saqara.
Matthias était de la tribu de Ruben.

[Ici- finit le cinquième Livre, qui comprend 10 chapitres, soigneusement réunis
de livres authentiques*, il va de Van 20 de Darius le Perse, qui est le commence-
ment du sixième millénaire, jusqu'à la mort de Tibère César. Il embrasse
fil6 ans, et 133 olympiades, [jusqu'à Vannée]3 en laquelle Notre-Seigneur Jésus-
Christ subit la Passion : à lui la gloire dans les siècles des siècles ! Amen.

A ces lettres1 étaient joints des docu-
ments également en écriture et en lan-
gue araméennes, exposant qu'après que
Notre-Seigneur Jésus fut remonté au
ciel, les Apôtres envoyèrent Thaddée,
un des soixante-dix [disciples], à Édesse.
Il commença à y faire des guérisons ;
Abgar entendit parler de lui et se sou-
vint de ce que Jésus lui avait mandé. 11
l'envoya chercher à la maison de Tobia,
et Thaddée le guérit de même qu'un de
ses serviteurs qui était atteint du mal de
la goutte.

Ces choses arrivèrent en l'an 350 des
Grecs.

[APPENDICE AU LIVRE V!

[Extra.it] de Bar-Çaliiu \ — Simon prêcha à Antioche pendant un an ; il y bâtit
une église, puis il monta à Rome, où il prêcha pendant vingt-sept ans. — Paul

1. Ces paroles sont d'Eusèbe (//. E., I, xm), qui est certainement l'unique source que Michel
résume dans toute cette question.

2. Litt. : « d'écrits éprouvés ». — 3. Il semble que le passage doive s'entendre ainsi, bien que les
chiffres indiqués soient en désaccord entre eux.

4. Dans son Commentaire sur S. Matthieu, x, 2-4 {Bill, nat., ms. syr., n° 67, fol. 85 /), Denys
Bar-Çalibi donne une liste des douze apôtres qui ne s'accorde ni avec celle-ci, ni avec celle donnée par
Bar-Hébréus dans le Grenier des Mystères (In Evang. Matth se i, éd. Spatvuth, p. 23, 24). j'ignore de
quel ouvrage sont tirées les deux listes citées ici.

148

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

monta le rejoindre. Il y eut du trouble à Rome, et Néron ordonna de les tuer
tous les deux. — Pierre demanda à être crucifié la tête en bas pour baiser les
traces de son Maître ; et Paul eut la tête tranchée par le glaive.

Andrê prêcha dans le pays de Beit-Kalbin1 et sur tout le littoral; plus tard
les Kalbê lui coupèrent les membres en morceaux.

Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, étaient de la tribu de Zabulon, du
village de Beit-Çayda. — Jacques prêcha à Jérusalem même, et ensuite il fut
martyrisé par les Juifs, à Laide d'un bois de foulon. — Jean prêcha à Antioche
avec Simon ; ensuite il s'en alla à Éphôse, et la Mère de Notre-Seigneur l'accom-
pagna. Aussitôt ils furent relégués dans l'île de Patmos. En revenant d'exil, il
prêcha à Ephèse, et y bâtit une église ; Ignace et Polycarpe le servaient; il ense-
velit la bienheureuse Marie. Il vécut 73 ans2 et mourut après tous les Apô-
tres ; il fut enseveli à Ephèse.

Philippe et Barthélemi étaient de la tribu d'Aser. — Philippe était du village
de Beit-Çaida; il bâtit une église en Pisidie et y mourut; selon d'autres, il fut
lapidé à Mabboug de Phrygie,et ensuite crucifié. — Barthélemi était du village
de Endor. Il prêcha pendant trois ans en Arménie, puis le roi Herstiou* le fit
crucifier; il fut enseveli dans l'église qu'il avait bâtie en cet endroit.

Matthieu, le publicain, était de la tribu d'Issachar, du village de Nazareth; il
prêcha en Palestine, puis dans le pays des Parthes. Il mourut à Gabala et fut,
enseveli à Antioche. Selon d'autres, il fut tué dans la ville de Qabîra dans le
pays des Parthes.

Thomas était de la tribu de Juda. Il prêcha aux Parthes, aux Mèdes, aux In-
diens ; ensuite il fut transpercé d'une lance dans la ville de Calamine sur l'ordre
du roi Mazdai. Son corps fut rapporté à Edesse.

Jacques, fils d'Alphée, était de la tribu de Manassé. Il prêcha à Callinice et
à Circesium; il bâtit une église à Batna de Saroug, où il mourut et fut enseveli.

Simon le Cananéen, aussi appelé Zelotes, et qui est Natanaël, était de la tribu
d'Ëphraïm, de la ville de Cana, en Galilée. Il prêcha en Syrie, à Alep, à Mabboug
et jusqu'à Claudia: il bâtit une église à Cyrrhus, où il mourut et fut enseveli.

Labai, surnommé Thaddée, qui est Jude, fils de Jacques, était de la tribu de
Siméon. Il prêcha à Laodicée, et il fut lapidé à Aradus où il fut enseveli. — Selon
d'autres, il prêcha dans la ville de 'Akko'" [93", et y fut scié; selon d'autres, il
mourut dans la ville de Bérénice dans le pays du Liban5.

1. Litt. : « maison des chiens » ; on interprète généralement celle loculion comme désignant la
région des KyvoxsçaXot (Ethiopie). La plupart des Actes disent : « le pays des anthropophages». Cf.
Lipsius, op. cit., I, 547. — 2. L'auteur veut dire 73 ans après l'Ascension. — 3. Var. : Rustni, Hê-
rôstni (Budge, The Book of the Bee, p. 106, n 6). — 4. Saint-Jean d'Acre. — 5. Au lieu de Béréntkî,
il faut corriger: tooa^o;.^ Berytus, qui est la leçon de BH. (Chr. eccl., II, 34) justifiée par celle de
plusieurs mss. grecs. Cf. Lipsius, op. cit., II, n, p. 159, n. 3.

LIVRE V. APPENDICE

149

Judas VIscariote était de la tribu de Gad, du village de Sokariot. Sa place fut
prise par Matthias, de la tribu de Ruben, qui bâtit une église à Séleucie, où il
mourut et fut enseveli.

Il n'y a que trois noms pour six d'entre eux, car ils portent le môme nom deux
par deux; savoir : Simon Pierre, et Simon le Cananéen; Jacques, fils de Zébé-
dée, et Jacques, fils d'Alphée; Judas, fils de Jacques, qui est Labai, et Judas l'Is-
cariote. Il y avait parmi eux deux publicains : Matthieu et Jacques, fils d'Alphée ;
quatre pêcheurs et un traître. — Fin de ce chapitre. Que le lecteur prie pour le
pécheur [qui l'a écrit !].

Nous écrivons les noms et le martyre
des soixante-dix disciples l.

1. Adai prêcha à Edesse et baptisa le
roi Abgar ; il y mourut ety fut enseveli.

2. Agai prêcha dans le Beit-Çoupha-
nayê, le Beit-Arzanayê2, et l'Arménie ex-
térieure ; ensuite les païens lui brisèrent
les cuisses, et il mourut.

3. Sîrînos, fils d'Abgar, mourut à
Edesse même.

4. Ananias, qui baptisa Paul, prêcha à
Damas et Eléd. Balas, général d'Arétas,
le fit mettre à mort; il mourut à Arenaël.

5. Lazare, frère de Marie, prêcha à
Cypre et y mourut.

6. Mèlèa prêcha à Emèse, àBa'lbek, h
Aristân et h Hémat, et mourut à Sai-
zar.

7. Cèphas, dont parle3 Paul, prêcha à
Rhodes, et fut jeté h la mer.

8. Sosthènes prêcha dans le Pont, et
fut jeté à la mer sur l'ordre du préfet
Nonus.

9. Qriscos'* prêcha à Kâlânîa ; il fut
emprisonné h Alexandrie et mourut de
faim.

10. Barnabe prêcha h Attalia et a
Claudia ; il mourut à Samos,

11. Joseph, le sénateur, prêcha en Ga-
lilée et dans la Décapole ; il mourut dans
sa maison.

12. Nicodèmc, qui avait reçu les Apô-
tres, prêcha à Jérusalem et y mourut.

13. Natanaël prêcha dans la montagne
du Hauran ; on le lapida et il mourut.

14. Justus prêcha à Tibériade et à
Césarée où il mourut.

15. Juda, frère de Jacques, prêcha à
Baisan et mourut h Loud.

16. Sila prêcha en Galatie et y mourut.

1. Littéralement : évangélisateurs, La liste des soixante-dix disciples paraît avoir été composée
primitivement avec les noms recueillis dans le Nouveau-Testament, et ensuite modifiée sous
l'influence de traditions locales. Nous l'examinerons dans une note spéciale à la fin de l'ouvrage,
et nous essayerons de rétablir la forme véritable des noms. Nous nous bornons à en donner ici
la transcription littérale. Comparez les listes grecques du Chronicon pascale, P. Gr., t. XCII,
coll. 519-524; celle du Pseudo-Dorothée, ibid., col. 1059 sqq. Pour les listes syriaques, voir Sa-
lomon de Bassora, The Book of the Bee, p. 123 et suiv., et Assemani, Bibl. or., III, i, p. 319-320.
Comp. aussi la liste donnée au chapitre suivant, ci-dessous, p. 149-150. — 2. La Sophène et l'Ar-
zanène. — 3. Lire : ;jo|. — 4. Crescens (?),

150

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

17. Ammonios prêcha à Mélitène et v
mourut.

18. Migla prêcha à Tyana et y mourut.

19. Jason fut jeté aux bêtes.

20. Olympas, aussi appelé Manaël, fut
brûlé à 'Akko.

21. Rufus prêcha chez les Dailoumites
qui le tuèrent.

22. Alexandre fut jeté dans une fosse
à Héracléopoliset mourut.

23. Siméon, le Cyrénéen, fut tué par le
glaive à Chio 2.

24. Lucius fut tiré par des chevaux
jusqu'à ce que tous ses membres fussent
arrachés.

25. Clêophas prêcha à Loud et fut mis
à mort.

26. Simon, fds de Clêophas, devint
évêque de Jérusalem et fut crucifié par
le chiliarque Ircnanis 3, alors qu'il était
âgé de cent ans.

27. Yousaiprêcha à 'Ard'at*, et y fut
mis à mort.

28. Jacques fut mis à mort avec son
frère.

29. Bîtdrsos fut jeté dans une four-
naise à Laodicée et y mourut.

30. Mârmâtos* alla prêcher aux Éthio-
piens6 et mourut chez eux.

31. Andronicus prêcha en Illyrie7, et v
mourut.

32. Junias * fut pris et mis à mort à
Samos.

33. Titus mourut en Crète.

34. Jonas Probus 9 mourut à Chalcé-
doine.

35. Hermas, le pasteur, mourut à An-
tioche.

36. Qrisis*0 prêcha à Birilôn (?)11 et
mourut à Chersonèse (?)12.

37. Socrates alla prêcher dans le Beit-
llouzayê, et y mourut.

38. Krispan prêcha à13. ... et y mou-
rut.

39. Narcisse mourut en Grèce.

40. Aristobule prêcha et mourut en
Isaurie.

41. Dèmas fut jeté dans un four des
bains (?) en Cilicie.

42. Timothée, qui fut patriarche à
Pphèse,.....14il y fut enseveli.

43. Luc l'évangéliste prêcha à Alex-
andrie, en grec; il fut mis à mort dans
la grande ville de Thèbes.

F)

44. Marc l'évangéliste prêcha dans la
ville de Rome, en latin ; il fut mis à mort
dans le pays de Panés (?) '".

45. J^évi prêcha à Phainôs16 et fut tué
par Chronos.

46. Éphrem mourut à Baisan.

47. Nicetas mourut à Tibériade.

48. Hérode fut tué à 'Akko.

49. Sifvanus y fut également mis à
mort.

50. Jean fut jeté aux bêtes dans le
théâtre de Ba'lbek.

51. Théodore11 mourut aussiàBa'lbek.

52. Etienne fut lapidé à Jérusalem.

1. Ms. : Aqlîpolis. — 2. Ms. : Clios. — 3. Ms. : Jririnos.--i. Arab. : wk-v?» *»9. — 5. Ar. : usoa^Wo|.*3.

— 6. Aux Kousayê. — 7. Ms. : llouqorion; Arab. : ^û^à^.I. — 8. Ms. : Naunaya. — 9. Sic ms. ;
lire : Patrobas (?). — 10. Carpus (?). — 11. Bersea (?). — 12. Ms. : Kroûnos. — 13. Le nom est en
blanc dans le ms. — 14. Le passage est altéré. Peut-être : « y fut mis à mort par le tyran» (?). —
15. Ms. : Panios. — 16. Ar. : uaoa*>lS (— Panéas). — 17. noo»o»o|l (?) ; ms. : Théôdos.

LIVRE V. APPENDICE

151

53. Nigeos fut tué par Caïphe au
milieu du Temple.

54. Marôtôlos fut tué par les Barba-
res à Niktamotos tandis qu'il prêchait.

55. Laison mourut ii Apamée dans un
four à chaux.

56. 57. Zachèe et le jeune homme, /ils
de la veuve, qui avait été ressuscité, fu-
rent mis à mort tous les deux à Hawa-
rin   dans le désert.

58. Siméon le lépreux fut roué de
coups par les Juifs à Ramatha, et mourut.

59, 60, 61. Clêophas, Esphana et Sté-
lios\ moururent en prison, à Tarse.

62. Apollon, l'élu, fut brûlé par le juge
Sparacleus à Apamée (?)3.

63, 64. Yopistan et Simon furent
tués par le préfet Metellius, à Ryzance.

65. Théophilemouruten paix en Egypte
et y fut enseveli.

66. Prismus, le sage (?) '*, mourut de
même en paix en Galilée.

67. Barabbas prêcha à Arnoun et
mourut en prison.

68. 69. Zabdai et Atalaël furent étouf-
fés par les païens dans une fournaise, à
Séleucie ; ils moururent et furent ense-
velis ensemble.

Fin des noms etdu martyre des soixante-
dix saints disciples d'après l'exposé de
Jacques Bar^Çalîbi. — Que leur prière
et la sienne soient avec nous! Amen.

1. Ar. : ^}|a~; ms. : Yôrin. — 2. Olympus, Stephauus et Stachys ('?). — 3. Arab. : |*aa3|.r— i.
Ms. : P; ismiqosophos. — 5. L'Araon (?).

LIVRE VI

[04] Avec l'aide de Dieu, nous commençons le sixième Livre. Il commence au
temps qui suivit la Passion, la Résurrection et l'Ascension du Sauveur de
l'Univers, Jésus-Christ, l'an 5542 depuis Adam, 349 des Grecs, la lre année
de la CCIIP olympiade.

CHAPITRE PREMIER.

En Pan 19 de Tibère, notre Sauveur le Christ souffrit la Passion, mourut, fut
enseveli, ressuscita et monta au ciel.

En cette même année, Pilate, le gouverneur', érigea l'image de César dans
le Temple : ce qui n'était pas convenable, comme Pécrit Josèphe*. Il dit aussi5
que le jour de la Pentecôte une grande frayeur s'empara des prêtres dans le
Temple, parce qu'ils entendirent une voix du milieu du sanctuaire qui disait :
« Allons-nous-en d'ici'. » '

Sejanus5, le préfet" de Tibère, lui conseillait de faire périr les Juifs. Philon
rappelle cela dans son second Livre7.

Agrippa, fils d'Hérode, alla à Rome pour accuser Hérode, son oncle, et il fut
enchaîné par Tibère s.

Cependant, Tibère ne pensait rien de mauvais contre la doctrine du Christ ; et
cela eut lieu par la providence de Dieu, pour que le commencement de la pré-
dication évangélique ne fût pas détruit9.

Abgar d'Edesse écrivit à Tibère tout ce que les Juifs avaient fait au Christ. Il
lui répondit : « C'est pour cela que je viens de destituer honteusement Pilate,
et je tirerai vengeance des Juifs. »

Tibère vécut 78 ans; il en régna 23 et mourut10.

Hérode régna aussi 23 ans. — Il tua Jean, et prit Hérodiade, femme de son
frère, du vivant de son mari. A cause de ses nombreux méfaits, il fut jeté en exil
avec Hérodiade, et ils furent mis à mort, dans la ville de Vienne11, par une juste
vengeance.

1. yiy^wv. —2. Cf. Ant., XVIII, iv, et Bell. Jud., II, xiv. — 3. Bell. Jud., VI, xxt. — 4. Cf<
H. a. 2047; Arm. 2048. — 5. Xy)(7.v6î, — 6. enap-/oç. — 7. èv ty; Ss'jxêpx x?;ç rcep\ aùioù 7ipîa6e(a;. E. a.
2050. - 8. H. a. 2051; Arm. 2052. — 9. Eus., H. E., II, ir. — 10. Il eut pour successeur Caïus
Caligula. — 11. En Espagne, d'après Bell. Jud., II, xvi ; à Lyon, d'après Antiq. Jud., XVIII, rx.

LIVRE VI. CHAP. I

153

Gaïus, qui régna après Tibère, délivra [95] Agrippa, qui était enchaîné à
Rome, et le fit roi des Juifsl.

En ce temps, le préfet2 d'Egypte, Flaccus3, fut envoyé et opprima les Juifs
pendant 7 ans. Il remplissait d'immondices4 leurs autels des sacrifices et leurs
synagogues. C'est pourquoi des ambassadeurs furent envoyés à Gaius pour l'a-
paiser. L'un d'entre eux était le philosophe hébreu Philon d'Alexandrie5.

En Pan 4 de Gaïus, il ordonna à Pétronius, préfet de Syrie, d'ériger ses
statues dans les temples et dans les synagogues des Juifs*. Alors s'accomplit la
parole de Daniel1 au sujet du signe de l'abomination dans le lieu saint8. Les
Juifs supportèrent beaucoup d'afflictions pour empêcher cela. Pendant leur
agitation, un eunuque tua Gaïus qui avait vécu 39 ans9.

En Pan 357 des Grecs, Claudius commença à régner, pendant 14 ans10. —
Agrippa, qui est Hérode, après trois années de règne, vint à Césarée, qui s'ap-
pelait auparavant Tour de Straton. Il y donna une fête et des spectacles en
l'honneur de César, pour son salut. Le deuxième jour du spectacle, il revêtit un
manteau tissé d'argent et vint au théâtre dès la pointe du jour. Comme les pre-
miers rayons du soleil tombaient sur cet argent, il brillait étonnamment et
inspirait de la crainte à ceux qui le regardaient. C'est pourquoi les flatteurs
l'appelaient dieu et immortel11. Ne les ayant pas blâmés, il vit un ange12 au-dessus
de lui. II fut saisi par la douleur et fit savoir à ses amis qu'il était frappé d'une
plaie, et après cinq jours [96] il mourut13 misérablement. II vécut 54 ans et en
régna 7, quatre sous le règne de Gaïus et trois sous celui de Claudius. Il gou-
verna la tétrarchie de Philippe pendant 3 ans, et la quatrième année il y ajouta
aussi celle d'Hérode. Josèphe14 est d'accord là-dessus avec les Livres saints13.
Si quelqu'un hésite à cause du nom du roi, l'époque et les événements montrent
qu'il s'agit du même; ou bien le nom a été changé par erreur, ou bien il avait
deux noms16.

Pendant le règne de Claudius, au jour de la fête [de la Pâque]17, il y eut du
trouble à Jérusalem. Comme le peuple se pressait à la sortie du Temple, trente
mille Juifs se foulèrent aux pieds mutuellement et périrent. Josèphe a écrit ces
choses18.

1. H. a. 2053; Arm. 205'i. — 2. snap/oç. — 3. «I'Xâxv.o? ; E. a. 2054. Ms. : Filikus. — 4. Je lis :
oL*^,. — 5. Cf. H. a. 2054 ; Arm. 2055; Jos., Ant., XVIII, x. — 6. H. a. 2055; Arm. 2054. Cf. Jos.,
Bell. Jud., II, xvrr; Ant., XVIII, xt. — 7. Dan., rx, 27. — 8. |ûoo,a (BH., Chr. syr.>

p. 48). — 9. Cf. E. a. 2056. — 10. E. a. 2057. — 11. Eus., H. E., II, x ; Jos., Ant., XIX, vir. —12.
Jos., toc. cit. : « un hibou »; cf. XVIII, viir. Michel cile d'après Eusèbe. — 13. Reslit. : ,*>

[l^v]; (Eus., toc. cit.). — 14. Ant., XIX-, vu; cf. Bell. Jud., II, xvnr-xx. — 15. Act. Ap., xn,
19-23.—16. Voir le tableau généalogique de la famille d'Hérode parmi les notes complémentaires à
la fin du volume. — 17. Lire : Wfi |»U (BH., Chr. syr.,}). 49). — 18. Ant., XX, iv; Bell. Jud., II>
xx ; Cf. H. a. 2064; Arm. 2062.

U. 20"

154

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Claudius établit roi des Juifs Agrippa, fils1 d'Agrippa. Il envoya le procura-
teur8 Félix3 pour tout le pays de Samarie et de Galilée. Après avoir régné 13 ans
et 8 mois, Claudius mourut dans son palais4 et laissa [l'empire] à son fils Néron
qui régna, lui aussi, 13 ans et 8 mois.

Celui-ci destitua Félix et envoya Festus devant lequel Paul compisrut et ren-
dit raison de ce qu'il enseignait5, en présence du roi Agrippa.

Néron destitua ensuite Festus et établit Albinus gouverneur de Judée0. —
Puis Néron retira l'autorité à Albinus et établit à sa place Florus. Du temps
de celui-ci eut lieu la révolte des Juifs'.

A cette même époque, il y eut à Rome de nombreux incendies8, et beaucoup
de notables moururent9. — Fin de ce [chapitre].

[94] Il y en a qui disent que Josèphe
l'écrivain est le même que Caïphe, et ce
n'est pas exact; autre est Joseph Caïphe,
et autre l'écrivain ; ils portaient le même
nom à la même époque.

Josèphe l'écrivain expose qu'il y avait
sept10 sectes chez les Juifs : 1° celle des
Scribes qui étaient appelés Scribes de
vérité; —2° celle des Lévites qui admet-
taient la tradition des Anciens ; — 3° celle
des Pharisiens qui admettaient la résur-
rection, comme les Scribes, et disaient
qu'il y a des anges et des esprits ; ils
jeûnaient deux fois par semaine; ils pu-
rifiaient leurs vases et leurs tables; ils
allaient aux repas de noces 11 et de nais-
sance; — 4° celle des Sadducéens qui
niaient la résurrection, les anges et les
esprits; ils tirèrent leur nom d'un prêtre
appelé Sadoc; — 5° celle de ceux qui

[94] L'année même de la Résurrection
et de l'Ascension de Notre-Seigneur l'eu-
nuque éthiopien se convertit, le premier
parmi les Gentils

Le grand Paul fut appelé à la fin de
cette année et commença à prêcher au
commencement de Tannée suivante.

Cornélius se convertit, à Césarée, à la
fin du règne de Tibère 13.

Noms des Evangèhsateurs l4: 1. Addai.

— 2. Aggai. — 3. Eléazar V6. — 4. Hana-
nias. — 5. Jacques. — 6. Elias. — 7.
Barnabas. —8. Sosthènes. —9. Cyria-
cus. — 10. Joseph. — 11. Nicodème. —
12. Nathanaël. — 13. Judas. — 14. Jus-
tus. — 15. Sila. — 16. Bar-Saba. — 17.
Jean qui est Marcus. — 18. Omius 16. —
19. Niga. — 20. Jason. — 21. Manaël.

— 22. Dophikimios (?)». — 23. Alexan-
dre. — 24. Simon Cyrénéen. — 25.

1. Lire : «|a. Cf. E. a. 2060. — 2. êiH-cpoitoç. — 3. H. a. 2066; Arm. 2067. — 4. H. a 2070*. —
5. Act. Ap., xxv-xxvi; cf. H. a. 2072; Arm. 2070. —6. H. a. 2077; Arm. 2076. — 7. H. a. 2080;
Arm. 2077. — 8. Arm. a. 2079. — 9. Arm. a. 2080.

10. Il n'eu mentionne que quatre. Ant., XVIII, î ; Bell. Jud,, II, xri. Cf. Eus. H. E., IV, xxn. —

11. Lire t Uû-^~.

12. Restit. : t-M-aax k*Lso,o ooi» (Eus., H. E., II, t) ; Act., vm. — 13. Act., x. —14. Comp. cette
liste avec les documents cités plus haut, p» 149, n. L — 15. Lazare. — 16. Hymenœus (?). —
17. Rufus (?).

LIVRE VI. CHAP. I

155

disaient que l'homme doit se purifier 4
chaque jour;— 6° celle des Naziréens
qui ne mangeaient rien de ce qui avait
été animé, et ne recevaient point les
livres de Moïse et des Prophètes, mais
d'autres à leur place; — 7° celle des Ju-
déens, qui observaient la Loi et les Pro-
phètes et confessaient un seul Dieu.

En ce temps-là florissait le philosophe
Philon d'Alexandrie, qui était hébreu 2.
Il composa des traités sur tout ce qui
arriva aux Juifs à cette époque; sur la
démence de Gaïus qui se fit dieu ; sur
la vie des ascètes du pays d'Egypte ;
il fit un traité sur l'interprétation du
premier Livre 3, et vingt4 sur l'agricul-
ture; sur ce que l'esprit en éveil désire
ou déteste5; sur la confusion des lan-
gues; sur la réunion pour l'instruction 6;
sur la différence des noms qui sont dans
l'Ecriture 7 ; [95] et sur les deux Tes-
taments8. En outre, un traité sur les
songes, cinq sur l'Exode, quatre0 sur
les choses qui sont dites dans la Loi, et
beaucoup d'autres. — Du temps de Claude
César ils furent placés dans la biblio-
thèque de Rome.

A cette époque beaucoup de sénateurs
et de soldats furent tués10.

Gaïus prit la femme de Memmius
Regulus et contraignit Memmius de se
déclarer le père de sa femme11.

Agrippa qui était enchaîné à Rome

Lucius. — 26. Clêophas. — 27. Simon.

— 28. Yôsa. —29. Phodosios(?)12. _30.
Qatastrios (?). — 31. Zebadion. — 32.
Titus. -33. Patrobas13. —34. Hermas.

— 35. Asynclitus. — 36. Triscus. — 37.
Lucas. — 38. Aristobule. — 39. Démas.

— 40. Timothée. — 41. Lévi. — 42.
Ephrem. — 43. Hérode. — 44. Silvanus.

— 45. Nicetus. — 46. Jean. — 47.
Theod[or]us. —48. Nigeus. — 49. Mar-
tolus. — 50. Lasion (?). _ 51. Zacharie,
fils de la veuve. — 52. Simon, le lépreux.

— 53. Stephanus. — 54. Estabus u. —
55. Apollo. — 56. — Yaston15. —57. Si-
mon. — 58. Joseph. — 59. Barnabas.

— 60. Orosus. — 61. Amimaùs. — 62.
Eulius. — 63. Philippe. — 64. Pro-
ch[or]us. —65. Nicanor. —66. Timon. —
67. Parménas. — 68. Agabas.— 69. Cé-
phas, dont Paul a dit16 : « Quand je vins
[95] à Antioche, je le repris en face. »
Et Tholomai qui remplaça Judas, et
Thaddai, etc.

Ilsétaientplusde soixante-dix,d'après
ce que dit Paul17 : « Il se manifesta à plus
de cinq cents frères. »

En la lre année de son règne Agrippa
fit tuer Jacques : ce n'est pas celui qui
était appelé Frère de Notre-Seigneur;
car ils étaient deux; Paul fait mention 18
de ce dernier qui fut martyrisé avec le
bois d'un foulon; le premier fut tué par
le glaive d'Agrippa19.

1. Litt. : « se baptiser ». — 2. Cf. Eus., H. E., II, xvm. — 3. si; f-f,v Téveo-iv. — 4. Eus. : LTepi
yswpyia? ôvo. — 5. Il£p\ J>v vr^aç o voO; eu'xetou *a\ xaTapàtat. — 6. Ilepi vf\z rcpoç ta 7raiSsû[JiaTa auvôôou.
— 7. Il£p\ tôv jjLETOvojjiaÇoijivwv. — 8. Ii£p\ Ata8/]xwv upwroî xai Ssytlpa;. — 9. Lire : \sa?lo. Tà IIep\
rwv àvaçi£po[x£vwv Iv eî'Set vôu-cov. — 10. E. a. 2052.   — 11.   H. a. 2055; Arm. 2052.

12. Ar. : .ooauoo0,a9. — 13. Ms. : Patroka. — 14. Ar. : ^ûi£ao]. Rest. : '^>aa^»| Stachys. —
15. Ar. : seé^a»! en surcharge. — 16. Gai., rt, 11. — 17. I Cor., xv, 6. — 18. Gai. r, 19. — 19. Act.
xir, 2.

156

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

désirait que Gaïus devînt empereur ;
aussiquand celui-ci commença à régner,
il lui donna la principauté de Philippe
et de Lysanias. C'est pourquoi Héro-
diade invectivait Hérode, lui disant :
« Parce que tu ne veux pas aller trouver
César, tu es privé ici de la principauté;
car si Agrippa, homme sans condition,
est devenu prince, à combien plus forte
raison le deviendrais-tu, toi un té-
trarque. » —Là-dessus il monta à Rome
pour recevoir la royauté; Gains s'em-
porta, le chassa en exdà......',il mourut

avec sa femme s.

De même Ponce-Pilate, étant tombé
dans différentes infirmités, se tua cruel-
lement en cette année, et s'infligea lui-
même le châtiment de son iniquité3.

Du temps de Claudius4, il y eut une
grande famine par toute la terre habitée,
et la prophétie d'Agabus,dont parle Luc
dans le livre des Actes5, fut accomplie.
— La reine Hélène acheta du froment,
en Egypte, et en distribua aux indi-
gents6. Cette Hélène régnait alors en
Mésopotamie; elle était célèbre par sa
philanthropie; jusqu'à ce jour il y a des
stèles remarquables érigées en son hon_
neur, même aux portes de Jérusalem 7.

De même, à cette époque, les disci-
ples qui étaient à xlntioche mirent de
côté tout ce qu'ils avaient [90] de superflu

Agrippa voulut aussi s'emparer de
Simon, mais celui-ci fut délivré par un
ange; il sortit de Jérusalem, fut deux
ans en route et vint en prêchant à An-
tioche où il jeta les fondements de l'É-
glise et établit un sanctuaire. Il y ins-
titua comme premier évêque Evodius,
et de là il monta à Rome.

Dans un ms. il est écrit : La persécu-
tion s'étant aggravée contre les fidèles à
Jérusalem : Jacques frère de Jean fut
mis à mort, Etienne fut lapidé, Pierre
fut emprisonné; alors tous les disci-
ples, à l'exception des Douze, se disper-
sèrent dans toute la Judée et la Sama-
rie, jusqu'en Phénicie et à Cypre, et ils
vinrent jusqu'à Antioche. Ils prêchaient
seulement aux Juifs8.

Quand Pierre se mit à prêcher aux
Gentils, il se transporta à Antioche et y
prêcha9. Il y établit un évêque, et en-
suite il monta à Rome, où il y fut évêque
pendant 25 ans.

Marc, le disciple de Pierre et son
fils, fut envoyé à Miçrin, et évangélisa
toute l'Egypte. Il y fut évêque pendant
22 ansi0.

Simon le Magicien11 ayant été dé-
masqué en Samarie monta à Rome. Il fut
le premier hérétique après l'apparition
de Notre-Seigneur. Il était du village de
Gittôn 12. Aux Juifs [96] il se manifestait

1. Le nom est en blanc dans le ms. Cf. ci-dessus, p. 152. — 2. Jos., Bell. Jud., II, xvi ; cf. Ant.,
XVIII, rx. — 3. H. a. 2055; Arm. 2053; cf. Eus., II. E., II, vn; Jos., Ant., XVIII, xr. — 4. H.
a. 2061; Arm. 2057. — 5. Act., xr, 28. — 6. Eus., H. E., II, xrt; Jos., Ant., XX, m. — 7. StÇjXixi
SiaçaveTç. Cf. Jos., Ant., XX, ir. Il s'agit des monuments funéraires appelés par les Sémites tZ?2J.
Le tombeau d'Hélène est celui que l'on appelle vulgairement Tombeaux des Rois.

8. Eus., H. E., II, i; cf. Act., xr, 19. — 9. Le texte de cette phrase paraît altéré. — 10. Cf. Eus.,
H. E., II, xvi. — 11. Ibid., II, xm. — 12. ànb xtourjç rirttov.

LIVRE VI. CHAP. I

157

et l'envoyèrent aux pauvres qui étaient
à Jérusalem, comme il est écrit dans les
Actes *.

Jusqu'alors la Thrace avait été gou-
vernée par des rois; elle devint pro-
vince 2.

A cette époque florissaient Simon le
Magicien, Cérinthe * et Ménandre.

Le sage Philon rencontra Pierre à
Rome lorsqu'il y prêchait4. Philon, outre
une quantité d'ouvrages, écrivit aussi
sur les moines qui étaient de son temps
dans la contrée d'Egypte. Il les appelle
mnihonê et il nomme les femmes soli-
taires et religieuses : mnihonioto'6. Il dit
que ce nom leur a été attribué, soit
parce qu'ils procurent du soulagement
à ceux qui viennent les trouver par les
guérisons et délivrent les âmes des pas-
sions mauvaises comme les médecins
.délivrent les corps; soit parce qu'ils ser-
vaient Dieu dans la pureté de leur vie et
de leurs œuvres ; soit qu'il leur donne
lui-même ce nom, soit qu'en réalité,
comme il le dit, les premiers [fidèles]
aient été ainsi appelés, car le nom de
chrétien n'était pas encore connu par-
tout. Ils se dépouillaient des biens et
des ornements du monde, comme l'en-
seigne le livre des Actes 6 [disant que]
ceux qui étaient convertis vendaient
tout ce qu'ils possédaient et le distri-
buaient. — Philon dit aussi qu'aucun
d'eux ne mangeait quelque chose avant

comme le Père ; aux Samaritains, comme
le Fils, et aux Gentils, comme l'Esprit.
Il niait la résurrection des morts. On lui
érigea une statue à Rome 1, car il avait
séduit beaucoup de gens par ses sorti-
lèges.

o

On rapporte que quand Pierre monta
h Rome, il dit au chien qui était
à la porte de Simon ; « Va dire à ton
maître que Pierre est arrivé. » Quand
on vit le chien qui parlait on fut saisi
d'étonnement. Simon dit : « Ne vous
étonnez pas. » Sur son ordre on lui
amena un taureau. Il s'approcha et parla
dans l'oreille du taureau qui creva.
Tandis que tout le monde était dans
l'étonnement, Pierre s'avança, il pria et
le taureau revint h la vie.

Simon, par l'opération du démon, se
mit à voler dans l'air ; Pierre l'invectiva :
il tomba et se brisa.

D'autres disent qu'un des grands étant
mort, on l'apporta. Simon Pappela le
premier, et il ne se leva pas. Ensuite
Pierre ayant prié, le mort se leva, et
Simon prit la fuite. Cyprien, le père du
mort ressuscité, reçut Pierre dans sa
maison.

La reine Protonice, femme de Clau-
dius, crut à la doctrine des Apôtres et
alla à Jérusalem. Elle s'enquit de la
Croix et confia cette affaire à l'évêque
Jacques. Quand elle entra dans le Sé-
pulcre à l'instant même sa fille tomba et

1. Act., xr, 29, 30. — 2. H. a. 2064; Arm. 2062. — 3. Lire : .*>o&a.^o. — 4. Eus., H. E., II,
xvtr. — 5. Ces adjectifs sont dérivés du verbe quievit. Ils traduisent imparfaitement le texte
original d'Eusèbe : ôepaTteuràç avxoùç xai ta; <rùv aùtocç yuvatxa; OspaitEurptSaç àuoxaAsïaOou çyJo-i, — 6. Act.
Apost., iv, 34-35.

7. Erreur qui a pour base, comme l'on sait, le texte de Justin, que notre auteur cite icijpar l'in-
termédiaire d'Eusèbe (//. E., II, xin).

158

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

le coucher du soleil. Ils jugeaient que
l'étude de la philosophie 1 convient à la
lumière, et le soin du corps aux ténè-
bres. C'est pourquoi ils donnaient tout
le jour à la philosophie et une petite
partie de la nuit aux nécessités du corps.
Il y en avait qui ne mangeaient que tous
les trois jours, [97] d'autres le sixième
ou le septième.

À cette époque8 un séducteur égyptien
vint en Judée et entraîna à sa suite
30.000 hommes; après les avoir promenés
dans le désert, il les amena sur la mon-
tagne des Oliviers et de là il voulait en-
trer par la violence à Jérusalem. Félix,
ayant pris les garnisons des Romains,
vint engager le combat ; l'Egyptien prit
la fuite et beaucoup [de gens] périrent.
— C'est pourquoi le tribun disait à
Paul3 : « Serais-tu donc cet Egyptien
qui est parti il y a quelques jours con-
duisant au désert cinq mille hommes? »

A cette époque il y eut une sédition
des Juifs à Césarée [de Palestine] ; une
multitude d'entre eux périt4.

Il y eut une éclipse [de soleil], et un
grand tremblement de terre à Rome 5.

[Néron] tua Agrippine sa mère, [la
sœur de son père]G, Octavie7, sa femme,
et beaucoup d'hommes illustres qu'il fit
massacrer à Rome.

mourut. Il y avait trois croix. Quand on
plaça sur la morte celles des larrons,
cela n'eut aucun résultat; mais quand la
croix de Notre-Seigneur fut placée sur
la morte, de suite elle se leva 8.

Jacques l'apôtre9 ayant été emprisonné
à Jérusalem, [Hérode] envoya un bour-
reau 10 [97] pour l'amener au tribunal.
Celui-ci l'ayant amené et le voyant ren-
dre témoignage fut ébranlé et s'écria :
« Moi aussi, je suis chrétien. » Comme
on les conduisait tous deux au supplice,
il demanda à 11 l'apôtre de prier pour lui ;
alors, le bienheureux apôtre lui dit :
« Paix à toi, mon fils » et il l'embrassa12.
Tous les deux furent couronnés au même
endroit.

Le premier évêque qu'ordonnèrent les
Apôtres, fut Jacques, frère de Notre-
Seigneur18.

Paul ne fut pas molesté lorsqu'il alla
à Rome pour la première fois; la seconde
foisily périt14. Il atteste lui-même15qu'il
n'avait personne avec lui dans sa pre-
mière défense, si ce n'est Aristarchus
qu'il appelle16 : «mon compagnon de cap-
tivité » ; et qu'il fut ;( délivré de la gueule
du lion », c'est-à-dire de Néron. Lors de
sa seconde défense, Luc était avec lui.
Cela est connu de ce que Luc continua
les Actes des Apôtres jusqu'à l'époque

1. Litt. : « la sagesse ». — 2. H. a. 2069; Arm. 2067; cf. Eus., H. E., II, xxt ; Jos., Bell. Jud.,
II, xirr. — 3. Act., xxr, 38. — 4. H. a. 2071 ; Arm. 2069. — 5. H. a. 2073. — 6. H. a. 2074; Arm.
2071.— 7. La^ol; Arm. 2080.

8. Le récit fabuleux de cette première invention de la Vraie Croix est publié en syriaque dans
Nestlé, De sancta cruce, Berlin, 1889; et dans Bedjan, Acta Sanct. et Mart., III, 175 et suiv. —
9. Cf. Eus., H. E., II, ix. —10. spiculator. —11. Lire : ovi-^o (vers. syr. d'Eus.; et non L^aso). — 12.
Lire :©vo*'o. — 13. H. a. 2048; Arm. 2049.— 14. Lire : (et non ,=».). — 15. II Tim., iv, 17. — 16.
Col., rv, 10.

LIVRE VI. CHAP. I

159

Néron remporta le prix en jouant de
la cithare, à Rome

La CCXP olympiade 2 ne fut pas cé-
lébrée à Rome à son temps, parce que
Néron était empêché ; elle fut remise à
l'année suivante. En cette olympiade,
Néron fut couronné ayant vaincu les ké-
rouzê3, les tragédiens et les cytharistes,
et aussi dans Pattelage des poulains,
et dans l'attelage complet de dix pou-
lains *.

A cette époque5 florissaient les philo-
sophes profanes Musonius6 et Plutar-
chus.

Néron expulsa le philosophe Cornu-
tus 7.

Livres que l Eglise reçoit : Les cinq
livres de Moïse; — le livre de Job; —
celui de Josué fds de Noun ; — le livre
des Juges ; — les quatre des Rois ; — les
deux livres des Chroniques ; — celui de
Ruth, — de Judith, — d'Esdras, —
d'Esther, — de ïobie ; — les trois livres
des Macchabées ; — les Psaumes de
David; — les cinq livres de Salomon;

— Jérémie; — Ezèchiel ; — Daniel ; —
Osée; — Joël; — Amos; — Abdias; —
Jonas; — Michée; — Nahum; — Haba-
cuc; — Zacharie; — Aggée; — Sopho-
nie ; — Malachie ; — Isaïe ; — Bar-Asira ;

— les quatre adorables Evangiles; —les
Actes des Apôtres ; — les deuxEpitres de
Pierre ; — les quatorze de Paul ; — les
trois de Jean ; — celle de Jacques ; —
celle de Jude ; — et les deux de Clé-
ment. — Les Apôtres ont prescrit de re-

où il fut avec Paul, et termina là son
histoire .

Nous avons dit ces choses pour mon-
trer que le martyre de Paul ne fut pas
accompli lorsqu'il alla à Rome [la pre-
mière fois . Il semble que Néron ne fut
pas très hostile aux disciples dès le com-
mencement, puisque Paul lui échappa la
première fois8. — Ensuite, sous le règne
du roi Agrippa, en ayant appelé à César,
Paul fut envoyé enchaîné à Rome.

Les Juifs, voyant qu'il leur échappait,
se ruèrent sur Jacques9, le frère de Notre-
Seigneur, et lui dirent : « Renie la foi
en Jésus, devant tout le peuple. » Mais
lui confessa que Jésus était le Fils de
Dieu. Ils ne purent rien lui faire,
parce que tout le monde le regardait
comme un homme juste, à cause de ses
œuvres. En effet, il avait été élu dès le
sein de sa mère; il n'avait jamais bu de
vin ni de liqueur fermentée; il n'avait
jamais mangé rien d'animé; le rasoir
n'avait pas passé sur sa tête ; il n'avait
point été oint d'huile, et n'usait point
des bains ; il ne se vêtait point de laine,
mais de lin ; il entrait seul dans le Temple,
et on le trouvait continuellement à ge-
noux, demandant pardon pour tout le
peuple, au point que ses genoux étaient
devenus durs comme ceux d'un chameau.
Festus étant mort, et les Juifs étant de-
meurés sans chef, ils trouvèrent l'occa-
sion d'accomplir leur malice. Ils s'assem-
blèrent et dirent à saint Mar Jacques ;
« Nous savons  que tu es un homme

1. H. a. 2077, 2079 ; Arm. 2076, 2079. — 2. Ms. : CCLR — 3. Lire : !lô*;^=» = xr,pu£iv. — 4. H. a.
2082; Arm. 2081. — 5. H. a. 2084 ; Arm. 2081. — 6. Mo-jffcivioç; ms. : Mdlôdinos. — 7. H. a. 2084,
8. Cf. Eus., H. E.t II, xxir. — 9. CL ibid., xxur.

CHRONIQUE DE MICHEL LË SYRIEN

juste; nous voulons que tu empêches le
peuple de se laisser entraîner à la suite
de Jésus. » — Les Scribes et les Phari-
siens Payant placé au sommet du Temple
lui dirent : « On doit ajouter foi à ce que
tu dis ; parle-nous de Jésus qui a été
crucifié. » Il s'écria et dit : « Que me
demandez-vous du Fils de l'homme qui
siège dans les cieux, à la droite du Tout-
Puissant, et qui doit revenir sur les nuées du ciel? » — Le peuple entendit cela, et
beaucoup crurent. Les Scribes et les Pharisiens en furent vexés et ils s'écrièrent :
«Oh! oh! le Juste se trompe. » — [08] Ils montèrent et le précipitèrent de là, et ils se
mirent à le lapider. Il priait et disait : « Père de l'Univers, pardonne-leur, parce

qu'ils ne savent pas ce qu'ils font »___L'un d'eux prit le bois d'un foulon, avec lequel

il foulait les étoffes, et il frappa le Juste à la tête. Il fut ainsi couronné [du martyre].
— Il est l'auteur de l'Epître catholique. Il y a, à ce sujet, quelque doute parce que
les anciens n'en font point mention, non plus que de celle de Jude, ni de la IIe de
Pierre. Cependant, comme elles sont excellentes et qu'elles confirment la doctrine
des Apôtres, elles sont reçues [dans le Canon]. — Les Actes, l'Evangile et l'Apocalypse
attribués à Pierre, ne sont pas reçus, ni l'Apocalypse de Paul. — Par la vertu de
Notre-Seigneur, ce chapitre est aussi fini.

CHAPITRE IL — Du martyre1 des Apôtres, de la ruine de Jérusalem et de la

destruction totale des Juifs.

A cette époque, le Sénat prit la détermination de donner à Néron, par an,
10.000.0002 pour sa nourriture.

Celui-ci, en plus de toutes ses insanités, excita contre les chrétiens la pre-
mière persécution dans laquelle Pierre et Paul furent couronnés [du martyre] à
Rome3, et rendirent témoignage.

En la 13e année de Néron les Juifs se révoltèrent. C'est pourquoi Néron en-
voya Vespasien etTitiis, son fils. En cette année, le 1er de haziran (juin), Titus
s'empara de la ville de Yotapat; parce qu'il avait entendu dire que là se trouvait
l'écrivain Josèphe, fils du prêtre Matthai, qui était général des Juifs. Il a été pris
pour Caïphe, parce que plusieurs ont été trompés par l'identité du nom, car
Caïphe s'appelait aussi Josèphe. Ce Josèphe, qui était général des Juifs, étant
sur le point de mourir dans le combat avec les Romains, prédit à Vespasien la

cevoir ces [livres] avec la Révélation de
Jean et le livre de la Didascalie.— Ceux
enfin qui ont été composés postérieure-
ment aux Apôtres par les illustres doc-
teurs éprouvés, et qui découlent de la
source suave des doctrines apostoliques.
— Ce [chapitré] est aussi fini.

1. Litt. : du couronnement — 2. E. a. 2083; le nom de la monnaie n'est pas exprimé. — 3. H.
a. 2084; Arm. 2083.

LIVRE VI. CHAP. II

161

mort de Néron et la succession de celui-ci. C'est pourquoi ils ne le tuèrent
point1. — Après cela, les Romains entourèrent Jérusalem.

Dans cette guerre s'illustra Placidus2, ce soldat qui souffrit le martyre avec
sa femme et ses enfants, dont l'histoire a été écrite3.

Vespasien vainquit les Juifs dans les deux batailles qu'il leur livra, et les en-
ferma dans Jérusalem4.

[99] Néron, qui recevait de toute part de cruelles nouvelles, se suicida dans
une villa5. Après sa mort, les affaires des Romains furent troublées. Galba6 com-
mença à régner en Ibérie, pendant 7 mois, et fut tué au milieu de Rome7. — Vi-
tellius s'empara du pouvoir8 en Germanie, et O thon9 à Rome.

Au bout de trois mois, Othon se tua. Vitellius10 régna pendant 8 mois. [Les
Romains] se réunirent contre lui et l'immolèrent au milieu de la ville.

Tandis que Vespasien redoublait d'ardeur dans le siège de Jérusalem et que
l'armée était sur le point de s'en emparer, arriva le bruit de la mort de Néron et
des événements qui la suivirent. Alors les troupes des Romains qui étaient
avec Vespasien le proclamèrent empereur. Ayant été proclamé autocrator en
Judée, il confia à son fils Titus le siège de Jérusalem, et lui ayant laissé des
troupes suffisantes, il alla à Alexandrie. Après avoir soumis toute la contrée
d'Egypte, il se rendit par mer à Rome. Il régna 9 ans, 11 mois et 22 jours.

L'armée qui était avec Titus mit le siège devant Jérusalem le 14 de nisan
(avril) de l'an 382. Le nombre des gens qui périrent dans Jérusalem fut de
1.260.000 d'après ce qu'écrit11 très minutieusement Josèphe. —Jérusalem fut
complètement détruite le 8 de 'îloul (septembre) après que Titus l'eut assiégée
pendant [5] mois. Le Temple fut incendié le 10 de 'ab (août), le jour même où il
avait été incendié la première fois. Le temple de Zeus Gapitolinus fut aussi
brûlé quand Titus détruisit les Juifs.

Il y a depuis Adam jusqu'à [100] cette destruction totale de Jérusalem,
5437 ans; selon d'autres : 5270 ans.

Depuis Adam jusqu'à l'année 50 d'Abraham en laquelle Jérusalem fut bâtie,
1130 ans après le Déluge, il y a 3386 ans; — depuis sa construction jusqu'au
règne de David, 1054 ans; —depuis que David s'y fixa jusqu'à la construction du
premier Temple, 43 ans ; — depuis la construction du Temple jusqu'à son pre-
mier incendie, 434ans; —depuis qu'il brûla pour la première fois, en l'an 11 de
Sédécias, jusqu'à sa reconstruction en l'an 6 de Darius, 74 ans; — depuis cette
époque jusqu'à ce temps où il fut totalement brûlé, 584 ans.

1. Bell, jud., III, xi-xxvi, passim. — 2. Cf. Bell, jud., III, vir, iv, xxv. —3. L'auteur fait allusion
à la légende syrienne du martyre de S. Placide ou Euslache. Voir les Actes syriaques de ce saint
dans Bedjan, Acta Mart., III, 215 et suiv. — 4. E. a. 2084. — 5. E. a. 2084. — 6. Ms. : GÏabos. —
7. E. a. 2084. — 8. Lire : ia»o « prorupit ». — 9. Ms. : Téon ; E. a. 2084. — 10. Ms. : Bilitios. —
iU Rest. : oMj

I. 21

162

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Il y a depuis la fondation de Jérusalemjusqu'à sa dernière destruction, 2192ans ;
— depuis la première construction du Temple jusqu'à sa destruction totale,
1095 ans; — depuis l'année en laquelle Notre-Seigneur fut crucifié jusqu'à cette
destruction, 40 ans.

Selon les calculs d'autres auteurs, depuis le retour de Babylone jusqu'à la
2e année de Vespasien, en laquelle Jérusalem fut détruite, il y a 639 ans, et sa
destruction eut lieu en Tan 353 (des Grecs), 33 ans après la Passion de Notre-
Seigneur, de sorte que depuis Adam jusqu'à la dévastation faite par Titus, il y a
5585 ans1.

Si, comme le dit Josèphe, la Pâque eut lieu le 12 de nisan (avril) en Pannée
de la destruction, ce fut l'année 381 des Grecs, 2 ans et 3 mois après la mort de
Néron; et s'ils doivent être comptés, comme on le dit, dans le règne de Vespa-
sien, Jérusalem fut détruite en la 3° année de celui-ci; mais si on ne les lui
compte pas, ce fut [101] en la lre année de son règne. Cette année commençait un
dimanche. La Pâque tombait le 12 de nisan (avril); la Résurrection, le 15 du
même mois; la Pentecôte, le 3 de haziran (juin).

Pour faire connaître* combien de peuple y périt, Josèphe dit3 : « A la fête de
Pâque, ils offrirent 250.000 agneaux; or, chaque agneau était mangé par
dix hommes. Il s'agit des hommes purs; les hommes souillés et impurs, les en-
fants n'en mangeaient point. Le nombre de ceux qui en mangèrent était donc
de 2.500.000 ». — Environ 60.000 hommes périrent dans le combat4 ; 1.100.000 fu-
rent consumés par la faim; 100.000 furent pris et vendus, et le reste fut dis-
tribué comme esclaves. Ceux qui avaient dépassé 17 ans furent envoyés en
Egypte pour fabriquer des briques; ceux qui avaient moins de 17 ans furent
donnés aux soldats5.

C'est ainsi que finirent les Juifs à Jérusalem. — Fin.

A cette époque, le préfet Albinus6
étant venu de Rome et s'étant aperçu
que le grand-prêtre Annianus avait fait
tuer Jacques, frère de Notre-Seigneur,
il le destitua du souverain pontificat et

* [En l'an 13 de Néron, qui est l'an 383
des Grecs, les bienheureux apôtres
Pierre et Paul furent couronnés du mar-
tyre, le 29 de haziran (juin), selon les
uns, selon d'autres le] 7 28 de kanoun Ier

1. Lire : w^w (BH., Chr. syr., p. 50), — 2. Lire : x^a.? (?). _ 3. Cf. Bell, jud., VI, xlv. —
4. Lire : I^îûs. — 5. Ibid., VI, xliv.

6. Ms. : Albounos. — 7. Lacune de quatre lignes que nous suppléons ainsi d'après BH. Chr.
eccl., p. 35, et d'après le contexte.

*Note marginale : Sache, lecteur, que maintenant et désormais, toutes les fois que reviendra le
commencement d'un chapitre, soit de ce côté, soit de l'autre, nous écrivons, c'est-à-dire j'écris le
chapitre concernant les Apôtres et les Pères dans la colonne'supérieure ; car il n'est pas conve^
nable que les Pères et leur histoire soient dans la colonne inférieure.

LIVRE VI. CHAP. II

163

établit Jésus, fils de Damai1. Annianus
était de la secte des Sadducéens2.

Premier livre de Josèphe3. — Celui-ci
écrivit deux4 livres sur les Juifs, sept sur
la guerre des Romains, et deux Disputes
contre Appion, avec lequel il alla, ainsi
que le Juif Philon, pour calmer Gaïus.
Il est aussi l'auteur d'un [ouvrage] con-
tre Justus de Tibériade, et de 62 lettres
au roi des Juifs Agrippa5. Ses ouvrages
furent placés dans la bibliothèque de
Rome, et après sa mort on lui érigea une
statue en signe d'honneur. Il écrivit en
langue grecque et en langue romaine,
comme il l'atteste lui-même, et il est
digne de foi. Il dit dans son premier
Livre : « Nous avons des multitudes
d'ouvrages qui ne sont pas d'accord
entre eux; mais nous avons 22 Livres
que nous croyons divins. De ceux-ci, il
y en a 5 de Moïse dans lesquels sont con-
tenues la Loi et la tradition sur l'origine
de l'homme, et la succession [des faits]
jusqu'à la mort de Moïse, pendant l'es-
pace d'un peu moins de trois mille ans.
Depuis la mort de [99] Moïse jusqu'à
Artaxerxès, roides Perses, les Prophètes
venus après Moïse ont écrit ce qui se
passa de leur temps en 13 Livres. »

Josèphe dit6 que le peuple de l'Eglise

(décembre) mais tout le monde [est d'ac-
cord pour dire] qu'ils furent couronnés
en même temps. Paul eut la tète tranchée
par le glaive et Pierre demanda à être
crucifié la tète en bas.

A Rome, le premier évêque après
Pierre fut Linus7 pendant [11] ans8.

A Jérusalem, après Jacques, vint le
2e: Simon, fils de Clêophas9, son cousin,
pendant 42 ans 10.

[A Alexandrie], Marc l'Évangéliste
prêcha le premier et fonda un sanctuaire.
— Le premier évêque qui lui succéda fut
Annianus, pendant 22 ans11. — Annia-
nus mourut en l'an 4 de Domitien et eut
pour successeur, à Alexandrie, Billus12.

En Pan 2 du gouvernement de [Titus]13,
Anaclet siégea à Rome, pendant 12 ans ;
il mourut et Clément occupa le siège14.

Celui-ci est l'auteur d'une grande let-
tre, qui est reçue [dans le canon] et qu'il
adressa au nom de l'Eglise de Rome, à
Corinthe, à cause du trouble qui avait
lieu là15.

Jean l'Apôtre demeura jusqu'au temps
de Domitien et fut relégué à Patmos16.
Irénée et Hippolyte de Boçra attestent
que l'Apocalypse est de lui, et qu'il
l'écrivit du temps de Domitien17.

A Evodius18, qui fut le premier évêque

1. Aotu-vatoç; ms. : Ramai. —2. Jos., Antiq., XX, vin ; "Avavoç. — 3. Eus., H. £.,111, rx-x. —4. Sic
ms.; lire : vingt. — 5. Cf. H. E., III, x, s. f., où le sens est tout autre. — 6. Les paroles sont
d'Eusèbe, H. E., III, v.

7. Lire : laoaiX. — 8. H. a. 2084; le nombre des années manque dans notre ms. Nous mettons
11 ans d'après E. et BH. — 9. H. a. 2080; Arm. 2077. — 10. Sic ms. ; pour le nombre des années
comp. la liste donnée ci-dessous, p. 167. — 11. H. a. 2078; Arm. 2077. — 12. H. a. 2100 :
Abilius ; Arm. 2099. Sync. AIjjuXioç. Eus. 'Aët'Xto;. — 13. Je pense qu'il faut lire ainsi d'après H.
a. 2096. Le ms. porte : En l'an 12 de son gouvernement. — 14. H. a. 2108; Arm. 2103. Cf. H. E.,
III, xv. — 15. H. E., III, xvr, xxxvnr. — 16. Lire : <*>a*ê^. _ 17. Cf. //. E., III, xvirr. — 18. H.
E., III, xxii.

164

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

de Jérusalem eut une vision avant la
guerre des Romains, et qu'ils s'en al-
lèrent habiter dans la Pérée, dans une
ville appelée Pella, afin que le châtiment
tombât seulement sur les Juifs. — II
expose dans sa chronique que 3.000.000
de Juifs étaient rassemblés [à Jérusalem]
pour la fête de la Pâque, et y expièrent
le meurtre de notre Sauveur, de ma-
nière qu'ils furent enfermés dans la
même fête en laquelle ils avaient en-
fermé le Christ.

La famine se fit sentir tout d'abord1,
au point qu'on ne pouvait plus dresser
ouvertement la table. Ils tiraient du feu
et mangeaient la nourriture avant qu'elle
fût cuite. Cette nourriture était lamen-
table; et il était digne de larmes de
voir ceux qui étaient forts arracher la
nourriture h leurs compagnons et ceux
qui étaient faibles pousser des gémisse-
ments. Le tourment de la faim, en effet,
fait triompher toutes les passions; et il
n'y a rien qui détruise comme elle toute
pudeur. Les choses par ailleurs dignes
de respect deviennent en ce cas mépri-
sables.

Des femmes enlevaient la nourriture
à leurs maris, des enfants à leurs pères,
et, ce qui est plus misérable que tout,
des mères à leurs propres petits enfants.
Quand on voyait quelque part une porte
fermée, c'était [le signe que ceux qui
étaient à l'intérieur prenaient quelque

[99] d'Antioche, succéda le 2e: Ignatius.

Jean, après avoir été six ans en exil h
Patmos, revint à Ephèse. Clément d'A-
' lexandrie* écrit* que Jean, étant revenu
de Patmos à Ephèse, parcourait les en-
virons. Il alla jusqu'à une ville peu éloi-
gnée et consola les frères qui s'y trou-
vaient par ses enseignements. Il vit
parmi eux un jeune homme robuste et
de belle figure. Il fut pris d'affection
pour lui et dit à l'évêque de l'endroit :
« Je te confie ce frère en face de l'Eglise
et du Christ. » L'évêque accepta et pro-
mit. Ensuite [Jean retourna à Ephèse.
L'évêque prit le jeune homme chez lui,
l'instruisit et le baptisa. Mais par la
suite, perverti par de mauvais compa-
gnons, ce frère abandonna l'Eglise] *, or-
ganisa une bande de brigands et se fit
leur chef. Au bout de quelque temps,
saint Jean revint, et envisageantl'évèque,
lui dit : « Rends-moi le dépôt que je t'ai
confié avec le Christ. » L'évêque fut
étonné; il pensait qu'il réclamait quel-
que argent. Alors l'apôtre lui dit ouver-
tement : « Je réclame le jeune homme
que je t'ai confié. » L'évêque pleura 3 et
dit : « Il est mort devant Dieu! Il est
parti et est devenu un brigand. » En
entendant cela, saint Jean déchira ses
vêtements ; il se frappa la tête en disant :
« Hélas! hélas! Tu as abandonné l'âme
de ce jeune homme dans la montagnec. »
Et il cria : « Amenez-moi une monture

1. Jos., Bell, jud., VI, cité d'après Eus., //. E., III, vi.

2. Lire : L,im^».— 3. Dans le traité : Tiç 6 crwÇou-svo; 7t)>ou<jioî; mais l'auteur cite d'après Eusèbe,
//. E., III, xxrn.— i. Lacune de quatre lignes dans le ms. Nous suppléons le sens d'après Eusèbe.
5. Lire : jâs, — 6. Tel est le sens de notre ms., mais le texte doit être corrigé d'après la version
syriaque de l'Hist. eccl. d'Eusèbe qui porte ; lva2\\, ©v*^iA ^oai, Ua£i |L,t. e. : « Quel bon gardien
j'ai laissé à l'âme de ce jeune homme! ».

LIVRE VI. CHAP. II

165

nourriture. Aussitôt   ils brisaient les
portes et emportaient la nourriture; les
vieillards se lamentaient et les femmes,
la chevelure en désordre, s'efforçaient
d'en cacher un peu]1. Les perturbateurs
enlevaient les enfants [100] pour un peu
de nourriture; ils les levaient en l'air
et les brisaient8 contre la terre. Ils ob-
turaient3 l'urèthre avec des vesces, et en-
fonçaient dans l'anus des bâtons pointus4.
La faim se faisait sentir dans toutes les
maisons et dévorait le peuple. Ils tom-
baient et mouraient si nombreux qu'on
ne pouvait   les ensevelir.  Ceux qui
étaient tourmentés pour mourir regar-
daient,  les  yeux secs,  ceux qui les
avaient précédés dans la mort. Un pro-
fond silence et une nuit funèbre enve-
loppaient la ville. Les voleurs étaient
plus funestes que toutes ces choses; ils
spoliaient les   morts   et dépouillaient
leurs corps de leurs voiles. Tout d'abord
ils avaient prescrit d'ensevelir les morts
dans le trésor public. Lorsqu'on ne pou-
vait plus les   ensevelir, on les jetait
par le mur dans les fossés. Titus, en pas-
sant, voyant les fossés remplis de morts
et le pus découlant des corps, soupira et
leva les mains, prenant le Dieu du ciel à
témoin qu'il n'était pas l'auteur de cette
calamité. Ils mangeaient les ceintures qui
étaient autour de leurs reins, les chaus-

et un homme pour me montrer le che-
min. » Oubliant sa vieillesse et ayant
pris avec lui quelques hommes, il alla à
la montagne. Il fut pris par une bande
de voleurs, les compagnons du jeune
homme. Il leur criaitb : « Je suis venu
pour cela; conduisez-moi à votre chef. »
Quand le jeune homme vit le saint, il fut
pris de confusion et se mit a fuir. Saint
Jean [100] se mit a sa poursuite et lui
criait : « Pourquoi fuis-tu devant ton
père, mon fils ! Aie pitié de ma vieillesse ;
ne me fatigue pas; ne crains rien. Tu as
encore l'espoir du salut. Moi-même je
rendrai compte pour toi, si tu te con-
vertis, et même je suis prêt à mourir
pour   toi comme  Notre-Seigneur est
mort pour nous; je donnerai mon âme
pour toi. » En entendant cela, le jeune
homme jeta son sabre et se prosterna
sur le visage. Le saint s'approcha, le
prit dans ses bras et le baisa à la tête. Il
l'amena à l'église. Il priait dans les lar-
mes, les jeûnes continuels, les prières
assidues, et il finit dans la pénitence.

Papias, dans son enseignement, fait
mention de Jean l'Evangéliste, et peu
après il ajoute : « Et Jean, le prêtre. »
Par là, il est notoire qu'ils étaient deux
[de ce nom] à cette époque ; leurs tom-
beaux étaient tous les deux en Asie. On
pense que l'Apocalypse   et les deux

1. Lacune de quatre lignes qui peut être ainsi complétée d'après la version syr. d'Eusèbe :
......Ui'jSi speni. oow ^ja/^w |f">3o • oooi          |û^.a3^>o X>,*3 ou» U| sOoi^] Loo\ ô\*k>*\

— 2. Lire : ^ûû*. (et non : — 3. Lire : ^ja» (et non : ^;=ao). — 4. Pour les forcer à livrer
leur nourriture.

5. Lire : \±a ^ ow (Eus.).

166

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

sures de leurs pieds et la peau qu'ils ar-
rachaient des boucliers ; ils recueillaient
les graines des vieilles herbes et en
vendaient un poids minime pour quatre
drachmes

Je dois montrer l'œuvre de la pertur-
bation. Une femme, parmi les gens qui
habitaient au-delà du Jourdain, et qui
s'appelait Mariam, fille de Lazare, du
village de Hazôr, s'était enfuie avec la
foule à Jérusalem. Son mari fut tué, son
bien volé, et la famine s'aggrava. Elle
méprisa la nature. Elle s'empara de son
petit enfant qui suçait le lait en disant :
a Pauvre enfant, pour qui te garderais-
je dans la famine et la guerre? [101] Et
si nous vivons : ce sera la servitude des
Romains. Viens donc, sois ma nourri-
ture, la risée des factieux, l'objet du
discours de tout le monde. » Et l'ayant
mis à mort, elle le fit rôtir et en mangea
la moitié. Aussitôt accoururent les fac-
tieux, attirés par l'odeur, et ils mena-
çaient de la tuer. Elle leur dit : « Je vous
ai réservé une bonne part. » Et elle leur
découvrit et leur montra son fils. Aussi-
tôt la terreur s'empara d'eux. Mais elle
leur dit : « C'est mon fils bien-aimé.
Prenez, mangez, puisque j'en ai mangé
moi-même. Ne soyez pas plus lâches
qu'une femme ni plus tendres qu'une
mère*. »

Dieu supporta les Juifs pendant qua-
rante ans après la crucifixion, et ils ne

Épîtres au sujet desquelles il y a désac-
cord, et aussi l'histoire du jeune homme,
sont de Jean le prêtre*. Irénée rappelle
ces choses et dit que ce Jean fut le com-
pagnon de Polycarpe, [qu'il est diffé-
rent] de l'apôtre Jean, et qu'il habitait à
Hiérapolis.

Papias a composé cinq Traités sur
l'Interprétation des Paroles de Notre-
Seigneur4. Il parle de Justus surnommé5
Rar Sêlat, qui est Joseph [appelé Rarsa-
bas. — Il dit que Marc, l'interprète de
Pierre, écrivit de mémoire, ayant Puni-
que souci] ' de ne rien omettre ou falsifier
de ce qu'il avait entendu.

Papias cite le témoignage des Epîtres
de Jean et de Pierre. [101] Il écrivit
aussi sur la femme qui était accusée de
nombreux péchés du temps où Notre-
Seigneur était sur la terre'.

Pierre et Philippe avaient des fils et
des filles. Philippe donna sa fille à un
homme, comme l'atteste Clément. Po-
lycarpe, évêque d'Ephèse, écrivit aussi
à Victor, évêque de Rome : « Philippe,
l'un des Douze, est mort à Hiérapolis
d'Asie. Deux de ses filles ont vieilli dans
la virginité, et une autre qui vivait selon
l'Esprit-Saint a rendu le dernier soupir
à Ephèse. » — Il dit aussi de Jean qu'il
mourut à Ephèse 8.

Luc, dans les Actes9, dit des filles de
cet autre Philippe, le disciple, qu'en ce
temps-là,  elles étaient à  Césarée de

1. 'Aruxwv xetrffâpwv. — 2. Ces trois lignes sont à lire ainsi d'après la trad. syr. d'Eusèbe : [joi

3. Cf. Eus., //. E., iii, xxxix. — 4. Aoyi'wv Kuptaxùv 'Eçr)YY)<j£a><;. — 5. Lire : <*^ûL|. — 6. Nous sup-
pléons la lacune d'après la version syr. d'Eusèbe ; iii, xxxrx : lL<£>.»£o X^b» • »opo ofco]» ^.\eo] N ?o,*>
• ¦•¦?o;^oy •      low      — 7. Joh., viir, 1-11. — 8. Cf. II. E., iii, xxxi. — 9. Act. Ap., xxr, 9.

LIVRE VI. GHAP. II

167

firent point pénitence. Ils virent de
nombreux prodiges avant la destruc-
tion1, et ils ne firent point pénitence de
leur iniquité. — D'abord, on vit une
étoile ressemblant à une lance, qui de-
meura suspendue pendant une année*. —
Alafète des Azymes, à la neuvième heure
de la nuit, une lumière brilla au-dessus
du sanctuaire, et dura une demi-heure.
Ils pensèrent que c'était un signe favo-
rable. — Une vache qu'on amenait pour
le sacrifice, fit un agneau au milieu du
Temple. — La porte orientale intérieure
qui était d'airain, que dix hommes pou-
vaient à peine fermer, qui était close
avec une serrure de fer, et qui avait en
bas de profonds verrous, s'ouvrit d'elle-
même à la sixième heure de la nuit. —
Le27de'iyar (mai)3, avant le coucher du
soleil, on vit en haut un char tout de feu,
et sur les nuées une troupe de gens
armés qui lançaient des traits et entou-
raient la ville. — A la fête de la Pente-
côte, les prêtres entrèrent pendant la
nuit pour prier, et il y eut une voix ter-
rible. Ils entendirent la voix qui disait :
« Allons-nous-en d'ici. » — Quatre ans
avant la guerre, un homme nommé Jésus,
fils de Hananias, vint à la fête, et se mit
subitement à crier dans le Temple : « Voix
de l'orient! Voix de l'occident! Voix
des quatre vents! Voix sur Jérusalem et
sur le Temple ! Voix sur les fiancés et

Judée; et qu'elles avaient le don de pro-
phétie.

Siméon, fils de Cléophas, fut accusé
près de Trajan, d'être de la famille de
David, et d'être chrétien. Il rendit té-
moignage en Pan 9. deux ans après la
mort de Jean l'Evangéliste4. Ce Siméon
était âgé de 120 ans; et le juge admira
sa constance dans les tourments. A la
fin, il fut crucifié, comme le Christ. Il
était un de ceux qui avaient vu et entendu
Notre-Seigneur.

Hégésippe raconte5 que jusqu'à cette
époque l'Eglise était demeurée sans cor-
ruption. Quand la phalange des Apôtres
eut disparu avec toute la génération
qui avait eu le bonheur d'entendre de
ses oreilles la Sagesse divine, alors sur-
git l'erreur de l'hérésie.

Adrien6 dit qu'il y eut quinze évêques
à Jérusalem jusqu'à sa destruction, tous
pris parmi les Juifs qui avaient cru tout
d'abord; [savoir] :

Jacques, frère de Notre-Seigneur,
pendant 3 ans 7 ;

[102] Siméon, [4 ans]8 ;

Justus, 5 ans ;

Abai9, 2 ans;

Tobie, 3 ans ;

Benjamin, 1 an ;

Jean, 3 ans;

Matthai, 2 ans ;

Philippe, 4 ans;

1. Jos., Bell, jud., VI, xxxi; Eus., H. E., III, vin. — 2. Corriger ainsi d'après Eusèbe :
»a.û| p      tu. • |~*>o£v        — 3. Lire i P = 27 ; ms. : 21.

4. H. E., III, xxxir. — 5. lbid. — 6. Au lieu de : « Adrien »,il faut sans doute lire : Eusèbe. La
liste est tirée de YHist. eccl., IV, v. — 7. Ci-dessus (p. 148,1. 6) : 30 ans. — 8. Le nombre d'années
manque; ci-dessus (p. 163, 1. 10) : 42'ans. L'auteur mettant 40 ans entre la Passion et la ruine de
Jérusalem, il faut restituer ici : 4 ans. Le nombre de 42 ans semble mis en concordance avec l'époque
du martyre indiquée ci-dessus, 1. 6> et plus bas, p. 172, 1. 10. — 9. Lire : Za>r/aïo;.

168

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Sénèque, 2 ans;
Justus, 1 an;
Lévi, 4 ans ;
Ephraïm, 3 ans ;
Joseph, 2 ans ;
Juda, 1 an.

Et Jérusalem fut détruite.

Je supplie chaque frère vertueux qui
lit [ceci] de prier pour moi.

sur les fiancées! Voix sur tout le peuple ! »
Il circulait et criait jour et nuit. Le
peuple fut excité contre lui. On s'em-
para de lui et on le frappa beaucoup.
Il ne prononça pas une seuleparole pour
s'excuser et ne cessa de crier la même
chose jusqu'au temps de la guerre. Alors,
il se tenait sur le mur et criait ces
mêmes choses. Il ajouta et dit : u Malheur
à moi et, au moment même, un trait
vint le frapper et il mourut.

[102] Remarque. — Sache, électeur*, ami de la science, que tout le récit placé dans
la colonne 3 inférieure de la page précédente, qui fait connaître la famine et le massa-
cre qui eurent lieu dans la destruction de Jérusalem, est tiré du livre de Josèphe, chro-
niqueur diligent qui vivait en ce temps-là, et qui écrivit sept livres sur cette destruc-
tion dernière et totale de Jérusalem. Nous l'avons pris partiellement, autant qu'il
était nécessaire pour la trame de cette histoire. Que celui qui voudrait connaître tout
le récit qui expose tout ce qui se passa alors, lise le livre de Josèphe. Ce que j'ai réuni
et placé ici suffit au but de cet ouvrage, qui, de cette même manière, résume et coor-
donne son exposé de beaucoup d'écrits.

CHAPITRE III DU LIVRE VL — De Vépoque qui suivit la destruction totale de
Jérusalem; commencement des règnes des fils de Vespasien : Titus et Domitien.

Vespasien, empereur des Romains, renversa Jérusalem, détruisit le peuple
des Juifs et fit cesser leur royauté. Alors s'éteignit totalement la dernière royauté
des Hébreux qui avait commencé par les Macchabées, avait été complétée par
les Philistins4, et fut détruite parles Romains.

L'empire des Romains florissait seul alors; il y avait en ce temps-là dans des
contrées lointaines de petits royaumes dont nous avons parlé plus haut dans la
Note de Jacques d'Edesse5. Mais, comme en Gaule, en Syrie, en Egypte, le seul
empire des Romains tenait le pouvoir, et qu'il n'y avait point d'autre empire
dans tout l'univers qui lui fût comparable, c'est d'après lui seul que les chroni-
queurs ont réglé la série des années. Tout ami de la science qui veut connaître
la succession de ces petits royaumes qui existaient en ce temps-là, apprendra
de cette note, comment chacun d'eux a commencé et a fini, combien de rois il a
eus, et quels sont ceux-ci.

1. Lire :      i»o (?) — 2. Lire : Uo',a ©]. — 3. Lire : 1»»^.

4. Allusion à la famille d'Hérode l'Ascalonite. — 5. Cf. ci-dessus, p. 118.

LIVRE VI.GHAP. III

169

Vespasien mourut [103] âgé de 70 ans1; il en régna 10.

Après lui régna son fils Titus, celui qui avait assiégé et détruit Jérusalem. Il
commença à régner en l'an 395. Au bout de deux ans et dix mois' le Sénat le
proclama dieu ; Titus, ayant accepté d'être proclamé dieu, mourut subitement à
l'âge de 45 ans.

En l'année 397, son frère Domitien commença à régner, pendant 15 ans et
5 mois. — Celui-ci chassa de Rome les magiciens3et les philosophes. Il défendit
de planter de la vigne à l'intérieur de la ville*.

Comme la doctrine du Christ croissait vigoureusement, le philosophe Patro-
philus dit à son maître Ursinus : « Qu'est que cela, que tous les peuples croient
à un homme crucifié? Car voici que Théodore,le prince des sages d'Athènes, et
Africanus d'Alexandrie, et Martinus de Beyrouth, et beaucoup d'autres l'adorent.

Ils n'ont point de richesses, et ils sont puissants en parole et en œuvres. »_Il

lui répondit: « Ne sois point surpris que tous le servent; je pense moi-môme
que les dieux que nous servons deviendront ses sujets3; car ses disciples ne
s'abandonnent point aux détestables habitudes du péché, et cela atteste que leur
doctrine est plus vraie que toute autre. » — Domitien, en entendant cela, fut
saisi d'admiration et fit cesser la persécution. — Fin.

Hérétiques de ce temps-là : Simon le
Magicien. — Ménandre6 son disciple,
Samaritain versé dans la magie. Il disait
de lui-même qu'il était le Sauveur; il sé-
duisit beaucoup de gens en leur disant
qu'ils ne mourraient point s ils étaient
initiés à la magie et recevaient le bap-
tême 1 de ses mains; — Ebion8, ce qui
signifie « pauvre » dans la langue hé-
braïque; celui-ci et ceux de sa secte di-
saient que le Christ est un homme ordi-
naire et qu'il naquit de l'union d'un
homme9.

En ce temps-là, Vespasien ordonna
de tuer tous les descendants de la race

Hégésippe expose 10 que l'empereur
Domitien, craignant que les Juifs ne ré-
tablissent la royauté, ordonna de tuer
tous ceux qui étaient de la race de David.
On amena en sa présence les enfants de
Judas, le frère de Notre Seigneur,
comme étant de la race de David. Il les
interrogea sur le Christ et son royaume.
Ils répondirent : « Il n'est pas terrestre
comme tu le penses; mais celui qui est
venu, a été crucifié, est mort, est ressu-
scité, est remonté au ciel, doit revenir
à la fin des temps. » En entendant
cela, il se réjouit et ne les blâma point.
Il les questionna sur leurs richesses ;

1. Lire : ^ (et non — 2. Pour la rectification des dates voir l'Introduction. — 3. Litt. : les
Chaldéens. — 4. E. a. 2105. — 5. Litt. : « se feront ses disciples ».

6. Eus., //. E, III, xxvr. — 7. Lire : <?o*. — 8. Eus., H. E., III, xxvn. - 9. Blanc de deux lignes.
Le texte ne paraît pas présenter de lacune.

10. Cf. Eus., //.       III, xx.

170

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

de David partout où ils se trouveraient.
Beaucoup de chrétiens furent aussi mis
à mort pour le Christ; tous ceux d'entre
eux qui étaient pris étaient déclarés de
la race de David1.

En ce tempsdà, Vespasien de nou-
veau bâtit le Capitole2; il érigea le Coli-
sée5 de 125 pieds de long. — Il y eut
une révolution à Alexandrie1.

En ce temps-là % il y eut à Rome une
peste si grande que le nombre de ceux
qui mouraient [103] journellement
s'éleva à dix mille.

En ce temps-làG, avant de mourir,
Vespasien renvoya en Judée les Juifs
captifs.

A cette époque, Lesebios ', monta-
gne du pays de Rome, se fendit et il s'en
échappa du feu, au point que les pays et
lesvilles des alentours furent incendiés.

Quand le roi Titus fut proclamé dieu,
il y eut à Rome un grand incendie5.

Quand Domitien commença à régner,
il défendit de châtrer un mâle9; il fit
massacrer beaucoup de personnages de
noble race et en exila d'autres10.

En ce tempsdà, trois vierges qui de-
vaient servir la déesse Vesta dans la
virginité, furent convaincues de fornica-
tion ; elles furent dépouillées du sacer-
doce, et finalement condamnées à la peine
de mort11.

En ce temps-là, les Nasamones et les

et ils lui montrèrent leurs mains dur-
cies par le travail de la terre. Alors,
il les laissa et fit cesser la persécution
des églises. Bretius raconte12 que quand
Domitien persécutait les chrétiens ,
beaucoup souffrirent le martvre, prin-
cipalement parmi les disciples des apô-
tres, et parmi les femmes qui servaient
les saints. Flaviana Domitia, fille de la
sœur du consul Flavius Clemens, ayant
confessé qu'elle était chrétienne, subit
le martyre des mains de son frère, dans
Pile de Pontia.

[103] ARome,le 2° évêque fut Cletus1 :i,
pendant 18 ans. Après lui, le 3e fut Clé-
ment, pendant 9 ans14. Paul mentionne
celui-ci, quand il écrit15 : « Clément cl
mes autres coadjuteurs. » L'Eglise reçoit
son épître aux Corinthiens; mais le
livre qui dit qu'il monta à Rome avec
Pierre et y trouva ses parents, et qui
contient une dispute contre Appion,
n'est pas reçu16.

Les premiers évoques ordonnés par
Paul furent Timothée, à Ephèse; Tite,
en Crète ; Luc, qui était médecin à An-
tioche et fut le compagnon de Paul dans
ses voyages; Denys de l'Aréopage. Un
autre Denys, évêque de Corinthe, rap-
porte de celui-ci qu'il fut le premier
évêque d'Athènes17.

En ce temps-là, apparut à Corinthe
un hérétique du nom de Cérinthe18. [Il

1. Cf. Eus., H.  E., III, xii. — 2. H. a. 2089; Arm. 2088. — 3. Ms. : Kuklos ; E. a. 2091;

notre ms. ajoute à tort : à Alexandrie. — 4. H. a. 2089; Arm. 2090___5. E. a. 2093. — 6. Cf.

H. a. 2094; Arm. 2093. — 7. E. a. 2095 ; H : nions Bœbius ; Sync. : to Bsaêiov. — 8. Cf. E. a. 2096.

— 9. E. a. 2098. — 10. E. a. 2099. — 11. Ibid.

12. H. a. 2112; Bruttius ; Arm. 2110. Sync. : Bpizuoç. Cf. H. E., III, xvm. — 13. Cf. ci-dessus,
p. 163, 1. 7. — 14. H. E., III, xv. — 15. Philipp., iv, 3, — 16. H. E., III, xxxvnr. — 17. Ibid., iv.

— 18. Eus., H. E., III, xvm.

LIVRE VI. CITAP. III

171

Daces firent la guerre avec les Romains
et furent détruits1.

Du temps de Domitien, le temple sans
bois fut fondés.

Domitien changea le nom de deux des
mois ; il appela Septembre : Germanicus,
et Octobre : Domitianus 3; ce sont les
mois de Tloul et de Tesri 1".

Cornelia4, la première des vierges
prêtresses de Vesta, accusée de corrup-
tion, fut enterrée vivante.

En ce temps-là6, Domitien triompha
des Daces et des Germains.

Flavius Josèphe termine en cette an-
née6 le Livre XXe de Y Archéologie, ou
Traité de l'Antiquité.

En ce temps-là7 florissaient les philo-
sophes Apollonius de Tyane et Euphra-
tes. — Cet Apollonius fit connaître des
talismans ; il faisait [104] toute sorte de
choses à l'aide des démons. [Il disait :
« Quel malheur que j'aie été précédé par
le]8 fils de Marie! » Quelques-uns l'ap-
pellent TTAavtoç9.

Abgar bâtit un sépulcre à Edesse en
ce temps-là lft.

11 y eut de nombreux prodiges divins
à Rome et en tous lieux11.

Domitien, empereur des Romains, fut
tué dans son palais12.

Et ici finit le temps de Vespasien et de
ses fils : Titus et Domitien. — Que le lec-
teur intercède pour moi dans la prière !

disait] qu'il avait des visions comme
l'apôtre Paul; il écrivit avoir appris des
anges qu'après la résurrection, le
royaume du Christ serait sur la terre;
que de nouveau on servirait les désirs du
corps dans Jérusalem, que la fête du fes-
tindureraitl'espace de mille ans et qu'on
rassasierait le ventre par le manger, le
boire et le mariage. — Irénée, parlant,
d'après la tradition de Polycarpe, écrit :
« I/apôtre Jean entrait au bain; mais
s'étant aperçu que Cérinthe se trouvait à
l'intérieur, il sortit en hâte. »

A cette époque, s'éleva et s'éteignit
aussi l'hérésie des Nicolaïtes13. Jean la
mentionne dans son Apocalypse. Ce
Nicolas était un des sept qui furent choi-
sis avec Etienne; il avait une belle [104]
femme; il la laissa se livrer à qui vou-
lait. Des insensés pensèrent et prêchè-
rent que Nicolas avait enseigné qu'il faut
satisfaire la chair; c'est pourquoi ils se
livraient sans honte à l'impudicité. Cette
hérésie s'éteignit rapidement. Nicolas
persévéra dans la chasteté, et son fils et
ses filles dans la virginité; et il enseigna
de la sorte qu'il faut lutter avec la chair
et ne pas lui accorder toute satisfaction,
mais faire croître Pâme dans la crainte
de Dieu. — Fin.

1. H. a. 2102; Arm. 2101. — 2. E. a. 2101. — 3. H. a. 2103 ; Arm. 2102. — 4. H. a. 2107. Rest. :
^*oû. — 5. E. a. 2106. — 6. H. a. 2109. — 7. H. a. 2111; Arm. 2110.— 8. Le passage est à res-
tituer : Xi»po ui*,o* ^ u_>*a». |ow t»|o (BH., Chr. syr., p. 51). — 9. Le même auteur l'appelle :
|jPi.9 (var. : 1^3) qu'on a rapproché du grec usXwp ; mais qui est peut-être une corruption de notre
mot. — 10. Chr. edess., éd. Hai.lier, n° v (ann. 400). — 11. H. a. 2112 : Arm. 2111. —12. E. a. 2112

13. Eus., //. E., III, xxix.

172

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

CHAPITRE IV. — Du temps de Trajan et de ses deux fils associés : Adrien et

An ton in.

En Pannée 413, Nerva régna à Rome pendant un an. — Celui-ci, ayant aussi
été proclamé dieu par tout le peuple, tomba promptement dans une maladie et
son corps se corrompit; et il mourut dans les jardins de Salluste1.

En Pan 414, commença à régner Trajan, pendant 19 ans et 6 mois. Le Sénat
résolut d'enlever les honneurs royaux à Domitien après sa mort, à cause de ses
crimes2.

Trajan excita contre les chrétiens une persécution dans laquelle Simon, fils
de Clêophas, évêque de Jérusalem, et Ignace d'Antioche rendirent témoignage
et furent couronnés du martyre3. Alors, Plinius Secundus, gouverneur d'une des
provinces, condamna à mort, par ordre du roi, beaucoup de chrétiens, et en
destitua beaucoup d'autres de leurs fonctions. Comme la multitude du peuple
chrétien l'effrayait, il fut saisi de crainte, et, ne sachant que faire, il écrivit à
Trajan en disant : « Les chrétiens ne commettent point d'autre crime que de ne
vouloir sacrifier aux idoles. Le matin, en se levant, ils prient4, et ils adorent le
Christ comme Dieu; ils détestent l'adultère, le meurtre et toutes les œuvres
mauvaises. » — En apprenant cela, [105] Trajan prescrivit et écrivit qu'on ne
devait pas rechercher les chrétiens, mais si quelqu'un d'entre eux était pris, il
devait être condamné. Ces choses sont racontées par Tertullien5.

A la fin du règne de Trajan, les Juifs d'Egypte se révoltèrent. Ils se consti-
tuèrent un roi nommé Lucua15. Il les dirigea et vint en Judée. Trajan envoya
contre eux Lysias qui en détruisit des myriades. C'est pourquoi Lysias fut établi
gouverneur de la Judée.

Trajan vécut66 ans; il en régna 19, et mourut.

En l'an 433, Adrien commença à régner.

[En l'an 3 d'Adrien] \ qui est Pan 436 des Grecs, le royaume d'Edesse cessa, et
des gouverneurs y avaient le commandement, comme en tous lieux8.

En Pan 5 d'Adrien, le fleuve Cephisus9 inonda Elusine. Adrien y fit un pont.
Il hiverna à Athènes. En ce temps-là, l'empereur fit une bibliothèque et y plaça
les lois de Solon et de Dracon. Dès lors, les sciences se développèrent à
Athènes10.

En l'an 18 d'Adrien", les Juifs se révoltèrent de nouveau à Jérusalem. Ils
furent séduits par un homme surnommé Bar-Kôkéba qui disait être venu du

1. Cf. E. a. 2113, 2114. Lire : ûi-.-£*oû^o} (BH., Chr. syr., p. 51). — 2. Cf. E. a. 2113. — 3. E.
a. 2123. — 4. Litt. : « ils glorifient ». — 5. H. a. 2124 ; Arm. 2123. — 6. E. a. 2131 ; Cf. H. E., IV,
ii. Aouxo-ja tw pa<u),£Ï. Ms. : Lomphasos. Vers. syr. d'Eus. : tooa»9a\; var. : Lx>o\ — 7. Ligne omise
dans le ms. — 8. Cf. ci-dessus, p. 120. — 9. H. a. 2139; Arm. 2137; !jtCo KyjçktoO; ms. : Physios, —
10. H. a. 2140, 2147, 2148. —11. E a. 2149; ms. : Van 8.

LIVRE VI. CHAP. IV

173

ciel, comme une étoile, pour les délivrer. Beaucoup se mirent à sa suite. 11
s'emparait de ceux qui ne l'acceptaient pas et les tuait. En entendant cela, l'em-
pereur envoya une armée, détruisit les Juifs et renversa Jérusalem de fond en
comble. On bâtit là [106] une ville qui fut appelée ^Elia Adriana, en l'honneur
de l'empereur. On y amena des étrangers, pris parmi les Gentils, et on les y
fit habiter. On coupa les oreilles aux Juifs, et on leur défendit de regarder
même de loin ce lieu

Le total des années, depuis la destruction de Vespasien jusqu'à cette autre
destruction complète, est de 62 ans, et depuis l'Ascension de Notre-Seigneur,
de 102 ans.

Adrien accepta le livre de l'Apologie qu'avaient fait les philosophes en faveur
des doctrines des chrétiens. Serenius, le préfet, adressa aussi des lettres à
l'empereur au sujet des chrétiens, disant : « Il n'est pas juste de les tuer, uni-
quement à cause de leur nom, sans accusation ni jugement. » Pour ces motifs,
l'empereur écrivit à Minucius Fondanus, proconsul d'Asie, de ne pas les mettre
à mort sans accusation ni sans jugement. Les chrétiens conservent jusqu'au-
jourd'hui une copie de cette lettre; et on rappela à la mémoire des empereurs
qu'Adrien avait ordonné que les chrétiens ne fussent plus persécutés8.

Adrien mourut du mal de l'hydropisie à Baïess, après avoir régné 21 ans.

Sous cet Adrien se réunit àNicée* un premier synode de 43 évoques qui
anathématisèrent [Sa]bellius, qui blasphémait en disant que le Père, le Fils et
le Saint-Esprit ne sont qu'une seule personne manifestée en trois [manières] ;
ils anathématisèrent aussi V.alentinus5 qui disait que Notre-Seigneur avait fait
descendre son corps du ciel.

En ce temps-là florissait Justus de
Tibériade, chroniqueur juif6. Ceux qui
avaient été persécutés par Domitien re-
vinrent, et on leur rendit même leur
bien. L'apôtre Jean revint aussi de l'exil
avec eux7.

En ce temps-là, Trajan marcha contre
les Daces et les Scythes, et les soumit8.

Quelques-uns ont écrit que l'apôtre
Jean était demeuré en exil dans l'île de
Patmos jusqu'à l'époque de Néron ; qu'il
fut ensuite relâché avec les autres per-
sécutés, revint à Ephèse, etrendit témoi-
gnage du temps de Trajan. Ses disciples
étaient Papias de Hiérapolis et Polycarpe
de Smyrne9.

1. Cf. H. E., IV, vr. — 2. H. E., IV, vin. Le texte de cette lettre est donné d'après Justin, ibid.,
ix. — 3. E. a. 2153; Ms. : Biena (Vienne). — 4. BH. {Chr. syr., p. 53) donne la même leçon.
Pseudo-Denys (édit. Tullberg, p. 154) : lioaill, « à Ancyre »; ce doit être la vraie lecture. Cepen-
dant il y a un anachronisme, ce concile ayant été célébré vers 314. Voir les canons édités en syria-
que, dans Pitra, Analecta sacra, IV, 443. Il n'y est pas question de Sabellius qui fut réellement
condamné au concile de Nicée. — 5. Lire : «i»ai»^i2\|c5.

6. E. a. 2113. — 7. Ibid. — 8. E. a. 2117. — 9. H. a. 2116; Arm. 2114

174

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

A Rome, la Maison dorée fut détruite
par un incendie1.

Trajan réduisit la Dacie en province5.

En ce même temps, il y eut un trem-
blement de terre extrêmement violent,
dans lequel beaucoup de villes furent
renversées; [entre autres :] quatre villes
en Asie : Eléa, Myrina, Pytane et Cume3;
en Grèce4 : Opyntium etMyriôn5, et trois
villes en Galatiefi.

Le temple du Panthéon, c'est-à-dire
de tous les dieux, fut détruit par la
foudre7.

Encore à cette époque, Antioche fut
tout entière plus ou moins renversée
par un violent tremblement de terre8.

A cette époque, après Ménandre, pa-
rut à Antioche Saturninus9 qui disait :
Sept anges ont créé le monde; c'est à
eux que Dieu dit : « Faisons l'homme à
notre image et à notre ressemblance »;
ce sont eux qui ont donné la Loi. Le
mariage est ehosc*mauvaise [105,, disait-
il. Et comme les démons aident les
hommes mauvais, le Sauveur est venu
pour aider les bons.

A cette même époque, à Alexandrie,
Basilidès inaugura l'hérésie des ouvriers
du Serpent qui sontappelés Gnostiques10.
Il enseigna qu'il y a trois cent soixante-

Le 4e évêque de Rome fut Evaristus,
pendant 10 ans11.

Dans l'Eglise d'Alexandrie, le troi-
sième qui siégea futCerdon, pendant 11
ans 1-.

A Ryzance13, le lor évêque fut l'apôtre
André; le 2e, Stychus; le 3°, Onésime,
pendant 24 ans; le 4°, Polvcarpe, pen-
dant 17 ans; le 5e, Polytorus1*, pendant
15 ans; le 6e, Çédékiôn13, pendant 8 ans.
En la 6e année de Trajan, fut établi le 7e,
Diogénès, pendant 8 ans.

En la 7e année de Trajan, mourut Jean,
à Ephèse, où il fut enseveli; il eut pour
successeur Timothée. Jean vécut 74 ans
après l'Ascension de Notre-Seigneur.

Un de ses disciples [était aussi Igna-
tius, qui succéda à Evodius comme évê-
que cl'Antioche. Il fut enchaîné à An-
tioche et envoyé à Rome]16. En route,
il affermit tous les fidèles [10o! qu'il
rencontra sur son chemin dans les villes
de Syrie et par les lettres qu'il leur
envoya. Il écrivit à Rome, avant son ar-
rivée, et annonça qu'il devait y être dé-
voré par les bêtes. Il supplia les fidèles
de ne pas le priver de la couronne du
martyre, et il dit : « Je salue les bêtes
qui me sont préparées et je souhaite
qu'elles me dévorent. » Il disait encore :

I. E. a. 2120. — 2. H. a. 2118; Arm. 2117. Lire: «4*1 A. — 3. E. a. 2121. 'E/.aia, Muptva, nutàvyj
xoù Kûjaï). — 4. Lire : u»H . — 5. 'OitovvTia xat "'Qpnroç. — 6. Ms. : en Gaule. H. a. 2127; Arm. 2125.
— 7. H. a. 2127 ; Arm. 2124. — 8. E. a. 2130. — 9. Cf. Eus., //. IV, vn. — 10. E. a. 2149; cf.
II. E., IV, vu. L'expression: ministri serpentis, pourrait faire croire que les Syriens ont confondu
les Gnostiques avec li secte des Ophites.

II. Arm. a. 2110; //. E., III, xxxtv. — 12. E. a. 2113. KépSwv. — 13. La liste concorde avec celle
du Pseudo-Dorothée (Migne, P. Gr.,t. XC1I, col. 1059 sqq.). — 14. Sic ; BH. de même ; Ps-Dor. :
Plutarchus. — 15. £îoîy.:<ov. — Ifi. Lacune do trois lignes. Je propose de restituer : **«Ot-»-"*k.t <$o
...!ow U»ot»o • ^o'^ »»&>»!o y^'t3 ;«>KI [>w • >ooa.»ol Usants XXo» «ûûû»^U^| low ool
(cf. Bit., Chr. ceci., I, 41).

LIVRE VI. CL1AP. IV

175

cinq cieux, selon le nombre des jours
de l'année. Il disait ouvertement que la
loi immonde devait être accomplie1.

[A cette époque]2, les Juifs rdela Libye]
se mirent à exciter des troubles et à at.
taquer les Grecs qui habitaient avec eux,
de même que ceux d'Alexandrie, de Cy-
rène et de Thébaïde. Les Grecs furent
vainqueurs à Alexandrie.

Les Juifs de Mésopotamie se révoltè-
rent aussi3.

Le Sénat proclama Trajan dieu4.

Quand Adrien commença à régner, il
abolit les dettes et lit brûler les registres
des villes qui lui étaient redevables ; il fit
remise de nombreux impôts à plusieurs^.

A cette époque ilorissait le philosophe
Secundus le Silencieux. Adrien, frappé
d'étonnement, voulut lui faire rompre
son silence ; mais il résista jusqu'à la
mort.

A cette époque llorissaient les philo-
sophes Plutarchus Cheroneus, Sextus,
Agathobolus et ŒnomausB.

A cette époque, mourut le philosophe
stoïcien Euphratès7.

A cette époque, il y eut un tremble-
ment de terre, dans lequel Nicomédie
fut  totalement détruite, et Xicée en

«Je suis le froment de Dieu ; je dois être
moulu par les dents des bêtes, pour deve-
nir un pain pur sur la table céleste 8. » —
Il vit les anges qui psalmodiaient en deux
chœurs, et il prescrivit de faire de même
dans l'Eglise.

A Edesse, après l'Apôtre Addai, le
premier évoque fut Aggai0, après lui Pa-
lout, auquel succéda [\Abselama ,0].Celui-
ci eut pour successeur Barsamia qui
convertit le prêtre Sarbil qui soulFrit le
martyre sous Trajan11, ainsi qu'Euphé-
mia, une vierge de Chalcédoine ,!.

En Pan 15 de Trajan, il ordonna d'ex-
pulser de Rome tous les étrangers,
parce que ceux-ci augmentaient le prix
des choses dans la ville. Ces étrangers
imaginèrent de demander à l'empereur
d'emporter avec eux les ossements de
Pierre et de Paul, attendu qu'eux aussi
étaient des étrangers à Rome. En ayant
reçu la permission, ils allèrent les pren-
dre. Toute la ville fut agitée par les
tremblements de terre, il y eut une
obscurité et des tempêtes, jusqu'à ce
qu'il fit revenir les étrangers dans la
ville.

A Alexandrie, le 4e évêque fut Primus,
pendant 12 ans u.

1. Lacune de deux lignes. — 2. II. a. 2130; Arm. 2131. — 3. E. a. 2131. — 4. E. a. 2134. —
5. H. a. 2134; Arm. 2135. — 6. E. a. 2135 : IIXoÛTapxo? Xouptoveûç. SéÇto;. 'AyaÔôêouXoç. Otv6[/.ao?. —
7. H. a. 2137; Arm. 2136.

8. Cf. Eus., H. E., III, xxxvr. — 9. Il ne semble pas y avoir de lacune après Aggai, qui d'après
la Doctrine d"Addai eut pour successeurs Paloul, \Abselama et Barsamia. Cf. Duval, Hist. d'Edesse,
p. 86-88. — 10. Suppléer : }sài*a*. |,»| "^cio ; cf. la clausule des Actes de Barsamia, dans Cureton, An-
cient syriac Documents, p. 72. — 11. Les Actes de Sarbîl ont été édités par Cureton, op. cit., p. 41
et reproduits par Bedjax, Acta mart. et sanct., 1.1, p. 95 sqq. Cf. Duval, Journ. as., 1889, II, p. 40
sqq. — 12. Anachronisme. Sainte Euphémie souffrit le martyre vers 307. Cf. Acta sanct., 16 sept.
— 13. H. a. 2122.

176

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

grande partie. Adrien les fit reconstruire
aux frais du trésor public 1.

A cette époque, un juif appelé [106]
Bar-Kokébas se révolta en Judée; il con-
traignait tout le monde à marcher avec
lui au combat contre les Romains8. Il
tua3 beaucoup de chrétiens.

En ce temps, le prince Antinous, fils
de Qétis4, étant mort en Egypte, fut ho-
noré comme un dieu, à cause de sa beauté.

A cette époque, de Ménandre qui
avait succédé à Simon, sortit une puis-
sance malfaisante, comme un serpent à
deux tètes, dans les deux chefs qui furent
à la tête de deux hérésies5; l'un fut Sa-
turnilus6 d'Antioche, et l'autre Basilidès
d'Alexandrie. Saturnilus proféra des
mensonges à l'instar de Ménandre, et
Basilidès usa d'artifices' sans nombre.
11 écrivit XXIV Livres contre l'Evangile.
Il nomma ses prophètes Barcaba et
Barcoph8, et d'autres noms barbares,
qui étaient pour exciter l'admiration. Il
enseignait qu'on pouvait manger des
choses offertes en sacrifice [aux idoles]
et apostasier dans le temps de la persé-
cution. Comme Pythagore, il prescrivait
à ceux qui le suivaient de garder le si-
lence pendant cinq ans.

A Rome, le 6e évêque fut Xystus, pen-
dant 11 ans9... [106], et le 7e, Télespho-
rus, pendant 11 ans10. — De son temps,
Drosis", fille de l'empereur Trajan, souf-
frit le martyre, et beaucoup d'autres avec
elle.

Dans l'Eglise d'Alexandrie, le 5e évè"
que fut Justus, pendant 11 ans1*.

A Antioche, le 4° évêque : Cornélius
succéda à Ignace13.

A Ephèse, après Timothée [siégea]
Onésime, après celui-ci Gaïus, et après
lui un autre Gaïus, et Philologus, et
Lucius, et encore Apollonius et Possi-
dius (?).

Il y avait comme docteurs, en ce
temps-là, Quadratus 14, disciple des Apô-
tres, et Aristide [d'Athènes], philosophes
chrétiens, qui écrivirent une apologie
de la foi ; elle fut accueillie par l'empe-
reur Adrien, qui fit cesser la persécu-
tion.

En ce temps là, [sainte Sophie]13 su-
bit le martyre avec ses trois filles.

Jérusalem avait été totalement dé-
truite et /Elia avait été bâtie. Dans
celle-ci fut établi le premier évêque pris
parmi les Gentils, Marc, qui fut le 16°
évêque [de Jérusalem]16.

1. H. a. 2136; Arm. 2137. — 2. E. a. 2149. — 3. Lire : ^o. — 4. Sic ms. L'arabe a lu de
même : tf>a*£û ^s|. H n'est pas douteux qu'il y ait une faute. Il faut probablement lire : vm*Jo»w
« compagnon de plaisir » [d'Adrien] ; xôv •[% r,8ov?,î v»7tY)pétï]v (Geokg. Hamakt., P. Gr., t. CX, col.
104). Cf. H. a. 2145; Arm. 2143. —5. Eus., H. E., IV, vu. — 6. Satômilos est aussi la leçon
de l'ancienne ver. syr. d'Eusèbe. — 7. Èttivocou. — 8. Bapxaêêâv xoù Bapxwç. Ms. : Barphoph.

9. H. a. 2135; Arm. 2130. Après la mention de Xystus le ms. porte trois mots que je ne sais à
quoi rattacher. Littéralement: « ipse posait(XX*»)ea (vel eis) capita. » Ar. : ' '¦l*»b»jWI Uooè». owo.
10. H. a. 2144; Arm. 2140. — 11. Cf. Acta sanct.,22 sept. — 12. H. a. 2135, Arm. 2136. — 13. E.
a. 2144. — 14. KoSpfiTo;. H. a. 2142 ; Arm. 2141. Cf. //. E., IV, m; ms. : Qârtos (Quartus). — 15.
Le sujet est omis dans le ms. ; mais il n'est guère douteux, quoique le verbe soit au masc., qu'il
s'agisse de cette sainte et de ses filles : Pistis, Elpis et Agapé ; cf. Acta sanct., 1er août. — 1C. H.
a. 2151; Arm. 2152. Cf. //. E., IV, vr.

LIVRE VI, CHAP. IV

177

A cette époque parut Carpocrate, le
chef de l'hérésie des Gnostiques, qui
pratiquaient la magie de Simon, et se
vantaient des guérisons faites par les
démons parmi eux. Ils se réjouissaient
d'abominables obscénités1.

A cette époque, les chrétiens furent
accusés, par de faux apôtres, d'abuser
de leurs mères et de leurs sœurs. Cette
odieuse opinion s'éteignitpromptement,
et la vérité fut établie2.

[107] Hé gésippe combattit vigoureu-
sement ces hérésies dans ses écrits et
dévoila l'esprit pervers de ces miséra-
rables, par la vertu de la doctrine véri.
table des saints Apôtres.

En ces temps florissaient le philosophe
Favorinus», et Polémon le rhéteur*.

Acette époque vivaient les philosophes
Arrianus de Nicomédie, Maximus de
Tyr, Apollonius le Stoïcien, de Chalcide,
Basilidès de Scythopolis. Tous ces phi-
losophes étaient célèbres, et furent les
maîtres du César Verisimus8.

A cette époque florissait le Cretois
Mésonidès, poète auteur des règles de la
cithare8.

Le philosophe platonicien Taurus, de
Beyrouth, florissait alors'.

Le cynique Crescens8, de Cyzique,

A cette époque florissait Hégésippe,
un des Juifs qui avaient cru en Notre-
Seigneur9. 11 expose en cinq Livres que
de son rtemps] les hérétiques avaientcom-
posédes Apocryphes10. — Il 11 écrit aussi
qu'on érigea une idole d'Antinous,
esclave de l'empereur Adrien, et qu'on
Padorait comme un dieu, bien qu'on sût
d'où, et qui, il était. Il raconte comment
lui-même se convertit de la doctrine des
Grecs à la religion de Notre-Seigneur.

Le 6e évêque d'Alexandrie fut [107]
Ammonius, pendant 13 ans12.

Télesphorus de Rome, après avoir
siégé 11 ans, finit par le martyre13. Hygî-
nus, le 8e, reçut l'épiscopat de Rome,
pendant 4 ans14. Le 9e qui lui succéda
fut Pius, pendant 15 ans15.

A Antioche, le 5e fut Orus, pendant
16 ans16. — A Alexandrie, le 7e fut Mar-
cianus, pendant 10 ans17'. — A Byzance,
fut Athenodorus pendant 13ans; et en-
suite Euzoius pendant 5 ans18.

A Jérusalem, après Marcus, le pre-
mier des Gentils, vint en 17e lieu Cassia-
nus, pendant 3 ans;—après lui, le 18e fut
Poplius, pendant4ans; —le 19efutMaxi-
mus, pendant 5 ans; —le 20e : Julius,
pendant 6 ans; —le 21e: Gaïus, pen-
dant 2 ans ; — le 22e : Symmachus, pen-

1. Eus., H. E., IV, vtr. — 2. Ibid. — 3. Lire : u»ai.oûal3. — 4. Lire : "Êaêovpîvo; xat IIoXI|i.wv 6

prJTMp. E. a. 2148. —5. 'Appiavb; Nixo^yiSev;. MâEi[xo; Tupioç. 'AuoXXwvto; XaXxr)86vioç. BacrtXetSoç SxuOo-
TtoXîxr]?... StôaaxaXot Oyr)pï)(t![iou Kaiaapo;. H. a. 2163, 2165. — 6. E. a. 2160. Me<t0[a^8v)î tzo^t^ v6(xwv
xiôapwSsxcov. — 7. H. a. 2161. — 8. Ms. : Qrîsîqîs. H. a. 2170. Kp^xr)?.

9. Cf. H. E., IV, virr, xxr, xxn. — 10. Peut-être faudrait-il traduire : « des Apocalypses et des
Actes ». Le mot tia..*.^.^ traduit dans la vers. syr. d'Eusèbe(IV, xxn, s. f.) : à7toxpupwv ôiaXa(xêâvwv.

_ 11. Ce passage n'est pas d'Hégésippe, mais bien de Justin (cf. H. E.,IV, vtn). — 12. H. a. 2146.

Eû|iêvï)ç. — 13. Cf. H. a. 2144. — 14. H. a. 2154; Arm. 2150. — 15. H. a. 2158 ; Arm. 2154; ms. :
le 6«. — 16. E. a. 2158. "Epw;. — 17. H. a. 2159 : Marcus. — 18. Pseudo-Dorothée (P. G/\, XCVIII,
col. 1059) : EùÇtoïo;. L'accord qui existe pour les noms n'existe pas pour la durée des épiscopats_

i. 23

178

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

était célèbre. Celui-ci fit préparer la
mort du martyre au philosophe chrétien
Justin1, qui blâmait son désir de pa-
raître. — Fin de ce chapitre.

dant 4 ans; — le 23e: un autre Gaïus,
pendant 8 ans; — le 24e : Julius, pen-
dant 17 ans; ¦— le 25e : Capition, pen-
dant 15 ans8.

A Alexandrie, le 8e évêque fut Céla-
dion, pendant 14 ans3.

Dans l'Eglise de Rome, le 10e évêque
fut Anicetus, pendant 17 ans4. — De son temps, Polycarpe vint à Rome, et convertit
beaucoup d'hérétiques à la foi orthodoxe. — Irénée dit de saint Polycarpe qu'il avait
été instruit par les Apôtres, avait été ordonné par eux et établi évêque de Smyrne,
ville d'Asie. Irénée lui même lavait vu dans sa jeunesse, car Polycarpe était resté
longtemps en ce monde5. — Fin de ce [chapitré].

CHAPITRE V DU LIVRE VI. — De l'époque du règne de Titus Antoninus.

Quand l'empereur Adrien mourut, l'empire des Romains fut gouverné
par Titus Antoninus qui fut surnommé le Pieux, et appelé Juste 6. Il commença
à régner en Pan 450 des Grecs. Son règne avec ses fils Aurélius et Lucius dura
22 ans et 3 mois.

Cet Antoninus fut appelé Père de la Patrie7.

De son temps, Justus8 de Néapolis, à côté de Jérusalem, alla à Rome et fit
par écrit une Apologie [en faveur des chrétiens]9. L'empereur accueillit la pa-
role du philosophe, et écrivit lui-même en Asie afin que les chrétiens ne
fussent pas persécutés; et la paix régna. — Fin.

A cette époque l'hérétique Marcus et
Cerdon proclamèrent qu'il y a plusieurs
êtres [essentiels] et nièrent la résurrec-
tion 10.

Ce Cerdon qui [précéda] Marcion11
vint à Rome du temps de Hygin, le
9e évêque. Il enseignait que le Dieu qui

[On dit] que Marcion vint une fois
trouver Polycarpe et lui dit : « Me re-
connais-tu? » et celui-ci répondit : « Je
te reconnais comme le premier-né de
Satan. » Les saints apôtres et leurs dis-
ciples étaieut tellement vigilants, qu'ils
ne voulaient pas même communiquer en

1. Ms. : Justinianos.

2. E. a. 2176. — 3. H. a. 2169; Arm. 2178. KeXaSîwv. — 4. H. a. 2173; Arm. 2168. 'Avsxyitoç. Ms. :
Antiqos. —5. Cf. H. E., IV, xrv.

6. E. a. 2154. — 7. H. a. 2155; Arm. 2154. — 8. Justin. Le syriaque écrit partout Justus pour
Justinus. — 9. H. a. 2157; Arm. 2156. Cf. //. E., IV, xr-xir.

10. II. E., IV, xi. —11. Lire ainsi d'après le grec : Képowv 6 7rpô Mapxswvoî.

LIVRE VI, CHAP. V

179

est proclamé dans la Loi et les Prophètes
n'est pas le Père du Christ : celui-là,
[disait-il,] est connu, celui-ci n'est pas
connu ; celui-là est juste, celui-ci est
bon. » — Cerdon et Marcus étaient d'a-
bord adonnés à la magie. Ils baptisaient
dans l'eau ceux qui se faisaient leurs
disciples en disant : « Au nom du Père
de tout, qui est inconnu, et au nom de
la vérité, mère de tout, et au nom de celui
qui est descendu sur Jésus ; » et ils [108]
remémoraient d'autres noms hébreux
pour l'étonnement de ceux qui prati-
quaient leurs mystères.

Histoire de Marcion. — Il était du
Pont, fils d'un évêque de ce pays. Son
père Payant chassé pour avoir corrompu
une vierge, il monta à Rome, et de là
passa en Asie, où il s'attacha à l'évèque
d'une certaine ville, appelé Aristinus,
qui le fit prêtre. Aristinus étant sur le
point de mourir, et Marcion ne se trou-
vant point présent, il appela Satornilus
et lui dit : « Je remets le dépôt1 du sa-
cerdoce entre tes mains jusqu'à ce que
Barcion arrive. Rends-lui' tout ce que
tu reçois de moi et qu'il soit votre pas-
teur; car il est prêtre, et il t'ordonnera
prêtre3 (?). » — Quelques jours après il
mourut. — Satornilus dit ces choses
à Barcion, et Barcion lui répondit :
« Comment moi qui suis âgé4, qui ai
prêché et baptisé, pourrai-je courber la
tête devant toi qui es jeune? » — Celui-
ci reprit : « Ce n'est pas devant moi que
tu courberas la tête, mais devant l'Ancien

paroles avec celui qui avait altéré la vé-
rité5.

Quand les chrétiens furent persécutés
sous le règne de l'empereur Antonin,
le bienheureux Polycarpe priait con-
stamment pour la paix6 de l'Eglise.
Etant en prières trois jours avant son
martyre, il eut une vision pendant la
nuit7. 11 lui semblait que le coussin qui
était sous sa tête avait pris8 feu subite-
ment [108] et était consumé. Quand il
s'éveilla, il expliqua la vision et dit : « Je
dois sortir de ce monde par le feu, pour
le Christ. » Quand les persécuteurs vin-
rent le saisir, il leur parla avec un vi-
sage calme, leur présenta à manger et
leur demanda de pouvoir prier. Tandis
qu'il priait, plusieurs furent contristés
de ce qu'un tel homme, vieillard chaste
et agréable à Dieu, devait mourir. Lors-
qu il eut fait mention de chacun dans sa
prière, on l'amena à la ville. Il y eut un
grand tumulte9 dans le stade. Comme il y
entrait, une voix vint du ciel et dit : « Sois
courageux,Polycarpe! » Lejugeluidit : —
« Méprise le Christ et je te relâche! »
— Le saint lui répondit : « Il y a 86 ans
que je le sers, et il ne m'a jamais fait de
mal. Comment pourrais-je mépriser
mon roi? » — Le juge reprit : « Jure
par la fortune10 de César ! » — Polycarpe
dit : « Tu es souverainement ridicule de
vouloir ignorer qui je suis. Ecoute, [je
le dis] spontanément11 : Je suis chrétien.
Si tu veux connaître la doctrine du
christianisme, donne-moi le temps12 et

1. Lire : >.o»tU5, 7ripa9/;xv]. — 2. Litt. : « place sur sa tête ». —- 3. Le texte paraît légèrement
altéré. — 4. Lire : \^eo.

5. H. E., IY, xiv. — 6. Lire : M. — 7. //. E., IV, xv. — 8. Lire : Cs»;.. — 9. 6opg0o;. — 10. ^v
Ka:<rapo;  vî'ffîv. — H. [AâTa Trapp^cr'aç, — 12. Sbç y][iÉpav.

180

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

des jours, Seigneur du sacerdoce. » —
Barcion ne se laissa pas fléchir par ces
paroles. Satornilus lui dit : « A Dieu
ne plaise que je rejette ce que tu as mé-
prisé. » Et Barcion s'en alla dans la
région où il circulait, et se mit à prêcher
une doctrine impure et contraire a la
doctrine véritable des Apôtres. Il disait
qu'il n'y a point de résurrection, ni de
jugement, et ses disciples l'appelèrent
Marcion, en signe d'honneur, parce que
Barcion sjgnifie « chien aboyeur ». Il
place trois êtres dans l'essence, il appelle
l'un le Bon, l'autre le Juste et met
entre les deux la matière, qui est le Mal,
dans la profondeur.   Quand le Créa-
teur voulut vaincre le mal, il prit la
matière et en fit tout ce qui existe : de
ce qui est pur il fit le soleil, les quatre
éléments et le paradis ; il prit de la boue
du paradis, en fit l'homme, et plaça en
lui une âme [tirée] de sa propre nature ;
des ténèbres1 il fit le seôl, le tartare et
les autres choses mauvaises. Il méprise
le Créateur et les Prophètes. Il n'admet
que Luc. Il disait que le Nouveau Testa-
ment avait été donné par le Bon, et
l'Ancien par le Juste; que Notre-Sei-
gneur le Christ était censé avoir pris un
corps et avoir souffert, tandis qu'il n'a
pas souffert. — Cet impie Marcion fut
anathématisé en l'an 476.

A cette époque florissait l'écrivain ec-
clésiastique Hégésippe,ainsi que Justus *.

Tatien1, disciple de Justus, [109] ne

écoute. » — Le proconsul reprit : « Per-
suade le peuple. » — Le saint lui dit :
« C'est à toi que je dois adresser la pa-
role : nous apprenons en effet à rendre
aux princes et aux puissants établis par
Dieu l'honneur convenable sans nous
amoindrir ; mais eux4, je ne les j uge pas
dignes de [recevoir] notre apologie. »
— Le juge reprit : « Je te ferai jeter aux
bêtes. » —Le saint lui dit : « Appelle-les.
Nous ne pouvons changer notre proposi-
tion* de bien en mal. » — Aussitôt ils
préparèrent un bûcher et ils lui lièrent
les mains derrière le dos. Dès qu'il entra
dans le feu, celui-ci se recourba comme
la voile d'un navire gonflée par le vent,
et enveloppa le corps du saint martyr.
Voyant que le feu ne le brûlait point,
ils ordonnèrent au bourreau de le percer
du glaive. Quand il Peut fait, il sortit
du saint une grande abondance de sang
qui éteignit le feu. Lorsqu'il eut expiré,
ils se remirent à le faire brûler, pour
que la foule des fidèles ne l'enlevât pas.
Les fidèles recueillirent les restes de ses
ossements.

Justus le Philosophe, après avoir pré-
senté à l'empereur une seconde Apologie
en faveur de notre doctrine, et composé
de nombreux Traités6, fut aussi cou-
ronné du martyre7. On lui doit aussi
une interprétation des Livres del'Ancien
Testament8.

Le 11e évêque de l'Eglise de Rome fut
Soter, pendant 8 ans9.

1. Lire : Iksa*- (BH., Chr. eccl., I, 44). — 2. Justin. Cf. H. E., IV, vin, — 3. Ibid., IV, xxrx.

4. C'est-à-dire la foule. — 5. l/.a:x»L traduit exactement [istâvota. Le texte d'Eusèbe présente lui-
même quelque difficulté. — 6. H. E., IV, xvnr. — 7. Cf. ibid., xvr. — 8. Cette mention n'est pas
dans Eusèbe. — 9. H. a. 2185; H. E., IV, xix.

LIVRE VI, CHAP. VI

181

donna lieu à aucune plainte tant qu'il lui
demeura attaché ; mais quand son maître
eut subi le martyre, il déclina vers l'im-
piété des partisans de Satornilus et de
Marcion. Comme les partisans de Va-
lentinien il délira et imagina des mondes
invisibles. Il appela le mariage légitime
une corruption et un adultère. Il recueil-
lit et mélangea un Evangile qu'il appela
Diatessaron, c'est-à-dire, mélangé. C'est
de lui que l'hérésie des Encratites tire
son origine. Il a composé des traités
pour montrer que le Christ est de la
race de David. Il eut l'audace de changer
les paroles de l'Apôtre 1 pour en rendre
le style plus élégant.

A cette époque, à Pise, le philosophe
Pereorinus avant mis le feu à un bûcher
s'y fit brûler2.

A cette époque une maladie perni-
cieuse se développa et arriva jusqu'à
Rome*.

A cette époque prit naissance la fausse
prophétie des Cataphrygiens 4. — Par la
vertu de Notre-Seigneur Jésus-Christ
[ce chapitre) est fini.

De son temps, fut excitée la persécu-
tion contre les chrétiens, jusqu'au temps
où Marcus, frère de l'empereur Antoni-
nus, fit la guerre aux Germains [109] et
aux Sarmates. Les troupes se trouvèrent
dans un endroit privé d'eau ; elles étaient
tourmentées par la soif et sur le point
de périr. Alors des soldats chrétiens se
réunirent,  se   mirent  en  oraison et
prièrent Dieu : la pluie descendit et le
peuple fut sauvé. En voyant cela, les
païens coururent se   mêler aux chré-
tiens et confessèrent le Christ. Ils furent
en route sept jours dans le pays sans
eau. A chaque endroit où on établissait
le camp, ils priaient et la pluie tombait
sur le camp. Ayant vu ce prodige, le
général écrivit à l'empereur qui fit cesser
la persécution contre les chrétiens8.

A cette époque existait à Antioche le
6e évèque : Théophile. — Il composa de
nombreux Traités de doctrine ortho-
doxe, et écrivit sur différents sujets6.
Après avoir siégé 15 ans, il s'en alla
dans la vie éternelle. — Son successeur
fut Maximus7 pendant 8 ans. — Fin.

CHAPITRE VI DU LIVRE VI. — Du temps du règne de Marcus, d'Antoninus

et de Lucius*.

En l'an 477, commença à régner le 14e empereur9 des Romains, Marcus Aure-
lius, avec ses fils Antoninus Verus et Lucius10, pendant 19 ans et un mois.
Au commencement de leur règne, Vologèse, roi des Parthes, envahit les con-

1. Ms. : « des Apôtres ». — 2, E. a. 2181. — 3. E. a. 2184. — 4. H. a. 2187; Arm. 2188. Rest. :
LH^o»3». Ms. : des Pythagoriens.

5. E. a., 2189; //. E., V, v. — 6. E. a., 2185; H. E., IV, xxrv. — 7. E. a. 2193.

8. Sic ms. Lire : Marcus [Aurelius] Antoninus [Verus] et Lucius [Verus], son gendre et son
frère adoptif. La même confusion existe plus bas dans ce chapitre. Pour les dates, voir l'Introduc-
tion. — 9. Ms. : 17e, par suite de la confusion fréquente de »» avec ^. —10. Sic ms.

182

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

trées des Romains1 et dévasta de nombreuses campagnes. Antoninus partit
avec son frère Lucius et ils soumirent les Parthes aux Romains. A la suite de ces
événements, quand ils eurent soumis les Parthes, Lucius triompha, fut pro-
clamé César et partagea l'autorité avec son frère Antoninus3. Tandis que ce
Lucius accomplissait les fonctions sacerdotales à Athènes, il vit le feu du ciel
qui se dirigeait de l'Occident vers l'Orient3.

Les Romains eurent à combattre contre les Germains et les Quades, contre les
Sarmates [110] et les Daces4. Lucius s'illustra plus encore et fut proclamé auto-
crator.

En suite de cela, Lucius mourut après avoir régné 9 ans5.

Alors, Antoninus associa à l'empire son fils Commodus6. Bientôt après, il
triompha avec lui des ennemis7; et l'empire des Romains fut continuellement
en guerre.

Antoninus étant tombé malade en Pannonie8, mourut; et son fils Commodus
après avoir régné 13 ans. fut étranglé dans la maison de Vestilianus9.
Après lui, Pertinax régna six mois et fut tué10.

A cette époque florissait le poète cili-
cien, Oppianus11 qui écrivit des livres
sur la pêche des poissons1-.

A cette époque florissait le platonicien
Atticus13.

A cette époque l'empereur distribua
des présents et donna des spectacles de
toute sorte. Il fit remise de l'argent qui
était du au fisc, et il fit brûler à Rome
dans le forum,les anagrapha des dettes14,
c'est-à-dire des livres de créances. Il re-
nouvela les lois et les prescriptions, en
distinguant ce qui était utile13.

A cette époque, en Gaule, Papias ren-
dit témoignage ainsi que plusieurs mar-
tyrs, dont les combats ont été conservés
par écrit16.

Le 9e évêque d'Alexandrie fut Agrip-
pinus, pendant 12 ans17.

A cette époque Méliton, d'Asie,
évêque des Sardiens, présenta à Anto-
nin, empereur des Romains, un livre
d'Apologie18.

Il y avait à cette époque des écrivains
diligents : d'abord Méliton lui-même,
puis, Pontus ,9, évêque de Crète ; Hégé-

i. E. a. 2179. — 2. Cf. H. a. 2181; Arm. 2182. —3. H. a. 2178; Arm. 2177. — 4. E. a. 2184.
— 5. H. a. 2185; Arm 2186. — 6. H. a. 2193; Arm. 2192. — 7. H. a. 2193; Arm. 2194; xaxà twv
7coXe!j.''wv. — 8. Lire : Lj'ûjISls, E. a. 2195. — 9. Sic etiam H et Arm. ad a. 2208 ; Chr. pasc, : èv oh/J.y.
Bso-aavoû; Syxg. : èv -rotç $0LGi\zioi.z. — 10. E. a. 2209.

ii. 'Oumavôç; H. a. 2188; Arm. 2186. — 12. àV.su'uxwv noi-qT^. — 13. E. a. 2192 —14. tmv '/P5'^
/aptac. -- 15. E. a. 2194.

16. Je pense qu'il faut corriger : ,..L*»^ I \-L^oo • *ov«o| U»l Néanmoins Pa-

pias est une faute. Peut-être à corriger: hebienna « à Vienne », ou mieux: Pothinus. Cf. H. a. 2184;
Arm. 2182. — 17. H. a. 2182; ms. : 29e. — 18. H. a. 2186. — 19. H. a, 2187 : Pinytus. ILvutÔî.

LIVRE VI, CHAP. VI

183

A cette époque, un homme appelé Se-
verus1 appuyait l'hérésie de Valentinus
et de Marcion. Tous ceux qui se firent
ses disciples furent appelés Sèvèriens.
Us se servaient de la Loi et des Pro-
phètes.

En l'an 475, qui est l'an 15 de Sahroq,
[110] fils de Narsès, roi des Perses,
Nouhâmâ et Nahsiram, sa femme, prirent
la fuite et s'en vinrent à Edesse, qui est
Orrhoë2. Au moment où ils passaient le
fleuve qui est à côté de la ville, Nahsiram
enfanta; et ils donnèrent à l'enfant le
nom de Bar-Daiçan3, du nom du fleuve
Daiçan * ; de là ils allèrent à lliérapolis,
qui est Mabboug. Ils y habitèrent dans
la maison de Anoudouzbar J le prêtre.
Celui-ci prit Bar-Daiçan, l'éleva et lui
apprit les cantiques des païens. Il était
âgé de 25 ans, quand le Pontife l'envoya
à Edesse acheter certains objets0. En
passant à côté de l'église bâtie par Addai,
il entendit la voix dTIystaspe qui expli-
quait les Ecritures au peuple. Cet Hys-
taspe estcelui qui succéda à Yaznî comme
évêque d'Edesse Le discours plut à Bar-
Daican, et il désira être initié aux mvs-
tères des chrétiens. L'évêque, en ayant
eu connaissance, en fit son disciple,
l'instruisit, le baptisa et le fit diacre. Il fit

nippe et Philippe 1 évêque ; Apollinaire,
évêque de Hiérapolis8, de Galatie ; Iré-
née; Dionysius, évêque de Corinthe;
dont il existe des lettres aux Lacédémo-
niens et aux Athéniens, car dans le
temps de la persécution leur évêque
Popîius, successeur de Denys, avait souf-
fert le martyre, et ils avaient eux-mêmes
faibli9. Il eut pour successeur Quadra-
tus 10 dont il existe des lettres [110]
aux Nicomédiens au sujet de Marcion,
une lettre [aux églises] de Crète et du
Pont, et une autre à Soter, évêque de
Rome, dans laquelle il montre que les hé-
rétiques avaient corrompu ses lettres H.

Polycarpe était âgé de 120 ans quand
il subit le martyre ; il en avait passé
86 dans l'épiscopat : 74 après fa mort
de Jean, son maître, et 12 du vivant de son
maître.

Justin12 composa un ouvrage doc-
trinal,comme nous l'avons ditplus haut13 ;
mais on ne le trouve pas chez nous.
Irénée de Lyon et Eusèbe en citent des
témoignages.

A cette époque fut martyrisé Pothi-
nus14, évêque de Lyon, à l'âge de 90 ans.
Il eut pour successeur Irénée, disciple de
Polycarpe, qui composa de nombreux
Traités dans lesquels il montre que les

1. H. E., IV, xxtx. — 2. Cette interprétation insinue que le document n'est pas d'origine syriaque.
— 3. De là vient le nom vulgaire : Bardesanes. — 4. Le ms. porte à tort ^joj^. Le Daiçan est le Sxîpiro;
des Grecs, nom qui est la traduction du nom syriaque. — 5. Le ms. porte, en deux mots : « Anoudouz
fils (bar) du prêtre », et l'arabe a compris le passage dans le même sens : io»oj| ; mais il

semble préférable de lire en un seul mot ;a|o»aj| : « Anoudouzbar » le prêtre. — G. supellectile. —
7. Cf. ci-dessous, p. 184, 1. 14.

8. H. a. 2186. —9. H. E., IV, xxm. — 10. Ibid., Ms. : Cordatus. Kôpoato;. — 11. Cf. E. a. 2183.'
//. E., IV, xv. — 12. Ms. : Justus, selon l'usage. — 13. Cf. ci-dessus, p. 180, 1. 30. — 14. //. E.,
V, i. Ms. : Photius.

184

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

des Traités contre les hérésies. Enfin, il
se tourna1 vers les doctrines de Valen-
tinus.

Il dit qu'il y a trois  grandes na-
tures, et quatre êtres [essentiels] qui
sont : l'Intellect, la Force, l'Esprit et la
Science2. H y a quatre forces : le Feu et
l'Eau, la Lumière et l'Esprit. De ceux-ci
viennent les autres êtres, et les mondes
qui sont au nombre de 360. Celui qui
parla à Moïse et aux prophètes, était un
archange3 et non pas Dieu; Notre-Sei-
gneur a revêtu un corps d'ange ; Marie a
revêtu une âme lumineuse qui a pris la
forme d'un corps4. Les dominateurs0
[ont formé] l'homme : les supérieurs lui
fournirent l'a me, [H 1] et les inférieurs,
les membres du corps. Samsa6 lui donna

le cerveau ; Bîl7, les os ;.....8, les nerfs ;

Ares9, le sang ; Belti10, la chair ; Sahra11
le...;...12 les cheveux13. Comme la Lune
se dcpouille14de salumière chaquetrente
jours et entre chez le Soleil, ainsi la
Mère des vivants se dépouille de ses vê-
tements et entre chez le Père des vivants
tous les trente jours13, s'unit à lui, et en-

dons de l'Apôtre continuèrent jusqu'à
lui, chez plusieurs10. Il admet l'Apoca-
lypse de Jean et le livre du Pasteur17.

Il dit aussi que Théodotion18 qui
fut évêque dans le Pont, et Aquila
d'Ephèse19, étaient des Juifs faussaires;
les Ebionites se servirent de leurs écrits
et tombèrent dans l'erreur.

A Edesse, à Barsamia, qui convertit
le prêtre Sarbîl, succéda Tiridate; à
celui-ci, Bouzni; à Bouzni, Saloula; à
celui-ci un autre serviteur20 [et ensuite
Gouria] ; à Gouria un autre serviteur ; à
celui-ci Yazni; après Yazni, vintHystaspe
[et après lui]21 'Aqai. Du temps de celui-
ci apparut l'hérésie de Bar-Daiçan et il
l'anathématisa.

Dans l'Eglise de Jérusalem, le 26e
évêque fut Maximinus22; — le 27e : An-
toninus ; — le 28° : Valens23 ; — le 29e :
Dolichianus 24 ; — le 30e ; Narcissus 25 ; —
le 31e : Dius26 ; — le 32e : Germanion27 ;
— le 33e : Gourianos28 ; — le 34e : Nar-
cissus. — [111] Pour tous ces évèques de
Jérusalem, on ne trouve pas chez nous
le nombre de leurs années29.

1. Lire : « deflexit ». — 2. Ces termes sont assez vagues. Théodore Bar Kouni parlant de

Manès se sert des mêmes expressions (Pognon, Inscript, mandaïtes des Coupes de Khouabir,
p. 127). —3. Ou «le chef des Anges ». — 4. Corriger : !>>^» U©3*0! — 5. Ce mot [salitê) si-

gnifie chez Bardesanes « les Planètes », comme il résulte de plusieurs passages du Livre des Lois
des Pays. — 6. Le Soleil. — 7. Jupiter. — 8. Le nom de cette planète est omis : on peut hésiter
entre Mercure et Saturne. — 9. Mars. — 10. Vénus. — 11. La Lune. — 12. Lacune de quelques
mots qui comprenait le nom de la partie du corps fournie par la Lune et celui de la dernière planète
(Mercure ou Saturne). — 13. Restituer : Ii litt. : « le poil ». La version arabe présente la
même lacune ; elle a lu, comme dans notre ms. : 1î-*>o, et traduit par ; — 14. Ou : « émet » ; le
mot ace double sens. — 15. Ms. : tous les deux jours.

16. //. E. V, vu. - 17. ibid., vin. — 18. Ms. : Théodotos. — 19. H. E., I. c. Théodotiond'Éphè^e
et Aquila du Pont. — 20. Ou à la rigueur un autre lAbda, le mot pouvant aussi être pris comme
nom propre. — 21. Cf. ci-dessus, p. 183, 1. 25. — 22. Mâ^oç. — 23. Ovâl-q;. — 24. AoAix'avô;. —
25. Nâpxiffoo;. — 26. Aïoç. — 27. rEpu.av£u>v. — 28. H. et Arm. : Gordius; Sync. : Sapôiavo;; Rest. :
«oau»«^(?). — 29. H. a. 2201.

LIVRE VI. CHAP. VI

185

fante sept fils et il y a chaque année
84 enfants. Toutes ces choses1 sont les
dieux de Bar-Daiçan.

Il dit aussi que le Christ, le Fils de
Dieu, est né dans Bîl, qu'il fut crucifié au
temps*d'Arès; qu'il fut enseveli au temps
d Hermès, et qu'il sortit du tombeau au
moment de l'étoile de Bîl.

Il dit que les morts ne ressusciteront
point, que les songes sont exacts. Il ap-
pelle dormir avec les femmes une excel-
lente purification, et quand un de ses
disciples avait corrompu une femme, il
disait : « Certes, tu l'as purifiée. »

Bar-Daiçan eut des enfants : Abga-
roun,Hasdau, et Harmonius, qui persé-
vérèrent dans sa doctrine.

L'évêque 'Aqai, successeur d'Hys-
taspe, l'avertit, et comme il ne se laissa
point persuader, il l'anathématisa. Bar-
Daiçan mourut en l'an 533, après avoir
vécu 68 ans3. — Que sa mémoire soit
en malédiction ! Amen *.

A cette époque 8 Smyrne d'Asie fut dé-
truite par un tremblement de terre: afin

A Alexandrie, le 10e évêque fut iElia-
nus6, pendant 11 ans ; et le 11e : Démé-
trius, pendant 43 ans7.

Dans l'Eglise d'Antioche, le 7e évêque
fut Maximianus8, et après lui Sérapion,
pendant 21 ans9.

Dans l'Eglise de Rome, le 12e évêque
fut Eleuthérus, pendant 15 ans10; — le
13e : Victor, pendant 12 ans11.

Pothinus étant parvenu à l'âge de
90 ans18, finit [sa vie] dans le martyre
pour le Christ, avec les martyrs des
Gaules.

Irénée a écrit que l'évangéliste Mat-
thieu rédigea son évangile chez les
Hébreux; que Marc écrivit de mémoire
après le martyre de Pierre et de Paul,
qui avaient prêché à Rome ; que Luc
mit par écrit tout ce que Paul avait dit13.

AByzance siégea l'évêque Protonicus,
pendant 18 ans ll.

A Jérusalem, siégea Maximus, pen-
dant 4 ans — et après lui : Antoninus,
pendant 3ans ; — après lui : Valens, pen-
dant 4 ans15.

1. Sic ms. ; peut-être à corriger : spw^a « tous ceux-ci ». — 2. Litt. : à l'heure. — 3. Ces don-
nées ne concordent pas avec la date mise en tête. Si la date de la mort est exacte, la date de la
naissance doit être 533 — 68 — 465. C'est en effet la date fournie par le Chronicon Edessenum,
Élie de Nisibe donne 445, sans doute par confusion des lettres >o et —4. Le dernier travail sur
Bardesanes est celui de M. Nau, Le Livre des Lois des Pays, trad. française (Paris, 1899), dans le-
quel l'auteur s'efforce, à tort selon nous, de démontrer que Bardesanes ne donna pas dans les
erreurs des gnostiques. On y trouvera la bibliographie de la question (Introd., p. 8, n. 2). Le
passage de Michel relatif à Bardesanes a été publié, d'après le ms. arabe de Londres, parle même
auteur, dans l'opuscule intitulé : Une biographie inédite de Bardesanes l'astrologue (Paris, 1897).
Cf. R. Duval, La Littérature syriaque, p. 241 et suiv. — 5. E. a. 2195.

6. H. a. 2195 et Arm. : Julianus. — 7. H. a. 2205 ; Arm. 2206. —8. E. a. 2193: Maximus. — 9. E.
a. 2206. — 10. H. a. 2193; Arm. 2189. — 11. H. a. 2209; Arm. 2202. — 12. Lire : UJ*. cf.
p. 183, 1. 27. — 13. Eus., //. E., V, virr. — 14. Ps.-Doroth. : Pertinax, 19 ans. — 15. H. a. 2201;
Arm. 2200. Cf. ci-dessus, p. 184.

i. 24

186

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

qu'elle fût rebâtie, elle fut exemptée
d'impôts pour dix ans.

Le temple de Sérapis, à Alexandrie,
brûla aussi [à cette époque]

L'empereur Commodus fut surnommé
Auguste par tout le sénat *. II fît enlever
la tète du Colosse et fit mettre son image
à la place *. Cet empereur fit tuer beau-
coup de notables, et donna de grands
spectacles *.

A cette époque la foudre tomba sur le
Capitole 5 ; les bibliothèques et les ré-
gions voisines6 furent consumées par
un violent incendie. Il détruisit aussi, à
Rome, le Palatin, la maison des Vierges 7
et d'autres 8.

A cette époque florissaient les fausses
prophétesses Priscilla et Maximilla, en
Phrygie 9.

A cette époque, la dysenterie 10, qui
est une espèce de maladie pernicieuse,
porta la corruption en tous lieux 1J.

A cette époque florissaient les poètes
Apialus etLycus12 qui écrivirent sur les
choses qui sont dans l'eau.

A cette époque apparut en Asie et en
Phrygie, comme un reptile malfaisant
jetant son venin, Montanus qui se van-
tait d'être le Paraclet; Priscilla etMaxi-
milla qui étaient ses prophétesses di-
saient de telles choses quand elles étaient
possédées des démons impurs13. Eusèbe

A Césarée de Palestine était Théo-
phile, et à Ephèse : Polycarpe14.

A Alexandrie florissait, dans la doc-
trine de l'Église, le philosophe Pante-
nus15, compagnon de Clément, sur-
nommé Stromateus, qui y fut évêque16.

Il y eut alors une discussion au sujet
du jour de la Résurrection 17. Dans le
pays d'Asie on la célébrait le jour de
la Pâque des Juifs; mais à Rome, à
Alexandrie et en Palestine, le dimanche
qui suit la Pâque, conformément à la
tradition des Apôtres. Pour ce motif, il
y eut à Jérusalem une réunion des évo-
ques : Narcissus, de cette ville même,
Théophile de Césarée, Cassianus18 de
Tyr, et Cyrille19 d'Acre. Ils décrétèrent
qu'on devait la faire après la Pâque, et
ils envoyèrent des lettres en tous lieux.
Victor de Rome et Irénée de Lyon sta-
tuèrent de même qu'on devait observer
ce qu'ils avaient appris des [apôtres]
Pierre et Paul. Mais Polycarpe, évêque
d'Ephèse, et les évêques d'Asie n'y con-
sentirent point. Victor leur envoya [un
message]; il les excommunia et les cen-
sura, comme n'adhérant point h l'Église
universelle. Ensuite, voyantqu'une grave
contestation s'élevait de là, il les délia
de l'interdit, et ils demeurèrent dans
leur tradition jusqu'au concile de Nicée.
— Fin de ce chapitre.

1. H. a. 2195; Arm. 2196. —2. E. a. 2195. — 3. E. a. 2205. —4.E. a. 2207. — 5.Lire : ^o^SU».

— 6. oiXku toutou uipr). H. a. 2204; Arm. 2204. — 7. des Vestales. — 8. H. a. 2208. — 9. Cf. H. a.
2187. — 10. Je traduis ainsi par conjecture le mot koursana, qui paraît dérivé de karsa, « ventre »,

— 11. Cf. H. a. 2188. — 12. Corr. : </v>o.\o u»oju3|. 'OuTciavoç aAieuTtxwv tcoiy]ty); Ki\i%, H. a. 2188;
Arm. 2186. Cf. ci-dessus, p. 182, 1. 18. — 13. Cf. H. a. 2187.

14. H. a. 2211; Arm. 2210. H. E., V, xxv : ©eôqnXoç xai.....      IIoXuxpaTy)ç. — 15. IlavTaivoç; ms. : Pôn-

tos. — 16. H. a. 2210; Arm. 2209. — 17. Cf. Eus., H. E., V, xxiv-xxvr. — 18. Eus. : Kâffffio;. —
19. Eus. : KXâpoî.

LIVRE VI. CHAP. VII

187

dit dans son V° Livre1 : « La doctrine croît avec l'homme depuis sa jeunesse, et elle
est mêlée et unie avec l'âme elle-même. » — Fin.

CHAPITRE VII DU LIVRE VL — Du règne de Severianus\
11* empereur des Romains.

[112] En l'an 509 des Grecs 3 commença à régner Severianus, pendant 18 ans.
En la lre année de son règne, il y eut une guerre violente contre les Juifs et
les Samaritains4.

En l'an 9 de Severianus3, celui-ci excita une grande persécution contre les
chrétiens dans tout l'empire des Romains. En ce temps, beaucoup rendirent
magnifiquement témoignage et furent couronnés [du martyre] dans la confession
du Christ-Dieu, par divers genres de mort. Cette persécution persista très vio-
lente jusqu'à la fin de la vie de l'empereur Severianus.

De son temps, le peuple barbare qui habite dans la région du nord-ouest au
pied des montagnes s'ébranla, sortit, et commença à inquiéter les Romains qui
étaient sur ses frontières; l'empereur Severianus s'avança pour les combattre et
mourut là parmi les Barbares ' ; dans un autre exemplaire il est écrit qu'il fut
massacré. 11 avait régné 18 ans.

En l'an 528, Antoninus 7, fils de Severianus, commença à régner sur les
Romains, pendant 7 ans, enPindiction 2e.

Celui-ci relâcha ceux qui étaient en exil à cause de la foi. Parmi eux était
Alexandre qui fut évêque de Jérusalem, lorsque vivait encore Narcissus 8.

Antoninus vécut 43 ans dont 7 de règne. Il fut tué en Mésopotamie entre
Ilarran et Edesse.

Après lui commença à régner Macrinus,0, pendant [113] un an.

En cette année, le cirque de Hephaistos, qui était à Rome, brûla11.

L'empereur fut tué à Chalcédoine12.

Il eut pour successeur un autre Antoninus pendant 4 ans. Celui-ci fut
surnommé Eliogabal13.

De son temps fut bâtie Nicopolis de Palestine, qui est Emmaùs'4 ; le chroni-
queur Julius Africanus présidait à sa construction.

1. Chap. xx. Ces paroles sont citées par Eusèbe comme extraites de la lettre d'Irénée à Florinus,
de Monarchia.

2. Septime Sévère. — 3. E. a. 2210. — 4. H. a. 2213. — 5. Ms. : l'an 19. Cf. H. a. 2218; Arm.
2216. — 6. Il mourut à York, en Grande-Bretagne. — 7. Caracalla. — 8. Ms. : Narqîsîsios. H. a.
2228 ; Arm. 2231. Cf. ci-dessous, p. 190. — 9. D'après H. a. 2233 ; le chifTre est omis dans le ms. —
10. Ms. : Mârqarts. — 11. Rétablir le sens d'après le Syncelle : Kipxi<Wotç 'H^atoirion; Èxcai to
à(Aq>i6!aTpov Iv T(o[xip. H. a. 2234; Arm. 2235. — 12. Ms. : Adcalaus. Arm. a. 2235 : Achelaide.
— 13. M. : Éliogaal. — 14. 'E^ccoO;. E. a. 2237.

188

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

En l'an 540, commença à régner Alexandre, fils de Mamma, femme craignant
Dieu, qui avait cru dans le Christ-Dieu et aida beaucoup les chrétiens.

En l'an 3 de cet Alexandre, qui est l'an 542 des Grecs, commença à régner sur
les Perses, Ardesîr, fils de Pâbaq. Tel fut le début du dernier empire des Perses,
appelé des SassanidesIl dura l'espace de 408 ans2 et 25 rois régnèrent
successivement jusqu'à ce que s'élevât l'empire des Arabes qui l'abolit. — Fin.

[Note marginale :] Quand Maximinus3 commença à régner, par haine de son pré-
décesseur, il excita une persécution contre les chrétiens*. Dans cette persécution ren-
dirent témoignage et furent couronnés Sergius et Bacchus qui avaient été envoyés en
Mésopotamie*; et aussi Cyprianus*, évêque, et d'autres à Alexandrie ; [elle dura]
jusqu'à ce que le maudit Maximinus fût tué, à Aquilèe"1. — Mar Aziza'èl rendit aussi
témoignage à Rome à cette époque*. Que sa prière et celle de ses compagnons soient
avec nous. Amen.

* [112] Acette époque parurent de nou-
veau des hérétiques qui sont ceux-ci :
Artémôn, Theodotus, Asclepiadès, Her-
mophilus et Apollonide 9. — Ils disaient
que le Christ est un homme ordinaire.

Nous avons trouvé chez nos prédéces-
seurs qu'en l'an 12 de Severus fut ob-
servé le Jubilé. Cette année est l'an 251
des Antiochéniens 10.

A cette époque florissait dans nos
rangs11 Mousianus12.

Le philosophe Porphyrius 13, qui avait

[112] A cette époque brillait Clément
d'Alexandrie très exact dans les doc-
trinesorthodoxes. Il dit dans un Traité14 :
Cet ouvrage n'est pas un livre composé
avec art pour l'ostentation ; mais nous
avons fait des Mémoires 15, comme un
trésor pour la vieillesse, qui soit un re-
mède contre l'oubli16, une figure impar-
faite17, une image de ces figures vivan-
tes et efficaces [c'est-à-dire] des paroles
de ces bienheureux que j'ai été digne
d'entendre et de voir.

1. Litt. : de Beit Sassoun. — 2. Sic ms. Restituer : 418, chiffre donné par Jacques d'Edesse.
Comp. le Tableau chronologique de l'empire des Sassanides, dans Nôldeke, Gesch. der Perser
und Araber, p. 435. Il comprend 28 rois de l'an 226 à l'an 652. — 3. Ms. : Maximianus. D'après la
date des martyres de Sergius et d'Azizaël, l'auteur confond réellement ces deux empereurs. — 4. H.
a. 2253; Arm. 2254. — 5. Cf. Acta Sanct., 7 oct., et Bedjan, Acta Mari, et Sanct., III, 283. —6.
Cf. Acta Sanct., 14 sept. — 7. Rest. |Uax>1.3. £v 'AxuX^ta ; H. a. 2254; Arm. 2255. — 8. D'après les
Actes de ce saint qui existent en syriaque dans un ms. de l'église jacobite de Jérusalem, il était fils
du gouverneur de Samosate, et fut envoyé à Rome où il fut martyrisé le 31 août 304.

9. Ms. : Hermophiles et Apollonios. Cf. H. E., V, xxvui. — 10. H. a. 2220. — 11. Litt. : « dans
les choses qui sont à nous ». — 12. Mousiavôç; H. a. 2220, — 13. Cf. Eus., //. E., VI, xix.

14. H. E,, V, xi. — 15. ûiro[ivvî[jiaTa. — 16. Lire : |î.o.\{, (et non |ta2^,). — 17. (xtexvwç.

* [Note marginale]. — Sache, lecteur, que je me suis trompé, parce que j'ai placé dans la colonne
supérieure le chapitre des hérésies, qui devait être écrit dans la colonne inférieure ; néanmoins je
continuerai jusqu'à la fin de ce chapitre. Prie pour moi! — Cf. p. 162, et p. 192, lre note marginale.

LIVRE VI. CHAP. VII

189

connu Origène, dénigrait sa doctrine au-
tant qu'il le pouvait; et il lui repro"
chait de s'être adonné a la philosophie et
d'avoir coupé son membre ; en quoi il
n'avait pas bien agi. Il disait qu'étant
allé dans un certain village pour ins-
truire des païens, ceux-ci lui dirent :
« Adore avec nous, et nous te suivrons
tous. » II consentit à leur demande ;
mais ensuite ceux-ci ne se laissèrent
pas convaincre. Il1 lui reprochait d'en-
seigner que les âmes existent antérieu-
rement aux corps, et on disait aussi qu'il
ne confessait pas sainement la Trinité-
Il proféra ces paroles accusatrices con-
tre Origène et à cause de cela plusieurs
le comptent parmi les hérétiques. Mais
Eusèbe le loue beaucoup.

A cette époque, un certain docteur
nommé Judas florissait parmi les Juifs*,
et il écrivit beaucoup de choses au su-
jet des semaines du prophète Daniel.

[Extrait] du livre VId'Eusèbe3. Il dit :
« Origène, selon mon avis, est digne de
mémoire depuis son enfance. En Pan
10 de l'empereur Severianus [113], la
persécution devint violente, et beaucoup

En l'an 12 de Severus, Origène trouva
une édition des Écritures4 différente de
celles d'Aquila, de Symmaque et de
Théodotion, à Nicopolis % et une autre,
dans un tonneau, à Jéricho. Il réunit6 la
cinquième version et celle des Septante
et fit les livres des Hexaples comparés
avec les caractères 7 hébreux. — Sept
hommes écrivaient sous sa dictée 8.

Le 9e évêque de l'église d'Antioche
fut Asclépiade pendant 12 ans 9. Il se
montra bien dans la confession. Le 10e
fut Philippe10.

ARome,lel4e évêque futZéphyrinus11
pendant 18 ans; — le 15e, Calixtus12
pendant 5 ans; — le 16e, Urbanus13,
pendant 8 ans.

A Byzance, Marcus, pendant 13 ans.
A Ephèse,  siégea   Onesimus, suc-
cesseur de  Posidius14 (?) ;   après lui
Alycius (?) et ensuite Proclus.

A Antioche,le 11e fut Zeb ennus,5, qui
est Zebîna.

Dans l'église de Rome, le 17e futPon-
tianuspendant5ans 16.Le 18e fut Anterus,
pendant un mois 17, et après lui, le 19e,
Fabianus pendant 13 ans18.

1. L'auteur paraît bien attribuer ces dernières accusations à Porphyrius; mais de fait il faut lire
au mode impersonnel : « on lui reprochait », etc. — 2. H. E., VI, vn. — 3. Chap. n-rit.

4. H. E., VI, xvr. — 5. Arab. : «m^ûSaxw <*| <£**soj. u3. — 6. Le passage quelque peu obscur
est certainement résumé du chap. xvr, livre VI de YHist. ecclés. Le texte grec n'est pas lui-même
sans difficultés. Un fragment de la vers, syr., conservé dans le ms. add. 14620, traduit littérale-
ment le grec ; Laûà*o? • »*» ^aoolik X3usoo scov» î—=&.o 1^1 ^1 *ia yoov^s Jsâ^jol.
• liûrtôl ,^;o&4o» vOj©^ U*-j [^]aa4,° " l*i-^ (éd. Wright, p. 415). Le fragment le plus considérable
des Hexaples qui nous soit parvenu est celui qu'a découvert G. Mercati, en 1896, dans un
palimpseste de la Bibl. Ambroisienne, à Milan. Cf. Rendiconii delV lnst. Lomb., sér. rr, vol. XXIX.

— 7. LwJHo^ ; E. : i% 'E6pouMV a^itâaz^. — 8. Litt." « après lui ». — 9. H. a. 2227; Arm. 2228.

— 10. H. a. 2234; Arm. 2233. — 11. H. a. 2217; Arm 2216. Lire : u»au;a9|i. —12. H. a. 2236;
Arm. 2229. — 13. H. a. 2241; Arm. 2236. — 14. Peut-être : <~0„ûû9, Facundus (?). — 15. E. a. 2245.
Zé6svvoç. — 16. H. a. 2250; Arm. 2246.— 17. Ms. : 8 mois. Corr. : >¦< (E.). —18. H. a. 2255; Arm.
2256; Sync. : 'Avrlpw;. «ÊXaëiavo;. H et A : Fabianus ; lire : a»aua3

190

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

rendirent témoignage. Le désir du mar-
tyre s'empara de l'âme d'Origène et il
était disposé à subir volontairement la
mort ; mais il fut laissé pour l'utilité
d'un grand nombre. Son père rendit
témoignage et fut couronné dans cette
persécution. Il l'avait fait instruire dans
les Livres saints avant de lui faire ap-
prendre la philosophie des Grecs. Il
était âgé de dix-huit ans quand il com-
mença à enseigner ; sa conduite était
conforme à ses enseignements, et sa
doctrine à sa conduite : à tous moments
il s'attachait aux martyrs et les encoura-
geait. Toute la journée il s'adonnait à
un dur labeur; il n'accordait que peu de
temps au sommeil et ne se couchait ja-
mais sur un lit. Il s'efforçait d'accomplir
dans le jeûne et la pauvreté parfaite ce
précepte1. « Ne possédez pas deux tuni-
ques. » Il marchait pieds nus : il ne goû-
tait jamais de vin. Lorsqu'il enseignait
à Alexandrie, il fît2, dans l'exaltation
de sa pensée, une chose répréhensible 3.
Prenant à la lettre ce qui est écrit4 : « Il
y a des eunuques qui se sont émas-
culés eux-mêmes pour le royaume des
cieux » , comme il était jeune, et
instruisait aussi les vierges, afin d'en-
lever tout prétexte à la calomnie, il am-
puta son corps5. Démétrius, évêque de
l'endroit, admira son courage et eut pour
agréable son intention chaste. Par la
suite, voyant qu'Origène brillait et qu'il

Dans l'église d'Alexandrie le 12* fut
Héracleas pendant 16 ans6.

A Jérusalem [113] quand Narcissus
partit au désert, Dius lui succéda pen-
dant 3 ans et après lui Germanion pen-
dant 7 ans ; puis Gordius pendant 2 ans ;
puis Alexandre, du vivant même de Nar-
cissus8.

On disait beaucoup de choses admira-
bles de ce dernier, comme l'écrit Eusèbe,
qui rapporte* que l'huile ayant manqué
au moment de Pâques, [il pria sur Peau
qui fut changée en huile 10], Des hommes
impies ne pouvant le supporter parce
qu'ils craignaient d'être saisis par son
jugement, forgèrent contre lui des
accusations calomnieuses. Ils confirmè-
rent leur accusation par des serments.
L'un dit11 : « Si cela n'est pas, que je
brûle dans le feu » ; le second dit : « Si
cela n'est pas, que mon corps soit con-
sumé par la maladie ; » le troisième
dit : « Si cela n'est pas, que mes yeux
perdent la vue. » Ils juraient, mais per-
sonne ne les croyait. Le saint les suppor-
tait aimablement, et comme dès sa jeu-
nesse il avait aimé le monachisme, il
s'éloigna de l'assemblée et habita dans
le désert pendant longtemps. L'œil sou-
verain de Dieu ne fut pas trompé par ces
choses 12, mais il frappa ces criminels du
genre de mort auquel ils s'étaient voués.
En effet, une petite étincelle tomba dans
la maison du premier et il fut consumé

1. Matth., x, 10. — 2. Lire : ;-*.«» (et non U^~). — 3. Litt. : qui dénote un défaut d'intelligence.
— 4. Matth.; xix, 12. — 5. H., E., VI, vnr.

6. H. a. 2247; Arm. 2250. 'HpaxXâ;. Lire : ^ollû^]. _ 7. Ms. : Germon. — 8. H. E., VI, x. Cf.
p. 184 et p. 191. — 9. H. E., VI, ix. — 10. Quelques mots sont omis : aj. : t****o oowo V——^
v^jo (BH., Chr. eccl., I, 51). — 11. Nous traduisons en style direct pour plus de clarté. — 12. Litt. :
« ne resta pas tranquille ».

LIVRE VI. CHAP. VII

191

était loué, Démétrius succomba humai-
nement à la jalousie ; il écrivit à son
sujet aux évêques 1 et le blâma en di-
sant : « Il a fait une action illégitime. »
Après cela [114] l'évèque de Césarée et
celui de Jérusalem lui imposèrent les
mains *.

Il eut des disciples3 [parmilesquels :]
Plutarque 4, qui fut couronné du mar"
tyre ; Héracla, qui devint évêque d'A-
lexandrie après Démétrius ; Dionysius,
qui succéda à Héracla ; Grégoire et
Athénodore5, qui furent évêques dans
le Pont6 et aussi Théodore le Grand7. »

Eusèbe dit encore 8 qu'Adamantus 9
(ainsi s'appelait Origène), voyant qu'il
ne suffisait pas [a expliquer] seul les
Livres saints, choisit Héracla, qui était
appliqué aux choses de Dieu, et lui
confia l'instruction de ceux qui devaient
s'instruire minutieusement, et ne laissa
suivre ses propres leçons que par ceux
qui étaient plus instruits.

Le préfet d'Arabie envoya demander
Origène à l'évèque d'Alexandrie, pour
être instruit par lui. Il y alla ; et après
y avoir passé un temps suffisant, il re-
vint à Alexandrie10. — Mamma, la mère
de l'empereur, fut aussi instruite par lui
et fut affermie dans la foi11.

L'écrivain Africanus interrogea aussi
Origène sur la véracité de l'histoire de
Suzanne12 ; il répondit qu'elle était vraie,

avec toute sa famille. Le second fut
frappé d'un ulcère depuis la plante des
pieds jusqu'au cerveau, et souffrit cruel-
lement. Le troisième voyant ce qui était
arrivé fut saisi de crainte et confessa
devant tout le monde la malice qu'ils
avaient complotée tous les trois ; et
quand leur action diabolique eut été dé-
voilée, celui qui avait été frappé d'ulcères
[ll4] avoua aussi, mais il mourut tour-
menté par sa maladie. Et tandis que le
dernier gémissait et pleurait, ses yeux
s'obscurcirent subitement. Et chacun
d'eux reçut [ainsi] son châtiment. —
Comme on ne savait pas où était le bien-
heureux Narcisse dans le désert, on éta-
blit Dius à sa place. Après trois ans,
on découvrit Narcisse. Les évêques lui
demandèrent de revenir et de reprendre
son ministère; mais il ne le put à cause
de sa vieillesse. — Alors13 Alexandre,
un évêque de Cappadoce, eut une vi-
sion dans laquelle il lui semblait qu'il
était venu officier en présence de Nar-
cisse. Etant venu à Jérusalem pour y
prier, ils s'emparèrent de lui14 et ne le
laissèrent pas retourner dans son pays ;
car Dieu leur avait aussi révélé que cet
homme devait remplir les fonctions sa-
crées h Jérusalem. Dans la lettre qu'A-
lexandre écrivait aux fidèles d'Antinoël5,
il dit : « Narcisse, mon prédécesseur,
vous salue ; il exerce maintenant son zèle

1. Lire : t9aûca^3| Lài>.. — 2. Il fut ordonné prêtre. — 3. H. E., VI, in-rv. — 4. Ms. : Polycar-
pos. — 5. Frère de Grégoire le Thaumaturge; Ms. : Anetodoros. — 6. H. E., VI, xxx. — 1. L'au-
teur fait ici une confusion. Eusèbe dit : @îô8wpov, oç.....      StaSôvjxoç rpïjyopioç.— 8, H. E., VI, xv. —

9. E. : 'ASajiavTioc. — 10. H. E., VI, xix. — 11. Ibid., ch. xxi. — 12. Ibid., ch. xxxi.

13. H, E., VI, xi. — 14, uoiaaiv. — 15. Ttpb; 'AvxtvoetTaç.

192

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

et lui fit connaître beaucoup d'autres avec moi, étant âgé de 120 ans»— Fin
choses. Origène mourut h l'âge de dece chapitre. — Je prie et supplie chaque
69 ans. frère qui lira ceci de prier pour moi,

Eusèbe a écrit toutes ces choses, et       dans Vamour de la Croix*. Amen.
rend témoignage à Origène. — Pour
nous, nous rappelons ce souvenir; quoi-
que nous n'ignorions pas que les Pères n'admettent point la doctrine d'Origène parce
qu'il a dit qu'il y aura une fin aux peines ; que les pécheurs souffriront dans l'enfer
pour un temps déterminé, selon leurs péchés et ensuite se convertiront et obtiendront
miséricorde; et qu'il a mis en avant de telles opinions, qui ne sont pas compatibles
avec la vraie doctrine. — Ce chapitre est aussi fini par la vertu de Notre-Seigneur*.

* [Notes marginales :] — Sache, lecteur prudent, qu'à partir d'ici, j'écris, selon l'usage qui a eu
cours jusqu'ici, les histoires des Pères dans la colonne supérieure, et les autres dans la co-
lonne inférieure. Toutefois, en lisant, prie pour ma pauvre personne.

On dit qu'Origène niait la résurrection des corps, et disait que l'Esprit-Saint et le Fils (lire :
|;^o) étaient des créatures; et on dit aussi qu'il fut chassé d'Alexandrie en Palestine.

CHAPITRE VIII DU LIVRE VI. — Du temps de six3 empereurs romains.

En Pan 562 des Grecs \ Philippe commença à régner pendant 7 ans. — De son
temps, les chrétiens furent dans un grand repos et dans la paix. Son fils régnait
avec lui ; il s'appelait aussi Philippe.

En la lre année de son règne, Sabhour, fils d'Ardasir, commença à régner
sur les Perses [115] pendant 31 ans.

D'après le livre d'Andronicus, sous le règne de ce Philippe, furent accomplis
les 1000 ans de la fondation de Rome ; quantité de bêtes furent tuées dans le
grand Cirque, quand on célébra les jeux millénaires, et des spectacles furent
donnés [au champ] de Mars, pendant la nuit des trois jours qu'on passa en
veille3. — Le théâtre de Pompée et Phécatostylon, c'est-à dire à cent6 co-
lonnes, brûlèrent7. — Quarante chars furent lancés à la course8 pour célébrer
l'anniversaire de Rome9.

Decius tua Philippe et son fils, et régna 1 an10. Lui-même fut tué à Abritton,
qui est le Forum de Tembronios 11 ; et Gallus commença à régner avec Volu-
sianus, pendant 2 ans 12.

1. Eus. : 116 ans. — 2. Ou bien: « dans une ardente charité ».

3. Philippus, Decius, Gallus, Volusianus, Valerianus, Gallienus. — 4. H. a. 2261 ; Arm. 2262.
— 5. E. a. 2262. — 6. Lire : >o = 100 (ms. : o = 6). — 7. H. a. 2263; Arm. 2262. — 8. |L^^L| =
missus circenses.— 9. Cf. H. a. 2263 ; arm. 2262. — 16. H. a. 2267; Arm. 2268.— 11. H. a. 2268 ;
Arm. 2269; Sync. : âv 'Agp-jxw xm Xsyojaévw 06pw @eu.gpu>v:w; ms. à Berytusl — 12. H. a. 2269; Arm.
2270.

LIVRE VI. CHAP. VIII

193

A cette époque une maladie pernicieuse se répandit dans les différentes
parties de la terre habitée, surtout en Egypte \

Gallus et Volusianus furent tués dans le forum de Flaminius, et Valerianus
commença à régner avec Gallienus, pendant 15 ans8. — Il excita une persécution
contre les chrétiensa.

Sabhour, roi des Perses, dévasta la Syrie, la Gilicie et la Cappadoce4.

Les Goths, ayant passé le fleuve du Danube, pillèrent5 plusieurs provinces
et les îles des Cyclades6.

L'empereur Valerianus fut emmené en captivité dans le pays des Perses ;
Gallienus fit alors cesser la persécution contre les chrétiens 7.

Par la permission d'en haut, c'est-à-dire par la providence divine [116], la
vraie foi se développa, grâce à l'opération de vertus et de prodiges extraordi-
naires.

Si quelqu'un examine sagement, il remarquera que ces rois qui persécu-
taient iniquement les chrétiens tombaient promptement sous le châtiment de la
justice. Ainsi, ce Decius qui avait persécuté violemment et diaboliquement et
fait tuer les chrétiens, subsista seulement 1 an et fut mis à mort ; et ce fut le
repos pour l'Eglise de Dieu. De môme, 14 ans après que la persécution avait
cessé, Valerianus en excita une nouvelle, en la 15e année de son règne, et en
cette même année il fut tué à Milan8. — Fin.

A cette époque parut l'hérésie des
Elkésaïtes 9 qui disaient qu il n'y avait
point de péché àapostasier, si l'on ne le
faisait de cœur; qu'ils ont un livre plein
de fausseté, qui procure le pardon de ses
péchés à celui qui l'écoute. Ils n ad-
mettent point [les Livres] saints.

A cette époque, comme dit Eusèbe10,
Cyrillus11 [115], évêque de Boçra d'Ara-
bie, osa dire que notre Sauveur, quand

En ce temps-là, Cornélius12, le 20e, re-
çut l'épiscopat de Rome pendant 3 ans.
— Après lui le 21e fut Lucius13, pendant
8 mois; et le 22e, Stephanus, pendant
2 ans14.

A Alexandrie, le 13e évêque fut Dio-
nysius, pendant 17 ans15. C'était un disci-
ple d'Origène, et il ne fléchit pas vers
l'hérésie. II était disert et il proposa une
saine doctrine.

1. E. a. 2269. — 2. H. a. 2271 ; Arm. 2270. — 3. H. a. 2274 ; Arm. 2273. — 4. H. a. 2275. —
5. Littéralement : « captivèrent ». Cf. H. a. 2279. — 6. Lire : osoo»Uoûo. — 7. H. a. 2276; Arm.
2274. —8. L'auteur commet ici une confusion. C'est Gallien qui mourut à Milan ; H. a. 2285; Arm.
2283. Volusien mourut en captivité.

9. y| Twv 'EXxsffai'xwv. Cf. H. E., VI, xxxvîir. — 10. H. E., VI, xxxm. — 11. Sic mss. syr. et ar.
Lire : 'notî^o^, BïjpuXXo;.

12. Ms. : Qyrillos. Rest. : *>^>ias>. H. a. 2269; Arm. 2262. — 13. Lire : »*oa.ûûV — 14. H. a.
2270; Arm. 2268. — 15. E. a. 2265.

I. 23

194

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

il existait dans sa propre personnalité,
avant de revêtir un corps, n'avait point
de divinité personnelle, mais que la di-
vinité de son père habitait en lui*. —
Aussitôt, Origène descendit avec des
évêques ; ils le blâmèrent et le conver-
tirent à la vérité.

Ils démasquèrent aussi l'hérésie de
ceux qui disent2 que l'âme humaine
est détruite et dissoute à la mort de
l'homme, et qu'à la résurrection elle
sera de nouveau subitement rétablie et
réunieau corps.

Cette opinion avait surgi et pris nais-
sance surtout en Arménie3. Origène y
alla et la détruisit.

.lu squ'alors, ceux qui se convertissaient
de l'hérésie étaient purifiés par la prière
et l'imposition des mains4. A cette épo-
que, une grande discussion s'étant élevée
entre les évêques, ils se réunirent au nom-
bre de quatre-vingt-quatre6 près de Cy-
priende Carthage,etils définirent que,de
toute façon, ils devaient être d'abordbap-
tisés et ensuite reçus dans l'Église. Ils
établirent en cet endroit 20 canons6.
Etienne 7 de Rome disait : « Il ne faut

[115] A Antioche, le 13e évêque fut Ba-
byhis. Au bout de huit ans, le gouver-
neur de la ville étant venu8 pour entrer
dans l'église, l'évêque s'y opposa. Il en
fut irrité9 et fit massacrer beaucoup de
chrétiens etle saint lui-même10 avec trois
jeunes gens, ses disciples.

A cette époque florissait par son en-
seignement, ses prodiges et ses grands
miracles, Grégoire de Néocésarée. Il fut
institué évêque par Phedimus d'Ama-
sia11, étant absent12.

A cette époque, dans la persécution
de Decius, furent couronnés les Qua-
rante martyrs de Sébaste13.

A cette époque commencèrent à briller
les couvents de moines, dans le désert
d'Egypte14, grâce au bienheureux Paul,
de Thèbes, et à Antoine.

A Antioche, le 14e évêque fut Démé-
trius15; etle 15e, Paul de Samosate qui
fut trouvé hérétique et fut chassé16;

A Rome, le 23e évêque, fut Xystus,
pendant 11 ans17; et le 24e, Dionysius,
pendant 9 ans18.

A Jérusalem, le 37e fut Mazabanus19;
et le 38e Hymenœus20.

1. La phrase ne traduit pas correctement le grec : u.yj irpouçearavai xax' ISt'av oûai'aç TteptypaiiYiV, 7rpo trjç
sic àvôpwuouç £7tt8ï]fju'aç, uyjôè (ir,v ôsoTrjTa îôîav e-/eiv, àXV £U7to}.fueuouivY]v auxw txôviqv tyjv TiaTptXYiv. —
2. H. E., VI, xxxvn. — 3. Sic ms. ; lire : Arabie. — 4. H. E., VII, n. — 5. D'autres documents
syriaques portent : 87. — 6. Sur le synode de Carthage tenu en l'an 256, et les documents syria-
ques qui s'y rapportent, cf. Duval, Litt. syr,, p. 172-173. — 7. Lire : asoaiû£.i*>1.

8. Lire : \l\ P. — 9. »*UI. — 10. Lire : (et non : »9o1o). BH. Cf. H. E., VI, xxxix. —
11. Ms. : de Damas. Cette leçon erronée est aussi celle que BH. avait sous les yeux. Cf. Chr,
eccl., I, 54, n. 2. — 12. Au sujet de cette singulière ordination, voir les textes réunis par Tillemont,
Mémoires pour l'IIist. ecclés., IV, 326. — 13. Cf. Acta Sanct., 10 mars. Les Actes syriaques ont
été édités par Bedjan, Acta Mart. et Sanct., III, 355 sqq. — 14. Ms. ; « dans le désert et en
Egypte ». — 15. H. a. 2269; Arm. 2272. An^xpiavoç. Le ms. porte bien 14», et ne compte pas Fa-
bius. — 16. Arm. a. 2278; H. a. 2277. — 17. Arm. a. 2272; H a. 2271. — 18. H. a. 2282; Arm.
2279. — 19. H. a. 2268; Arm. 2269. MaÇaêâvrjç. — 20. H. a. 2283; Arm. 2282. 'Ypivato;.

I

LIVRE VI. CHAP. VIII

rien innover en dehors de la tradition et
de la coutume qui existe. » Et il y eut
une querelle entre eux1.

A cette même époque, le prêtre No-
vatus disait qu'il n'y a point de pardon
pour ceux qui pèchent après le baptême.
— Il y eut à son sujet un synode de
soixante-quatre évêques, à Rome, et ils
l'excommunièrent8.

A cette même époque se fit connaître
Sabellius dePtolémaïsde laPentapole de
Libye, dans le pays d'Egyptes. Il disait
qu'il n'y avait qu'une [116] seule per-
sonne dans la sainte Trinité ; et que cette
même personne s'était manifestée comme
le Père aux Prophètes dans l'Ancien
Testament; que dans le Nouveau, elle
s'est incarnée comme le Fils et a parlé
avec les Apôtres sous la forme de l'Es-
prit-Saint. — Dionysius 4 d'Alexandrie
écrivit contre lui.
• A cette époque, Nepos s parut dans
une ville d'Egypte ; il enseignait comme
les Juifs. Il disait que les saints auront
sur la terre mille ans pour manger et
boire.

A cette époque aussi, Paul de Samosa te*
abandonna la foi, et renouvela la hon-
teuse doctrine d'Artémon7. Les évêques8
Firmilianus de Césarée de Cappadoce,

195

Alexandre de Jérusalem9, ainsi que Fa-
bianus de Rome 10, Fabius d'Antioche 11,
successeur de Babylas, Christophorus12
et beaucoup d'autres souffrirent le mar-
tyre du temps de l'empereur Decius qui
était ennemi des chrétiens [et qui avait
tué] lempereur Philippe et son fils, qui
étaient chrétiens.

De son temps, sept enfants s en-
fuirent d'Ephèse et se cachèrent dans
une caverne13.

Il opprimait fortement les chrétiens
pour les faire apostasier; et beau-
coup apostasièrent par crainte. Quand
Decius fut tué, la persécution se calma.
Ceux qui avaient apostasie vinrent à
Rome [116] et demandèrent à faire pé-
nitence. Novatien14 disait qu'il n'y avait
point de rémission, et il fut appelé chet
des Cathares.

Cornélius écrivit, à son sujet, à Fabius
d'Antioche,en disant15:«Novatien,poussé
par le démon, est venu à l'église de
Rome. Alors qu'il gisait sur un lit et
était sur le point de mourir, il reçut le
baptême par nécessité. Au temps de la
persécution il nia en présence de plusieurs
qu'il était [prêtre]16. [Plus tard], quand il
offrait les mystères, il prenait [les mains]
de celui qui s'approchait17, jusqu'àce que

1. H. E., VII, nr. — 2. H. E., VI, xli», s. f. — 3. Sic ms. Cf. H. E., VII, vr. - 4. Lire :
uaa^ooaia^. — 5. H. E., VII, xxiv. Ms. : Néophitès (Nétïw;. Nénwxa). —6. H. E., VII, xxvn. — 7. Cf.
Eus., H. E., V, xxviii. — 8. Cf. Eus., H. E., VII, xxvin-xxx.

9. Cf. Acta Sanct., 18 mars. — 10. Cf. Acta Sanct., 20 janv. — 11. Cf. Eus., H. E., VI, xxxix. —
12. Acta Sanct., 25 juil. — 13. Allusion aux Sept-Dormants d'Ephèse. Nous retrouverons plus loin
l'occasion de parler de cette légende. — 14. Le nom est transcrit d'après Eusèbe : Noouoctoç. Il s'agit
de Novatianus que les auteurs syriens confondent souvent avec Novatus d'Afrique. Toutefois, c'est
peut-être Novatus qui est visé dans la première phrase. —15. //. E., VI, xliu. — 16. 7tp£<r6ÛT£po;
eîvat (E.). — 17. Pour recevoir la communion.

196

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Theotecnus 1 [de Césarée] de Palestine^
Grégoire de Néocésarée, Athénodore
du Pont2 et Alexandre de Tarse *, s'as-
semblèrent, ainsi que Nikomas d'Ico-
nium, Maximus de Boçra et Hymenaeus
de Jérusalem. Ayant blâmé Paul, celui-
ci chercha un refuge dans la pénitence,
et le synode se sépara. Quatre ans après,
Paul revint h son vomissement, les évê-
ques 1 se réunirent pour la seconde fois
et l'anathématisèrent, parce qu'il di-
sait que le Christ est un homme ordi-
naire.

[L'occasion de sa chute fut une femme
juive nommée]5 Zénobie, que les Perses
avaient établie sur toute la Syrie, quand
ils vainquirent les Romains. Comme elle
se complaisait beaucoup dans les doc-
trines des Juifs, le misérable Paul vou-
lut lui plaire et il tomba dans l'hérésie
d'Artémon. Des femmes attachées à Paul
chantaient des psaumes en son honneur.
On disait aussi qu'il était un fornicateur.
— Quand il fut anathématisé par les
évêques, il s'appuya sur cette femme qui
dominait, grâce aux Perses, sur toute la
Syrie6. Les évêques firent connaître son
affaire à l'empereur des Romains, Aure-
Iianus, qui, tout païen qu'il était, or-
donna de chasser Paul de l'Église. —
Fin.

celui-ci jurât qu'il ne l'abandonnerait
point pour se tourner vers Cornélius;
car il désirait vivement Pépiscopat. Il
séduisit trois évêques qui lui imposèrent
les mains en secret. » Novatien prétendait
que ce fut de force et malgré lui. C'est
pourquoi Dionysius lui écrivit7 : « A
Novatien, mon frère, salut. Si, comme tu
le dis, tu en es venu là contre ton gré,
montre le en te retirant volontairement.
Tu devrais tout supporter plutôt que de
déchirer l'Église. Le martyre que l'on
subit pour ne pas scinder l'Église n'est
pas moins glorieux que le martyre que
l'on souffre pour ne pas servir les idoles.
Et, à mon avis, il est même plus parfait
que ce dernier. Là, en effet, on est mar-
tyrisé seulement pour soi-même ; ici, on
est martyrisé pour toute l'Église. Main-
tenant, situ persuades et situ forces les
frères de revenir à l'unité, ton triomphe
sera plus grand que tes péchés; si tu ne
peux les convaincre, sauve du moins ton
âme. Je prie pour que tu te portes bien et
que tu adhères au Christ. — Fin.

Que le frère qui lit [ceci] prie pour
moi !

1. Ms. : Theoctistos. Cf. H. E., VII, xiv. — 2. Lire : ^->£>l^ ^o^ûjUI. Ms. : de Patros. — 3.
Ms. : Alexandros et Tarsos. Eus. : "EXevo;. — 4. Lire : ).9a-û£*9|. — 5. Le texte est ici altéré; en
comparant les mots qui restent avec le passage parallèle de BH. (Chr. eccl., I, 57), je croîs qu'on
peut le restituer ainsi :       ç*a*i»û| L<»ï-9» «*w • Ua&>l ov>a*.> lû^oo. \L&j] |C^vo]

l_"J-.*30»-\ a5l     !~oa*o? ItôUI. —6. Je n'ai pas besoin de faire remarquer l'inexactitude du récit qui
attribue à l'influence des Perses le pouvoir de Zénobie.
7. H. E , VI, xr.vf.

LIVRE VI. CHAP. IX

197

CHAPITRE IX DU LIVRE VI. — Du temps de Claudius et des cinq empereurs

qui lui succédèrent.

En Pan 588 commença à régner Claudius, pendant 1 an.

A cette époque [117] Bruchion fut assiégé et vaincu 1 dans Alexandrie.

La figure d'une couronne apparut aussi dans le ciel.

A Alexandrie, le Bruchium fut opprimé par la guerre8.

Claudius mourut à Sirmium3.

En Pan 589 Aurelianus commença à régner, pendant 5 ans et 6 mois4.

En la première année de son règne il détruisit les Palmyréniens et soumit les
Gaulois5. — Il bâtit le mur de Rome6.

A Alexandrie le Bruchium, après avoir été assiégé7 longtemps, fut réduit à la
dernière extrémité en la 5e année d'Aurelianus.

Aurelianus ayant excité une persécution contre les chrétiens, Dieu le frappa
de la foudre ; il mourut, et la persécution cessa8.

Tacite9 régna 6 mois et fut tué dans le Pont10.

A cette époque Hormizd commença à régner en Perse.

Florianus régna pendant 2 mois et fut tué à Tarse11.

En Pan 593 des Grecs naquit Constantin, en Pan 5 d'Aurelianus qui fut frappé
de la foudre.

En l'an 595 des Grecs, en l'indiction 8°, commença à régner Probus pendant
7 ans, et selon Andronicus : 6 ans12.

En cette année commença à régner en Perse Varahran pendant 3 ans. Et en
l'an 4 de Probus, commença à régner sur les Perses Varahran, fils de Varah-
ran, pendant 7 ans.

Satornilus, voulant se révolter13 et régner sur les Romains, commença à rebâ-
tir Antioche, et il fut tué à Apamée 14.

[118] L'empereur Probus fut tué à Sirmium15.

En l'an 602 des Grecs commença à régner sur les Romains Garus avec ses
fils Carinus et Numerianus16 pendant 2 ans et quelque temps.

Carus mourut en Mésopotamie17 de Syrie [et son fils Numerianus fut tué]18
dans la province d'Afrique19 où il l'avait fait consul.

1. Tel semble être le sens visé par l'auteur. Il faut lire : *^~L] (et non ga*aL|). Il s'agit comme
plus bas du Bruchium. — 2. H. a. 2286; Arm. 2287. 3. H. a. 2287. — 4. H. a. 2288. — 5. Arm.
a. 2289; cf. H. a. 2289. — 6. Cf. H. a. 2291. — 7.Lire : *a,.LI. Cf. H. a. 2286; Arm. 2287. — 8. E.
a. 2292. — 9. Ms. : Tâtîqîtos. — 10. Cf. Arm. a. 2294; H. s, 2293. — 11. H. a. 2293; Arm. 2294.
— 12. H. a. 2294; Arm. 2295. — 13. Lire : ,u*>. — 14. H. a. 2?97. — 15. H. a. 2299. — 16. Ms. :
Cyrinos et Numedianos. — 17. H. a. 2300; Arm. 2302. — 18. La phrase doit être ainsi complétée
d'après BH. (Chr. syr., p. 58) : *û,;5U \>£oL\ ^oi.^oûj w;3 >9l U^ûûo,. — 19. Arm. a. 2302 :

en Thrace.

198

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Ensuite Carinus, l'autre fils de Carus, fut tué accidentellement dans la guerre
avec les Germains1. —Fin.

En l'an 4 d'Aurelianus, qui est l'an
592 des Grecs, parut [117] Mûnî2 qui
était alors âgé de 33 ans. Son histoire
est la suivante 3 :

Un homme de Lapet, nommé Pâtîq,
avait un fils de Taqsît (?) ; ils l'appelèrent
Corbicus '*.

Quand il était âgé de sept ans, la
femme d'un Arabe nommé Scytianus*
l'acheta. Celui-ci avait été élevé dans la
doctrine des Egyptiens, et il introdui-
sait les doctrines d'Empédocle6 et de
Pythagore chez les chrétiens. Il avait
un disciple nommé Boudos7, qui s'appe-
lait auparavant Terbintos8. Celui-ci s'en
alla dans le pays de Babylone avec la
femme de Scytianus9. Il disait de lui-
même qu'il était né d'une vierge. Il fit
quatre livres; il en appela un «Mys-
tère » ; l'autre « Evangile »; le troisième
« Trésors » ; le quatrième « Chapitres » 10.
Comme il voulait faire paraître quelque
apparence de miracles et de visions, il
fut frappé par l'esprit11 et mourut.

Après que Paul eut été chassé, le
16° évêque [d'Antioche] fut Doranus13,
[117] et le 17e Timothée13.

A Alexandrie, le 14° évêque fut Maxi-
mus, pendant 17 ans14.

A cette époque florissait par sa doc-
trine Eusèbe, évêque de Laodicée13.

A Rome, le 25e évêque fut Félix, pen-
dant 15 ans16.

Jusqu'à cette époque, le trône de
Jacques, frère de Notre-Seigneur, était
conservé par les frères, comme dit Eu-
sèbe dans le VIIe Livre 17, et il montre
par là que les anciens honoraient de
cette façon les hommes saints.

Eusèbe dit aussi18 que l'Apocalypse de
Jean n'est pas de l'Apôtre, mais de Jean
le prêtre ou de Cérinthe qui enseignait
[que les élus] mangeraient et boiraient
sur la terre10. On reconnaît qu'il en est
ainsi parce que le style de l'Apocalypse
ne ressemble pas à celui de l'Evangile et
de l'Epître; et parce que Jean l'évangé-
liste ne met point son nom dans ces livres,

1. H. a. 2301: apud Margum; Arm. 2302: in Cornacis.

2. à Mavdç — 3. Cf. Épiph., Adv. Ilsereses, P. Gr., t. XLII, col. 30 sqq., et surtout l'histoire de
Manès racontée par Théodore Bar-Khouni, dans Pognon, Inscript, mandaïtes dus Coupes de
Khouabir, p. 125-131, 181-193. — 4. Ko'jpSixo;. — 5. Ms. : « nommée Sytîna », mais le nom
est écrit correctement plus bas, et il s'agit du mari. — 6. Lire : >m>»oot91. Cf. Sogr., Hist.
eccles., I, xxn. — 7. BouSôà. — 8. Tépoivôo;. — 9. Sxuôtavoç. — 10. Lire : I—*»» (et non : LÀ»»*).
—11. Le texte est obscur. Bar-Khounî dit : « Tandis qu'il accomplissait de mystérieuses pratiques
de magie, il fut frappé par l'esprit et mourut ». Selon Epiphane, il fut précipité par un ange du
toit de sa maison où il était monté pour accomplir ses pratiques magiques.

12. E. a. 2283. — 13. H. a. 2288 : Timseus. — 14. H. a. 2281 ; Arm. 2282. — 15. H. a. 2290;
Arm. 2292. — 16. H. a. 2294; Arm. 2289. — 17. Chap. xvm. — 18. //. E^, VII, xxv. —

19. Il doit manquer quelques mots dans le texte; le ms. porte littéralement : « qui enseignait le
manger et le boire sur terre. »

LIVRE VI. CHAP. IX

199

La femme qui habitait près de lui,
après lavoir enseveli, prit Por qu'il avait
amassé et acheta l'enfant dont nous
avons parlé et qui s'appelait Corbicus.
Après l'avoir instruit dans ces livres elle
mourut. Lui prit la fortune et les livres
et vint à Lapet. Là il se fît appeler Mânî
et il séduisait beaucoup de gens à l'aide
de ces livres. Il les donnait comme chré-
tiens. Voyant qu'il marchait dans les
doctrines des Nazaréens, ils le firent
prêtre. Il devint interprète des Ecri-
tures et disputait contre les Juifs et les
païens. Parmi ceux qui étaient avec lui
il envoya Adœus prêcher dans le Beit
Aramayê, et Thomas [118] dans l'Inde.
Quand ils revinrent et lui firent savoir
que personne ne les avait reçus, il aban-
donna la doctrine des chrétiens et se
proclama le Messie et l'Esprit-Saint. Il
réunit douze disciples ; il souffla sur eux,
et ils partirent pour séduire le monde.
Il dit [qu'il y a] un dieu dans la Lumière,
[qu'il appelle le Bien]1 et qui occupe les
régions orientales, occidentales, septen-
trionales et supérieures. L'autre, qu'il
nomme le Mal, est dans la Matière; il oc-
cupe les régions australes et inférieures.
La Matière ayant été troublée, ses enfants
s'insurgèrent les uns contre les autres :
[ce sont] les démons, le feu, Peau et les

comme il est mis dans celui-ci; et encore
parce que l'écrivain n'était pas familia-
risé avec la langue grecque, mais se
sert de temps en temps d'un langage
barbare. « Je ne refuse pas d'admettre,
dit-il, que l'auteur a eu une révélation
divine et le don de prophétie*. »

. . . Nous écrivons les histoires des
choses qui se sont passées de notre temps.
— Il dit aussi3 à propos de Paul de Sa-
mosate qu'il se servait de la religion
comme d'un négoce. Il se conduisait avec
un esprit arrogant et orgueilleux, qui
convient aux dignités mondaines1. Il
s'était établi un tribunal et un trône non
comme il convient aux disciples du
Christ, mais bien aux juges séculiers.
Quand il rendait un jugement quel-
conque [118] il frappait des mains [sur
sa cuisse]3 et frappait du pied sur son
tribunal.

A cette époque, le 26e évêque0 de
l'Église de Rome fut Eutychianus, pen-
dant 8 mois; et après lui, le 27e, Gaïus,
pendant 17 ans,

A Antioche était le 18e évêque, Cyril-
lusT.

A Alexandrie, le 15e évêque futTheo-
nas, pendant 19 ans8,

A Laodicée était Eusebius. Il eut pour
successeur Anatolius qui était célèbre

1. Il y a ici une lacune de quelques mots que je restituerais volontiers ainsi : |or^ [M*]  I©« î-50!

2. Eus., loc. cit., : toÙtm ôè 'ArcoxaXu^tv Iwpocxlvcu, xoù yvùxnv e'cXr)<p!vai xcù 7upo?y]xe!av, oûx
avTspw.La phrase qui suit est mutilée au début. — 3. H. E., VII, xxtx-xxx. — 4. Le passage semble
avoir souffert : xaiouxe w; û^yjXà çpovEÏ xcù v7tspY)pxca xoquxà à|iw(iaxa ÛTto8uô;j.evoc H. E., VII, xxx.
— 5. Ajout. : [o*àa§>*. ^.v] i.wOf*l= (BH., Chr. eccl., I, 57; uxiwv Se t?, yj.iç>\ xov (Aï)p6v). — 6. H. a. 2298;
Arm. 2296. Notre ms. porte par erreur : le 22* et le 23e. — 7. H. a. 2297. — 8. H. a. 2299 , Arm.
2302,

200

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

idoles. En se poursuivant les uns les
autres, ils arrivèrent jusqu'au ciel, lieu
de la Lumière, et ils voulaient mélanger
leurs ténèbres avec la Lumière et avec
le Bien. Quand Dieu les vit, il les
enchaîna en cet endroit1. Il prit une
parcelle de la Lumière, et la jeta vers
la matière. Celle-ci, l'ayant absorbée,
y demeura attachée. A cause de cela
Dieu fut contraint de créer le monde.
Ils disaient qu'Adam et Eve prove-
naient de Séqla, le prince de la Ma-
tière, et de Nabrôël8. Ils disaient que
le soleil et la lune sont des barques qui
reçoivent les âmes des hommes et tout
ce qu il y a de Bon mélangé avec la Ma-
tière, et le font monter au lieu de la
Lumière, jusqu'à ce que la Lumière soit
purifiée du mélange avec le Mal ; et alors,
Dieu livrera la Matière au feu, avec les
âmes de ceux qui n'ont point cru en
Mânî, et elle sera3... Ils disaient aussi
que le mariage vient du Mal, et ils
niaient la résurrection. Ils disaient que
les âmes changent successivement de
corps; que tout est animé : même la
terre et les eaux; que Notre-Seigneur
n'a pas pris un corps [119] et une âme,
mais qu'il s'est manifesté et a souffert
en apparence. Ils enseignaient qu'il y a
25 dieux qui ont 12 femmes, et d'autres
mystères aussi honteux.

dans l'enseignement de la philosophie.
Ils étaient tous les deux d'Alexandrie et
ils étaient considérés comme des maîtres
dans les sciences sacrées et profanes4.
Avant eux était Socrate, et après eux fut
Theodotus, qui justifia son nom et son
titre d'évêque par ses œuvres; il était
très versé dans fart de guérir le corps,
et il n'avait point son pareil dans la mé-
decine de l'âme. Il faisait paraître une
grande charité; il s'affligeait et souffrait
avec ceux qui étaient dansle besoin, pour
leur utilité5.

A cette époque florissait aussi Theo-
teenus6 de Césarée de Palestine, par sa
doctrine remarquable. Il eut pour suc-
cesseur Agapius7 qui prenait grand soin
des pauvres qui étaient dans son dio-
cèse. De son temps florissait Pamphy-
lius, homme illustre et philosophe de
vérité; il était prêtre de l'église de cet
endroit8.

A cette même époque florissait aussi
Meletius9, évêque de l'église du Pont,qui
brillait dans l'enseignement de la phi-
losophie et de la religion. Ce Meletius
[119] était appelé mel Atticœ 10 par les
hommes instruits, et il justifia pleine-
ment son nom.

A Byzance, le 21e évêque fut Domi-
tianus, pendant 23 ans.

Acette époque, Cosmas et Damianus11

1. Le ms. peut se lire : »oo1 « il incendia », ou : « il honora », mais il faut corriger « il
lia ». — 2. Théodore Bar-Khouni appelle les parents d'Adam et d'Eve sàSû*.| et ^*|;-soj (Pognon, op.
cit., p. 130). — 3. Les deux mots suivants ne donnent j)as de sens satisfaisant.

4. Cf. H. E., vii, xxxr. — 5. Ibidem. — 6. Ms. : Théotoqos. — 7. ©eotexvov... 'Ayamoç StaSlxexat
(ibid.). — 8. H. E., vii, xxxr. Pour S. Pamphile, cf. Acta Sanctorum, 1er juin. — 9. Eus., H.
E., vii, xxxr. MêXItio;. — 10. Lire : >-û»(J» ; to uIai xrjç 'Armer};. — 11. Sur les SS. Cosme et
Damien, v. Acta Sant., 27 sept.

LIVRE VI. CHAP. X

201

Mânî, ayant promis au roi des Perses        souffrirent le martyre du temps du per-
de guérir son  fils  et ne l'ayant pu,        séeuteur Numeriusâ.—Fin.
s'enfuit en Mésopotamie.  Le roi des
Perses le trouva; il le fit écorcher, fit

remplir sa peau de paille et la fit suspendre au mur1. Telle fut la fin de l'impie
Mânî. — Fin.

CHAPITRE X DU LIVRE VI. — Du temps de la famille de Dioctétien et de ses

collègues.

Dioclétien régna, selon ce canon, en Pan 604 des Grecs (mais selon d'autres,
en l'an 594j qui est l'an 353 des Antiochéniens5; et de là commence le comprit
de Dioclétien*.

Trois autres régnaient avec lui5 : Maximianus qu'il avait associé lui-même à
l'empire, à qui il donna pour femme sa fille Dioclétiana6, et qui est surnommé
Herculius; Maxentius, fils de Maximianus, qui régnait à Rome; et Constantinus7
qui régnait en Gaule et en Bretagne. Dioclétien et Maximianus régnaient en-
semble dans la contrée d'Orient et dirigeaient les affaires de concert.

A cette époque l'Egypte se révolta, et les Romains allèrent la soumettre et
tuèrent beaucoup de peuple8.

1. Théodore Bar-Khouni dit : « à la porte de Beit Lapet. » (Pognon, op. cit., p. 126.)

2. Lire : Numerianus (?). Les Actes placent leur martyre sous Dioclétien.

3. Au lieu de « indiction » il faut probablement lire : U^â-'l « selon les Antiochéniens », cf. H.
a. 2321 : « Primus annus Persecutionis, secundum Antiochenos ann. CCCLI. » — 4. BH. (Chr.
syr., p. 58) dit le comput « des Égyptiens ». Il s'agit de l'ère des Martyrs, dont le point de
départ est en effet fixé par les Égyptiens à l'avènement de Dioclétien (29 août 284). — 5. L'exposé
de l'auteur est tellement confus que nous devons rappeler ici, pour l'intelligence du texte, la
série des derniers empereurs païens : L'empereur Dioclétien (284) s'associa (286) Valerianus
Maximianus Herculius. Le 1er mars 292, il proclama Césars : Galerius Maximianus qui épousa
sa fille Valéria, et Constanlius Chlorus. Le 1er mai 305, Dioclétien et Maximien Hercule abdiquent.
Galérius proclame Césars : Daza, surnommé Maximinus (Syrie et Egypte), et Flavius Severus (Italie
et Afrique). — Maxentius se fait proclamer à Rome (oct. 306) et rappelle son père Maximianus
Herculius. Constance meurt (25 juill. 306) et son fils Constantin, proclamé empereur, force Maxi-
mien à se tuer (310). Galérius meurt en mai 311 ; Maximinus et Licinius, qui avait été proclamé
Auguste par Galérius, se partagent ses provinces. Constantin défait Maxentius qui se noie dans le
Tibre (28 oct. 312); Maximin s'empoisonne à Tarse (août 313). Enfin, Licinius, qui venait de s'as-
socier Martinianus (323), fut dépossédé de l'empire par Constantin qui devint seul empereur (3 juill.
323). Voir l'Introduction. — 6. C'est Galerius Maximianus qui épousa Valérie, fille de Dioclétien;
l'auteur confond dans ce chapitre Maximianus Herculius et Galerius Maximianus. — 7. Constance
Chlore. — 8. Cf. H. a. 2314; Arm. 2312.

I. 26

202

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

En l'an 11 de Dioclétien, commença à régner en Perse Narsès, pendant
7 ans ; son fils Ho[r]mizd lui succéda pendant 5 ans.

En Pan 19 de Dioclétien, il ordonna de détruire les églises.

Le total des années depuis la naissance de Notre-Seigneur [ 120] est de 284 ans \

La persécution fut accompagnée de la famine. Le modius de froment se ven-
dait 2500 mines2.

Maxim[ian]us mourut après avoir régné 3 ans; et Maxence fut tué après avoir
régné 6 ans. — Sévérus régna pendant 1 an et mourut*. — Licinius fut tué
après [avoir régné] 17 ans*.

En Pan 20 de son règne, Dioclétien ayant ordonné tyranniquement de démolir
les églises, fut frappé : ses parties génitales pourrirent, comme l'expose ample-
ment Eusèbe5. Il abandonna l'empire à Maxim[in]us qui était en Cilicie, et il
mourut. Ensuite, Maxim[in]us mourut aussi; il eut pour successeur Martinianus
qui fut tué après trois mois 6.

Constantin père de Constantin le Victorieux, commença alors à régner. Il
avait deux femmes : Hélène, mère de Constantin le Victorieux, et Théodora, fille
du tyran Maximianus. — En la 8e année de son règne, il associa à l'empire son
fils Constantin le Victorieux. — Fin.

A cette époque, Arius fut anathéma-
tisé par saint Pierre.

x

A cette époque, en Pan 19 du règne
de Dioclétien, parce que notre iniquité
s'était multipliée, que les chrétiens s'é-
taient élevés les uns contre les autres,
le Seigneur dans sa colère obscurcit la
fille de Sion. Aux approches de la grande
fête de Pâques, on répandit partout des
écrits à notre sujet ordonnant8 que les
églises fussent rasées jusqu'aux fonde-
ments, les vêtements sacrés brûlés et
tous ceux qui portaient le nom de chré-
tiens [saisis et] jetés dans les fers9.

A Byzance, le 21e évêque fut Probus10
pendant 11 ans.

Dans l'église d'Alexandrie, le 16e
évêque fut Pierre, pendant 11 ans. — Il
fut couronné du martyre. Alors qu'il
gouvernait vertueusement l'église, la
persécution s'éleva, en l'an 3 de l'épi-
scopat du bienheureux Pierre. Quand
Dioclétien se mit à persécuter violem-
ment les chrétiens, Pierre déploya son
zèle; il encourageait tous les fidèles d'E-
gypte à persévérer dans la foi et à sup-
porter les combats. Il usait d'une grande
longanimité. En l'an 9 de la persécution,

1. C'est la date qui correspond réellement à l'avènement de Dioclétien ; mais l'auteur (sans doute
par suite des erreurs de chiffres dans les Tableaux) la met en concordance avec l'an 19 de cet empe-
reur. — 2. Cf. H. E., IX, vm: èvb; u-érpou Ttuptov SicrxiXïa; xat itîviraxoaîa; 'AxTixàç àvnxaTa).XâTTS<7Ôat.
— 3. H. a. 2322, 2323. — 4. Ms. : Elicianus. Cf. H. a. 2324, 2340. — 5. //. E., VIII, xvr. — 6.
Martinianus fut associé à l'empire par Licinius en 323. Cf. p. 201, n. 5 — 7. Constance Chlore.

8. Lire : xr'â.S (et non : sÎ-û-9). — 9. Cf. H. E., VIII, n.

10. Lire : '«oaao;3, d'après le Pseudo-Dorothée.

»

LIVRE VI. CHAP. X

A cette époque, plusieurs cédèrent à
la contrainte et succombèrent ; mais
beaucoup de martyrs choisis et coura-
geux persévérèrent jusqu'à la mort.

A cette époque, le diacre Arius fut
anathématisé par Pierre. Il fut précipité
de plus en plus dans le mal, par son
expulsion; il vomit son venin et devint
le chef d'une hérésie perverse. Il désirait
l'épiscopat, et en vue de cela il remuait
toute pierre. Or, Arius ayant été or-
donné prêtre par Achillas, successeur
de Pierre, à Alexandrie, il fut de nou-
veau anathématisé par Achillas lui-
même; et de nouveau il fit paraître son
impiété et séduisit beaucoup de gens.
Il se fit un parti d'hérétiques1.

[120] Dioclétien ayant été frappé de
maladie, vivait comme un paysan2. Il
confia l'empire à Maxim[ian]us3, son
gendre, qui fit lui-même souffrir beau-
coup de maux aux chrétiens. — Le mal
de Dioclétien s'aggrava, des ulcères se
formèrent dans ses entrailles et des abcès
dans ses membres secrets : il en sortait
des vers et une odeur fétide*. Il comprit
enfin que c'était un châtiment de Dieu, à
cause de ce qu'il avait fait aux chrétiens.
C'est pourquoi, il écrivit de tous côtés
et ordonna de laisser les chrétiens vivre

il fut couronné par le glaive. Avec lui
subirent le martyre ses prêtres Faus-
tus5, Dius et Ammonius ; et, parmi les
évêques de l'église d'Egypte : Philéas,
Hesychius et Theodorus. Quant aux
autres qui subirent le martyre, même
parmi les officiers du palais royal, dans
toute la contrée d'Egypte et à Alexan-
drie, [quant] aux prêtres et aux évêques
qui souffrirent à cette époque, à la mul-
titude des fidèles qui supportèrent cou-
rageusement la lutte du martyre à Nico-
médie, en Phénicie, enPhrygie, [120] en
Syrie, et quant à la destruction des
églises, Eusèbe de Césarée en parle suf-
fisamment dans son Livre6.

A cette époque, Yôna7, évêque d'E-
desse, jeta les fondements de la Grande
église d'Edesse 8. Yôna étant mort, il eut
pour successeur Sa'outa9, qui acheva
l'église, et elle fut appelée 'Ayîa Sofia.

Année 63410. Ensuite Edesse eut pour
évêque Aitallaha qui bâtit le côté oriental
de cette église. Il bâtit aussi le cimetière
des étrangers11.

Année 656. Ensuite vint Abraham
commeévêque d'Edesse;il bâtitle temple
de la Maison des Confesseurs13.

Année 681. Et (Barsê) bâtit le baptis-
tère l>.

1. Lacune de quelques mots. — 2. puganus. Littéralement : « circulait sous l'habit de paysan. »

— 3. Galerius Maximianus. — 4. Cf. H. E., VIII, xvr.

5. Ms. : Festus : Lire : ux>a£>coa9, //. E., VIII, xm. — 6. Hist. eccl., VIII, r-xni. — 7. Chronicon
Edess., no xn : ^ao. BH. : — 8. Cette liste des évêques d'Edesse est à comparer avec les pas-
sages correspondants du Chronicon Edessenian (B. O., I, 387 sqq.) et du Pseudo-Denys de Tell-
Mahré. Cf. Hallier, Untersuchungen ûberdie Edessenische Chronik, p. 6-9. — 9. Chr. Edess., n° xn :
a»; BH. : Lo>a. — 10. La comparaison avec le Chronicon montre que la date se rapporte à ce qui
suit. — 11. Chr. Edess., n" xiv; an. 636. Cf. p. 246. — 12. Chr. Edess., no xvrti ; an. 657. Cf. p. 270.

— 13. Chr. Edess , no xxix. BH. (Chr. eccl., I, 66) qui suit textuellement Michel insère ensuite le
nom de Barsé, il est probable qu'il y a une ligne omise dans notre ms. Cf. pp. 270 et 277.

26*

204

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

ouvertement selon leurs coutumes et
rebâtir leurs églises, et de faire cesser
la persécution. Il demandait qu'ils
priassent leur Dieu pour sa vie1. — Le
tyran Maximianus2, qui était en Orient,
ne voulait point mettre fin à la persécu-
tion contre les chrétiens, et ne pouvant
abolir l'ordre [de l'empereur], il la fît
cesser involontairement*; mais après
quelque temps il se dévoila et dit que les
dieux lui avaient révélé que les chrétiens
devaient être chassés des villes dans les
campagnes; et de cette façon la persé-
cution recommença contre nous*. Alors,
Dieu châtia le pays par la disette de pluie,
la famine et la peste, au point qu'on je-
tait dix cadavres dans une même fosse
et que le modius de froment se vendait
2700 mines5.

Ce tyran Maximianus étant occupé à
la guerre avec les Arméniens, la fureur
[de la persécution] se calma dans les
villes. Ensuite le sceptre de la justice
l'atteignit aussi ; il fut frappé d'une dure
et cruelle maladie6.

Dioclétien mourut avec Maximianus;
ils quittèrent la vie et lempire, et main-
tenant, ils sont réservés pour le juge-
ment de justice, qui rendra à chacun

Année 689. En cette année, les ortho-
doxes d'Edesse enlevèrent la Grande
église aux Ariens qui s'en étaient em-
parés injustement7.

Eulogius fut évêque d'Edesse. Il bâtit
Beit Mar Daniel, qui fut surnommé Mar
Dimit8.

Du temps de cet évêque9, on apporta
des Indes h Edesse la châsse de Mar
Thomas l'apôtre, et on la déposa dans
l'église même de Mar Thomas.

Année 723. Mar Rabboula fut évêque
d'Edesse. Il bâtit Mar Etienne, qui était
la synagogue des Juifs10.

Dans l'Eglise de Rome, le 28° évêque
fut Marcellianus11 pendant 10 ans; en-
suite, le 29e Miltiades1* pendant8 ansls.

A Antioche, le 19e fut Tyranios14.

A Jérusalem, le 39e fut Zabdas15, etle
40 : Hermon 16.

A cette époque Grégoire d'Arménie
subit le martyre ayant été condamné, à
cause du Christ, par son cousin Dartat,
roi des Arméniens17.

Dans l'Eglise de Rome, le 30e évêque
fut Sylvestre18, qui reçut, à l'âge de
30 ans, l'ordination de Miltiades. Il con-
vertit beaucoup de païens, etil prophétisa
la mort de Tarquinus, le préfet persécu-

1. Cf. H. E. VIII, xvii. — 2. Le César Maximiii. — 3. H. E., IX, 1. — 4. Cf. H. E., IX, m. —
5. Cf. ci-dessus, p. 202, n. 2. — 6. H. E., IX, vni-ix.

7. Chr. Edess., no xxxm. Cf. ci-dessous, p. 309, n. 9. — 8. Chr. Edess., n° xxxiv ; an. 689. Cf. ci-
dessous, p. 309, n. 10, et p. 321, n. 4. — 9. Chr. Edess., n° xxxviu : « du temps de Qoura »; an. 705.
Cf. ci-dessous, p. 321, n. 5. - 10. Chr. Edess., n° li. ^f. ci-dessous, p. 321, n. 9. — 11. H. a. 2313.
Ms. : Mar Minus ! Restituer : ^.ai^o^o. — 12. Ms. : Melidilos. — 13. H. a. 2321 : « Romaî XXVIIII
episcopus constituitur Eusebius mensibus VII. Post quem XXX ecclesiam tenet Miltiades ann. IIII. »
Michel omet Eusèbe. — 14. Tûpavvo;. H. a. 2319. — 15. ZaëSàç; H. a. 2316, le 37c; Arm. 2317,
le 38". —16. H. a. 2319 : le 38c, Arm. 2319 : le 39e. _ 17. Cf. ci-dessous, p. 243. — 18. SÎXSsaTpoç.
H. a. 2326.

LIVRE VI. CHAP. X

205

selon ses œuvres, sans acception de per-
sonne, et sans miséricorde.

Après ceux-ci régna Constantin, père
de [121] Constantin le Victorieux, qui
avait été empereur en Gaule du vivant
de Dioclétien. Il régna en tout 12 ans ;
il vécut 60 ans. — Fin, par la vertu de
No tre • Seigneur.

teur des chrétiens. Le lendemain,
comme celui-ci mangeait [121] un pois-
son, une arête l'étrangla et il mourut1.

L'empereur Constantin entra à Rome.
Sylvestre et tous les chrétiens prirent
la fuite devant lui*.

Et le 25 de tamouz3 (juillet) Cons-
tantin4 mourut. Il laissa l'empire à son
fils Constantin. — Fin.

Fin du sixième Livre qui comprend dix chapitres, et Vespace de 212 ans; c'est-
à-dire jusqu'à l'an 5816 depuis Adam, pendant le cycle de trente empereurs des
Romains.

1. Cf. la version syriaque des Actes de S. Sih'eslre (Land, Anecdota sacra, III, 48). — 2. Op. cit.,
p. 52-53. L'auteur, qui donne le nom de Constantin à Constance Chlore, a confondu plusieurs fois
les événements qui se rapportent à ces deux personnages. C'est ainsi qu'il attribue la légende de
la lèpre à Constance Chlore (cf. ci-dessous, p. 241) et c'est évidemment lui qu'il a en vue dans
cette phrase. — 3. Lire : c*-; (25 juill. 306). — 4. Lire ; Constance Chlore. Voir le tableau généa-
gique de la famille de Constantin à la fin du volume.

au

TABLEAUX

NOTE

sujet des

CHRONOLOGIQUES

Nous réunissons ici tous les Canons chronologiques répartis dans les six premiers Livres
de la Chronique et nous y ajoutons le tableau placé au début du VIIe Livre (p. 121 du texte),
qui complète la série empruntée à Eusèbe et qui s'arrête à l'an 20 de Constantin.

La continuation de Jacques d'Edesse sera pareillement transcrite à l'endroit où elle se ter-
mine, dans le XIe Livre de la Chronique.

La transcription de ces Canons a donné lieu à de très nombreuses fautes. Ces fautes, nous
l'avons constaté avec plaisir, ne sont pas imputables au copiste de notre manuscrit. Elles se
trouvent déjà dans l'original d'Orfa, et sont reproduites identiquement dans la version arabe du
British Muséum, ainsi que les notes marginales du scribe signalant ces erreurs (cf. ci-dessous,
p. 223, n. 8; 231, n. 9; 232, n. 9; 237, n. 4 et 9; 238, n. 1 et 8).

Nous avons restitué la partie des canons antérieure à fère chrétienne sans indiquer toutes
les corrections que nous avons dû faire. La disposition du manuscrit s'accorde tantôt avec la
version latine d'Eusèbe, tantôt avec la version arménienne; parfois elle s'écarte de l'une et de
l'autre. Nous avons adopté les restitutions qui semblaient le plus en harmonie avec le texte
de Michel, essayant de présenter les chiffres non pas toujours tels qu'ils auraient dû être,
mais do préférence, tels que l'auteur paraissait les avoir eus sous les yeux.

Contrairement à ce que l'on aurait pu croire, les erreurs sont encore plus nombreuses dans
la partie qui va de l'ère chrétienne à Constantin. Mais, d'autre part, la restitution en était
plus facile et plus sûre, à cause des indications contenues dans le texte. Nous croyons avoir
réussi, pour cette partie, à présenter exactement le tableau que Michel avait sous les yeux;
sauf, peut-être, pour la concordance des Olympiades au sujet desquelles il reste un doute (cf.
p. 238, n. 13). En effet, toutes les dates du texte concordent avec celles du tableau restitué,
à l'exception de deux ou trois qui devront être considérées comme des fautes de copistes.

La comparaison des tableaux et du texte permettra aussi de reconnaître et quelquefois de
corriger certaines erreurs de ce genre dans la partie antérieure à l'ère chrétienne. Toutes ces
divergences seront examinées et discutées, et les corrections à introduire dans le texte seront
signalées dans le chapitre de l'Introduction consacré à la Chronologie.

J.-B. Ch.

TABLEAUX CHRONOLOGIQUES DES SIX PREMIERS LIVRES

il

2

3

4

5

6

7

8

9
10

11

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13

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31

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40

41

42

43

44

1

2

3

4

5

6

7

8

9
10

43

44

45

46

47

48

49

50

51

52

22

23

24

25

26

27

28

29

30

31

Ici régna
Sémiram.
42 ans

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

21

22

23

24

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

32

33

34

35

36

37

38

39

40

41

42

43

44
45s

3. Telchin
20 ans 3

25

26

27

28

29

30

31

32

33

34

35

36

37

38

39

40

41

42

43
4i

15

16

17

18

19

20

21

22

23

24

25

26

27

28

29

30

31

32

33

34

1

2

3

4

5

6

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13

14

15

16

17

18

19

20

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1

2

3

4

5

6

7

8

9

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11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

21

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24

25

26

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28

29

30

31

32

33

34

35

36

37

38

39

40

41

42

43

44

45
	45
	35
	1
	45

46
	46
	36
	2
	46

47
	47
	37
	3
	47

48
	48
	38
	4
	48

49
	49
	39
	5
	49

50
	50
	40
	6
	50

51
	51
	41
	7
	51

52
	52
	42
	8
	52

3. Zamios
38 ans

53
	53
	1
	9
	53

54
	bi
	2
	10
	54

55
	55
	3
	11
	55

56
	56
	4
	12
	56

457
	57
	5
	13
	57

58
	58
	6
	14
	58

59
	59
	7
	15
	59

60
	60
	8
	16
	60

61
	61
	9
	17
	61

62
	62
	10
	18
	62

63
	63
	11
	19
	63

64
	64
	12
	20
	64

65
	65
	13
	21
	65

66
	66
	14
	22
	66

67
	67
	15
	23
	67

68
	68
	16
	24
	68

69
	69
	17
	25
	69

5. Telxion
52 ans s

70
	70
	18
	1
	70

71
	71
	19
	2
	71

72
	72
	20
	3
	72

73
	73
	21
	4
	73

74
	74
	22
	5
	74

75
	75
	23
	6
	75

76
	76
	24
	7
	76

77
	77
	25
	8
	77

78
	78
	26
	9
	78

79
	79
	27
	10
	79

80
	80
	28
	11
	80

81
	81
	29
	12
	81

82
	82
	30
	13
	82

83
	83
	31
	14
	83

84
	84
	32
	15
	84

85
	85
	33
	16
	85

86
	86
	34
	17
	86

87
	87
	35
	18
	87

S >

•a X

88

89

90

91

92

93

94

95

96

97

98

99
100

101

102

103

104

105

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113

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115

116

117

118

119

120

121

* s

35 "3

89

90

36

37

38

S -2

19

20

21

4. Arius
30 ans6

91

92

93

94

95

96

97

98

99
100

1

2

3

4

5

6

7

8

9
10

22

23

24

25

26

27

28

29

30

31

2. Isaïc
60 ans

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

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22

23

24

32

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34

35

36

37

38

39

40

41

42

43

44

45

15

16

17

18

19

20

25

26

27

28

29

30

46

47

48

49

50

51

5. Aralius
40 ans

21

89

90

91

92

93

94

95

96

97

98

99
100

101

102

103

104

105

106

107

108

109

110

111

112

113

114

115

116

117

118

119

120

121

1. Les chiffres des deux premiers tableaux (p. 18 et 19) sont disposés confusément. Nous rétablissons l'ordre. — 2. Le
tableau ajoute 46 contrairement au texte. — 3. Telchin et Apis sont omis dans notre copie. — 4. Page 19 du texte. —
5. Ms. : Alsîgân. Rest. : Na^x^L, ®exç!Uv. - 6. wW, "Apsioç. — 7. P. 20. La lacune de la p. 20 devait renfermer un
tableau comprenant les années 115-238; nous le suppléons d'après H., en supprimant quelques chiffres intermédiaires.

208

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

SOMME
 des années
		HÉBREUX
 Isaac
			ASSYRIENS
 Aralius
			SICYONIENS 6. Aegydrus 34 ans
			ÉGYPTIENS XVie dyn.
		SOMME des années
	HÉBREUX
 Jacob
	ASSYRIENS
 8. Belochus 35 ans
	SICY0N1EN8
 Leucippus
		ARGIENS
 Foroneus
		ÉGYPTIENS
 XV1I« dyn.
	SOMME des années
	HÉBREUX
 Jacob
	ASSYRIENS
 Baleus
	SICYONIENS
 Messapus
	a
 m <*
 Z «5
 3 -2
 5 ^ 1
 ro
		ÉGYPTIENS XVlle dyn.

122 « 125 130 135 140 145 150 155
		22 25 30 35 40 45 50 55
			2 5 10 15 20 25 30 35
			4 9 14 19 24 29 34
			122 125 130 135 140 145 150 155
		229
 230
 231
 232
 233
 234
 235
 236
 237
 238
	69
 70
 71
 72
 73
 74
 75
 76
 77
 78
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9 10
	29
 30
 31
 32
 33
 34
 35
 36
 37
 38
		19
 20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
 27
 28
		39
 40
 41
 42
 43
 44 43
 46
 47
 48
	271
 272
 273
 274
 275
 276
 277
 278
 279
	111
 112
 113
 114
 115
 116
 117
 118
 119
	8
 9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
 16
	18
 19
 20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9
		22
 23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
 30


		
			
			7. Thvrima-ohus. 45 ans
				
															
																					
	
	
	
	
		Apophis t4 ans 8

													•239
 240
 241
 242
 243
 244
 245
 246
 247
 248
 249
	792
 80
 81
 82
 83
 84
 85
 86
 87
 88
 89
	112
 12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
 21
	392
 40
 41
 42
 43
 44
 45
 46
 47
 48
 49
		292
 30
 31
 32
 33
 34
 35
 36
 37
 38
 39
		49 503
 51
 52
 53 34
 55
 56
 57
 58 593
							
156 160
		56 60
			36 40
			1
 5
			156 160
																
																					280
 281
	120
 121
	17
 18
	27
 28
	10
 11
		1
 2

des années
	a o a M « a
			& , 3
 z -g o
 S ë
 >• '<<, s S-
		en s Z -S
 z s
 O .= s» £ u s
 «g
			55 « S
 S e a
			ce .
 Z C S-
Cl, "
 s~ r-
-H ^
															
																					
	4.
 Joseph 80 ans
	
	
	
		

																					282
 283
 284
 285
 286
 287
 288
 289
 290
 291
 292
 293
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9
 10
 11
 12
	19
 20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
 30
	29
 30
 31
 32
 33
 34
 35
 36
 37
 38
 39
 40
	12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
 21
 22
 23
		3
 4
 5
 6
 7
 8
 9
 10
 11
 12
 13
 14

161 165 170 175 180 185 190
	1
 0
 10 15 20 25 30
			1
 5
 10 15
 20 25 30
		6 10 15 20 25 30 35
			1
 5 10 15 20 25 30
			161 165
 no
 175 180 185 190
	
	
	
	
		
		Armis 30 ans4
							
													250
 251
 252
 253
	90
 91
 92
 93
	22
 23
 24
 25
	50
 51
 52
 53
		40
 41
 42
 43
		15
 2
 3
 4
							

	
		7.
 Armamitrès 38 ans
				
		
		XVII» dyn. Pasteurs 103 ans
																
													
	
	
	9.
 Messapus 47 ans 6
			
	
							
191 195 200
	31
 35 40
			1
 5
 10
		36 40 45
			31 35 40
			1 5 10
									
	
	
	
	
	XVIII» dyn.
 Diopolite (i. Amosis
 25 ans)9
	
													254
 255
 256
 257
 258
 259
 260
 261
 262
 263
	94
 95
 96
 97
 98
 99
 100
 101
 102
 103
	26
 27
 28
 29
 30
 31
 32
 33
 34
 35
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9 10
		44
 45
 46
 47
 48
 49
 50
 51
 52
 53
		5
 6
 7
 8
 9
 10
 11
 12
 13
 14
							

	
			
		8.
 Leucippus 53 ans
				
		
									10 294
 295
 296
 297
 298
 299
 300
	13*°
 14
 15
 16
 17
 18
 19
	3110
 32
 33
 34 33
 36
 37
	4110
 42
 43
 44
 45
 46
 47
	2410
 25
 26
 27
 28
 29
 30
		1 10
 2
 3
 4
 5
 6
 7

201 205 210
	41
 45 50
			11
 15 20
		1 5 10
			41 45 50
			11
 15 20
															
													
	
	). Baleus1 52 ans
		
	
		
							

	
			
		1 21 Foroneus 60 ans
						
									
	
	
	10.
 ^rastus i 52 ans
	i
		

													264
 265
 266
 267
 268
 269
 270
	104
 105
 106
 107
 108
 109
 110
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
	11
 12
 13
 14
 15
 16
 17
		54
 55
 56
 57
 58
 59
 60
		15
 16
 17
 18
 19
 20
 21
							
211
 215 220 225 228
	51 55 60 63 68
			21
 25 30 35 38
		11 15 20 25 28
			1
 5 10 15 18
			21
 25 30 35 38
									301
 302
 303
 304
 305
	20
 21
 22
 23
 24
	38
 39
 40
 41
 42
	1
 2
 3
 4
 5
	31
 32
 33
 34
 35
		8
 9
 10
 11
 12

1. Page 21. — 2. Les chiffres se retrouvent d'accord avec H. ; mais dans le titre syriaque il faut corriger Belos en Belo-
chus (col. 3) et substituer Leucippus à Thurimachus (col. 4). — 3. Ms. : 30-39, au lieu de 50-59. Le scribe a recopié la

colonne voisine. — 4. H. poursuit la série des années 60-103, jusqu'à l'an 293. — 5. Titre omis. — 6. Ce titre est dé-
placé dans le ms. et se trouve en face l'an 316. — 7. Ms. : Bateus. Rest. : n»oUU> ; BaAociô;. — 8. Ms. : Apophios. — 9. Ms.
omet le nom, et ne donne que 24 ans; mais l'erreur est corrigée à l'an 318. —10. Tous les chiffres sont ici d'accord avec
H. — 11. "EpacTtoç. Ms. : Taratosisia. H et A : 46 ans.

TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI)

209

319

320

321

322

323

324

325

326

327

328

329

330

331

k s

38

39

40

41

42

43

44

45

46

47

48

49

50

4

5

6
7"

8

9

10

11

12

13

14

15

16

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20

21

22

23

24

25

26

27 «

28

29

30

31

14

15

16

17

18

19

20

21
22'

23

24

25

26

Cu g

306
	25
		43
	6
		1
	13

307
	26
		44
	7
		2
	14

308
	27
		45
	8
		3
	15

309
	28
		46
	9
		4
	16

310
	29
		47
	10
		5
	17

311
	30
		48
	11
		6
	18

312
	31
		49
	12
		7
	19

313
	32
		50
	13
		8
	20

314
	33
		51
	14
		9
	21

315
	34
		52
	15
		10
	22


	
	10.
			
	
	


	
	Altidos
			
	
	


	
	37 ans*
			
	
	

316
	35
		1
	16
		11
	23

317
	36
		2
	17
		12
	24

318
	37
		3
	18
		13
	253

Chebron
13 ans

1

2

3

4

5

6

7

8
9*

10

11

12

13

3. Amê-
nophis
21 anso

332
	51
	17
	32
	27
	1

333
	52
	18
	33
	28
	2

334
	53
	19
	34
	29
	3

335
	54
	20
	35
	30
	4

336
	55
	21
	36
	31
	5

337
	56
	22
	37
	32
	6

338
	57
	23
	38
	33
	7

339
	58
	24
	39
	34
	8

340
	59
	25
	40
	35
	9

341
	60
	26
	41
	36
	10

o ta

85 S

342

343

344

345

346

347

348

349

350

351

352

61

62

63

64

65

66

67

68

69

70

71

27

28

29

30

31

32

33

34

35

36

37

42

43

44

45

46

47

48

49

50

51

52

37

38

39

40

41

42

43

44

45

46

47

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

21

11. Ma-

mithos
25 ans11

H.Plem-
naeus
43 ans **

Mêphrès
12 ans

353

354

355

356

357

358

359

360

361

72

73

74

75

76

77

78

79

80

49

50

51

52

53

54

55

56

Servitude
d'Egypte
144 ans

362

363

364

10

11

12

10

11

12

57

58

59

10

11

12

*365

366

367

368

369

370

371

372

373

374

375

6

7

8

9

10

11

12

13

14

13

14

15

16

17

18

19

20

21

22

23

13

14

15

16

17

18

19

20

21

22

23

5.

Misphar-
mouthosis
26 ans"

60

61

62

63

64

65

66

67

68

69

70

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

376

377

378

379

380

381

382

383

384

385

386

387

388

389

390

391

392

393

394

395

396

397

398

399

400

401

" 60
t.

S -S s

c £ «

15

16

24

25

24

25

71

72

12.

Mancha-
leus
30 ans

17

18

19

20

21

22

23

24

25

26

27

28

29

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

26

27

28

29

30

31

32

33

34

35

36

37

38

73

74

75

76

77

78

79

80

81

82

83

84

85

30

31

32

33

34

14

15

16

17

18

39

40

41

42

43

86

87

89

90

12. Or-
thopolis
63 ans*»

35

36

37

38

19

20

21

22

91

92

93

94

39

40

23

24

95

96

12
11

14

15

16

17

18

19

20

21

22

23

24

25

26

6. Tuth-
mosis
9 ans 17

Ameno-
phtes
31 ans10

1. Le ms. aj. : 51 ans; H et A : 70 ans. — 2. H et A : 32 ans. — 3. Omis, par suite d'une ligne passée à l'an 305. —
4. Tous les synchronismes sont d'accord avec H à l'an 319. — 5. Le scribe ayant placé les chiffres 6 et 7 sur une même
ligne, le ms. présente une erreur d'une année dans la 3e col. jusqu'à l'an 353. — 6. Le chiffre 27 étant placé en face 328, il
en résulte dans le ms. une erreur d'un an qui se poursuit jusqu'à l'année 342. — 7. Les chiffres 22 et 9 ayant été placés à
l'an 328, il y a une erreur d'un an dans les col. 5 et 6, jusqu'à l'an 464 dans la col. 5 et jusqu'à l'an 353 dans la col. 6.
— 8.V. la note 7.— 9. 'Au.u.£vwçt;. — 10. Ici commence la version arménienne du Chronicon. — 11. Mau.yôo?; ms.':^»iflm-
los. H et A : 30 ans, qui commencent en 349. — 12. nXrjjxvaïoç. H : 48 ans; A : 45. Titre : 44 ans. — 13. Ms. : 25 ans;
mais le tableau en exige 26. De plus au lieu de 1-11, le tableau continue la série 13-23. Cf. note 16. — 14. P. 22. —
15. Kpîacro;. — 16. Sic ms. Je crois qu'il faut corriger : ^eoao>Ux>l = 'A(x,svffr]ç, et voir là une tentative de correction au
texte d'Eusèbe. V. le texte du Syncelle (E., Chr., I, 146). Au lieu de 12-26, le ms. porte 115, mais le nom suivant est à
son année régulière. Sync. : 'Aa/aXatoç.— 17. Tou6u.w<ji;.— 18. 'Op6o7io)-cç ; H ; en 395 ; A : en 397.— 19. 'AuivwqHç.

1.

27

210

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

sojime
 des années
	hébreux
 Servitude d'Egypte
	assyriens àlanchaleus
	sicyoniens Orthopolis
	argiens
 Criassus

402
	41
	25
	7
	97

403
	42
	26
	8
	98

404
	43
	27
	9
	99

405
	44
	28
	10
	100

406
	45
	29
	11
	101

407
	46
	30
	12
	102

13.

Sphaerus
20 ans *

408
	47
	1»
	13
	103
	9

409
	48
	2
	14
	104
	10

410
	49
	3
	15
	105
	11

411
	50
	4
	16
	106
	12

412
	51
	5
	17
	107
	13

413
	52
	6
	18
	108
	14

414
	53
	7
	19
	109
	15

415
	54
	8
	20
	110
	16

416
	55
	9
	21
	111
	17

417
	56
	10
	22
	112
	18

418
	57
	11
	23
	113
	19

419
	58
	12
	24
	114
	20

420
	59
	13
	25
	115
	2t

421
	60
	14
	26
	116
	22

422
	61
	15
	27
	117
	23

423
	62
	16
	28
	118
	24

424
	63
	17
	29
	119
	25

425
	64
	18
	30
	120
	26

426
	65
	19
	31
	121
	27

427
	66
	20
	32
	1223
	28

= s è
ïâ5

428

429

67

68

33

34

123

124

29

30

6.

Phorbas
35 ans 6

430

69

35

31

447
	86
	20
	52
	18
	17

448
	87
	21
	53
	19
	18

449
	88
	22
	54
	20
	19

450
	89
	23
	55
	21
	20

451
	90
	24
	56
	22
	21

452
	91
	25
	57
	23
	22

453
	92
	26
	58
	24
	23

454
	93
	27
	59
	25
	24

455
	94
	28»
	60
	26
	25

456
	95
	29
	61
	27
	26

457
	96
	30
	62
	28
	27

Orus"1
38 ans

431
	70
	4
	36
	2
	1

432
	71
	5
	37
	3
	2

433
	72
	6
	38
	4
	3

434
	73
	7
	39
	5
	i

435
	74
	8
	40
	6
	5

436
	75
	9
	41
	7
	6

437
	76
	10
	42
	8
	7

438
	77
	11
	43
	9
	8

439
	78
	12
	44
	10
	9

440
	79
	13
	45
	11
	10

441
	80
	14
	46
	12
	11

442
	81
	15
	47
	13
	12

443
	82
	16
	48
	14
	13

444
	83
	17
	49
	15
	14

445
	84
	18
	50
	16
	15

446
	85
	19
	51
	17
	16

m -s

Il

15.

Spar-
thios
40 ans 9

458

97

63

29

13. Ma-
rathios
30 ans10

459

460

98

99

30

31

28

29

30

461

462

463

464

465

466

467

468

469

n ^ "

« -2 S

¦S

3 co ha

Z d
S 3

5? ^

5 n.

100

101

102

103

32

33

34

35

31

32

33

34

U Triopas
47 ans11

104

105

106

107

9

10

11

9
10

35

36

37

38

Achenche-
res 13 12 ans

108

12

11

SOMME
 des années
	HÉBREUX
 Servitude d'Egypte
	ASSYRIENS
 Sparthios
	SICYONIENS
 Marathios
	t» 03
 w a. 3 .2
 es .s. < "
	ATHÉNIENS
 Cécrops
	ÉGYPTIENS Achencheres

470
	109
	13
	12
	6
	10
	2

471
	UO
	14
	13
	7
	11
	3

472
	m
	15
	14
	8
	12
	4

473
	112
	16
	15
	9
	13
	5

474
	113
	17
	16
	10
	14
	6

475
	114
	18
	17
	11
	15
	7

476
	115
	19
	18
	12
	16
	8

477
	116
	20
	19
	13
	17
	9

478
	117
	21
	20
	14
	18
	10

479
	118
	22
	21
	15
	19
	11

480
	119
	23
	22
	16
	20
	12

Athoros**
9 ans

481

482

483

120

121

122

24

25

26

23

24
2

17

18

19

21

22

23

1. Sçotipoç. — 2. Ms. : 31; mais par erreur. — 3. Ms. : 202-204, au lieu de : 122-124. — 4. MâfjwXoç. — 5. P. 23. —
6. «Êopêaç. Le tableau ne présente que 34 ans, par suite d'une transposition de chiffres. — 7. TQpoç ; ms. : Abârbas. —
8. 27 répété par erreur. — 9. SrcapOÉwç. — 10. Mapâôtw;. — 11. Note : Commencement de la royauté des Athéniens.
Dans VAttique le premier qui régna fut Cécropos sur l'Acta, qui est VAttique. De Cécropos jusqu'à la lTe Olympiade,
on compte 17 rois et 12 princes. Cf. E. a., 461; et ci-dessus, p. 41. — 12. Tpioua?. — 13. 'Aysvxépcviç; ms. ; Achenkedos
fille d'Oros. — 14. "AOwpiç, ms. : Athoros frère d'Achenkeros, 14 ans (à la marge).— 15. Au lieu de 1-9, le ms. continue
la série : 13-21.

TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI)

211

SOMME
 des années
	HÉBREUX
 Servitude d'Egypte
	en k a o
 < ^
	H -2
 lî
 M
	AROIENS
 Triopas
	ATHÉNIENS
 Cécrops
	ÉGYPTIENS
 Athoros
	SOMME des années
	HÉBREUX
 Moïse
	ASSYRIENS
 Ascatades
	SICYONIENS Kereus
	AKGIENS 8. Crotopos 21 ans i
	ATHÉNIENS
 Kranaos
	ÉGYPTIENS
 Acherres

484
 485
 486
 487
 488
	123
 124
 125
 126
 127
	27
 28
 29
 30
 31
	26
 27
 28
 29
 30
	20
 21
 22
 23
 24
	24
 25
 26
 27
 28
	4
 5
 6
 7
 8
	512
 513
	7
 8
	15
 16
	4
 5
	1
 2
	2
 3
	7
 8

							!
		
	
	
	
	Cherres* 15 ans


	
	
	14.
 Marathios 20 ans
	
	
	
	514
 515
 516
 517
 518
 519
	9
 10
 11
 12
 13
 14
	17
 18
 19
 20
 21
 22
	6
 7
 8
 9 10 11'
	3
 4
 5
 6
 7
 8
	4
 5
 6
 7
 8
 9
	1
 2
 3
 4
 5
 6

'489
	128
	32
	1
	25
	29
	9
							

	
	
	j
		
	Cencheres 16 ans2
							
							
	
	
	
	
	3. Am-phyction 10 ans»
	

490
 491
 492
 493
 494
 495
 496
 497
	129
 130
 131
 132
 133
 134
 135
 136
	33
 34
 35
 36
 37
 38
 39
 40
	2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9
	26
 27
 28
 29
 30
 31
 32
 33
	30
 31
 32
 33
 34
 35
 36
 37
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
							
							520
 521
 522
 523
 524
 525
 526
 527
 528
	15
 16
 17
 18
 19
 20
 21
 22
 23
	23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
 30
 31
	12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19 30
	9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
 16
 17
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9
	7
 8
 9
 10
 11
 12
 13
 14
 15


	
	16. Ascatades 40 ans a
	
	
	
	
							
							
	
	
	
	
	
	Armais 10 5 ans

498
 499
 500
 501
 502
 503
 504
 505
	137
 138
 139
 140
 141
 142
 143
 144
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
	10
 11
 12
 13
 14
 15
 16
 17
	34
 35
 36
 37
 38
 39
 40
 41
	38
 39
 40
 41
 42
 43
 44
 45
	9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
 16
							
							529
	24
	32
	21
	18
	10
	1

							
	
	
	
	
	4. Erich-thonius 50 ans"
	


	Moïse 40 ans
	
	
	
	
	Acherres 8 ans *
	530
 531
 532
	25
 26
 27
	33
 34
 35
	22
 23
 24
	19
 20
 21
	1
 2
 3
	2
 3
 4

506
 507
 508
	1
 2
 3
	9
 10 U
	18
 19
 20
	42
 43
 44
	46
 47
 48
	1
 2
 3
							
							
	
	
	
	9. Stenelos 11 ans "
	
	


	
	
	15. Kereus 55 ans»
	
	
	
							
							533
	28
	36
	25
	1
	4
	5

509
 510
	4
 5
	12
 13
	1
 2
	45
 46
	49
 50
	4
 5
							
							
	
	
	
	
	
	Ramsès 68 ans


	
	
	
	
	2.
 Kranaos 9 ans6
	
							
							534
 535
 536
 537
	29
 30
 31
 32
	37
 38 39" 40
	26
 27
 28
 29
	2
 3
 4
 5
	5
 6
 7
 8
	1
 2
 3
 4

511
	6
	14
	3
	47
	1
	6
							
1. P. 24. — 2. Xavxép'O?. Ms. : Achenkeres ; place le début en 489 et donne 17 ans. — 3. 'Affxaxaôrjî. Ms. : un autre
Sqathros. — 4. 'Axeppîj;. — 5. 'Exupevç; ms. : Qrôs. — 6. Kpavaoç. — 7. KpôrtoTco;. — 8. X£ppr,ç; ms. Acherres.— 9. 'A[x-
çixtvwv. — 10. 'ApfAat; o xa\ Aavaôç. Titre omis. — 11. 'EptxûôviOî. Titre omis. — 12. EOÉveao;. Titre omis. — 13. 'Pa[Asa-
<ty)ç. — 14. Ms. omet par erreur 38, 39.

212

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

SOMME
 des années
	a « m <s
 X a
 a
 ¦ H ~
 S
	ASSYRIKNS 17. Amyntes 45 ans'
	SICYONIENS
 Kereus
	ARGIENS
 Stenelos
	ATHÉNIENS
 Erichthonius
	t»
 K .£
 H g
 S <§
 •a
	SOMME
 des années
	HÉBREUX
 Othoniel
	ASSYRIENS
 Amyntes
	SICYONIENS
 Coracos
	tn »
 z s
 s 1
 % *
	ATHÉNIENS
 5. Pandios 5 40 ans
	ÉGYPTIENS
 Ramsès

*538
 539
 540
 541
	33
 34
 35
 36
	1
 2
 3
 4
	30
 31
 32
 33
	6
 7
 8
 9
	9
 10
 11
 12
 13
 14
	5
 6
 7
 8
	580
 581
 582
	8
 9 10
	43
 44
 45
	17
 18
 19
	37
 38
 39
	1
 0
 3
	47
 48
 49

542
 543
	37
 38
	5
 6
	34
 35
	10
 11
		9 10
	
	
	18. Belochus 6 25 ans
	
	
	
	


	
	
	
	10. Danausl 50 aii3
		
	
	
		
	
	
	


	
	
	
			
	583
	11
	1
	20
	40
	4
	50

544
 545
	39
 40
	7
 8
	36 3T
	1
 2
	15
 16
	11
 12
	584
 585
 586
 587
 588
 589 580 591
	12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
	2
 3
 4
 5
	21
 22
 23
 24
 25
 26
 27
 28
	41 '?2
 43
 44
 45
 46
 47
 48
	5
 6
 7
 8
	51
 52
 53
 54
 55
 56
 57
 58


	Josué 27 ans
	
	
	
	
	
			6
 7
 8
 9
			9
 10
 11
 12
	
546
 547
 548
 549
 550
 551
 552
	1
 2
	9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
	38
 39
 40
 41
 42
 43
 44
	3
 4
	17
 18
 19
 20
 21
 22
 23
	13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
	592
 593
	20
 21
	10
 11
	29
 30
	40 50
	13
 14
	59
 60

	3
 4
 5
 6
 7
			5
 6
 7
 8
 9
			
	
	
	17.
 Epopeus 35 ans'
	11.
 Lynceus 41 ans8
	
	

553
 554
 555
 556
 557
 558
 559
 560
 561
 562
 563
	8
 9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
	16
 17
 18
 19
 20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
	45
 46
 47
 48
 49
 50
 51
 52
 53
 54
 55
	10
 11
 12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
	24
 25
 26
 27
 28
 29
 30
 31
 32
 33
 34
	20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
 30
	594
 595
 596
 597
 598
 599
 600
 601
	22
 23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
	12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
	15
 16
 17
 18
 19
 20
 21
 22
	61
 62
 63
 64
 65
 66
 67 689

							
	
	
	
	
	
	Ménophis 40 ans1»


	
	
	16. Coracos 3 30 ans
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	

	
	
		
	
	
	602
 603
	30
 31
	20
 21
	9 10
	9 10
	23
 24
	1
 2

564
 565
 566
 567 * 568
 569
 570
 571
 572
	19
 20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
 27
	27
 28
 29
 30
 31
 32
 33
 34
 35
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9
	21
 22
 23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
	35
 36
 37
 38
 39
 40
 41
 42
 43
	31
 32
 33
 34
 35
 36
 37
 38
 39
	604
 605
 606
 607
	32
 33
 34
 35
	22
 23
 24
 25
	11
 12
 13
 14
	11
 12
 13
 14
	25
 26
 27
 28
	3
 4
 5
 6

							
	
	19. Ala-
parès 30 ans41
	
	
	
	


	
	
	
	
	
	
	"608 609 510
 611
 612
	36
 37
 38
 39
 40
	1
 2
 3
 4
 5
	
	15
 16
 17 48 19
	29
 30
 31
 32
 33
	


	Othoniel 40 ans
	
	
	
	
	
				15
 16
 17
 18
 19
			7
 8
 9
 10
 11

573
 574
 575
 576
 577
	1
 2
 3
 4
 5
	36
 37
 38
 39
 40
	10
 11
 12
 13
 14
	30
 31
 32
 33
 34
	44
 45
 46
 47
 48
	40
 41
 42
 43
 44
			
				
							
	Aod 80 ans
	
	
	
	
	

578
 579
	6
 7
	41
 42
	15
 16
	35
 36
	49
 50
	45
 46
	613
	1
	6
	20
	20
	31
	12

1. 'Afiuvr/K. — 2. P. 25. — 3. K6pa|; Ms. Qodaqos. — 4. P. 25. — 5. Ilavoiwv.— 6. Ms. Bilos. Rest. ^>a^*r>? Bifto/oc;.
— 7. 'EutoTCEu:. Nom et durée omis. — 8, AuyxEuç. Nom et durée omis. — 9. Le ms. ajoute, contrairement au titre, une
69e année. — 10. Nom et durée omis. — 11. Durée omise. — 12. P. 26.

TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI)

213

SOMME
 des années
	HÉBREUX
 Aod
	ASSYRIENS A Iparès
	SICYONIENS
 Epopeus
	ARGIENS
 Lynceus
	CO
 K 03
 a o
 •a s = «
 <
	ÉGYPTIENS Ménophis
	SOMME des années
	H
 D
 W 13 S O
 - ^
	ASSYRIENS
 Lamprides
	SICYONIENS Laomédon
	ARGIENS
 Abamôn
	ATHÉNIENS
 Erecteus
	ÉGYPTIENS J
 Sethos j

614
 615
 616
 617
 618
 619
	2
 3
 4
 5
 6
 7
	7
 8
 9
 10
 11
 12
	21
 22
 23
 24
 25
 26
	21
 22
 23
 24
 25 26.
	35
 36
 37
 38
 39
 40
	13
 14
 15
 16
 17
 18
	648 8 649
 650
 651
 652
 653
 654
 655
 656
 657
	36
 37
 38
 39
 40
 41
 42
 43
 44
 45
	11
 12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
	20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
	14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
 21
 22
 23
	29
 30
 31
 32
 33
 34
 35
 36
 37
 38
	7
 8
 9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
 16


	
	
	
	
	6.
 Erectheus 50 ans »
	
							
620
 621
 622
 623
 624
 625
 626
 627
 628
	8
 9
 10
 11
 12
 13
 14
 15 10
	13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
 21
	27
 28
 29
 30
 31
 32
 33
 34
 35
	27
 28
 29
 30
 31
 32
 33
 34
 35
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9
	19
 20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
 27
	
	
	
	
	13. Protos* 17 ans
	
	

							658
 659
 660
 661
 662
 663
 664
 665
 666
 667
 668
	46
 47
 48
 49
 50
 51
 52
 53
 54
 55
 56
	21
 22
 23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
 30
 31
	30
 31
 32
 33
 34
 35
 36
 37
 38
 39
 40
	1 -
2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9
 10
 11
	39
 40
 41
 42
 43
 44
 45
 46
 47
 48
 49
	17
 18
 19
 20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
 27


	
	
	18. Laomédon 2 40 ans
	
	
	
							
629
 630
 631
 632
 633
 634
	17
 18
 19
 20
 21
 22
	22
 23
 24
 25
 26
 27
	1
 2
 3
 4
 5
 6
	36
 37
 38
 39
 40
 41
	10
 11
 12
 13
 14
 15
	28
 29
 30
 31
 32
 33
							
							
	
	
	19. Sicyôn 41 ans 10
	
	
	

							669
	57
	32
	1
	12
	50
	28


	
	
	
	12. Abamôn 3 21 ans
	
	
	
	
	21.
 Sosarès 20 ans14
	
	
	7. Cecropos1 40 ans1^ j
	
635
 636
 637
	23
 24
 25
	28
 29
 30
	7l
 8
 9
	1
 2
 3
	16
 17
 18
	34
 35
 36
	670
 671
 672
 673
 674
	58
 59
 60
 61
 62
	1
 3
 4
 5
	2
 3
 4
 5
 6
	13
 14
 15
 16
 17
	1
 2
 3
 4
 5
	29
 30
 31
 32
 33


	
	20. Lamprides s 32 ans
	
	
	
	
							
							
	
	
	
	14. Acrisius 31 ans13
	
	

638
 639
 640
 641
	20
 27
 28
 29
	1
 2
 3
 4
	10
 11
 12
 13
	4
 5
 6
 7
	19
 20
 21
 22
	37
 38
 39
 40
							
							675
 676
 677
 678
 679
 680
 681
 682
 683
 684
 685
 686
 687
 688
 689
	63
 64
 65
 66
 67
 68
 69
 70
 71
 72
 73
 74
 75
 76
 77
	6
 7
 8
 9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
	7
 8
 9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
 21
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
	6
 7
 8
 9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
	34
 35
 36
 37
 38
 39
 40
 41
 42
 43
 44
 45
 46
 47
 48


	
	
	
	
	! XIX« dyn. « 1. Sethos ' 55 ans
								
642
 643
 644
 645
 646
 647
	30
 31
 32
 33
 34
 35
	5
 6
 7
 8
 9
 10
	14
 15
 16
 17
 18
 19
	8
 9
 10
 11
 12
 13
	23
 24
 25
 26
 27
 28
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 2
 3
 4
 5
 6
							
1. 'Epî/6su;. — 2. Le ms. inscrit ce nom par erreur dans la col. des Argiens. — 3. H. et A. : Abbas, "Aëa?. — 4. Ms. :

42-55, au lieu de 7-20. — 5. Aafj.up£8ï];. — 6. Le ms. aj. : l^.»;*»} (corr. : l.^»!30), SaîtoH, mais à tort. Lire : Diospolite.
— 7. SéOw;. — 8. P. 27. — 9. Ilpotro;. — 10. Sixvwv; H. : 45 ans. — 11. HwtrâpYi?. — 12. Ksxpo-]/. — 13. 'Axptcno;.

1.

27*

214

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

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	Debora 40 ans
	
	
	
	
	
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	Gédéon
	
	
	
		
	


	
	
	
	
	
	Ramsès 3
	
	40 ans
	
	
	
		
	


	
	
	
	
	
	66 ans
	
	
	
	
	
		
	


	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
		
	


	
	
	
	
	
	
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 27
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 32
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		9. Aegeus
	

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	15
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	737
	
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709
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	20
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	747
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	39
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	55


	
	
	
	
		
	752
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	56


	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
		
	

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	18
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	3
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	14
	
	
	
	
		
	
	

711
	19
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	43
	4
	2
	15
	
	
	
	21. Inachus
		
	
	

712
	20
	23
	44
	5
	3
	16
	
	
	
	42 ans'j
		
	
	


	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
		
	


	
	
	20.
	
	
	
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	Polybus « 40 ans
	
	
	
	
	
	
	
	
		
	


	
	
		
	
	
	
	
	
	
	
	Atreus et
	
	


	
	
		
	
	
	
	
	
	
	
		
	


	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	Thyestas ié
		
	


	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	65 ans
		
	

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	58

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	756
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718
	26
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	6
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	757
	25
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	4
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	61

719
	27
	30
	7
	12
	10
	23
	758
	26
	39
	6
	5
		24
	62

1. Aau,7tpaY)ç. — 2. P. 28. — 3. Nom et durée omis dans le ms. — 4. Note : Commencement de l'empire des Mycéniens.
— 5. Eùpucroeyç. — 6. P. 29.— 7. navStwv. Titre : 26 ans; mais le tableau n'en porte que 25, d'accord avec A. — 8. 116-
>,jooç. — 9. navjâî. Titre omis dans le ms. — 10. P. 30. — 11. Ms. : 26 répété par erreur. — 12. Aîyîuç. Ms. Gaïus,
40 ans. — 13. "Iva/oç. — 14. 'Ax-psù; xas Buéera);. Titre omis dans le ms.

TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI)

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	ATHÉNIENS
 Thésée fils de Aegeus
	ÉGYPTIENS
 Aménophis

759
 760
 761
 762
	27
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 29
 30
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 41
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 43
	7
 8
 9 10
	6
 7
 8
 9
	25
 26
 27
 28
	63
 64
 65
 66
	788
 789
 790
 791
 792
 793
 794
	13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
	5
 6
 7
 8
 9
 10
 11
	36
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 38
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 40
 41
 42
	35
 36
 37
 38
 39
 40
 41
	6
 7
 8
 9
 10
 11
 12
	26
 27
 28
 29
 30
 31
 32


	
	
	
	
	Aménophis 40 ans 1
								
763
 764
	31
 32
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	11
 12
	10
 11
	29
 30
	1
 2
	
	
	22. Faestus 1 Sans7 1
			
	

							795
 796
 797
	20
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	1
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 3
	42
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	13
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	33
 34
 35


	
	24. Sosarmos 19 ans 3
	
		
	
							
765
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 770
 771
 772
	33
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	1
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 36
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	3
 4
 5
 6
 7
 8
 9 10
	
	Jaïr 22 ans
	
	
	
	
	

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	1
 2
 3
 4
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	4
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 8
	45
 46
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	16
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 19
 20
	36
 37
 38
 39
 40


	Abhnelek 3 ans
	
	
	
	
	
	
	
	
	~23.Adras-tos 4 ans8
	
	
	Amyntès 26 ans 9

4773
 774
 775
	1
 2
 3
	9
 10
 11
	21
 22
 23
	20
 21
 22
	39
 40
 41
	11
 12
 13
	803
 804
 805
 806
	6
 7
 8
 9
	20
 21
 22
 23
	1
 2
 3
 4
	50
 51
 52
 53
	21
 22
 23
 24
	1
 2
 3
 4


	Thola 22 ans
	
	
	
	
	
							
							
	
	
	24. /Wy-
phalos 31 ans*0
	
	
	

776
 777
 778
 779
 780
 781
 782
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
	12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
	24
 25
 26
 27
 28
 29
 30
	23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
	42
 43
 44
 45
 46
 47
 48
	14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
							
							807
 808
 809
 810
	10
 11
 12
 13
	24
 25
 26
 27
	1
 2
 4
	54
 55
 56
 57
	25
 26
 27
 28
	5
 6
 7
 8

							
	
	26. Tau-tanès 31 ans'1
	
	
	
	


	
	
	
	
	Thésée fiL de Aegeus 30 ans 8
	
							
							811
 812
	14
 15
	1
 2
	5
 6
	58
 59
	29
 30
	9
 10

783
	8    j 19
		31
	30
	1
	21
							

	
	25.
 Mit hr se us 27 ans 0
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	11. Menes-
theus 23 ans»2
	

784
 785
 786
 787
	9
 10
 11
 12
	1
 2
 3
 4
	32
 33
 34
 35
	31
 32
 33
 34
	2
 3
 4
 5
	22
 23
 24
 25
							
							813
 814 "815
	16
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 18
	3
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 5
	7
 8
 9
	(10
 61
 62
	1
 2
 3
	11
 12
 13

1. Ajj.[j.îv£cp6iç. — 2. Ms. place en 763 l'an 1 de Sosarmos et par suite inscrit 21 ans au tableau, bien que le titre n'en
indique exactement que 19.— 3. Scoffapfjtoç.; ms. : Sosarômos.— 4. P. 31. — 5. ©ïjcjeoç Aîyéwç.— 6. Mtôpaïo;. A. : 25 ans.
H. : 27 ans. — 7. Titre omis. H. : Festus. S. : "Hsoucttoç. — 8. Titre omis. "ASpaertoc;. — 9. Titre omis. 'Au^evIiAYi;. —
10. no).'jqpet8ir(:. — 11. Teûtau-o;; Ms. : Moutanès.— 12. Titre omis. MsveaÔs-jç. — 13. P. 32.

216

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

somme
 des années
	hébreux
 Jaïr
	assyriens Tautanès
	sicyoniens
 Polyphalos
	mycéniens
 A treus et Thyestas
	athéniens
 Ménestheus
	égyptiens
 Amyntes
	somme des années
	hébreux
 Labdon
	assyriens /
 Tautanès
	sicyoniens
 Pelasgus
	mycéniens
 Agamemnon
	athéniens
 Démophon
	latins. Commencement de leur empire Aeneas 3 ans
	égyptiens
 XX' dyn.
 Diospolite

816
 817
 818
	19
 20
 21
	6
 7
 8
	10
 11
 12
	63
 64
 65
	4
 5
 6
	14
 15
 16
	8 839 840
	7
 8
	29
 30
	2
 3
	21
 22
	4
 5
	l9
 2
	4
 5

							
	Samson j 20 ans
		
	
	
	
	


	
	
	
	Agam en-non 35 ans *
	
	
								
							841
	1
	31
	4
	23
	6
	3
	6

819
	22
	9
	13
	1
	7
	17
								
							
	
	27. Teu taeus 40 ans <
	
	
	
	2.
 Ascanius 38 ans*'
	


	Jephté 6 ans.
	
	
	
	
	
								
820
 821
 822
 823
 824
 825
	1
 2
 3
 4
 5
 6
	10
 11
 12
 13
 14
 15
	14
 15
 16
 17
 18
 19
	o
 3
 4
 5
 6
 7
	8
 9
 10
 11
 12
 13
	18
 19
 20
 21
 22
 23
	842
 843
 844
	2
 3
 4
	1
 2
 3
	5
 6
 7
	24
 25
 26
	7
 8
 9
	1
 2
 3
	7
 8
 9

							845
 846
 847
 848
 849
 850
 851
 852
 853
	5
 6
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 8
 9
 10
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	4
 5
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 7
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 11
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	8
 9
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 11
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 16
	27
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 32
 33
 34
 35
	10
 11
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 18
	4
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 7
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 9
 10
 11
 12
	10
 11
 12
 13
 14
 15
 16
 17
 18


	Hesbon 7 ans
	
	
	
	
	
								
826
 827
 828
	1
 2
 3
	16
 17
 18
	20
 21
 22
	8
 9
 10
	14
 15
 16
	24
 25
 26
								

	
	
	
	
	
	Thuoris 7 ans»
	
	
	
	
	Orestes 7 ans1*
	
	
	

829
 830
 831
 832
	4
 5
 6
 7
	19
 20
 21
 22
	23
 24
 25
 26
	11
 12
 13
 14
	17
 18
 19
 20
	1
 2
 3
 4
	854
 855
 856
 857
	14
 15
 16
 17
	13
 14
 15
 16
	17
 18
 19
 20
	1
 2
 3
 4
	19
 20
 21
 22
	13
 14
 15
 16
	19
 20
 21
 22


	Labdon
 8 ans
	
	
	
	
	
	
	
	
	26. Zeu-xippus 31 ans'3
	
	
	
	

833
 834
 835
	1
 2
 3
	23
 24
 25
	27 3
 28
 29
	15
 16 17*
	21
 22
 23
	5
 6
 7
								
							858
 859
 860
	18
 19
 20
	17
 18
 19
	1
 2
 3
	5
 6
 7
	23
 24
 25
	17
 18
 19
	23
 24
 25


	
	
	
	
	12.
 Démophon 33 ans»
	XX« dyn.
 Diospolite 178 anse
								
							
	Héli 40 ans
	
	
	Tsame-
nes 55 ans
	
	
	

836
 837
	4
 5
	26
 27
	30
 31
	18
 19
	1
 2
	1
 2
								
							861
 862
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 867
 868
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
	20
 21
 22
 23
 24
 25 20 27
	4
 5
 6
 7
 8
 9
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 11
	1
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 3
 4
 5
 6
 7
 8
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 27
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 30
 31
 32
 33
	20
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 24
 25
 26
 27
	26
 27
 28
 29
 30
 31
 32
 33


	
	
	25. Pelasgus 20 ans
	
	
	
								
838
	6
	28
	1
	20
	3    I 3 1
									
1. Ms. : 23 dans le titre; mais 35 dans le tableau. — 2. ©ovwpt'ç. — 3. Ms. : 17-21, au lieu de 27-31. — 4. H. ne

poursuit la col. des Mycéniens que jusqu'à l'an 835. — 5. Titre omis. Ar^ocpwv. — 6. Ms. : Manethus, 178; c'est un
reste du titre d'Eusèbe : « Ex tertio tomo Manethonis ». Le titre est correctement écrit en haut du tableau de la p. 33.

— 7. nEAatryôî. — 8. P. 33. — 9. Ici se rapporte la note insérée dans le texte; ci-dessus, p. 56, 1. 25. — 10. Te'jtqlïoç.

— 11. 'Aaxâvioç. — 12. 'OpÉtTTr,?. — 13. ZÊyijtTnro;. Ms. : Aukios,

tableaux chronologiques (livres i-vi)

217

somme
 des années
	hébreux
 Héli
		assyriens Teutaeus
	sicyoniens
 Zeuxippus
	mycéniens
 Tsamenès
	athéniens
 13. Oxyntés 12 ans1
	Aseanius
	égyptiens
 XXe dyn.
	somme des années
	hébreux Samuel et Saùl 40 ans'*
		assyriens
 Othinaeus
		mycéniens
 Tsamenès
		athéniens
 Melanthus
		latins
 Aeneas
		égyptiens
 XX» dyn.
	
869
 870
 871
 872
 873
 874
 875
 876
 877
 878
 879
	9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
 16
 n
 18
 19
		28
 29
 30
 31
 32
 33
 34
 35
 36
 37
 38
	12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
 21
 22
	9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
 16
 17 •18 19
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9
 10
 11
	28
 29
 30
 31
 32
 33 35
 35
 36
 37
 38
	34
 35
 36
 37
 38
 39
 40
 41
 42
 43
 44
	901
 902
 903
 904
 905
 906
 907
 908
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
		20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
 27
		41
 42
 43
 44
 45
 46
 47
 48
		12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
		22
 23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
		66
 67
 68
 69
 70
 71
 72
 73
	
									
	
		
		
		
		4.
 Aeneas 31 ans13
		
	

	
		
	
	
	
	3.
 Sylvius 29 ans8
	
													
									909
 910
 911
	9
 10
 11
		28
 29
 30
		49
 50
 51
		20
 21
 22
		1
 2
 3
		74
 75
 76
	
880
	20
		39
	23
	20
	12
	1
	45
													
									
	
		29. Dercylus 40 ans '*
		
		
		
		
	

	
		
	
	
	14.
 Aphidas 1 an3
	
	
													
									912
 913
 914
 915
	12
 13
 14
 15
		1
 2
 3
 4
		52
 53
 54 5515
		23
 24
 25
 26
		4
 5
 6
 7
		77
 78
 79
 80
	
881
	21   | 40
			24
	21
	1
	2     | 46 1
														

	
	28. Othinaeus 30 ans4
		
	
	In. Thy-moites 8 ans5
	
	
													
									ta
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882
 883
 884
 885
 886
 887
 888 7 889
	22
 23
 24
 25 20
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 28
 29
		l6
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
	25
 26
 27
 28
 29
 30
 31 8
	22
 23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8°
	3
 4
 5
 6
 7
 8
 9 10
	47
 48
 49
 50
 51
 52
 53
 54
													
									18916
 917
 918
 919
 920
 921
 922
 923
 924
 925
 926
	16
 17
 18
 19
 20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
	5
 6
 7
 8
 9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
		1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9 10
		1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9
 10
 11
		27
 28
 29
 30
 31
 32
 33
 34
 35
 36
 37
		8
 9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
		81
 82
 83
 84
 85
 86
 87
 88
 89
 90
 91


	
		
	
	
	16. Melanthus 37 ans 10
	
	
													
890
 891
 892
 893
 894
 895
 896
 897
 898
 899
 900
	30
 31
 32
 33
 34
 35
 36
 37
 38
 39
 40
		9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
	
	30
 31
 32
 33
 34
 35
 36
 37
 38
 39
 40
	1 14
 2
 3
 4
 0
 6
 7
 8
 9
 10
 11
	11
 12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
 21
	55
 56
 57
 58
 59
 60
 61
 62
 63
 64
 65
													
									
	
	
		
		
		17.
 Codrus 21 ans Jo
		
		

									927
 928
 929
 930
	27
 28
 29
 30
	16
 17
 18
 19
		11
 12
 13
 14
		12
 13
 14
 15
		1
 2
 3
 4
		19
 20
 21
 22
		92
 93
 94
 95

1. 'OÇyvTY)ç; Ms. : Amsktes. — 2. SiXoytoc;. — 3. 'Aopdôaç;. Titre omis. L'erreur est corrigée dans le tableau à l'an 889
par l'addition d'une 9" année au roi suivant. — 4. ©tvaïo;. — 5. Ms. : Aqolotes. Rest. : "v^axiot, ©uu.oÎty]ç. — 6. Ms. :
41-48, au lieu de 1-8. — 7. L'an 889 est répété par erreur dans le ms. — 8. Ici se rapportent les notes sur la fin de
l'empire des Sicyoniens et des Érechtides (texte, p. 32; traduct., p. 56). — 9. Ici se rapporte la note relative aux Athé-
niens (mêmes pages). — 10. MsAavOoc;. Titre omis. — 11. Le ms. continue la série des annéee 9-34, au lieu de 1-26. —
12. Titre placé à tort à la col. 3.— 13. H. : JEneas Sylvius. — 14. Aepxy).oc;. Ms. : Armaios. Rest. u>o<&>.o3i|}. —15. Ici se
rapportent les notes insérées plus haut dans le texte (texte, p. 35; trad., p. 58). — 16. 'AX^ty]ç. — 17. 'EupudOeû;. —
18. P. 35. — 19. KôSpoç; ms. : Kodlos.

I.

28

218

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

1 *
 M
 ¦a
	S « 5 «
 ¦s
 sa
	assyriens
 Dercylus
	corinthiens Aletès
	lacedemon.
 Eurustheus
	athéniens
 Codrus
	latins
 Aeneas
	égyptiens XX» dyn.
	somme
 des années
	hébreux
 David
		assyriens
 Eupalès
	corinthiens Ixion
	lacedemon. 3. Echistratus 35 ans 8
	athéniens
 Médon
	latins
 Latinus
	égyptiens XX» dyn.

931
 932
 933
 934
 935
 936
 937
 938
 939
	31
 32
 33
 34
 35
 36
 37
 38
 39
	20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
 27
 28
	15
 16
 17
 18
 19
 20
 21
 22
 23
	16
 17
 18
 19
 20
 21
 22
 23
 24
	5
 6
 7
 8
 9
 10
 11
 12
 13
	23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
 30
 31
	96
 97
 98
 99
 100
 101
 102
 103
 104
	959
 960
 961
 962
 963
 964
 965
 966
 967
	19
 20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
 27
		8
 9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
 16
	8
 9
 10
 11
 12 ¦3
 14
 15
 16
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9
	12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
	20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
 27
 28
	124
 125
 126
 127
 128
 129
 130
 131
 132


	
	
	
	
	
	5.
 Latinus 50 ansl
	
	
	
		
	
	
	2.
 Acastus 36 ans»
	
	

940
	40
	29
	24   J 25
		14
	1
	105
									
								968
 969
 970
 971
 972
 973
 974
 975
 976
 977
 978
 979
 980
	28
 29
 30
 31
 32
 33
 34
 35
 36
 37
 38
 39
 40
		17
 18
 19
 20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
	17
 18
 19
 20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
	10
 11
 12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
 21
 22
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9
 10
 11
 12
 13
	29
 30
 31
 32
 33
 34
 35
 36
 37
 38
 39
 40
 41
	133
 134
 135
 136
 137
 138
 139
 140
 141
 142
 143
 144
 145


	i. David 40 ans 2
	
	
	
	f
	
	
									
941
 942
 943
 944
 945
 946
 947
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
	30
 31
 32
 33
 34
 35
 36
	25
 26
 27
 28
 29
 30
 31
	26
 27
 28
 29
 30
 31
 32
	15
 16
 17
 18
 19
 20
 21
	2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
	106
 107
 108
 109
 110
 111
 112
									
						
		
	2.
 Salomon 40 ans
		
	
	
	
	
	


	
	
	
	
	1. Médon 20 ans s
	
	
									
948
 949
 950
 951
	8
 9
 10
 11
	37
 38
 39
 40
	32
 33
 34
 35
	33
 34
 35
 36
	1
 2
 3
 4
	9
 10
 11
 12
	113
 114
 115
 116
	981
 982
 983
 984
 985
 986
 987
 988
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
		30
 31
 32
 33 3t
 35
 36
 37
	30 21
 32
 33
 34
 35
 36
 37
	23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
 30
	14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
 21
	42
 43
 44
 45
 46
 47
 48
 49
	146
 147
 148
 149
 150
 151
 152
 153

1
		30. Eu-pales 38 ans*
	2. Ixion 37 ans 5
	
	
	
	
									
«952
 953
 954
 955
 956
 957
	12
 13
 14
 15
 16
 17
	1
 2
 3
 4
 5
 6
	1
 2
 3
 4
 5
 6
	37
 38
 39
 40
 41
 42
	5
 6
 7
 8
 9 10
	13
 14
 15
 16
 17
 18
	117
 118
 119
 120
 121
 122
	
	
		
	3.
 Agelaus 37 ans1"
	
	
	
	

								989
	9
		38
	1
	31
	22
	50
	154

								
	
	31. Laos-thènes 45 ans11
		
	
	j6. Albas 39 ans1*
		


	
	
	
	. Aegis i an'
	
	
	
									
								990
 991
	10
 11
		1
 2
	2
 3
	32
 33
	23
 24
	1
 2
	155
 156

958   | 18
		7
	7
	1
	11
	19
	123
									
1. H. de même; A. : Eneas Syluas.— 2. A côté, cette note : Le premier roi des Juifs, David,régna 40 ans.— 3. MlSwv.
Titre omis. Il était formé par cette note marginale : « Les rois des Athéniens ont duré pendant 48 i ans jusqu'au roi
Codrus, Quand le roi Codrus fut tué, il y eut alors à Athènes des princes qu'on appelait « à vie ». Le premier fut Mé-
don, fils de Codrus » (cf. ci-dessus, texte p. 36; trad. p. 42). — 4. Eùit<kxy.rlz. Ms. : Mapilgos. — 5. 'IS-ïwv. — 6. P. 36.
— 7. "Apyi;. Titre omis. — 8. 'ExéorpaTo;. Titre omis. — 9. "AxatjTOc;.— 10. 'Ayé/a;. Dans notre ms., une 38e année ayant
été inscrite à tort à Ixion, Agelaus est placé à Tan 990. — 11. Aaoo-Olvrjî. Ms. : Goustenès. — 12. H. : Alba Sylvius.

TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI)

219

994
	14
	5
	6
	1
	27
	5
	159

995
	15
	6
	7
	2
	28
	6
	160

996
	16
	7
	8
	3
	29
	7
	161

997
	17
	8
	9
	4
	30
	8
	162

998
	18
	9
	10
	5
	31
	9
	163

999
	19
	10
	11
	6
	32
	10
	164

1000
	20
	11
	12
	7
	33
	11
	165

1001
	21
	12
	13
	8
	34
	12
	166

1002
	22
	13
	14
	9
	35
	13
	167

1003
	23
	14
	15
	10
	36
	14
	168

992

993

< ta

12

13

34

35

25

26

4. Labotes
37 ans'

3. Ar-
Chippus
19 ans*

31004
	24
	15
	16
	11
	1
	15
	169

1005
	25
	16
	17
	12
	2
	16
	170

1006
	26
	17
	18
	13
	3
	17
	171

1007
	27
	18
	19
	14
	«
	18
	172

1008
	28
	19
	20
	15
	5
	19
	173

1009
	29
	20
	21
	16
	6
	20
	174

1010
	30
	21
	22
	17
	7
	21
	175

1011
	31
	22
	23
	18
	8
	22
	176

1012
	32
	23
	24
	19
	9
	23
	177

1013
	33
	24
	25
	20
	10
	24
	178

157

158

5 3 «> E
. =- S

1014
	31
	25
	26
	21
	11
	25
	1

1015
	35
	26
	27
	22
	12
	26
	2

1016
	36
	27
	28
	23
	13
	27
	3

1017
	37
	28
	29
	24
	14
	28
	4

1018
	38
	29
	30
	25
	15
	29
	5

1019
	39
	30
	31
	26
	16
	30
	6

1020
	408
	31
	32
	27
	17
	31
	7


								
SOMME des années
	juda 3. Roboam 17 ans
	ISRAËL
 1. Jéroboam 22 ans
	ASSYRIENS
 Laosthenès
	a ^ — « x «
 s
 ce -"3 O
 o
	LACÉDÉMON-.
 Labotes
	ATHÉNIENS
 Archipms
	LATINS
 Albas
	ÉGYPTIENS
 S menais

1021
 1022
	1
 2
	1
 2
	32
 33
	33
 34
	28
 29
	18
 19
	32
 33
	8
 9

, s

-a o
.s e

—. sv >

5 '5 b

•a t 18

a h =

s- :s

5^

S "5
£ a

1023

1024

1025

34

35

36

35

36

37

30

31

32

34

35

36

10

11

12

Prumnis
35 ans'

1026

1027

1028

37

38

39

33

34

35

37

38
39°

13

14

15

7. Aegyptus
Sylvius
26 ans 10

1029

1030

9
10

9
10

40

41

36

37

16

17

5.

Dorysthus
29 ans "

«1031

1032

1033

1034

11

12

13

14

11

12

13

14

i> 2

43

44

45

9

10

11

12

18

19

20

21

32. Per-
tiadès
30 ans13

1035

1036

1037

15

16

17

15

16

17

10

11

12

13

14

15

22

23

24

4. Abia
3 ans

1038

1039

18

19

13

14

16

17

10

11

25

26

Su sen-
nes
41 ans14

1040

20

15

10

18

12

1. Arxêûi~r,i. Ms. : Labortius, 34 ans (corr 37). Dans le tableau les chiffres 7 et 29 ayant été passés, le dernier chiffre
se trouve être 39, au lieu de 37. — 2. 'Ap^nuroç. Titre omis. — 3. P. 37. — 4. XXIe dynastie. EaivSic;. — 5. Ms. : 41 : par
suite d'une erreur du copiste qui a écrit 21-22 sur la même ligne.— 6. ©épairoto:. — 7. npOjAVï):;. Ms., à tort : Aigialeus.
— 8. P. 38. — 9. Ms. : 40, par suite de l'inscription des chiffres 9-10 sur la même ligne. — 10. Ms. : Aphotos Silua-
nios, 26 ans; Arm. : Epistus Siluas, 26 ans. H. : Aegyptus Silvius, 24 ans. La divergence entre H et A continue jus-
qu'à Romulus (ann. 1265). Le titre est répété dans le ms. aux ann. 1026 et 1029. — 11. AôpuaGoç. — 12. Lacune dans la
vers. arm. de 1031 à 1099. — 13. IIspT'.âSYiî. — 14. Toutrlvvr,;. — 15. Une 4e année ayant été inscrite par erreur au ta-
bleau, l'an 1 d'Asa a été placé à l'an 1042, et cette erreur d'une année se répète pour les autres rois de Juda jusqu'à la fin.

220

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

SOMME
 des années
	a
 es
 25
	ISHAEL
 Jéroboam
	ASSYRIENS
 Pertiadès
	CORINTHIENS
 Prumnis
	S5 e» O 3
 S <: •a
 c
 •w k
	ATHÉNIENS
 Tersippus
	LATINS
 Aegyptus Sylvius
		ÉGYPTIENS
 Susennes
	SOMME
 des années
	JL'DA Asa
	ISRAËL
 Basa
	s
 •SI 0>
 - « 2 5
 >. ¦« a
 ce O ~'
	CORINTHIENS Bacchis
	LACEDEMON.
 Agesilaûs
	ATHÉNIENS
 For bas fils de Tersippus
	LATINS
 Capus Silvius
	ÉGYPTIENS
 Susennes

1041
 1042
	1
 2
	21
 22
	7
 8
	16
 17
	11
 12
	19
 20
	13
 14
		2
 3
	1065
 1066
 1067
 1068
	25
 26
 27
 28
	21
 22
 23
 24
	1
 2
 3
 4
	5
 6
 7
 8
	6
 7
 8
 9
	2
 3
 4
 5
	11
 12
 13
 14
	26
 27
 28
 29


	
	2.
 Nadab 2 ans
	
	
	
	
	
		
									
										
	
	4. Ela 2 ans
	
	
	
	
	
	

1043
 1044
	3
 4
	1
 2
	9 10
	18
 19
	13
 14
	21
 22
	15
 16
		4
 5
									
										1069
 1070
	29
 30
	1
 2
	5
 6
	9 10
	10
 11
	6
 7
	15
 16
	30
 31


	
	3.
 Basa 24 ans
	
	
	
	
	
		
									
										
	b
	. 'Amri 12 ans
	
	
	
	
	
	

1045
 1046
 1047
 1048
 1049
 1050
 1051
 1052
 1053
 1054
	5
 6
 7
 8
 9
 10
 11
 12
 13
 14
	t
 2
 3
 4 6
 6
 7
 8
 9
 10
	11
 12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
	20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
	15
 16
 17
 18
 19
 20
 21
 22
 23
 24
	23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
 30
 31
 32
	17
 18
 19
 20
 21
 22
 23
 24 23 26
		6
 7
 8
 9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
	1071
 1072
 1073
 1074
 1075
 1076 71077
 1078
 1079
 1080
	31
 32
 33 31
 35
 36
 37
 38
 39
 40
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9 10
	7
 8
 9
 10
 11
 12
 13
 14
 15
 16
	11
 12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
	12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
 20
 21
	8
 9 10 U
 12
 13
 14
 15
 16
 17
	17
 18
 19
 20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
	32
 33
 34
 35
 36
 37
 38
 39
 40
 41


	
	
	
	
	
	
	. Capus Silvius 28 ans2
		
	
	
	
	
	
	
	
	
	Vepher-cherès 4 ans 8

1055
 1056
 1057
 1058
	15
 16
 17
 18
	11
 12
 13
 14
	21
 22
 23
 24
	30
 31
 32
 33
	25
 26
 27
 28
	33
 34
 35
 36
	1
 2
 3
 4
		16
 17
 18
 19
	1081
	41
	11
	17
	21
	22
	1
 18   j 27
		1

										
	6. Josaphat 25 ans
	
	
	
	
	
	
	

1059
	19
	15
	25
	34   | 29
 i
		37
	5
		20
									
										1082
	1
	12
	18
	22
	23
	19
	28
	2


	
	
	
	
	6. Age-silaus 44 ans 3
	
	
		
									
										
	
	6.
 Achab 23 ans
	
	
	
	
	9. Car-pentus 13 ans
	

1060
	20
	16
	26
	35
	1
	38
	6
		21
									
										1083
 1084
	2
 3
	1
 2
	19 2ii
	23
 24
	24
 25
	20
 21
	1
 2
	3
 4


	
	
	
	5.
 Bacchis 35 ans *
	
	
	
		
									
										
	
	
	34. Ofra tanès 50 ans
	
	
	
	
	Aménophtès 9 ans9

1061
 1062
 1063
	21
 22
 23
	17
 18
 19
	27
 28
 29
	1
 2
 3
	2
 3
 4
	39
 40
 41
	7
 8
 9
		22
 23
 24
									
										1085
 1086
 1087
 1088
 1089
 1090
 1091
 1092
 1093
	4
 5
 6
 7
 8
 9
 10
 11
 12
	3
 4
 5
 6
 7
 8
 9
 10
 11
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9
	25
 26
 27
 28
 29
 30
 31
 32
 33
	26
 27
 28
 29
 30
 31
 32
 33
 34
	22
 23
 24
 25
 26
 27
 28
 29
 30
	3
 4
 5
 6
 7
 8
 9
 10
 11
	1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
 9


	
	
	
	
	1
	>. [Forbas fils de]
 Tersippus 3l ans 5
		
	
									
1064
	24
	20
	30
	4
	5
	1
	10
		25
									
1. P. 39- — 2. KdmiTOc; Ei/oûïoç. — 3. 'Ayriailaos; rest. : ^clLoa^J. — 4. Bâx'/tç. Note du ms. : De celui-ci les [rois] corinthiens sont appelés Bacchides. Cf. H. a. 1061. — 5. *ôp6aç ©epo-îimou. — 6. 'Oçpaxaïoç. — 7. P. 40. — 8. Necpep-Xeprjc;. — 9. 'Ajisvwcpôîç.
																		
TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI)

221

somme
 des années
	juda Josaphat
	israël
 Achab
	t/} <>>
 £ «
 cr. <_
 ce
 <
	corinthiens
 Bacchis
	lacédémon.
 Agesilaiis
	athéniens
 Forbas fils de Tersippus
	latins
 Carpentus
	égyptiens
 Osochor 6 ans J
	somme des années
	juda
 8. Ochozias 1 an
	israël
 Joram
	assyriens
 Ofratanès
	corinthiens
 Agé las
	lacédémon.
 Archelaûs
	cfi
 z A si ^
 < ^
	latins
 Agrippa
	égyptiens
 Pisennes

1094
	13
	12
	10
	34
	35
	31
	12
	1
	1115
	1
	9
	31
	20
	12
	21
	12
	7


		
	
	
	
	0. Mégaclès 30 ans -
	
	
	
	9.
 A t halte 7 ans
	
	
	
	
	
	
	

1095
	14
	13
	11
	35
	36
	1
	13
	2
	1116
 1117
 1118
	1
 o
 3
	10
 11
 12
	32
 33
 34
	21
 22
 23
	13
 14
 15
	22
 23
 24
	13
 14
 15
	8
 9 10


		
	
	6.
 Aaélas 30 ans a
	
	
	10. 77-
berius 8 ans4
	
									
									
	
	9. Jéhu 28 ans
	
	
	
	
	
	

1096
 1097
 1098
 1099
	15
 16
 17
 18
	14
 15
 16
 17
	12
 13
 14
 15
	1
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	7. Dio-(/netus 28 ans10
	
	


	
	
	
	
	7. Ar-chelaiis 60 ans 0
	
	il.
 Agrippe 41 ans'
	
									
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	7. Ocho zias 2 ans
	
	
	
	
	
	
									
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	7.
 Joram 8 ans
	».
 Joram 12 ans
	
	
	
	
	
	
									
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 1108
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	33. Acra pakès 42 ans f2
	
	
	
	
	


	
	
	
	
	
	
	Pisen-1 nés j35 ans9
										
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1. 'Otro/wp. Titre omis. — 2. MsyaxArjç. Titre omis. — 3. 'AyÉXaç. Titre omis. — 4. Tigipio;. Titre omis. — 5. Vivcr/r,;. — 6. 'ApxiXauç. -r-7. Omis. —8. P. 41. — 9. •JVjtrsvvY];. — 10. Ai6yvy)toç. — 11. E-jo\]u.oç. — 12. 'Axpayav*];. — 13. P. 42.
																	
I.

22;2

pHtîONiCiUË DÉ MICHEL LE SYRIEN

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	10. Joacha 17 ans
	
	
	
	
		
	
									
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	1
	13
	16
	7
	29
	1
	29
	13

1. Sïaôyxwfft;; ms. : Consosis. — 2. 'Apé(i.oyXoç. — 3. P. 43. — 4. Titre omis. — 5. 'Api<7TOfiY)8/)ç. Titre omis. — 6. $y)-
ps'-dîj;. Titre omis. — 7. Titre omis. — 8. Titre omis. — 9. TtJXsxào;. Titre omis. — 10. H. : Aventinus Silvius. Titre
omis. — 11. 'Offwpôtiiv. Titre omis.— 12. Nouvelle lacune dans l'Arménien, de 1167 à 1220. — 13. 'Aptçpwv. Titre omis.
— 14. ©wvo;; ms. : n»aso| Amos; rest. : uaoaioL. — 15. P. 44. — 16. TaxéXwOiç. — 17. 'Ay^wv. Titre omis.— 18. Titre
omis. — 19. ©scrmsyç. Titre omis.

TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 2*3

SOMME
 des années
	JUDA
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		ISRAËL
 Jéroboam
		ASSYRIENS
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	CORINTHIENS
 Agémon
	LACÉDÉMON.
 Teleclus
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 Teleclus
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 Thespieus
	LATINS 14. Procas Sils vius 21 ans*
	z vS
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 1194
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 4
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 31
 32
 33
	1
 2
 3
 4
	1201
	10
		22
		5
	16
	38
	10
	1
	9

													
	
		
		
	10. AU
 xandre 25 ans
	
	
	
	


	
		
		MÈDES 1.
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 1203
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 12
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 24
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 1199
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SOMME
 des années
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	ATHÉNIENS
 Thespieus
		LATINS Procas Silvius
		ÉGYPTIENS 1 Petubastis
		1. ïl£Tovêdc<m;. — 2. Note : Ici finit l'empire des Assyriens qui dura 1196 ans (ms. : 196), et le pouvoir passa aux M'è'des quand commença à régner Ar-bacès, leur premier roi. Cf. H. a. 1198.— 3. 'Apëâxoç. —4. rkp-xà; StXou't'o;; ms. : Pherecleas. Ms. : 23 ans, dans le titre et dans   le tableau.   H   a atissi 23  ans, mais A :   21  ans. Ce chiffre   rétablit  l'accord entre les tableaux et le texte. H et A placent l'an 1 de Romulus en 1265 (H ayant 24 ans,  et A 26 ans pour Egyptus Silvius). Par suite de l'addition des années 22-23,   toutes les dates des rois romains postérieurs sont en retard de 2 ans dans notre ms., jusqu'à l'an 1505, et la  lre année des  consuls se trouve   en   concordance avec l'an 14 de Darius. — 5. Ms. : 17-18, au lieu de 1-2. — 6. Note : En l'an 3 d'Alexandre, roi des Corinthiens, s'éleva le premier roi des Macédoniens, Caranus, pendant 28  ans. Koépavo;. — 7. 'A),xauivr]ç. Ms. : Alménès.
 — 8. P. 45. Note : Il y a différentes erreurs dans ces calculs.
 — 9.   'OaopOaiv (Hercule). — 10.   'Aya"vyi<7Twp.   —  11. Titre omis. — 12. "Au.o0}-<>ï StXo'ji'oç. Titre omis.
				
81204
 1205
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1219
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		28
 29
		40
 41
		23
 24
		16
 17
		18
 19
		16
 17
	1
 2
		19
 20
		2
 3
						

		
		13. Za-
charias et Sellum 11
		
		
		
		
	
		
		
						
1221
		30
		
				18
		20
		18
	3
		21
		4
						

		
		14. Ma-
nahem 10 ans11
		
		
		
		
	
		15. Amu-
1ns Silvius 43 ans13
		
						
1222
 1223
 1224
		31
 32
 33
		1
 2
 3
		26
 27
 28
		19
 20
 21
		21
 22
 23
		19
 20
 21
	4
 5
 6
		1
 2
 3
		5
 6
 7
						
23'i CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

a
 53
 O
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	des années
	juda
 Azarias
	israël
 Manahem
	O
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	MACÉDONIENS
 Caranus
	CORINTHIENS
 A lexandre
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	s. ~ z o w "55 z ~ 'S 3
	— Si;
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	1. Ewaap(j.o?. Titre omis. — 2. Te/étrrï);. Titre omis. — 3. M/a[A-

1225
 1226
		34 33
	4
 5
	1
 2
	22
 23
	24
 25
	22
 23
	7
 8
	4
 5
	8
 9
	[xo0:. Titre omis. — 4. Titre omis. — 5. Koïï)o;. Titre omis.


	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	— 6. Bô^/topi;. Titre omis. —


	
	
	
	
	
	11. Teles-tus. 1 i ans 2
	
	
	
	Psnnimus 10 ans3
	7. Ici se rapporte la note sur la fin de l'empire des Corin-


	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	thiens (ci-dessus, p. 79, 1. 10). — 8. "Apôvffo;. Titre omis. Cf. ci-dessus, p. 78, l.pen. — 9. Aîa-/•jXoç. Titre omis. — 10. Ici se rapporte la note relative à la fin de l'empire des Lacédémoniens,

1227
 1228
 1229
 1230
 1231
		36
 37
 38
 39
 40
	6
 7
 8
 9 10
	3
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 5
 6
 7
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 5
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	9
 10
 11
 12 1 i
	6
 7
 8
 9
 10
	1
 2
 3
 4
 5
	

	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	

	
	
	15. Phacéia 10 ans4
	
	2. Cœnvs 12 ans5
	
	
	
	
	
	transcrite dans le texte. Ci-dessus, p. 79,1. 8. — 11. P. 47.

1232
 1233
 1234
 1235
 1236
		41
 42
 43
 44
 43
	1
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 3
 4
 5
	8
 9
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 11
 12
	1
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 3
 4
 5
	6
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 8
 9 10
	29
 30
 31
 32
 33
	14
 15
 16
 17
 18
	11
 12
 13
 14
 15
	6
 7
 8
 9 10
	— 12. Ms. : Joram, fils d'Osias.
 — 13. Tûp[xo(ç.


	
	
	
	
	
	
	
	
	
	Bocchoris
	


	
	
	
	
	
	
	
	
	
	44 ans0
	

1237
 1238
		46
 47
	6
 7
	13
 14
	6
 7
	11
 127
	34
 35
	19
 20
	16
 17
	1
 2
	


		
	
	
	
	LYDIENS 1. Ardy-
sus 36 ans8
	
	12. Eschyle 23 ans9
	
	
	

1239
 1240
		48
 49
	8
 9
	15
 16
	8
 9
	1
 2
	36
 37 10
	1
 2
	18
 19
	3
 4
	

OLYMPIADES
	SOMME
 des années
		juda
 Azarias ou Ozias
	j Si-< «
 e «
 Cfi
 - a,
	MÈDES
 Sosarmos
	MACÉDONIENS
 Cœnus
	en m Z B td w
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	.ATHÉNIENS
 Eschyle
	Z -5
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	«j c
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 S" o
	

1
	îi
	1241
	50
	10
	17
	10
	3
	3
	20
	5
	


	
	
	
	16. Phacée
	
	
	
	
	
	
	


	
	
	
	20 ans
	
	
	
	
	
	
	


	1242
 1243
		51
 52
	1
 2
	18
 19
	11
 12
	4
 5
	4
 5
	21
 22
	6
 7
	-


	
		13. Joa-
than 16 ans12
	
	
	3. Tyr rimas 38 ans13
	
	
	
	
	

2
	1244
 1245
 1246
 1247
 1248
		1
 2
 3
 4
 5
	3
 4
 5
 6
 7
	20
 21
 22
 23
 24
	1
 2
 3
 4
 5
	6
 7
 8
 9
 10
	6
 7
 8
 9 10
	23
 24
 25
 26
 27
	8
 9
 10
 11
 12
	

TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI)

225

OLYMPIADES
		SOMME
 des années
	JUDA JoatUan
	ISRAËL
 Phacée
	w 2 a ? S o
	MACÉDONIENS
 Tyrrimas
	a •« 5^
	V «>
 « 5»
 îc -g
 •K £
 H <
	r -5
		ÉGYPTIENS
 Bocchoris
	1. Titre omis. Cf. p. 81, n. 3. — 2. Ms. : Ochozias. — 3. Titre


	3
 4
	1249
 1250
 1251
 1252
 1253
 1254
	6
 7
 8
 9
 10
 11
	8
 9
 10
 11
 12
 13
	25
 26
 27
 28
 29
 30
	6
 7
 8
 9
 10
 11
	11
 12
 13
 14
 15
 16
	11
 12
 13
 14
 15
 16
	28
 29
 30
 31
 32
 33
		13
 14
 15
 16
 17
 18
	omis.   —  \.   'AXxu.5[ia)v. Titre omis. — 5. Xipo'^. Titre omis. — 6. Ici devait sans doute se rapporter la première ligne de la page 49 du texte. (Ci-dessus, p. 81, 1. 21.) — 7. Titre omis.


	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	

	
	
	
	
	a.
 Médidus 40 ans 1
	
	
	
	
	
	
	— 8. P. 94. — 9. Al(7iu.t8v);. Titre omis. — 10. P. 52- —


	5
	1255
 1256
 1257
 1258
 1259
	12
 13
 14
 15 10
	14
 15
 16
 17
 18
	1
 2
 3
 4
 5
	12
 13
 14
 15
 16
	17
 18
 19
 20
 21
	17
 18
 19
 20
 21
	34
 35
 36
 37
 38
		19
 20
 21
 22
 23
	11. 'A>yâxr|Ç. Titre omis.


	
	
	14. Achaz 16 ans *
	
	
	
	
	
	
		
	


	6
	1260
 1261
	1
 2
	19
 20
	6
 7
	17
 18
	22
 23
	22
 23
	39
 40
		24
 25
	


	
	
	
	17. Osée 9 ans 3
	
	
	
	13. Alc-méon 2 ans*
	
		
	


	
	1262
 1263
	3
 4
	1
 2
	8
 9
	19
 20
	24
 25
	1
 2
	41
 42
		26
 27
	


	
	
	
	
	
	
	
	14. Cha-
7-OpS
 10 ans"
	
		
	•


	
	1264
	5
	3
	10
	21
	26
	1
	436
		28
	


	
	
	
	
	
	
	
	
	i. Itomu-
lus 38 ans7
		
	


	7
 8
	1265
 1266
 1267
 1268
 1269
 1270 « 1271
 1272
 1273
	6
 7
 8
 9
 10
 11
 12
 13
 14
	4
 5
 6
 7
 8
 9
	11
 12
 13
 14
 15
 16
 17
 18
 19
	22
 23
 24
 25
 26
 27
 28 . 29
 30
	27
 28
 29
 30
 31
 32
	2
 3
 4
 5
 6
 7
	
	1
 2
 3
 4
 5
 6
	29
 30
 31
 32
 33
 34
 35
 36
 37
	


	9
			Captivité d'Israël
			33
 34
 35
	8
 9 10
	
	7
 8
 9
		


	
	
	
	
	
	
	
	4.
 Aisemiàès 10 ans»
		
	
	


	
	'°1274
	15
	
	20
	31
	36
	1
	10
		38
	


	
	
	
	
	
	
	2. Alyatès 14 ans11
	
	
		
	


	
	1275
	J    16 .
	
	21
	32
	1
	2
	11
		39
	

1.

29

226

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

'1.
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	MACÉDONIENS
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	ATHÉNIENS
 Hippomenès
	HOMAIÏN8
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10
 11
 12
 13
 14
	1276
 1277
 1278
 1279
 1280
	1
 2
 3
 4
 3
	22
 23
 24
 25 20
	33
 34
 35
 36
 37
	2
 3
 4
 5
 6
	3
 4
 5 (> 7
	12
 13
 14
 15
 16
	41)
 41
 42
 43
 44
	15 1016
 17
 18
 19
 20
	1296
 1297
 1298
 1299
 1300
	21
 22
 23
 24
 25
	2
 3
 5
 6
	15
 16
 17
 18
 19
	8
 9
 10
 11
 12
	3
 4
 5 li 7
	32
 33
 34
 35
 36
	4
 5
 6
 7
 8

	
		
	
	
	
	
	XXV dyn. Sabacon 1-2 ans 2
		
	
	
	
	4. Can-daulès 17 ans9
	
	
	

	1281
	6
	27
	38
	7
	8
	17
	1
									
										1301
 1302
	26
 27
	7 20
 8 21
		1
 2
	8 37
 9 38
		9 10

	
	
	
	i. Per-diccas 51 ans 3
	
	
	
	
									
										
	
	
	
	
	
	2. ÏÏuma °ompiliu 41 ans1*
	

	1282
 1283
	7
 8
	28
 29
	1
 2
	8
 9
	9 10
	18
 19
	3
									
										1303
	28
	9
	22
	3
	10
	1
	11

	
	
	
	
	
	16. Cleo
 dievs 10 ans*
	
	
									
										
	
	
	
	
	18. Léo-
crûtes iOans'2
	
	

	1284
 1285
 1286
 1287
 1288
	9
 10
 11
 12
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	30
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 34
	3
 4
 5
 6
 7
	10
 11
 12 11 14
	1
 2
 3
 4
 5
	20
 21
 22
 23
 24
	4
 5
 6
 7
 8
									

										1304
	29
	10
	23
	4
	1
	
	12

										
	10.
 Manasst 55 aus1
	
	
	
	
	
	Tara-
cus 20 ans1

	
	
	
	
	3. Miles 12 ans
	
	
	
									
										1305
 1306
 1307
	1
 2
 3
	11
 12
 13
	24
 25
 26
	6
 7
	2
 3
 4
	3
 4
 5
	1
 2
 3

	1289
 1290
 1291
 1292
	14
 15-16^
 17
	33
 36
 37
 38
	8
 9
 10
 11
	• 1
 2
 3
 4
	6
 7
 8
 9
	25
 26
 27
 28
	9
 10
 11
 12
									
										
	
	Dejocès "Hans13
	
	
	
	
	

	
	
	
	
	
	
	
	'ebickus 12 ans 6
									
										1308
 1309
 1310
 1311
 1312
 1313
	4
 5
 6
 7
 8
 9
	1
 2
 3
 4
 5
 6
	27
 28
 29
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 31
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	8
 9
 10
 11
 12
 13
	5
 6
 7
 8
 9
 10
	6
 7
 8
 9
 10
 11
	4
 5
 6
 7
 8
 9

	1293
	18
	39
	12
	5
	10
	29
	1
									
	
	
	
	
	
	17. ffî'p-
vnmenès 10 ans 7
	
	
									
										»
	
	
	
	
	19. Ap-
sander lOans16
	
	

	1294
	19
	1
 40   j 13
		6
	1
	30
	2
									
	
	
	1. Car-dyceas S ans 8
	
	
	
	
	
									
										1314
 1315
 1316
 1317
	10
 11
 12
 13
	7
 8
 9 10
	33
 34
 35
 36
	14
 15
 16
 17
	1
 2
 3
 4
	12
 13
 14
 15
	10
 11
 12
 13

	1295
	20
	1
	14
	7
	2
	31
	3
									
1. Titre omis. — 2. EaSâxwv. Titre omis. — 3. Fkpôixxaî. Titre omis. — 4. KXsôô-.xoç. Titre omis. — 5. MtXrjc;. Titre
omis. — 6. Ssêr/wc. Titre omis. — 7. 'IuTcopiévr.;. Titre omis. — 8. Titre omis. —9. KavSaOXr,;. Titre omis. — 10. P. 54.

— 11. Titre omis. — 12. AewxpocTrjç. Titre omis. — 13. Titre omis. — 1 i. Tapaxô?. Titre omis. — 15. Arjtoxriç. Titre omis.

— 16. "AJ/avBpoç. Titre omis.

TABLEAUX CtIRONpLOGJQUES (LIVRES I-VI)

OLYMPIADES
	SOMME ries années
	« 1
		MÈDES Dejocès
		MACÉDONIENS
 l'erdiccas
		z 'ï.» S § =
 5^"d >¦ . j
		ATHÉNIEN3
 Apsander
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	ÉGYPTIENS
 Taracus
	œ
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 f.
 S S
 5
	SOMME
 des années
	JUDA
 Manassé
	r. ¦
 115
	MACÉDONIENS Argxus
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 £ * o =» s» co -j
	ROMAINS
 Tullus-Hostiihis
	03 ¦< Z °
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21
 22
 23
 24
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 1319
 1320
 1321
 1322
 1323
	14
 15
 16
 n
 18
 19
		11
 12
 13
 14
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 40
 41
 42
		1
 2
 3
 4
 5
 6
		5
 6
 7
 8
 9 10
			16
 17
 18
 19
 20
 21
	14
 15
 16
 17
 18
 19
	28
 29
 30
 31
 32
 33
	1346
 1347
 1348
 1349
	42
 43
 44
 45
	39
 40
 41
 42
	14
 15
 16
 17
	29
 30
 31
 32
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	Néchao 8 ans"

	
	
		
		
		
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				Arriérés 12 ans*
		
	
	
	
	6. Ardyso 37 ans11
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	Psam-meticus 44 ans "

	
	
		
		5. Ar-qseus 38 ans *
		
		
			
	
		1358
 1359
	54
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	5
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 28
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OLYMPIADES
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 1363
 1364
 1365
 1366 1 1367
 1368
 1369
 1370
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 41
		1
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 4
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		3. 'Tullus j Neche-Hostilius psos 32 ans*     6 ans9
											
																
	
	
	6.
 Philippe 38 ans 10
	
	
	

	1344
 1345
		40
 41
		37
 38
		12
 13
		27
 28
			1
 2
		1
 2
								
																1371
	12
	10
	1
	18
	28
	14

1. r\5yïK Titre omis. — 2. 'Ep'jÇt'a;. Titre omis. — 3. 'Ajifilpt; Alôîo^. Titre omis (XXVIe dyn.). — 4. 'Apyato?. Titre
omis. — 5. Note du ms. : Ici cessèrent les rois des Athéniens, et des princes annuels furent institués. Leur principat
fut établi dans 9 familles. Cf. E. a. 1333. — 6. P. 56. — 7. Sxeç'.vâO'.ç. — 8. Titre omis. — 9. Nexeùwç. Titre omis. —
10. Ns*/aw. Titre omis. — 11. "Ap5vicroç. Titre omis. — 12. ^FajAixrJTcxoç. Titre omis. — 13. Titre omis. — 14. 'Açpâaprr,;.
Arm. : Pkraontes. — 15. P. 57. — 16. H et A sont d'accord avec notre ms. pour placer Philippe en l'an 1371.

228

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

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	ÉGYPTIENS Néchao IL

34
 35
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 4:5
 46
 47
	1403
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	1
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 3
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 15
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	2
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	8.
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		4. Ancns Marc i a s 23 ans-
	
								
										1406
 1407
	4
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 22
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	1
 2
	8
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 6

	1376
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	5
 6
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 9
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 24 23
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 28
								
										
	
		
	
	
	Psammu-
tliès 17 ans1"

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	6
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	38
	3
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	7.
 Aeropus 26 ans11
	
	
	

	
	
	7. Cyaxa-'ès 32 ans
	3
	
		
	
								
	1386
 1387
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 1390
	15
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 3
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 5
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 7

	
	
	
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	20. Sédecia, 11 ansi
	
	
	
	
	

	1391
 1392
 1393
 1394
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 1396 51397
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 39
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 41
								
										1415
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	1
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	30
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 8
 9
	10
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 12
	17
 18
 19
	8
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	8. As-
tyagès 38 ans13
	
	
	
	

	
	
	
	
	
	0.
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		1418
 1419
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	4
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	1
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 4
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	13
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 26
	11
 12
 13
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 16
 17

	1399
 1400
 1401
	28
 29
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	14
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	29
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	9
 10
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		1
 2
 3
	42
 43
 44
								
										
	
	
	
	
	
	Vafrès 2S ans'1

	
	
	
	
	
		Néchao 11 6 ans 7
									
	1402
	31
	17
	32
	12
		4
	1
		1425
	11
	8
	17
	20
	27
	1

1. Notre ms. met Josias en 1371, donnant seulement 11 ans à Amos. De là line erreur d'un an qui se continue dans

toute la série des rois de Juda. — 2. "Ayxoç Mâpx'.oc. Titre omis.— 3. K'jaÇapr,;. Titre omis.— 4. 2«8uâTY]ç. Titre omis.
— 5. P. 60. — 6. Tapxyvto:. Titre omis.— 7. Titre omis. II. ajoute : qui et Nechepsos. — 8. Titre omis. H. : Eliaciin qui
et Ioachim. H. donne 32 ans à Josias, et 11 à Eliacim. — 9. 'A>,uaxrr(;. Titre omis. — 10. ^l'aji^oyOcTitre omis. —
11. 'Aspômx;. Titre omis. — 12. Titre omis. — 13. 'Aa-pjâyrjç. Titre omis. — 14. Oj'xspc:. Titre omis.

TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI)

229

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	2
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	2
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	19
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	3
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	32
	2
	2i
	3
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	8
	

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	3
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	20
	23
	30
	4
	
	1458
	33
	3
	24
	4
			23
	9
	
48
	1429
	4
	12
	21
	24
	31
	5
	
	1459
	34
	4
	25
	5
			24
	10
	

	1430
	5
	13
	22
	25
	32
	6
	
	1460
	35
	5
	26
	6
			25
	11
	

	1431
	6
	14
	23
	26
	33
	7
	56
	1461
	36
	6
	27
	7
			26
	12
	

	1432
	7
	15
	24
	27
	34
	8
	
	1462
	37
	7
	28
	8
			27
	13
	
49
	1433
 1434
	8
 9
	16
 17
	25
 26
	28
 29
	35
 36
	9 10
	
	1463
	38
	8
	29
	9
			28
	14
	

	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
		
		
	
	

	
	
	
	8.
	
	
	
	
	
	
	
	9.
 Amyntas
		
		
	
	

	
	
	
	Alcetas
	
	
	
	
	
	
	
	50 ans 8
		
		
	
	

	
	
	
	29 ans '-
	
	
	
	
	
	
	
	
		
		
	
	

	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
			
	
	

	
	
	
	
	
	
	
	
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			29
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	10
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 3
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 12
			30
 31
	16
 17
	

	
	
	
	
	
	
	
	
	1467
	42
	12
	
	
	13
	
	32
	
	18


	
	
	
	
	
	
	
	
				4
	
		
		
	

	
	
	
	
	
	0.
 Servius
	
	
	1468
	43
	13
	5
	14
			33
	19
	

	
	
	
	
	
		
	58
	1469
	44
	14
	6
	159
			34
	20
	

	
	
	
	
	
	34 ans 3
	
	
	
	
	
	
	
			
	
	

	
	
	
	
	
		
	
	
	
	
	
	
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	2
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	3
	32
	2
	13
	
	
	
	
	
	
		
			


	1438
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	4
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	3
	14
	
	
	
	
	
	
			
	
	

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	1470
	45
	15
	7
	
			1
	21
	

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	15
	23
	6
	35
	5
	16
	
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	8
	
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	1441
	16
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	36
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	17
	
	1472
	47
	17
	9
	
			3
	23
	

	1442
	17
	25
	8
	37
	7
	18
	59
	1473
	48
	18
	10
	
			4
	24
	

	1443
	18
	26
	9
	38
	8
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	49
	19
	11
	
			5
	25
	

	1444
	19
	27
	10
	39
	9
	20
	
	1475
	50
	20
	12
	
			6
	26
	
52
	1445
	20
	28
	11
	40
	10
	21
	
	1476
	51
	21
	13
	
			7
	27
	

	1446
	21
	29
	12
	41
	11
	22
	60
	1477
	52
	22
	14
	
			8
	28
	

	1447
	22
	30
	13
	42
	12
	23
	
	1478
	53
	23
	15
	
			9
	29
	

	1448
	23
	31
	14
	43
	13
	24
	
	1479
	54
	24
	16
	
			10
	30
	
53
	1449
	24
	32
	15
	44
	14
	25
	61
	1480
 1481
	55
 56
	25
 26
	17
 18
	
			11
 12
	31
 32
	

	
	
	
	
	
	
	
	
	1482
	57
	27
	19
	
			13
	
	33


	
	
	
	
	
	
	
	
					
				
	

	
	
	
	
	
	
	A mosis
	
	1483
	58
	28
	20
	
			14
	34
	

	
	
	
	
	
	
		
	1484
	59
	29
	21
	
			15
	35
	

	
	
	
	
	
	
	42 ans 8
	62
	1485
	60
	30
	22
	
			16
	36
	

	1450
	25
	33
	16
	45
	15
	1
	
	
	
	2.
	
	
			
	
	

	1451
	26
	34
	17
	46
	16
	2
	
	
	
	Cambyse
	
	
			
	
	

	1452
	27
	35
	18
	47
	17
	3
	
	
	
	8 ans11
	
	
			
	
	
54
	1453
 1454
	28
 29
	36
 37
	19
 20
	48
	18
 19
	4
	
	
	
	
	
	
			
	
	
					49
		5
	
	
	
	
	
	
			
	
	37


	
	
	
	
	
	
		
	1486
	61
	1
	23
	
			17
	
	

	
	
	
	
	
	
	
	
	1487
	62
	2
	24
	
			18
	
	38


	
	
	
	
	
	
	
	
					
				
	

	
	
	
	
	9.
	
	
	
	1488
	63
	3
	25
	
			19
	39
	

	
	
	
	
	Crœsus
	
	
	63
	1489
	64
	4
	26
	
			20
	40
	

	
	
	
	
	15 ans0
	
	
	
	1490
 1491
	05 66
	5
 6
	27
 28
	
			21
 22
	41
 42'2
	

	
	
	
	
	
	
	
	
	1492
	67
	7
	29
	
			23
	
	

	1455
	30
	38
	21
	1
	20
	6
	64
	1493
	68
	8
	30
	
			24
	
	
1. Titre omis. H. a. 1427. — 2. 'AXxétaç. Titre omis. — 3. Titre omis. — 4. P. 63. — 5. "AtAwaiç. Titre omis. —

6. Kpoîdoç. Titre omis. — 7. Titre omis. Il devait être plus long et traduire ce que l'arménien exprime ainsi : Cyrus
Persis imperavit et, deposito Astyage, sustulit imperium Medorum. Cf. H et A, ann. 1457. — 8. 'A(x0vTaî. Titre omis.
— 9. Note du ms. : Ici cessa la royauté des Lydiens, quand Cyrus qui est Koûroiî, premier roi des Perses, tua Qou-
rousos (Crœsus) et régna seul. Cf. II. a. 1469; Arm. 1470. — 10. P. 64. — 11. KapLëûdriç. — 12. H et A s'arrêtent à
l'an 42, en 1492; pour la différence, cf. A. ad. an. 1221; et H. a. 1236 (Bocchoris 46 ans). Notre ms. ajoute, à tort,
43-46, par suite de déplacement de chiffres. Note : Ici cessa l'empire des Egyptiens quand Cambyse, le Perse, fils de
Cyrus, en l'an 7 de son règne, commença à régner sur l'Egypte, et ensuite ses successeurs, à la XXVIIe dynastie, qui
est celle des Perses, pendant 112 ans jusqu'à Darius fils de Xerxès (ms. : Xéroun). Cf. H. a. 1492 ; A. 1493.

i.

29*

230

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

03 .5*

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o g §•

65

66

1494
*1495
31496

1497

1498

1499

1500

1501

1502

1503

1504

69

70

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

31

32

33

34

35

36

37

38

39

40

41

25

26

27

28

29

30

31

32

33

34
35'

67

68

69

1505
	12
	42

1506
	13
	43

1507
	14
	44

1508
	15
	45

1509
	16
	46

1510
	17
	47

1511
	18
	48

1512
	19
	49

1513
	20
	50

10. Alexandre
43 ans


	51514
	21
	1


	1515
	22
	2


	1516
	23
	3

70
	1517
	24
	4


	1518
	25
	5


	1519
	26
	6


	1520
	27
	7

71
	1521
	28
	8


	1522
	29
	9


	1523
	30
	10


	1524
	31
	11

72
	1525
	32
	12


	1526
	33
	13


	1527
	34
	14


	1528
	35
	15

73
	1529
	36
	16

5. Xerxès fils de
Darius 21 ans

1530

17

76

77
73

SOMME des année!
	PERSES
 Xerxès fils de Darius
	MACÉDONIENS
 Alexandre

1531
	2
	18

1532
	3
	19

1533
	4
	20

1534
	5
	21

1535
	6
	22

1536
	7
	23

1537
	8
	24

1538
	9
	25

81539
	10
	26

1540
	11
	27

1541
	12
	28

1542
	13
	29

1543
	14
	30

1544
	15
	31

1545
	16
	32

1546
	17
	33

1547
	18
	34

1548
	19
	35

1549
	20
	36

1550
	21
	37

79

80

81

82

83

6. Artabanus
7 mois

7'.Artaxerxès
Longue-main
40 ans

1551
	1
	38

1552
	2
	39

1553
	3
	40

1554
	4
	41

1555
	S
	42

1556
	6
	43

11. Perdic-
cas 28 ans

1557
	7
	1

1558
	8
	2

1559
	9
	3

1560
	10
	4

1561
	11
	5

1562
	12
	6

1563
	13
	7

1564
	14
	8

1565
	15
	9

1566
	16
	10

1567
	17
	11

71568
	18
	12

1569
	19
	13

1570
	20
	14

1571
	21
	15

1572
	22
	16

en
	
	•S
	ss

a <
 S
 >• »j o
	SOMME
 des années
	PERSES
 Artaxerxè Longue-ma
	MACÉDOMB
 Perdiccat

84
	1573
	23
	17


	1574
	24
	18


	1575
	25
	19


	1576
	26
	20

35
	1577
	27
	21


	1578
	28
	22


	1579
	29
	23


	1580
	30
	24

86
	1581
	31
	25


	1582
	32
	26


	1583
	33
	27


	1584
	34
	28

67

88

S9

90

91

12. Archélaùs
24 ans

1585
		35
	1
	
1586
		36
	2
	
1587
		31
	3
	
1588
		38
	4
	
1589
		39
	5
	
1590
		40
	6
	

	8, Xerxès II
			


	2 mois
			


	9. Sogdianus
			


	5 mois
			


	10. Darius
			


	Nothos 19 ans»
			

1591
		1
	7
	
1592
		2
	8
	
1593
		3
	9
	
1594
		4
	lu
	
1595
		5
	11
	
1596
		6
	12
	
1597
		7
	13
	
1598
		8
	14
	
1599
		9
	15
	
1600
		10
	16
	
1601
		11
	17
	
1602
		12
	18
	
1603
		13
	19
	
1604
		14
	20
	
1. Titre omis. H et A donnent plus explicitement : Magi duo fratres, menses VII. Darius, ann. XXXVI. — 2. Note :
Ici finissent les 70 ans de la Captivité des Juifs. — 3. P. 65. — 4. L'an 35 de Tarquinus correspond dans le ms. à l'an
1506, par suite de Terreur de 2 ans, que nous avons corrigée plus haut. Cf. p. 223, n. 4. Néanmoins l'accord n'est pas
parfait avec le texte qui place le premier consul en l'an 10 de Darius, comme H et A à l'an 1505. — Ici devrait être
placée la note marginale rejetée à l'an 1507, qui se traduit ainsi : Ici cessa la royauté des Romains. Depuis Romulus
il y eut sept rois qui régnèrent : Romulus, 38 ans; Numa, 43 ans; Tullus, 33 ans; Anchus, 23 ans; Tarquinus, 38 ans
Servius, 34 ans; Tarquinus, 35 ans; en tout : 243 ans (sic). Ensuite [il y eut] des consuls de la maison de Prutus (ms.
Protos), ensuite des tribuns du peuple et des dictateurs, puis de nouveau des consuls, en tout pendant 260 ans (sic
H : 474, A : 470), jusqu'à Jules César, qui, le premier, fut élu seul chef en la CLXXXIIIe olympiade. Cf. H. a., 1505,
1507 ; Arm. a. 1504. — 5. P. 66. — 6. P. 67. — 7. P. 68. — 8. Titre omis.

TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI)

231

* 5. s

!92

93

94

1605

1606

1607

1608

15

16

17

18

21

22

23

24

| lî.Orestès
3 ans8

1609

19

il.

Artaxerxès
40 ans

1610

Néphéritès
6 aDS *

1611

13.

Archélaûs
4 ans"

1612

1613

1614

1615

14.

Amyntas
1 an 6

95

1616

•M R

en

S 'H

s. o
c •<

es ^
•m

96

»97

98

15. Pau-
sanias
1 an 6

A choris
12 ans7

1617

Amyntas
6 ans6

1618

99

'100

101

1619
	10
	2
	3

1620
	11
	3
	4

1621
	12
	4
	5

1622
	13
	5
	6

1623
	14
	6
	7


	
	Argseus
	


	
	2 ans*
	

1624
	15
	1
	8

1625
	16
	2
	9


	
	Amyntas
	


	
	18 ans'0
	

1626
	17
	1
	10

1627
	18
	2
	11

1628
	19
	3
	12


	
	
	Psammu-


	
	
	thès


	
	
	1 an"

1629
	20
	4
	1


	
	
	Nectanebit,


	
	
	18 ans"

1630
	21
	5
	1

1631
	22
	6
	2

1632
	23
	7
	3

1633
	24
	8
	4

1634
	25
	9
	5

1635
	26
	10
	6

1636
	27
	11
	7

1637
	28
	12
	8

1638
	29
	13
	9

1639
	:i0
	14
	10

1640
	31
	15
	U

1641
	32
	16
	12

1642
	33
	17
	13

1643
	34
	18
	14


	
	Alexandre
	


	
	1 an
	

1644

15

102

103

104

105

106

107

108

109

a £

1645

1646

1647

36

37

38

16

17

18

Téos
2 ans4»

1648

39

Perdiccas
6 ans 4«

1649

40

12. Ochus
27 ans"

Nectane-

bus
18 ans48

1650
	1
	2
	1

1651
	2
	3
	2

1652
	3
	4
	3

1653
	4
	5
	4

1654
	5
	6
	5


	
	Philippe
	


	
	26 ans 4»
	

1655
	6
	1
	6

1656
	7
	2
	7

1657
	8
	3
	8

1658
	9
	4
	9

1659
	10
	5
	10

1660
	11
	6
	11

1661
	12
	7
	12

1662
	13
	8
	13

1663
	14
	9
	14

1664
	15
	10
	15

1665
	16
	11
	16

1666
	17
	12
	17

1667
	18
	13
	18t0

1668
	19
	14
	

1669
	20
	15
	

1670
	21
	16 .
	

1671
	22
	17
	

1672
	23
	18
	

1673
	24
	19
	

1674
	25
	20
	

1675
	26
	21
	

1676
	27
	22
	

1. ' AjiupTaïoç; ms. : Myntaos. — 2. P. 69. — 3. 'OpétTTYj;. Titre omis. — 4. NeçepiTïi;. Omis. — 5. 'Ap/éXaoc;. Omis. —
6. Titre omis. — 7. "A^Mpt;. Titre omis. — 8. 'Apyatoc. Titre omis. — 9. Note du ms. : Il y a des erreurs et des chan-
gements. En effet, dans le ms. la XCVII» olympiade ne renferme qu'une année; sans parler des chiffres déplacés. —
10. Titre omis. — 11. W^ouôtç. Titre omis. — 12. NexTavÉgrjç,. Titre omis. — 13. P. 70. — 14. Ms. : 3 ans. — 15. Tewç.
Notre ms. le place dans la colonne des Macédoniens ; de là, une nouvelle cause de transpositions de chiffres. — 16. Ilep-
Sixxae. — 17. "Q'/oî. — 18. NexTave66;. — 19. Ms. : 24 ans; mais 26 au tableau. — 20. Le ms. ajoute une 19e année (Arm.
aussi). Note : Ici cessa la royauté des Égyptiens, et Artaxerxès (sic, lire : Ochus) roi des Perses commença à régner
[sur eux]. Cf. H. a. 1666; Arm. a. 1668.

232

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

olympiades
	somme
 des années
	perses 13. A.rsès 4 ans1
	macédoniens Philippe
	olympiades
	somme
 des années
	perses
 14. Darius 6 ans
	macédoniens Alexandre fils de Philippe 12 ans
	olympiades
	somme des années
	
	macédoniens
 Alexandre pis de Philippe

?110
	1677
	1
	23
	111
	1681
	1
	1
	
	'1687
	
	75


	1678
	2
	24
	
	1682
	2
	2
	
	1688
	
	8


	1679
	3
	25
	
	1683
	3
	3
	113
	1689
	
	9


	1680
	4
	26
	
	1684
	4
	4
	
	1690
	
	10


	
	
	
	112
	1685
	5
	5
	
	1691
	
	11


	
	
	
	
	1686
	63
	6
	
	1692
	
	12

«114

115

116

117

118

119

120

rï ° °

X n* "*

o £,

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

1693

1694

1695

1696

1697

1698

1699

Anligone.
18 ans ?

Cassatidre
19 ans

1700

1701

1702

1703

1704

1705

1706

1707

1708

1709

1710

1711

1712

1713
4 714

1715

1716

8

9

10

11

12

13

14

15

16

n

18

19

20

21

22

23

24

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

16

17

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

16

17

18

Seleueus
32 ans 8

9

10

11

12

Démé-
trius
17 ans»»

13

14

1717

1718

25

26

18

19

13

14

= | g.

£ S.e '

121

122

123

124

Démétrius
5 ans"

Pyrrhus
7 mois'3

'24

1728

36

12

Lysymachus
5 a. 5 m.15

Philadelphe
38 ans «

29

1733

17

15
	1719
	27
	1
	3
	15

16
	1720
	28
	2
	4
	16

17
	1721
	29
	3
	5
	17

18
	1722
	30
	4
	6
	18

19
	1723
	31
	1 12
	7
	19

20
	1724
	32
	2
	8
	20

21
	1725
	33
	3
	9
	21

22
	1726
	34
	4
	10
	22

23
	1727
	35
	5
	11
	23

24

25
	1729
	37
	1
	13
	25

26
	1730
	38
	2
	14
	26

27
	1731
	39
	3
	15
	27

28
	1732
	40
	4
	16
	28

29

1. 'Aptrrjç. Titre omis. — 2. P. 71. ¦— 3. Note : Ici cessa la royauté des Perses qui avait tenu pendant 231 ans,
depuis Cyrus le Persan jusqu'à l'an 6 de Darius fils d'Arsak ou Arsam ou AHaq, qui fut tué par Alexandre fils de
Philippe. Et celui-ci régna seul. Cf. Arm. a. 1686. — 4. P. 72. — 5. Note : Le roi Alexandre parut comme seul roi
sur toute la terre. — 6. P. 73. — 7. Note du ms. : En l'an 7 de Philippe, roi des Macédoniens, et en l'an 7 de Ptolémée
des Alexandrins, s'éleva Antigone, roi d'Asie, pendant 18 ans. — 8. Note du ms. : En cette année commença à régner
sur la Syrie, Babylone et VAssyrie supérieure, Seleueus Ni[ca]tor, pendant 32 ans. Depuis Adam jusqu'ici, le total est
de 5196 ans (ms. : 4000), soit, si l'on compte en olympiades, de 1299 olympiades. Autre note : Ici commence la pre-
mière année de Seleueus. — 9. P. 74. Note marginale : Les chiffres en rouge marquent les années des Séleucides, dont
on fait usage chez nous. Ces chiffres sont placés dans le ms. à la même colonne que ceux des années d'Abraham. Ne
pouvant les différencier par la diversité des couleurs, nous les disposons dans une colonne spéciale. Autre note : Il y a
divers changements et erreurs dans les calculs, ici et dans le reste. — 10. Titre omis. — 11. Titre omis. — 12. Ms. :
5-9 au lieu de 1-5. — 13. fluppoç. — 14. P. 75. — 15. Autrifia/o;. — 16. Titre omis.

TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI)

233

OLYMPIADES
	ÉKK DES SÉLEL'CIDES
	SOMME
 des années
	a: X Q   • ^
 < "h e
 ¦ \ aï
	MACÉDONIENS
 Ceraunus1
	S
	., a s. S S o x § e
 rn  «. £
 50 <;


	30
	1734
	2
	1
	
	30


	31
	1735
	3
	2
	
	31


	
	
	
	Méléagrt
		


	
	
	
	2 mois
		


	
	
	
	Antipale
		r


	
	
	
	45 jours
		


	
	
	
	Sostenès
		


	
	
	
	i ans
		


	32
	1736
	4
	
	
	32


	
	
	
	
	Antiochus
	

	
	
	
	
	
	¦Soter


	
	
	
	
	19 ans 1
	
125
	33
	1737
	5
	2
		1


	
	
	
	Antiochu
		


	
	
	
	Gonatas
		


	
	
	
	36 ans1
		


	34
	1738
	b'
	1
	
	2


	35
	1739
	7
	2
	
	3


	36
	1740
	8
	3
	
	4

126
	37
	1741
	9
	4
	
	5


	38
	1742
	10
	5
	
	6


	39
	1743
	11
	6
	
	7


	40
	1744
	12
	7
	
	8

127
	41
	1745
	13
	8
	
	9


	42
	1746
	14
	9
	
	10


	2 43
	1747
	15
	10
	
	11


	44
	1748
	16
	11
	
	12

128
	45
	1749
	17
	12
	
	13


	46
	1750
	18
	13
	
	14


	47
	1751
	19
	14
	
	15


	48
	1752
	20
	15
	
	16

129
	49
	1753
	21
	16
	
	17


	50
	1754
	22
	17
	
	18


	51
	1755
	23
	18
	
	19


	
	
	
	
	
	A nlio-


	
	
	
	
	
	CllUS


	
	
	
	
	
	Theos


	
	
	
	
	
	15 ans3


	52
	1756
	24
	19
	
	1

130
	53
	1757
	23
	20
	
	2


	54
	1758
	26
	21
	
	3


	'55
	1759
	27
	22
	
	4


	56
	1760
	28
	23
	
	5

131
	57
	1761
	29
	24
	
	6


	58
	1762
	30
	25
	
	7


	59
	1763
	31
	26
	
	8


	60
	1764
	32
	27
	
	9

132
	61
	1765
	33
	28
	
	10


	62
	1766
	34
	29
	
	11


	63
	1767
	35
	30
	
	12


	64
	1768
	36
	31
	
	13

133
	65
	1769
	37
	32
	
	14


	66
	1770
	38
	33
	
	15

134

135

136

137

138

139

140

5 67
	1771
	1
	34
	1

68
	1772
	2
	35
	2

69
	1773
	3
	36
	3

Démé-
trius
10 ans

70
	1774
	4
	1
	4

71
	1775
	5
	2
	5

72
	1776
	6
	3
	6

73
	1777
	7
	4
	7

74
	1778
	8
	5
	8

75
	1779
	9
	6
	9

76
	1780
	¦10
	7
	10

77
	1781
	11
	8
	11

78
	1782
	12
	9
	12

79
	1783
	13
	10
	13

Anti-
gone
15 ans

80
	1784
	14
	1
	14

81
	1785
	15
	2
	13

82
	1786
	16
	3
	10

83
	1787
	17
	4
	17

84
	1788
	18
	5
	18

85
	1789
	19
	6
	19

86
	1790
	20
	7
	20

Séleucus
Cerau-
nus
3 ans

87
	1791
	21
	8
	1

1 88
	1792
	22
	9
	2

89
	1793
	23
	10
	3

Antio-
chus
Magnus
36 ans

90
 91
 92
	1794
 1795
 1796
	24
 25
 26
	11
 12
 13
	1
 2
 3


	
	Pt. Phi lopator 17 ans7
	
	

93
 94
	1797
 1798
	1
 2
	14
 15
	4
 5


	
	
	Philipp 42 ans
	

95
	1799
	3
	1
	0

141

142

143

144

145

146

147

148

149

150

151

5 §.

<-> a,

96
	1800
	4
	2
		7

97
	1801
	5
	3
		8

98
	1802
	6
	4
		9

99
	1803
	7
	5
		10

100
	1804
	8
	6
		11

101
	1805
	9
	7
		12

102
	1806
	10
	8
		13

103
	1807
	11
	9
		14

104
	1808
	12
	10
		15

105
	1809
	13
	11
		16

106
	1810
	14
	12
		17

107
	1811
	15
	13
		18

108
	1812
	16
	14
		19

109
	1813
	17
	15
		20


	
	l'L. Epi-
	
		


	
	phane
	
		


	
	24 ans
	
		

110
	1814
	1
	16
		21

111
	1815
	2
	17
		22

112
	1816
	3
	18
		23

113
	1817
	4
	19
		24

114
	1818
	5
	20
		25

115
	1819
	6
	21
		26

116
	1820
	7
	22
		27

117
	1821
	8
	23
		28

118
	1822
	9
	24
		29

119
	1823
	10
	25
		30

120
	1824
	11
	26
		31

121
	1825
	12
	27
		32

122
	1826
	13
	28
		33

123
	1827
	14
	29
		34

124
	1828
	15
	30
		35

125
	1829
	16
	31
		36


	
	1
	
	Séleucus
	

	
	
	
	Philopa-
	

	
	
	
	tor
	

	
	
	
	12 ans'
	
126
	1830
	17
	32
		1

127
	1831
	18
	33
		2

128
	1832
	19
	34
		3

129
	1833
	20
	35
		4

8130
	1834
	21
	36
		5

131
	1835
	22
	37
		6

132
	1836
	23
	38
		7

133
	1837
	24
	39
		8


	i
	°t. Phi-
	
		


	
	lométor
	
		


	
	35 ans
	
		

134
	1838
	1
	40
		9

135
	1839
	2
	41
		10

136
	1840
	3
	42
		11


	
	
	Persée
		


	
	
	10 ans8
		

137
	1841
	4
	1
		12

1. Titre omis.
9. Titre omis.

2. P. 76. — 3. Titre omis. — 4. P. 77. — 5. P. 78. — 6, P. 79. — 7. Titre omis. — 8. P. 80.

30

234

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

a 5


	138
	1842
	5
	2
	1


	139
	1843
	6
	3
	2


	140
	1844
	7
	4
	3

152
	141
	1845
	8
	5
	4


	142
	1846
	9
	6
	5


	143
	1847
	10
	7
	6


	144
	1848
	11
	8
	7

153
	145
	1849
	12
	9
	8


	146
	1850
	13
	102
	9


	147
	1851
	14
	
	10


	148
	1852
	13
	
	11


	
	
	
	
	9. Eu-


	
	
	
	
	pator


	
	
	
	
	2 ans1

154
	149
	1853
	16
	
	1


	150
	1854
	17
	
	2


	
	
	
	
	Démé-


	
	
	
	
	trius


	
	
	
	
	Soter


	
	
	
	
	12 ans1


	151
	1855
	18
	
	1


	152
	1856
	19
	
	2

< -S

< a,

- -s a
ce ^ «

>> a =

Ci

155

158

153

154

155

1857

1858

1859

20

21

Jonathan
19 ans


	156
	1860
	23
	6
	1

156
	157
	1861
	24
	7
	2


	158
	1862
	25
	8
	3


	159
	1863
	26
	9
	4


	160
	1864
	27
	10
	5

157
	161
	1865
	28
	11
	6


	162
	1666
	29
	12
	7

Alexandre
9 a. 10 m.

163
	1867
	30
	1
	8

164
	1868
	31
	2
	9

165
	1869
	32
	3
	10

166
	1870
	33
	• 4
	11

167
	1871
	34
	5
	12

168
	1872
	35
	6
	13

S 2 *

< Es; ca

159

169
	1873
	1
	7
	14

170
	1874
	2
	8
	15

171
	1875
	3
	9
	16

172
	1878
	4
	10
	17

160

163

164

165

166

Démé-
trius
3 ans

173

174

1877

1878

18

19

Simon
8 ans

175 1879

Antiochus
Sidétès
9 ans 5


	176
	1880
	8
	1
	2

161
	177
	1881
	9
	2
	3


	178
	1882
	10
	3
	4


	179
	1883
	11
	4
	5


	180
	1884
	12
	5
	6

162
	181
	1885
	13
	6
	7


	182
	1886
	14
	7
	8

Jean
Hyrcan
26 ans

183

184

1887

1888

15

16

Démétrius
4 ans

185
	1889
	17
	1
	3

186
	1890
	18
	2
	4

187
	1891
	19
	3
	5

188
	1892
	20
	4
	6

Antiochus
Grypus
12 ans «

189
	1893
	21
	1
	7

190
	1894
	22
	2
	8

191
	1895
	23
	3
	9

192
	1896
	24
	4
	10

193
	1897
	25
	.5
	11

194
	1898
	26
	6
	12

195
	1899
	27
	7
	13

196
	1900
	28
	8
	14

197
	1901
	29
	9
	15

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	198
 199
 200
	1902
 1903
 1904
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 2
 3
		10
 11
 12
			16
 17
 18
	

	
	
		
	Antiochus Cyzicus 18 ans»
					

167
 168
	201
 202
 203
 204
 205
 206
 207
 208
	1905
 1906
 1907
 1908
 1909
 1910
 1911
 1912
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 5
 6
 7
 8
 9
 10
 11
		1
 2
 3
 4
 5
 6
 7
 8
			19
 20
 21
 22
 23
 24
 25
 26
	

	
	
		
		
			Aristo-bule 1 an8
	
169
	209
	1913
		12
		9
			1
	

	
			
		
		A lezan-
dre Jauni 27 ans0
		
170
	210
 211
 212
 213
 214
	1914
 1915
 1916
 1917
 1918
		13
 14
 15
 16
 17
		10
 11
 12
 13
 14
			1
 2
 3
 4
 5
	

	
	
	Ptolémée Alexandre 10 ans
				
		
	
171
	215
 216
 217
 218
	1919
 1920
 1921
 1922
		1
 2
 3
 4
		15
 16
 17
 18
			6
 7
 8
 9
	

	
	
		
		Philippe 2 ans
				


	219
 220
	1923
 1924
		5
 6
		1
 2
			10
 11
	
172

ère des
 Séleucides
	somme
 des années
	alexandrins
 Ptolémée Alexandre
	juifs
 Alexandre

221
	1925
	7
	12

222
	1926
	8
	13

223
	1927
	9
	14

224
	1928
	10
	15

1. Titre omis. — 2. Le ms. continue à tort, la série des années 11-16. — 3. P. 81. — 4. P. 82. — 5. Ms. : Ptolo-
maios. — 6. Ms. : Antiochos Agrippos. — 7. P. 83. — 8. Titre omis. — 9. Ms. : 26 ans; mais il y en a 27 d'inscrits. —
10. Ms. : Jean surnommé Alexandre. — 11. P. 84.

TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI)

235

173

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1929

1930

1931

1932

1933

1934

1935

1936

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Ptolémée
Dionysios
30 ans

1937

1938

1939

1940

1941

1942

1943

1944

1945

1946

1947

1948

1949

5
G

7

8

9

10

11

12

13

1950

1951

1952

1953

1954

1955

1956

1957

1958

1959
19S0

1961

1962

14

15

16

17

18

19

20

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22

23

24

25

26

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16

17

18

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23

24

25

26

27

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9 ans

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34 ans 2

6

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11

12

13

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182

259
	1963
	27
	14

280
	1964
	28
	15

261
	1965
	29
	16

262
	1966
	30
	17


	
	Cléopâtre
	


	
	22 ans
	

263
	1967
	1
	18

264
	1968
	2
	19

'183

184

185

186

187

265

266

267

268

1969

1970

1971

1972

20

21

22

23

Auguste
57 ans «

269
	1973
	7
	24
	1
	
270
	1974
	8
	25
	2
	
271
	1975
	9
	26
	3
	
272
	1976
	10
	27
	4
	
273
	1977
	11
	28
	5
	
274
	1978
	12
	29
	6
	
275
	1979
	13
	30
	7
	
276
	1980
	14
	31
	8
	
277
	1981
	15
	32
	9
	
278
	1982
	16
	33
	10
	
279
	1983
	17
	34
	11
	

	
	
	Hérode
		


	
	
	37 ans'
		

280
	1984
	18
	1
	12
	
281
	1985
	19
	2
	13
	
282
	1986
	20
	3
	14
	
283
	1987
	21
	4
	15
	
188

a o

284

285

1988 22

1989

189

190

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2015

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196

315

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2018
20/9

2020

2021

9

10

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

21

22

23

24

25

26

27

28

29

30

31

32

33

34

33
36

16

17

18

19

20

21

22

23

24

25

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2^

28

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30

31

32

33

34

35

36

37

38

39

40

41

42

43

44

45

46

47

48

Â9

1. P. 85. — 2. Titre omis. — 3. P. 86. — 4. Le ms. porte ici : Gaios loulios, c est-à-dire Qounaya. H et A ont sim-
plement : Caius Julius César. W»ao paraît être le grec xuavEo;; je ne vois pas le rapprochement étymologique. Mais,
d'après une glose de Bar Bahloul (éd. Duval, col. 1817), l;^ox> signifierait « couleur du ciel ». — 5. H et A donnent
5 ans pour Jules César, et 56 ans pour Auguste. L'an 1 de celui-ci est placé en l'an 1974. L'auteur adopte cette chrono-
logie à partir de la lre année de l'ère chrétienne. — 6. Ms. : 24 ans. Rest. : m. — 7. Nombre d'années omis. De plus,
ce titre est placé fautivement à l'an 1981. — 8. Le tableau que nous restituons pour les années 286-313, 1990-2017
devait se trouver à la page 87 du ms. — 9. Par suite de la lacune de la p. 87, nous ne pouvons savoir exactement
comment se terminait le tableau chronologique ; il y avait probablement une note corrective ou explicative, dont nous
ignorons la teneur; on voit, par les chiffres que nous ajoutons, que d'après la chronologie suivie jusqu'ici, l'an 317 des
Séleucides, adopté dans le tableau suivant comme point de départ de l'ère chrétienne, correspondrait à la lre année de la
CXCVIe olympiade et à l'an 2021 de l'ère d'Abraham.

236

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

'195

196

197

198

317

318

319

320

199

200

201

202

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204

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325

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328

329

4 330

331

332

333

334

335

336

337

338

339

340

341

342

343

344

345

346

347

348

349

350

351

352

353
	37

354
	38

355
	39

356
	40

se.

45

46

47

34
33

36

37

Archélaùs
9 ans

5

6

7

8

9

10

11

12

13

48

49

50

51

52

53

56

3. Tibère
23 ans

Hérode
tétrarque
23 ans

14

15

16

17

18

19

20

21

22

23

24

25

26

27

28

29

30

31

32

33

34

35

36

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

21

22

23

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

21

22

23

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4. Gaius
Caligu la
4 ans

Agrippa 1

8 ans

205

'206

207

208

209

210

'211

212

213

214

357
	41

358
	42

359
	43

360
	44

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Agrippa L
2G ans

361
	45
	5
	1

362
	46
	6
	2

363
	47
	7
	3

364
	43
	8
	4

365
	49
	9
	5

366
	50
	10
	6

367
	51
	11
	7

368
	52
	12
	8

369
	53
	13
	9

370
	54
	14
	10


	
	6. Néron
	


	
	13 a. 6 m.
	

371
	55
	1
	11

372
	56
	2
	12

373
	57
	3
	13

374
	58
	4
	14

375
	59
	5
	15

376
	60
	6
	16

377
	61 '
	7
	17

378
	62
	8
	18

379
	63
	9
	19

380
	64
	10 !
	20

381
	65
	11
	21

382
	66
	12 I
	22

383
	67
	13 j
	23

384
	68
	14
	24

7. Vespa-
sien
10 ans

385
	69
	1

386
	70
	2

387
	7110
	3

388
	72
	4

389
	73
	5

390
	74
	6

391
	75
	7

392
	76
	8

393
	77
	9

394
	78
	10

25

26

215

216

217

218

219

220

221

222

223

395

396

413

79

80

97

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O .
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9. Domitien
15 a. 5 m.

397
	81
	1

398
	82
	2

399
	83
	3

400
	84
	4

401
	85
	5

402
	86
	6

403
	87
	7

404
	88
	8

405
	89
	9

406
	90
	10

407
	91
	11

408
	92
	12

409
	93
	13

410
	94
	14

411
	95
	15

412
	96
	16

10. Nerva
1 a. 4 m.

11.

Trajan
19 a. 6 m

414
	98
	1

415
	99
	2

416
	100
	3

417
	101
	4

418
	102
	5

419
	103
	6

420
	104
	7

421
	105
	8

12 422
	106
	9

423
	107
	10

424
	108
	11

425
	109
	12

426
	110
	13

427
	111
	14

428
	112
	15

429
	113
	16

430
	114
	17

431
	115
	18

432
	116
	19

1. Page 88. Voir la note concernant ce tableau, ci-dessus, p. 206.— 2. Je rappellerai que II et A placent la naissance
de J.-C. en l'an 2015 d'Abraham, qui est, pour H, la 3e an. de la CXCIVe olymp., et pour A, la 4e année de cette même
olymp. L'an 'i4 d'Auguste, 34 d'Hérode, coïncide pour H avec la lre année, et pour A avec la 2« année de la CXCVe ol. —
3. Dans le ms. les chiffres désignant l'ère chrétienne sont écrits en rouge et placés dans la même col. que les chiffres en
noir marquant la date correspondante des Séleucides, et généralement au-dessus de ceux-ci. Cf. p. 137, n. 9. — 4. P. 89.
— 5. P. 94. — 6. P. 97. — 7. Les chiffres 61-64 sont omis dans le ms. — 8. P. 98. — 9. P. 102. — 10. Le chiffre 70
est répété dans le ms.; de là une erreur d'une année, dans cette col., jusqu'à l'an 160. — 11. P. 104. — 12. P. 105.

TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 237

OLYMPIADES
	en ^ w o
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 S u
	a se y,
 m w ce S
 •w .g
 o
	ROMAINS 12. Adrien 21 ans.
	OLYMPIADES
	ÈHE DES SÉLEUCIDES
	ÈRE cm
 Chiffres rectifiés
	t ETIENNE
 Chiffres du mss. s
	ROMAINS 14. Marc [Aurèle] et ses fils 19 a. 1 m.
	OLYMPIADES
	ÈRE DES SÉLEUCIDES
	ÈRE CHF
 Chiffres rectifiés
	ETIENNE
 Chiffres du mss.
	ROMAINS
 Sévère

224
	433
	117
	1
	*235
	477
	161
	166
	1
	
	515
	199
	203
	6


	434
	118
	2
	
	478
	162
	167
	2
	
	516
	200
	204
	7


	435
	119
	3
	
	479
	163
	168
	3
	245
	517
	201
	205
	8


	436
	120
	4'
	
	480
	164
	169
	4
	
	518
	202
	206
	9

225
	437
	121
	5
	236
	481
	165
	170
	5
	
	519
	203
	207
	10


	438
	122
	6
	
	482
	166
	171
	6
	
	520
	204
	208
	11


	439
	123
	7
	
	483
	167
	172
	7
	246
	521
	205
	209
	12


	440
	124
	8
	
	484
	168
	173
	8
	
	522
	206
	210
	13

«226
	441
	125
	9
	237
	485
	169
	174
	9
	
	523
	207
	211
	14


	442
	126
	10
	
	486
	170
	175
	10
	
	524
	208
	212
	15


	443
	127
	11
	
	487
	171
	176
	11
	247
	525
	209
	213
	16


	444
	128
	12
	
	488
	172
	177
	12
	
	526
	210
	214
	17

227
	445
	129
	13
	238
	489
	173
	17S
	13
	
	527
	211
	215
	18


	446
 447
	130
 131
	14
 15
	
	490
 491
	174
 175
	179
	14
	
	
	
	
	


				
			180
	15
	
	
	
	
	


	448
	132
	16
	
	492
	176
	181
	16
	
	
	
	
	8. Antonin

228
	449
	133
	17
	239
	493
	177
	181
	17
	
	
	
	
	Caracalla


	450
	134
	18
	
	494
	178
	182
	18
	
	
	
	
	6 ans8


	451
	135
	19
	
	495
	179
	183
	19
	
	
	
	
	


				
					
	
	
	
	


	452
	136
	20
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	

229
	453
	137
	21
	
	
	
	
	
	
	528
	212
	217
	1

				
	
	
	
	
	248
				

			
	
	
	
	
	lo.
		529
	213
	
	2


	
	
	
	
	
	
	
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	530
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	3


	
	
	
	
	
	
	
		
			
	

	
	
	13. Titus Antoninus et ses fils 22 a. 3 m.
	
	
	
	
	I 3 ans
	
	531
 532
	215
 216
	
	4
 5


	
	
		
	
	
	
	
	249
	533
	217
	2159
	6


	
	
		240
	496
 497
 498
	180
 181
 182
	184
 185
 186
	1
	
	
	
	
	


	
	
						2
 3
	
	
	
	
	19. Macri-


	
	
	
	
	499
	183
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	nus 10 1 an


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	455
	139
	2
	241
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	456
	140
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	502
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	7
	
		218
	217
	1

230
	457
 458
	141
 142
	4
	
	503
	187
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	191
	8
	
	
	
	
	


			5
	
	504
		192
	9
	
	
	
	
	


	459
	143
	6
	242
	505
	189
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	10
	
	
	
	
	20.


	2 460
	144
	7
	
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	190
	194
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	Un autre

231
	461
	145
	8
	
	507
	191
	195
	12
	
	
	
	
	Antonin


	462
	146
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	508
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	196
	13
	
	
	
	
	5 ans


	463
 464
	147
 148
	10
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232
	465
	149
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	16. Perti-
	
	535
	219
	218 •
	1


	466
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	536
	220
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	2


	467
	151
	14
	
	
	
	
	
	250
	537
	221
	220
	3


	468
	152
	15
	
	
	
	
	
	
	538
	222
	221
	4

233
	469
 470
	153
 154
	16
 17
	243
	509
	193
	197
	1
	
	539
	223
	222
	5


	471
	155
	18
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	


	472
	156
	19
	
	
	
	
	17. Sévère
	
	
	
	
	21.

234
	473
	157
	20
	
	
	
	
	18 ans
	
	
	
	
	Alexandre


	474
	158
	21
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	fils de


				
	
	
	
	
	
	
	
	
	Mamma


	475
	159
	22
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	

	476
	160*
	23
	
	f 510
	194
	198
	1 7
	
	
	
	
	13 ans


			
	
	511
	195
	199
	2
	
	
	
	
	


	
	
	
	
	512
	196
	200
	3
	
	
	
	
	


	
	
	
	244
	513
	197
	201
	4
	
	540
	224
	223
	1


	
	
	
	I
	514
	198
	202
	0
	251
	541
	225
	224
	2

1. P. 106. — 2. P. 107. — 3. Le ms. porte 159 au lieu de 160 par suite de l'erreur indiquée (p. 226, n. 10). —
4. P. 110. Note marginale : Sachez, mes frères, qu'il y a erreur dans le comput des années de Vère chrétienne. Cela
se reconnaît parce que du nombre 159, on passe aussitôt au nombre 466. Sept chiffres manquent. — 5. A partir d'ici
jusqu'à l'an 20 de Constantin le ms. est tellement confus et les erreurs sont si nombreuses que, pour ne pas multiplier
les notes, nous donnons dans la 4e colonne les chiffres erronés du ms., à côté des chiffres que nous restituons d'après
le texte et la concordance avec le point de départ. — 6. P. 112. — 7. H confond l'an 1 de Sévère avec l'année assignée
à Perlinax. H y a donc à partir d'ici une différence d'un an entre notre ms. et H. jusqu'à Dioclétien. — 8. Sic ms. H et
A donnent : Caracalla : 7 ans; Macrinus : 1 an ; Marc. Aur. Antonin. : 4 ans; soit : 12 ans en tout. Notre ms. donne
respectivement : 6 ans, 1 an, et 5 ans — 12 ans. — 9. Note marg. : Il y a de nouveau erreur au sujet des années de l'ère
chrétienne. — 10. Ms. : Macedonius. — 11. P. 113.

238

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

eue chretienne

Chiffres
rectifiés

Chiffres
du ms.

S  H a.

«S.

252

253

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233

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4

5

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11

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22. Maxi-
minus 3 ani

553

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555

255

256

257

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237

238

239

236

237

238 '

23. Gor-
dien 6 ans

-556

557

558

559

560

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240

241

242

243

244

245

227

228

229

230

231

232

24. Philippe
7 ans

562

563

564

565

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567

568

246

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235

236

237

238

239

23. De'cius
1 a. 4 ni.3

569

253

240

ere chretienne

Chiffres
rectifiés

Chiffres
du ms.

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260

261

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570

571

254

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242

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nus 15 ans

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577

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28. Claudius
1 a. 9 m.

587

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271

272

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nus 5 a. 6 m

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	277
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	278
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30. Tacite 6 m
Florianus 88 j
Probus 6 a. 4 m.

ere chretienne

Chiffres
rectifiés

Chiffres
du ms.

267

268

269

270

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595
	279
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	263

601
	285
	264

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274

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323

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325

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265

266

34. Dioclé-
tien 20 ans'

266

267

268

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270

271

272

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15
169
1710

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19

3o. Cons-
tantin le
Victorieux
32 ans"

285

286

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290

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20

1. Note marg. : Sache, ô notre frère, que le nombre des années du Christ est totalement erroné. Je ne sais pas si cela
vient du copiste ou de l'auteur. Prie pour moi. — 2. P. 114. — 3. Ms. : 3 ans et 4 mois, dans le titre, mais 1 an au
tableau. — 4. Notre ms. ajoute une 3e année. L'erreur se trouve corrigée par la répétition de l'an 574, de manière que
la 4° année de Valerianus tombe exactement en 575. — 5. P. 115. — 6. P. 116. — 7. Le n° d'ordre donné par notre
ms. est 32 ; H et A ont aussi 20 ans, dans le titre; mais notre ms. n'en inscrit que 19 au tableau. — 8. 117. Note mar-
ginale : J'ai été pris de vertige en examinant la multitude d'erreurs et de confusions qui se trouve dans le nombre de
ces années et des autres. — 9. A s'arrête ici. — 10. A partir de l'an 17 de Dioclétien le ms. ajoute une nouvelle colonne
pour les années de la persécution. H fait concorder l'an 10 de la persécution avec l'an 7 de Constantin, et notre ms.
également. Mais celui-ci ajoute une nouvelle série de chiffres 1-13 correspondant aux années 8-20 de Constantin. Cf.
p. 201, n. 3, et p. 202, n. 1. — 11. Le n° d'ordre (35) est donné par le ms. ; H. : 34. — 12. P. 121. — 13. Dans le ms. la
CCLXXIIe ol. est placée à l'an 624, et la précédente n'a que 3 ans; par suite de cette correction, la 3e année de la
CCLXXVIe se trouve être l'an 20 de Constantin, comme il est dit dans le texte (infra, p. 245). Mais cette correction
aurait dû être faite dès le début, en faisant concorder l'an 1 de 1ère chrétienne avec la 2e année de la CXCVe olympiade.

LIVRE VII

Avec l'aide du Seigneur qui a réglé da.ns l'espace de sept jours le cycle du

temps, je commence le LlVRE septième qui commence .V l'\N 5817 du monde.

CHAPITRE PREMIER. — Sur le commencement du règne de Constantin le Vic-
torieux.

Constantin le Victorieux* régna avec son père Constantin* pendant 3 ans,
comme nous l'avons montré dans le Livre précédent. — Après la mort de son
père, il commença à régner [seul], en l'année 623 des Grecs, en l'indiction 8%
l'an 5817 depuis Adam, et selon d'autres 5813.

Jean d'Asie dit, au commencencement de son livre, que Constantin avait aban-
donné récemment le culte des idoles, de même que son père s'était déjà converti
au culte de Dieu^ comme le montre l'histoire de Sylvestre de Rome3.

Ignace de Mélitène commence en parlant ainsi : « Quand Constantin le Vic-
torieux commença à régner, Maximianus, Diocletianus, Maxentius et Sevcrus
régnaient déjà. Tous les quatre persécutaient les chrétiens. Severus étant mort,
les Romains attribuèrent l'honneur au grand Constantin, et proclamèrent Cé-
sar Licinius qui était son beau-frère, le mari de Constantina*, sa sœur. [122] Il
associa celui-ci à l'empire en la 7e année [de son règne]. Cet impie Licinius per-
sécutait les chrétiens en secret. Ensuite il se révolta môme contre l'empereur.
Constantin marcha contre lui et le tua. Après lui surgit Martinus" qui fut aussi
tué6.

En l'an 2 de Constantin. Sabhour, fils de Hormizd, commença à régner sur les
Perses, pendant 70 ans7.

Constantin marcha à la guerre contre Maxentius qui était à Rome.

Il pensa en lui-même et se dit : « Le culte des idoles et les sacrifices ne peuvent

1. Le syriaque Lsi traduit le grec Nix/iTrj; du protocole officiel de Constantin. — 2. Constance
Chlore. — 3. Pour tout ce qui concerne les Actes de S. Silvestre, leurs différentes recensions
grecques et latines et la mutuelle dépendance de celles-ci, cf. Duchesne, Le Liber Pontificalis, t. I,
p. crx et suiv. Il existe aussi deux recensions syriaques dont l'une a été publiée par Land [Anecdota
syriaca, t. III, p. 46 sqq.). C'est d'après cette version qu'a été rédigée une homélie de Jacques de
Saroug sur le Baptême de Constantin (publiée par Frotingham, Beal. Acc. dei Lincei, 1881). —
4. Constantia. — 5. Lire : Martinianus. — 6. Comp. ci-dessus, p. 201, n. 5. — 7. Le ms. porte
en lettres : a trois ans ». L'original devait porter le chiffre : ^ (= 70) que le copiste a lu : ^ (= 3).

240

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

servir à rien à ceux de la maison de Dioclétien. » Et il prit la résolution d'adorer
le Dieu qui l'aiderait dans le combat. Ayant levé les yeux au ciel, au milieu du
jour, il vit une croix, à l'instar d'une colonne de lumière, et sur elle des lettres qui
disaient: « Par celle-ci tu vaincras \ «Ceux qui étaient avec lui virent aussi cette
vision. Pendant la nuit, le Christ lui apparut et lui dit : « Fais-toi [une image] à
la ressemblance de celle qui t'est apparue. » — Au matin il se leva et fit ainsi.
Dès lors commença la coutume de faire marcher la croix devant les armées ro-
maines*.

Quand le combat eut lieu, le tyran fut vaincu. Maxentius lui-même se noya
dans le fleuve. Tiberios est le nom du fleuve, qui est le Danube3.

La femme de Constantin était fille de Dioclétien et s'appelait Diocletia4. Elle
aussi avait cru dans le Christ et avait été baptisée3.

Constantin le Victorieux [123] restaura6 Byzance en la 3e année de son règne.
Il l'agrandit de quatre milles. Il l'acheva et l'embellit de superbes édifices et de
richesses de toutes sortes ; il y transféra, de Rome, l'empire ; et il l'appela, de son
nom, Constantinopolis. A cause de cela, on lui attribua des honneurs, on l'ap-
pela Libre 7 et ses habitants « affranchis ». Il y bâtit l'église d'Irénô et une autre
[en l'honneur] des Apôtres8.

Quand Constantin parut comme seul empereur9, il apporta tout son soin aux
choses divines. Il bâtissait des églises en tous lieux10. Il rasait tous les temples
des idoles. Il fit une loi pour qu'aucun païen ne fût admis dans la milice.

Sache bien, ô lecteur, ami de la vé-
rité, ou qui as souci de l'exactitude, que
plusieurs chroniqueurs font commencer
leurs écrits au commencement du rèmie
de Constantin l'empereur fidèle, comme
Socrate et Jean d'Asie, et aussi Théodo-
ret., qui est en dehors de notre reli-
gion11, et Ignace de Mélitène. Pour nous,

En ce temps, Silvestre de Rome
changea les noms par lesquels les païens
appelaient les sept jours du cycle tem-
poraire12. Il appela le jour du Soleil :
premier de la semaine ; celui de la Lune :
deuxième de la semaine; celui d Ares :
troisième de la semaine; celui d'Her-
mès : quatrième de la semaine; celui

I. Grec : sv xo''jxm vtxa. — 2. Cf. V.vs., Vita Const., I, xxvin-xxxi ; Socr., I, ir.— 3. Sic. — 4. BH :
Diocletiana. — 5. 67c dans les Actes de S. Sylvestre. Constantin avait épousé Fausta, fille de
Maximianus Herculius. — 6. Cf. ci-dessus, p. 88, — 7. Ou : « Noble ». BH. dit simplement : « il
affranchit ses habitants ». Le sens est peut-être que les habitants furent exemptés d'impôts. —
8. Cf. Socr., I, xvr. — 9. Autocrator. — 10. Socr., I, xvm.

II. Litt. : « hors de notre maison ». Théodoret est regardé comme nestorien par beaucoup de
Jacobites.

12. Land, Anecd. syr,, III, p. 50. Cf. Duchesne, Le Liber Pontificalis, t. I, p. exir.

LIVRE VII. CHAP. I

241

nous avons fait commencer ce livre au
commencement du monde 1 ; et jusqu'ici
nous avons compilé ce volume en le re-
cueillant d'écrivains anciens, comme Eu-
sèbe et autres. — A partir d'ici, et dé-
sormais, nous compulserons et nous
ajouterons dans ce volume les écrits de
ceux qui les ont fait commencer à cette
époque, avec l'aide du Seigneur qui
nous soutiendra 2. Amen!
Commencement du livre de Thèodoret ;
Les peintres marquent sur les ta-
blettes et les parois8 le souvenir des
choses qui ont eu lieu, pour le plaisir de
ceux qui regardent. Les écrivains em-
ploient au lieu de couleurs les paroles
qui composent leurs livres4. — Et après
d'autres choses [il dit :] Alors que les
tyrans eurent disparu, que Constantin
commença à régner, et que l'Église
[122] florissait dans la paix, Satan sus-
cita un autre genre d'erreur. Aupara-
vant, la créature était adorée à la place
du Créateur; maintenant, dans sa jalou-
sie, il trouva des hommes pervers pour
dire que le Créateur a été créé et
fait5.

Dans sa lettrer> à Eusèbe [de Nicomédie,
Arius nomme] ceux qui acceptaient sa
doctrine: [Eusèbe]de Césarée,Theodotus
[de Laodicée], Paulinus de Tyr, [Atha-

de Zeus : cinquième de la semaine;
celui de Belati : 'eroubta1^ et celui de
Chronos : sabbat. Il abolit les noms
des étoiles donnés aux jours, pour que
les chrétiens ne soient pas induits en
erreur 8...........

Silvestre convertit Constantin Ier,
père de Constantin le Victorieux, car
il était païen et aussi lépreux9. Il aimait
les chrétiens par intérêt10, et il recou-
rut au nom du Christ comme à un mé-
decin, pour en être soulagé. Ce qui
d'ailleurs arriva. Le Seigneur lui montra
en songe les saints apôtres Pierre et Paul
qui lui dirent : « Fais venir le grand
prêtre Silvestre, qui est caché [122] dans
la montagne, et il te guérira. » Quand il
s'éveilla de son sommeil, il entendit la
voix des mères pleurant leurs enfants
qui étaient emmenés pour être mis à
mort; car les païens lui avaient dit :
<( Tu seras purifié dans le sang de
jeunes enfants. » Il eut pitié d'elles et
ordonna de ne pas tuer [ces enfants].
Dieu aussi eut pitié de lui. L'empereur
trouva saint Silvestre et lui fit connaître
la vision qu'il avait eue. Silvestre ayant
reconnu que les Apôtres lui étaient
apparus le conduisit a l'église et lui
montra leurs images. En les voyant, il

1. Le texte paraît légèrement altéré, mais le sens est certain. — 2. Uoi-vs. — 3. Rétablir l'ordre
des mots : iB'f^a \Jô\s. — 4. Theod., Hist. eccl., I, r. — 5. ïhhod., I, rr, passim. — 6. Theod., I, v.
Nous suppléons, d'après le grec, les quelques mots qui manquent dans notre ms.

7. Nom par lequel les Syriens désignent le vendredi. — 8. Lacune de quatre lignes dans cette
colonne. — 9. On sait que la légende de la lèpre est rapportée à Constantin, et non pas, comme
dit notre auteur, à son père. V. les Actes de S. Silvestre cités plus haut. Le texte grec correspon-
dant à cette légende est en partie reproduit par Siegfried et Gelzer, Eusebii canonuin epitome, etc.,
pp. 81-83. —¦ 10. La phrase est obscure. Littér. : erat ei amor prmcarius erga Christianos.
I. 31

242

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

nasius] d'Anazarba,Grégoire de Berytus*
et Aetiiis de Lydda.

Jean d'Asie confirme aussi ces choses
au commencement de son Livre, quand
il dit : « Comme le Mauvais ne pouvait
supporter la paix de l'Eglise, ce serpent
tortueux fit d'Arius son instrument et
trompa beaucoup de gens pour leur faire
dire que le Fils, consubstantiel au Père,
est une créature et a été lui-même créé
comme l'une des créatures. Arius, ayant
d'abord été chassé de lEglise par Pierre,
évêque d'Alexandrie, pervertit l'esprit
de ceux dont l'intelligence était enve-
loppée dans les ténèbres de l'erreur :
Mârî de Chalcédoine, Eusèbe de Nico-
médie et autres.

A cette époque, il y eut un violent
tremblement de terre, et beaucoup de
maisons furent renversées à Alexandrie
et en d'autres lieux; il fit périr beau-
coup de gens8.

Ces misérables adhérèrent donc à
Arius et firent naître une hérésie perni-
cieuse. Par eux le Mauvais attaquait les
chrétiens. Il trouva encore des ministres
pervers dans Meletius3 et ceux de son
parti. Celui-ci était évêque du temps de
la persécution de Dioclétien. Il sacrifia4
et fut privé [123] de son rang; à la fin,
il succomba : plusieurs s'attachèrent à
lui, et il fut proclamé chef de l'hérésie;
et de temps en temps ceux-ci se joi-
gnaient aux partisans d'Arius.

Il y avait aussi une autre maladie dans
l'Église : le désaccord au sujet de la fête

confessa que c'étaient ceux qui lui étaient
apparus. C'est pourquoi il crut et reçut
le baptême. Il tomba de sa chair quelque
chose qui ressemblait à des écailles de
poisson. Environ 12.000 hommes des
païens reçurent le baptême en même
que lui, sans compter leurs femmes et
leurs enfants.

Ce Constantin, qui était lépreux et qui
fut guéri en recevant le baptême, n'est
pas celui à qui apparut la croix dans le
ciel, mais son père. L'impératrice Hé-
lène était la femme de ce Constantin le
lépreux, qui fut guéri, et la mère de
Constantin qui vit la croix. Tous les
deux furent instruits par elle5. Comme
ils portaient le même nom, l'erreur s'est
introduite. D'après ce qui est écrit,
nous devons distinguer les personnages
et faire savoir aux lecteurs qu'il y eut
en ce temps trois empereurs, l'un après
l'autre, qui furent appelés d'un même
nom : Constantin Ier, qui fut guéri de la
lèpre par le baptême; son fils Cons-
tantin, qui vit la croix [123] dans le
ciel, qui bâtit Constantinople et réunit
le grand synode de Nicée ; et le fils de
celui-ci, qui est Constantin III.

Silvestre de Rome vécut depuis le
temps de Dioclétien, lepersécuteur, jus-
qu'au temps de ce Constantin III.

Au temps de la persécution il y eut à
Rome une grande famine; et Dioclétien
ordonna de chasser et de faire sortir de
Rome ceux qui étaient [originaires] de
Palestine. Silvestre instruisit les chré-

1. Ms. : de Ntrytos. — 2. Cette phrase paraît avoir été déplacée. — 3. Meletius d'Egypte. Cf.
Theod., I, ix, xxvr. — 4. Corr. ;

5. Le ms. porte « par lui »; ce qui peut s'entendre de S. Silvestre.

LIVRE VII, CHAP. I

243

de Pâques. Les Orientaux voulaient cé-
lébrer la fête comme les Juifs, et les Oc-
cidentaux n'admettaient pas cela.

Arius était versé dans le langage de la
rhétorique et s'était appliqué à l'étude
des doctrines profanes et des sciences
philosophiques. Il répétait et disait : « Si
le Père a engendré le Fils, celui qui a
été engendré a commencé à être; et de
là, certes, il est manifeste qu'il y eut un
temps où le Fils n'était pas1. » Et comme
le feu prend d'une petite étincelle, son
souffle se répandit et vola non seulement
dans Alexandrie mais dans toute l'Egypte,
dans la Libye, dans la Thébaïde, dans la
Syrie, et dans de nombreux pays.

Alexandre, qui était en ce temps ar-
chevêque d'Alexandrie, réunit un synode
à Alexandrie même ; il anathématisa
Arius, écrivit des lettres en tous lieux,
et proclama sa déposition2. Mais le venin
du crachat3 d'Arius ne fut pas totale-
ment détruit.

Quand l'empereur vit ces choses, il
en conçut une grande douleur. Il en-
voya d'abord des lettres à Alexandre et
à Arius1, en disant : « Tout d'abord il ne
convenait pas que vous scrutassiez ces
choses. Revenez à l'affection de l'un
pour l'autre et procurez à tout le peuple
l'honneur de la charité ; courez vous-
mêmes l'un vers l'autre pour vous em-
brasser dans la paix; souvent, en effet,
on trouve l'amitié plus agréable après
l'inimitié. Rendez-moi aussi des jours

tiens qui devaient être chassés et ils de-
mandèrent d'emporter avec eux les corps
des apôtres Pierre et Paul, attendu qu'eux
aussi étaient venus de Palestine. Il fit
cela parce qu'il avait confiance que ce qui
avait eu lieu du temps de Trajan arri-
verait [de nouveau]5. Ce qui eut lieu en
effet. L'empereur ayant prescrit de leur
donner [les corps], quand ils s'appro-
chèrent pour les remuer, toute la ville
trembla jusqu'à ce qu'ils les remissent
en place. La même chose eut lieu sept
fois. Chaque fois qu'ils remuaient les os-
sements des Apôtres, toute la ville trem-
blait, et quand ils les remettaient à leur
place le tremblement de terre cessait.
L'empereur et tout le monde ayant re-
connu cela, on les laissa à leur place ;
et, à cause d'eux, les étrangers ne sorti-
rent pas de la ville.

A l'époque du commencement du
règne de Constantin florissait, en Armé-
nie, Grégoire l'Arménien, qui faisait des
miracles et de grands prodiges, comme
les saints Apôtres6. Les Arméniens
furent convertis par lui du paganisme
au christianisme. Ils crurent et furent
baptisés, et ils reçurent l'ordination sa-
cerdotale qui se transmet chez eux de
l'un à l'autre. — Fin de ce [chapitre], par
le secoiws de Jésus qui est avec son Père
dès le commencement. Puissions-nous être
[avec lui] et parvenir à le contempler !

1. Sogr., I, v. — 2. Socr., I, vr. — 3. Lire : lao^L. — 4. Cf. Eus., Vit. Const., II, lxiv-lxxii;
mais Michel cite cet ouvrage par l'intermédiaire de Socrate (I, vrr).

5. Cf. ci-dessus, p. 175. — 6. Sur S. Grégoire, apôtre de l'Arménie, surnommé YIlluminateur, cf>
Acta sanctorum, 30 sept.

244

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

tranquilles et des nuits exemptes de souci1. » — L'empereur leur écrivit donc ces
choses et des choses semblables, cherchant à éteindre le mal. Mais quand cet empe-
reur juste vit que ce mal se répandait par ses ministres, il rassembla le Synode œcu-
ménique. Il donna rendez-vous aux évêques de tous lieux pour qu'ils se réunissent à
Nicée de Bithynie.

CHAPITRE II DU LIVRE VIL — De l'époque du grand Synode œcuménique

de Nicée*.

[124] Constantin le Victorieux célébrait3 fidèlement les fêtes dominicales du
Christ, avec grand soin; et quand on lui dit qu'il y avait des différends dans les
Eglises, au sujet de la fête de la Passion salutaire du Christ, il ordonna qu'un
synode se réunisse à Nicée de Bithynie pour régler ce qui concernait la fête et
pour examiner ce que disait Arius. Trois cent dix-huit évêques se réunirent
d'Europe, de Phénicie, d'Egypte, de Palestine, de Cilicie, de Syrie, d'Arabie,
de Mésopotamie, de Perse, de Libye. — Les premiers étaient : Eusebius4, qui,
je pense, était de Rome; Alexandre d'Alexandrie avec Athanase, son disciple;
Jacques de Nisibe, et Eustathius d'Antioche. L'empereur fit préparer une mai-
son spacieuse et grande et des sièges. L'empereur entra lui-même en dernier
lieu avec les moindres. L'aspect de sa prestance magnifique était admirable à
voir5. On lui avait préparé un siège au milieu, mais il ne s'assit pas avant que
les évêques ne l'en eussent prié. Ils s'assirent tous aussi.

L'empereur, victorieux dans le combat, était aussi doux, pacifique, humble,
agréable dans son langage, miséricordieux, juste, aimant la droiture, d'un esprit
pénétrant et d'une intelligence saine. Il adressa6 la parole aux évêques pour
leur persuader tout d'abord de faire la paix les uns avec les autres, et il les
charma tous par les douces paroles de son admonition.

Il y avait avec les évêques des milliers de prêtres, de diacres et de moines; et

1. Eus., Vit. Const., II, lxxi-lxxii. Le texte n'est pas très correctement traduit en syriaque. 'Eita-
véXOsxs 8s Trpbç tyjv àXXrjXwv çtXi'av te, xa\ X^P'V ' àrcoSoTE xw (Tuu/jcavu Xocw xàç oÎxeîocç 7t£pt7tXoxa<; • 6(xeïç te
aùxoA xaôdcTtep xà; lauxwv ^X*? ÈxxaOapavTSC, auôiç àXX^Xouç etuyvwxe. riôîwv yàp uoXXâxt? ytvexat çtXta (xsxa
xr,v Trjç £-/8paç vnoÔEffiv, a36tç eÎ; xaxaXXayrjv sîtavéXÔExs, x. x. X. (Socr., I, vu).

2. Les faits rapportés ici sont amplement exposés par Eusèbe (Vita Constant., 1. III, cap. vu
sqq.). Mais Michel résume le texte de Socrate (Hist. eccl., I, vin ?qq.). — 3. Litt. ; honorait. —
4. Ici et plus bas, dans la liste des Pères, notre ms. porte looa^nisool, au lieu de : uaoa^ol, Osius.
— 5. Le texte de cette phrase est obscur, peut-être légèrement altéré. Il représente la traduction
de ce passage de Théodoret : eI<7eXyÎXu8s 8s xoù aùxbi; kV/axo; <rùv oXtyou, àÇurcaivov [xèv s/wv xb uiyEOoç,

à$tâyaaxov-8è xyjv wpav. ©a'jaaatwxÉpav 8k xrjv xoïç [AExto7tot; c7t'.xa9ï)jjtivï)v oû8ù)  (Hist. eccl.,  I, vu). _

6. Lire :       f> (BH).

LIVRE VII. CHAP. II

245

l'empereur leur procura à tous la nourriture et toutes les choses nécessaires,
depuis le 20 de iyar (mai) jusqu'au 19 de haziran (juin).

Comme des rhéteurs se combattaient mutuellement en paroles, et que plu-
sieurs recherchaient les artifices du langage, un confesseur laïc1 prit la
parole contre eux : « Le Christ et les Apôtres, [dit-il], ne nous ont pas enseigné
l'art * de [126] la dialectique, ni les artifices nouveaux3, mais la foi simple qui est
conservée par les bonnes œuvres4. ¦> Alors tous se turent.

L'empereur fidèle leur donnait à tous des avertissements ; il glorifiait ceux qui
brillaient par la religion 5, louait ceux qui étaient versés dans les saintes Ecri-
tures, et montrait que tous étaient les enfants d'une même foi6; il les sollicitait
pour que la fête de Pâques fût célébrée uniformément par tous. —Un dimanche,
il dîna avec eux, les évêques, les clercs et toute la nombreuse assemblée étant
assis autour de lui. — Ayant pris de ceux qui les apportaient les libelles de
récriminations des uns contre les autres, il finit par les mettre d'accord et jeta
tous les libelles au feu7. "—Il affirma avec serments : « Je couvrirais de ma
pourpre les ignominies des évêques et des prêtres'. »

La définition de la foi qui est actuellement prêchée dans les églises fut éta-
blie; les saints canons furent réglés, et on statua que la Grande fête serait célé-
brée le dimanche après la Pâque ancienne. — Arius et ses partisans furent
chassés; car l'empereur envoyait en exil quiconque n'admettait pas l'expression
de consubstantiel9, et il honorait les autres.

Les saints évêques signèrent et confirmèrent le symbole de la foi. Ils écrivi-
rent une lettre générale pour tous les pays, pour faire connaître tout ce qui avait
eu lieu. — L'empereur, de son côté, écrivit à Alexandrie et en Egypte au sujet
de la déposition d'Arius, qui ne pouvait plus être admis dans l'Eglise de Dieu10.

Ainsi reçut son parfait accomplissement ce saint synode rassemblé dans
l'Esprit-Saint, en Tan 20 de Constantin le Victorieux, l'an 642 des Grecs11, la
3e année de la GGLXXVP olympiade, l'an 5833 depuis Adam.

La mère du Victorieux Constantin, qui est l'impératrice Hélène, à la suite d'un
songe, monta à Jérusalem*. Elle la trouva depuis longtemps détruite. Elle eut

*Note marginale : Le voyage de Vimpératrice Hélène à Jérusalem est antérieur au Concile.

1. Lire : U*^*>, Àaïxo; (Socr.), — 2. Corr. : |Latboo! (BH.). •— 3. Gr, : où8à x!vy;v àirax/jv. Le tra-
ducteur paraît avoir lu : véav, au lieu de : xevyJv. — 4. Socr., I, vin; comp. Rufin, Hist. eccl,, I,
rrr. — 5. Litt. : « la crainte de Dieu ». — 6. Le sens paraît être, d'après les parallèles grecs, qu'il
les amène à la concorde. — 7. Corr. : |iai^. — 8. Pour éviter les scandales. Le sens est clair d'a-
près Théodoret, H. E,, I, xi, p. m. — 9. o[ioou<7co;. Les Syriens rendent ce mot par une locution
qui signifie à la lettre : fils de la substance (U^ol J=) ou : de l'essence (\LoCs»\ ;=). — 10. Les
lettres sont rapportées par Socrate, I, îx. — 11. a*^. Le concile fut célébré en 325. Cf. p. 238,
n. 13. Pour ce qui concerne les Actes, voir Manst, Amplissima collectio, II, 635 sqq.

246

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

peine à retrouver le tombeau de notre Sauveur, parce que les Juifs avaient élevé
dessus une statue d'Aphrodite afin qu'il ne fût pas connu des chrétiens. L'im-
pératrice y entra le 28 de 'iyar (mai), et avec elle Silvestre de Rome. Elle fit une
enquête près des Juifs. Leur chef qui s'appelait Judas fut jeté en prison. Au
bout de [126] sept jours, ils lui montrèrent l'endroit. L évêque en fut informé1.
Ils renversèrent l'image impure, et on trouva le Sépulcre dans lequel il y avait
trois croix et la tablette que Pilate avait écrite. Comme on ne savait pas [quelle
était la croix du Sauveur], l'évèque de l'endroit fit approcher, avec foi, une femme
qui était sur le point de mourir. Les deux croix des larrons furent placées sur
elle, et elle ne fut pas soulagée. Puis, quand on approcha d'elle la croix de Notre-
Seigneur, aussitôt elle tressaillit et se leva. —Ensuite l'impératrice fit bâtir un
temple sur le Tombeau. Elle y fit placer une partie de la Croix et envoya le reste
à l'empereur. Celui-ci la plaça sur une grande colonne de pourpre, et il mit les
clous dans le casque de sa tête et dans le frein de son cheval. Et la prophétie fut
accomplie2.

Hélène fît bâtir une église à Bethléem et sur le mont des Oliviers. — Elle vi-
vait dans l'humilité, avec les femmes, et elle procurait de ses mains la nourriture
aux vierges et aux pauvres3.

Ici se termine le livre dEusèbe, parce qu'à cette époque finit sa vie.

[124] Avec Arius qui avait déjà été
anathématisé auparavant par Pierre,
déposé et expulsé d'Alexandrie, il s'en
trouva aussi d'autres4, dans le grand
concile qui se réunit à Nicée, qui ne con-
fessaient point et n'admettaient pas l'ex-
pression de « consubstantiel ». C'étaient :
Eusebius de Nicomédie, Theognis de Ni-
cée5, Mârî de Chalcédoine, Theonas6
de Marmariqa, Secundus de 'Akko. Ils

[124] Le 19e évêque d'Edesse fut Aital-
laha7.

A cette époque vivait Jacques, évêque
deNisibe8, homme fameux par la doc-
trine des choses saintes et par les œuvres
vertueuses, comme les bienheureux
Apôtres.

Ces deux illustres personnages se
trouvaient au saint concile de Nicée
[parmi les évêques] de la Mésopotamie,

1. Lire : tûaom*9| ow — 2. Allusion à Zach., xiv, 20. — 3. Le chapitre paraît résumé du

texte de Socrate (I, xvn) combiné avec les traditions orientales consignées dans les récits syriaques
de l'invention de la Croix (cf. ci-dessus, p. 158, n. 8). Comp. en outre Eus., Vit. Const., III, xlii
R. Duval, Litt. syr., p. 111; Tixeront, Les origines de l'Eglise d'Edesse, Append.

4. Socr., I, vm, c. med, — 5. Ms. : Youta. Rest. : Uû»j». — 6. Ms. : Thomas. Socr., loc. cit. :
©EÔva;. Rest. : Ijo|Lo.

7. Jac. Edess., ad ann. 1. En 636 (Gr.) selon le Chr on. edess., n° xiv. — 8. Ea vie de S. Jacques
de Nisibe a été publiée en syriaque par Bedjan, Acta Mart. et Sanct., t. IV, p. 262 sqq.

LIVRE VIL CHAP. II

247

disaient en effet : « Celui-là est consub- avec le bienheureux Mar Ephrem, le
stantiel qui est d'un autre *. » docteur célèbre et glorieux2.

3 [127] Zynosius*, des Novatiens, vint aussi au synode. L'empereur lui demanda s'il
admettait la définition de la foi et la fête de Pâques. Il répondit que oui. L'empereur
reprit : « Pourquoi donc êtes-vous séparés5 de l'Eglise?» — Il répondit : « Parce qu'il
ne convient pas d'admettre ceux qui pèchent mortellement après le baptême. » —
L'empereur répondit : « Alors pose une échelle, et monte seul au ciel. »

Paphnutius de Thébaïde était un homme vertueux qui faisait des prodiges comme
les saints Apôtres. Au temps de la persécution, les païens lui avaient crevé un œil.
L'empereur l'aimait beaucoup, et il baisait son œil crevé. — Quand les évêques
voulurent [statuer] un canon pour qu'aucun clerc ne prît femme, Paphnutius se leva
au milieu [de l'assemblée] et dit : « N'établissez point un canon que tout le monde ne
peut supporter. Il suffit qu'un clerc ne puisse convoler à de secondes noces selon la
tradition des Anciens, Il ne faut pas nuire a l'Eglise de Dieu par une trop grande
rigueur. » — Ainsi parla ce saint qui lui-même n'usa jamais du mariage. — L'empe-
reur et tout le synode se rangèrent à son avis6.

Eusèbe et Theognis firent ensuite pénitence et furent accueillis dans le synode7.

Socrate a écrit ces choses. — Fin de ce [chapitre],

NOMS DES ÉVÊQUES 8 QUI SE TROUVAIENT REUNIS DANS LE CONCILE QUI SE TINT A NICÉE9.

I. Premièrement ceux de Rome : vito] *» et Vinqentos, prêtres, pour le

1. Eusebios10, [évêque de Cordoue; — pape (1).

1. Socr., I, vin : Notre ms. porte : qui est de rien. Il faut corriger : »,^o *»©\©Cs*|* ow, et
traduire : « qui est d'un autre », et ajouter le reste de la phrase qui devait se trouver dans la la-
cune : sud yap s'çacrav 6[xooû(uov elvoa, o ex tivoç sut'', vj xaxà (xspcajjibv, r\ xaxà peûenv, y) xaxà 7tpoêo).ïiv____

xar' o'jSèv 8è toOtwv scttiv o Ttoç. — 2. La présence de S. Ephrem au Concile de Nicée est invraisem-
blable.

3. Nous croyons devoir rapprocher ici ce passage qui forme la suite de l'histoire du Concile,
interrompue dans le ms. par la liste des Pères. — 4. BH (Chr. eccl., I, 75) écrit : noa*cayo), Eune-
sius. Le texte original devait porter : >aûa*m.o!, transcription de 'Axésioç. Socr., I, x. — 5. Lire :
^û»^» (BH). — 6. Socr., I, xr. — 7. Socr., I, xrv; l'exactitude demanderait: « et reçurent le synode ».

8. Litt. : « des chefs des prêtres ». — 9. Les listes de souscription au Concile de Nicée ont été
éditées et étudiées par MM. H. Gelzer, H. Hilgenfeld et O. Cuntz dans l'ouvrage intitulé : Patrum
Nicœnorum nomina latine, grsece, coptice, syriace, arahice, armenice (Lipsiœ, 1898). Pour faciliter
la comparaison avec les ljstes éditées dans cet ouvrage, nous transcrivons ici les noms aussi litté-
ralement que possible. Nous ajoutons les numéros d'ordre qui ne sont pas dans le ms. Le numéro
qui suit les noms, est celui de la liste restituée (ouvrage cité, p. lx), d'après laquelle la pré-
sente liste doit être corrigée. Nous citons l'ouvrage sous l'abréviation PNn; I = la liste syriaque
de Nitrie, pp. 96-117; II = la liste de VEbedjésus, pp. 118-120. — 10. Lire : Osios. — 11. Lacune
de deux mots. Rest. : 'm^iû^o No^= (PNn, I, p. 96), <m.£iûi.o ,û^o (II, p. 118).

248

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

2. Aleksandros   d'Aleksandria [d'É-
gypto]'(2).

IL [D'Egypte]*:

3. Teos Baribion.
Youspânis*.
Arpoqratis de Pisidia*.

4. Adamantos de Qyno5 (4).

5. Tiberiànos de Tâmouin6 (12).

6. Gaïos de Ça'an7 (10).

7. Potamôn  [d']Heraqles   de Setroi-

tis8 (7).

III. [D'Egypte]» : 12.

8. Doroteos de Pelus[ios] (9).

9. Arkâtiôn de Pharâtos10 (5).

10. Arpoqrâs de Parâgônia11 (223).

11. Philippos de Phanophyson (6).

12. Antiokos de Memphios (11).

13. Petros d'HeraqhV2 (224).

14. Tyranos13 d'Antînô (14).

15. Plousios14 de Lyqô15 (15).

16. Dios d'Antiosie (225).

17. xAlpoqrâtion d'Alophoqrion17 (3).

IV. De la Libye18 supérieure : 6.

18. Serapion (18).

19. Titos (20).

20. Seqondos (19).

21. Zopyros (17).

22. Sqwaa19.

23. Daqis (16).

V. De Palestine : 19.

24. Mâqarios, de Jérusalem (21).

25. Germanos20 [de Neapolis]21 (22).

26. Mârînos de Sebastê (23).

27. Gaïos de Qêsaria22 (24).

28. Eusebios de Soûsa23 (25).

29. Sabinos24 de Gâdara (26).

30. Longinos d'Asqalôn (27).

31. Petros de Niqopolis (28).

32. Marqianos de Yamnia25 (29).

33. Maksimos de Beit Goubrîn26 qui est

Eleutheropolis27 (30).

34. Petros de Maksimianopolis (31).

35. Onorios28 de Yerîljio (32).

36. Eliodoros29 de Zabalôn (33).

37. Aetios30de Loud (34).

1. Il est remarquable que notre liste s'accorde, au début, avec la liste copte. Cf. PNn, pp. Lit,
79. — 2. Titre omis; à moins qu'on ne doive le chercher dans les mots suivants. — 3. L'interpré-
tation de ces trois mots m'échappe. Ils sont altérés et sans doute déplacés. Ar. : ^cus* t*oo|l
»eocujtûûoaa# Le premier nom répond peut-être à 'At65ç (Copt. n° 3; I, II, n° 13). — 4. Paraît être
le même que le n" 17. — 5. Du n° 4 au n° 23, l'ordre s'accorde avec l'index copte. — 6. Copt. :
Tiberios de Thmui ; I, II : Tiberios de Tauthites. — 7. Copt. : de Panyos ; I, de Tmueos ; de
Thebas. — 8. Copt. : Heracleus Setroidos. C'est probablement ce dernier mot qui figurait dans
notre ms. sous la forme : «m^*o^»l (?). — 9. Les différentes listes donnent ici pour titre : Egypte.
— 10. I, II et Copt. : Arhetion de Pharbœtho. — 11. 1, II, om.; Copt., n° 9, mutilé. — 12. I, II,
om. ; Copt. : Heracléopolis. — 13. II : Tyracos. — 14. Ms. : Polsios. Rest. : »m.noak3. I: Olusianos ;
II : Alesios; Copt. : Plusianus. — 15.1, II : Lycon. — 16. I, II, om. ; Copt. : Antœopolis. — 17. I,
II : Alpocranon. — 18. Rest. '. «aaà.. — 19. Répond probablement au Segentus de l'index copte
(n° 22). — 20. Ms. : Gerâmanos. — 21. Le nom est omis dans le ms. — 22. PNn, I et II : Gaianos
de Sébaste. — 23. Il est évident qu'il faut lire avec tous les bons ms. Eusebios de Césarée. — 24.
Ms. : Sakinos. — 25. Ms. : de Yamina. — 26. Ms. : Gmrin. Lire : ^ja^, — 27. Ms. : Ortholo-
polis. — 28. Rest. : ^ooooj^ —Januarius {PNn, I, II). — 29. Ms. : llorodos. — 30. Ms. : Antios.
Lire : wb&^II (I, II).

LIVRE VIL CHAP. II

249

38. Silvânos d'Esdoud1 (35).

39. Patrophilos de Squtopolis2 (36).

40. [Asklepios de Gaza3] (37).

41. Petros d'Ailion* (38). [1245]

42. Anatolios de Qapêtôlias5 (39).

VI. De Phénicie : 12\

43. Zenon de Tyros (40).

44. Aeneas de  Akko, qui est Ptolé-

maida7 (41).

45. Mâgnos de Damasqos (42).

46. Teodoros de Çaydan (43).

47. Elîniqos de Tripolis (44).

48. Grîgorios de Bîroutos (46).

49. Marînos de Tadmor (47).

50. Tadonêos d'Alason8 (48).

51. Anatolios deHeméç9 (49).

52. Philôqâlos de Pânîàs (45).

53. Barlaha, qui est Barlaos, de Têsî10.

54. Ksenodoros11 d'Antârâ[d]os12 (226).

VII. De la Cœlè-Syrie : 22.

55. Eustatos d'Antiokia (50).

56. Zenobios13 de Selôqia (51).

57. Têodotos de Laodiqia (52).

58. Alphios d'Euphêmia14(53).

59. Philoksenos de Mabboug, qui est

Hiérapolis (55).

60. Sâlamanes de Germaniqê, qui est

Mar'as (56).

61. Pîperios de Samîsat (57).

62. Arkelaos de Dolik15 (58).

63. Euphrâ[n]tion de Bâlânêas (59).

64. Pallâdios kor[episcopa] (60).

65. Euboulios 16 de Gabala (61).

66. Bâssos de Zeugma (62).

67. Bassianos17 de Raphànê (54).

68. Gerontios de Saizar18 (63).

69. Eustatos d'Aristân19 (65).

70. Paulos de Neoqesaria (66).

71. Sergis20 de Qourros (67).

72. Seloqos de Gi[n]daros21 (68, 69).

73. Pêgâs22 de Harba-qadam (70).

74. Bassounî de Gamala23 (71).

75. Maniqînos24 de Hémat23 (64).

76. Saliqonis de Yabla d'Arâbia26 (228).

VIII. D'Arabie : 6.

77. Niqomakos 27 de Bostra (72).

78. Qouron28 de Philadelphia (73).

79. Gennâdios de Hesbon29 (74).

80. Sêvêros de Sodôm (75).

81. Sopateos30 de Bêrîntanîs (76).

82. Sévèros de Ramat-GaFad31 (77).

IX. De Mésopotamie : 5.

83. Aitallaha32d'Orrhoë (78).

84. Yaqoub de Neçîbîn (79).

85. Antiokos de Rîs'ayna (80).

\.PNn,l : uioaloi! ; II : usa^aaol, Azotus. — 2. PNn, I : de Baisan. —3. Nom omis. PNn,l: 'aon.ftNoml.
— 4. PNn, I : Allas; II : Aînas. — 5. PNn, I, II : Capitoliados. — 6. Les listes syr. ne donnent
que 10 év. La liste copte (p. 83) est d'accord avec notre texte. — 7. Ms. : Polomanda. — 8. Lire :
^aoLSs. PNn, I : Alasou; II : Agela. —9. Émèse. —10. Copte : Thersea; c(.PNn,p. lxx, n° 227.—
11. Copt. : Sinodoros. — 12. Les n°" 53 et 54 sont omis dans les listes syriaques. — 13. Ms. : Zeno-
kios. — 14. Apamée. — 15. Ms. : DoHk. Lire : y^.». — 16. PNn, I, II : Zoilos. — 17. PNn, II :
Asianus. — 18. I, II : Larisa — 19. II : Arethusix. — 20. I et II : Siricius. — 21. I et II :

Séleucus chorepiscopus ; Petrus Gindaris. — 22. II : Pelagius. — 23. I, II : de Gaboula. — 24. I:
Manicius. — 25. II : Epiphaniœ. — 26. Omis dans I et II; Copt. : Heliconos de Abala = Heliconius
Abilse. Rest. : U**h ua.iûûA»(?) —27. II : Nlcimus. —28. I, II : Cyrion. — 29. I : Esbunton- II :
Esbultium. — 30. I, II ; Sopatros. — 31. I, II : Dionysiados. — 32. II : Absalom.

l 32

250 CHRONIQUE DE

86. Mara* de Maqedonopolis2 (81).

87. Yohannan de Perse3 (82).

X. [De Cilicie : 11}'.

88. Teodcbios"' de Tarsos (83).

89. Amphion6 d'Ep[ip]hania (84).

90. Nârqîssos de Nêrônîas (85).

91. Mousa de Qastaboula (86).

92. Nîqêtos de Flabiàs7 (87).

93. Eudêmon korepiskopa (88).

94. Paulinos8 d'Adana (89).

95. Maqedonios de Mopsuestia9 (90).

96. Tarqo[n]demantos d'^Egêos (91).

97. Esykios d'Alexandrie10 (92).

98. Narqi[ss]os d'Irenopolis11 (93).

XI. De Cappadoce : 8.

99. Leontios de Qêsaria (94).

100. Eutykios12 de Tyana13 (95).

101. Erytrios14de Qôlônia (96).

102. Timoteos15 de Qybîstra (97).

103. Ambrosios10 de Qomana (98).

104. Stephanôs korepis[kôpa] (100).

105. Rôdôn korepis[kopa] (102).

106 Gôrgonios korepis[kopa] 17 (99).

XII. De la Petite Arménie : 4.
107. Eulalios de Sebastia (104).

flEL LE SYRIEN

108. Avitios de Selatelai8(105).

109. Eudromios korepiskopa (101).

110. Teophanes korepis[kopa] (103).

XIII. De la Grande Arménie : 2.

111. [A]ristos19d'Arménia (106).

112. Arqrîtos20 de Diospontos21 (107).

[126] XIV. Du Pont: 7.

112. Eutykios d'Amàsia22 (108).

113. Eulkasios d'Oumaqa22 (109).

114. Eraqlès de Zalon22 (110).
Polomamniakios de Pontos23.

115. Longînos24de Neoqesaria (111).

116. Domânos29 de Trapêzôn (112).

117. Strâtôphûlos26 de Pontos27 (113).

XV. De Paphlagonie28: 3.

118. Pefrônios de Diopolis20 (115).

119. Philâdelphos   de Pompéiopolis

(114).

120. Eutykios30 d'Amâstris31 (116).

XVI. De Galatie : ,5.

121. Pankâros32 d'Anqoura (117).

122. Dioseos33 de Têkànâ34 (118).

123. Erektiosd'Amosa35(119).

1. II : Maros. — 2. I, II : de Birta. — 3. II ajoute, entre Mara et Yohannan, Siméon Amidie
Maruthas Maipherkatze, Georgius Syngarorum, interpolation manifeste. — 4. Titre omis. — 5. I,
II : Theodorus. — 6. II : Apion. — 7.1: Flaviados; II : Ptolidis. — 8. Ms. : Polianos. — 9. Ms. :
Mampostia. — 10. Ms. : Alexandros. — 11. Ms. : Airiopolis. — 12.1, II : Eupsychius.— 13. Ms. :
Teona. Rest. : W<^,. — 14. Ms. : Euroutadios. — 15. Ms. : Timetos. Rest. : «AoollW^. — 16. I, II,
Helpidos. — 17. I ajoute : Eudromius et Theophanes; II : Eudromius seul (cf. § XII). — 18. I, II :
Euhethios Satalorum. — 19. Ms. : Rstks; I : Aristacius; II : Aretus. —20. I, II : Acrites ;
Copt. : Arices d'Arménie. - 21. I aj. : Eutychianus Amasise; Helpidus Comanôn et Heraclius Ze-
lân; II : Eutychius, Helpidus et Heraclius Zenon; Diospontus est en réalité le nom de la province
de ces trois évêques. — 22. Cf. note 21. — 23. Ces mots : IIovtou rioX£[xoviaxo0, formant un titre, ont été
pris à tort comme un nom d'évcque. — 24. II : Lingnicus. — 25. I, II : Domnus. — 26. Ms. : Stra-
topolos. — 27. I, II : de Pilyunta. — 28. M. : Paphagonia. — 29. I, II : Junopolis. — 30. I, II :
Eupsychius. — 31. I : Amastridos; II : Armistia. — 32. I, II : Marcellus. — 33. I, II : Dicasius,
— 34. I : Tyana; II : Tauias. — 35. I : Gadamauson; II : Gadamana.

LIVRE VII. CHAP. II

251

124. 'Orgônios1 do Qînôn (120).

125. PhilAdelphos...1 (121).

XVII. D'Asie: [6].

126. Têonas de Qouzîqos3 (122).

127. Mênophantos d'Ephesos (123).

128. 'Orion d'Ailiôn4 (124).

129. Eutykios de Smyrna5 (125).

130. Mitros deHypaipon6 (126).

131. [Marinos7 d'Ilion8; (127).

XVIII. De VHellesponl».

132. Paulos d'Aeana10 (128).

XIX. De Lydie : 8.

133. Artemidoros11 de Sârdê (129).

134. Seros de Tyatira 12 (130).

135. Etoimasios13de Philadelphia (131 j.

136. Philon14 de Barîsimou13 (132).

137. Agôgios de Tripolis (133).

138. Plastikos16 d'Antoura17 (134).

139. Antiokos dAurelianopolis18 (135).

140. Markos d'Astîdou19 (136).

XX. De Phrygie : 7.
Magikos de Dàmasqos20 (42).

141. Nounebios*1 de Laodiqia (138).

142. FlAqqos de SAnAs" (139).

143. Proqopiôs23 de Sènâna24 (140).

144. Pistos23 d'Azînôn20 (141).

145. Atenodoros de Dorylos27 (142).

146. Eugenios d'Euqarpia28 (144).

147. PrAqos20 d'Arapolis30 (145).

XXI. D'isaurie : 17.

148. Steph[an:os de 'Arâton31 (174).

149. Atanasios de Qoropîson32 (175).

150. Hedesius de Qlodianopolis33 (176)

151. Agapos34 de Selôqia (177).

152. Silvânos de Metropolis33 (178).

153. Faustos dePanemouteikôs (179).

154. Antônios30 d'Antiokia (180).

155. Nestor de Syrdaon37 (181).

156. Qourillos de NômAdon38 (183).

157. Esokîros39, korepis[kopa] (182).

158. Teodoros d'Aôasdon40 (184).

159. Anatolios, korepiskopa (185)

160. Tiberios clAlsîtron41 (188).

161. Paullos de KArAndon42 (186).

162. Qoutos43 korepiskopa (187).

163. Aqollos44 korepiskopa (189).

164. Eusebios d'Isauria (190).

1. I, H : Gorgonioa. — 2. I : de Juliopolis; II : à'Aureliopolis. — 3. Ms. : Qouznqos ; I : Coryci;
II : Cynici.  — 4. I : Eliani,       ; II : Eleion, — 5. Ms. : Smyra. — 6. I, II : Hyclonœ. —

7. Nom omis dans notre manuscrit; I : Macrinus; II : Marcianus. — 8. I : ^2^^.; II ; ^a^*'.

— 9. Lire : iaia^iam.^. Le prototype grec portait probablement Maptvoç 'IXt'ou 'EXXy](T7i6vtou. —
10. I, II : Aneas. Rest. : ii»<^û9. — 11. Ms. : Artêmêdîros. — 12. Ms. : Taytira. — 13. Ms :
Astimaoqios. Lire : >^a-.ro^>oa^,|. — 14. I} H ; Pollion. — 15. I : Bareas; II : Beroë. — 16. I, II ;
Florentins. — 17. I, II : Ancyrse siderœ (ferrese). — 18. Lire : «m^.û9ûj|A«^o|. — 19. I : Standou;
II : Staria. — 20. Lire : asoûi^^. Répétition du n» 45. —21. I : Nunechius. — 22. I : Sanaon. —
23. I, II : Procopius. Rest. : •¦eocuSaoo;} ; Ms. Prosopros. — 24. I : Synadon. — 25. Pisticius. —
26 I, II : Azanon. — 27. I : Dorylion; II : Dorylaos. Lire : a»o\}o,. Ms. : Dôrios. — 28. Lire :
LSJUool (I, II); Ms. : Asrapia. — 29. I, II : Flaccus. ~ 30. I, IL. Hiérapolis. — 31. I, II : Baraton.

— 32. 1, II : Atheneus Coracesii. — 33. I, II : Claudiopolis ; ms. : Qlidounopolis. — 34. I, II :
Agapius. — 35. Ms. : Metronopolis. — 36. I, II : Antoninus. — 37. I : Syedron; II : Syedra. —
38. I : Thymanadon; II : Thymanada. — 39. I, II : Hesychius. — 40. I : Ouasadon; II : Ouasada.

— 41. I : Listrdi; II : Alistron. — 42. I : Larandon; II : Laranda. — 43. Quintus. — 44. I :
Aquilas; II : Aclius.

252

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

XXII. De Bithynie : U.

165. Eusebios de Nikomodia (193).

166. Teognis1 de Niqia (194).

167. Mârîs deKâlqèdôn\l95).

168. Qorion* de Qoros 3 (196).

169. Esykios de Prisa 4 (197).

170. Gôrgonios d'ApolIonia5 (198).

171. Gôrgios dePelousias6 (199).

172. Euioustios7 d'Adrianopolis 8 (200).

173. Teophanes korepiskopa (201).

174. Roufos de Qèsaria (202).

175. Eulalios korepis[kopa] (203).

XXIII. De Cypre : 2.

176. Qourillos de Paphos (191).

177. Gelasios de Salamînê (192).

XXIV. De Lycaonie' : 12.

178. Eulalios d'Iqonion (146).

179. Telêmâkos d'Adrianopolis (147).

180. Esykios de Neapolis (148).

181. Eustykios10 de Selôqia (149).

182. Gerânios de Lèmâon11 (150).

183. Taroumiqos 12 d'Euphêmia (151).

184. Aqadêmos de Myritînî 13 (154).

185. Polykarpos de Mêtrôpolis (153).

186. Patriqios d'Anladia14 (152).

187. Aqadèmios de Pâpôn(154).

188. Éraqlis de Bceroe (155).

189. Teodoros d'Aqlasâdon15 (156).

XXV. De Lycie : 2.
Adon de Lyqia 10.

190.

191.

192.

193.

194.
195

196.

197.

198.

199.

200.

201.

202.

203.

204.

205.

206.

207.

208.

209.

210.

Eudemos de Pàtara (157).

XXVÏ. De Pamphylie : 7.
Qâlîqlis de Pergê (158).
Euresios de Têlmisos17 (159).
Euksios18 d'Eurekon19 (160).
Doumônos d'Espadon20 (161).
Qôntinos21 de Sêlôqia (162).
Patriqios   de Maksimiano[polijs

(163).

Aphrodisos de Magédôn22 (164).

XXVII. Des Iles : 4.
Euphrosynos de Rhodos (165).
Alaparon23 de Qô (166).
Stratêgosde Lemnos24 (167). [127]
Lêtarodaros25 d'Apollonias20 (168).

XXVIII. De Carie : 5.
Eusebios d'Antiokia (169).
Ammonios d'Aphrodisias27 (170).
Eugenios d'Apollonias (171).
Letodoros de Qybîrâton (172).
Eusebios de Milition (173).

XXIX. De Thrace™ : 1.
Pederos29 d'Eraqlia (204).

XXX. De Dacie : 2.
Protogenes de Sar[d]iqê (205).
Marqos de Qoumêon30 (206).

XXXI. DeMysie : 1.
Pistos de Marqianopolis (207).

1. Ms. : Teogabes. — 2. I, II : Cyrillus. — 3. I : Qiaâa; II : Qiôs. — 4. I, II : Prusas. — 5. Ms. ;
Apomonia. — 6. II : Prusiados. — 7. I; II : Euhethius. — 8. Lire : ua&à.a'îajU»»!. — 9. I, II : de
Pisidie. — 10. I, II : Eutychius. — 11. I : Araunicos de Limenôn; II : Uranios de Timena. —
12. I, II : Tarsicius. — 13. Répét. du n» 187; Copt. 156. — 14. I : Amplados; II : Ampeladia. —¦
15. II: Eusâdôn. — 16. Corruption de : Ou<j]àSwv. Auxîa? ; Copt. n° 161. — 17. I : Termissu; II:
Termissa. — 18. I : Zeuxios; II : Douxios. —19. I : Ouarabon;\l : Syarba. —20. I, II • Domnus;
I : Aspendou; II : Aspenda. — 21.1 : Qantianos; II : Qôztinos. — 22. II : Mâgtda. — 23. I, II ;
Meliphron. — 24. Lire : noai*^; Ms. : Limos. — 25. I : Altidorus; II : Œlitcdorus. — 26. Corcyrx.
— 27. Ms. : Parodisias. — 28. I, II : d'Europa. — 29. Ms. : Peredos. — 30. I, II : Calabria.

LIVRE Vil. CHAP. II

253

XXXII. D'Achaïe : 3.

211. Pistos dAtênas (212).

212. Marsos de Byzantia' (213).

213. Strategos d'Ephestia (214).

[XXXIII. De Macédoine : i]\

214. Aleksandros de Tèssalonîqè (209).

XXXIV. De Thessalie : 2.

215. Qlaudianos de Tessalia (215).

Nous avons écrit ces noms des Pères q,
nous accompagne ! Amen.

216. Qléoniqos* de Têbaîs (216).

de Kartagena f :

217. Qiliqianos (208) ; de Strobon :

218. Bodanos (210); de Panonia :

219. Domânos (217).

220. Niqâsios5 [de] Dousia6 (218).

de Gottia :

221. Teophilos (219); de Bosphoros :

222. Qadmos (220).

nous avons rencontrés. — Que leur prière

Ap?*ès Eusèbe, Mar Jacques fît des canons [chronologiques]1. Il dit8 au commen-
cement de sa Chronique9 : « Eusèbe Pamphile, évoque de Césarée, qui est [la Tour]
de Straton, en Palestine, a fait cette grande et fameuse Chronique universelle, avec
tout le soin, la diligence et l'exactitude qu'il est possible aux hommes d'apporter à
l'examen10 des temps éloignés. — Il y a placé, en ordre, le comput des années et des
temps, et les événements qui s'y sont passés, depuis Adam, le chef de notre race,
jusqu'à la première année d'Abraham, le premier [père]11 des Hébreux, jusqu'à Ninus u,
le second roi des Assyriens, qui bâtit Ninive, jusqu'à Europus, le second roi de Si-
cyône, qui est dans l'Hellade, le pays desGrecs: d'après les livres sacerdotaux de Moïse,
pour les choses qui concernent les Hébreux, et d'après les livres des histoires chal-
déennes,assyriennes et égyptiennes. — Il y ajouta en outre beaucoup de développements
à partir du temps susdit du patriarche Abraham, de Ninus, fils de Belus, [roi]13 des Assy-
riens, et d'Europus, [roi] des Sicyôniens, jusqu'à l'an 20 de Constantin le Victorieux,
empereur des Romains. — Il mentionne beaucoup d'empires : tous ceux qui ont do-

1. I, II : Euboas. — 2. Titre omis. — 3. Ms. : Qaleniqos. Rest. : usoûûuoILo. — 4. A partir d'ici
l'ordre est complètement troublé dans le ms. ; Carthagène est pris pour un nom de province, et le
ms. ajoute 5 après ce mot. Le premier traducteur avait sans doute sous les yeux un index grec ana-
logue à celui qui est donné PNn, p. 70. — 5. Ms. : de Niqâsios. — 6. I, II : Doutas.

7. Ce qui reste des Canons chronologiques de Jacques d'Edesse a été édité par M. E. W. Brooks
(Z. D. M. G., t. LUI [1899], p. 261 sqq.; cf. p. 534, 550, et t. L1V, p. 100). Nous citons ce travail en
indiquant l'année à laquelle M. Brooks a rattaché les textes auxquels nous nous référons. — 8. La
leçon : à>.»3o de notre ms. paraît fautive. La version arabe dit simplement : ^.ûû* Je proposerais

de restituer : ;*s| **-i>. Po. — 9. Ce qui suit forme la Préface de la Chronique de Jacques d'Edesse.
Cette préface a été éditée par Wright, Catal. of Syriac Mss. of the British Muséum, p. 1062,
d'après le ms. Add., 14685. — 10. Wright : û3,;*à»o — 11. Wr. : Uo»o l~=l o'w. — 12. Lire :

,2ûûlJx ko,Yo (Wr.). — 13. Wr. aj. : [i^o.

254

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

miné en Europe, en Libye, clans la Grande Asie, [je veux dire 1 ceux des Chaldéens,
des Assyriens, [des Sicyôniens]*, des Argiens, des Athéniens, des Hébreux, des
Egyptiens, des Latins qui furent ensuite appelés Romains, des Mèdes, des Babylo-
niens, des Lydiens, des Perses; [tous] les autres3 qui ont existé après ceux-ci parmi
les Grecs, je veux dire ceux des Macédoniens, des Corinthiens, des Lacédémoriiens ;
ceux qui ont dominé, après Alexandre le fondateur4', sur l'Egypte, la Syrie et l'Asie;
enfin, le dernier empire des Romains depuis Julius César et Augustus Sèbastos jusqu'à
Constantin le Victorieux. — Il distingua et établit l'époque de chacun d'eux par années
séparées, et il montra le moment où ils s'élevèrent et commencèrent, la fin [128] et la
cessation de chacun d'eux. Il a signalé le souvenir distinct des événements concernant
chacun des rois et des généraux, à quelle époque florissait chacun des sages et des
écrivains célèbres de tous les peuples, des philosophes et des poètes des Grecs; [il
a signalé] aussi les histoires des héros et des femmes célèbres, fameux parmi eux, les
combats et les victoires des hommes mentionnés dans les chroniques, les construc-
tions de villes, les fondations de colonies et les autres événements qui survinrent
durant, tout le temps compris dans sa Chronique, qu'il a fait finir, comme on le sait
déjà, à l'an 20 de Constantin.

Depuis cette époque jusqu'à présent, personne n'a pris soin d'ajouter au Canon
rédigé par lui les temps qui ont suivi, et j'ai pensé qu'il ne convenait pas que je laisse
sans mention les événements survenus depuis lors jusqu'à présent, pour autant que le
Seigneur m'aidera et que j'en aurai la force. — De même qu'il a rédigé un Canon chro-
nologique, qu'il y a enfermé en abrégé les événements d'alors, qu'il y a placé les
années des empires l'une en face et à côté de l'autre, de manière qu'il soit facile à
ceux qui le rencontrent [de connaître]5 quels furent, à une même époque, les rois,
les généraux, les savants, les écrivains ou ceux qui, en quelque endroit que ce fût, se
sont illustrés en quelque façon6; de même aussi, sur cet exemple, j'établirai, à par-
tir de l'an 20 de Constantin, un Canon qui renfermera les temps suivants, et j'v
ordonnerai successivement, à côté l'une de l'autre, les années des empires qui ont
existé, de ceux du moins dont la succession des temps7 de leur existence nous est
connue, et les événements qui ont eu lieu pendant la durée de chacun d'eux, ainsi
que les hommes qui se sont rendus célèbres en quelque façon soit par la vertu, soit
par l'éclat.

Comme nous devons nécessairement proposer et préparer les préliminaires de ce
Canon, il faut que nous parlions tout d'abord de la fin du Canon d'Eusèbe et ensuite
que nous donnions] un exposé spécial8 de chacun des empires séparément, et quand

1 Wr, aj. : l'Ifcol. — 2. Sic, Wr. ; omis dans notre ms. — 3. Wr. : ^ov^ ^mo. — 4. Wr. : « le
méchant »; mauvaise leçon. — 5. Wr. : ^3, — 6. Wr. : <~.jjû*> oowt. — 7. Wr. :

Usa.. ^ ^,.boot. — 8. Wr. : lu*»,» li.oj-.a~-*.

LIVRE VIL CHAP. II

255

toutes ces choses auront été dites, il nous sera facile de procéder à l'établis-
sement du Canon1. » — .1 la suite de cela Jacques a écrit depuis Adam jusqu'à
Constantin, Pépoque et le nom des rois, successivement et exactement, et ensuite, depuis
Constantin jusqu'au roi des Arabes 'Abdallah.

Note de Théodosius d'Edesse. — // faut savoir qu Eusèbe, dans la Chronographie
qu'il a rédigée, a commencé à Abraham le Canon des années et est venu jusqu'à Van
20 de Constantin. Or, Jacques, de la ville d'Edesse, qui a transcrit le livre du grec en
syriaque, a ajouté les temps et coordonné les événements non seulement depuis Adam
jusqu'à Abraham, mais aussi depuis Constantin jusqu'il son époque, époque à laquelle
régnait, sur les Romains, Justinien, et sur les Arabes, 'Abd[allah]*. Il revisa attenti-
vement toute la Chronique, tant à propos des empires qu Eusèbe a passés sous silence,
qu'à cause des autres choses dont ce vénérable [Jacques] /'appelle le souvenir. Et quand
il commence à disposer celles-ci par années, il rattache3 l'an 20 de Constantin à Van 21.
— Quant à nous, pour que la supputation ne soit pas troublée, après les Canons
d'Eusèbe nous plaçons ceux que Jacques lui-même a faits'*.,

1. Ce dernier alinéa n'est qu'un résumé. Le texte complet, donné par Wright, est plus ex-
plicite; il marque clairement le sujet de chacun des quatre chapitres de l'Introduction de Jacques
d'Edesse. En voici la traduction : « Comme il n'est nécessaire de proposer d'abord et de préparer
les préliminaires de ce canon, il faut premièrement que nous les exposions. Or, les préliminaires
nécessaires de ce canon sont ceux-ci : 1° D'abord [nous devons parler de] la fin du canon même
d'Eusèbe, du quantième des années qui s'y trouve, et de la manière dont il convient de supputer
notre propre canon et de l'y rattacher; 2» Ensuite [nous devons montrer] quels sont les empires dont
Eusèbe ne parle pas, qui existaient a cette époque, antérieurement à la fin de ce canon concurrem-
ment avec l'empire des Romains ; 3° Après cela [nous dirons] quels sont les empires que nous
mentionnerons dans le canon, simultanément, l'un à côté de l'autre, en même temps que les empe-
reurs romains; 4° Enfin [nous donnerons] une exposition claire de la succession des temps de
chacun de ces empires séparément. Et quand toutes ces choses auront été dites et préparées, il
nous sera facile de procéder à l'établissement de notre canon. » Voir dans notre Introduction le
chapitre consacré aux Sources de Michel. — 2. Jacques d'Edesse est mort en 708. Mais la Chronique
a dû être écrite en 692, sous le premier règne de Justinien II (685-695) et sous celui de 'Abd cl-
Mélik, fils de Merwan (685-705). Néanmoins la leçon : 'Abdallah (écrite en entier dans le ms. ar.
du British Mus., ici et plus haut) est admissible, car l'auteur vise sans doute 'Abdallah fils de Zobaïr
que BH. place dans sa Chronique (p. 111) entre Merwan et 'Abd el-Mélik (cf. Quatremere, Mém.
hist. sur la vie a"Abdallah ben-Zobair, dans le Journ. asiat., 1832). — 3. La phrase est quelque
peu obscure, mais le sens n'est pas douteux. La Chronique d'Eusèbe s'arrête à l'an 20 de Constantin
et Jacques commence la sienne à l'an 21. — 4. L'auteur veut probablement dire qu'il n'a pas tenu
compte dès le début de la correction de 3 ans faite par Jacques, au canon d'Eusèbe (cette correc-
tion est introduite à l'an 690 des Séleucides); cf. ci-dessous, chap. vin, note marg. Comme nous
l'avons dit (p. 206) nous reproduirons les Canons de Jacques d'Edesse au XIe Livre de celle Chro-
nique et nous montrerons les altérations que le compilateur leur a fait subir.

256

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

CHAPITRE III DU LIVRE VII. — [129] Commencement des canons ajoutés
par Jacques, à la suite d'Eusèbe*. — De la conversion des Ibères et des
Ethiopiens, qui eut lieu au temps de l empereur Constantin le Victorieux.

rois
	des  perses 1
	rois des
	romains 2

1. Arda sir :
	15 ans.
	21. Alexandre, fils d
	e Mamma : 7 ans3.

2. Sabhour :
	31 ans.
	23. Gordianus -* :
	6 [ans].


	
	24. Plîilippus :
	7 [ans].


	
	22. Maximinusa :
	3 [ans].

3. Hormizd :
	2 ans.
	25. Decius :
	1 [an].


	
	26. Gallus :
	1 [an].

4. Varahran :
	17 jours.
	Volusianus :
	2 [ans].


	
	28. Claudius :
	1 [an].


	
	27. Valerianus6 :
	15 [ans].

5. Varahran :
	16 ans.
	30. Tacitus :
	6 mois.


	
	Claudius 7 :
	1 [an].

6. Varahran Sag
	'ansah :   4 mois.
	29. Aurelianus :
	6 [ans].


	
	31. Florianus :
	80 jours.

7. Narsê :
	7 ans, 1 mois.
	32. Probus :
	6 ans.


	
	33. Carus :
	2 ans.

8. Hormizd :
	7 ans.
	34. Diocletianus :
	21 [ans].

9. Sabhour :
	69 ans.
	35. Constantinus :
	20 ans.

D'après la somme des années des rois
		des Romains et des
	Perses, il est no-

toire que l'an 20 de Constantin était l'an 19 de Sabhour. — En effet, depuis
l'an 7 d'Alexandre, fils de Mamma, jusqu'à cette année 20 de Constantin, on

* Note marginale : Scholion. Le docteur Jacques montre tout d'abord l'erreur de 3 ans qui est
dans le canon d'Eusèbe, et pour cela, comme la fin du Canon chronologique que celui-ci a réuni se
trouve en la 3e année de la CCLXXVh olymp. Jacques, en reprenant la suite, a placé son point de
départ en la lre année de la CCLXXVle olymp., et il commence à partir d'ici. — Cette note ré-
sume le premier chap. de l'Introduction de Jacques d'Edesse. Cf. Wright, Calai., p. 106'i ; et ci-
dessus, p. 255, n. 1. Eusèbe finissait ainsi : Ol. CCLXXVI, an 3 = an 20 de Constantin; et Jacques
commence : Ol. CCLXXVI, an 1 — an 21 de Constantin.

1. Ce tableau est probablement tiré de l'Introduction de Jacques d'Edesse, d'après ce qui vient
d'être dit dans les notes précédentes. Nous ajoutons les numéros d'ordre. Cette liste est à corn*
parer avec le tableau chronologique dressé par Noeldeke (Gesch. d. Sassan., p. 435). — 2. Nous
ajoutons des numéros d'ordre conformes à ceux qui sont donnés dans les tableaux chronol. (ci-
dessus, p. 237-238)/— 3. A partir de la 7e année de son règne. — 4. Nous suivons l'ordre du ms.
L'ordre réel est à rétablir d'ajurès les numéros. — 5. Ms. : Maximianus. — 6, Ms. : Aurelianus.
•— 7. Répétition du n° 28, sans doute pour présenter la seconde année inscrite au tableau (p. 238).

LIVRE VII. CHAP. III

257

compte 98 ans, et depuis la lre année d'Ardesir jusqu'à l'an 19 de Sabhour, il y
a aussi 98 ans

Ce Sabhour régna 70 ans, et l'an 20 de son règne devant [130] être inscrit le
premier au commencement du Canon de Mar Jacques, il est clair que ce Canon
doit présenter 50 des années de Sabhour; puisqu'il commence [pour les années
des Romains] à l'année 21e de Constantin, qui est celle de son 7e consulat et du
3e consulat de son fils Constantin César; et pour les années des Perses, à l'an
20 de Sabhour, qui est le 9e roi du dernier empire des Perses, surnommé des
Sassanides.

L'empereur Constantin, après avoir fait disparaître tous les tyrans par la vic-
toire que Dieu lui donna, purifia l'Eglise de la lèpre de l'hérésie. Ensuite il lit
grandir et exalta les chrétiens et les fit libres8. Il bâtit et restaura [les églises] ;
il partagea et assigna des revenus 3 aux monastères et aux églises, et aussi aux
veuves et à tous ceux qui étaient attachés au service de Dieu*.

Il ordonna à Eusèbe et aux autres évêques de lui procurer les livres de l'An-
cien et du Nouveau Testament5 et un comput convenable, d'après le calcul des
mois solaires et lunaires, en vue de la Fête.

Il établit ses trois fils Césars : un en Occident, un en Orient, et l'autre dans
le Midi. Son fils aîné s'appelait Constantin, du nom de son père, et le cadet Cons-
tance ; tous les deux persévérèrent inébranlablement dans la pure confession
de leur père. Le plus jeune qui s'appelait Constant déclina et devint arien pour
le motif que nour ferons connaître plus tard6.

Le roi [131] des Perses, qui est Sabhour, excita une violente persécution
contre les chrétiens de son empire7. A cause de cela, l'empereur Constantin en-
voya à Sabhour des messagers et des lettres; et parle soin de l'empereur fidèle
et l'aide que Dieu lui donna, la persécution des chrétiens cessa aussi dans l'em-
pire des Perses, après l'accomplissement des luttes glorieuses que firent pa-
raître les saints martyrs qui y furent couronnés dans le temps de la persécu-
tion8.

1. La somme des années fournie par le tableau mis en tête de ce chapitre ne concorde pas adé-
quatement avec ces données. — 2. C'est-à-dire : « il les exalta, les anoblit, les fit sortir de l'igno-
minie ». — 3. Restituer : >^> (Jac. Edess., ad ann. 1.), Siâpiov, diarium. Cf. Z. D. M. G.,
LIV, 100. — 4. Jac. Edess., ad ann. 1. — 5. Ibid. ; Socr., I, ix et Theod., I, xvr, rapportent la lettre
de Constantin à ce sujet. — 6. Cf. Socr., I, xxxvni. Il est à peine nécessaire de remarquer que cet
exposé est inexact, et que ce fut Constance qui favorisa les Ariens, tandis que ses deux frères
demeurèrent dans l'orthodoxie. Les noms de ces princes sont souvent écrits en abrégé dans les
mss. syr. : Const., ce qui est une cause de fréquentes confusions. — 7. Jac. Edess., ad ann. 13.
— 8. La grande persécution excitée par Sapor contre les chrétiens de son empire dura avec de
courtes interruptions pendant 39 ans (340-379). Elle commença après la promulgation de l'édit
contre les chrétiens en 340 (cf. Noeldeke, Gesch. dur Perser ... aus Tabari, p. 411). Mais il y
1. 33

258

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

A cette époque1, un philosophe tyrien, qui s'appelait Meropius, s'en alla dans
le pays des Indiens5 et des Kousites avec deux jeunes gens, Adosius et Fru-
mentius, pour voir le pays et en faire la description. La paix qui existait entre
les Romains et les Indiens fut rompue, le philosophe et ceux qui étaient avec lui
furent pris en mer; les Indiens les tuèrent et il ne resta que ces deux [jeunes
gens] qui furent donnés au roi. Ils grandirent auprès de lui, et il leur donna la
liberté au moment de sa mort. Ils restèrent auprès de son fils qui régna après
lui et obtinrent l'autorité dans toute la région de l'Inde, comme [autrefois] Joseph
en Egypte. Ils bâtirent là une église aux chrétiens qui y étaient réunis. Ils ins-
truisirent le roi et d'autres personnes, Alors, Frumentius s'en alla à Alexandrie
et fit savoir à Athanase que les Indiens désiraient se convertir et recevoir le
baptême; il lui demanda d'envoyer avec lui un évêque. Athanase dit : « Il n'y a
personne plus propre que toi à les convertir tous de l'erreur. » Il le persuada,
l'ordonna évêque et le renvoya. [132] Dieu fît par ses mains des miracles et des
prodiges admirables. Il s'agit de l'Inde Intérieure; car l'apôtre Thomas avait
prêché dans l'Inde Extérieure et chez les Parthes et Matthieu aux Kousites;
mais Flnde Intérieure se convertit à l'époque de Constantin.

L'Ibérie Intérieure crut aussi dans le Christ du femps de Constantin, de cette
façon3 : Une femme chaste* fut faite captive par un Ibère de l'Ibérie Extérieure
qui est dans le voisinage du Pont-Euxin. Ceux-ci sont différents des Ibères de
l'Espagne. Il arriva que le fils de leur roitelet tomba malade. Sa mère le soignait
de toutes façons selon leurs usages et il n'en était pas soulagé. Elle demanda à
cette captive de lui rendre la santé parce qu'elle voyait ses œuvres saintes.
Celle-ci l'ayant placé sur sa natte de poil dit : « Que le Christ qui a guéri beau-
coup [d'infirmes] guérisse aussi cet enfant! » et à l'instant même il fut guéri. —
Après cela, la femme du roi tomba elle-même malade et eut recours à cette même
captive. Elle alla la trouver et, pareillement, à l'instant elle fut guérie. Elle devint
célèbre et prêchait à tous la foi dans le Christ-Dieu. Le roi lui envoya des pré-
sents. Elle ne les accepta point, mais elle dit : «Que le présent soit la promesse
du roi de croire dans le Christ », mais le roi n'y consentit pas. Quelques jours

avait eu déjà auparavant sous son règne des persécutions locales et temporaires. Les Actes des
Martyrs de Perse ont été écrits par Marouta, év. de Maipherkat, et publiés en partie par E. Asse-
m ani, Acta martyrum, t. I et II, puis par Bedjan, Acta martyr, et sanct., t. II. Voir aussi Hoffmann,
Ausziige aus syrischen Aktenpersischer Mdrtyrer. Cf. Duval, La littérature syr., p. 129 sqq.

1. Le récit est tiré de Socrate (I, xix). Cf. Theod., I, xxin; Sozom., II, xxiv. — 2. Les auteurs
syriaques, comme beaucoup d'anciens, désignent les Ethiopiens sous le nom d'Indiens et l'Ethiopie
sous le nom d'Inde intérieure. — 3, Le récit est tiré de Socrate (I, xx). Cf. Theod., I, xxrv; Sozom.,
II, vu. — 4. D'après les traditions arméniennes le nom de cette femme était Nina, et celui du roi
qu'elle convertit : Mirian. Cf. P.-A. Darras, Sainte Nina ou Sainte Chrétienne, dans la Terre-
Sainte, t. XVII (1900), p. 86 sqq.; Langlois, p. 120, note 6.

LIVRE VIL CHAP. III

259

après, il sortit à la chasse. Une tempête et un ouragan s'abattirent sur eux [133]
et ils étaient sur le point de mourir; [il invoqua ses dieux] et n'en reçut point de
secours. Il eut recours au Dieu de cette captive, et, à l'instant même, la tempête
se dissipa et le calme se rétablit. C'est pourquoi, à son retour, il rassembla tout
son peuple et leur ordonna de confesser le Christ; et ils se mirent à bâtir une
église sur le plan que la sainte leur exposa. Comme ils ne pouvaient ériger une
grande colonne de marbre blanc qui demeurait attachée par l'opération des dé-
mons, cette femme pria, et d'elle-même la colonne s'éleva dans l'air ; comme
ils la regardaient, plongés dans l'étonnement et glorifiant [le Seigneur], elle se
plaça d'elle-même sur la base où ils voulaient l'ériger. Et jusqu'à ce jour ce
prodige est célèbre. Alors les Ibères envoyèrent trouver l'empereur Constan-
tin et en reçurent des évêques, des prêtres et des clercs. Et ainsi ils crurent et
furent baptisés.

De même, quand Constantin le Victorieux eut vaincu à la guerre les Sarmates
et les Goths, ils crurent à la religion des chrétiens1.

L'empereur bâtit une église à côté du chêne de Mambré, où Abraham avait
recula révélation. —Il bâtit aussi une église à Baalbek de Phénicie,car les ha-
bitants de cette ville étaient plongés dans une grande erreur; leurs femmes
étaient en commun et on ne connaissait pas le père de chacun. Ils donnaient
même leurs vierges aux passants pour qu'ils les violent. Il leur fît ordonner un
évêque, et peu à peu ils se rangèrent2.

L'empereur fit aussi établir une grande église de toile qui devait circuler avec
lui \ — Il bâtit à Antioche l'église octogone4.

Il fit un pont5 sur le fleuve du Danube. Ses armées le franchirent ; il soumit
les Scythes et les amena à la foi6.

Quand eut lieu la grande famine dans les pays d'Orient, Constantin le Victo-
rieux ordonna de donner la nourriture à ses frais aux pauvres et aux clercs. Il
donna à l'Eglise d'Antioche 36.000 mesures de froment.

Les païens calomnièrent les chrétiens auprès de Sabhour leur roi, [les accu-
sant] d'avoir envoyé une ambassade à l'empereur des Romains. Sabhour s'irrita
et se mit à opprimer les chrétiens et à détruire leurs églises. Constantin le Vic-
torieux lui écrivit en disant7 : « Attendu que je garde la foi divine, je demeure
dans la lumière de la vérité; et en me conduisant selon la lumière de la vérité,
jeprofesse!avraiefoi,etc. » — Sabhour non seulement n'accueillit pas ses paroles,

1. Socr., I, xvrrr. — 2. Ibid. — 3. Ibid. — 4. Cf. Eus., Vita Const., III, l. — 5. Lire : 1;*^. Cf.
Theophan-., Patr. gr., CVIII, 114. — 6. Ceci paraît une répétition, cf. 1. 14-15. Socrate (toc. cit.)
dit les Goths et les Sarmates; mais Eusèbe (Vit. Const., IV, v) : xà Ex-j6wv xa\ Eaupo^axcov. Sou-
vent le nom de Scythes désigne, chez les Grecs, les peuples appelés Goths chez les Latins. —
7. Début de la lettre rapportée par Théodoret (I, xxv) d'après Eus. (Vita Const., IV, rx).

260

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

mais il se mit aussitôt en campagne et monta contre Nisibe. Il s'en éloigna couvert
de confusion, grâceaux prièresde Mar Jacques et de Mar Ephrem1. Dans sa colère
il pilla la Mésopotamie.

Constantin sortit pour combattre les Perses. Etant parvenu à Nicomédie, il
tomba malade et fut baptisé en cet endroit, car il n'était pas encore baptisé [134]
parce qu'il désirait être baptisé dans le Jourdain *. — Il fit son testament et at-
tribua les deux empires à ses trois fils. 11 remit son testament entre les mains
d'un prêtre qui lui avait été recommandé par sa sœur, et qui était arien3.

Il vécut en tout 65 ans et en régna 32. —Il mourut le dimanche de la Pentecôte,
le 22 de 'iyar (mai), la première année de la CCLXXIX6 olympiade, l'an 654 des
Grecs. Son corps fut conduit à Constantinople et fut déposé dans l'église des
Apôtres *. — Fin du chapitre concernant le règne de Constantin le Victorieux.

[129] Arius, après avoir été déposé et
chassé de toutes les égflises, s'efforçait
encore en cachette de répandre astu-
cieusement par des artifices diaboliques
l'esprit pervers de sa doctrine détes-
table, et avec lui, ses partisans, qui
furent appelés Ariens.

Cependant Eusebius5, Mârî de Chal-
cédoine, et tous ceux qui avaient été
avec Arius, témoignèrent du repentir et
furent reçus dans le Synode. Ils sup-
plièrent l'empereur de le recevoir.
Quand il fut appelé devant l'empereur,
il avait avec lui deux libelles : l'un sur
lequel était écrite son hérésie perverse
et qu'il plaça et dissimula sous son ais-
selle ; l'autre sur lequel était écrite la
vraie foi, et qu'il tenait ostensiblement à
la main. Plaçant la main sur le libelle
qui était dissimulé, il jura devant l'em-
pereur et proféra des anathèmes contre

[129] Saint Alexandre d'Alexandrie
quitta la vie temporelle cinq mois seule-
ment après le grand synode de Nicée. Il
y eut alors un accord parfait entre tout
le peuple, l'empereur et Dieu : et le
grand Athanase fut élu. Eusebius et
Theognis le calomniaient près de l'em-
pereur, disant qu'il n'était pas digne du
suprême sacerdoce; mais ils furent dé-
çus dans leur espoir; car ils ne purent
ensevelir la lampe sous le boisseau,, et
elle fut placée sur le chandelier pour
éclairer tous ceux de la maison.

Rufinus raconte8 d'Athanase qu'étant
encore dans l'âge tendre et jouant avec
des enfants sur la place, ceux-ci, d'un
commun accord, le constituèrent leur
évêque, et il conférait aux autres la prê-
trise, le diaconat et les autres ordres.
Saint Pierre, l'archevêque, étant venu à
passer par hasard en cet endroit et ayant

j. Jac. Edess., ad ann. 13. Mais notre auteur commet un anachronisme en rapportant ici ce fait;
il s'agit du premier siège de Nisibe, sous Constance, dont il parle dans le chap. suiv. — 2. Theod.,
I, xxxir; cf. Socr., I, xxxrx. — 3. Socr., I, xxxrx. — 4. Ibid.

5. De Nicomédie.

6. Apud. Socr., I, xv.

LIVRE VIL CHAP. III

261

lui-même, en disant : « Je ne professe
pas d'autre foi en dehors de celle-ci. »
Il trompa l'empereur de cette façon.
C'est pourquoi l'empereur écrivit à
Alexandre, évêque de Constantinople, et
lui enjoignit de recevoir Arius '.

Saint Alexandre, en voyant l'ordre
de l'empereur, entra [dans l'église], se
prosterna devant la table sainte et dit
en priant : « Seigneur, qui connais les
cœurs de chacun, si l'iniquité et la
souillured'Arius sont encore renfermées
et cachées en lui, et doivent entrer [130]
dans ton Eglise, reprends-moi la vie *. »

Arius sortit 3 pour aller trouver
Alexandre, en grande pompe et éclat* ;
étant parvenu au forum impérial5, il fut
pris subitement de tremblement et de
crainte, et ressentit des convulsions mor-
telles d'entrailles*. Il chercha des la-
trines ; il y entra et s'assit. Toutes ses
entrailles se déchirèrent clans les la-
trines et il rendit l'âme.,— Pour ce mo-
tif une grande frayeur s'empara de ses
partisans. La honte et la confusion se
répandirent sur lui et sur eux. En ap-
prenant cette nouvelle, Alexandre se
précipita de nouveau devant l'autel,
étendit les mains vers le ciel et loua
Dieu d'avoir découvert l'impie7.

Cet Alexandre n'estpas celuid'Alexan-
drie, mais bien celui delà ville capitale,
de Constantinople. Celui d'Alexandrie,
en effet, était mort et avait eu pour suc-
cesseur Athanase.

L'empereur manda aussi à celui-ci de

appris ce que faisaient ces enfants, or-
donna de prendre leurs noms à tous ; et
ils les réunit à l'école.

Plus tard Alexandre ordonna diacre
Athanase qui l'accompagna au Concile.
Il demeurait ferme dans la foi orthodoxe,
et quand Alexandre termina sa carrière
et quitta cette vie, Athanase, par les des-
seins de Dieu, reçutle siège. Il s'opposa
vigoureusement aux desseins pervers
des Ariens, [dissipa] toutes les intrigues
diaboliques, par la vertu [130] de l'Es-
prit Saint"......

Or, Eusebius, Theognis et les autres
Ariens, qui étaient transpercés jusqu'aux
reins, par ses paroles, comme par des
traits acérés, brûlaient du feu delà haine.
A cause de cela, ils ne mettaient point
de fin à leur malice. Ils le calomnièrent
en disant qu'il avait déclaré que le pré-
sent d'une tunique de lin qui était fait à
l'empereur, resterait h l'Eglise d'Alexan-
drie. Ils dirent aussi qu'il avait envoyé
une boîte d'or à un certain Philoumenus
qui s'était révolté contre l'empereur. Il
fut démontré devant l'empereur qu'ils
mentaient sur ces deux points. C'est
pourquoi l'empereur renvoya Athanase
à Alexandrie avec honneur9.

Après cela, ils se mirent de nouveau
contre lui, et ils apprirent à un certain
Isychoras10, qui célébrait les mystères
sans être prêtre, et s'était enfui à Nico-
médie11, à dire qu'Athanase avait envoyé
renverser l'autel et le calice et faire
brûler les livres. Alors, ils se disposèrent

1. Socr., I, xxxvrrr. — 2. Cf. Theod., I, xiv. — 3. Socr., loc. cit. — 4. BH., Chr. eccl, p. 81 :
|£s^Oo }ao»o. — 5. ayopa Kwvatavrtvou. — 6. t?,; yaaxpô; Ix'.veïto ya'jvwat;. — 7. Cf. Theod., I, xiv.
8.. Lacune d'une ligne. — 9. Socr., I, xxvn. — 10. Socr. : 'I<7//jpa;. — 11. Près d'Eusèbe.

262

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

recevoir Arius 1 ; mais il ne le reçut
point. L'empereur fit menacer cruelle-
ment Athanase pour qu'il reçût Arius ;
mais comme il ne le voulut point, l'em-
pereur se mit en colère. Les partisans
d'Arius voyant que l'empereur était
irrité contre Athanase forgèrent contre
lui des accusations mensongères, jus-
qu'à ce qu'il fût jeté en exil*.

Comment Arius a-t-il pu paraître de-
vant l'empereur après avoir été déposé?
Socrate l'expose dans son livre,en parlant
ainsi3: Constantina4, sœur de l'empereur,
tomba malade. Elle avait un prêtre [131]
attaché à l'hérésie d'Arius. Il lui disait
constamment : « Arius est innocent, et
les partisans d'Athanase profèrent contre
lui des mensonges. » Cette femme ajouta
foi au prêtre, et quand le moment de sa
mort arriva, l'empereur étant venu la
voir, elle . lui recommanda ce prêtre
comme un homme sincère et orné de
vertus. Étant devenu un des familiers
de l'empereur, il affirma de nouveau à
celui-ci qu'Arius était innocent. De cette
manière, celui-ci obtint d'être admis
devant l'empereur, et alors arriva l'his-
toire écrite plus haut.

L'empereur écrivit ensuite à Athanase
de recevoir Arius. Comme il n'y con-
sentit point, [les Ariens] multiplièrent
les accusations contre lui. Alors l'empe-
reur écrivit à Alexandrie en ces ter-
mes5 : « Celui qui ignore la vérité,
ignore Dieu; grâce à moi, serviteur de

à tenir un synode dans un village de Pa-
lestine, en l'an 30 de Constantin6, mais
Athanase refusa de s'y rendre, et ils s'en
allèrent à Tyr. Ils coupèrent la main
droite d'un mort, et prétendirent qu'A-
thanase avait fait tuer Arsenius, évêque
de Mélitène7, qu'il accomplissait l'ordi-
nation à l'aide de cette main coupée et
qu'il l'avait coupée pour des pratiques
magiques et la tenait cachée chez lui.
L'empereur fit mander à Athanase de
venir à Tyr pour y être jugé. Athanase y
vint; et ils amenèrent aussi Macarius8
enchaîné.

Arsenius y arriva [131] aussi en secret,
grâce à la providence divine. Ayant été
reconnu par plusieurs, il commença par
nier son identité; par la suite, n'ayant
pu dissimuler son mensonge, il fut pris et
tenu caché par les partisans d'Athanase.
Quand Athanase parut devant le juge, les
calomniateurs se mirent à montrer la main
coupée. Il leur demanda : « Qui d'en-
tre vous connaît Arsenius? » Plusieurs
dirent qu'ils le connaissaient. Alors,
il ordonna de le faire entrer, les mains
dissimulées [sous le pallium]. Ils dirent
que c'était bien là cet Arsenius dont la
main avait été coupée. Et tandis qu'ils
étaient saisis d'étonnement, il leur mon-
tra la main droite; puis, comme ils pen.
saient que peut-être l'autre avait été
coupée, ils le contraignirent à montrer
la gauche. Ils dirent : « Voici qu'Arsenius
se trouve avoir ses deux mains; qu'on

1. Socr., I, xxitr. — 2. Socr., I, xxxvi; Theod., I, xxvit, xxxr. — 3. I, xxv. — 4. Constantia,
veuve de Licinius. — 5. La lettre était adressée aux évêques réunis à Tyr. Socr., I, xxxiv.

6. Cf. Socr., I, xxvm. — 7. Le grec dit : ce évêque de la secte des Mélétiens », — 8. Prêtre
d'Alexandrie, accusé d'avoir renversé l'autel sur l'ordre d'Athanase.

LIVRE VIL CHAP. III

263

Dieu, les Barbares ont appris à servir
Dieu, parce qu'ils ont compris et senti
qu'en tout lieu il m'a assisté et aidé. Or,
ceux-ci lui sont soumis par crainte de
nous ; et vous qui êtes considérés comme
initiés à ses mystères, pour ne pas dire
comme en étant les gardiens, voici
que vous ne songez à autre chose qu'à
ce qui peut produire la division et la
ruine des hommes. Il faut donc que vous
vous réunissiez près de nous, dans la
capitale, afin que vos raisons et celles
d'Athanase soient examinées. » — Ils
montèrent, mais plusieurs s'enfuirent,
par crainte, dans leur pays; les autres
machinèrent des fraudes contre Atha-
nase. Or, « la calomnie est puissante
quand son ministre a la réputation
d'être [132] digne de foi » \ C'est pour-
quoi l'empereur décréta l'exil contre
Athanase, dans la pensée, certes, d'unir
les églises, parce qu'il ne consentait, en
aucune façon, à recevoir Arius.

A cette époque % Asterius, un sophiste
arien, aidait les partisans d'Arius ; mais
n'ayant point été fait évêque, contre
son attente, il se mit à répandre une
hérésie; il disait que le Christ est la
Vertu de Dieu, de la même manière
qu'il est écrit dans la Loi3 que la saute-
relle ou le bruchus est la vertu de Dieu.

Marcellus d'Ancyre de Galatie écrivit
contre lui. Mais ensuite ce Marcellus
d'Ancyre de Galatie embrassa l'hérésie
de Paul de Samosate. Ayant été anathé-

nous montre la place de cette troisième
main4. » Il s'occupèrent ensuite déjuger
Macarius sur des calomnies. Athanase
se cacha et monta vers l'empereur5. Ceux-
ci le déposèrent, sans en informer Arse-
nius6, et celui qu'on disait tué par Atha-
nase souscrivit à la déposition d'Atha-
nase !

Les Ariens tinrent de nouveau une
assemblée7. Ils amenèrent une femme
qui avait eu un enfant de sa fornication
avec un certain Eustathius, forgeron; ils
lui firent dire qu'elle avait conçu d'Eus-
tathius d'Antioche, et ils déposèrent
celui-ci. Ils voulurent instituer à sa place
Eusèbe de Césarée ; mais il refusa à cause
de la division du peuple. Après cela,
cette femme fut frappée d'un châtiment
cruel; dans sa douleur, elle avoua [132]
et Eustathius triompha.

Le siège d'Antioche demeura vacant
pendant 8 ans; puis vint Eulalius pen-
dant 1 an, et après lui Euphronius,
pendant 6 ans.

Eusebius de Césarée fut le président
du Synode d'Antioche. II accusa Eusta-
thius de professer l'hérésie de Sabellius,
tandis que Cyrus d'Alep et Georges de
Laodicée l'accusaient d'autres choses 8.
Mais Cyrus d'Alep fut lui-même déposé.
11 y eut ensuite du trouble parmi le
peuple. Les uns demandaient qu'Eusta-
thius revînt à son siège; les autres vou-
laient Eusèbe de Césarée, Ils en vinrent
jusqu'à tirer le glaive les uns contre les

1. Socr., I, xxxv. — 2. Socr., I, xxxvr. — 3. Ex., xit, 41.

4. Socr., I, xxvn-xxix. — 5. Ibid., xxxu. — 6. Le sens du syriaque ne répond pas au grec qui
dit : « sans faire mention de l'histoire d'Arsénius » qui, reçu par eux, souscrivit, etc. — 7. A
Antioche. Cf. Theod., I, xxi; Socr., I, xxiv. Jac Edess., ad ann. 13 (?). — 8. Socr., I, xxrv.

264

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

matisé, il fit pénitence, promit cle brûler
son livre et fut reçu. Quand on vit qu'il
ne brûlait pas son livre et que sa péni-
tence n'était pas sincère, il fut déposé,et
on mit à sa place un autre, appelé Basi-
hus. Lors de la réunion du concile de Sar-
dique, Marcellus réprouva son écrit et
le jeta au feu : c'est pourquoi il fut reçu
et revint à son évêché 1 ; de même aussi
Eusebius et Theognis s, après avoir fait
pénitence, revinrent à leurs sièges et
chassèrent les évêques qui avaient été
établis à leur place3. —L'empereur, qui
désirait ardemment la paix des églises,
les reçut, parce qu'ils présentèrent un
libelle4 [affirmant] avec serments, qu'ils
adhéraient à la définition du concile de
Nicée.

Eusebius écrivit à Alexandrie qu'il
avait rédigé lui-même la profession de
foi5 et que l'on n'y avait rien ajouté, [133]
si ce n'est l'expression de u consubstan-
tiel ». L'empereur reçut de nouveau
Arius, ayant ajouté foi à ses serments
trompeurs. Il ordonna de le recevoir,
certes en vue de l'union des églises.
Alors, par le comble de son impudence
et par la prière de saint Alexandre de
Constantinople, Arius fut frappé de
châtiment, comme nous l'avons exposé
plus haut. Par la suite, l'empereur com-
prit  les   fraudes   des   Ariens  et, au

autres. Par la suite Eustathius6 occupa
le siège.

A cette époque, existait le 20e évêque
d'Edesse : Habsai7; — et à Rome, le 32e,
Marcus, auquel succéda, le 33e, Julius,
pendant 5 ans8.

[Dans l'Eglise]9 de Jérusalem était
Maximius 10 à qui les païens avaient ar-
raché un œil.

[A Édesse]11, après Habsai, le 21e fut
Barnai18.

En ce temps-là [vivait] Spiridion qui
était pasteur de brebis et qui fut appelé à
devenir pasteur d'hommes 13. Il continua
humblement à faire paître les brebis et
en tirait sa subsistance corporelle, sans
amoindrir son pastorat spirituel. Une
nuit, les voleurs entrèrent dans sa ber-
gerie ; mais par la vertu de ses prières,
ils furent enchaînés. Quand il vint, au
matin, il les vit et fit cesser leur enchaî-
nement par sa prière. Ils les admonesta14,
leur apprit à ne plus voler, et leur donna
un mouton. [133] Ils s'en allèrent et
firent pénitence.

Il avait une sœur15, chaste religieuse,
à qui un homme avait confié un dépôt.
Celle ci creusa la terre et l'y cacha. Peu
après elle mourut. L'homme, étant re-
venu, chercha querelle à l'évêque qui
était étonné, car il ne savait rien de la
chose. Il emmena cet homme avec lui,

1. Cf. Socr., II, xx ; Thëod., II, vin. —2. Cf. p. 2i7, n. 7. — 3. Socr., I, xiv, xxm. — 4. Rest. :
sûi-U^ (?). — 5. Il semble bien qu'il s'agisse de la lettre aux habitants de Césarée rapportée par
Socrate, I, vin ; cf. néanmoins Socr., I, xxlir.

6. Lire : Euphronius. htyï 8£ ... -/apoTOveTxai Eùyçôvio; (Socr., I, xxiv). — 7. N'est pas mentionné
dans la Chronique d'Edesse, mais bien dans celle de Jacques. Il en est de même pour Barnai (ad
ann. 13). — 8. Jacques d'Edesse, ad ann. 13 : 4o ans; exact (337-352). — 9. Lacune d'un mot. —
10. Ms. : Maximianus. Jac. Edess., ad ann. 13; ïheod., II, xxvi. — 11. Lacune d'un mot. — 12.
Voy. note 7. — 13. Socr., I, xir. — 14.    ire : — 15. Dans le grec : « une fille ».

LIVRE VIL CHAP. IV

265

s'arrêta sur le tombeau et dit en criant :
« Irène*! un tel dit telle chose. » Et
une voix répondit du milieu du tom-
beau : u Oui! II est dans tel endroit. »
Chacun loua Dieu ; et on trouva le dépôt.

Les synodes du temps de Constantin
le Victorieux eurent lieu ainsi :

(1) . Quand l'empereur ordonna que
les évêques se réunissent à Nicée, qua-
torze évêques avaient déjà auparavant
établi 24 canons, à Ancyre de Galatie3.

(2) . Puis eut lieu, à Nicée, le grand

Concilev.

(3) . Ensuite, vingt évêques établirent 25 canons5 à Néocésarée6.

(4) . Puis on établit 20 canons à Gangres7.

(5) . Puis on établit 19 canons à Laodicée dePhrygie8.

(6) . Ensuite quatre-vingt-dix évêques se réunirent à Antioche et établirent 14 canons9.
Tous ces synodes eurent lieu du temps de Constantin le Victorieux. Que leur

mémoire soit en bénédiction!

moment de sa mort, il ordonna de
rappeler d'exil saint Athanase et de le
renvoyer à son siège4. — Fin de ce [cha-
pitre] avec l'aide de Jésus,Dieu de toutes
les choses visibles et invisibles, comme il
est écrit. — Et maintenant moi, je vous
prie, ô mes Pères et mes maîtres! en
prosternant mon visage confus sous vos
saints pieds, de prier pour moi toutes
les fois que vous rencontrerez ces lignes.

CHAPITRE IV DU LIVRE VIL — Du temps du règne des fils de Constantin.

Constantin le Victorieux établit César, à Constantinople, son fils aîné qui s'ap-
pelait aussi Constantin. Il établit le cadet, nommé Constance, à Antioche et sur
tout l'Orient, et le plus jeune, appelé Constant, à Rome. — Quand il mourut, à Ni-

1. Theod., I, xxxui.

2. Ms. : Honoria; lire : ElprçvY). — 3. Cf. p. 173, n. 4. Le concile fut célébré vers 314. V. les
collections des Conciles (Mansi, II, 513 sqq.). Les 24 canons ont été édités dans la recension sy-
riaque par P. Martin (Analecta Sacra de Pitra, IV, 215). — 4. En 325. — 5. BH. donne aussi le
chiffre de 25 canons; mais les mss. ne parlent que de 15. — 6. Cf. Mansi, II, 539. Les 15 canons
ont été édités par Martin (op. cit., 221, 449). Il est dit dans le titre que ce concile est postérieur à
celui d'Ancyre et antérieur à celui de Nicée. — 7. La recension syriaque de ces canons existe dans
le ms. 62 de la Bibl. Nat., et dans le ms. K, VI, 4 du Musée Borgia. D'après ce dernier, le concile
fut célébré en 343. — 8. BH. dit ; « 16 canons » {Chr. eccl., I, 82). Dans le texte syriaque (Bibl.
Nat., ms. n° 62, fol. 147 ; Mus. Borgia, K, VI, 4, fol. 139), il y a 59 canons. La leçon de notre ms.
est à restituer en : «&J (au lieu de : >£•). Ce concile est postérieur à Constantin; on le place géné-
ralement sous le pontificat de Libère, vers 365 (cf. Mansi, II, 563). — 9. D'après le nombre indiqué
des évêques, il est certain que l'auteur parle du Concile in Encoeniis, célébré en 341 (cf. Socr., II,
vin ; Mansi, II, 1305). Une recension syriaque de ce concile existe dans les mss. déjà cités (62, fol.
137; K, VI, 4, fol. 122). Les canons sont au nombre de 25. BH. donne, comme Michel, le nombre
de 14. L'original portait peut-être 24.

I- 31

266

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

comédie, son fils cadet, Constance, étant le plus rapproché, arriva le premier et
reçut le testament du prêtre arien ; et il conduisit son père dans un cercueil d'or
à la capitale

Quand Sabhour, roi des Perses, apprit que Constantin était mort, il monta de
nouveau* contre Nisibe, qui est sur les confins des Romains et des Perses. Elle
était surnommée Antioche de Mygdonia. Quand Sabhour rassembla son armée et
monta contreelle, le fils de Constantin 'réunit aussifune armée] etvintà Antioche.
Sabhour assiégea Nisibe pendant 70 jours : il bâtit contre elle des fortifications4,
il creusa des fossés, et il obstrua le cours du fleuve qui entrait et se divisait au
milieu de la ville. Ce fleuve s'appelait Mygdonius. Sabhour le fit endiguer des
deux côtés, et fit fortifier [1345] le barrage pour qu'il résistât à l'impétuosité des
eaux. Les eaux débordèrent par dessus le mur5 qui, ne pouvant résister à la
pression, chancela et tomba; il se fit une brèche même dans la partie opposée
par laquelle sortaient les eaux. Sabhour croyait pouvoir se rendre maître de la
ville sans difficulté par suite de la chute du mur. N'ayant rien fait ce jour-là, le
lendemain il vit le mur rebâti des deux côtés. L'évêque Jacques, par sa prière,
réconfortait les combattants et le peuple; ils bâtirent le mur et dressèrent
dessus des palissades6 et des balistes. Il fit cela en persévérant dans la prière
au milieu de l'église. Sabhour non seulement s'étonna de cette construction,
mais aussi de la vision qui lui apparut. Il vit un homme enveloppé d'un pallium,
qui se tenait sur le mur; son vêtement et sa couronne répandaient des rayons
de lumière. Il pensa que c'était l'empereur des Romains, et il menaça ceux qui
lui avaient dit : « Il n'est pas ici. » Quand il eut la certitude que Constance était
à Antioche, il comprit et dit: « C'est le Dieu des Romains qui combat pour eux. »
C'est pourquoi ce misérable entra en fureur et lança un trait en l'air, sachant
bien qu'il ne pourrait nuire. — Le bienheureux Ephrem demanda à l'évêque de
pouvoir monter sur le mur pour maudire les Barbares. En voyant leurs my-
riades, il pria Dieu d'amener sur eux des nuées d'insectes et de moustiques : ils
vinrent en effet sur eux; les éléphants surtout en furent incommodés, parce que
leur peau est lisse et qu'ils n'ont pas de poil. [Ils entraient] aussi dans les
narines [136] et les oreilles des chevaux qui, ne pouvant résister à la douleur,
brisèrent leurs freins, renversèrent leurs cavaliers et s'enfuirent. Et Sabhour
s'en retourna couvert de honte. — Ignace de Mélitène dit : « Dieu envoya aussi
une pluie violente sur les Perses; la peste fondit sur eux, et ils s'enfuirent. »

1. Cf. Socr., I, xxxvnr; II, n. — 2.Cf. ci-dessus, p. 264. Le récit qui suit est tiré de Théodoret,
II, xxx, qui a lui-même confondu le premier et le second siège de Nisibe. V. la note de Valesius
sur ce chap. — 3. Théod. dit simplement : « Constance ». — 4. xa-?a-%(^V-^a-. — 5. Le grec est
plus clair : Lorsque les eaux fureYit accumulées derrière ce barrage, Sapor le fit rompre, et alors
elles se précipitèrent avec impétuosité contre le mur et le renversèrent. — 6. Ou « des pieux ».

LIVRE VIL CHAP. IV

267

Constantin, le frère aîné de l'empereur, étant venu dans les contrées de son
frère Constance, fut tué dans un combat par les soldats de Constant1. — Constance
proclama César, Gallus, son parent2, et l'envoya à Antioche. Comme il entrait dans
la ville, le signe de la croix apparut dans la région orientale, à l'instar d'une
colonne de lumière.

Constance s'empara de tout l'Orient et de Constantinople, la capitale 3.

Quand le César Dalmatius fut tué parles soldats, les deux frères Gallus et
Julien4, enfants de Constantinus le frère aîné5, étaient sur le point d'être mis à
mort avec lui; mais Gallus échappa au massacre par la maladie, et Julien à
cause de sa jeunesse. Ensuite Constance ordonna qu'ils fussent élevés dans le
village de MâqâlîB, à côté de Césarée de Cappadoce. Tous les deux devinrent
lecteurs. Ils bâtissaient une église à Mar Mammès. Or, le côté que bâtissait
Julien s'effondra et tomba, signifiant d'avance sa propre chute7. Gallus, ayant
été fait César par Constance, se révolta contre l'empereur. L'empereur envoya
tuer Gallus8 et fît mettre Julien en prison. [137] Ensuite l'impératrice Eusebia
demanda à l'empereur de l'envoyer à Athènes pour y étudier les sciences9. Là
il étudiait avec le grand Basile, Grégoire, son frère10 et Grégoire ie Théologien11.
Basile en voyant les mœurs perverses de Julien prophétisa et dit qu'il devien-
drait païen.

L'empereur, à cette époque, bâtit une ville dans le pays de Séleucie,et l'appela
Constant[ia]. — En Mésopotamie, il agrandit et acheva Amid qu'il appela Au-
gusta1*. A Telia, qui s'appelait auparavant Antipolis13 il donna le nom de Cons-
tant^] 14.

Constant régnait à Rome depuis six ans quand le tyran Magnentius s'éleva
contre lui, s'empara de toute l'Italie et de l'Afrique, et [Vetranio]15 fut proclamé
empereur à Sirmium18.

1. Sic ms. Ce passage est la trad. de Socrate, II, v. Restituer le sens : « Constantin, le frère
aîné de l'empereur Constance, étant venu dans les états de son frère Constant, fut tué par les sol-
dats de celui-ci. » — 2. àvl^cov lauxou. Socr., II. xxvirr, s. fine. — 3. Constance reçut Constantinople
en 337, lors du nouveau partage de l'empire après le meurtre de Dalmatius. — 4. Ms. : Julius. Les
écrivains syriens confondent souvent les noms : Julius et Julianus. —5. Sic ms.; mais il faut lire :
« de Constanlius, son frère aîné ». Cf. Socr., III, r. — 6.èv MaxéXXw, Sozom., IV, n.— 7. Sur le mar-
tyr S. Mammas ou Mammès, cf. Acta Sanct. 17 août. Les Actes syriaques ont été édités par
Bedjan, Acta Mart. et Sanct., t. VI, p. 431 et 445. Pour le fait rapporté ici, cf. S. Grég. de Naz., P. Gr.f
t. XXXV, col. 552. — 8. Jac. Edess., ad ann. 28, aj. : « en l'an 666 ». — 9. Theod., III, u; Socr.,
II, xxxiv. Cf. Sozom,, IV, ri. — 10. Grégoire de Nysse. — 11. Grégoire de Nazianze. — 12. Cf.
Jac. Edess., ad. ann. 21, 22; Chron. edess., n° xix ; Hallier, p. 96-97. — 13. Lire : Antoninopolis.
Ces formes contractées se rencontrent assez souvent dans les transcriptions syriaques. Cf. Hal-
lier, Chr. edess., p. 97. — 14. Ou Consiantina. Cf. Chron. edess., n° xx; Jac. Edess., ad ann. 27.
— 15. Lire ; K-ï>M vjujl^lî-ao (Jac. Edess., ad ann. 19). — 16. Cf. Socr., II, xxv.

268

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Constant périt par la perfidie des soldats. Le jeune fils de son frère, qui lui
aussi s'appelait Constantin, et régnait depuis trois ans avec son oncle, périt
aussi avec lui. Constance, en apprenant tous ces événements, partit rapidement,
vainquit Magnentius et le tua. II tua aussi Nepotianus1 qui était de la famille
des empereurs et avait pris le parti de Magnentius8.

Le jour du combat dans lequel les deux tyrans furent tués, une croix apparut
dansle ciel,dans la région de l'Orient,aumois de 'iyar(mai) del'an 663 desGrecs3.

Constance entra à Rome en triomphe4.

Quand il revint [138] à Constantinople, il institua Julien César, et lui donna
pour femme Hélène, sa sœur, qui est appelée Constantia5.

Macedonius, qui était devenu évêque de Constantinople, voulut transférer le
corps du grand Constantin de l'église des Apôtres dans une autre église6. A ce
propos le peuple se révolta et il y eut de nombreux massacres au milieu de la
ville. L'empereur Constance, en apprenant cela, fit déposer Macedonius et ins-
titua Eudoxius. Il remédiait à un mal par un autre.

En ce temps-là, les Juifs de Diocésarée de Palestine massacrèrent les Romains.
On envoya contre eux des armées qui les détruisirent. Il est écrit7 que Gallus,
le frère de Julien, détruisit les Juifs, s'enorgueillit, se révolta, et fut tué dans
l'île de Phlanon8, où il s'était enfui.

Ensuite, Julien, après avoir été institué César, fut aussi envoyé contre les
Barbares de la Gaule : il s'illustra beaucoup par ses victoires; il grandit, ac-
quit de l'influence, fut exalté et s'enorgueillit. Il fut même proclamé empereur
par les soldats qui étaient avec lui. L'empereur Constance, en apprenant que
Julien avait vaincu les Barbares et avait été proclamé empereur par les troupes,
fut ému et inquiet. Il s'empressa de se faire baptiser par Euzoius d'Antioche, et
marcha contre le tyran; mais il termina sa vie à Mopsucrène, entre la Gilicie
et la Cappadoce9.

Quoique Constance n'admît pas le terme de « consubstantiel», parce qu'il avait
été trompé, cependant il confessait parfaitement le sens de ce mot, [139] car il
confessait que le Verbe de Dieu était le Fils véritable, engendré du Père avant
les siècles, et il blâmait ouvertement19 et anathématisait ceux qui l'appelaient
une créature. — Il fit une autre chose digne de louange11. Au moment où les
troupes engageaient le combat contre Magnentius, il leur conseilla de partici-
per aux mystères 18 en disant que l'on doit toujours s'attendre à finir sa vie,

1. Ms. : Nepolitis. Cf. Socr., II, xxv. Nepotianus fut tué par les partisans de Magnentius. Jac.
Edess., ad ann. 19. — 2. Ou : « qui s'était élevé en même temps que Magnentius ». — 3. Cf. Jac.
Edess., ad ann. 27; Chron. Pasch., P. Gr., XCII, 729. — 4. Cf. Amm. Marcell., xvi, 10. — 5.
Socr., III, r; cf. II, xxxtv. — 6. Socr., II, xxxvnr. — 7. Socr., II, xxxviu-xxxix. — 8. rcep'i <ï>Aavwva.
— 9. Socr., II, xlvii. — 10. ïhéod., III, m; avxtxpu; àrcexïipuTTô. — 11. Ibid. — 12. De recevoir
le baptême.

LIVRE VII. CHAP. IV

269

mais surtout dans les combats où des myriades de dangers se présentent de
tous côtés par la projection des traits, etc., et qu'il convenait que chacun pos-
sédât le vêtement précieux dont on a surtout besoin [pour la vie] future1. « C'est
pourquoi, [disait-il], je ne supporte pas d'engager [le combat] en compagnie de
païens. »

Il mourut le 3 de tésri II (novembre) de l'an 678 des Grecs. Il vécut 45 ans. Il
commença à régner à l'âge de 7 ans ; il fut empereur avec son père pendant
13 ans, et seul pendant 25 ans*. Il regretta d'avoir fait des serments au prêtre
arien, Eusèbe, à propos du testament [de son père] et d'avoir introduit la division
dans la foi*. — Fin.

Constance, fils de Constantin, déclina
vers l'hérésie des Ariens, à cause du
testament de son père, qui lui avait été
remis par un prêtre arien*. Il commença
par enlever les églises aux Orthodoxes
et les donna aux Ariens.

Il déplorait le trouble qui avait eu
lieu dans l'Église et disait : « La faute
en est à ceux qui ont prononcé cette pa-
role de « consubstantiel5 au Père » qui
ne se trouve point dans les Ecritures et
qui a divisé les prêtres entre eux. » Il ac-
cusait Athanase et ceux de son opinion6.

Constantin, qui régnait à Rome7,
persévérait dans la confession ortho-
doxe, comme son père, et il fit revenir
Athanase à Alexandrie8.

Les Ariens se réunirent et se mirent
à se plaindre d'Athanase auprès de Cons-

Après la mort de Constantin le Victo-
rieux, le prêtre arien ne livra pas le tes-
tament au fils aîné, mais bien au cadet,
ayant reçu de lui la promesse de persé-
cuter quiconque confessait le Christ con-
substantiel au Père. — Ce prêtre allait
constamment près de lui. Voyant que son
esprit fluctuait, comme l'eau, de tous cô-
tés, il séduisit un eunuque de haut rang9
et lui inculqua l'esprit arien. L'impéra-
trice et ses eunuques étaient aussi ses
auditeurs; et le schisme envahit toute la
contrée d'Orient10.

La contrée occidentale était en paix,
car le fils aîné de Constantin qui y ré-
gnait demeurait ferme dans la foi. Il en-
voya délivrer Athanase etle fit retourner
à Alexandrie en disant : « Notre seigneur
Constantin était lui-même disposé à le

1. Il manque deux ou trois mots dans le texte. La phrase traduisait littéralement le grec :
ou 8r\ êvexa, -/pr) exocctxov xr)v ài;iôxTï)xov Èxîsvyjv s^etv <txoàyjv, t)ç oxt u-âXiaxa Iv èxsîvw xâ> Piw SeojxsOa (Theod. ,
III, m). — 2. Socr., II, xlvu. — 3. Theod., III, r.

4. Ce prêtre est appelé Eusèbe (ci-dessus, 1. 8). Philostorge affirme (II, 16) et d'autres indices
confirment que Constantin remit son testament à Eusèbe, év. de Nicomédie, qui le baptisa. Cf. Le-
bea.u, Hist. du Bas-Empire (éd. Saint-Martin), I, 384 sqq. — 5. Le syr. traduit ici par « fils de
la nature »; cf. p. 272, n. 6.— 6. Theod., II, ni, s. f. — 7. Lisez : « en Gaule ». — 8. Cf. Theod.,
II, ni; Socr., II, n, ni; Jac. Edess., ad ann. 13.

9. TcpwcôxuTcoç xwv xoixwvwv xoO fiaaiXéux; £Ùvoùxoç...Eù(T£ëto; (Socr. II, n).—10. Socr, II, n ; Theod. II, tir.

270

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

tance, attendu qu'il était revenu a son
siège par l'ordre de son frère Constan-
tin. A cause de cela, Constance voulut
le chasser ; Athanase l'apprit et s'enfuit
à Rome. Il fut accueilli par Julius '.
Julius convoqua les Ariens. Ils ne vin-
rent point à Rome; mais ils s'assemblè-
rent à Antioche, au nombre de 90 évê-
ques etprêtres;ils établirent des canons,
déposèrent de nouveau Athanase, et
créèrent à sa place Eusèbe d'Émèse,
[originaire] d'Edesse, qui, [13S] par la
suite, fut reconnu comme partisan de
l'hérésie de Sabellius et des Chaldéens 2.
Ils le déposèrent et mirent à sa place
l'arien Grégoire*. Celui-ci envoya une
lettre de mépris à Julius, pour avoir ré-
tabli Athanase et Paul4.

Les Orientaux se réunirent de nou-
veau à Philippopolis 5 et rejetèrent le
terme de « consubstantiel ».

Quand l'église que les partisans de
Constance bâtissaient à Antioche, et qui
était en forme de rotonde, fut achevée,
les évêques ariens s'étant réunis pour
en faire la dédicace, il y eut subitement
un violent tremblement de terre, et toute
cette église s'écroula 6.

faire revenir, s'il n'avait pas été saisi par
la mort. » Athanase fut reçu en grande
pompe et avec joie parles Alexandrins.
Cependant les Ariens l'accusaient d'être
rentré dans l'église sans qu'un concile
d'évêques l'eût jugé et justifié7.

Tandis qu'Athanase occupait son siège,
Eusèbe mourut et il eut pour successeur
Acacius, son disciple, le même qui écri-
vit [13o] la vie de son maître8.

A cette époque mourut Jacques deNi-
sibe9; il eut pour successeur Dabou, et
après Babou, [vint] Vologèse10.

A Rome, après Julius, qui exerça pen-
dant 15ans,vintLiberius,pendant8ansu.

A Antioche, il y eut desévêques ariens :
Euphronius12, Placitus,3,pendant 4 ans;
Stephanus, pendant 5 ans; Leontius,
pendant 6 ans; Eudoxius, pendant 3 ans.
Tous ceux-ci étaient ariens. Ensuite Me-
letius fut évêque à Antioche14.
et Paul revint pendant 2 ans; ensuite
vint l'hérétique Macedonius, pendant
5 ans.

A Jérusalem, après Maximus vint
Cyrillus, pendant2 ans15,etil fut déposé.

A Edesse, après Habsai et Barnai, vint
Abraham, et ensuite Barsê16.

1. Cf. Socr., II. vnr ; Theod., Il, iy. — 2. Socr., II, rx ; cf. Theod., II, îv. — 3. Socr., II, x.
— 4. Ev. de Constantinople. Cf. Socr., II, xy. — 5. Ms. : Pompolis ; èv «JtXîu'jtou iroXei (Socr., II,
xx). — 6. Socr., II, vnr, s. in.; x, s. f. Cf. ci-dessus, 1. 8.

7. Socr., II, rv. — 8. Socr., II, îv. — 9. En 649 des Grecs, selon le Chron. edess., n° xxvit.
Jac. Edess. ad ann. 14. — 10. Vologèse mourut en 672 des Grecs (360) selon le Chron. edess. (n°xxiu);
Babou n'est pas mentionné dans le Chron. Néanmoins son existence est attestée par divers docu-
ments. Cf. Bickell, Carmina Nisihena, 13, 2; 179; Hallier, p. 98. — 11. Socr.. II,xxxiv, s. f. Jac.
Edess., ad ann. 25. — 12. Ms. : Euphrenus. — 13. BH. l'appelle usoaVi.olLâ : Flaccillus (Chr. eccl., I-,
83), qui est la bonne leçon, comme le montre Valesius, not. in Socr., II, vnr. Socrate donne : nxâxiToç,
Théodoret : <&Xaxlvnoç, Sozomène : n/âxY]xo;. — 14. Lacune d'une dizaine de mots, où il était sans
nul doute question des évêques de Constantinople. — 15. Cf. Socr., II, xxxvm; Theod., II, xvi. Ci-
dessous (p. 275, 1. 9) : 42 ans. — 16. Cf. p. 203 et p. 277, n. 10.

LIVRE VII. CHAP. IV

271

Jean d'Asie dit en parlant de ce trem-
blement de terre qu'il détruisit beau-
coup d'endroits. La ville de Salamine,
qui est en Chypre, lut renversée. La
ville de Césarée du Pont fut englou-
tie, à l'exception de l'église qui s'y
trouvait, et quelques hommes qui étaient
à l'intérieur de celle-ci furent sauvés *.

En l'an 9 du règne des fils de Cons-
tantin, il y eut un autre tremblement de
terre dans lequel Rome lut en grand
danger pendant trois jours. Douze villes
furent détruites en Campanie 2.

Socrate dit : 3 [« Quand Grégoire
entra] à Alexandrie, Athanase [s'enfuit] ;
les Alexandrins dans leur fureur incen-
dièrent l'église de Dionysius.

Alexandre de Constantinople mourut,
étant âgé de 98 ans. Paul fut établi à sa
place ; mais l'empereur le chassa parce
qu'il avait été institué sans sa permis-
sion, et il établit Eusèbe de Nicomédie.
Ensuite, le peuple chassa Eusèbe et réta-
blitPaul. Alors, Paulfut de nouveau exilé,

A cette époque florissaient des doc-
teurs exacts : Athanase d'Alexandrie ;
Ephrem de Nisibe, à Edesse4 ; et Eusèbe
d'Emèse.

[Alors] vivaient les bienheureux Ju-
lien Saba et Abraham Qidounaya5.

[Alors] florissait aussi le sage Bouzitès,
aussi le sage persan6, qui était ortho-
doxe et fit un livre de Démonstrations.

Socrate dit7 que le grand Antoine, qui
combattait ouvertement avec les démons,
prolongea aussi sa vie jusqu'à cette
époque. Le grand Athanase écrivit com-
plètement ce qui le concerne8.

Dieu révéla d'avance à Antoine9 la
ruine que devaient causer à l'Église les
partisans d'Arius et les Melétiens10.

Saint [136] Antoine prédit que de
grandes épreuves devaient arriver aux
enfants de l'Église. Et comme ses disci-
ples l'interrogeaient, il leur dit : « J'ai
vu des mulets qui entouraient la table
sainte et la foulaient11 de leurs pieds 18. »

Après cela, les Ariens pressèrent de

1. H. ad ann. 2360, dans la continuation du Chron. d'Eusèbe : Néocésarée. — 2. Ibid., ad ann.
2361. Rest.: M-ûsox» (?)¦. _ 3. II, xi ; cf. Sozom., III, vtr.

4. Cf. Jac. Edess., ad ann. 27. — 5. Cf. ci-dessous, p. 277, 297, n. 15, et 298. Le Chron. edess.,
n° xxvni, rapporte la mort de Julien à l'an 678 (367) et mentionne Abraham (n° xxi) à l'an 667 (356).
V. les sources indiquées par Hallier, p. 100, 97. La vie d'Abraham a été publiée par Lamy, Ana-
lecta Bolland., t. X, et par Bedjan, Acta Martyr, et Sanct., VI, 465 ; celle de Julien Saba par Bedjan,
op. cit., VI, 380. — 6. Par ces mots : a le sage persan » l'auteur entend désigner Aphraate. Le
livre des Démonstrations a été publié en syriaque par Wright, The homilies ofAphraates, Londres,
1869, et reproduit dans le t. I de la Patrologia syriaca, avec une trad. lat. de D. Parisot. Il existe une
trad. allemande de Bert (Texte und Untersuchungen, coll. Harnack, t. III). Pour une bibliographie
plus complète, v. R. Duval, La littérature syr., p. 226 sqq. Wright pensait que le nom de
Bouzitès désigne également Aphraate, et qu'il ne s'agit dans ce passage que d'un seul person-
nage. La construction de la phrase laisse quelque doute sur ce point (Cf. BH. Chr. eccl., I, 923).
— 7,1, xxi ; Jac. Edess. ad ann. 16. — 8. La Vie de S. Antoine, traduite en syriaque, a été impri-
mée par Bedjan, Acta Martyr, et Sanct., t. V, p. 1 sqq. — 9. Ms. : à Antiochus. — 10. Lire : k-a»
— 11. ^£va>o. — 12. Cf. le texte édité par Bedjan, op. cit., p. 106.

272

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

[136] et Macédonius, que les Ariens
désiraient, entra. Trois mille personnes
périrent à son entrée1.

A cette époque, Photinus2, qui occu-
pait le siège de Sirmium en Illyrie,
donna naissance à une autre hérésie. Il
était disciple de Marcellus qui avait été
anathématisé. Or, il disait que le Christ
est un homme ordinaire. L'empereur
rassembla un synode à Sirmium, au su-
jet de Photinus3. George leCappadocien,
d'Alexandrie, qui avait été mis à la place
de Grégoire*,s'y trouva. Ayant constaté
que Photinus professait les mêmes doc-
trines que Sabellius et que Paul de Sa-
mosate, ils le déposèrent. Ils établirent
ensuite des définitions de la foi qui ne
sont pas exactes; ceux qui blâmaient
leurs prédécesseurs sont ceux-là même
qui firent trois symboles qui n'étaient
pas d'accord entre eux!

Le mot ouata en grec, en latin sub-
stantiel5, se dit en syriaque itouta6.

Les Ariens firent huit symboles de la
foi, après celui de Nicée : deux à Antio-
che, un en Gaule, puis celui qui fut en-
voyé en Italie par Eu[do]xius, trois autres
à Sirmium, enfin un autre à Séleucie.
Peu de temps après ils en ajoutèrent
d'autres, à Constantinople '. Ils firent
ceux-ci pour détruire peu à peu la foi
de Nicée.

nouveau l'empereur et l'irritèrent contre
saint Athanase8. Celui-ci abandonna son
siège et monta à Rome. Constant, en
apprenant ces choses, ordonna de réunir
un synode à Sardique. Ils y confirmè-
rent la foi de Nicée, et ils maintinrent le
siège à Athanase. Les Ariens ne cessèrent
point leurs violences et ne vinrent pas
même au synode9.

Constant, qui était contrarié de la
défection de son frère, choisit deux des
évêques qui s'étaient réunis à Sardique
et les lui envoya. Il lui écrivit pour
l'exhorter à adhérer à la vérité, à se
détourner des Ariens, et à faire revenir
Athanase à son siège, puisque la calom-
nie dontil avaitétél'objet était dévoilée10.

Quand les évêques parvinrent à An-
tioche , Stephanus, qui occupait le
siège, ayant appris la cause de leur
venue, prépara des embûches aux évê-
ques qui venaientu. On envoya un jeune
homme impie appeler une courtisane :
« Ces étrangers, dit-il, [te désirent. » Il
prit avec lui quinze] soldats qu'il cacha
[dans l'hôtellerie]. Il corrompit [par l'ar-
gent] un de ses serviteurs qui, pendant
la nuit, ouvrit la porte. Il fit entrer la
courtisane , lui montra la chambre
dans laquelle ces saints [évêques] étaient
descendus, et sortit pour amener 12 les
soldats. Euphratas13 dormait  dans la

1. Socr , ii, vi, vu, xir, xvr. — 2. Socr., ii, xvm. — 3. Socr., ii, xxix, xxx. — 4. Socr., ii, xiv;
cf. Jac. Edess., ad. ann. 19.— 5. Rest. : U§i£n\->aco. — 6. Ce terme abstrait, dérivé de &>.| « être »,
répond étymologiquement à ouata; néanmoins, pour exprimer le terme de consubstantiel, ôjxoouffio;,
on trouve dans notre Chronique même, à côté de |Lo^| ^, l'expression : U*3 et quelquefois :
\.tx>o\       — 7. Socr., ii, xli, s. f.

8. Theod., ii, iv. — 9. Ibid., ii, vi; Jac. Edess., ad ann. 16. —10. Theod., ii, vnr, s. f. ; cf. Socr.,
ii, xxii. — 11. Theod., ii, ix. — 12.        >û3>. — 13. Évêque de Cologne.

LIVRE VIL CHAP. IV

273

L'arien Leontius, qui blâmait Athanase
d'avoir pris la fuite, fréquentait assidû-
ment une femme [nommée] Astolina1;
voulant faire disparaître la réputation
qu'on lui faisait, il coupa lui-même ses
testicules [137], et continua à fréquenter
cette femme. Cet homme fut établi évêque
d'Antioche par les Ariens, pendant le
trouble qui régna dans l'Eglise.

A Constantinople, Macedonius, qui
occupait l'église par ordre de l'empe-
reur, persécutait2 tous ceux qui admet-
taient l'expression de « consubstan-
tiel »; il pensait comme Arius au sujet
du Fils, et il osa parler encore plus mal
de l'Esprit-Saint3.

A Alexandrie, l'arien Georges outra-
geait les vierges, tuait les vieillards,
n'épargnait paslesjeunes gens, était sans
miséricorde pour les femmes, et chassait
en exil les évêques et les prêtres parce
qu'ils n'admettaient pas Arius*.

A Antioche parut le diacre Aetius qui
pensait comme Arius5. Il avait été élevé
à Alexandrie; il revint à Antioche, dont
il était originaire, et fut ordonné diacre
par Leontius. Il forgeait des arguments
tirés des Catégories d'Aristote et expo-
sait des raisonnements diaboliques dans
de nombreuses lettres; c'est pourquoi il
fut appelé athée6.

A cette époque, un édit de l'empereur
réunit un synode à Milan7. Environ trois
cents Occidentaux s'y rendirent : les

chambre extérieure et Vincentius8 [137]
dans la chambre intérieure. Quand la
courtisane entra, Euphralas s'en aper-
çut et demanda : « Qui es-tu? » Elle ré-
pondit; et en entendant la voix d'une
femme, il fut troublé, parce qu'il pen-
sait que c'était un démon. Il appela les
serviteurs qui se levèrent, vinrent saisir
les soldats et la courtisane, et les en-
fermèrent. Le jeune homme prit la fuite.
Le matin, ayant été conduite devant
l'empereur, la courtisane avoua et fit
connaître le jeune homme qui l'avait
appelée. Le jeune homme, qui s'appelait
OnagreJ, ayant été pris, fut flagellé avec
les soldats, et ils confessèrent que
c'était Stephanus qui leur avait donné
des instructions. — Stephanus fut chassé
de l'Église10.

Quand la perfidie des Ariens à l'égard
d'Athanase eut été dévoilée devant l'em-
pereur, celui-ci se rendit aux instances
de son frère et fit revenir Athanase.

L'empereur demanda à Athanase de
concéder aux Ariens une église à Alexan-
drie; car son esprit était perverti par
l'hérésie d'Arius. Athanase répondit :
« Je demande, de mon côté, qu'on donne,
h Antioche, une église où puissent se
réunir ceux de notre confession. » L'em-
pereur voulut faire ainsi, mais les Ariens
ne le lui permirent pas, disant qu'il
ne convenait pas de donner une église
à l'un ou l'autre des deux partisil. Atha-

1. Socr., II, xxvi; EùatoXîm ovopia ; Theod., II, xxiv : EOcrroXia. — 2. Lire : 3i»o (et non —
3. Socr., II, xxvn ; cf. Theod., II, vi. — 4. Socr., II, xxvin ; cf. Theod., II, xiv. — 5. Jac. Edess.,
ad ann. 30. — 6. Socr,, II, xxxv. — 7. Socr., II, xxxvi; Jac. Edess., ad ann. 25.

8. De Capoue. — 9. "Ovaypoç. Le texte est sans doute à lire : ^oîv^J; BH. a : -oa.;^o| : Evagrius.
— 10. Theod., II, x. — 11. Theod., II,xn. Cf. Socr., II, xxin.

I. 35

274

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Orientaux, à cause de I'éloignement, vin-
rent en petit nombre. Les Orientaux ré-
clamèrent qu'on déposât Athanase, mais
les Occidentaux n'y consentirent pas.
Certes, si Athanase était déposé, toute la
foi périssait. Le synode fut dissous. —
L'empereur ordonna de nouveau aux Oc-
cidentaux de se réunir h Rimini [et aux
Orientaux à Nicomédie]1 ; mais dans l'in-
tervalle cette ville ayant été renversée
par un tremblement de terre, ils s'as-
semblèrent à Séleucie. [138] Les parti-
sans d'Arius souscrivirent au symbole
de Rimini; mais les évêques ne le reçu-
rent pas. L'empereur ayant défendu aux
évêques de s'éloigner, et ceux-ci étant
partis chacun dans son pays sans permis-
sion, il en fut vivement irrité et donna
raison aux partisans d'Arius*.

Ensuite Liberius de Rome quitta son
siège et fut exilé*.

Peu de temps après Leontius d'An-
tioche mourut, etEudoxius de Germani-
cia prit son siège par ordre de l'empe-
reur *.

L'empereur réunit de nouveau un sy-
node de 150 [évêques] à Séleucie5. Eu-
sebius, Eudoxius et Aetius montèrent
trouver l'empereur et accusèrent le sy-
node. Eudoxius donna à l'empereur un
volume dans lequel il était écrit : « Ceux
qui sont produits différemment sont
aussi différents dans leur nature ; par con-
séquent le Fils est différent du Père. »
Quand on connut qu'Aetius l'avait écrit,

nase revint donc à Alexandrie pour la
deuxième fois, et y fut reçu avec grand
honneur par tout le monde.

Mais après la mort de l'empereur
Constant, les Ariens irritèrent de nou-
veau l'empereur Constance contre Atha-
nase en disant : « C'est lui qui a été
cause de la guerre entre toi et ton
frère. «L'empereurordonnaqu'Athanase
fût de nouveau chassé et lapidé ; il envoya
Sebastianus avec des soldats pour le
mettre h mort8. Athanase raconte [138]
lui-même sa fuite. Il dit7 : « Les Ariens
s'empressèrent d'aider les soldats pour
les exciter contre moi, et me désigner
au cas où ils ne me reconnaîtraient pas.
Il faisait déjà nuit, et quelques gens du
peuple étaient en veille, attendant l'au-
rore8. Alors, les officiers9 arrivèrent,
avec leurs soldats, au nombre déplus de
cinq mille, et entourèrent l'église de
manière que personne ne pût échapper.
Pour moi, je pensai qu'il serait honteux
d'abandonner l'église et le peuple10, au
milieu de ce tumulte, pour ne pas m'ex-
poser davantage au danger. Devant
tout le monde, je m'assis sur mon trône ;
j'ordonnai à un des diacres de chanter
les psaumes, et au peuple de lui ré-
pondre par cette sentence : Parce que
ses miséricordes sont éternelles 11. Le gé-
néral entra, et ses soldats entourèrent
le sanctuaire, pour s'emparer de moi.
Les clercs et le peuple nous sup-
pliaient de fuir. Pour moi, j'étais ré-

1. Socr., II, xxxvir, xxxix. — 2. Socr., II, xxxix. — 3. Ibid. ; Jac. Edess., ad ann. 27. — 4> JAC-
Edess. ad ann. 30; Socr., II, xxxvn. — 5. Socr., II, xxxix; Theod., II, xxvi.

6. Theod., II, xrn. — 7. Ibid. — 8. Ou plutôt :YOffice, 7tpodSoxcùjj.£vy]; «ruvâlew;. — 9. Le grec dit :
o ffxpaTrjXaTriç. — 10. Lire : J.*s-\Xo. — 11. Ps. cxxxvi.

LIVRE VIL CHAP. IV

275

il fut exilé en Phrygie ; et Eudoxius ana-
thématisa quiconque disait que le Fils
est différent du Père ou qu'il est une
créature1. L'empereur demanda [aux
évêques orthodoxes! d'anathématiser
l'expression de « consubstantiel » ;
mais, comme ils n'y consentirent point,
il les chassa. — Cyrille de Jérusalem
fut aussi déposé après douze ans [d'é-
piscopat] et on lui substitua Herennius*.

Macedonius de Constantinople fut dé-
posé après avoir siégé cinq ans. Eu-
doxius d''Antioche lui succéda3. Meletius,
qui était évêque de Sébaste d'Arménie,
et qui n'avait jamais auparavant rien dit
à propos de la foi, fut accueilli par tout
le monde*. Or, un jour qu'il interprétait
[les Ecritures], il dit, [139] en montrant
trois doigts : « Nous savons qu'ils sont
un5. » Les Ariens reconnurent qu'il
tenait la foi de Nicée : ils le déposèrent,
au bout de trois ans, et établirent Euzoïus,
tandis que le prêtre Paulinus* dirigeait
une partie du peuple7.

A cette époque surgit l'hérétique Apol-
linarius8. Il avait été à Alexandrie et y
avait étudié les sciences profanes. Il vint
enseigner à Beyrout, et parvint jusqu'à
Laodicée, où il prit une femme. Il eut un
fds qu'il appela de son nom. Il fut fait
prêtre,et son fds lecteur, par Theodotus,
évêque de l'endroit. Comme ils vivaient
dans la familiarité d'Epiphane, un so-
phiste païen, ils se mirent à sa suite;

solu à ne pas partir avant que tous les
enfants de l'Eglise fussent sortis. Je me
levai et je terminai la prière; je leur
persuadai de partir en disant : « Il vaut
« mieux que je sois seul exposé au danger
« plutôt que quelqu'un d'entre vous ne
« soit maltraité ». La plupart sortirent et
le reste s'attacha à nous. Des moines et
quelques clercs s'efforcèrent de nous
faire descendre du trône ; et, j'en prends
à témoin la vérité, tandis que de nom-
breux soldats occupaient le sanctuaire et
que les autres circulaient dans l'église,
nous passâmes au milieu d'eux, et, grâce
au Seigneur qui nous conduisait et nous
protégeait, [139] nous échappâmes à
leurs mains, en glorifiant Dieu de ce que
nous n'avions pas abandonné le peuple. »
Ce fut  le troisième   exil d'Athanase.

L'empereur discuta beaucoup avec
Liberius pour lui faire signer la déposi-
tion d'Athanase qu'il appelait un impie
et un perturbateur; mais comme Libe-
rius ne céda pas, il le condamna à l'exil ;
il lui envoya pour ses dépenses cinq
cents dinars qu'il n'accepta pas. Il fut
envoyé à Beroë de Thrace9.

Deux ans après, l'empereur étant venu
à Rome, les femmes persuadèrent à leurs
maris de lui demander de faire revenir
Liberius10.Mais comme ils craignaient, sa
colère, les femmes résolurent de le sup-
plier elles-mêmes, de sorte qu'il accepte
ou qu'il ne se fâche pas. Les femmes no-

1. Theod., II, xxvrr. Lire : L;=>? (BH.). — 2. 'Appvjvioç, Socr., II, xlv, s. f. Notre ms. (suivi par
BH.) porte: Adrianus ; Jac. Edess., ad ann. 30 : Arsenius. — 3. Socr., II, XLiri. — 4. Par tous les
partis, comme év. d'Antioche. Socr,, II, xlivjTheod., II, xxxi.— 5. xpc'a xà vo\j[ieva* ivs 8è Sta/£yé[i£8a
(Theod., I. cit.). — 6. Ms. : Flavianus) c'est aussi la leçon de BH. — 7. Jac. Edess., ad ann. 30. —
8. Socr., II, xlvi. — 9. Theod., II, xvr. — 10. Theod., II, xvn.

276

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

pour ce motif Theodotus leur interdit
le ministère. Quand Theodotus fut mort,
Georgius, son successeur, les engagea
à s'éloigner d'Epiphane, mais ils ne
se laissèrent pas convaincre ; alors il les
chassa entièrement de l'Eglise. Apolli-
narius le jeune alla trouver les évêques
excommuniés qui l'ordonnèrent évêque
pour une ville inconnue1. Lui et son
père donnèrent naissance à cette hérésie
des degrés et des mesures. Il dit, en
effet, que l'Esprit est grand, que le Fils
est plus grand et que le Père est beau-
coup plus grand qu'eux deux ; que le
Fils n'a pas pris une âme raisonnable
mais seulement l'âme végétative ; l'in-
telligence cependant, dit-il, fut prise 2.
Et beaucoup de choses de ce genre. Il
composa de lui-même des psaumes3.

A cette époque,Eunomius futordonné4
par Eudoxius qui lui prescrivit de ne pas
faire connaître son impiété. Mais le peu-
ple [parvint] à le tromper et, quand il
eut dévoilé dans un livre son esprit cor-
rompu, on l'accusa près de l'empereur.
Eudoxius fut contraint de le déposer. Il
lui ordonna de prendre la fuite, le blâ-
mant de ce qu'il avait laissé voir [140] son
impiété.Eunomius, offensé par Eudoxius,

bles allèrent le trouver en grande pompe
et le supplièrent. L'empereur répondit
que l'Eglise avait un pasteur dans Félix
qui avait succédé à Liberius. Félix avait
accepté la foi, mais il se tourna promp-
tement vers les Ariens. L'empereur
changea d'avis, vint et accueillit la de-
mande des femmes; car il vit que per-
sonne ne marchait à la suite de Félix. Il
ordonna de faire revenir Liberius, pour
qu'ils administrassent en semble l'Eglise.
Mais le peuple s'écria : « Il n'y a qu'un
Dieu, qu'un Christ : [nous n'aurons]
qu'un évoque ! »

Ceux qui furent exilés avec Liberius
de Rome, étaient5 : Paulinus de Gaule,
Dionysius d'Italie, Lucifer des Iles qui
sont en Sardaigne, et Eusebius d'Ita-
lie. Celui-ci est peut être celui que Ju-
lien condamna9 et qui est appelé Eusèbe
de Rome, parce que l'Italie comprend
aussi Rome.

On confia à Eusebius de Samosate le
volume dans lequel était consigné le dé-
cret commun7. [140] Quand il vit que
les impies mentaient à leur promesse et
qu'après avoir établi Meletius ils le dé-
posaient, il regagna sa ville. Les Ariens,
qui craignaient d'être blâmés, persuadè-

1. « Obscure », ou peut-être « innommée», c'est-à-dire indéterminée, ce qui était contraire aux ca-
nons. Philostorge (VIII, 14) affirme qu'Apollinaire fut évêque, « quod quidem nescio unde hause-
rit », ajoute Photius dans son Epitome. — 2. BH. Chr. eccl., I, 102, traduit littéralement Socrate :
(iooi COoi Cùiso |Loov^o : aXk' elvai tov Oebv Xoyov àvxi voO et; xov àvaAï):p6!vTa avôpa)7iov. — 3. Je lis
Uûboixj; peut-être faut-il corriger : U>o\xs « des traités ». Cf. ci-dessous, p. 288. — 4. Comme
évêque de Cyzique ; Theod., Il, xxix.

5.nayXïvo; o tî}; y.r^poiiô'kzuiï tmv TaAXiwv, xoù Aiovuikoî ô tt); [ir^ponoltta^ ttjî 'ItxXîa;, xî\ Aouxîcpsp à
•ni; iAY)TpoTCÔAew; twv xaxà SapSavîav vtjitwv, xoù Eùaégto; inb tïj; 'IraXta; (Theod., II, xv, a. m.). —
6. Sic ms. ; mais il faut lire : « que Julien rappela ». Cf. Theod., III, n. Il s'agit d'Eusèbe de Ver-
ceil. — 7. L'acte d'élection de Meletius, auquel les Ariens et les orthodoxes avaient souscrit. Cf.
Theod., II, xxxi.

LIVRE VIL CHAP. IV

277

alla trouver Aetius, et tous les deux don-
nèrent naissance à une hérésie et furent
appelés E u no miens1.

Les évêques réunis au nombre de 160
à Séleucie, se divisèrent2. Georgius3 et
32 autres formaient un parti; Georgius
de Laodicée et le reste des autres [for-
maient] un autre parti.

Les premiers, au lieu de dire le Fils
« consubstiintiel », le disaient « sem-
blable* au Père ». Et quand on leur de-
mandait en quoi il est semblable, ils
répondaient : « Par la volonté, et non
par l'essence. » Or. quelqu'un peut dire :
« Comment appelez-vous vos Pères, ceux
d'Antioche, puisque vous reniez leur
doctrine? Ceux qui se réunirent à Nicée
ont fixé ce terme de « consubstantiel »;
et il convient absolument de les nom-
mer Pères; car ils les précèdent par
le temps; et ceux d'Antioche ont reçu
d'eux le sacerdoce. Si ceux d'Antioche
ont déshonoré leurs Pères, ceux qui
suivent les parricides se trompent. Com-
ment ont-ils reçu comme véritable
l'ordination de ceux dont ils rejetaient
la foi comme fausse. Car si ceux-là ne
possédaient pas l'Esprit-Saint, qui est
communiqué par l'ordination, ceux-ci
n'ont pas non plus reçu le sacerdoce. »

A cette époque florissait le jeune [cAôd]3
entraîner par la doctrine des Daiçanites.

rent à l'empereur d'envoyer chercher le
livre de leur définition. Le saint n'ayant
pas voulu le donner, l'empereur s'irrita.
Il envoya de nouveau en disant : « S'il
ne donne pas le livre, qu'on lui coupe la
main droite» ; mais il prescrivit en secret
à l'envoyé, de ne pas faire cela. Quand
Eusebius eut lu la lettre de l'empereur, il
présenta sa main droite et sa gauche, en
disant : « Je ne donnerai pas le livre qui
est la condamnation de l'impiété des
Ariens. » L'empereur en apprenant cela
fut frappé d'admiration. Les persécu-
teurs sont parfois contraints d'admirer
leurs adversaires à cause de l'excellence
leurs actions7.

Le 35e évêque de Rome fut Damasus,
pendant 19 ans8.

Alors florissait en Mésopotamie, par sa
sainte doctrine, le docteur Mar Ephrem ;
et dans la vie religieuse : Abraham
Qidounaya et le vieillard Julien 9.

Abraham d'Edesse mourut; les Edes-
séniens prirent de force Barsê, évêque
de Harran, et ils le mirent à la tête de
l'église de leur ville10.

A cette époque mourut aussi Vologèse
de Nisibe    — Fin.

à Édesse. 11 était archidiacre, et se laissa
Ils6 admettaient des Apocalypses et des

1. Theod., II, xxix. — 2. Socr., II, xxxix. — 3. D'Alexandrie. — 4. S|ioio:. Socr., II, xi,. — 5. Le-
nom est donné parBH,CA/\ eccl., I, 102. Il s'agit bien de Avôaïo; (Theod., IV, x ; Epifh. Hseres. LXX,
n. 3). Théodore Bar-Khouni (Pognon, Coupes de Khouabir, p. 123) écrit: ^i-ix.— 6. Dans le ms. il y
a : « qui acceptaient » et la phrase se rapporte aux Bardesanites , mais d'après le texte de Théo-
dore [loc. cit.), il s'agit des disciples de 'Audai qui avait composé de nombreuses apocalypses.

7. Theod., II, xxxn. — 8. Jac Edess., ad ann. 29. — 9. Cf. p. 271, 297, 298. — 10. Cf. p. 203
et 270. Selon le Chron. edess. (n° xxn), Abraham mourut en 672 (361) et Barsê fut intronisé la même
année (n° xxix). — 11. Cf. p. 270, n. 10.

278

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Actes. On trouve aussi dans leurs livres qu'il n'y a point de résurrection; que les

anges1.....; que sept Directeurs ont fait le monde2.

A cette époque Georgius, l'arien, infligeait beaucoup de maux aux Alexandrins.
C'est pourquoi ils furent tous enflammés de zèle et le firent périr dans le feu.
D'autres disent qu'ils le lièrent sur un chameau sauvage et qu'il fut mis en pièces ;
d'autres enfin disent qu'il fut massacré par les partisans d'Athanase. C'est à son pro-
pos que Julien, au commencement de son règne, écrivit des reproches aux Alexandrins
et leur dit3: «Peut-être direz-vous que la colère vous a induits en erreur?» — Ce
chapitre est aussi fini.

CHAPITRE V DU LIVRE VII. — De l'époque du règne de Julien l'impie et de

Sabhour.

Julien TuapaSaTYjç, c'est-à-dire « apostat », fut institué César par l'empereur
Constance et régna avec lui pendant 5 ans. Après la mort de l'empereur il régna
[141] seul 2 ans. Il commença son règne le 3 de kanoun [Ier] (décembre), de l'an
679.

Dans d'autres livres il est écrit que Julien était fils d'un frère de Constantin
le Grand4. Constantin le Victorieux5, qui bâtit Constantinople, avait deux frères
consanguins : DalmatiusGet Constantius. Dalmatius appela son fils de son nom.
Constantius7 eut deux fils : Gallus8 et Julianus0. Gallus, s'étant révolté, fut tué
par ordre de l'empereur. Julien, sur les instances de l'impératrice, fut envoyé10
à Athènes.

Plus tard, l'empereur institua Julien César et lui donna pour femme sa pro-
pre sœur. Il l'envoya combattre les Barbares. On dit qu'en une certaine ville,
tandis qu'il passait dans le forum, une des couronnes suspendues dans ce.
forum lui tomba sur la tête. Après avoir vaincu les Barbares, il lui vint dans

1. La phrase est mutilée et je ne vois rien dans le texte de Théodore qui me permette de la res-
tituer. Celui-ci ne parle des anges que dans un seul passage ainsi conçu : « Ils demandèrent qui
a contraint les anges de créer le monde ». — 2. Comp. ci-dessus, p. 184, où un passage semblable
est attribué à Bardesane. Théodore attribue expressément cette doctrine à \Audai dans une phrase
dont voici le texte (sans aucun doute altéré) qui mérite d'être rapproché du texte cité par Michel.
• j.so>. L»-=i-^ *»Lû.i2Sboo 1*5^ ,avXX»oi<^o |.s»-ào Lpx |&»i.»ao (lire : l^œ) lî^aa uLa^uruo
L*om L,a.x |ks»*A.yjo lî-ûaa UUûo 1^*-^ t-a-* <*Jo»l.  Théodore ajoute (p. 133) que \A.udai

avait emprunté cela aux Chaldéens. On voit que le nom de la partie du corps qui manque dans no-
tre ms. (cf. ci-dessus, p. 184, n. 12) est à restituer « la peau ».— 3. La lettre est rapportée par
Socrate, III, m; cf. III, ir, au sujet du meurtre de Georges.

4. Socrate, H.E., III, 1. — 5. Lire : Lai (plutôt que Ls,). — 6. Ms. : Lamatius. Rest. : ^a^x^,
AaA(j.acto;. — 7. Ms. : Contantinus.— 8. Ms. : Gallius; mais plus bas : Gallus, correctement. —
9. Voir le tableau généalogique de la famille de Constantin à la fin du volume. ¦=— 10. Lire :

LIVRE VII. CHAP. V

279

l'esprit, et il se dit, que l'empereur ne Pavait pas envoyé pour vaincre, mais bien
pour le faire périr ainsi que ceux qui l'accompagnaient. Dès lors,il commença à
tendre des embûches à l'empereur. Il avait peur de lui ; pour ce motif il se retira
à Athènes, et coupa sa chevelure \ 11 apprenait en secret la magie sous prétexte
[d'étudier] la dialectique. Quand il eut vaincu dans le combat, on lui répétait que
la couronne qui était tombée sur sa tête était le symbole de l'empire. — Gomme il
était d'un esprit orgueilleux, il consentit à être proclamé empereur par ses par-
tisans. Il prit son collier et le plaça sur sa tête : c'est de cette manière qu'il
commença à régner.

Il tournait en dérision [142] Constance. Il destituait les juges2 établis par
celui-ci, et changeait toutes les dispositions des empereurs chrétiens. De plus,
il se mit à rouvrir les temples des idoles et à offrir des sacrifices, pour se conci-
lier les païens. Il se prépara à faire la guerre à l'empereur. Par les secrets
impénétrables de Dieu, l'empereur Constance mourut. Alors l'empire des
Romains était réuni et ses différentes parties formaient une seule assemblée ;
mais le tyran se révolta et mit sa confiance dans sa fortune. Il avait l'assurance
que les démons l'avaient exalté, et il s'efforça astucieusement d'attirer tout
le peuple à lui. Quiconque avait été maltraité par l'empereur fut très bien traité
par lui. Il se conduisait selon l'apparence trompeuse des philosophes3. Chasser
les cuisiniers et les barbiers est bien l'œuvre d'un philosophe et non d'un
empereur; ridiculiser et insulter n'est ni d'un philosophe ni4 d'un empereur.
Or, le tyran Julien fit un traité5 dans lequel il tourna en dérision les empereurs
ses prédécesseurs. Les philosophes et les empereurs doivent être trop grands
pour calomnier et jalouser6.

Le tyran Julien souilla les sources par des sacrifices; sans doute afin que
tout le monde en buvant fût contraint de participer à son impiété. Il faisait ré-
pandre [de cette eau], par impiété, sur les mets des bazars dans chaque ville où
il entrait7.

Quand il entra à Constantinople, il fut proclamé autocrator*.— Quand il vint
à Antioche, il diminua le prix de tout ce qu'on y vendait; mais les Antiochéniens
ne le supportèrent point, [143] car ils s'agitent facilement. Ils répandirent le
mépris sur l'empereur. Ils vociféraient, et tournaient en dérision sa barbe parce
qu'elle était longue. Ils disaient : « Coupe ta barbe9, et tresses en des cordes. »
— Il avait fait imprimer des taureaux sur ses statères et ses zouzê, et il sacrifiait

1. En signe de profession monacale. Ce fait est antérieur à l'envoi de Julien dans les Gaules
d'après Socrate (III, r). — 2. xouç xocx' È7rap-/!av ap^ovxaç. — 3. Le sens pourrait être : « Il portait
l'habit trompeur des philosophes ». C'est ainsi qu'a compris l'arménien (Langlois, p. 126), néan-
moins notre traduction paraît mieux répondre au contexte. — 4. Lire : l-"^»* U9|o. — 5. Les
Césars, — 6. Socr., III, r. — 7. Theod.. III, xv. — 8. Socr., III, r. — 9. Lire : foi.

280

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

des taureaux aux idoles. — Il était irrité contre Antioche; le sophiste Libanius
présenta à l'empereur un libelle de supplique pour les Antiochéniens qui
l'avaient appelé « ennemi de la barbe1 » et « perpétuel mépriseur» 2. L'empereur
les maudit en paroles et calma sa colère3.

Julien voulut prendre un oracle d'Apollon Pythien,qui est à Daphné; mais le
démon redouta Babylas4 dont l'urne avait été déposée en ce lieu, et ne répondit
point. L'empereur, ayant appris la chose, ordonna aux chrétiens de transporter
le saint dans la ville, au chant des psaumes ; alors Apollon rendit l'oracle3.

L'impie fit dresser deux tables : sur l'une, il plaça de l'or; sur l'autre, de l'en-
cens et du feu. Quiconque voulait prendre de l'or, devait jeter de l'encens sur
le feu, puis il prenait de l'or et mangeait ensuite des choses offertes aux idoles5.
— Un des chrétiens jeta l'encens, prit de l'or et entra pour manger; il fit le signe
de la croix sur la coupe ; son compagnon lui dit : « Voici que tu fais le con-
traire. » Ayant appris qu'il avait apostasie, lui et d'autres se levèrent en criant :
« Nous sommes chrétiens. » Il voulut les tuer, mais, craignant de leur procurer
les honneurs du martyre7, il les envoya en exil8.

[144] Il fit sortir du palais les eunuques; il congédia aussi les chameaux, les
ânes et les mulets de son service, et ne conserva que les seuls chevaux8.

Il changea le nom de Césarée et l'appela Mazaqâ'0, comme auparavant ; de
même pour Byzantia et d'autres [villes].

Il porta une loi défendant aux chrétiens d'étudier les livres des païens et des
philosophes. — Il fit des maisons pour l'entretien des orphelins, des veuves, des
malheureux, et, par ces apparences, il séduisait les gens simples.— 11 ordonna
de réciter les exploits de Zeus, de Mars, de Mercure et des autres dieux11; et
quiconque faisait cesser leur culte subissait le châtiment. Quand il donnait la
paie 12 aux soldats, il leur commandait d'offrir de l'encens aux idoles.

Ayant été tourné en dérision à Antioche, il avait conçu de la haine contre
elle, de môme que contre Césarée de Cappadoce'3; il jura par ses dieux d'en
jeter les pierres à la mer11, parce qu'il avait été réprimandé par le grand Basile.
Il manda aux Edessénien's de le recevoir, mais ils ne le reçurent point. Ses par-

1. Mtffonwywv. L'auteur semble avoir pris le titre du pamphlet de Julien, comme un terme de
mépris de la part des Antiochéniens. — 2. Lire : Isa-»^. Ces mots paraissent traduire incorrecte-
ment le texte de Socrate (III, xvn) : xôv yàp 7ts7u>vy)[j(ivwv aùtw 'Avutr/'xbv, r^oi MtcxoTtwyova Xôyov
Ste|£>,8wv, <7T:yptaTa 6r/)v£x7) tîj 'Avnoxâwv nôlei xaTsXinsv ('IouXiavoç).—3. Le paragraphe est résumé de
Sockate, III, xvn. — 4. Sur S. Babylas, cf. Acta Sanct., 24 janv. —5. Theod., III, x; Socr., III,
xvin. — 6. Theod., III, xvr. Cf. Sozom., V, xvir. — 7. Litt. : « Il fut jaloux de leur martyre. » —
8. Theod., III, xvrr. — 9. Socr., III, r. — 10. Ms. : Bâzaqa ; Sozom. (V, îv) et Philost. (rx, 12) :
MctÇaxa. — 11. Litt. : « démons ». — 12. o']/wvia. — 13. Cf. Sozom., V, îv. — 14. La menace ne s'ap-
plique littéralement ni à Antioche ni à Césarée deCappadoce qui ne sont point sur le bord de la mer.

LIVRE VII. CHAP. V

281

tisans lui conseillèrent de les laisser, et il passa à Harran. Il sacrifia aux idoles
et traita les Juifs avec honneur. Les Juifs d'Edesse, ayant appris cela, s'insur-
gèrent contre les chrétiens; les chrétiens furent enflammés de zèle et tuèrent
tous les Juifs.

Tandis que Julien adorait l'idole Sin1, à Harran, la couronne de sa tète tomba
et son cheval s'embarrassa dans son harnachement et le déchira* : le cheval
mourut. Les augures lui dirent : a Les chrétiens [145] qui sont avec toi sont
cause de cela », et ils ajoutèrent d'autres paroles; il congédia 22.000 soldats
chrétiens8.

Il ne fit point supprimer* la croix [devant son armée], afin, s'il était vaincu
en Perse, d'en attribuer la cause à la croix. — En tous lieux il consultait les au-
gures et les magiciens. Un oracle fut rendu qui lui disait* : « Tous les dieux en-
semble, nous sommes sortis pour que tu obtiennes la victoire sur le fleuve du
Tigre. Et moi, Mars, je suis le conducteur. » Ce misérable prit confiance, et se
dirigea vers la Perse, pensant vaincre comme Alexandre. Ayant entendu dire
que les Perses étaient plus faibles en hiver, il entra dans leur pays ayant avec
lui 395.000 combattants, sans compter les porteurs de charges, les ouvriers,
les artisans et le reste. Il entoura Séleucie et Ctésiphon ; il s'en empara et les dé-
truisit. Sabhour s'enfuit devant lui. Il envahit le trésor royal et y prit de grandes
richesses. Sabhour lui envoya une supplique pour lui proposer de lui donner6
une petite partie de la région. Il n'y consentit point et ne prit point en considé-
ration ce dicton : « Vaincre est beau; abuser de la victoire est odieux7. »

Les Perses se réunirent avec Sabhour contre les Romains, sur les rives du Ti-
gre. Ils envoyaient des ambassades. Un jour, Julien sortit à cheval, sans armes,
se glorifiant de sa fortune et excitant au combat; tout à coup un trait vola et le
frappa au côté, et il tomba8. Il remplit le creux de sa main [146] de son sang et le
jeta contre le ciel en disant9 : « Tu m'as vaincu, Galiléen ! prends donc la royauté
en héritage avec la divinité! » — Qui lança le trait? Les uns disent que ce fut

1. Lunus. — 2. L'arménien a compris autrement : « le cheval.....       lançant une ruade, déchira les

vêtements de l'empereur» (Langlois, p. 131) ; ce sens est à la rigueur possible, mais paraît moins
bien répondre à la construction syriaque.— 3. Cf. Sozom., VI, i. — 4. >Q*i] a le double sens d'éle-
ver et d'enlever. Les auteurs disent que Julien fit supprimer l'insigne de la croix sur les étendards
des légions; mais notre texte paraît avoir compris dans le sens que je traduis. C'est aussi de cette
façon que l'arménien a entendu le passage de Michel : « Il garda la croix que, selon l'ancien usage,
on portait devant l'armée. Il dit : qui sait ! Peut-être les Perses nous vaincront et alors ce seront le
Crucifié et sa croix qui subiront la défaite» (Langlois, p. 131). — 5. Theod., III, xxi.— 6. D'après
Théodoret, le sens est : « Sapor proposa de donner à Julien une partie de son empire », mais
d'après notre auteur il faut entendre : « Sapor demanda que Julien lui laissât une petite partie de
son empire. » BH. ajoute :« et prît le reste.» — 7. Nixàv |j.èv, xaXôv ynepvixâv 8è, êm<p9ovov, Socr., III,
xxi. — 8. Ibid. — 9. Theod., III, xxvi.

I. 36

282

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

un ange; d'autres, un des Quarante martyrs ; d'autres un des Arabes qui l'accom-
pagnaient; d'autres, un Perse à qui il avait fait couper1 le nez, et qui le trompa
en l'emmenant dans le désert où le peuple succomba par la faim. Callistus', un
de ses familiers qui écrivit son histoire, dit qu'il tomba et mourut frappé par
le démon, un samedi3.

II vécut 31 ans. II fut César pendant 5 ans et régna seul 2 ans et sept mois *.
Que sa mémoire soit en malédiction! Amen.

La mort de Julien fut révélée au vieillard Julien5, qui était sur le mont Sinaï,
au grand Basile de [Césarée de] Cappadoce, à Didymus6, et à d'autres saints.

La source chaude de Bagdad laissa couler du sang pendant un mois entier
avant la mort de Julien; après le jour de sa mort, elle revint à son état naturel.

A Harran, ayant offert un sacrifice, il sortit [du temple]', le ferma et le scella
pour que personne ne rouvrît; après sa mort on l'ouvrit et on y trouva une
femme suspendue par les cheveux, avec des incisions dans le foie'.

Julien, grâce aux leçons9 d'une femme
de leur espèce, s'adonna aux pratiques
des magiciens et eut recours aux au-
gures et aux devins; il tomba dans le
filet de l'apostasie, perdit l'espérance de
la foi et se fit païen. [141] On trouve ce
fait dans l'histoire Contre les Etran-
gers™, qu'on dit avoir été écrite par
saint Grégoire, frère du grand Basile, et
évêque de Nysse. Julien avait étudié avec
eux à Athènes, et ils rapportent que, dès
ce temps, voyant sa conduite débauchée
et son esprit tourné au paganisme, ils
dirent à propos de lui : Malheur à l'em-
pire romain! que nourrit-il 11 ! »

Ayant été créé César, il vint dans le

Quand Julien commença à régner, il
ordonna que les évêques retournassent
à leurs sièges; et Athanase, lui aussi,
retourna à Alexandrie. Il ne donna point
cet ordre par crainte de Dieu, mais pour
un double motif12 de ruse : première-
ment, pour annuler [141] toutes les pres-
criptions des empereurs chrétiens ses
prédécesseurs; et secondement, parce
qu'il espérait gagner les évêques par sa
philanthropie et les amener à accomplir
sa volonté 13.

Quand ce tyran révéla son impiété et
commença à persécuter les chrétiens et
à en faire mourir un grand nombre,
qui furent couronnés du véritable mar-

1. Lire : ^é^5. — 2. Ms. : Calistlos. — 3. Theod., III, xxvi ; Socr., III, xxi.— 4. Socr., III, xxi.

— 5. Ms. Yamina; corr. : U^-a*. cf. Theod., III, xxiv. Mais il s'agit de Julien Saba qui vivait dans
les environs d'Edesse, et non sur le mont Sinaï. — 6. Cf. Sozom., VI, ir. — 7. Il manque certaine-
ment quelques mots dans le texte, et le nom de l'édifice (<ty)x6;, dans le grec). — 8. Theod., III, xxvi.

9. Le ms. porte : pârtîkê, je pense qu'il faut corriger : uû^!,S = itouSeuTixrj. —10. Socrate auquel
est emprunté tout ce paragraphe dit plus explicitement (III, xxiii) : sv tô> ôsu-rlpo) AÔyw irpoç "EX/rivaç.

— 11. Otov xaxov r\ 'PwiAatwvt pecpst {ibid.).
12. Lire : U-H>. — 13. Theod., III, n.

LIVRE VIL CHAP. V

283

pays de l'IIeHede', et appela un magicien
à son serviceâ. Le magicien évoqua le
démon, qui vint. Julien, pris de peur, se
signa du signe de la croix adorable, et
les démons s'enfuirent. Le magicien lui
dit : « Les démons ont horreur de la
croix. »

Après cela,ayant triomphé à la guerre,
il crut fermement que les démons lui
avaient donné l'empire, et il commença
à favoriser les païens. Il adora ouverte-
ment les idoles, persécuta les chré-
tiens, et permit aux Juifs de rebâtir
leur Temple à Jérusalem. Lorsqu'ils ten-
tèrent de le rebâtir, le feu du ciel des-
cendit sur eux ; on vit des anges qui frap-
paient et tuaient les Juifs. A cause de
tels prodiges, ils ne purent rebâtir [le
Temple].

A Gaza et à Ascalon, villes de Pales-
tine, les païens osèrent ouvrir le ventre
des prêtres et des femmes vierges : ils
les remplissaient d'orge et les pla-
çaient devant les porcs pour qu'ils les
dévorassent3.

A Sébaste de Palestine, ils ouvrirent
aussi la châsse [142] de Jean-Baptiste
et livrèrent ses ossements aux flammes*.

Les païens s'emparèrent aussi" d'un
diacre nommé Cyrille, qui avait brisé
les idoles de Baalbek du temps de Con-
stantin ; ils lui ouvrirent le ventre, et
mangèrent son foie, Aussitôt, leurs dents
tombèrent, leurs langues se pourrirent,
et ils furent privés de la vue ; ils se trou-

tyre, Athanase s'enfuit. Il parle lui-
même de sa fuite, dans son Discours
apologétique, en ces termes6 : « S'il est
honteux de fuir, celui qui poursuit pour
tuer est encore plus vil. Il est écrit de
fuir : massacrer, c'est transgresser la loi.
Quiconque était angoissé fuyait Saùl et
se réfugiait près de David7. Que faire,
quand on voit Jacob fuir devant Ésaù;
Moïse s'éloigner de devant Pharaon, et
David de devant Saùl ? Que ceux qui nous
reprochent de fuir, considèrent Élie
fuyant devant Achab et Jezabel, et les
enfants des prophètes qui se cachèrent
dans une caverne. Les Apôtres eux-mêmes
s'éloignaient par crainte des Juifs, et
Paul fut descendu dans un panier par le
mur. Le Verbe du Père lui-même a dit :
« Quand ils vous poursuivront dans une
ville, fuyez dans une autre8 » ; et : « Que
ceux qui seront en Judée s'enfuient dans
les montagnes9 ». Le Christ lui-même a
pris la fuite, de même qu'il souffrit la
faim et la soif pour nous10, et quand on
voulutle lapider, il s'éloigna ; mais quand
l'heure de sa passion fut venue, il ne se
cacha point. De même aussi les martyrs
se sauvaient devant les persécuteurs,
mais quand ils étaient pris, ils souffraient
courageusementle martyre. » [142] Ainsi
écrit saint Athanase dans son Discours
apologétique.

Il revint de nouveau de cette fuite et
fut reçu avec joie à Alexandrie. Il chassa
les Ariens de l'église.

1. Theod., III, m. — 2. Littér. : qui adstaret sibi. — 3. Theod., III, vu. — 4. Ibid. — 5. A Baal-
bek; Theod., loc. cit.

6. Socr., III, vm. — 7. Corr. : »*o!,= o. — 8. Matth., x, 23. — 9. Matth., xxiv, 16. — 10. Ce
passage traduit mal le grec : ît Aéyoç, ôV ^pi-àç yevôuEvo; av6pw7ioç, xaTYj^'woe Ç/)WJfj.£voç u>; T|(A£Îç xpvêvjvai.

284

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

vaient réunis dans les places publiques
pour confesser involontairement , par
leur affliction, la puissance divine.

Un homme nommé Marcus qui avait
aussi renversé des idoles du temps des
empereurs chrétiens, s'enfuit quand les
païens revinrent au pouvoir. Ayant ap-
pris qu'on en avait saisi d'autres à sa
place, il revint. Ils n'eurent point pitié
de lui, comme d'un vieillard, mais ils le
dépouillèrent, le frappèrent, lui brisè-
rent les membres et le jetèrent dans une
écurie2 infecte. Puis ils le firent remon-
ter et le livrèrentà des enfantspour qu'ils
le percent de leurs stylets. Ensuite, ils
le jetèrent dans un filet, l'oignirent de
miel et de garum 8 et l'exposèrent à la
chaleur du soleil pour qu'il fût tourmenté
par les guêpes. Ils lui disaient4 : ou de
rebâtir le temple des idoles qu'il avait
détruit, ou de fournir les dépenses pour
sa reconstruction. Ils descendirent même
jusqu'à lui demander de donner quelque
petite chose ; mais il n'y consentit point ;
il leur disait : « Vous êtes des gens ter-
restres, recherchant les choses de la
terre ; pour moi, je suis du ciel et je re-
cherche les choses célestes5. » A la fin5ils
le relâchèrent en admirant sa constance.

Lucifer de Cagliari6 et Eusèbe de Ver-
ceil7 revinrent de l'exil8. Lucifer vint à
Antioche et établit Paulinus évêque pour
les orthodoxes9. Eusebius se rendit à
Alexandrie prèsd'Athanase 10;ilproclama
que la Trinité est une seulenature u. Dans
un synode tenu là, ils disputèrent sur la
nature et la personne1*; ils dirent qu'il
ne convenait pas de se servir de ces
termes en parlant de Dieu ; obaix n'est
pas même employédanslesLivressaints;
l'Apôtre13 s'est servi du mot ÛTOircaatç, à
cause des nécessités dogmatiques. Ils
montrèrent que ces termes doivent être
employés dans un sens différent, pour
la réfutation de l'opinion de Sabellius,
afin qu'on ne pense pas que la Trinité
est une seule personne appelée de trois
noms. Nous disons que les sages ont
défini diversement la substance; mais si
la substance est limitée14 par une défini-
tion, comment peut-on employer ce
terme en parlant de Dieu qui est infini?
Evagrius dit15 : « Dieu est simple ; tandis
que toute chose a un genre16, ou une
espèce17, ou une différence18 ou un acci-
dent19, ou quelque chose de composé de
ceux-ci. Dans la Trinité on ne trouve
rien de cela. Qu'on adore donc en silence

1. Évêque d'Aréthuse ; Theod., III, vu. — 2. Theod. : elç ûtcov6[i.ouç SucrwSeiç. — 3. Le syr. transcrit
exactement le grec yâpoî; la saumure n'étant pas de nature à attirer les mouches, je pense qu'il
faut entendre qu'on jeta d'abord de la saumure dans ses plaies pour raviver ses douleurs et qn'on
l'oignit ensuite de miel. — 4. Lire : oow ^J-vsl. — 5. Le grec est imparfaitement rendu. Théodoret
dit qu'ils l'avaient suspendu en l'air, mais qu'il se moquait de ceux qui le regardaient, xcù sXsyev
aùxouj fxàv eïvat ^a!xoa^/ouî *at èir'.yeîo'j; " iautbv ôè v^yjXov xa\ (jLETlwpov.

6. Lire : sj^-wîû, Aouxiçsp [asv KapâXwv. — 7. Lire : BpExéXXwv. — 8. Socr., III, v. — 9. Socr.,

III, vi ; Theod., III, v. — 10. Socr., III, vu. — 11. Le sens n'est pas douteux d'après le grec. —
12. rapt oÙCTtaç xoù vTCOffTàffewç. — 13. Ms. : les Apôtres; le grec fait allusion à saint Paul (Hebr., i, 3).
— 14. Lire : >»2-ûm. — 15. Cité par Socrate, toc. cit. — 16. yévoç. — 17. stSoç. — 18. Siacpopdc. —
19. au[j.êEêrjx6ç.

LIVRE VIL CHAP. V

285

Par contraste, ils en vinrent à l'opposé1 ;
car [143] ils apprirent la doctrine chré-
tienne2 et furent convertis par la bouche
de cet homme.

En ce temps-là, la foudre incendia le
temple et l'idole de Pythius, c'est-à-
dire Apollon, et la réduisit en cendres 3.
Elle était de bois recouvert d'or à l'exté-
rieur. Julien, oncle de l'empereur4, étant
accouru pour venir en aide à Apollon,
se mit à frapper les gardiens5; car il
pensait que le feu avait été mis par les
chrétiens ; mais ils affirmèrent que le feu
descendit du ciel, comme un éclair, et
l'incendia.

Cet oncle de l'empereur découvrit ses
membres6 et répandit [son urinej sur la
table [sainte. Euzoïus] s'étantavancépour
l'en empêcher, [Julien frappa]7 l'évèque
sur le visage.

[Bientôt après, cet impie] fut saisi par-
la maladie et la douleur, ses intestins [se
putréfièrent] et il rejetait ses excréments
par la bouche8. Sa femme, qui était
chrétienne, le blâma de son sacrilège; il
fut pris de remords et présenta une sup-
plique à l'empereur pour qu'il accordât
une église aux chrétiens. Mais l'empereur

l'ineffable9.» - [143] *o [Chez Sophocle
les embûches] sont appelées [vKcaxxmç].
Ménandre dit que c'est comme la lie qui
se dépose au fond d'un tonneau.

A cette époque, Meletius revint de
l'exil. Il ordonna le grand Basile de
Césarée de Cappadoce. Nombreux sont
les éloges de ses vertus. Ses prodiges
sont connus par les discours que lui
consacrèrent Grégoire le Théologien11
et d'autres saints.

Eusèbe12 tenait ses assemblées dans
une petite église d'Antioche; et Meletius
en dehors de la ville. L'arien13 Euzoïus
occupait les églises.

Maris de Chalcédoine, qui était fort
âgé et avait perdu la lumière des yeux,
se fit conduire14 près de Julien et le
blâma sévèrement. L'empereur lui dit
en se moquant : « O aveugle! le Gali-
Iéen, ton Dieu, ne te guérit donc pas? »
C'est ainsi que Julien appelait le Christ.
Maris répondit : « Je loue Dieu de
m'avoir fait aveugle, pour ne pas voir ta
face impie et athée15. »

Ecebolius16, le sophiste, qui s'était
converti du temps de Constantin et avait
apostasie du temps de Julien, revint au

1. Lit. : « Per ea quse sunt contraria conversi sunt ad hoc quod erat eis contrarium», traduction
du grec : Sià twv èvavxvwv eîç xâvavxîa u.STax£6évxEç. — 2. Litt. : « la crainte de Dieu, » — 3. Theod.,
III, xi. — 4. Il était alors cornes Orientis.— 5. Lire au plur. : — 6. Ou bien : « écarta ses vê-

tements ». Le premier sens paraît justifié par l'usage biblique. — 7. Nous suppléons les quelques
mots qui manquent dans le texte d'après le grec. Theod., III, xn. — 8. Theod., III, xm.

9. xb appvjxov. — 10. Il manque ici quelques mots ; nous complétons d'après le grec. Cette phrase
a sans doute été déplacée ; après ces mots : « les sages ont défini diversement la substance (oùaioc) »,
le grec ajoute : a mais ils n'ont fait aucune mention de la personne (koaTamç) », puis viennent les
deux exemples cités. — 11. Voir en particulier l'oraison funèbre de saint Basile par saint Grégoire
de Nazianze. Pair. Gr.,t. XXVI, col. 494 sqq. — 12. Au lieu de : Eusebius, Socrate dit, III, ix :
Paulinus. —13. Lire : Uôl. — 14. Litt. : fulcitus accessit. — 15. Socr., III, xn. — 16. 'Exy]o6Xioç.
Sock., III, xm.

286

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

n'y consentit aucunement. Julien mourut
dans son supplice.

Le comte Félix et Elpidius, h qui était
confiée la direction du trésor de l'em-
pereur, — les Romains ont coutume
d'appeler ce fonctionnaire cornes pri-
vatarum — [étaient entrés dans l'église
avec Julien]1. Félix en voyant les
vases précieux des églises dit : « Voilà
dans quelle vaisselle on sert le Fils de
Marie ! » A l'instant même il tomba et se
mit à vomir et à rendre le sang par la
bouche, jusqu'à ce que son sang fût
épuisé; et il fut livré au feu éternel.

Ce [144] tyran Julien prescrivit que
tous les vases sacrés des églises entras-
sent dans son trésor*.

Un homme noble d'Alep avait un fils
qu'il avait chassé pour avoir apostasie3.
Celui-ci alla trouver l'empereur. Quand
Julien entra à Alep, il dit au père de ce
jeune homme : « Ne tourmente pas ton
fils, pour ne pas vouloir demeurer dans
ta religion, puisque moi-même je ne te
presse pas d'adhérer à la mienne. » Cet
homme, qui était un véritable chrétien,
répondit à l'empereur, dans son zèle, et
lui dit : « Tu me parles sans doute de ce
blasphémateur et de ce scélérat, qui a
abandonné la vérité, qui déteste Dieu et
chérit le mensonge! » Quand l'impie
reconnut que ce fidèle était prêt à subir
le martyre, il lui porta envie4; il revêtit
astucieusement le vêtement de l'amitié
et lui dit : « Allons, homme, cesse de nous

christianisme; il se prosternait aux
portes des églises en criant et en disant :
« Foulez-moi aux pieds, [comme] le sel
affadi. »

Les païens portèrent de nouveau des
calomnies contre Athanase devant Julien,
qui ordonna de s'emparer de lui. Il s'en-
fuit en exil pour la quatrième fois en
disant : « Détournons-nous un peu, mes
frères; car ce nuage est petit, il passera
et se dissipera. » — Les persécuteurs le
rejoignirent tandis qu'il s'avançait dans
une barque; [144] il dit prudemment à
ceux qui étaient avec lui de retourner.
Les autres leur demandèrent : « Où avez-
vous rencontré Athanase? » Ils répon-
dirent : « Il n'est pas loin de vous ; pour-
suivez rapidement et vous l'atteindrez
promptement. » Ayant ainsi échappé,
il revint à Alexandrie et s'y tint caché
chez une vierge pendant tout le règne
de Julien5.

Quand les chrétiens qui subissaient
des afflictions se plaignaient à Julien,
il leur disait : « Vous êtes vous-même la
cause de ces maux; car vous dites que
votre Dieu vous a commandé de souffrir
patiemment les maux6. »

En ce temps-là7, à Merum, ville de
Phrygie, on nettoyait8 le temple [des
idoles] : les chrétiens furent enflammés
de zèle. [Macedonius], Theodulus et Ta-
tianus entrèrent la nuit dans le forum 9 et
brisèrent les statues. Le juge s'irrita, et
leur commanda de sacrifier10, et comme

1. Il manque évidemment une ligne dans le texte. Cf. Theod., III, xir. — 2. Ibid. — 3. Theod.,
III, xxii. — 4. « Il fut jaloux », c'est-à-dire ne voulut point lui procurer la gloire du martyre.

5. Socr., III,xiv.— 6. Ibid. — 7. Socr., III, xv. — 8. Le ms. porte : <*îûj «oncreusait » ; mais il
faut très probablement lire : «^»»', « on purifiait ». — 9. Le grec porte : sîç tôv vaôv. — 10. Lire &>*=>^.

LIVRE VII. CHAP. V

287

injurier »; et, tournant son visage vers
le fils, il lui dit : « Je prendrai moi-
même soin de toi, puisque je n'ai pu
persuader ton père de s'occuper de toi. »

De même, le tribun1 Valentinus* en-
trait avec l'empereur dans le temple. Le
prêtre aspergeait de sang3 ceux qui en-
traient, comme pour les purifier. Une
goutte tomba sur lui; et, se retournant,
il dit au prêtre : « Tu m'as souillé, au lieu
de me purifier. » Le tyran l'envoya dans
un poste* situé dans le désert. Ce con-
fesseur, Valentinus, reçut l'empire un an
après, en récompense de sa confession.

Le tyran fit tuer Artemius5, qui com-
mandait en Egypte, pour avoir brisé les
idoles.

Deux soldats6, Juventinus [14<5] et
Maximus7, étant assis quelque part à un
festin, s'affligeaient en disant : « Dieu
nous a livrés a un gouvernement impie. »
Un de leurs compagnons de table en in-
forma l'empereur. Ils lui dirent libre-
ment : « Nous sommes fort affligés de
l'impiété des sacrifices, et de ce que la
nourriture et la boisson sont souillées. »
En entendant ces choses, il les fit frap-
per et ensuite mettre à mort, en disant
que c'était pour avoir tourné l'empereur
en dérision. Il fit cela pour qu'ils ne fus-
sent pas honorés comme des martyrs.
Celui qui était revêtu d'un vêtement
d'humilité laissa paraître le visage d'un
impie.

ils refusèrent, on les livra aux supplices.
A la fin, il les fit placer sur un gril8. Ils
dirent au juge : O Amachus9 ! si tu
désires manger de la chair humaine rôtie,
fais-nous retourner de l'autre côté, pour
qu'il n'y ait point dans ton mets une
partie rôtie et une autre qui ne le soit
pas. » Ils expirèrent dans le martyre.

Le prêtre de Daphné avait un fils,a; la
mère de l'enfant avait pour amie une
diaconesse, et quand l'enfant allait avec
sa mère près de cette diaconesse, celle-ci
l'instruisait. La mère de l'enfant mourut
et celui-ci allait continuellement trouver
la diaconesse dont il apprit la doctrine.
Elle lui promit de le mener [143] rece-
voir le baptême. Quand Julien vint a
Daphné, cet enfant, avec son frère et
leur père, versaient l'eau pour les sacri-
fices et les repas de l'empereur. La fête
durait sept jours. Le jeunehomme, ayant
vu l'impureté des mystères des païens,
s'enfuit près de la diaconesse et lui dit :
« Prends soin de mon salut. » Elle le
conduisit aussitôt à Meletius, qui lui or-
donna d'attendre quelque temps. Son
père le chercha et ne le trouva point. Il
parcourait la ville, et l'ayant vu quiregar-
dait [par la fenêtre]u, il monta, s'empara
de lui et le frappa. Il fit même rougir
des clous qu'il lui enfonça dans les mains
et les pieds; il l'abandonna enchaîné en
prison et remonta à la fête. Le jeune
homme invoqua le Christ, fut fortifié,

1. Litt. : «chef de mille », xi~^'iaPX°i ^e *iv TÛV TeTayuivwv /oy-/ocp6pwv ; Theod., iii, xvr. — 2. Lire :
Valentinianus.— 3. Le grec dit: « d'eau lustrale ». — 4. cppovpiov.— 5. 'ApTÉu.10;. Theod., iii, xvnr.
— 6. Theod. iii, xv. — 7. Theod, : Ma£iu.tvo;.

8. r/ïyavov; chez Socr.: sù/âpatç ImOes'ç. — 9. Ms. : Zamôqâ. Corr. : |ûM, 'Ajjiâ/coç. — 10. Theod.,
iii, xiv, — 11. àîtb toû Spuopâxtou.

288

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Quand Julien défendit aux chrétiens
d'étudier les disciplines des Grecs, Apol-
linarius et son fils furent très utiles1.
L'un, [versé] dans l'art de la grammaire,
mit en vers, appelés héroïques, les livres
de Moïse; tout ce qui est écrit sous
forme de narration, dans l'Ancien Tes-
tament, fut mis par lui en vers appelés
dactyles, et les autres choses2 sous forme
de tragédie. Son fils rédigea l'Évangile
et les [écrits des] Apôtres sous forme de
questions et de réponses, à la manière de
Platon parmi les Grecs. —¦ Les Livres
saints n'enseignent point l'art de la dia-
lectique; mais les ennemis sont vaincus
quand nous nous servons contre eux de
leurs propres armes, et le beau est pro-
che de la vérité3. L'Apôtre se sert de l'éru-
dition profane; cela est manifeste par le
témoignage qu'il cite4: «Les habitants de
Crète sont menteurs de touttemps. » Les
docteurs [de l'Église] lisaient [146] les li-
vres desprofanes, envuede la discussion.

Le général Jovinianus, sur lequel s'ap-
puyait Julien, au moment où ils entraient
à Antioche, fut aspergé de sang par un
prêtre : il s'irrita et frappa le prêtre qui
tomba. Julien se mit en colère et l'en-
voya en exil; ensuite, comme il avait be-
soin de lui, à cause de son habileté, il le
fit revenir et le mit à la tête d'une armée6.

brisa ses liens et se leva. Arrivé à la
porte, il continua de prier et d'invoquer
le Christ, et aussitôt les verrous de fer
furent brisés et la porte s'ouvrit. Il
sortit et revint vers sa maîtresse qui le
revêtit d'un habit de femme et le con-
duisit à saint Meletius. Celui-ci le bap-
tisa et le confia à Cyrille de Jérusalem.
Après la mort du tyran Julien, ce jeune
homme revint à Antioche et convertit
son père à la foi.

Un autre enfant6, nommé Théodore,
qui était chrétien, fut livrépar Julien aux
mains de Sallustius'qui, après l'avoir fait
déchirer de coups, l'abandonna comme
mort. Mais Dieu le secourut, et il revint à
la vie. Rufinus 8, chroniqueur romain, lui
demanda s'il [146] avait senti qu'on le
torturait; il lui dit qu'il avait peu res-
senti [la douleur] et qu'il avait vu un
jeune homme qui essuyait sa sueur et
qui le fortifiait.

Les Juifs obtinrent la permission de
rebâtir le Temple de Jérusalem et d'y
faire des sacrifices9. Ils amenèrent envi-
ron 3.000 modius de chaux. Un vent
violent souffla dans l'air; la terre trem-
bla; les pierres des anciens fondements
surgirent; le feu descendit du ciel et
dévora les leviers10, les haches et tous
les instruments de travail. La nuit sui-

1. Socr., III, xvi. —2. Le grec dit plus clairement : « partie en vers, partie sous forme de tragé-
dies ». — 3. to yâp xaXbv svÔa av y), toiov tyj; àArjOeiaç èart. — 4. Tit.,i, 12. — 5. Il semble que Michel ré-
pète ici le récit de Théodoret (cf. ci-dessus, p. 287), en attribuant le fait à Jovien. La confusion
vient peut-être de ce que Valentinien est appelé par Sozomène (VI, vi) tribun de la légion des Jo-
viens. Cf. aussi Socr., III, xm, où le nom de Jovien est associé à celui de Valentinien.

6. Socr., III, xix; cf. Theod., III, xi. — 7. Lire : <ca.>$coà±\.t>of qui était préfet du prétoire, selon
Théodoret. — 8. Cité par Socrate, III, xix; ms. : Rufus. — 9. Socr., III, xx; Theod., III, xx. —
10. (J.0-/X0:.

LIVRE VIL CHAP. VI

289

A Césarée de Philippe, une femme
hémorroïsse avait érigé une image du
Christ et l'adorait; et on en obtenait [la
guérison de diverses] maladies. Le ty-
ran fut jaloux ; il fit renverser [la sta-
tue] et fit ériger la sienne à la place.
Alors le feu du ciel la dévora1.

A Nicopolis de Palestine, il y avait
une source qui faisait des guérisons, et
dans laquelle, disait-on, le Christ s'était
lavé ; c'est pourquoi, je pense, le tyran
la fit combler*.

Lorsque Julien entra triomphalement
à Antioche3, le philosophe Libanius dit
à un maître d'école4 chrétien, avec mé-
pris : « Où est votre fils de charpen-
tier ? » Celui-ci répondit avec zèle : « 11
fabrique un cercueil à ton empereur. »
Cela s'accomplit comme une prophétie.
Julien fut ramené de Perse porté dans
un cercueij. — Fin.

fut séduit et sacrifia [aux idoles] ; aussitôt,
gèrent la langue, et il mourut7.

Les Ariens établirent comme 45e évêque à
46e : Hilarion9.

vante, survint un troisième prodige. Des
images rayonnantes de la croix parais-
saient fixées sur tous leurs vêtements;
au jour, ils essayèrent de les faire dis-
paraître en lavant l'endroit, mais ils ne le
purent. — A l'occasion de la reconstruc-
tion du Temple, l'image de la croix
parut sur tous les vêtements des Juifs,
aussi bien que des païens et des chré-
tiens, non seulement à Jérusalem, mais
aussi à Antioche et dans leurs environs.
— La croix, ornée d'une couronne de
lumière, apparut depuis le Golgotha jus-
qu'au mont des Oliviers. Elle était plus
belle et plus brillante que celle qui ap-
parut du temps de Constantin le Grand.

A cette époque les païens mirent à
mort, à l'âge de cent sept ans, Dorothée
de Tyr, qui fit un livre d'histoire ecclé-
siastique5, et qui avait supporté de
grandes luttes du temps de Dioclétien et
de Licinius*. — Le prêtre Theotecnus
naquirent en lui des vers qui lui ron-

Jérusalem : Heraclius8, et après lui, le

CHAPITRE VI DU LIVRE VIL — Du temps du règne de Jovien ,9 et de

Sabhour.

[147] Quand Julien fut mort, les armées romaines, qui campaient dansle désert

1 . Cf. Sozom., V, xxi ; Euseb., H. E., VII, xvirr. L'auteur ne semble pas avoir compris qu'il
s'agit de la femme de l'Evangile (Mattii., ix, 20; Marc, v, 25; Luc, vm, 43). —2. Sozom., V,
¦xxi. — 3. Theod., III, xxin. Cf. Libanius, Orat. X; t. II, p. 323. — 4. uatSaywyo;.

5. En face de cette mention on lit à la marge : ^.oi t-ls*. (sans doute abréviation pour ; «^.w \^*^**,
cf. texte, p. 160), « ces choses sont exactes ». L'auteur fait allusion à l'histoire ecclésiastique du
Pseudo-Dorothée. Cf. Patr. Gr., t. XCII, col. 1053. — 6. Cf. Theophan., Patr. Gr., CVIII, 159. —
.7. Ibid., 161. — 8. Corr. : ^ûAû^I. — 9. Jac. Edess., ad ann. 30; Socr., II, xlv.

10. Le texte syriaque porte partout : Jobinianos.

I. 37

290

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

et souffraient beaucoup de la faim, cherchèrent un empereur. Elles élirent
Jovien le chiliarque1, qui était chrétien de confession. Toutes les armées
romaines consentirent à son élection, et même le roi des Perses, qui, ayant com-
pris que Julien avait été frappé par le Seigneur, était bien disposé en faveur de
la paix avec les Romains et de Jovien. Celui-ci criait : « Je ne serai pas l'em-
pereur des païens, car je suis chrétien ». — La multitude des soldats s'écria :
« Nous sommes tous chrétiens ». Des larmes de joie coulèrent. Ils fixèrent une
croix au milieu, et placèrent une couronne à son sommet. Après s'être prosternés
et avoir adoré la croix, ils prirent la couronne et la posèrent sur la tête de Jovien*.

Il commença à régner sur les Romains et, dans sa sagesse, il fit la paix avec
Sabhour; celui-ci, du temps de Julien, s'était emparé des issues3 et les Romains
souffraient de la faim. Sabhour disait que si les Romains donnaient aux Perses
tout le territoire jusqu'aux rives de l'Euphrate, cela ne rachèterait pas la des-
truction qu'il allait faire d'eux. Jovien alla humblement et promptement trouver
Sabhour; il lui donna Nisibe, sans les habitants4, et fit une paix de trente ans.
Aussitôt ce fut un heureux changement; les camps et les peuples s'entremê-
lèrent pacifiquement.

Jovien commença à régner au mois de 'ab (août). Son règne fut une joie pour
tout le monde; mais surtout pour les chrétiens.

Il fit sortir les armées romaines de la Perse et les fit échapper à la famine et à
la mort. Il parvint à Antioche. et de là à Ancyre de Galatie, où il fit son fils,
Varronianus5, consul, et l'exalta beaucoup, sans toutefois lui faire revêtir la
pourpre.

Ayant entrepris d'aller à Constantinople, il traversa la Cilicie et arriva au
Bosphore6, dans un village appelé Dadastana1, sur les confins delà Bithynie et
de la Galatie, où il tomba malade des reins8 pendant l'hiver; et il finit là sa vie.
Il laissa tous ceux qui avaient goûté les fruits de la paix de son règne dans une
grande affliction. —Je pense que quand le Dispensateur de toutes choses, pour
punir notre malice, nous montre les bienfaits et nous en dépouille, [148] il nous
enseigne qu'il lui est très facile de les donner quand il veut; il nous punit parce
que nous ne sommes pas dignes de ses bienfaits; et il nous excite de toute façon
aux œuvres de vertu0.

Jovien mourut le 17 de sebat (février); il vécut 33 ans; il régna 7 mois. —

1. xùJa.pxoç, tribunus militum. — 2. Socr., III, xxir. — 3. Plus littér. : « des entrées », des
passages par lesquels on pouvait faire passer les convois de vivres. — 4. Ils émigrèrent à Amid
(Chron. du Pseudo-Denys, ad ann. 674); cf. Amm. Marcell., XXV, vu. — 5. Ms. : Aurianus. —
6. Sic ms. ; le grec porte : ÈVt xôv [36(j7topov wp^as. — 7. Ms. : Daslania. — 8. Un copiste aura con-
fondu |û^û-3 « reins » avec « empêchement ». Le grec porte : tw xrtç êjjcppàlstoç vocr^axi,.
« obstructionis morbo » (Socr., III, xxvr). — 9. Theod., IV, v.

LIVRE VIL CHAP. VI

291

Jacques d'Edesse dit qu'il ne régna
1 an et 7 mois. —Fin de ce chapitre,
par la prière de l'empereur Jovien !

pas une année complète1; d'autres disent
— Que le bon Dieu nous accorde le pardon

[147] En ce temps-là il y avait un écri-
vain, en langue romaine*, [appelé] Rufi-
nus.

Gallistus écrivit aussi une histoire de
Jovien ; et le philosophe Themistius
récita3 un discours sur l'empereur fidèle
Jovien, dans lequel il le loue et le glorifie
surtout d'avoir permis à chacun de con-
fesser 4 ce qu'il voulait. L'empereur di-
sait en effet : « Je ne contrains personne
à une manière de croire; je chéris vi-
vement ceux qui furent les prémices de
l'union de l'Eglise5. »

Cet empereur prit soin de Julien, et
ramena avec lui son cercueil. Julien fut
enseveli à Tarse, d'après ce que dit So-
crate6. D'autres disent que, plus tard, il
fut transporté à Constantinople.

Themistius le philosophe, a aussi écrit
sur ce sujet; il dit7 : « Les agitateurs8
doivent être vivement blâmés de ne pas
adorer Dieu comme il convient, mais
d'honorer la pourpre; ne différant point
d'Euripus qui tantôt va9 devant lui, et
tantôt revient en arrière naturelle-
ment. »

[147] Quand Jovien commença à ré-
gner, il écrivit que tous les évêques re-
vinssent de l'exil à leurs sièges, que les
temples des idoles fussent fermés et les
églises rouvertes : ce fut la joie pour les
chrétiens10.

Saint Athanase revint à Alexandrie et
occupa son siège six ans11.

L'empereur Jovien écrivit à saint Atha-
nase de lui rédiger un symbole de la foi.
Il luirépondit que celui qui avait été établi
à Nicée, dans l'Esprit-Saint, suffisait12.

A Antioche, Meletius, évêque de la
ville, Eusèbe de Samosate et Rusticus13,
[évêque] des Arméniens, se réunirent
avec les partisans de Macedonius, et ils
confirmèrent la définition de foi du « con-
subtantiel ».

Eunomius14 fut chassé, et un schisme
éclata entre les Eunomiens et les Ariens,
qui formèrent deux partis.

L'empereur Jovien prescrivit de gar-
der fermement la foi de Constantin le
Grand ; ceux qui confessaient l'expression
« consubstantiel » reçurent de lui de
nombreux présents, et il les exempta
tous d'impôts 15. — Fin de ce chapitre.

1. Jacques d'Edesse lui attribue expressément 7 mois de règne (Brook, ad ann. 39).

2. C'est-à-dire : latine. —3. Lire : gr. : 8seX8wv. — 4. Lire : — 5. Le grec n'est pas très
exactement rendu : •jmçnip.-rlGEw touç àpx^v xyj éveoust xr(ç 'ExxÀYiom; 7capé5ovTaç (Socr., III, xxv). —
6. III, xxvr. — 7. Socr., III, xxv. — 8. Gr. « les adulateurs » ; xwv xoXàxwv. — 9. Le grec dit :
Eup:uou, vjv fjiv È7ii t<£oe, vOv Se tic, xovvavxiov xà p£v[/.axa. p.ExaêaXXovxo; (ibid.). — 10. Socr., III, xxrv.
— 11. Jac. Edess., ad ann. 39; cf. Theod., IV, n. — 12. Cf. Theod., IV, ii, m. —13. Cf. Socr., III, xxv.
Parmi les signataires du concile, je ne vois aucun nom semblable. L'évèque d'Arménie s'appelait
'Iaxxixcç. Il est probable que le nom transcrit ici répond à 'Apïo-xôvixoç de Seleucobèles.—14. Lems..
porte : Eusebius; mais il faut restituer: usoa^ooiol ; la phrase est empruntée à Jacques d'Edesse
(ad ann. 39); cf. Socr., IV, xm; Theod., II, xxrx. — 15. Cf. Theod., IV, iv,

292

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

CHAPITRE VII DU LIVRE VII. — Du règne de Valentinien' et de son frère.

Après la mort de Jovien, les Romains vinrent à la ville de Nicée 2 et firent
régner ce Valentinien qui avait frappé le prêtre qui l'avait aspergé de souillure".
Valentinien était du pays de Pannonie4, de la ville de Cibales. Il était fort coura-
geux et prudent. Quand les armées voulurent lui donner un associé à l'empire, il
leur dit : « 11 vous appartenait, alors que vous n'aviez pas d'empereur, de vous
en choisir un; maintenant que vous m'avez institué votre chef, il m'appartient
désormais de diriger5 les affaires de l'empire. » Et tous6 admirèrent sa sagesse,
et adhérèrent à sa volonté7.

Ensuite, il fit venir son frère Valens et l'associa à l'empire en le faisant empe-
reur de la région orientale. Celui-ci ayant été baptisé par Eudoxius de Cons-
tantinople, qui lui avait fait jurer de soutenir la doctrine d'Arius, favorisait les
Ariens de toute façon et persécutait les Orthodoxes8.

A Rome, Valentinien adhérait à la foi de Nicée; les troupes lui devinrent
plus attachées : car c'étaient de véritables chrétiensJ. — Il fit proclamer Auguste
son fils Gratien, [149] et le fît consul.

L'arien Valens demeurait en Orient; il envoyait en exil les évêques orthodoxes
et livrait aux Eudoxiens toutes les églises de la capitale; les Orthodoxes demeu-
rèrent sans église ni pasteur10.

A cette époque, Procopius se révolta contre Valens, à Constantinople même;
il fut pris; l'empereur ordonna de le lier à deux arbres, et il fut déchiré en
deux u.

Valens se rendait en Egypte; tandis qu'il était à Marcianopolis, il y eut un
tremblement de terre comme il n'y en avait pas eu de semblable depuis l'ori-
gine du monde. La mer fut agitée et rejeta par dessus les murs de la ville des
barques qui retombèrent au milieu des habitations. La mer abandonna sa place,
et le continent apparut; les navires restèrent en détresse, et le peuple courut
au pillage; mais la mer revint sur eux et les engloutit. Des matelots ont raconté
que la même chose était arrivée dans l'Adriatique où la mer fut agitée et s'avança
de plusieurs milles sur le continent, ensevelissant des villages et leurs habi-
tants, tandis que tout son lit paraissait à sec. Les navires étaient renversés sur
la terre, et les hommes qui étaient dedans remplis de frayeur. Tout à coup la mer
retourna et revint doucement à sa place; les navires furent soulevés sur la mer
et remis à flot, sans que les hommes eussent éprouvé le moindre mal1".

1 . Le ms. écrit toujours : Oualentinos. — 2. En Bithynie. — 3. Cf. ci-dessus, p. 287. La leçon
du texte Uol^ ne me paraît pas présenter de sens et je restitue: |La>oLl,, immundities. — 4. Rest. :
LjaiB. — 5. Lire : tû&»>9|. — 6. Lire : spoîV» (et non : — 7. Theod., IV, vr; cf. Socr., IV, r.

— 8. Theod., IV, xirr ; Socr., IV, i, n. — 9. Ou bien : « parce qu'il était un véritable chrétien. »
10. Socr., IV, n; Theod., IV, xm. — 11. Socr., IV, rrr, v. — 12. Socr., IV, m.

LIVRE VIL CHAP. VII

293

L'empereur Valentinien trangressa [ISO] la loi. [Outre] la mère de son fils
Gratien, il prit une autre femme qui brillait par sa beauté corporelle ; elle se nom-
mait Justina. A cause de cela il écrivit : que quiconque le voulait pouvait pos-
séder deux femmes à la fois1. Il engendra [d'elle] Valentinien le Jeune.

Après quatre ans, l'empereur Valentinien mourut, dans le pays de Gaule8 (?).

Avant sa mort, il blâma son frère Valens, à cause de l'hétérodoxie d'Arius ;
comme il ne se laissa point toucher, [l'empereur] s'irrita contre lui, de sorte
qu'il ne lui envoya pas même de secours dans sa guerre contre les Goths. Il di-
sait : « Il ne convient pas d'aider un homme qui combat contre Dieu3. »

Valentinien marcha à la guerre contre les Sarmates. Ceux-ci eurent peur et
vinrent demander la paix. Il vit ces [envoyés] misérables, et s'informa du
reste du peuple. Il apprit que les plus nobles d'entre eux avaient été choisis et
étaient venus [en ambassade]. Il cria violemment en disant : « L'empire des
Romains est-il donc en si mauvaise situation, qu'un peuple vil et méprisable
comme celui-ci ose lui faire la guerre4. » Comme il faisait des efforts en s'agi-
tant et en vociférant, l'affluence du sang brisa les artères de son cou, et il mourut
à l'âge de 54 ans, dont 13 de règne5.

La seconde femme qu'il avait prise était fille de Justus6. Celui-ci avait eu, du
temps de Constantius, un songe qu'il raconta à plusieurs. Il lui semblait qu'il
enfantait la pourpre de son côté droit. L'empereur en ayant eu connaissance se
dit : « Peut-être doit-il engendrer un empereur?», et il envoya le tuer. Sa jeune
fille, Justina, demeura [151] orpheline; Severa, femme de Valentinien, la
chérissait; elle la loua7 devant l'empereur qui la prit pour femme et eut d'elle
Valentinien le Jeune et trois filles. Théodose l'Ancien en prit une, Galla, pour
femme, et engendra d'elle Arcadius et Honorius ainsi que sa fille Placidia 8.

Valens reçut des démons un oracle concernant la lettre têta, c'est-à-dire
taw*, et disant que quelqu'un dont le nom commençait par Th régnerait après
lui. Il ordonna de tuer quiconque s'appelait Théodote ou Théodore, etc. 10.

Quand Valentinien mourut, son fils aîné, Gratien, n'était pas présent; mais Jus-

1. Socr., IV, xxxi; cf. x. Voir les notes de Valesius au sujet de cette prétendue loi. — 2. Litt. :
« dans ce pays de Galaos. » Socrate (IV, xxi) auquel paraît emprunté ce passage dit que Valen-
tinien mourut : èv çpoupito o> Ttpoawvjfxîa Bepytxtwv. La leçon est peut-être fournie par Sozom. (VI,
xxxvn) : Êv çpouptw Ttvt tt); TaXAtaç. Cf. Amm. Marcell., XXXI, 13. — 3. Theod., IV, xxxr; Jac.
Edess., ad ann. 53. _ 4. Le grec est mal rendu. — 5. Ms.: « 84 ans dont 11 de règne.» Nous réta-
blissons le texte d'après Socrate, IV, xxxm, auquel est emprunté tout ce paragraphe. — 6. Ms. :

Justinus. _      7. Lire : ôik"»*>. — 8. Le paragraphe est tiré de Socrate, IV, xxxr; mais la fin est en

désaccord avec le grec qui dit : « il engendra d'elle Placidia, ayant déjà eu Arcadius et Honorius de
Flaccilla, sa première femme. » — 9. En effet, selon la règle habituelle, le 6 est rendu en syriaque
par t. — 10. Socr., IV, xrx.

294

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

tina était présente ; les troupes se réunirent et firent régner Valentinien le Jeune,
qui n'était âgé que de 4 ans1.

Valens fit Gratien général* et l'envoya à la guerre contre les Goths. 11 fut vaincu,
et comme l'empereur lui en faisait reproche, il lui répondit en disant : « Ce
n'est pas moi qui ai été vaincu, ô empereur; s'il est un homme qui a causé la dé-
faite, c'est toi, en combattant contre le Christ. »

Valens ajouta folie sur folie. Il donna des jardins aux païens, pour y faire
leurs sacrifices, à Antioche, et de même, aux Juifs, pour y accomplir leurs
rites3.

A cette époque, Ma'via, reine des Arabes, infligea beaucoup de maux aux
Romains. Elle promettait la paix, si l'empereur faisait ordonner évêque, pour
les Arabes chrétiens [132] qui étaient près d'elle, Moïse, un ascète du désert4.
L'empereur y consentit ; mais Moïse ne voulut point être ordonné par les Ariens,
mais seulement par les Orthodoxes qui étaient en exil. L'empereur prescrivit de
faire selon sa volonté; il fut ordonné et partit. Beaucoup d'Arabes se firent
chrétiens. Cette reine était d'origine romaine ; elle avait été emmenée en capti-
vité, et le roi des Arabes l'avait prise pour sa beauté; elle ne changea point sa
foi, et quand elle tint la royauté, grâce à elle, une nombreuse population se
convertit au christianisme5.

A cette époque, Valens bâtit, à Antioche, le demosion 6 et restaura le cirque \

A cette même époque, on vit dans les airs, au milieu des nuages, des hommes
qui avaient l'apparence de gens armés; il naquit à Antioche un enfant qui n'avait
qu'un œil au milieu du front, avec quatre mains, quatre pieds et de la barbe.

A cette époque, les Goths envahirent le territoire des Romains et pillèrent de
nombreuses provinces : la Scythie, la Mœsie, la Thrace, la Macédoine, l'Achaïe
et toute l'Hellade.

Valens étant à Constantinople, ne se pressait pas de faire la guerre. Tout le
peuple criait en disant : « Donne-nous des armes, et nous combattrons nous-
mêmes. » L'empereur fut enflammé de colère ; il sortit et menaça de tirer
vengeance de cette insulte à son retour, en détruisant la ville et en y faisant
passer la charrue8. Il partit et fut vaincu. [133] Il s'enfuit dans un village. Les

1. Socr., IV, xxxyi. — 2. Lire «^«^—^f^ual, oxpax^yo;, et au lieu de Gratianus, lire Trajanus.
La leçon fautive est ancienne, car l'abrégé arménien porte aussi Gratianus. Le passage est tiré de
Théodoret, IV, xxxur. — 3. Littéral. : « pour s'y conduire selon leurs usages ». Cf. Theod , IV,
xxr/. — 4. Selon Tillemont, ce Moïse serait le même personnage que Daoulas, supérieur du
couvent du Sinaï, qui portait en effet ces deux noms. Cf. Hist. du Bas-Empire, édit. de Saint-
Martin, t. III, p. 452, n. 2. — 5. Cf. Theod., IV, xxm ; Sock., IV, xxxxv (Mayfo). — 6. L'arménien
aj. : u qui était une prison destinée à enfermer les orthodoxes » (Langlois, p. 136). — 7. iywv. Peut-
être : « institua » ou « rétablit les jeux ». — 8. Socr., IV, xxxvm.

LIVRE VII. CHAP. VU

295

Barbares entourèrent [le village] ; mais il se cacha dans une cour, et se dissi-
mula dans une grange'. Ne Payant point trouvé, les Barbares mirent le feu à
tout le village, et cet impie fut brûlé et s'en alla encore dans le feu de l'enfer.

Il vécut 50 ans et en régna 15, dont 13 avec son frère et 2 après lui*. — Fin de
Vhistoire de ce maudit.

A cette époque il y eut une grande et
furieuse révolte à Alexandrie \

A cette époque, il y eut une grêle
étonnamment grande à Constantinople4;
il y eut un tremblement de terre violent
et terrible, dans lequel la ville de Nicée5
fut renversée, le 11 detesrî Ier(octobre)6.

A cette époque7, un évêque fut éta-
bli8 par les Ariens à Samosate, sur Tor-
dre de Valens. Les habitants de Samo-
sate ayant appris qu'il était arien,
personne ne le suivit ; ils n'allaient
même plus à l'église. Il agissait avec
beaucoup d'humilité9. Un jour qu'il était
au bain et que ses serviteurs [gardaient]
les portes, selon l'usage, il ordonna
d'ouvrir les portes, afin que quiconque
le désirait pût entrer. Il entra beaucoup
de gens qui se tenaient debout. Il pensa
qu'ils demeuraient éloignés par respect
pour lui; il se lava promptement et
sortit. Mais eux lâchèrent les eaux de la
piscine comme étant souillées. Quand
cet évêque, qui s'appelait Eunomius,

Au commencement du règne de Va-
lentinien, il y eut un synode d'évèques
à Lampsaque i0.

ALaodicée11, l'évêque était Pelagius.
Dans sa jeunesse il avait été fiancé à une *
femme. Dans le festin nuptial, il per-
suada a sa fiancée d'honorer la virginité
et il lui enseigna à acquérir l'affection
[fraternelle]aulieude l'amour12conjugal.
Et ainsi elle vécut dans la chasteté. Il
possédait toute sorte de vertus qui le
faisaient briller à l'instar du soleil :
c'est pourquoi il reçut l'épiscopat par
une commune décision.

Valens, qui avait été baptisé par les
Ariens, grâce à sa femme qui était elle-
même arienne, et qui l'avait circonvenu
et l'avait fait communiquer avec Eu-
doxius, avait juré de chasser les Or-
thodoxes : c'est pourquoi, quand il com-
mença à régner, il chassa Pelagius en
Arabie, Meletius en Arménie, et Euse-
bius en Thrace 13.

Quand l'envoyé [royal] arriva, au cou-

1. Litt. : « la maison de ia paille ». BH. dit simplement : U=g° j-^&o} « il se cacha sous la
paille»(Chr. syr., p. 66). Mais la leçon de notre ms. est confirmée par l'abrégé arménien qui a tra-
duit littéralement : doun yarti (éd. de Jérus., 1871, p. 151).— 2. Socr., IV, xxxvm.

3. Sans doute à l'occasion de l'expulsion de Pierre, successeur d'Athanase; cf. Socr., IV, xxi, xxir.

— 4. Socr.,IV, xi; Jac. Edess., ad ann. 43. — 5. Lire : H«uj ova. — 6. En l'année 680 des Gr. ; Jac.
Edess., ad ann. 41; Socr., IV, xi. —7. Theod., IV, xv. — 8. Peut-être mieux : « fut envoyé».

— 9. Gr. : èniziv.e'.y. tcoaàyj.

10. Socr., IV, vi ; Jac. Edess., ad ann. 40. — 11. Lire : low Mo.—12. Kai cpiXouxopycav àoïXçHOjv
àvxi yajxixîi; <rjva?eia; 'é%v.v (Theod., IV, xm). — 13. Theod., V, xn, xm.

296

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

comprit qu'ils le détestaient à un tel
point, il quitta Samosate et s'en alla.

Les Ariens envoyèrent, à la place du
pacifique Eunomius, le loup Lucius1,
dont les fidèles s'éloignèrent encore da-
vantage. — Un jour, des enfants se lan-
çaient mutuellement une balle* dans la
rue [149] en s'amusant. Lucius se trouva
à passer par Là ; la balle étant tombée
entre ses jambes, il marcha dessus. Les
enfants crièrent que leur balle était
souillée. Lesayant compris, il commanda
à un de ceux qui l'accompagnaient de
voir ce qu'ils feraient; les enfants appor-
tèrent du feu et après avoir fait passer
toute la balle par le feu, ils pensèrent
qu'elle était purifiée.

Quand Eusebius mourut, son cousin3
Antiochus reçut son siège. Celui-ci
voyant que Jovien, évêque de Perga*,
voulait lui imposer les mains, n'y con-
sentit point et lui dit : « A Dieu ne plaise
que je reçoive l'imposition des mains de
celui qui a reçu les mystères accomplis
dans le blasphème. »

Barsê d'Edesse, ayant étéreléguédans
le pays d'Egypte5, faisait beaucoup de
prodiges ; et des multitudes de gens s'as-
semblaient près de lui. Valens ayant
appris cela l'envoya à Oxyrynchon,
ville du pays d'Egypte ; de là il le chassa
ensuite à PhaTô6. Son lit est conservé à
Aradus où on le tient en honneur; et

cher du soleil, près d'Eusèbe, pour lui
faire quitter la ville, l'évèque lui conseilla
de se taire momentanément, depeur que
le peuple de la ville n'apprît le motif de
sa venue et ne le lapidât. Au moment du
sommeil [l'évèque] fit connaître la chose
à un de ses serviteurs ; il prit seule-
ment avec lui un livre et un oreiller \
et ils se mirent en route. En arrivant
à l'Euphrate, ils prirent place dans une
barque et descendirent vers Zeugma.
[149] La ville de Samosate en apprenant
la chose fut profondément affligée.
Ayant su de quel côté il était parti, ils
se mirent à sa poursuite et le suppliè-
rent de revenir, mais il n'y consentit
point. Il répondit ce qu'a prescrit l'Apô-
tre quand il dit : « Nous devons nous
soumettre aux princes et aux puis-
sants8. » Ils lui offrirent de l'or pour
ses besoins : il en prit très peu 3. Il s'a-
vançait par les routes, comme un soldat,
monté sur un cheval et coiffé de la
tiare, pour n'être pas dénoncé à Valens,
et il parcourait les villes, ordonnant
des évêques, des prêtres et des diacres
pour les Orthodoxes 10.

Le grand Athanase d'Alexandrie se
tint lui-même caché dans le tombeau de
ses pères, pendant quatre mois, par
crainte de Valens. Le peuple d'Alexan-
drie excita une grande sédition contre
[Valens] à cause d'Athanase. [L'empe-

1. Lire : laoa^û^j au lieu de icoeuûo^ : Elycius, que porte le ms. — 2. acpaïpav. — 3. Sic ms. Le
grec dit ; « son neveu », Theod., IV, xv. — 4. Ms. : de Pera. Rest. : 1>^«3. — 5. Sic ms. Le passage
est tiré de Theod., IV, xvi, où il est dit que Valens l'envoya d'abord à "ApaSov ty,v vîjo-ov ; mais
comme il est question de l'Egypte deux lignes plus haut (chez Théodoret), l'auteur a mal résumé
le texte qu'il avait sous les yeux. — 6. «InAoi («Êyjvw chez d'autres auteurs).

7. 7ipo(7X£cpa).a:ov. —8. Rom., xm, 1. — 9. Theod., IV, xiv. — 10. Theod., IV, xrn.

LIVRE VIL CHAP. VII

297

les malades qui y ont recours sont guéris.

Quand Barsê fut sorti d'Edesse, les
loups y entrèrent pour la dévaster ; mais
ils ne purent nuire en rien1. Ils saisirent
quatre-vingts clercs qu'ils envoyèrent en
Thrace, où ils furent bien traités. Quand
l'empereur apprit cela, par le préfet, il
prescrivit de les séparer deux par deux
etdeles dispersers. [150] C'est pourquoi
il envoya Eulogius et Protogénès, à An-
tinoë de Thébaïde.

Eulogius, renfermé dans sa cellule,
persévérait constamment dans l'office.

Protogénès ayant appris les signes3
et s'étant exercé à écrire facilement, se
mita enseigner aux enfants les psaumes
de David*. — Un jour, un des enfants
tomba malade : il alla le visiter ; et l'ayant
pris par la main, il le fit lever, guéri.
Alors son nom devint célèbre et quicon-
que avait un malade le lui amenait. Mais
il refusait de les aider tant qu'ils étaient
païens; et, quand ils se convertissaient,
il les conduisait à Eulogius qui les si-
gnait par la prière et la croix; ce qui lui
était désagréable parce que sa prière en
était interrompue. Néanmoins, il les bap-

reur donna des ordres]5 : et Athanase
revint pour la cinquième fois, et il di-
rigea l'Eglise jusqu'à sa mort6.

En ce temps-là, brillaient par la doc-
trine Athanase et Mar Ephrem, avec ses
disciples Zénobios7 et Abba8.

Dans le désert [brillaient] : Macarius9,
qui guérit une femme qui avait été chan-
gée en cavale 10.

Macarius d'Alexandrie, qui alla au
jardin de Jannès et de Mambrès u, à qui
une hyène apporta un vêtement de peau,
et qui ne cracha jamais à terre depuis
qu'il eut revêtu l'habit1*.

Palladius, disciple d'Evagrius, qui
parcourut le désert13 et recueillit les his-
toires des moines ; puis il devint évêque
d'HéliopoIis, pendant deux ans14. [loO] II
dit que, tout d'abord, il alla trouver le
moine Malchus, qui avait été emmené en
captivité par les Arabes et qui habitait à
côté d'Antioche. Puis, il se rendit en
Egypte et habita dans la montagne de
Nitrie. Il vit là deux mille moines.

En l'an 4 de Valens, mourut Abraham
Qidounaya, le 14 de kanoun Ier 15 (décem-
bre).

1. Theod., IV, xvn. — 2. Theod., IV, xvtn. — 3. Theod. : Ta Eùvovfjuou ypàu.f/.aTa ueuatSeutxlvo; xai
Ypaçetv el; Ta-/0? *)<jxy)uivoç. Au sujet de la leçon Ta Eùvojx-'ou, voir la note de Valesius ; je suppose qu'il
faut lire : toû vojxoO. L'éditeur ne semble pas avoir observé que Protogénès voulant faire l'école
aux enfants avait dû commencer par apprendre lui-même la langue et l'écriture du pays. — 4,
Litt. : « les cantiques », AauïTixà; (isAwSca;.

5. Le texte peut être complété ainsi : ....U^o n^ol »&3o iaoû*a»b|L| • l^»o "^.s. (cf. BH., Chr.

eccl., I, 101). — 6. Socr., IV, xm. — 7. Cf. Assemani, Bibl. or., t. I, p. 168; t. III, p. i, p. 43.
— 8. Ibid., I, 144; III, 171; Cf. Duval, Litt. syriaque, p. 337. — 9. Dit l'Égyptien. Cf. Socr.,
IV, xxm. — 10. Cf. la version syr. du Paradisus Patrum, éd. Bedjan, p. 63. — 11. Paradisus
Patrum, éd. Bedjan, p. 69. — 12. Ibid., p. 79. Le texte édité dit : « depuis qu'il eut reçu le bap-
tême ». — 13. Ou « les couvents » (?). —14. Pour tout ce qui concerne Palladius voir l'excellent
ouvrage de D. Butler, The Lausiac History of Palladius. Londres, 1898. — 15. En l'an 678 (cf.
Wright, Catal, syr. mss., col. 947). Cf. ci-dessus, p. 271, 277. Les quinze hymnes de saint Ephrem
sur Abraham ont été édités par Lamy, S. Ephrsemi hymni et sermones, t. III, 749-845.

I. 38

298

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

tisnit, les guérissant de leurs infirmités
spirituelles et corporelles. On admirait
beaucoup Protogénès à qui avait été
donné le don de guérison et qui en attri-
buait le principal honneur à Eulogius;
et on pensait que la vertu de cet Eulo-
gius était plus grande que celle de son
compagnon. — Quand la tempête fut
calmée et qu'ils voulurent retourner dans
leur pays, tout le peuple fut fort affligé
de leur séparation1.

A cette époque se répandit à Edesse
l'hérésie des Messaliens2, par le moyen
d'un homme appelé Eusèbe, et de ses
disciples : Saba, Dadoes, Adelphus1,
Hermas, et Siméon4. Ils furent surnom-
més Euchitx et enthousiastes5; ils ap-
pelaient, en effet, [151] révélations spi-
rituelles les songes et les opérations
démoniaques 6.

A cette époque, Diodore et Théodore7
embrassèrent la doctrine de Paul de Sa-
mosate.

L'empereur Valens institua à Cyzique
un évêque nom méEunomiu s8. Cet homme
avait été le secrétaire de l'athée Aetius.
11 connaissait les arguments des sophis-
tes, mais ignorait les Écritures9. Eudo-

La même année, mourut Julien Saba,
le 15 de sébat10 (février).

En l'an 682, le 8 de haziran (juin),
mourut Mar Éphremil.

En l'an 683, mourut Athanase d'A-
lexandrie, après avoir exercé le minis-
tère pendant 46 ans et avoir créé 284
évêques. Il fut jeté en exil cinq fois. Il
mourut le 2 de 'iyar1* (mai).

Après lui fut institué le 20° évêque de
l'Eglise d'Alexandrie : Pierre, pendant
7 ans1*.

Alors, sur l'ordre de Valens, l'arien
Euzoïus se rendit en Egypte et empri-
sonna Pierre'4. Peu de temps après,
Pierre s'enfuit près de Damase de Rome,
et lui fit connaître tout ce qui était ar-
rivé.

Ursinus15 qui avait été élu en même
temps que Damase, reçut l'ordination
en secret; enfin, le préfet le déposa et
fit cesser le trouble 16.

A cette époque, Valens établit à Con-
stantinople un évêque arien : Demophi-
lus17, à la place d'Eudoxius, qui mourut
après avoir gouverné pendant 19 ans. —
Ceux qui confessaient la formule « con-
substantiel », se donnèrent pour évêque

1. Theod., IV, xvni — 2. Theod., IV, xr. — 3. Lire: «oo^^^»lo Io»». — 4. AaSoy); te xoù Sàëêaç,
xoù 'ASIXçco;, xoù 'Ep^à; xoù S'j[aswvyjç. — 5. Eu/Îtsu. 'EvOudiaaTOis (exaltés, possédés?). —6. Sur cette
secte, outre les sources déjà connues, voir Théodore Bar-Khouni, dans Pognon, Les Coupes de
Khouabir, p. 139 —• 7. Diodore de Tarse et Théodore de Mopsueste. — 8. Socr., IV, vrr ; mais Théo-
doret rapporte, avec raison, les faits au temps de Constance. Cf. ci-dessus, p. 276. —9. Il manque
ici deux ou trois mots dans le texte.

10. Cf. p. 271, n. 5. — 11. Le 9 juin 684 (373) selon le Chron. edess., no xxx, et Jac, Edess. ad
ann. 51. La différence doit s'expliquer ici par une erreur de 2 ans dans le tableau chronologique.
Sur la vie (Bedjan, Acta Mart. et Sanct., III, 621) et les œuvres de saint Ephrem et sur les sources
à consulter pour leur étude, cf. R. Duval, La litt. syriaque, p. 331 sqq. — 12. Jac. Edess., ad ann.
47; Cf. Theod., IV, xx ; Socr., IV, xx. — 13. Ibid. — 14. Rest. : «aoo^-V Theod., IV, xxr;
Socr., IV, xxir. — 15. Ms. : Severînujt; restituer par simple transposition d'une lettre : Ursinus.
.ûoauaoiol. Cf. ci-dessous, p. 302, n. 9. — 16. Socr., IV, xxix. — 17. Cf Jag. Edess., ad ann. 47.

LIVRE VIL CHAP. VII

299

xius de Constantinople l'ordonna. Euno-
mius alla jusqu'à dire : « [Dieu ne sait
rien]1 de plus que nous par sa nature.
Il sait seulement de lui-môme ce que
nous savons nous-mêmes ; et tout ce
qu'il a2 se trouve aussi en nous sans
différence. » Sa doctrine impure et dé-
testable ayant été dévoilée, il fut chassé
par les habitants de Cyzique.

L'empereur Valens ne cessait de per-
sécuter les Orthodoxes; pour ce motif,
il y eut une grande famine dans toute la
contrée de Phrygie3.

Valens, étant venu à Antioche, faisait
noyer les Orthodoxes dans le fleuve
Oronte*.

Il vint à Edesse pour voir le marty-
rion de l'apôtre Thomas. Une grande
foule y était réunie. Valens, voyant
qu'ils n'adhéraient pas à sa croyance,
frappa de sa main le préfet*. Le préfet,
ayant été offensé, manda que personne
ne vînt à l'église, pour qu'ils ne soient
pas massacrés. Le lendemain, quand le
préfet et les soldats vinrent au temple
pour exécuter l'ordre de l'empereur, il
vit une femme pauvre qui traînait son fds
derrière elle et s'empressait de fendre
la foule. Le préfet [152] l'interrogea :
« Où vas-tu ? N'as-tu pas entendu dire
que le préfet venait avec les soldats

Evagrius6. Valens l'ayant appris envoya
en exil Evagrius et Eustathius qui l'avait
ordonné\

Quatre-vingts prêtres se réunirent
pour aller trouver l'empereur et procu-
rer la paix aux églises; tandis qu'ils s'a-
vançaient dans des barques, sur la mer,
[151] l'empereur ordonna de mettre le
feu aux barques, et les prêtres furent
brûlés8.

Vers cette époque, saint Grégoire de
Nazianze fut ordonné par les évêques
orthodoxes, pour qu'il prît soin des
fidèles qui étaient à Constantinople9.—
En effet, à cette époque, lui-même,
ainsi que le grand Basile de Césarée de
Cappadoce, Grégoire de Nysse, et Pierre
de Sébaste s'illustraient fort par leur doc-
trine10. — Pierre brillait par les œuvres
vertueuses1!.

Valens fit amener le grand Basile à
Antioche et lui dit, comme pour le ten-
ter : « Si ta croyance est véritable, prie
pour mon fils Galates, afin qu'il gué-
risse. » Le saint répondit : « Si tu crois
comme moi, et le fais baptiser par les
adhérents de la foi véritable, il guérira. »
— Comme les Ariens le baptisèrent, il
mourut1*.

Tandis que Valens disputait avec le
grand Basile, Démosthène, le cuisinier13,

1. Aj. : U <i» >o^o ovi'ûs XiX |o§^» (BH., Chr. eccl., I, 101). — 2. Le contexte demande
qu'on lise comme dans le grec a tout ce qu'il sait », tout ce qu'il a de science. — 3. Socr., IV, xvr.
— 4. Socr., IV, rr. — 5. Socr. ajoute : « parce qu'il ne les avait pas exilés».

6. Socr., IV, xrv. — 7, Ibid., xv. — 8. Socr., IV, xvi; Jac. Edess., ad ann. 53. — 9. Socr., IV,
xxvi, c. m. — 10. Le passage est tiré de Jac. Edess., ad ann. 51. Cf. Socr., IV, xxvi, s.f. ; Theod.,
IV, xxx. — 11. C'est-à-dire : « dans la vie monastique », cf. ci-dessous, p. 301, 1. 30. — 12. Socr.,
IV, xxvr. — 13. tôjv padtXixwv Ttpoa[ji.r|6oy[JL£voç o^wv (Theod., IV, xix, d'où est tiré l'épisode) ; tw èVi
twv ô'|/wv TSTayixévw xai tùv (xayctpwv ap-/ovci (Greg. Nyss., Contra Eunotnium, I; Patr, gr., t. XLV,
col. 293), Castrensis sacri palatii. (Vales.)

300

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

pour massacrer le peuple? » Elle répon-
dit : « C'est pour cela que je cours
avec empressement, afin que moi et mon
fils que voici nous méritions le martyre. »
— Aussitôt le préfet retourna faire
savoir à l'empereur que ce peuple était
disposé à mourir pour la foi de Nicée;
par ses paroles et ses instances,vil apaisa
la colère de l'empereur; et ce préfet,
Modestus1, qui avait reçu de Valens
l'ordre de tuer les Edesséniens, les
sauva. On raconte de lui une foule de
belles choses.

A cette époque, on trouva en Phrygie*
des Novatiens, des Sabbatiens et des
Collyriens3 qui faisaient la Pâque avec
les Juifs : alors, Damase de Rome et
Pierre d'Alexandrie les excommunièrent
et les anathématisèrent, de même que
l'hérétique Eunomius, qui ajouta à la
multitude de ses impiétés en disant que
le baptême devait se faire par une seule
immersion, et non pas au nom de la Tri-
nité, mais bien par la mort de Notre-Sei-
gneur Jésus-Christ.

Ils anathématisèrent aussi les impurs
Messaliens dont l'hérésie s'est prolon-
gée jusqu'à nous. — Amphilochius d'I-
conium s'éleva vigoureusement contre
eux, ainsi que Letoius * de Mélitène.

Quand Pierre fut chassé d'Alexandrie
et que l'arien Lucius, qui avait été ex-
pulsé de Samosate, y fut entré, Pierre

se mit à accuser le saint. Ce faisant, il
pécha par la parole et commit un barba-
risme. Basile sourit et dit : « Voici que
nous voyons Démosthène ignorant. » Et
comme il se mit à le menacer, le saint
ajouta : « Ton office est de prendre soin
des condiments des sauces et non de ré-
former la doctrine divine ; car ton en-
tendement est fermé à la vérité. »

Plus tard, quand Valens voulut exiler
Basile, son calame se brisa trois fois
dans sa main. — Quand l'empereur
vint à Césarée, il voulut livrer les églises
aux Ariens; mais il en fut empêché par
les prodiges que Dieu opéra par le grand
Basile. [io2] Il fut saisi d'admiration et
d'affection par la grande sainteté et la
charité de saint Basile. Et à cause de
cela, il lui abandonna même des villas
pour subvenir aux besoins des pauvres6.

Basile et Grégoire furent maintenus
à cette époque comme les fondements
de la foi. A cause de leur grande vertu,
seuls ils ne furent point jetés en exil
pendant la persécution. Dès leur jeu-
nesse ils furent envoyés à Athènes et
y apprirent les sciences profanes; à
Antioche, ils furent les auditeurs de
Libanius. étudièrent la rhétorique et de-
vinrent philosophes6 ; puis ils quittèrent
le monde, et préférèrent la vie monas-
tique ; ils apprirent l'interprétation de
l'Ecriture dans les livres d'Origène. Me-

1. Corr. : Cf. Theod., IV, xvrr ; Soz., VI, xvrrr. — 2. Cf. Socr., IV, xxvtn ; V, xxi. —

3. Au sujet de cette secte nous lisons dans Théodore Bar-Khouni : « Chaque année, à un jour fixé,
ils offrent une sorte de gâteau (xoMupa) au nom de Marie, et à cause de cela ils furent, appelés Col-
lyriens » (Pognon, Les Coupes de Khouabir, p. 139). —4. Av\xôioç; ms. : Lêtînos.

5. Theod., IV, xix. —6. àÇiot toO <xoq?i<rrs'jEiv xptOsvxsç (Socr. IV, xxvi).

LIVRE VIL CHAP. VII

301

écrivit une lettre dans laquelle il expose
l'impiété de Lucius

[Extrait] de la lettre de saint Pierre* ;
« Palladius était le nom [1531 du tyran8;
il professait le paganisme. Etant parvenu
h la ville, il rassembla le peuple à l'église
comme un homme empressé d aller sou-
mettre les Barbares4. Alors furent com-
mises des atrocités telles que quand seu-
lement je veux en parler, leur souvenir
me suffoque, et je répands des larmes;
et je demeurerais longtemps dans cet
état de souffrance si je ne réprimais ma
douleur par la pensée divine. La foule
étant entrée dans l'église de Theonas, au
lieu des paroles graves5, ils chantaient
les louanges des idoles, et, au lieu de la
lecture des saintes Ecritures, ils battaient
des mains et proféraient des chansons
ordurières contre les vierges saintes.
Ils déchirèrent les vêtements de leur
chasteté; après les avoir dépouillées, ils
les promenaient toutes nues parla ville;
ils agissaient envers elles sans loi ni
pitié. Si quelqu'un les blâmait ou plai-
gnait les vierges, ils ne le laissaient
qu'après l'avoir roué de coups. Beaucoup
de ces vierges furent massacrées. Au
milieu même du sanctuaire, ils dressè-
rent la tente6 déjeunes7 débauchés qui
avaient renié le sexe masculin et affec-
taient la nature féminine, qui s'étaient

letius d'Antioche ordonna [diacre]8 Basile
qui ensuite devint évêque de Césarée et
chassa du Pont les Eunomiens et les
Ariens9. — Le père de Grégoire était
évêque. Grégoire allait constamment à
Constantinople, et affermissait dans la
foi ses coreligionnaires ; quelque temps
après, par le suffrage des évêques, il y
fut établi évêque, pendant 10 ans10.

A cause de tout cela Valens était
irrité contre eux.

Quand le préfet demanda au grand
Basile pourquoi il ne croyait pas comme
l'empereur, Basile blâma la foi de l'em-
pereur. Comme il le menaçait de mort,
il répondit : « Je suis prêt, pour la vérité,
à abandonner les liens du corps. » —
Le préfet lui dit : « Réfléchis à cela. » —
Basile reprit : « Je serai demain ce que
je suis aujourd'hui11. » —[153] Le saint
ayant été mis en prison, Dominica,
mère de l'empereur, dit à celui-ci qu'elle
avait souffert, en songe, de grands
maux, à cause de l'outrage fait à l'évê-

i 2

que .

Une partie des ouvrages de doctrine
du grand Basile et de Grégoire fut tra-
duite en langue latine par Rufinus. —
Pierre, frère de Basile, imita" sa vie
religieuse, et Grégoire de Nysse son
éloquence Celui-ci acheva XHexaèmè-
ron de Basile après sa mort; il composa

1. Theod., IV, xxr; cf. Socr., IV, xxr, xxn. Jac. Edess., ad ann. 48, commet une confusion en
donnant Lucius comme ayant remplacé Athanase lors de son cinquième exil. — 2. D'après Theod.,
IV, xxn. — 3. Préfet d'Egypte. — 4. D'après le grec : «il se précipita sur l'église où le peuple était
assemblé ». —5. àvxt piqu.aTwv <ts[avwv. — 6. Gr. : <txy]vï| ; l'auteur ne semble pas avoir compris ce
mot dans le sens de « scène ». — 7. Dans le grec : « un jeune débauché ».

8. Lire : Uasûa» d'après le grec. — 9. Socr., IV, xxvi. — 10. Ibid. — 11. êyùi xoù o"/)[xepov
xoù aupiov 6 aùxbc eîu.£. — 12. Socr., IV, xxvi. Ms., incorrectement: « aux évêques ». — 13. to
StôaffxaXtxbv toO Xoyov.

30 2

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

fardé le visage de rouge, comme l'ont
chez eux les idoles, et qui étaient vêtus
d'habits de femmes; et, sur l'autel où
nous invoquions la descente de l'Esprit-
Saint, ils leur firent exécuter des tours
de danse en faisant des contorsions et
en sautant, tandis qu'ils riaient eux-
mêmes impudiquement, — Ensuite,
pensant que c'était là une légère im-
piété, ils découvrirent les membres de
l'un d'eux, qui était connu pour son
obscénité, [154] et le firent monter dans
la chaire1. Il fit un sermon contre le
Christ et leur tint des discours obscè-
nes. — Pour moi, quand je vis ces
choses, je sortis. »

Valens ayant chassé les chrétiens de
l'église2, ils se réunissaient au pied de la
montagne, ayant à subir la pluie, [la neige,
la gelée] ou l'ardeur du soleil. [L'empe-
reur envoya des soldats pour les dis-
perser]3. — Flavianus et Diodore' pri-
rent soin d'eux et les instruisirent, tant
que Meletius fut en exil.

Le moine Aphraate en apprenant ces
choses abandonna sa cellule et alla au
secours des saints pasteurs5. Comme il
passait près d'un grand portique qui se
trouvait le long du fleuve Oronte, il se
trouva que l'empereur Valens regardait
du haut du portique, et lui demanda :
« Où vas-tu?» Il répondit : « Prier pour
ton empire. » L'empereur reprit : « Tu

une oraison funèbre de Meletius, à Con-
stantinople 6.

Grégoire de Néocésarée précéda ceux-
ci; il fut l'un des disciples d'Origène,
[et fut] très versé dans les sciences pro-
fanes et ecclésiastiques; il fit des pro-
diges et des miracles1.

Il y eut un autre Grégoire qui parut
à Alexandrie, et qui était arien8.

ALiberius de Rome succéda Damasus.
Il y avait un diacre nommé Arsenius;
quelques évêques l'ordonnèrent en se-
cret, et il y eut un schisme parmi le
peuple; après plusieurs massacres, Ar-
senius abdiqua volontairement9.

Dans la ville de Milan, l'évêque étant
mort, il y eut un grand trouble10. Le juge
Ambroise, craignant [des excès, se ren-
dit à l'église. Le peuple porta sur lui
son choix]11, et les évêques le prirent de
force et le baptisèrent; mais comme il
refusait le sacerdoce, ils consultèrent
l'empereur Valentinien à son sujet. Ayant
reconnu que la chose venait de Dieu, il
fut ordonné et apaisa les mécontents"
de l'endroit.

A cette époque, à Antioche, le philo-
sophe Themistius calma la colère de Va-
lensparlediscours qu'il fit et danslequel
il dit : « On ne doit pas s'étonner que
les chrétiens soient divisés dans leur
croyance. Cette division est petite en
comparaison de la confusion des croyan-

1. 8pôvoç. — 2. D'Antioche. — 3. Nous complétons les quelques mots qui manquent d'après
Theod., IV, xxiv, d'où le passage est tiré. — 4. Ms. : Theodorus. Restituer : uaoo»o»&»>; Theod.,
IV, xxv. — 5. Theod., IV, xxvr.

6. Socr., IV, xxvr, s. f. Ci-dessous, p. 311. —7. Socr., IV, xxvn. —8. Ibid. —9. Ce passage est
une répétition dé ce qui a été dit plus haut, p. 298. Lire : Ursinus au lieu de Arsenius que porte
le ms. — 10. Socr,, IV, xxx ; cf. Theod., IV, vu. — 11. Nous complétons d'après le sens, les quel-
ques mots qui manquent dans le texte. — 12. Littér. : « les irrités »; gr. : oc Stctrrâm?,

livre vil. Chap. vil

303

dois prier dans ta cellule, selon la règle
des moines. » Aphraate dit : « J'ai fait
cela tant que l'Eglise fut en paix. Mais
maintenant, si j'étais une jeune fille en-
fermée dans le gynécée, et si je voyais
le feu tomber sur la maison de mon père
que devrais-je faire, ô empereur? Rester
tranquille ou courir1 porter de l'eau
pour éteindre* les flammes? Je sais que
tu me diras que je devrais faire ceci.
Et c'est ce que je fais maintenant. Puis-
que tu as mis le feu à la maison de
mon Père, je cours maintenant l'éteindre
si c'est possible. » L'empereur lui fit
des menaces*; un des grands adressa
des paroles de reproches au moine,
mais au moment même [155] où cet
homme descendit pour préparer un bain
à l'empereur, le Seigneur le frappa ; il
perdit l'esprit, tomba dans un bassin
d'eau chaude et mourut. L'empereur
comprit que cela était arrivé par la prière
d'Aphraate.

Les partisans d'Arius répandirent le
bruit que Julien Saba adhérait à leur
doctrine. Flavianus, Aphraate et Dio-
dore l'envoyèrent chercher. Etant venu,
il les confondit et fit croître la foule des
fidèles. De même, autrefois, Antoine
était venu à Alexandrie et avait pro-
clamé qu'Athanase était le héraut de la
vraie foi4.

Le docteur Mar Ephrem était riche de
la doctrine divine ; il ne goûta jamais l'é-

ces des païens. Il y a, dit-il, trois cents
croyances, et chacun pense5 comme il
lui plaît. Dieu aussi veut être glorifié
diversement, afin que chacun redoute
souverainement sa majesté, puisque sa
connaissance n'est pas facilement acces-
sible 6 ».

A cette époque les Goths se firent
chrétiens. On leur ordonna pour évê-
que Aurophilas 7, qui inventa les lettres
gothiques et traduisit les livres divins
dans la langue des Goths R.

Le pénitent' Mousa, ayant été ordonné
évêque à la demande de Ma Via , reine
des Arabes, convertit beaucoup d'Arabes
au christianisme10.

A cette époque Pierre revint à Alexan-
drie, avec des lettres de Damasus de
Rome, et chassa Lucius1'. Peu de temps
après, Pierre mourut et Timothée lui
succéda1".

A cette époque parurent des hommes
[154] vertueux ts.

Ammôn, ayant été fiancé de force, lut
pendant la noce ce que l'Apôtre écrivit
aux Corinthiens à propos du mariage.
Il ajouta beaucoup d'autres choses au
sujet des maux et des douleurs de l'en-
fantement. Il inspira à sa femme le dé-
sir de garder la virginité, et ils s'en allè-
rent tous les deux dans la montagne de
Nitrie. Là, ils se séparèrent; ils vivaient
de pain et d'eau, ne mangeant que tous
les deux jours. Au moment de la mort

1. Lire :  ^,ai»l. — 2. Lire ; — 3. Dans le gr. : « l'empereur se lut, mais un des grands

adressa, etc. » — 4. Theod., IV, xxvll.

5. Litt. : « se sépare ». — 6. Socr., IV, xxxir. — 7. OùXçéXaç. — 8. Socr., IV, xxxnr.— 9. Litt. :
a lugens », employé dans le sens d' « ascète ». — 10. Cf. ci-dessus, p. 294. — 11. Lire : ^a^oe^.
— 12. Socr., IV, xxxvir. — 13. Tout ce qui suit, jusqu'à l'avant-dernier alinéa du chapitre, est tiré
de Socrate, IV, xxnr.

304

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

ducation des Grecs1. Harmonius, fils de
Bardesane, ayant composé des chants
auxquels il avait mêlé son impiété, en-
traînait beaucoup de gens vers la perdi-
tion par l'agrément du langage de ces
cantiques. Ce docteur emprunta son
agencement et sa mesure* et fit des
hymnes* remplis de piété.

A cette époque, le soldat4 Terentius
reprit l'impie Valens. Celui-ci menaça
de les tuer à son retour; mais Dieu le
livra à la ruine, et il ne revint pas.

Betranionos5, évêque des Scythes,
blâma aussi vigoureusement Valens, de
pervertir la foi, et ne fut pas confondu6.

Valens trompa aussi, par Eudoxius,
les Goths qui s'étaient récemment con-
vertis à la foi, et ils adhérèrent à la doc-
trine perverse d'Arius. C'est pourquoi,
jusqu'à ce jour, les Goths disent que le
Père est plus grand que le Fils; mais ils
n'ont jamais pu être amenés à dire que
le Fils est une créature; car, bien qu'ils
aient été induits en erreur, ils n'ont ce-
pendant pas abandonné la foi de Nicée à
laquelle ils s'étaient convertis7. — Fin.

complir. » Plus tard il disait : « En l'esp;

d'Ammôn, Antoine vit son âme qui s'é-
levait au ciel portée par les saints anges.
Plusieurs s'efforcèrent de l'imiter et
entrèrent au désert. Ammôn ne voulut
jamais regarder son corps ; c'est pour-
quoi, parvenu à la rive d'un fleuve et
étant dans l'anxiété 8, il se trouva [subi-
tement transporté] sur l'autre côté.

Didyme vécut quatre-vingt-dix ans,
sans commerce avec les hommes.

Arsenius [ne repoussait pas] les [jeu-
nes moines qui péchaient, mais bien les
anciens.

Pior prenait sa nourriture en mar-
chant]9.

Isidore disait qu'il ressentait la con-
cupiscence depuis quarante [ans], mais
qu'il n'avait consenti ni à la sensualité,
ni à la colère.

Pambo10 alla pour apprendre un
psaume. Etant arrivé à cette sentence
qui dit11 : « Je garderai ma voie, et je ne
pécherai point par ma langue », il ne
continua plus. Celui qui l'instruisait
l'ayant blâmé de ne pas continuer à ap-
prendre, il répondit : « Cela me suffit
jusqu'à ce que j'aie vu si je puis l'ac-
de dix-neuf ans, j'ai à peine appris à l'ac-

1. Le sens est qu'il n'étudia jamais le grec. Cf. Theod., IV, xxrx. — 2. Il faut peut-être lire :
|ea.i>\ |/Lû-va..\v), àpu.ovi'av tou uiXouç. — 3. Midrasê, « hymne » dans un sens très large; Theod, :
ao-jxaTa. — 4. Il est question de Terentius au ch. xxxii, et de Trajanus au ch. xxxm de Theod.
(livre V). Tous les deux sont qualifiés de généraux (crTpaTïjyoi). La menace s'applique à Trajan (cf.
ci-dessus, p. 294, n. 2). L'expression de l'auteur : « de les tuer », donnerait à penser qu'il avait réuni
deux noms et qu'il manque quelques mots dans le texte. Il rapportait probablement l'épisode du
moine Isaac {ibid., xxxiv) consigné dans la Chronique de Jacques d'Edesse (ad ann. 53) et où il est
question d'une semblable menace.—5. Bpstav'tov, Vetranio; Theod., IV, xxxv. — 6. Cf. Ps. cxix, 46.
— 7. Theod., IV, xxxvir.

8. A cause de la nécessité d'enlever ses vêtements. — 9. Nous comblons ainsi, d'après le sens du
grec, la lacune de deux ligues du ms. — 10. Lire : aa->a9, HaLpêûç.. — 11   Ps. xxxvm, 1.

LIVRE VIL CHAP. VII

305

complir. » — Une autre [fois]1 des gens lui donnèrent de l'or et lui dirent: « Il y a
tant »; il répondit : « On ne doit pas se préoccuper de la quantité, mais de l'inten-
tion droite. » — Il vit une femme qui dansait dans le théâtre, et il pleura. On lui
demanda pourquoi. Il répondit: « Premièrement, à cause de sa perte; et seconde-
ment, à cause de moi-même, parce que je ne prends pas tant de soin de plaire à Dieu
que celle-ci en prend de plaire aux hommes mauvais. »

On dit à un autre : « Ton père est mort. » Il se fâcha en disant : « Mon père
a été jugé digne de l'immortalité. »

Un autre possédait seulement un Évangile; il le vendit, et en distribua le prix aux
pauvres, en disant : « Lui-même m'a ordonné de le vendre2. »

A cette époque, Evagrius fut ordonné diacre par Grégoire de Nazianze. Il écrivit et
dit : « Il y a quatre vertus, et nous avons appris leur méditation du grand Grégoire,
[ce sont] : la prudence, la force, la tempérance et la justice3. » Il disait que « l'œuvre
de la prudence est la contemplation sans raisonnement des puissances spirituelles ; ces
choses sont connues par la sagesse; l'œuvre de la force est la constance [pour persé-
vérer] dans la vérité lorsqu'on est persécuté, et pour ne pas rechercher les choses du
néant. A la tempérance appartient de recevoir la semence du premier ouvrier et de
rejeter la semence de l'ivraie. La justice fait qu'on accommode le discours en toute
chose comme il convient4. »

On demandait à Macaire 5 : « Pourquoi affaiblissons-nous la vertu de la mémoire de
l'âme quand nous conservons de la rancune contre les hommes, et restons-nous in-
demnes quand nous gardons de la rancune contre les démons? » — Il répondit ;
« Parce que la première passion est en dehors de la nature, [155] tandis que la se-
conde est selon la nature de la colère. »

Macaire l'Égyptien et Macaire d'Alexandrie furent exilés dans une île de païens. Le
démon était entré dans la fille du prêtre de l'endroit qui criait : « Pourquoi êtes-vous
venus ici nous chasser?» —Ces saints firent sortir le démon de cette vierge par leurs
prières; le prêtre et toute cette île se convertirent; ils firent du temple une église G.

Didyme était encore enfant et commençait à s'instruire, lorsqu'il tomba dans
une maladie d'yeux et devint aveugle. Dieu lui donna des yeux spirituels. II apprit par
cœur la grammaire, la rhétorique,la dialectique,l'arithmétique et la musique; il réci-
tait de mémoire7 tous les Livres de l'Église et leurs commentaires. Antoine l'ayant vu
lui dit : « Ne t'afflige pas, Didyme, d'être privé des yeux que les moustiques peu-
vent blesser ; mais réjouis-toi de posséder des yeux tels que ceux par lesquels les anges
eux-mêmes voient, et [par lesquels] Dieu est connu. » — Didyme combattait victorieu-
sement les Arfens et tous les hérétiques, par ses réfutations8. —Fin de ce [chapitre] ; et

1. Le texte syriaque semble dire qu'il s'agit d'un autre moine; mais à tort, d'après le grec. «—
2. Cf. Luc, xvnr, 22. — 3. çpovY)criv xoù àvôpet'av, crtocppoo-vvY]v xoù Sixaioo-uvrjv. Le mot syriaque qui
rend le premier nom signifie proprement : science. — 4. Cf. le texte grec ; Socr., IV, xxm, a. f.—
5. L'Egyptien. — 6. Socr., IV, xxvr. — 7. Litt. : « de langue. » — 8. Socr., IV, xxv.

I. 39

306

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

gloire au Seigneur qui s'est fait oblation pour notre race et qui, dans sa philanthropie
et sa charité, a racheté l'homme coupable. — Le pécheur qui a écrit ces choses supplie
en gémissant ceux qui [les] liront [de prier pour lui].

CHAPITRE VIII DU LIVRE VIL — Du temps du règne de Gratien, de Théodose

et de Valentinien1.

Gratien, fils de Valentinien, avait été fait autocrator, à Rome, du vivant de
son père ; ils'empara de l'empire après [la mort de] Valens; il mit fin aux folies
de celui-ci et les fit cesser; il était juste, pieux et orthodoxe *.

Il associa à l'empire le grand [136] Théodose d'Espagne, qui était Ibère
d'origine*. Comme Théodose lui-même avait déjà pris soin de faire proclamer
Gratien empereur avant la combustion de Valens, pour ce motif Gratien établit
Théodose à Constantinople et dans tout l'Orient.

Théodose était courageux, prudent, expérimenté à la guerre. Il avait promp-
tement vaincu les Barbares qui étaient en Thrace.

A cette époque4, Ardasîr, roi de Perse, mourut, et son fils Sabhour commença
à régner.

A cette époque, un homme, nommé Maximus, tua insidieusement Gratien, à
Rome5, en la 3° année de Théodose, et Valentinien, frère de Gratien, commença
à régner à Rome. — Maximus se révolta contre l'empereur. Alors, Théodose
et Valentinien marchèrent de concert contre lui. Le tyran fut vaincu; il fut livré
enchaîné par ceux qui l'accompagnaient et fut massacré. Les deux empereurs
entrèrent triomphalement à Rome6.

Quand l'empereur Théodose revint à Constantinople, il envoya en Orient le
général Saporus7. Celui-ci, étant venu à Antioche et voyant les querelles, chassa
tous ceux qui ambitionnaient le siège épiscopal.

En ce temps-là, l'empereur Théodose étant venu à Thessalonique y tomba ma-
lade. Voulant recevoir le baptême, il interrogea Akîlos8, évêque du lieu, sur sa
croyance, et ayant appris que la doctrine des Ariens n'avait pas pénétré en Illy-
rie, il reçut le baptême des mains d'Akîlos. Ensuite [157] il recouvra la santé,

1. A la suite du titre le ms. porte cette rubrique : Et encore ici, dans le canon des années des
Grecs, nous avons compté 4 années de trop dans le comput. C'est pourquoi nous recommençons à
Vannée 690. Que celui qui lit comprenne! Cette note est relative aux erreurs chronologiques qui se
sont introduites dans la transcription des canons de Jacques d'Edesse. Comp. le tableau (Livre XI,
dans le t. II) à l'an 695. — 2. Cf. Theod., V, r. — 3. Cf. Theod., V, v-vr; Socr., V, n. Ces deux
auteurs disent que Théodose était né en Espagne. Le mot Ibère doit donc s'entendre ici en ce sens.
— 4. En l'an 2 de Théodose, selon le Canon. — 5. Gratien fut tué en Gaule. Cf. ci-dessous, p. 310.
•— 6. Cf. Theod., xit; Socr., V, xi, xrr, xiv. — 7. Saucopo; toO aTpaTYJYoO (Theod., V, m). —
8. 'Ao-xÔAtoç. Socr., V, vi, d'où est tiré le passage.

LIVRE VII. CHAP. VIII

307

et revint à Constantinople, où il bâtit l'église de l'Anastasie, par les soins du
grand Théologien1 qui était encore là.

Alors un fils naquit à Théodose de sa femme Flaccilla2; ce fils est Honorius3.
Flaccilla était riche en vertus. Elle enseignait à son mari les lois de la religion ;
elle servait elle-même les malades et les pauvres; elle parcourait les hospices*
des églises, et, de ses mains, elle soignait les infirmes et leur donnait à manger
et à boire5.

L'empereur Théodose, poussé par la guerre, imposa un tribut aux villes. Les
habitants d'Antioche en furent fort irrités. Flaccilla, d'heureuse mémoire, étant
morte à ce moment-là, les Antiochéniens renversèrent la statue qu'elle avait
dans leur ville et latraînèrentpar les rues. Quand l'empereur l'apprit, il s'emporta,
retira la principauté aux Antiochéniens et la donna aux Laodicéens. Les juges
firent dans la ville de lamentables massacres. Le bienheureux Macedonius qui
ne savait rien des choses du monde, et qui n'était point instruit des Écritures,
descendit reprendre les juges et leur dit de dire à l'empereur : « Considère ta
propre nature ; tu es homme et tu règnes sur des hommes; l'homme est fait à
l'image de Dieu : n'ordonne donc pas de détruire son image. Tu es irrité pour
une image de bronze! Combien l'image spirituelle n'est-elle pas supérieure à
une statue inanimée. Il nous est facile de fondre de nombreuses images d'airain;
mais tu ne peux [158] créer un poil de la chevelure de ceux qui ont été massa-
crés. » Les juges ayant rapporté les paroles du vieillard à l'empereur, celui-ci
fit pénitence et écrivit au peuple des excuses et des consolations6.

A cette époque, à Thessalonique, qui était la capitale de l'Italie7, il y eut une
sédition, et on lapida les gouverneurs8 ; l'empereur usa d'un cruel châtiment. Le
tyran donna des ordres et, se délivrant du joug de la raison, il fit tuer indistinc-
tement des innocents9 et des coupables au nombre de sept mille10.

Quand l'empereur rint à Milan, l'évêque Ambroise, ayant vu ce massacre, alla
au-devant de lui hors la porte de l'église et lui défendit d'entrer, en disant : « Ne
comprends-tu donc pas le crime que tu as commis? La gloire de l'empire t'em-
pêche-t-elle de te connaître toi-même? Avec quels yeux regarderas-tu le temple
du Seigneur? Avec quels pieds fouleras-tu le seuil de ses portes? Comment
étendras-tu tes mains pour prier, alors que le sang11 en découle encore ? Et com-
ment approcheras-tu de ta bouche le sang de Dieu, après avoir répandu tant de
sang innocent? Va; n'accrois pas ton péché sous prétexte d'une prière qui ne peut
qu'irriter le Seigneur. Accepte les liens que le Seigneur confirme18 du ciel, afin

1. S. Grégoire de Nazianze. Cf. Socr., V, vu, — 2. Ms. ici et partout : Placida, conformément à
la leçon de Socrate, IV, xxxi : Ix II).ax:Sï]ç. — 3. Cf. Socr., V, xn. — 4. IsvoSo/eïoc ; Theod. : 'Exx)y]o-cwv
-roùç Çevwvocç. — 5. Theod., V, xrx. — 6. Theod., V, xx. — 7. Sic ms. — 8. riyE^wvsc. Theod. : twv
àpxôvToiv tivéç. — 9. Lire : Ls'i. — 10. Theod., V, xvir. — 11. Lire : ,3. — 12. Lire :

(et non gr. : yivsrat (ji^-q^oi.

308

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

qu'ils soient un remède pour ta guérison. » L'empereur accepta l'interdit sans
contester et retourna au palais. Au bout de huit mois, quand arriva la fête de la
Nativité, l'empereur était assis et pleurait. Rufinus, le maître [des offices]1, lui
demanda la cause de ses pleurs. L'empereur lui répondit en suffoquant : « Quoi!
tu ne comprends pas mon malheur? [139] Les esclaves et les vagabonds entrent
à l'église ; et moi j'en suis empêché ! je suis lié sur la terre et au ciel ! » — Celui-
ci reprit : « Je vais courir supplier l'évèque. » — L'empereur répondit : « Il ne
se laissera pas persuader. Je connais la justice d'Ambroise; il ne craindra pas
l'autorité royale au point de transgresser la loi divine. » — Rufinus ne se tint
pas tranquille, il sortit pour y aller. L'empereur sortit à sa suite, rempli de
crainte. Ambroise, en voyant Rufinus, lui dit : « Tu imites l'impudence des
chiens, ô Rufin, qui fus le conseiller d'un tel massacre. Tu as effacé la pudeur
de ton front. » — Rufinus2 multipliait les instances et disait en suppliant: « Voici
l'empereur qui vient. » En entendant cela, Ambroise s'enflamma et s'écria : « S'il
vient, je l'empêcherai d'entrer dans l'église; et s'il transforme son pouvoir en
tyrannie, je recevrai de lui l'immolation avec joie3. » — Rufin ayant entendu
de telles choses fît dire à l'empereur de ne pas venir. L'empereur qui était au
milieu du forum dit : « J'irai, et je supporterai un juste affront. » —Il vint mais
n'entra point à l'église, et resta debout en suppliant. L'évèque qualifia sa
venue d'audace tyrannique, et lui dit : « Tu es enragé contre Dieu, dans ta folie ! »

— L'empereur répondit : » Je ne transgresserai point la loi, et je n'entrerai
point dans l'église sans permission. Je te demande seulement de ne pas faire
fermer les portes. » — L'évèque reprit : [160] « Quelle pénitence as-tu offerte? »

— L'empereur lui dit : « C'est à toi de me montrer les remèdes à ma blessure. »

— Alors l'évèque lui imposa [une règle], en lui disant : » Puisque tu juges
avec colère, et que tu prononces sans discernement la sentence de mort, porte
une loi pour rendre nulles tes sentences et remettre à trois 4 jours l'examen
des criminels, la sentence écrite attendant le jugement de la raison. Quand
quelques jours seront écoulés, la colère étant alors apaisée, la raison jugera et
examinera ce quia été écrit : elle reconnaîtra si les écrits sont justes, et alors elle
les confirmera, ou s'ils sont iniques, et elle les déchirera. »— Aussitôt l'empereur
ordonna d'écrire et d'établir pour lui cette règle. Après cela Ambroise leva l'in-
terdit. Et quand l'empereur entra dans l'église, il ne se tint point debout, mais
il priait prosterné, en disant : « Je me suis attaché à la poussière : vivifie-moi
selon ta parole5. » Il pleurait, s'arrachait les cheveux et se frappait le front.
Quand il eut présenté les offrandes à l'autel, il se tint en deçà de la balustrade6

1. Toucp'ivoç u.àyi<7Tpo;. —2. Lire : U^ov — 3. Lire : lû^W» Ua£sao ^jo; gr. : tl 8s sî; rupavvt'Sa rrçv
PacnAEtav [j.e6c<7tï]o-i... — 4. Theod. : trente jours. Il faut corriger dans le texte : ^ (= 30), au lieu de :
3)._5. Ps. cxvin, 25. — 6. cancelli. C'est-à-dire : dans Je sanctuaire.

LIVRE VII. CHAP. VIII

309

selon l'usage. L'évêque lui fit dire : « C'est la place des prêtres et non des rois,
de même que le vêtement de pourpre appartient aux rois et non aux prêtres. »
L'empereur reprit : « J'ai vu cette coutume à Constantinople. » — L'empereur,
étant retourné à Constantinople, se tint hors de la balustrade pendant les mys-
tères. Le directeur de l'église lui fit dire d'entrer, mais il répondit qu'Ambroise
avait raison1.

A cette époque fut bâtie la ville de Res-
ayna, en Mésopotamie, sur l'ordre des
empereurs Gratien et Théodose*.

Après le meurtre de Valens, les Bar-
bares* vinrent jusque sous les murs de
Constantinople; Théodose sortit, les
dispersa, [156] les poursuivit et les
soumit'.

Autant, en effet, les affaires de l'É-
glise étaient troublées ; autant celles
de l'Empire5.

Meletius demeurait à Antioche etPau-
linus6, qui y avait été institué, n'admet-
tait pas que Meletius fût proclamé en
même temps que lui, parce qu'il avait été
établi par les Ariens. Ensuite, ils convin-
rent que l'Évangile serait placé au mi-
lieu et qu'ils se tiendraient l'un à droite
et l'autre à gauche; ils statuèrent aussi

Quand Gratien et Valentinien son frère
commencèrent à régner, les évêques re-
vinrent de l'exil, chacun à son église7.
C'est pourquoi, Grégoire de Nazianze,
qui gouvernait les Orthodoxes à Con-
stantinople, eut une grande liberté, et,
parla vigueur de son enseignement, par
ses fidèles conseils, il dirigeait tout [156]
le peuple et affirmait la vraie foi du
« consubstantiel »8.

Les Edesséniens revinrent et repri-
rent leurs églises9. Comme Barsê, leur
évêque, avait fini sa vie en exil, dans un
véritable martyre, Eulogius fut institué
24e évêque d'Edesse10.

A Jérusalem, le 47e évêque fut Cyrille
qui avait été exilé u.

A Rome, à l'orthodoxe Damase, suc-
céda Siricius, pendant 16 ans1*.

1. Tout ce long paragraphe est traduit de Théodoret, V, xvm.

2. Jac Edess., ad ann. 57 ; en 692 (380-81), selon le Chron. edess., n° xxxv. ©eoSoatovrcoÀK; (Proc.
Bell, pers., II, 19). — 3. Les Goths. — 4. Cf. Socr., V, i ; il attribue cette sortie aux habitants. Au
sujet de Théodose, cf. V, n, et Theod., V, v. — 5. Socr., V, Prooemion. — 6. Ms. : Flavianus; sans
doute par confusion, dans l'écriture, des deux noms : uoûi2^a9, Paulinus, et : u»ûi*à\9, Flavianus.
Cf. ci-dessus, p. 275, n. 6.

7. Theod., V, n; Socr., V, rr. — 8. Theod., V, vnr; Socr., V, vr. — 9. Chr. edess., n° xxxr :
« Au mois de 'iloul de cette année (684 = 373) le peuple abandonna l'Église d'Edesse, à cause de la
persécution des Ariens » ; n° xxxiri : « Le 27 de kanoun Ier de cette année (déc. 378) les Orthodoxes
entrèrent et s'emparèrent de l'Église d'Edesse. » Cf. p. 204. — 10. Cf. Theod,, V, iv; Chr. edess.,
n° xxxrr : « Au mois de 'adar de l'an 689 (mars 378) mourut Barsê ; n° xxxiv : « Mar Eulogius
devint év. d'Edesse l'année même où Théodose le Grand commença à régner » (379). — 11. Cf. Theod.,
V, ix; Socr., V, vin. Cf. ci-dessus, p. 270 et p. 275. — 12. Cf. Socr., V, n; VII, rx.

310

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

que le siège de celui qui mourrait le
premier vaquerait et que celui qui sur-
vivrait l'occuperait1.

Les Ariens occupèrent les églises
d'Antioche pendant 40 ans, depuis l'an 5
de Constance jusqu'à la première an-
née de Théodose2.

La mort de Gratien survint de cette
manière : Andragathius3, général de
Maximus, se cachadans une litièreportée
par des mulets et fit courir le bruit
que la femme de Gratien arrivait. C'est
pourquoi, l'empereur étant sorti sans se
garder de l'embûche, ce tyran sauta sur
lui et le tua4.

Justina, mère de Valentinien, avait été
baptisée par les Ariens; c'est pourquoi,
quand elle vint à Milan, elle voulut
chasser Ambroise; mais le peuple ne le
permit pas, et il y eut du tumulte. Sur
ces entrefaites, la nouvelle du meurtre
de Gratien étant arrivée, elle calma sa
colère 5.

A cette époque, l'empereur Théodose
ordonna de ramener à Constantinople
le corps de l'évèque Paul que les Ariens
avaient étranglé à Cucusum6.

Tandis que l'empereur Théodose
[157] marchait à la guerre contre le
tyran Maximus, les Ariens répandirent
le bruit que l'empereur avait été vaincu,
et ils osèrent mettre le feu à la mai-
son de Nectaire, l'évèque de Constan-
tinople7.

L'empereur Théodose s'empara du

Synode des cent cinquante [évêques],
qui se réunirent à Constantinople du
temps de l'empereur Théodose, qui fut
confirmé autocrator dans tout l'Orient,
et qui confirmait la foi orthodoxe; qui
approuvait la confession du « consub-
stantiel », et qui rejeta l'erreur des Ariens,
renversa leurs églises, chassa de la mi-
lice les soldats qui n'avaient pas consenti
à mépriser l'erreur des Ariens; qui,
par l'opération du Saint-Esprit, appela
et réunit autour de lui, des quatre par-
ties du monde, les hérauts de la foi or-
thodoxe.

En effet, cent cinquante évêques se
réunirent en la 4e année de son règne,
qui est l'an 694 des Grecs8. La somme
des années depuis le concile de Nicée
jusqu'au temps de ce synode est de 57
ans. — Les chefs de ce second synode
furent : Meletius d'Antioche, Timothée
d'Alexandrie, le grand Cyrille de Jéru-
salem, Grégoire le Théologien de Con-
stantinople même, et Grégrfire de Nysse.
Ils anathématisèrent la doctrine d'Arius
et quiconque y adhère, ainsi que Mace-
donius, qui avait succédé à Alexandre,
à Constantinople, pour avoir osé dire
que [157] l'Esprit-Saint est une créa-
ture et qu'il n'était pas égal au Père et
au Fils.

Après avoir anathématisé ceux-ci, ils
confirmèrent la définition de la foi éta-
blie par le saint synode des 318 Pères,
en y ajoutant quelque chose à propos du

1. Socr., V, v.— 2. La phrase paraît empruntée à Socrate (V, vu; s. f.); mais celui-ci parle de
Constantinople et non d'Antioche. — 3. 'Av8paya6(o; ; ms., partout : Androgothias. — 4. Socr., V, xi.
— 5. Ibid. — 6. Èv Kouxo'jo-o-w. Socr., V, ix. — 7. Socr., V, xm.

8. Jac. Edess., ad ann. 58; Theod , V, vm ; Socr., V, vm.

LIVRE VII. CHAP. VIII

311

tyran et le tua; et Andragathius se jeta
dans un fleuve et se noya1.

Symmachus, qui avait fait un discours
dans lequel il louait le tyran, voyant
que Maximus avait été tué, s'enfuit à l'é-
glise; l'empereur le laissa [tranquille]2.

En ce temps-là, l'empereur trouva à
Rome deux choses3 honteuses qu'il
abolit*.

[Voici] la première. Il y avait des édi-
fices dans lesquels se trouvaient des
boulangeries4 et, à côté, des logements
de prostituées. Quiconque entrait, soit
pour acheter du pain, soit pour se livrer
à la débauche, était saisi pour tourner la
meule jusqu'à sa vieillesse. Un des
[soldats] de Théodose, ayant été pris,
trouva la force de tuer ceux qui s'étaient
emparés de lui; il fit savoir la chose à
l'empereur qui ordonna de détruire ces
édifices.

Ils enfermaient aussi la femme sur-
prise en adultèredansunemaison étroite,
et ils la contraignaient de se prostituer;
ils lui attachaient une sonnette, de ma-
nière à faire connaître la chose aux pas-
sants et à dévoiler sa honte. — L'empe-
reur, ayant appris cette chose, la fît aussi
cesser, et il ordonna que les prostituées
et les adultères fussent jugées selon la loi.

Saint-Esprit6; parce qu'en ce temps-là
aucune discussion ne s'était encore éle-
vée au sujet du Saint-Esprit.

Le synode des évêques attribua le
siège de Constantinople à saint Grégoire,
comme récompense honorifique de ses
labeurs 7. — Ayant vu que les évêques
d'Egypte étaient jaloux et murmuraient,
il abdiqua volontairement et l'abandonna
après l'avoir occupé 10 ans8.

Il fit un discours d'adieu 9. Il fit con-
naître la vérité, et ensuite il ajouta :
« Rendez-moi à la vie rustique, à la soli-
tude et à Dieu » — Après son départ,
ils ordonnèrent le vertueux Nectaire
comme évêque de Constantinople11.

Théodose en voyant Meletius d'An-
tioche dit : « J'ai vu en songe cet homme

o

qui me faisait empereur". » — Meletius
d'Antioche mourut pendant le concile,
et Grégoire de Nysse fit son oraison fu-
nèbre. Son corps fut rapporté à Antio-
che et enseveli près de saint Babylas13.

Damase et Ambroise ne vinrent point
à ce concile, parce que chacun d'eux au-
rait voulu qu il se réunît près de lui.

Dans ce concile, ils assignèrent à
Constantinople l'honneur [du premier
rang] après Rome ; et ils partagèrent les
provinces14. [Ils définirent aussi] que les

1. Socr., V, xiv. — 2. Ibid. — 3. Lire : b^âlao, — 4. Socr*, V, xvm. — 5. Littér. : des mou-
lins', gr. : {jiu>.C>v£ç, pistrina.

6. EH., Chr. eccles., I, 109 ; « Ils ajoutèrent au sujet du Saint-Esprit; • Jju*.1»o L;^o uoio^h

\3;±o • *»»akjùoo t>^smio xii.ç> \s\ xxvo <ûâi |^| 001, qui est dominus vivificans omnia, qui ex
Pâtre procedit et cum Pâtre et cum Filio adoratur et glorificatur, etc. ». — 7. Cf. Socr., V, vi ;
Theod., V, vin. — 8* BH., Chr, eccl., I, 113 : 20 ans. — 9. (TyvTaxxripioç, Patr. Gr., t. XXXVI,
col. 457 sqq. — 10. Un peu différemment dans le grec : l[io\ §£ oôiz xr|v Ip-q^ioLv, xol\ rrçv àypoixîav %a\
tov ®zôv(Patr. Gr., XXXVI, 487), — 11. Socr., V, vrij viir; Theod., V, vrn. — 12. Theod., V, vn;
— 13. Socr., V, ix; Theod., V, vnr. — 14. Socr., V, ix, c. m.

312

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

A cette époque fut supprimé le prêtre
qui recevait la confession pénitentielle
dans les églises1.

Jusqu'alors, [158] l'office de la péni-
tence était confié à un prêtre de l'église,
et s'il arrivait que quelqu'un tombât
dans le péché après le baptême, il allait
trouver ce prêtre, confessait sa faute,
et en recevait une pénitence. — Du
temps de Nectaire, un diacre pécha
avec une femme noble*. S'étant confes-
sée au prêtre, la femme fit connaître le
diacre qui fut destitué de son ordre. Il y
eut une grande agitation parmi tout le
peuple. Alors, le prêtre Eudaemon3 donna
à Nectaire le conseil d'abolir le prêtre
chargé de la pénitence et de laisser
chacun s'approcher des saints mystères
selon sa conscience.

Le chroniqueur Socrate, s'adressant
au prêtre Eudaemon, dit4 : « Ton con-
seil a-t-il été avantageux pour l'Eglise
ou non? Toujours est-il qu'il fut l'occa-
sion de ne plus se reprocher mutuel-
lement les fautes, et de ne pas observer
la parole de l'Apôtre qui a dit5 : « Ne
« participez point aux œuvres de té-
« nèbres, mais blâmez-les plutôt. »

L'évèque6 devrait plutôt poser la main

évêques ne pourraient changer de siège,
ni exercer leurs fonctions dans les égli-
ses qui sont hors de leur diocèse, ce qui
se faisait auparavant simplement à cause
de la persécution. Ainsi, [158] Nectaire
reçut l'administration de la Thrace ;
Helladius, qui avait succédé à Basile :
du Pont et de Césarée ; Grégoire de
Nysse : de la Cappadoce ; Otreius de
Mélitène : de toute la Petite-Arménie;
AmphilochiusdTconiumreçut l'adminis-
tration de l'Asie, et Timothée de l'E-
gypte. L'administration de tout l'Orient
fut confiée à celui qui siégerait à An-
tioche. [Enfin on statua] que chaque pro-
vince réglerait ses affaires 7.

On remarquait comme docteurs dans
ce concile : Grégoire de Nazianze, Gré-
goire de Nysse, Pelagius de Laodicée,
Eulogius d'Edesse, Amphilochius8 d'I-
conium.

Le concile rejeta et anathématisa avec
Arius, Eusebius de Nicomédie, Euzoius,
Acacius, Theognis, Euphronius, Euno-
mius, Macedonius, Eudoxius, Aetius, et
les autres hérétiques9.

Dans ce concile se trouvaient Dio-
dore 10 et Théodore11 qui parurent en-
suite comme hérétiques.

1. Socr., V, xix. — 2. xiç twv sùyevwv. — 3. Ev8ac'n.wv. — 4. Socr., V, xix, s. f. — 5. Eph., v, 11. —

6. Cette phrase détachée de son contexte est inintelligible. Il faut sans doute restituer; 1;        H ^

Ho « sur ceux qui n'ont pas été éprouvés et qui ne sont pas instruits ». C'est un aphorisme tiré
des paroles que Socrate (V, xxj) met dans la bouche de l'évèque Marcien, à propos de Sabbatius qu'il
avait ordonné prêtre; il lui fait dire : (3éXxcov yiv IV àxàvOai; xeQetxévo» ta; "/sïpaç xà; èxuxoO, ïj oxe xoùç
7tept EaêSomov si; xà upsffëuxrîp'.ov upoîêaXXsxo. Le texte est certainement altéré, car l'abrégé arménien a
bien compris : « C'est encore Melitos qui dit ceci : Il vaut mieux imposer la main sur un buisson
ou sur quelque chose de venimeux que sur les ignorants et les indignes. » Langlois, p. 139.

7. Socr., V, rx. Le texte grec est légèrement modifié dans la traduction. — 8. Ms. : « avec Phi-
lochius » ! — 9. Cf. Theod., V, îx, s. f. — 10. de Tarse. — 11. de Mopsueste.

LIVRE VIL CHAP. VIII

313

sur lesépines que sur les choses quin'ont
pas été expérimentées et examinées.

Aucune secte religieuse n'observe
exactement les mêmes coutumes1, bien
que ses membres soient d'accord dans
une même confession; et souvent, ceux
qui ont une même foi, diffèrent dans
leurs pratiques2.

Ainsi, à Rome, on jeûne seulement
avant Pâques trois semaines qu'ils ap-
pellent [néanmoins] : Teaaapay,ccTY;ç3.

D'autres commencent le jeûne sept
semaines* avant Pâques.

Ils ne diffèrent pas seulement par le
nombre des jours de jeûne, mais aussi
par le genre de nourriture.

Il y a des chrétiens qui pendant le
jeûne s'abstiennent [159] de tout ce qui a
vécu5; il y en a qui mangent seulement
des poissons; d'autres mangent, avec les
poissons, les oiseaux qu'ils considèrent
comme provenant des eaux, comme c les

noms des saints peres7 :

1. Nectarius de Constantinople.

[2 d'Egypte;;]•.

2. Timotheus d'Alexandrie9.

3. Dorotheusd'Oxyrynchus10.

[9 de Palestine : ]11.

4. Cyrillus de Jérusalem,

5. Gelasius de Césarée.

6. Macer de Jéricho.

7. Dionysius de Diospolis.

8. Priscianus de Nicopolis.

9. Saturninus de Sébaste.

10. Rufus de Baisan 12.

11. Auxentius d'Ascalon.

12. yElianus de Yamnia13.

[9 de Phénicie : ]14.

13. Zenon de Tyr.

14. Paulus de Sidon. [159]

15. Nestabus15 de 'Akko.

16. Philippus de Damas.

17. Bracchus16 de Panéas.

18. Timotheus de Berouth.

1. Ta aùxà e'ôvr). — 2. Socr., V, xxn, a. m. — 3. D'après Socrate (Zoc. cit.), il faut compléter : « A
Rome... trois semaines; mais en Illyrie, par toute l'Achaïe et à Alexandrie, ils jeûnent pendant six
semaines et appellent ce jeune quadragésimal. » Toutefois, il ajoute un peu plus loin « et ceux-ci»
bien que différant par le nombre des jours du jeûne, l'appellent cependant quadragésime ». —
4. Lire : — 5. Litt. : « de tout ce qui a en soi une âme. » — 6. Il manque quelques mots

dans le texte, qu'on peut restituer ainsi, d'après BH., Chr. eccl., I, 117 : <*so ^3 \y\~\ y»|
,.,.Ua«A ,*s ^> b£| . UX.|» |;l_9 ^oo Lx—a. Au lieu de : ba-j y*|, « comme les poissons », le texte
primitif devait porter : bkûvs y*l, xaxà tov Mwjo-la (Socr., loc. cit.; cf. Gen , r,.20).

7. La liste des Pères qui ont souscrit au Concile n'existe plus en grec. Nous possédons une double
version latine ; la première, attribuée à Denys le Petit, est connue sous le nom de vers. Vulgata.
Une autre a été éditée dans le recueil connu sous le nom de Prisca coll. Canonum (cf. Patr. Lat.,
t. LVI, col. 810 sqq.). Toutes les deux sont reproduites dans les différentes collections des Conciles.
Une traduction syriaque existe aussi dans le ms. K, vi, 4 du Musée Borgia (p. 147-150). Nous donnons
les principales variantes de ces documents. Pour faciliter les renvois, nous ajoutons des numéros
d'ordre, comme nous l'avons fait plus haut pour la liste des Pères de Nicée. — 8. Nous ajoutons ce
titre qui est dans les versions latines et dans le ms. du Musée Borgia. —- 9. Notre ms. ajoute ici le
nom de Meletius d'Antioche qui se trouve répété plus bas (n°22). — 10. Ms. Borgia : vnoaa.u»<iû!i3ol.
— 11. Ms. B. ne donne que 8 év. ; il omet le n° 8. — 12. Verss. lat. : Scythopolis. — 13. Ms. B. :
L.i*>M. — 14. Titre omis. — 15. Ms. B. : lûoaab^ao).1. — 16. Ms. B. : «^ailUa, Barakos.

I. 40

314

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

poissons.  Quelques-uns  s'abstiennent] 19.

des œufs et des fruits. [D'autres] vivent 20.

seulement de pain sec. 21.

D'autres jeûnent jusqu'à la neuvième

heure. Et comme personne ne peut 22.
donner de règle [écrite, il est clair que]

les Apôtres ont laissé à chacun de faire 23.

pénitence  librement et non  pas par 24.

crainte ou par nécessité1. 25.

Les Egyptiens et ceux qui sont dans 26.

la Thébaïde participent aux mystères 27.

après avoir mangé le pain. 28.

A Alexandrie, le mercredi et le ven- 29.

dredi, on lit les Ecritures et on les in- 30.

terprète. 31.

En Thessalie, celui qui est devenu

clerc, étant marié, ne peut plus s'appro- 32.

cher de sa femme sans être destitué. 33.

Dans les contrées d'Orient, on laisse 34.
chacun libre,  même  les  évêques, de

garder la continence s'ils le veulent; 35.

mais ils ne font point cela par l'obliga- 36.

tion d'une loi; beaucoup, en effet, ont 37.

engendré des enfants, de leurs femmes 38.

légitimes, pendant le temps de leur épi- 39.
scopat.

En Thessalie, on baptise seulement 40.

pendant les jours de jeûne2; le reste du 41.

temps, ils meurent sans baptême. 42.

Basilides de Biblos.

Moqîmos d'Aradus.

Alexandros de 'Arqa.
13 de la Cœlè-Syriez :

Ignatius4, qui est Meletius d'An-
tioche.

Pelagius de Laodicée.

Acacius de Beroë, qui est Alep.

Yohannan d'Apamée.

Bizus de Séleucie.

Eusebius de Hémat.

Marcianus de Séleucobèle5.

Patrophilos de Saizar6.

Severus de Paltos7.

Flavianus8 et Elpidianus9, prêtres
d'Antioche.

Eusebius de Qennesrin10

Domnus" de Gabala.

Basilius de Raphana1'.
5 d'Arabie :

Agapius13 etBarganus14 de Bosra15,

Elpidianus16 de Dionysias.

Uranios d'Adra17.

Kilos18 de Constantina19.

Severus de Neapolisî0.
3 d'Osrhoène :

Eulogius d'Edesse.

Abraham de Batnan.

Bitus de Harran.

1. C'est le sens donné par Socr. (V, xxn). — 2. Socr. (V, xxn), d'où sont tirées toutes ces remar-
ques, dit : ev toûç r)[x£pa(; tou ITao-^â u.6vov (3ari.trouai.

3. Ms. Borgia dit : 14 de la Cœlé-Syrie, peut-être parce qu'il compte pour deux signatures le
n° 31. — 4. Le nom : Tgnatius ne se trouve ni dans le ms. B., ni dans les versions. — 5. Lire,
d'après ms. B. et verss. : acà^l^o. — 6. Verss. : Larissensis, — 7. Ms. : Plastos; ms. B. :

Ptâltos. — 8. Sic ms. B , d'accord avec les versions ; notre ms. porte : Phydios. — 9. Ms. B. : Elpid ;
versions : Elpidius.— 10. Versions : Chalcis. ~- 11. Sic ms. et versions; ms. B. : Dominus.— 12.
Ms., par transposition : Arphania; ms. B. : ^4^, Raphanôn. — 13. Sic verss. ;ms. : Agapianus;
ms. B. : laoûiaL^L : Tegapnos. — 14. Omis dans B. ; versions : Balapus, et Bagadius, qui est la le-
çon correcte. — 15. Ms. : Baloustra. Ms. B., correct. : i^03' — 16- Vers, et ms. B. : Elpidius.
— 17. Ms. : Adrios; ms. B. : Adaradas.— 18. Ms. B : Vers. : Chilon, Cilum. — 19. Verss. :

Constantines, Constantiensis, Constantiniensis. — 20. Sic vers.; ms. : Neôphilos; ms. B. : Aspôléôs.

LIVRE VIL CHAP. VIII

315

Dans l'église d'Antioche, la position
de l'autel diffère; beaucoup sont fixés
vers l'occident.

A Césarée de Cappadoce et à Chypre,
le samedi et le dimanche, les prêtres et
les évêques interprètent les Ecritures,
à la lueur des lampes l.

A Alexandrie, jamais un prêtre ne
prêche dans l'église ; [160] et cela a com-
mencé du moment où [Arius] a troublé
l'Eglise2.

A Rome, on jeûne le samedi3.

En Cappadoce, on éloigne de la com-
munion* quiconque a péché après le
baptême.

Dans la lettre des Apôtresqui se trouve
dans les Actes, il est écrit5 : « Il a plu
au Saint-Esprit et à nous de ne pas vous
imposer de fardeau en dehors de ce dont
vous devez nécessairement vous abste-
nir, c'est-à-dire : de ce qui a été sacrifié
[aux idoles], du sang, des animaux
étouffés et de la fornication. »

A cette époque, Marcellus, évêque
d'Apamée, renversa pour la première
fois les temples des idoles8 ; car les em-

3 de Mésopotamie :

43. Mara d'Amid.

44. Battis de Tell-Mauzelat7.

45. Jobianus8 de Himérion9.

5 d'Augusta*" [Euphratesia] :

46. Theodotus de Mabboug.

47. Antiochus de Samosate.

48. Isidorus11 de Cyrrhus.

49. Jobianus de Perrhé12.

50. Mârîs de Doliché.

8 de Cilicie :

51. Diodorus de Tarse.

52. Cyriacus d'Adana.

53. Hesychius d'Epiphania.

54. Germanus15 de Corycus.

55. Aerius de Zephyrion.

56. Philomusus'4 de Pompeiopolis.

57. Olympius de Mopsueste15. [160]

58. Theophilus d'AIexandrette.

6 de Cappadoce :

59. Helladius de Césarée.

60. Gregorius de Nysse.

61. Aetherius'8 de Tyane.

62. Bosphorius de Colonia.

63. Olympius de Parnassus".

64. Gregorius de Naziance.

1. A l'office du Lucernaire ; ¦ne.pX èo-Ttâpocv, xa-à Tr)ç Xuxv*4''aÇ (Socr., V, xxn). — 2. Rest. : U=l

i*oao|». BH., Chr. eccl., 1,122, dit plus explicitement « depuis qu'Arius, qui était prêtre,
troubla l'Eglise », mais la lacune n'est que d'un mot dans notre ms. — 3. Sic, d'après Socrate
(loc. cit.). —4. On excommunie : ê?w9oû<Ti tri; xotviovsaç. — 5. Act., xv, 28. — 6. Theod., V, xxr.

7. Ms. B. : Hj L[s>, Bât de Telia; verss. : Batenus Constantines¦ Bathes Constantinianensis. —
8. Ms. : Euïochianus (pour Jobianus). Ms. B. : l-usaj; restituer: \i^cu — Jobianus ou Jobinus, qui
se lisent dans les versions. — 9. Ms. : Amarîn (ou Amarion); ms. B. : <*ooL»»l. — 10. Rest. :
V^eoa^ol. — 11. Ms. B.,correctement : ia>0>o,^*l. — 12. Verss.: Perriensis; Pennensis; Pellensis.
—13. Rest.: iaoa*i-boj|.^. — 14. Lire ainsi d'après le ms. B., d'accord avec les versions : ^aaacaae^â;
notre ms. porte Philomédos. —15. Notre ms. porte : Olympius d'AIexandrette et Theophilus d'Arna ;
vers. Vulg. : Olympius Mopsuestiensis, Philomusus Alexandrinus per Alypium presbyterum ;
Prisca : Olympius Monsiestas, Theophilus Alexandriae per Alipium presb. Le ms. B. porte égale-
ment Olympius de Mopsueste, et il omet le nom suivant, bien qu'il indiquât aussi 8 év. pour la Ci-
licie.— 16. Sic verss. et ms. B. : ¦^>a*i|i.!. —17. Verss. : Pkarnasiensis, Parnasi; ms. B. : ix»aaob|il3.

316

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

pereurs chrétiens, bien qu'ils eussent
aboli le culte des faux dieux, n'avaient
point renversé leurs temples. Il voulut
renverser le temple de Zeus, mais il vit
que la construction1 était solide, et il
pensa qu'il était impossible de détruire
sa masse dont les pierres étaient fort
grandes et reliées avec du plomb. Il de-
manda à Dieu de lui faire connaître un
moyen. Un homme qui n'était pas
ouvrier*, mais qui avait l'habitude de
porter les pierres et le bois, vint de
lui-même trouver l'évèque et lui promit
de le renverser. L'évèque lui donna le
salaire de deux ouvriers. Il y avait des
quatre côtés un portique supporté par
de grandes colonnes, qui égalaient3
le temple en hauteur; le tour de chacune
d'elles était de seize coudées, et la nature
de la pierre était très dure : elle ne
cédait pas sous le fer. Cet homme creusa
[161] autour de chacune d'elles, et plaça
dessous des bois oléagineux4. Dès qu'il
y mit le feu, un démon apparut sous la
forme d'un homme noir qui éteignait le
feu. Ayant fait connaître la chose à
l'évèque, celui-ci prit de l'eau, la plaça

3 de la Petite-Arménie* :

65. Otreius de Mélitène.

66. Otreius d'Arabissus.

67. Janus de Zebnos (?)6.

11 d'Isa u rie :

68. Symposius de Séleucie.

69. Montanus de Claudiopolis, par

Paulus, prêtre.

70. Philotheus d'Irénopolis7.

71. Hipistius8 de Philadelphie9.

72. Musonius10 de Célendéris11.

73. Marinus de Dalissande1*.

74. Theodorus13 d'Antioche.

75. Artemius14 de Titi[opolis].

76. Léon15 de Sélinonte14.

77. Montanus de Néocésarée.

78. Eusebius d'Olbé17.

4 de Chypre11 :

79. Julius de Paphos.

80. Theopropus19 de Trémithonte *°.

81. [Tichon de Tamasus.

82. Mnemius de Cition]51.

10 de Pamphylie :

83. Troilus de agivn**.

84. Longinus** de Colybrassus*4.

85. Th eodulus de Coracesion.

86. Hesychius de Cotenna *".

1. «i*^. — 2. Ux>o', litt. : artisan; spécialement : architecte. Theod. dit : xi;... oy'xe oîxoSôfioçi

otfxe Xi8ox6|ao;, o-jte aXXviv xeva £Ttco-xâ[j.svoç tI-/vy]v. — 3. Litt. : « filles de la mesure du temple ». _

4. Litt. : « du bois d'huile » ou « d'olivier », traduction de : ÇûXot; èXaeîvoiç.

5". Vulg. et ms. B : 2; la prisca omet cette province. — 6. Ce nom ne se lit pas ailleurs (Zela ?).
7. Sic mss. et Vulgata Concil. ; Prisca : Hierapolitanus. — 8. Sic Vulg.; Prisca : Pislus; ms. B. :
mool£«w>*9o\ — 9. Rest. : — 10. Rest. : ^oa^oaso. — 11. Ms. : Cenderis; ms. B :'^>*ipUx5.

— 12. Ms. : Dalisantos, ms. B. : im0j*oà^»l. — 13. Sic mss., versions : Theodosius. — 14. Ms.
B. : .«oa^o^l, d'accord avec les vers.; ms. : Artemis. — 15. Ms. B: ^U, leon ;Vulg. : Neon; Prisca :
Neu. — 16. Ms. B : ma^ax^l**. — 17. Ms. : Laqahî; ms. B. : ra-adV — 18. Notre ms. ne donne
que les deux premiers. — 19. Sic ms. ; Vulg. : Theopompus. — 20. Ms. B. : ^od^ato^i^u^ • ms< .
Tremias. — 21. Sic versions et ms. B. : 'eadat^j (-^U,) et : ^a*£uo* uxwoIjUo. — 22. Vulg. :

Geonensis; Prisca : Aegeon; ms. B. : •*»û)k%ÎJl (Laginal cf. Or. Christ., I, 1032). — 23. Sic
verss. et cod. B. : ^cu.^û\. — 24. Ms. B. : «aoox>|>a\co. Vulg. ; Collobracensis ; Prisca : Coli-
barsu. — 25. Ms. B. ; so4£,o ; Vulg. ; Commacensis ; Prisca : Cotenu, Contenensis.

LIVRE VIL CHAP. VIII

317

sous l'autel et pria, demandant à Notre-
Seigneur de dissiper et d'anéantir la
force des démons pour que les fidèles
n'en éprouvassent point de dommage.
Puis, ayant fait le signe de la croix sur
l'eau, [il envoya]1 un diacre nommé
Aqoustios* pour asperger d'eau le bois,
lorsque le feu y serait mis. Le démon
s'enfuit en poussant des cris, et le
feu dévora l'eau comme de l'huile. Les
colonnes tombèrent contre le temple
et l'écrasèrent. Le bruit de sa chute
fit trembler toute la ville et tout le
pays. — Il détruisit ensuite les autres
temples.

A cette époque, tandis que Théophile
d'Alexandrie démolissait les temples
des idoles3, on reconnut que les païens
faisaient des idoles d'airain et de bois,
qui étaient creuses a l'intérieur et qu'ils
dressaient contre les parois; les prêtres
entraient et se plaçaient* dedans, par-
laient, prescrivaient tout ce qu'ils vou-
laient et trompaient ainsi beaucoup de
gens.

Quand il monta au temple de Sérapis,

87. Gaïus de Lyrbé.

88. Tucsianus5 de Cassœ6.

89. Midus depifurs1.

90. Héraclides de Tichus (?)8.

91. Theodulus de Syllion9.

92. Pammenius d'Ariassus10.

13 de [Lycaonie] :

93. Amphilochius d'Iconium.

94. Cyrillus de Homanade11.

95. Aristophanius12 de Sopatra13.

96. Paulus de Lystra.

97. Inzus de Corna14.

98. [Darius de Misthia (?)]15.

99. Leontius de Perta16.

100. [Theodosius de Hyde]17.

101. Eustratius18 de Canna19.

102. Daphnus de Derbé.

103. Eugenius de pfsla20.

104. Illyrius21 d'Isaura. [161]

105. Severus d'Amblades22.

15 de Pisidie :

106. Optimus23 d'Antioche.

107. Themistius24 d'Adrianopolis 2S.

108. Attalus de Prostama26.

109. Ananius d'Adada27.

110. Paustus28 de Limenae29.

1. Suppl.: j»».— 2. 'Exvuoç, Equitius, — 3. Theod., V, xxn. — 4. Lire : ^=^*;litt. :« siégeaient ».

5. Sic verss.; ms. B. : »aoa)Loo|a^,. — 6. Ms. B. : vQm.o. Verss. : Casso. — 7. Ms. B. : u»ob$a9;
rest. : Pednelissus (?). Verss. : Panentu, Pentenessensis. — 8. Ms. B. : vaa^,. Verss. : Thi-

cusitanus, Tituensis. — 9. Verss. : Sialu, Silviensis. — J0. Ms. B. : vooam^,^ Verss. : Ariasto,
Ariassensis. — 11. Ms. B. : xo*Uoo. — 12. Verss. : Aristophanes ; ms. B. : ioooIjSû&^jI. — 13. Ms.
B. : ^p^iSaco; verss. : Supatru; Sobarensis, (SôaTpa?). — 14. Ms. B. : ^eu^aû; verss. : Corinum ;
Cotnensis. — 15. Omis; ms, B. : s!^ûoax>» .aoa.»|». Vulg. : Mystiensis; Prisca : Mistise, lnistiœ. —
16. Ms. : Parata; ms. B. : ; verss. : Pertun; Pergensis. — 17. Omis ; ms. B : ieo<w»o»U

iûûooocm». Vulg. : Hydensis ; Prisca : Idisenus, Sidis. — 18. Sic mss. ; verss. : Eustracius, Eu-
stathius. — 19. Ms. B. : sOjba ; verss. : Cannensis ; Cannuensis. — 20. Ms. B. : ^baoo^; verss. :
Posadum, Paspanensis. — 21. Prisca : Iluarius. — 22. Sic verss. et ms. B. ; ^jUasol. — 23. Ms.
B. : >ûoa^o.^.9o| ; verss. : Optimus, Optimius. — 24. Ms. B. : Uogsmoo|L; verss. : Temistius ; Theu-
mistius. — 25. Rest. : usaà.û9aL.»>|. — 26. Ms. B. : ^L^ûoc^ ; verss. : Prostamensis; Prostadum.
— 27. Ms. : Alada ; ms. B. : ^1»! ; verss. : Adadun; Adadensis. — 28. Sic verss.; ms. : Prostos ;
ms. B. : •oo.'jX^.bùclS, — 29. M. B. : ,oj'se»}\. Vulg. : Lirinensis ; Prisca : Limenum.

318

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

qui est le plus grand de tous leurs
dieux, les païens répandirent le bruit
que si quelqu'un s'en approchait la terre
tremblerait et tout l'univers périrait.
Mais, ayant méprisé leurs fables, il
ordonna [à quelqu'un qui avait une
hache1] de frapper la tête de [Sérapis].
Aussitôt, il sortit de l'intérieur une
multitude de rats*. L'idole fut brisée •
on la jeta au feu et on promena sa tète
par les rues.

A cette époque3, Telemachus, moine
d'Orient, alla à Rome. Il entra dans le
stade*, et voulait faire cesser le combat
et l'effusion du sang. Les spectateurs
qui étaient dans le théâtre se mirent en
colère et lapidèrent le chaste moine. — A
cause de cela, l'empereur abolit ce spec-
tacle détestable et fit ranger le chaste
moine Telemachus au nombre des mar-
tyrs.

A cette époque, le Nil ne déborda pas

111. Iwanis5 de Sagalassus6.

112. Callinicus ' de pmndrvs*.

113. Eustathius de Metropolis.

114. Patricius de priqi9.

115. Lucius de Neapolis.

116. Lollianus10 de Sozopolîs11, [par

Simplicius, prêtre].

117. Tyranus12, d'Amorium 13.

118. Auxenon14, prêtre d'Apamée.

119. Eulalius15, prêtre de Qônâna (?)16.

120. Theosebius17 de Philomelion18,
par la main19 du prêtre Bassus20.

9 de Lycie :
(Pontos de Polemoniakos)21.

121. Tatianus22 de Myra.

122. Ponios de Chôma23.

123. Eudimus24 de Patara.

124. Patricius [de Œnoanda25.

125. Lupicinus] de Limyra26.

126. Macedon de Xanthus27.

127. Romanus de Phaselis28.

128. Hermeus de Bubona29.

1. Suppléer ainsi d'après Theod. : èxéXevffE Tivt ¦rcÉXsxuv ë^ovxt 7taÏ3-at npoOvaw; tov 2âpx7uv. —
2. Suppl. : IjJLoa:^ U^aas. — 3. Theod., V, xxvi. Au commencement du règne d'Honorius. —
4. to ffxâôiov.

5. Prisca : Johannes ; peut-être : «coa-io.; Vulg. ; Jonius, Joninus ; ms. B. : «oa-wa..— 6. Ms. B. :
^a/sn^lHao. —7. Rest. : laoacui^o • ms. B : moai^^ verss. : Calenius, Calenicus. — 8. Prisca : Thy-
madum, Thymandum; Vulg. : Podaliensis ; ms. B. : ^p^MaB. — 9. Verss. ; Parlaliensis ; Par-
laxit; ms. B. : .^1^ (Parlais 1). — 10. Ms. B. : Julius; Verss. : Longianus. — 11. Sic
verss. et ms. B. : iûaà.a9oiaa>. Ce dernier ajoute : t*-*o ieoa.uxii>a*iûo H=>, « par Siniplicianus (verss. :
Symplicius), prêtre ». — 12. Verss. et ms. B. ajoutent : « prêtre ». — 13. Ms. : Myrinos; ms. B. :
s^u^oot; verss. : Amurinus; Amorii. — 14. Verss. : Auxanon, Auxanius. — 15. Sic mss.; verss. :
Ilelladius, Ellalius, Eulalius. — 16. Ms. B. : ^sUoû; verss. : Comanensis; Cunamen. — 17. Sic
ms.B. et verss. ; ms. : Eusebius. — 18. Ms. B. : xdYtx>a^3. — 19. Rest. : |,.| r=(?). —20. Lire : taoama ;
ms. B. : ^a. — 21. C'est le nom de la province qui doit être placé d'après les versions et le
ms. B., avant le n» 147. — 22. Ms. B. : Titus. — 23. Versions : Pionius Comasensis, Comatis; ms.
B. : *ma.£,l.*saa* vt»aua9. — 24. Ms. : Eurimus. Rest. : ua>ûsa.»ol, d'après les verss. et le ms. B. —
25. Notre ms. a passé ici une ligne; ms. B. : ^p^l-'ol ; Prisca: Inomandum, Tromardum ; Vulg. :
OEnoandensis.— 26. Ms. : Dîmoura ;ms. B. : ^laxio, ^auû^SoX Verss. : Limerum, Limyrensis. —
27. Mss. : Ksandon; Vulg. : Xanthensis; Prisca : Scindun, var. : Sindon. — 28. Ms. : Pisilis;
ms. B. : iûoaMao).3; Prisca : Pasilidun; Vulg., par erreur : Bibonensis, — 29. Ms. : Bybaya ; ms.
B. : vOijjaaaa; Prisca : Bubuteun; Vulg. : Bibonensis.

LIVRE VII. CHAP. VIII

319

selon sa coutume. Les païens s'en réjoui-
rent, disant que le cours du fleuve avait
été empêchéparce que [162] les sacrifices
[en l'honneur] des dieux avaient cessé*
Mais l'empereur se moqua d'eux *.

A cette époque, on découvrit les os-
sements des deux prophètes Habacuc et
Michée. Ils étaient à côté d'Eleuthero-
polis de Palestine. Ils furent découverts
par suite d'une révélation faite à l'évêque
de cette ville8.

A Jérusalem , du temps de l'évêque
Jean , on trouva le corps de saint
Etienne.

A cette époque, une grêle violente
tomba à Constantinople pendant deux
jours, et on vit une comète pendant
vingt jours3.

A cette époque brillait en Egypte le
moine Jean *. —L'empereur, ayant appris
la mort de Valentinien et la révolte
d'Eugenius, envoya consulter Jean le
Voyant, qui fit répondre ce qui lui avait
été révélé au sujet des choses qui de-
vaient arriver a l'empereur, en disant :

129. [Theantimus d'Araxa]5.

2 de Phrygie8 :

130. Bitos'de Primnessus8.
(Paphi de Pacatini)9.

131. Euxanianus10d'Eucarpia.

2 de la Phrygie"IP:

132. Nectarius d'Apia12.

133. Theodorus d'Eumenia 13.

2 de Carie :

134. Theodosius14 d'Aphrodisias.

135. Leontius de Cibyra.

5 de Bithynie :

136. Euphrasius de Nicomédie.

137. Dorotheus de Nicée.

138. Olympius de Néocésarée.

139. Theodulus de Chalcédoine.

140. Eustathius15 de Pruse16.

1 du Pont d'Amasia :

141. Pansophius17 d'Iborœa18.

1 de Mœsie :

142. Martyrius [de Marcianopolis]

3 de Scythie :

143. Terentius20 de Tomé21.

144. zEtherius de Chersonesus22.

145. Sebastianus23 d'Anchialus24.

1. Cf. Sozom., VII, xx. — 2. Appelé Zebennus ; cf. Sozom., VII, xxix. — 3. Probablement tiré
de la partie mutilée de Jacques d'Edesse. — 4. Cf. Jac. Edess., ad ann. 69.

5. Ce nom est omis dans le ms. ; ms. b. : «aooi»3|$|» icoai^goo'Z. ; Prisca : Thantianus; Vulg. :
Theantimus Araxensis. — 6. Ms. : 4 ; ms. b. et verss. : Phrygise Salutaris. — 7. Vitus. — 8. Ms. :
Pirminisus. — 9. C'est le titre : Phrygia Pacatiana qui a été déplacé et pris pour un nom
d'évêque ; cf. ci-après, n. 11. — 10. Vulg. : Euxamamus ; Prisca: Eusanius, d'accord avec ms. b. :
u»oLj-ûooI. — 11. Ms. b. et versions : Phrygise Pacatianse. — 12. Ms. b. : >*oU3| ; Prisca ; Appias;
Vulg. : Apirensis. — 13. Les versions ajoutent ; per Profuturum presbyterum; ms. b. ;
[a*ao >no»û^û9o;3 . — 14. Ms. b. : Eudochius; Vulg. : Eudoxius; Prisca : Hecdicius, Edicius. —
15. 5icms, b. et Prisca; Vulg. : Eustasius. — 16. Ms. b. : ^o3'. — 17. Vulg. : Pansophius,
var. : Pantophilus, Pasiphilus. — 18. Ms. : Ikouda; rest. : !»aa»l ; ms. b. : ^pja:^.©*. Vers. Vulg. :
Iberorum; Prisca : Ilibero, var. Hiberonus. — 19. Le nom du siège est omis dans notre ms. ; sic
d'après ms. b. et versions. — 20. Sic etiam Prisca; Vulg. : Gerontius, var. : Tarentius; ms.
b. : u»a^|j»|.^. — 21. Ms. b : so»a>Uoa^,; Vulg. : Tomensis; Prisca : Tomeun. — 22. Prisca : Cer-
sonissi ; vulg. : Tersonitanus. — 23. Sic ms. b. et Vulg.; Prisca : Sebastenus, var. : Sebastinus. —
24. Ms. : Nechilos; rest. : usoàvaii.

320

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

« La première bataille aura lieu sans 2 cTEspagne* :

effusion de sang. » Il prophétisa qu'il 146. Agrius 4 de Himimontion3.

remporterait la victoire dans la seconde *. [1 du Pont Polémoniaque]6 :

11 lui fit aussi connaître [l'époque de] sa 147. Atarbius7, par Aqyllos8, lecteur,

mort2, Ces cent cinquante évêques réunis dans

l'Esprit-Saint confirmèrent la confession
orthodoxe9.

Lespartisans de Macedonius, ayantété
requis par les Pères de recevoir la foi de Nicée,. firent frauduleusement et hypocri-
tement un libelle10; c'est pourquoi ils furent tournés en dérision par tout le monde.

Nectaire, qui fut archevêque de Constantinople, était originaire de Tarse ll, et
excellent par ses œuvres ; il exerçait la charge de préteur.

Après le synode, Flavianus fut ordonné pour Antioche, à la place de Meletius,
alors que Paulinus était encore vivant. A cause de cela, il y eut de nouveau du trouble
à Antioche ; car, les uns voulaient Paulinus 12, tels autres Flavianus.

Timothée d'Alexandrie mourut et Théophile lui succéda, pendant 28 ans13.

Celui-ci demanda à l'empereur de détruire le temple des idoles d'Alexandrie. Il
détruisit le [162] [temple de Sérapis, et fit promener par la ville] les honteux sym-
boles14 [des païens].

Théophile ayant dévoilé leurs infâmes mystères, les païens s'irritèrent et massa-
crèrent une multitude de chrétiens. L'empereur ordonna alors de mettre à mort les
assassins et de détruire tous les temples des idoles dans toute l'Egypte. — On y trouva
des lettres en forme de croix15. Alors beaucoup de païens crurent et reçurent le bap-
tême.

1. Theod., V, xxr. — 2. Cf. Sozom., VII, xxn, s. f.

3. Ms. B. et verss. ; 1 d'Espagne. — 4. Sic versions; ms. B. : moooL^I, Agarius, — 5. Sic
d'après ms. B. : vau^avi.sow ; ms. : Dimitos ; vers. Vulg. : Immontinensis, var. : Lamitinensis,
Ymimontis ; Prisca : Ymimontu, Yminontu, lmmoenuntu. — 6. Les vers, et le ms. B. s'accordent
pour mettre ici ce titre que nous avons rencontré plus haut. (cf. p. 318, note 21). — 7, Les deux
versions portent ce nom sans indication de siège. Ms. B. : maais*;^', Antribanos, aussi sans
indication de siège. Dans notre ms. il y a : Agrispania d'Atarbios ; mais le premier nom est la
répétition fautive du titre : Hispania, de la ligne supérieure. — 8. Ce nom fourni par notre
ms. répondrait au latin : Aquila, 'AxjXocî; mais vu le redoublement de l, la leçon paraît fautive;
ms. B. : uaaai^oo^, Elicianus ; vers. Prisca : per Cyrillum; Vulg. : per Cylum. — 9. V. la lettre
synodale dans Theod., V, ix. — 10. Restituer : Cf. Socr., V, x. Ms. : Libanon. — 11. Cf.

Sozom., VII, vm; Socrate (V, vrn) dit seulement : « il était de race sénatoriale », o-yyxXrjTcxoy
y.sv ysvovç. — 12. Ms. Paulus. Cf. Socr., V, ix. — 13. Jac. Edess., ad ann. 59 : a pendant 27 ans.» —
14. Il manque ici quelques mots. Tout le paragraphe est traduit de Socrate, V, xvi. Voici le passage
dont la traduction est mutilée : àvaxaQaîpst [asv xb MiQps/ïov • xaxxarlyEt 8è xb Sapanetov ¦ xa\ xà fièv xoO Mi-
6peto-j çovixà [luaxvîpix SïjpLociia im\Litz\iz • xà ôs xoO Saparaooç xa\ xwv aXXwv, yéXwxo; eSecxvu (J.s<rxà, xoùç çaXXouç
cplpeaôat xsXe-jaa; -ôià [asuïî; x?,? àyopà;.— 15. Socr., V, xvit.

LIVRE VIL CHAP. IX

321

L'empereur Théodose ordonna que les idoles d'Alexandrie fussent fondues et dis-
tribuées aux pauvres1. — Cet empereur fit aussi une loi pour qu'une femme ne de-
vienne pas diaconesse avant l'âge de soixante-dix ans. — Il chassa Eunomius en exil;
parce qu'il tenait des réunions et séduisait beaucoup de gens* ; celui-ci mourut en exil.

Cyrille de Jérusalem mourut après [avoir été évêque] 21 ans, et après lui vint Jean,
pendant 22 ans3.

A Edesse, après Eulogius4, le 25° évêque fut Qoura5; ensuite Silvanus 8, pendant
2 ans; puis le 27e: Paqîda 7, et après lui : Diogenes8; après ceux-ci [vint] Rabboula9.

A Antioche ie, on ne permit pas h Flavianus de gouverner seul, et parce que lui-
même n'avait point consenti à ce que Meletius gouvernât seul. Cela causa de l'inimitié
aux Romains et aux Égyptiens contre les Orientaux. C'est pourquoi, avant de mourir,
Paulinus imposa les mains à Evagrius et l'institua à sa place, irrégulièrement; car
les canons prescrivent que l'ordination d'un évêque ne se fasse point sans la présence
de trois autres. Or, Paulinus ordonna seul Evagrius. Les Romains et les Egyptiens
soutenaient Evagrius par la violence. Ils molestaient l'empereur à cause de Flavianus.
L'empereur fit venir celui-ci à Constantinople afin qu'il allât à Rome.Comme on était en
hiver, il n'y alla point, mais il dit : « J'irai au mois de nisan (avril) » ; et il retourna à An-
tioche. Ils excitèrent de nouveau l'empereur qui le fit venir une seconde fois. Il dit à
l'empereur : « Si ceux qui m'accusent disent que mes actions ne sont pas dignes du
rang auquel j'ai été élevé, je les ferai mes juges et j'accepte leur sentence; mais si
c'est pour le siège qu'ils luttent, je ne soutiendrai pas la lutte : je me retire; donne
le siège d'Antioche à qui tu voudras. » L'empereur l'admira et lui ordonna de re-
tourner h sa ville. — Quand l'empereur alla à Rome, il y eut une sédition contre lui,
parce qu'il n'avait pas chassé Flavianus. Flavianus, en apprenant cela, envoya à Rome
Acacius d'Alep, qui rétablit la paix, grâce à l'empereur. De la sorte les Egyptiens
furent aussi pacifiés1'.

CHAPITRE IX. — [*63] De l'époque de la fin de la vie de l'empereur Théodose.
En l'an 13 de Théodose, il fît proclamer empereur d'Orient son fils Arcadiusl2.

1. Socr,, V, xvi. — 2. Socr., V, xx. — 3. Cf. Socr., V, xv, s. f. — 4. Chr. edess., no xxxvu :
« Eulogius mourut le vendredi saint de l'an 698 » (23 avril 387). Cf. p. 309. — 5. Jac. Edess., ad
ann. 60; Chr. edess., n» xli : « Mar Qoura mourut le 22 de tamouz de l'an 707 « (22 juill. 396).
Cf. p. 204. — 6. Chr. edess., n° xlii : « Silvanus devint évêque d'Edesse en 708 » (396) ; n° xliu :
« Silvanus mourut le 17 de tisri 1er <je l'an 710 » (oct. 398). — 7. Jac. Edess., ad ann. 78 ; Chron.
edess., n" xliv *. « Paqîda devint évêque d'Edesse le 23 de tisri II » (de Tan 710 = nov. 398). —
8. Chr. edess. : n« xlix : « Paqîda mourut le 1er de 'ab de l'an 720 » (août 409) ; n° xlviiî : « Diogenes
devint év. d'Edesse en l'an 720. » — 9. Chr. edess., n° li : « Rabboula devint év. d'Edesse en l'an
723. » Cf. p. 204. Voir la vie de Rabboula éditée par Overbeck, S. Ephrsemi.... opéra selecta, p. 160;
et réimprimée par Bedjan, Acta Mart., IV, 396. — 10. Theod., V, xxur. —11. C'est-à-dire : revin-
rent àl'union avec les Antiochéniens ». Theod., V, Xxrti. 12. Socr., V, x; Jac. Edess., ad ann. 58.
I. 41

322

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

Alors Eugenius et Arbogastus séduisirent un eunuque de Valentinien et lui
firent étrangler son empereur — En apprenant cela, Théodose craignit : il se
hâta d'instituer empereur d'Occident son fils le plus jeune, Honorius, et marcha
contre le tyran*. — Comme ceux qui l'accompagnaient étaient en petitnombre, et
que les gens du tyran étaient nombreux, on conseillait à l'empereur d'attendre
que les armées aient été rassemblées. Mais il mit sa confiance dans la Croix.
Il entra dans une caverne de la montagne et passa toute la nuit [en prière] et en
pleurs. A l'aurore il s'endormit et vit Jean l'évangéliste avec Philippe le prédi-
cateur8, vêtus de blanc et montés sur des chevaux blancs, qui lui disaient : « Nous
sommes venus à ton aide, ne crains pas. » Un des soldats eut la même vision et
le fit savoir à l'empereur. Quand le combat fut engagé, comme le parti de l'em-
pereur était sur le point de succomber, il se jeta la face contre terre, en prière;
et aussitôt un vent violent souffla, qui faisait retourner contre les partisans
d'Eugenius leurs propres traits et la poussière de la terre4. Les Barbares, voyant
qu'ils étaient vaincus, poussèrent des clameurs et demandèrent le pardon5.
L'empereur leur commanda de lui amener le tyran. Ils coururent le saisir, le
lui amenèrent enchaîné et le tuèrent. Arbogastus se fit périr6 lui-même. —
Ces choses eurent lieu sous le 3e consulat d'Arcadius et le 1er d'Honorius7.

Ensuite l'empereur retourna jusqu'à Milan, où, par suite de la fatigue de la
guerre, il tomba malade et mourut. — Il vécut 60 ans et régna 16 ans et 8 mois8.
Il mourut le 8 de kanoun II (janvier).

En Perse, commença à régner Varahran Gêrmansâh, fils de Sabhour le Grand,
et frère d'Ardasîr et de Sabhour9. — Ce Varahran régna 10 ans et 11 mois. —
Fin.

[163] A cette époque florissaient par la doctrine Amphilochius d'Iconium, Am-
brosius de Milan, Optimus d'Antioche de Pisidie et Diodorus de Tarse10.

Jean Chrysostome était encore simple prêtre. Il fit des discours de blâme contre
ceux qui avaient outragé l'image de l'impératrice11.

1. Socr., V, xxv. — 2. Sock., loc. cit. — 3. Le texte grec (Theod., V, xxiv) dit : <i>c).ni7tov tbv
'Atiocttoaûv ; mais notre auteur paraît l'entendre de Philippe l'un des soixante-dix disciples. — 4. Cf.
les deux récits de Socr., V, xxv et de Theod., V, xxiv. — 5. Le traducteur syriaque semble n'avoir
pas compris le texte de Socrate qu'il résume ici en le combinant avec celui de Théodoret; il a
confondu les rebelles avec les Barbares qui combattaient pour l'empereur comme auxiliaires. —
6. Le verbe employé ici signifie proprement « suffoquer » par strangulation ou immersion. Socrate
(loc. cit.) dit qu'il se tua par le glaive. —- 7. Socr., V, xxv, s. f. — 8. Sock., V, xxvr. — 9. Jac
Edess., ad ann. 59.

10. Jac. Edess., ad ann. 58. — 11. Allusion aux homélies dites des statues (Patr. Gr., XLIX,
15-122), adressées au peuple d'Antioche, en l'an 387, à la suite de la sédition dans laquelle les
statues de Théodose et de Flaccilla avaient été renversées et outragées. Cf. Theod., V, xx;
Sozom., VII, xxnr.

LIVRE VIL CHAP. IX

323

Amphilochius vint trouver l'empereur et lui demanda de chasser les hérétiques1;
mais il n'y consentit point, et dit : « Cela n'est pas charitable. » —Un jour, Amphi-
lochius entra chez l'empereur et présenta ses salutations2 à l'empereur seul, sans
saluer son fils qui avait été proclamé empereur. L'empereur pensa que l'évêque
oubliait et il lui dit : « Approche et baise-le. » L'évêque répondit : « Il suffit de te
rendre honneur. » Alors l'empereur fut très irrité. Mais Amphilochius fit connaître
le but de ce qui avait eu lieu. Il dit a l'empereur : « Si toi, qui es un homme, tu te
trouves offensé de ce que ton fils est méprisé, à combien plus forte raison Dieu a-t-il
horreur de ceux qui blasphèment contre son Fils. » En entendant cela, l'empereur
accueillit les paroles d'Amphilochius et ordonna aussitôt de faire cesser les assem-
blées des hérétiques.

Fin du septième Livre quiembrasseVespace de 84 ans, depuis le commencement
du règne de Constantin le Victorieux, jusqu'à la dernière année de la vie de Vem-
pereur Théodose, qui est Van 5901 depuis Adam.

1. Theod., V, xvi. — 2. Litt. : « adora ».

Famille d'Hérode (a) (voir page 140, n. 1).

(1) ANTIPATER (Antipas), gouverneur d'Idumée.
I

(2) ANTIPATER, épouse Cypros (une Arabe).

I

(3) PHASAËL.

(4) HERODES LE GRAND
qui épouse :

(5) JOSEPH
I

(23) Joseph
ép. : Olympias (1"
I

(32) Mariamne

(6) PHERORAS.

(7) SALOME
ép. : 1° Joseph ;
2° Costabarus; 3° Alexas

!

(24) Bérénice

I 1° Doris ;   2° Mariamne,   3° Mariamne, 4° Malthace,      5° Cléopatra     6° Pallas;   1° Phaedra;   8° Elpis;    9°N...;  10° N.
petite-fille       fille de Simon, samaritaine ;     de Jérusalem ;
d'Hyrcan ;        grand-prêtre ;

(20) Phasaël  (21) Roxana   (22) Salome

(9) Antipater.

(8) Phasaël
ép. : Salampsio (12)

Antipater
Herodes
Alexander
Alexandra
(33) Cypros.

(18) Herodes

(19) Philippus
ép. Salome (31)

(14) Herodes (Philippus)        (15) Antipas

ép. : Herodias (28) ép. : 1° fille d'Arétas
| 2° Herodias (23)

(31) Salome

(16) Archelaiis
ép. : Glaphyra,
veuve d'Alexander (11)

(17) Olympias

I                               I I

(10) Aristobulus              (11) Alexander (12) Salampsio

ép. : Bérénice (24)      ép. : Glaphyra, fille ép. : Phasaël (8)
d'Archelaiis, r. de Cappadoce

(13) Cypros
ép. : Antipater

(25) Herodes

ép. : Mariamne (32)

I  et Bérénice (38)
I

(26) Aristobulus
ép. : lstapa (47)

(35) Jotape

(27) Agrippa
ép. : Cypros (33)

I

(28) Herodias

I

(29) Alexander

(34) Aristobule
ép. Salome (21)

(30) Tigranes,
roi d'Arménie.

(42) Herodes

Berenicianus  Hyrcanus   (36) Agrippa   (37) Drusus   (38) Bérénice  (39) Mariamne (40) Drusilla  (41) Tigranes

ép. ; 1° Herodes (25) ép. : l°Azi7.,roi   roi d'Arménie.

2° Polémon, d'Edesse ;

j " - roi du Pont. 2° Félix;

I I I

(43) Agrippa (44) Aristobule (45) Agrippa     (46) Alexander, roi de Cilicie.

a. D'après W. Smith, Dictionary of greek and roman Diography and Mithology, et Die t. of the Bible, ?. v. Herodes. Cf. Fl. Joseph, Ant. Jud., XVIII, C, 4 ; XVII, 1,
3 ; Bell. Jud., 1, 28, 4. — d. Jos., Ant.. XIV, 1, 3. — 2. Jos., Ant., XIV, T, 3 ; mort : 33 a. C. — 3. Mort en captivité : 40 a. C. — 4. H. roi : Matth., ii, 1; Luc, v;
mort : 4 a. C. — 6. Mort : 5 a. C. — 9. Mort : 4 a. C. — 10. Mort : 6 a. C. — 15. H. tètrarque : Matth., xiv, i ; Luc, m, 1, 19 ; ix, 7 ; H. roi, Marc, vi, 14 ; mort en
exil à Lyon. — 16. Roi de Judée :4 a. C. ; mort en exil. — 17. Epouse Joseph, son cousin. — 19. Tètrarque d'Iturée. — 25. Poi de Chalcis ; mort : 48 p. C. — 27. H.
roi : Act., xir, 1 ; mort : 44 p. C. — 36. Agrippa II, roi de Chalcis; A. roi : Act., xxv, 13 ; mort : 90 p. C. — 45. Mort : 79 p. C. — 47. Princesse d'Emèse.

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Famille de Constantin (a) (voir page 205, n. 4 et page 278, n. 9).

(1) Crispus, fr. de CLAUDIUS II (et Quintilius).

Eutropius, ép. : (2) Claudia.
I I

(3) CONSTANTIUS I CHLORUS
épouse :

Eutropia,
épouse :

I

1° N...

2° MAXIMIANUS
HERCULIUS
I

1° Helena

(6) CONSTANTINUS I MAGNUS
épouse :

2» Theodora (4) MAXENTIUS (5) Fausta

Fl. Maximiana

1° Minervina

2" Fausta (5)

(13) Crispus (14) CONSTANTINUS U (15) CONSTANTIUS II (16) CONSTANS (17) Constantia (18) Constantia (19) Helena Fl.

ép. Helena      ép. N... et N...            ép. : 1° N...: ép. Olympia           épouse :     ou Constantina Maximiana

~    " 1° Hannibalianus (21)
2" Const. Gallus,

| imp.
Fl. Maxima Constantia
ép. : Gratianus, imp.

2° FL Aur. Eusebia ;
3° Maxima Faustina

ép. Julianus,
imp. (25)

ép. Cons-
tantinus (6)

("7) Constantinus

(S) Dalmatius Fl.
Hannibalianus

(9) Constantius
épouse :

1° Galla;

2° Basilina
I

(10) Constantia ou
Constantina Fl. Yaleria
ép. : Val. Licinianus
Licinius (26)
I

(27) Fl. Licinianus
_ Licinius.

(20) Dalmatius (21) Hannibalianus (22) Fils
Flavius Julius    Flavius Claudius

ép. : Constantia (17)

(23) Gallus Fl. J.
ép. Constantia. (21)
ie de Hannibalianus (17)

(24) Fille, ép. :
Constantinus II (14)

I

(25) JUL1A1NUS
(Apostata)
ép. ; Helena (19)

(11) Anastosia

épouse :
1° Bassianus Cs. ;
2" Lucius Ramius
Aconitus Oplatus
Cs.

(12) Eutropia
ép. : Popilius
Nepotianus Cs.

(28) Fl. Popilius
NEPOTIANUS

a. D'après W. Smith, Dicticnary of greek and r<mon Biography and Myihology, s. v. Constantinus. — 3. Morl en 306. — 5. Mariée en 307. — 7. Tué par Constan-
tius II. — 9. Cs. : 335 ; lue par Constantius 11. — 10. Mariée en 313. — 13. César*: 316 ; mort : 326. — 14. Né en 312 ; César : 316; emp. : 337-340. — 15. Né : 317; Cé-
sar : 326 ; emp. : 337 ; seul : 353-361. — 16. Né : 320 ; César : 333 (- 35?) ; emp. 337-350. — 20. Cs. 333. Tué par Constantin II : 339-340. — 21. Roi du Pont; massacré
avec sa famille. — 22. Tué par Constantius II : 341. — 23. Né : 325 ; César ; 34*. ; tué à Pola : 354, par Constantius II. — 25. Né : 332 (?) ; César : 335; emp. : 361 ; tué
en Perse : 363. — 26. Mort ; 328-330. — 27. Tué par Constantin I. — 28. Proclamé empereur et tué à Rome en 350.

CHRONIQUE

DE

MICHEL LE SYRIEN

PATRIARCHE JACOBITE D'ANTIOCHE

(1166-1199)

Éditée pour la première fois et traduite en français

PAR

J.-B. CHABOT

Ouvrage publié avec l'encouragement et sous le patronage de
l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

TOME PREMIER

(Fascicule I)

PARIS

ERNEST LEROUX, ÉDITEUR

28, rue bonaparte, 28

1899

PUBLICATION DE LA CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

La Chronique de Michel le Syrien formera 4 volumes in-4\

Chaque volume comprendra environ 200 pages de texte syriaque avec la
traduction correspondante.

Pour répondre aux vœux des Orientalistes, chaque volume paraîtra en
deux fascicules.

Le texte aura une pagination continue, répondant aux 777 pages du
manuscrit, de manière à pouvoir être relié à part.

L'Introduction qui fait partie du premier volume ne pourra être livrée
qu'à la fin de la publication, à cause des nombreux renvois qu'elle com-
porte aux différentes parties de l'ouvrage.

Des Tables très complètes, en syriaque et en français, seront jointes au
dernier fascicule.

PUBLICATIONS DE M. J.-B. CHABOT

Histoire de Mar Jabalaha III, patriarche nestorien, et du moine Rabban

Çauma; 1895, in-8°, pp. 278 (avec carte et planche).
Quatrième partie de la Chronique de Denys de Tell-Mahré. Texte syriaque

et traduction française; 1895, in-8°, pp. xx-247, et xlii-206.

Ces deux ouvrages ont été couronnés par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (prit Bordin).

De Santi Isaaci NinivitaB vita, scriptis et doctrina; 1892, in-8», pp. xiv-148.

La légende de Mar Bassus, martyr persan. Texte syriaque et traduction fran-
çaise; 1893, in-8°, pp. xvi-72.

Notice sur les Manuscrits syriaques conservés dans la Bibliothèque du Patriar-
cat grec-orthodoxe de Jérusalem ; 1894, in-8°, pp. 47.

Éloge du patriarche nestorien Mar Denha I". Texte syriaque et traduction
française; 1895, in-8°, pp. 32.

Pierre l'ibérien, évoque monophysite de Mayouma (Gaza) à la fin du V siècle;
1895, in-8°, pp. 32.

Notice sur les Yézidis. Texte syriaque et trad. française; 1896, in-8°, pp. 37.
Trois homélies de Froclus, évêque de Constantinople. Texte syriaque; 1896,
in-8°, pp. 22.

L'École de Nisibe, ses slatuts, son histoire; 1896, in-8°, pp. 55.

Notice sur les Manuscrits syriaques de la Bibliothèque Nationale acquis

depuis la publication du Calalogue; 1896, in-4°, pp. 19.
Le Livre de la Chasteté, composé par Jésus-denah, év. de Baçrah. Texte sy-
riaque et traduction française; 1896, in-8°, pp. 84-67.
Vie de Mar Youssef     patriarche des Chaldéens (1681-1695); in-8°, pp. 29.
Vie de Jésus-Satran, écrite par Jésus-yahb d'Adiabène. Texte syriaque avec

une Introduction; 1897, in-8°, pp. 108.
Index analytique du Recueil des Inscriptions grecques et latines de la Syrie de

Waddington; 1897, in-folio, pp. 23.
Lettre de Bar-Hébreus au catholicos Denha Pr. Texte syriaque et traduction

française; 1889, in-8°, pp. 56.
Notes dÉpigraphie et d'Archéologie orientales, fasc. I et II; 1897-1898,

in-8°, pp. 108 )avec 3 pl.).
Notice sur une Mappemonde syrienne du XIIIe siècle; 1898, in-8°, pp. 19;

— Notes complémentaires; pp. 15 (avec 2 pl.).
Lettre du catholicos Mar-Aba II aux membres de l'École patriarcale. Texte

syriaque et traduction française; 1899, in-8°, pp. 42.
Régulée monasticae, sec. vi ab Abrahamo et Dadjesu conditae. Texte syr. et trad.

latine ; 1898, in-8°, pp. 49.
Theodori Mopsuesteni Commentarius in Evangelium D. Johannis, tom. I

(textus syriacus); 1897, in-8°, pp. vui-412.
Sous presse :

Theodori Mopsuesteni, tom. II (traduction).

Vie du moine Yousef Bousnaya, traduite du syriaque.

Recueil des Synodes Nestoriens. Texte syriaque et traduct. française (dans
le tome XXXVII des Notices et Extraits des manuscrits publiés par l'Académie
des Inscriptions et Belles-Lettres).

Imp. Camis et C'e, Paris. — Section orientale A. Burdin, Angers.

LA

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN

NOTE

DE M. L'ABBÉ J.-B. CHABOT
EXTRAIT DES COMPTES RENDUS

DE L'ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET  BELLES-LETTHES

LA

CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN.

iMichcl Ier, connu sous le nom de Michel le Grand ou sim-
plement Michel le Syrien, occupa le siège patriarcal de l'Eglise
jacobite d'Antioche de l'an 11G6 à l'an 1199 de notre ère. Il
mourut le 7 novembre de cette année; il était né à Mélitène,
on 1126 Ce fut un homme très crudit et versé dans la con-
naissance des langues syriaque, arabe et arménienne; peut-
être mémo savait-il le grec. Il composa divers ouvrages litur-
giques et canoniques et aussi une vaste compilation historique
eilée sous le titre de Chronique et parfois sous celui à'Hisloire
ecclésiastique. — Cet ouvrage est une histoire générale du
monde, qui s'étend des origines à l'époque de l'auteur. Il fut
achevé en l'an 1 1 oG (2).

Tous ceu\ qui se sont occupés à un litre quelconque de
l'histoire byzantine savent, par le témoignage de différents
écrivains, quelle est l'importance de ce document. Ce qui lui
donne un intérêt particulier, c'est que, principalement pour la
période qui vu du v° au x° siècle, Michel cite, le plus souvent
textuellement et en prenant soin d'indiquer ses sources, de?
ouvrages historiques aujourd'hui perdus dont je dirai un mot
plus loin.

Pendant longtemps on avait cru que le texte original de la
Ghronique de Michel avait péri lui aussi.

(1) Sur Michel le Grand voir, en particulier, Assemam, Bibl. orient., I. II,
P- i55 et suiv.; Bin IIebreus, Chrome, eccles., I, col. 535-6o6; Wright, Sy-
nac Literature, a" éd., p. aSo-âSa; Rubens Duval, Histoire de la littérature
syriaque, p. 207.

C'e-st ce qui ressort d'une noie marginale de noire manuscrit.

h ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES. [477]

En 1868, Dulauricr signala une version arménienne de col
ouvrage M; mais, en réalité, ce n'est qu'un abrégé fort incom-
plet de l'œuvre authentique. Celte version a élé depuis intégra-
lement traduite en français par V. Langlois(2), et cette publica-
tion, qui révéla encore plus clairement l'importance de la
Chronique, ne fit qu'accroître le regret de la perte d'un si
précieux document historique. C'est de l'abrégé arménien que
sont tirés les extraits de Michel insérés dans le Recueil des His-
toriens des croisades®.

11 v a une vingtaine d'années, Mgr Ephrem Rahmani, au-
jourd'hui patriarche des Syriens catholiques, arrivait à Rome,
apportant une copie du texte syriaque de la Chronique de
Michel, dont il annonçait la prochaine publication, tout en dis-
simulant soigneusement le lieu où il avait rencontré le manu-
scrit original. Mais, malgré des annonces réitérées de publica-
tion et des engagements pris avec diverses sociétés savantes
ce prélat n'a pas cru devoir, jusqu'à ce jour, donner suite à
ses projels.

Prévoyant ce résultat, je n'ai cessé depuis cinq ans de re-
chercher et de faire rechercher en Orient le manuscrit original
de la Chronique. C'est seulement en 1807, au cours d'une
mission scientifique en Syrie, que je parvins à le découvrir

O Journal asiat., t. XII [i8'i8], p. a8i-334 et t. XIII [ j8âg],
p. 3i5-376.

'â) Chronique de Michel le Grand, patriarche des Syriens Jacobiles, traduite
pour la première fois sur la version du prêtre Ischôk, Venise, 18G8. — Une
édition du texte arménien a été publiée à Jérusalem, 0,1 1870, et une a 11 lre
en 1871, avec ce (ilre : Chrormgraphie de Mar Michel, patriarche syrien,
depuis Adam jusqu'à nos jours. Ces deux éditions présentent entre elles d'assez
notables divergences, m'a dit M. Carrière.

W liist. arméniens, t. I, p. 3n et suiv.

M Avec la Société asiatique italienne (cf. Giorn. délia Societ. asiat. ilah,
1889, p. 167), avec la Société asiatique de Paris (voir Journ. asiat., IXe série,
I. III fjanv. 189,4], p. 135), et en dernier ticu avec l'Académie impériale do
Vienne (cf. Pocrco.v, Inscript, mandaïlcs des Coupes de Khouhabir, p. 12, n. i)-

'    7g] SÉANCE DU 28 JUILLET 1899. 5

dans la modeste bibliothèque de 1 église jacobite d'Orfa, l'an-
cienne Edesse. Je ne pus, à aucun prix, en obtenir une copie;
j'eus cependant le loisir d'examiner le manuscrit pendant une
journée; c'était assez pour me rendre compte de sa valeur, et
cela ne lit qu'ajouter à mes regrets.

Aujourd'hui, grâce à des négociations habilement menées
par des personnes auxquelles je serais heureux de rendre ici
publiquement hommage, si elles n'avaient exigé de moi la
promesse formelle de taire leurs noms, je suis en possession
d'une bonne copie qui reproduit le manuscrit original page
par page et ligne par ligne, et qui laisse peu à désirer au
point de vue de l'exécution calligraphique.

Le manuscrit d'Orfa, duquel provient aussi la copie possé-
dée par M;r Rahmani, paraît bien être un unicum. On m'en
avait signalé deux autres : l'un au couvent jacobite de Deir
ez-Zafaran(1), près de Mardin, l'autre dans une maison privée,
à Mossoul. Renseignements pris, j'ai acquis la certitude que
le manuscrit de Deir ez-Zafaran est tout à fait fragmentaire :
mes correspondants sont tous d'accord sur ce point; selon l'un
d'eux, ce manuscrit serait une traduction arabe écrite en ca-
ractères syriaques (carshouni). Quant au manuscrit signalé à
Mossoul, je suis persuadé que celait le volume arabe (car-
shouni) qui fut apporté, en 1891, par M. Budge, au Rritish
Muséum, où il est catalogué sous la rubrique Orient. 4/i0 2(2;.

Dans l'état où elle nous est parvenue, la Chronique est par-
tagée en vingt et un livres divisés en un certain
nombre de chapitres (Jjlao). Elle présente çà et là quelques
petites lacunes qui, je l'espère, pourront être en partie suppléées

(l) Cf. Wright, Syriac Literature, p. sSa, n. 2.

(-|'Sur co manuscrit, cf. F. Nau, hum. asiat., W série, t. VIII [nov.-déc
1 9<> J> p- 52 3. — Il existe aussi une version arabe dans un ms. de ta Biblio-
ioquc Valicane que je n'ai pas encore examiné; il porte le n" 929, et fait
j>arli« des nouvelles acquisitions.

fi ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES.     [47 9 f

par les fragmente de la version arabe. Une lacune plus consi-
dérable a fait disparaître la fin du livre XVIII et le commen-
cement du livre XIX. Il manque également quelques pages à
la fin ; le dernier chapitre s'arrête à la mort de Saladin ( 11 o, 3 ) ;
comme la Chronique a été écrite, ainsi que je l'ai dit y en 11 o,6y
la lacune finale est peu considérable.

Le premier feuillet du manuscrit syriaque a également dis-
paru, et avec lut le titre général de l'ouvrage.

Un titre syriaque a été ajouté en téte de la traduction arabe
de Londres. En voici la teneur :

JLsJ^-o JL») !;.*.*> ^ . JLj|      j^JJ ^J^J

JLaj ^>..»JL.n.» ?o »m,/v^oo ja*co» JLLsl loi^J^rLiô)

JL-3a.,û..m,,s) ^.l^a^o . jsa^ioio)io -ca*^^jOax3o . JL»£>«3
«£OoJ£s._\a_*_.^o <jz>o-~a.*.Joi*. j|o . j.J^^oo jL;.ofo . jLa>|?
« JL—» >_**__Na.js. L . JLj*ifia.2^o JL2a.Q.cei3j

,m >.a-ia^)o (sic) %cq<x*x2l»2>)o . ^aà^j+^o . JLcx jo) oajQà**©

JLiâk^o jic*^h JLo*jk.o
•;• >^03 «ilJL^o ovi.^JL2> J00O j0*-*3

C est-à-dire :

J'appelle le Seigneur à mon aide en commençant à écrire le livre de
la ChroniqueT composé et disposé par Mar Michel le Grand, patriarche
des Syriens. Il l'a compilé et recueilli des livres de Mariabas le Chal-
déen, de Socrate, de Théodoret, de Jean, évêque d'Asie, de Zacharie
le Rhéteur, d'Andronicus, de Timothée, évêque d'Alexandrie, de Denys
de Tell-Mahré, de Jacques d'Edesse, de Bar Çalibi, d'Epiphane, de
Jean et d'autres Pères et Docteurs éprouvés; chacun d'eux ayant écrit ce
qui se passa de son temps dans son pays et en dehors.

J'ai acquis la conviction que ce titre est apocryphe. Il esi

[480] SÉANCE DU 28 JUILLET 1899. . 7

d'ailleurs d'une autre main que la partie arabe. Aussi l'énu-
mération des sources n est-elle pas complète; Michel cite, en
effet, encore d'autres auteurs mentionnés au début de l'abrégé
arménien qui paraît avoir traduit avec assez d'exactitude la
première partie de la Chronique. De plus l'auteur a puisé lar-
gement, semble-t-il, aux archives patriarcales, et c'est de ces
archives qu'il a dû tirer un bon nombre de documents conci-
liaires, insérés in extenso dans sa Chronique, de même que les
précieuses listes épiscopales qui font suite à son ouvrage.

Mariabas ou Maribas le Chaldéen, premier auteur men-
tionné dans le titre syriaque, nous est totalement inconnu'1-.
Des indices sérieux me permettent de conjecturer qu'il s'agit de
Jacques d'Edesse, bien que celui-ci soit expressément nommé
plus loin.

Jean d'Asie, né à Amid, au commencement du vi° siècle,
«est l'historien le plus autorisé pour les temps agités de son
époque -2)». Son Histoire ecclésiastique, allant de Jules-César à
l'an 585, était partagée en trois parties. Des deux premiers
livres nous n'avons que quelques courts fragments, et le troi-
sième ne nous est parvenu qu'avec de nombreuses et impor-
tantes lacunes.

L'ouvrage cité sous le nom de Zacharie le Rhéteur est une
compilation syriaque rédigée après le milieu du vi° siècle, et
dans laquelle l'auteur fit entrer une traduction de l'histoire que
Zacharie, évêque de Mitylène, avait composée peu de temps au-
paravant. Nous possédons cette traduction presque intégrale.

Andronicus est un chronographe byzantin de l'époque de
Justinien, qui, d'après le témoignage d'Élie de Nisibe, avait
composé des tables chronologiques. Michel cite fréquemment
son ouvrage aujourd'hui perdu.

(I) M. Carrière a émis l'hypothèse que ce pourrait être le même que M or
Abas Katina cilé par Moïse de Khorèno.

a' R- Dcval, llisl. de la litt. syriaque, p. 364.

8        -ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES.     [481J

Timothée, évêque d'Alexandrie, n'est autre que le patriarche
monophysile (Aelurus) substitué à Protérius (657), et qui fut
exilé à Gangres, peu de temps après, par l'empereur Léon le
Thracc.

Michel nous a aussi conservé des fragments fort étendus
de la chronique authentique de Dcnys de Tell-Mahré, qui
comprenait, dit-il, seize chapitres, répartis en deux livres,
et embrassait l'espace de 260 ans (583-843). Cet ouvrage
est perdu, à l'exception d'un seul chapitre publié par Assc-
mani(1l

H en est de même de la célèbre Chronique de Jacques
d'Edesse, écrite en 602, pour faire suite à celle d'Eusèbe.
Tous les auteurs syriens postérieurs l'avaient en haute estime.
Michel y fait de larges emprunts qui permettront de juger si
réellement cet ouvrage avait la valeur qu'on lui attribue.

Denys Bar Çalihi, mort en 1171, était contemporain de
notre auteur, qui rapporte, d'après ses ouvrages, quelques tra-
ditions orientales relatives à la propagation du christianisme
après la dispersion des Apôtres, et lui fait de nombreux em-
prunts à partir de l'an 11/10.

L'écrivain cité sous le nom d'Epiphane n'est autre que l'au-
teur anonyme de la Vie des Prophètes, dont Michel a inséré
une version syriaque dans la partie de son histoire qui traite
du peuple juif.

Le dernier nom est celui de Jean de Kaisoum, qui mourut
en 1171. Nous ne connaissons sa chronique que par les cita-
tions de Michel.

A ces auteurs désignés dans le titre apocryphe de l'ou-
vrage nous pouvons encore ajouter, parmi les Grecs : Eusèbe,
dont la Chronique est reproduite à peu près intégralement

(l> Bibl. or., t. II, p. 72-77.

[482] SÉANCE DU 28 JUILLET 189'.). 9

dans les six premiers livres de Michel; Julius Africanus et
Annianus(l), dont les chronographies sont souvent citées; et
parmi les Syriens : un certain Qoura (Cyrus), prêtre de Saroug,
qui avait écrit une chronique totalement inconnue, allant de
Justin II à Tibère (565-588); Ignace de Mélitène, mort
en 109/i. Ce dernier avait écrit, dit Michel, une histoire très
abrégée, qui commençait à Constantin. Notre auteur le suit à
partir de l'endroit où s'arrête Denys de Tcli-Mahré, mais en
le complétant à l'aide de documents empruntés aux historiens
arabes et arméniens.

Après la chronique proprement dite vient (fol. 3jt r°-
3^4 r") une suite de tableaux récapitulatifs contenant la série
des rois des différents empires, celle des grands prêtres d'Israël
selon la double chronologie d'Andronicus et de Jacques
d'Edesse, la série des évêques de Rome, d'Alexandrie, d'Ephèse,
d'Antioche, de Constantinople, celle des empereurs romains,
des rois de Perse, des califes et des sultans.

Après ces listes nous trouvons (fol. 'dyh v°-376 r°) une cita-
lion relative aux anciens rois du pays araméen. Nous avons en-
suite (fol. 376 r°-38/i v°) une courte notice sur chacun des
patriarches jacobites depuis Sévère d'Antioche (012) jusqu'à
l'auteur (11 66). A partir du patriarche Cyriacus (793) on
donne, pour chaque patriarche, la liste des évêques qu'il a
ordonnés, avec l'indication de leurs sièges. Ces listes ne com-
prennent pas moins de 9/10 évêques (du vin0 au xn° siècle)
dont beaucoup nous étaient auparavant inconnus(2).

On trouve encore (fol. 08/1 v°-3 8 5 r°) : la liste des patriarches
de Jérusalem et celle des évêques d'Edesse, d'Amid, de Tagrit;

(l) Moine d'Alexandrie, postérieur d'un siècle à Eusèbe, et dont l'ouvrage
aujourd'hui perdu est cité par Georges le Syncellc (Fabricius, Bibl. gr., éd.
Harles, X, hhh).

{i) Nous avons commencé do publier une traduction de ces listes dans la
Rivue de l'Orient chrétien (1899).

10        ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES. [48,'Jj

un chapitre consacré aux rois et aux patriarches d'Arménie,
d'après les auteurs arméniens (fol. 385 v"-388 r°); enfin
une courte notice des patriarches nestoriens depuis Acace ( 48/i)
jusqu'à Jean V (1000).

La plupart des chapitres de la Chronique sont partagés en
trois colonnes: celle du milieu donne l'histoire civile; une
autre contient l'histoire ecclésiastique, c'est-à-dire la série des
grands prêtres juifs, puis celle des patriarches d'Antioche; la
troisième rapporte, sous forme de synchronismes, divers ré-
cits que l'auteur n'a pas su rattacher à la trame générale de
son histoire. — Il nous a paru fort utile, pour ne pas dire in-
dispensable, de garder cette disposition du texte dans notre
édition. Cela paraît tellement nécessaire que la version arabe
l'a elle-même en partie conservée, malgré la difficulté de
l'exécution. Celle difficulté, déjà grande dans un manuscrit,
serait devenue extrême et fort dispendieuse en typographie.
Heureusement, la belle exécution calligraphique de notre copie
nous a permis de recourir à un autre moyen et de donner du
texte une édition photolilhographique qui assure tout à la fois
et la rapidité et la fidélité de la reproduction.

Les avantages que présente ce procédé compenseront am-
plement, croyons-nous, celui d'avoir les variantes de l'arabe
au bas des pages. Nous les donnons dans les noies de la tra-
duction française, de même que les corrections ou restitutions
qui ont para nécessaires.

En résumé, la Chronique de Michel le Syrien peut se par-
tager en deux sections : une partie parle des faits contempo-
rains de l'auteur; elle abonde en détails sur l'état politique et
religieux de la Syrie au xnc siècle. Elle fournit une importante
contribution à l'histoire des croisades, principalement pour ce
qui concerne le comté d'Edesse. Une autre partie, contenant
l'histoire antérieure à l'écrivain, n'est à la vérité qu'une vaslc
compilation, mais une compilalion extrêmement précieuse,

[&8à] SÉANCE DU 28 JUILLET 1890. il

car elle est formée de citations d'ouvrages qui paraissent avoir
totalement péri, ou qui ne nous sont parvenus qu'à l'état frag-
mentaire. La publication du texte de Michel compensera dans
une assez large mesure la disparition des sources originales
auxquelles il a puisé.

[Ou il nous soit permis d'ajouter ici l'expression de nos remerciements
a l'Académie des inscriptions et belles-lettres qui a bien voulu encourager
cette publication et la prendre sous son patronage. |

J.-B. C.

Imprimerie nationale. — i 899.